Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 1 – l’ORGUEIL

Je vous l’avais promis dans mon billet « La Ville de Mahagonny et les sept péchés capitaux« . Voici donc le premier des sept billets qui seront consacrés à ces fameux péchés capitaux.

La liste en a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique, et le premier est l’orgueil. (L’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère, la paresse.)

Une petite précision, il ne sera pas question dans cet article de l’ego surdimensionné de certaines stars du lyrique (😉), mais de la représentation de l’orgueil dans les opéras.

Dans Platée (1745) de RAMEAU, Jupiter va se servir de l’orgueil de Platée, une nymphe des marais, pour attiser la jalousie et provoquer la colère de Junon.

Rameau Platée Acte I scènes 3 à 5Cliquez sur Platée, persuadée que Cithéron est amoureux d’elle, et attendant qu’il se déclare

À la fin de Cosi fan Tutte de MOZART, Ferrando et Guglielmo s’enorgueillissent d’avoir résisté au piège que leur avait tendu Alfonso et Despinette pour prouver la fidélité de leurs fiancées respectives.

Mozart Cosi fan Tutte Sani e salviCliquez sur Ferrando et Guglielmo

Dans La Cenerentola de ROSSINI (1816) (Cendrillon en français), les deux demi-sœurs de Cendrillon, poussées par leur père, font preuve d’un orgueil monstre en croyant être choisie pour femme par le prince.

Rossini La Cenerentola Sia qualunque delle figlieCliquez sur le beau-père et les deux demi-sœurs

Dans Rigoletto (1851), de VERDI, d’après le Roi s’amuse de Victor HUGO, on assiste à un drame sur fond de vanité et d’orgueil blessé à la cour du Duc de Mantoue.

Verdi rigoletto Cortigiani, vil razza dannataCliquez sur Rigoletto

Dans Eugène Onéguine de TCHAÏKOVSKI (1877), les deux amis Lenski et Onéguine doivent se battre en duel. Leur orgueil est plus fort que leur amitié, et Onéguine tue Lenski.

duel onéguineCliquez sur Lenski et Onéguine

Et dans le ballet Les sept péchés capitaux WEILL et BRECHT, on retrouve bien évidemment l’orgueil (Stolz).

Weill Les 7 Péchés capitaux l'orgueil (Stolz)Cliquez sur l’orgueil

Et voilà, à bientôt pour un autre péché capiteux, la gourmandise !

Anniversaire, Divers

LES ANNIVERSAIRES DE 2021 – Partie 2 – les écrivains et les musiques que c’est pas de l’opéra.

Après les compositeurs et les opéras que l’on pourra célébrer en 2021, voici deux nouvelles catégories d’anniversaires célébrables en cette année qui commence.

Dans la catégorie « autres musiques qui ne sont pas de l’opéra mais que j’aime bien » sont nommés :

Entre 1820 et 1822, BEETHOVEN achevait ses sonates pour piano avec les trois dernières, formidables, (formidable dans ses deux sens : qui est grand et qui fait peur !), les opus 109, 110 et 111. L’opus 110 date de 1821.

Beethoven opus 110Cliquez sur la pianiste

Le Rouet d’Omphale de Saint-Saëns (1871)

Saint-Saëns le Rouet d'OmphaleCliquez sur l’image

Jeux d’enfants de Bizet (1871)

Bizet Jeux d'enfantsCliquez sur la partition

Chout le bouffon, de Prokofiev (1921)

BRAHMS Schicksalslied (1871), d’après HÖLDERLIN, assez proche dans l’esprit et dans le style du Requiem allemand (1871).

Brahms SchicksalsliedCliquez sur l’image

Dans la catégorie « écrivains dont les œuvres ont inspiré de la musique » sont nommés :

Jean de LA FONTAINE (1621 – 1695)

Caplet la Fontaine le Loup et l'AgneauCliquez sur la soprano

Walter SCOTT (1771 – 1832)

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur cette malheureuse Lucia

Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867)

Duparc Baudelaire Invitation au voyageCliquez sur l’Invitation au voyage

Gustave FLAUBERT (1821 – 1880)

Massenet HérodiadeCliquez sur Hérodiade

Compositrices, Divers

LES ANNIVERSAIRES DE 2021 – Partie 1 – les compositeurs et les opéras

Après les anniversaires de 2020, voyons quels anniversaires nous pourrons célébrer en 2021 (ou quelques événements que nous pourrons commémorer) :

Dans la catégorie « compositeurs » sont nommé(e)s :

Pauline VIARDOT, née il y 200 ans.

