histoire

CHRISTINE DE SUÈDE (1626-1689)

Curieux destin que celui de Christine de Suède. Fille de Gustave II Adolphe Vasa, elle monte sur le trône à l’âge de six ans, à la mort de son père.

Un astrologue ayant prédit à son père qu’il aurait un fils, le père a toujours considéré Christine comme un garçon. Elle ne reçoit donc pas une éducation de princesse et travaille tout le temps. À dix-huit ans, elle est couronnée reine.

Polymathe, elle parlait huit langues, dont l’hébreu. Elle fait venir à sa cour des musiciens français, italiens et allemands.

Après deux ans de correspondance avec René Descartes, elle le fait venir à Stockholm, mais celui-ci, arrivé en hiver, attrape une pneumonie et meurt. On peut donc considérer, avec un point de vue complotiste, que Christine de Suède est à l’origine de la mort de Descartes, en 1650. À la demande de Christine, Descartes compose même le livret d’un ballet.

Son attitude peu féminine, elle n’est as marée et proclame qu’elle ne se mariera jamais, choque son peuple, et Christine abdique à l’âge de 28 ans. Elle part à Bruxelles, où elle se convertit au catholicisme, puis à Innsbruck. À Innsbruck, le Grand Duc donne des fêtes pour célébrer la conversion de Christine, et commande un opéra à Cesti, l’Argia.

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À Bruxelles, elle fait jouer le premier opéra en Belgique, Ulysse dans l’île de Circé, de Zamponi.

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Christine arrive enfin à Rome où le pape « valide » sa conversion. Elle s’y installe, prend des leçons de musique auprès de Corelli, et crée une académie de musique. Corelli lui dédie sa première œuvre publiée, son opus 1.

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En 1659, elle quitte Rome pour la Cour de France, où elle assiste au premier ballet écrit par Lully et où elle voit le jeune Loulou XIV danser.

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Après des voyages dans toute l’Europe, Christine retourne à Rome où elle s’installe définitivement (elle y meurt en 1689), elle se constitue un orchestre, et ouvre le premier théâtre public romain, ce qui était jusqu’alors interdit par l’Église. Tous les compositeurs viendront s’y produire.

Elle y fait jouer les opéras vénitiens de Cavalli ou Cesti et fait venir Stradella, qui écrit pour elle des cantates. Dans son orchestre, on trouve Corelli comme premier violon alors que Scarlatti est au clavecin.

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Curieuse de