Viardot deux mélodiesCliquez sur Pauline Viardot

Daniel François esprit AUBER, qui est décédé il y a 150 ans.

Auber Manon Lescaut C'est l'histoire amoureuseCliquez sur Manon Lescaut

Alexandre ZEMLINSKY (1871 – 1942) né il y a 150 ans.

Zemlinsky Der Zwerg (le Nain)Cliquez sur la scène de l’opéra de Lille

Clara SCHUMANN (1819 – 1896) dont on commémorera le 26 mai le 125e anniversaire du décès.

Clara Schumann 3 Fugues sur des thèmes de BachCliquez sur l’orchestre

Camille SAINT-SAËNS (1835 – 1921) dont on commémorera le centième anniversaire du décès.

Saint-Saëns Symphonie avec orgue finalCliquez sur les grandes orgues illuminées

Et enfin Igor STRAVINSKY qui est mort il y a 50 ans.

Stravinsky 3 mvts de Pétrouchka pour pianoNe cliquez pas sur la pianiste

Dans la catégorie « opéra » sont nommés :

Psyché de LULLY, créé il y a 350 ans, en 1671.

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

Zémire et Azor de GRÉTRY, créé il a 250 ans, en 1771.

Grétry Zémire et Azor la FauvetteCliquez sur l’image

Le Freischütz de WEBER créé il y a 200 ans, en 1821.

Weber Der Freischütz OuvertureCliquez sur l’orchestre

Il y a 150 ans, en 1871, on a pu assister à la création de

Siegfried de WAGNER

Wagner Siegfried l'oiseau de la forêtCliquez sur Siegfried et l’oiseau de la forêt

ainsi qu’Aïda de VERDI

Verdi Aïda O terra, addioCliquez sur Radamès et Aïda dans la nuit de leur tombeau

Il y a 100 ans, c’était les créations de

Katia Kabanova de JANACEK (1919 – 1921)

Janacek KAtia KabanovaCliquez sur Katia et Tychon

L’Amour des 3 oranges de PROKOFIEV

PRokofiev l'Amour des 3 oranges marcheCliquez sur les cuivres de l’orchestre

et les Mariés de la Tour Eiffel, par le Groupe des six (moins un).

Groupe des six les Mariés de la Tour EiffelCliquez sur l’image

Ne manquez pas, prochainement sur ce blog, la suite des événements à célébrer ou commémorer en 2021, avec les musiques qui ne sont pas de l’opéra mais que j’aime bien quand même, et les écrivains dont les œuvres ont suscité moult opéras.

Et retrouvez ici les anniversaires de 2022.

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie

UN TEMPS POUR JOUER, ET UN TEMPS POUR VOTER

Tout d’abord, merci de vos participations riches zet variées à l’Agenda Ironique de novembre 2020, pour lequel vous aviez eu l’imprudence (ou l’inconscience) de me confier les clés.

L’heure est venue de vous révéler qui était Anna Peau d’Othon, qui vous a laissé pour la plupart perplexe. Figure marquante de la mythologie scandinave, Anna Peau d’Othon était la belle-sœur du roi du Danemark Harald à la Dent bleue (910 – 986), l’inventeur de la technologie Bluetooth (et ça, ça ne s’invente pas !) Intrigante à la Cour du Danemark, elle a eu la peau d’Othon, son mari et frère d’Harald. Puis se vêtant de cette peau de bête (Othon n’était pas très futé), elle est à l’origine de l’expression : « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark » que l’on entendait souvent sur son passage. Le grand Bill, SHAKESPEARE, s’en est souvenu quand il a écrit son drame Hamlet !

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur un bouleversant Hamlet

Après cette petite explication que je vous devais bien, place aux votes de fin de mois difficiles (ce sont les votes qui sont difficiles, pas les foins de mois [enfin, j’espère]).

C’est l’heure du récapitulatif pour l’Agenda de novembre :

Max-Louis nous propose :

Compréhension toute éberluée, le menton relevé | Le dessous des mots (wordpress.com)

Le Flying bum nous propose:

Un temps pour chaque chose – Le retour du Flying Bum

Victorhugotte trouve le temps de lancer des pierres :

“Un temps pour lancer des pierres…” | Grain de sable (victorhugotte.com)

Tout l’opéra ou presque (c’est moi) s’est penché sur le Destin de Babette :

LE FESTIN DE BABETTE, de Gabriel AXEL (1987) – Tout l’opéra (ou presque) (toutloperaoupresque655890715.com)

Solène nous propose un poème :

Crénom, sœurette !… Suivi par « Un temps pour tout » ‹ LE MONDE DE SOLÈNE ‹ Reader — WordPress.com

Gibulène fait rimer Onésime et anapodoton :

Onésime et l’Anapodoton (Agenda Ironique de Novembre 2020) – Gibulène le Petit Escargot – la suite (wordpress.com)

Laurence nous plonge avec délice dans le monde d’Alice :

Le monde d’Alice | Palette d’expressions-Laurence Délis (wordpress.com)

Jean-Pierre Lacombe nous a écrit un fort joli petit poème :

Des Arts et Des Mots (constantinescu685249153.blog)

Et Carnets Paresseux s’est penché sur le sort d’un petit poussin insouciant :

S’en fiche, le poussin, de l’anapodoton ! – Carnets Paresseux (wordpress.com)

Quant à Vérojardine, elle étire le temps le temps d’un slam :

Poésie de nature (poesie-de-nature.com)

John Duff, qui n’a pas de blog, mais un site extrêmement bien fait sur les drapeaux du monde (à l’adresse tri alphabétique des drapeaux> (touslesdrapeaux.xyz) ), nous propose son texte sous forme de commentaire :

J’aurais aimé participer mais :
Premièrement je ne sais pas ce qu’est un anapodoton
Secundo je ne dis que des jurons du capitaine Haddock, je ne peux donc utiliser « Bretzel liquide »
Enfin si je m’amuse à ces bêtises je n’aurai pas le temps de débarrasser le lave-vaisselle.

Emmanuel nous fait descendre dans l’arène :

L’arène (emmanuelglais.blogspot.com)

Enfin, Photonanie nous propose un texte plein d’humour et d’optimisme :

L’agenda ironique – Photonanie

Et maintenant, place aux votants :

Wagner Die Walküre les adieux de Wotan

Pour voter, c’est cidsous :

Et pour savoir qui hébergera l’Agenda Ironique de décembre 2020 :

Les résultats, c’est là : un temps pour résulter.

Divers, Maria Callas

400e BILLET DU BLOG

Eh oui, ce billet est le 400e que je publie sur ce blog consacré, de manière très ouverte, à l’opéra et à la littérature !

À ce jour, vous avez été plus de 12 000 visiteurs cumulés, venus de 111 pays, pour regarder plus de 35 000 vues sur ce blog, en deux ans et demi.

J’ai consacré 70 billets à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à La Mort à Venise de BRITTEN, ou de Aïda de VERDI à Werther de MASSENET.

monteverdi orfeo savallCliquez sur l’acte de naissance de l’Opéra

Le plus regardé est toujours celui consacré aux Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, devant Roméo et Juliette de GOUNOD.

barcarolleCliquez sur l’image

J’ai également consacré 47 billets à des compositeurs, dont 3 à des compositrices, de Monteverdi à Britten. Le compositeur qui vous a le plus intéressé est Franz SCHUBERT.

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 33 écrivains passés à ma moulinette, de l’ARIOSTE à ECHENOZ, le plus consulté étant celui consacré à Raymond QUENEAU (!!!).

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma, à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé… Une de mes (petites) joies est l’accueil réservé à mes fantaisies sur le nom de Mallarmé (Mallarmuche pour les intimes 🙂), qui cumulent presque 800 vues !

Dans ces catégories, les billets les plus regardés restent « Magical Maestro (Tex Avery) » « Des opéras pour les enfants« , « les Onomatopées« , ou encore « les Oiseaux à l’opéra« .

Le billet le moins regardé, avec 2 vues (!), est un des tout premiers (il date de mai 2018, comme ce blog). Il s’agit de l’opération « Tous à l’opéra » de cette année 2018.

Une des vidéos les plus regardées est « la légende de Kleinzack », extraite des Contes d’Hoffmann.

kleinzachCliquez sur Hoffmann

Elle est suivie de près par « Comic Strip » de Serge GAINSBOURG.

Gainsbourg Comic stripCliquez sur l’image

J’espère que vous serez encore nombreux à venir partager ma curiosité pour tous ces thèmes qui gravitent autour de l’opéra !

Et pour finir ce billet, un grand classique, interprété par une des plus grandes cantatrices de tous les temps.

Bellini Norma Casta diva (Callas)Cliquez sur la Callas

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, et si vous aimez musique et littérature, parlez de mon blog à vos amis, et si vous n’aimez pas, parlez-en à ceux que vous n’aimez pas ! 🙂

Agenda Ironique, Cinéma, Divers, Films

LE FESTIN DE BABETTE, de Gabriel AXEL (1987)

Cet article est ma contribution à l’Agenda Ironique de novembre 2020.

Ce merveilleux film danois de Gabriel Axel se passe à la fin du XIXe siècle, sur les côtes désolées du Jutland. Il fait partie du top 10 de mes films préférés. L’histoire est tirée d’une nouvelle de Karen Blixen.

Ce Bergman optimiste a reçu l’Oscar du meilleur film étranger en 1988.

Le Festin de Babette Bande-annonceCliquez sur Babette

La première partie du film se déroule dans une communauté luthérienne tenue par le pasteur du village, aidé par ses deux jeunes (et jolies) filles. L’une, Martine, est courtisée par Lorens, un officier de l’armée danoise envoyé quelques temps à l’isolement dans ce village perdu pour lui faire réfléchir à l’inanité de sa conduite légère. Il finit par la quitter quand il comprend que dans cette communauté rigoriste, son amour n’a aucune chance. Lors d’une scène de bal à Stockholm (sur une valse de Brahms), on le voit décider de se consacrer désormais à sa carrière militaire afin de prendre sa place dans le monde.

Brahms Valse opus 39 n° 15Cliquez sur la partition

L’autre fille, Philippa, a une voix superbe. Achille Papin, un ténor de l’opéra de Paris qui passait par là, on l’entend dans l’air « Deh vieni alla finestra » du Don Giovanni de Mozart chanté à l’opéra de Stockholm découvre, part en villégiature dans le village et découvre sa voix « de Diva » à l’église.

Mozart Don Giovanni deh vieni alla finestraCliquez sur l’image

Achille se met en devoir de donner des cours de chant à Philippa, espérant la faire un jour triompher à l’opéra de Paris. Après une scène où ils interprètent en duo l’air « La ci darem la mano » de Don Giovanni, la jeune femme, troublée, décide d’interrompre ses leçons de chant, et Achille repart à Paris.

Mozart Don Giovanni la ci darem la manoCliquez sur Zerline et Don Giovanni

Secundo, on voit arriver quelques années plus tard dans le village une jeune femme (Babette) ayant fui la France après la commune de Paris, munie d’une lettre de recommandation de la part d’Achille Papin. Elle se met au service des deux sœurs, qui font vivre la mémoire de leur père décédé auprès de la petite communauté villageoise. On voit Babette s’intégrer petit à petit à cette communauté.

Troisièmement, 14 ans plus tard Babette, dont les seuls liens avec la France sont ceux d’un ami qui lui prend, tous les ans, un billet de la loterie nationale, apprend qu’elle a gagné le prix de 10 000 francs (de l’époque). Elle demande aux deux sœurs qui s’appétaient à célébrer lors d’un repas le centième anniversaire de leur père de la laisser préparer ce repas, par un repas « à la française ». D’abord réticentes, les sœurs finissent par accepter, persuadées que Babette, devenue riche, va ensuite les quitter.

Cette dernière partie, qui fait presque la moitié du film, est consacrée aux préparatifs du festin de Babette, puis à la préparation du repas à la cuisine, alors que les invités, ne sachant trop ce qu’on va leur faire manger (ils se méfient de la cuisine du diable), ont juré de ne commenter aucun des plats qu’on leur servira. Lorens, qui est devenu général, se pose des questions sur le sens de sa vie : a-t-il bien fait de renoncer à son amour de jeunesse pour épouser les vanités de la gloire militaire ? Il se fait inviter au festin et est le seul à se rendre compte de la qualité des mets et des vins qu’on leur sert. Il y a au menu de la soupe de tortue, des « cailles en sarcophage », le tout arrosé des meilleurs vins et du nectar de Bretzel liquide.

À la fin du repas, aidé par les boissons, toutes les dissensions qui existaient dans la communauté se dissolvent et tout le monde se réconcilie. Lorens avoue à Martina qu’il l’a toujours aimée, chaque jour de sa vie. Il a compris qu’il y a un temps pour aimer, un temps pour briller en société, et un temps pour se souvenir.

Le Festin de Babette chanson danoiseCliquez sur l’image

Je terminerai l’évocation de ce film par quelques citations :

Babette, en réponse aux deux sœurs qui déplorent qu’elle ait dépensé tout son argent pour leur repas (maintenant, vous serez toujours pauvre) : Un artiste n’est jamais pauvre.

Lorens, faisant ses adieux à Martine : J’ai appris ce soir que dans notre beau monde, tout est possible.

Les villageois faisant la ronde sous les étoiles au sortir du repas : L’horloge sonne, et le temps passe, l’éternité approche.

Achille Papin : Un cri jailli du cœur de l’artiste retentit dans le monde entier. donnez moi une chance de me surpasser.

Et pour trouver une autre contribution à l’Agenda Ironique, c’est ici : Un voyage en huit étapes.

Cinéma, Divers, Fantaisie

L’HUMOUR EN MUSIQUE (partie 2)

Après une première série d’exemples d’humour en musique, et à la demande générale, en voici une nouvelle.

Jean-Philippe RAMEAU, dans Platée, a écrit un superbe air pour la Folie.

Rameau Platée la FolieCliquez sur la Folie

Josef HAYDN, dans sa symphonie La Surprise, donne un violent coup de timbale pour réveiller l’auditeur. L’Anglais Gerard HOFFNUNG s’amusera à amplifier ce mouvement de surprise par toutes sortes de bruits.

Haydn la Surprise (par Hoffnung)

Cliquez sur ce pauvre Haydn

Il existe une sorte d’humour qui est l’humour involontaire ! L’Américaine Florence Foster Jenkins était veuve d’un milliardaire américain et se piquait d’être chanteuse. Sa vie a inspiré deux films, le film éponyme avec Meryl STREEP et Marguerite avec Catherine FROT. Écoutons-la massacrer bravement l’air de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée de MOZART.

Florence Foster Jenkins

La musique de ROSSINI est naturellement alerte. Écoutons les King’s Singers dans l’ouverture du Barbier de Séville.

Rossini ouverture du Barbier de Séville King's SingersCliquez sur l’image

Si, on l’a vu dans la première série, VERDI s’est mis sur le tard à la comédie, WAGNER s’est également essayé au genre avec les Maîtres chanteurs de Nuremberg. La fin de l’acte II est particulièrement savoureuse, quand le Maître-chanteur en chef, le cordonnier Hans Sachs, entreprend de corriger la chanson du ridicule Beckmesser en marquant les fautes par des coups de marteau sur la chaussure qu’il est en train de fabriquer. Finalement, le bruit provoqué par ces coups de marteau réveille villageois et apprentis, qui descendent dans la rue et provoquent un beau chahut.

Wagner les Maîtres Chanteurs final acte IICliquez sur le chahut final de l’acte II

Et OFFENBACH (le roi de l’opérette) ne manque pas non plus d’humour, par exemple la scène de la mouche dans Orphée aux enfers.

duo de la moucheCliquez sur l’image

SAINT-SAËNS s’est certainement bien amusé en écrivant son Carnaval des animaux, où il représente (musicalement) les pianistes faisant leurs gammes, alors que l’orchestre cherche à les faire taire.

Saint-Saëns Carnaval des animaux pianistesCliquez sur l’image

L’Anglais Gerard HOFFNUNG a fait un travail remarquable pour dynamiter la musique classique. Ainsi de son opéra Let’s fake an opera (The Tales of Hoffnung), qui mélange les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, Don Giovanni, Les Pêcheurs de perles, Carmen, Otello…

Hoffnung Let's fake an operaCliquez sur l’image

Pour finir, je vais vous dévoiler le secret des chefs de chœur pour faire monter les sopranos dans les aigus.

copyright SERRE

Retrouvez prochainement sur ce blog d’autres exemples d’humour en musique.

Divers

LES ENFANTS À L’OPÉRA

Je vous l’avais annoncé dans le billet « Des opéras pour les enfants« , puis un peu mis de côté. Voici donc comme promis un billet qui nous parle des enfants héros d’opéras.

Avant MOZART, les enfants ne chantaient pas à l’opéra. Par exemple, dans Alceste (1767 – 1776) de GLUCK, la reine Alceste paraît accompagnée de ses enfants, mais ceux-ci ont un rôle muet.

Gluck Alceste acte I scène IICliquez sur les fils d’Alceste

C’est MOZART qui, dans La Flûte enchantée (1791), donne à un trio d’enfants un rôle important pour le déroulement de l’histoire.

Mozart la Flûte enchantée les enfantsCliquez sur les enfants

Après Mozart, il faudra attendre MOUSSORGSKI pour faire intervenir les enfants de Boris : Fédor et Xénia, dans Boris Godounov (1872).

Moussorgski Boris Godounov Fédor et XeniaCliquez sur Xénia et Fédor

Peu après, BIZET lancera la mode des chœurs d’enfants avec le chœur des gamins de Carmen (1875).

Bizet Carmen Chœur des gaminsCliquez sur les gamins

On retrouvera ainsi des chœurs de ce type en 1881 chez RIMSKY-KORSAKOV et son Snegourotchka, en 1892 chez TCHAÏKOVSKI et sa Dame de Pique (1890), en 1895 chez PUCCINI et sa Bohème (1895), voire chez LEONCAVALLO et son Paillasse (1892).

Tchaïkovski La Dame de pique chœur d'enfantsCliquez sur l’image

Puccini La Bohème début acte IICliquez sur les gamins

Et dans Werther (1887) de MASSENET les enfants ouvrent l’œuvre avec leur répétition des chants pour Noël.

Massenet Werther Jésus vient de naîtreCliquez sur l’image

BRITTEN (1913 – 1976) ira plus loin en confiant les rôles principaux de son génial Tour d’écrou (The turn of the screw) (1954) à deux enfants.

britten the turn of the screw maloCliquez sur Miles

On peut aussi parler des opéras écrits POUR les enfants, tels que L’enfant et les sortilèges (1924) de RAVEL (1875 – 1937), La petite renarde rusée (1923) de JANACEK (1854 – 1928), ou encore Le petit ramoneur (1949) de BRITTEN.

Britten encore lui, écrit un ravissant chœur de fées pour enfants dans son Songe d’une nuit d’été (1960).

Britten a midsummer night's dream final (chœur des fées)Cliquez sur le chœur des fées

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie, Poésie

L’AGENDA IRONIQUE DE NOVEMBRE 2020

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a co-proposé pour animer l’Agenda Ironique de novembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style.

Votre AI devra être inspiré du thème « Un temps pour chaque chose », comme il est dit dans l’Ecclésiaste III.

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire ci-dessous jusqu’au 26 novembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 novembre.

Je vous en livre ici quelques extraits, mais vous pouvez piocher dedans, en retirer, en rajouter (surtout en rajouter).

Un temps pour naître et un temps pour mourir…

Un temps pour pleurer et un temps pour rire…

Un bel exemple de participation par anticipation est celui du groupe les Portes, dans leur titre « Prends les choses comme elles viennent ! ».

The Doors Take it as it comesCliquez sur Jim

Mais comme ils ont posté leur participation trop tôt (c’était en 1967), ils sont hors concours.

Comme contrainte, je vous demande de faire un (ou plusieurs) anapodotons, ainsi que d’employer l’expression « Bretzel liquide » !

Laurence m’a suggéré de vous rappeler que l’anapodoton est une variété d’anacoluthe, vous pourrez en trouver la définition à l’adresse suivante: https://www.cnrtl.fr/definition/anapodoton

Vous pouvez aussi aller voir dans le dernier livre de ma femme :  » Marie-France CLAEREBOUT – S’entraîner au Certificat Voltaire », PUF éditions, septembre 2020, page 203 (publicité gratuite)

Voilà, à vous de jouer.

Le formulaire pour le vote est disponible ici :

Un temps pour jouer, et un temps pour voter.

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie

UN VOYAGE EN HUIT ÉTAPES

Le billet d’aujourd’hui s’inscrit dans l’Agenda Ironique du mois d’octobre (2020) de Victorhugotte. Les contraintes à respecter sont de raconter un voyage en huit étapes menant vers la source d’une forte odeur, en introduisant les mots suivants : « la escalera », « el paraguas », « el catrin », et « el tambor ».

Je vais donc vous emmener dans un petit voyage en musique

Première étape (mars): Le Paraguay baroque. On le sait peu, mais les jésuites missionnaires en Amérique du Sud ont importé là-bas la musique baroque, et il existe tout un répertoire de musique religieuse indigène. Ainsi de cet ensemble Paraguay Barocco (petit rappel, on dit un Paraguay, des Paraguas, mais ça, peu de gens le savent ! [Note: en vrai, c’est pas vrai 😉])

Paraguay BarrocoCliquez sur la Cathédrale

Deuxième étape (avril): dans le prologue de l’Orient approximatif des Indes galantes de RAMEAU, Bellone, la déesse de la guerre fait résonner les tambours pour attirer les jeunes gens vers la gloire de la guerre, et ainsi les détourner des joies de l’amour que Hébé leur promettait.

Rameau les Indes galantes PrologueCliquez sur l’image

Troisième étape (mai): la Russie, à la cour de El Catrin II de Russie (plus connue sous son nom de Catherine II de Russie).

Amoureuse des livres et de la culture, notamment française, elle entretient une correspondance avec VOLTAIRE et fait venir à sa cour DIDEROT et GRIMM. Grâce à l’ambassadeur de France, le comte de SÉGUR, elle fait venir de Paris sa troupe d’opéra. Le comte de Ségur était lui-même un chansonnier et un goguettier.

Quatrième étape (juin) : L’Italie et plus particulièrement Milan, et son célèbre opéra, la Scala di Milano. On peut y entendre par exemple l’opéra de ROSSINI l’Échelle de soie (la Scala di seta) datant de 1812.

Rossini l'échelle de soieCliquez sur l’image

Cinquième étape (juillet) : Un passage par la France s’impose, avec La Fille du tambour-major (1879), de Jacques OFFENBACH.

Offenbach la fille du tambour-majorCliquez sur Griolet

Sixième étape (août) : Partons à présent en Espagne, et plus particulièrement à Séville, où le Don Giovanni de MOZART est toujours aux aguets de « l’odor di femmina », (« l’odeur de la femme »). Mais non, cette odeur, c’est plus un effluve qu’une forte odeur, continuons notre voyage pour trouver l’origine de cette forte odeur.

Mozart Don Giovanni Air du CatalogueCliquez sur Leporello

Septième étape (septembre) : Passons à présent au Pays des merveilles et contemplons les Borogoves tout flivoreux en train de vaguer.

Talbot Alice's Adventures in WonderlandCliquez sur l’image

Huitième étape (octobre) : Restons en Espagne, près des remparts de Séville, où Don José restera imprégné de la forte odeur de la fleur que Carmen lui avait jetée.

Bizet Carmen La Fleur que tu m'avais jetéeCliquez sur Don José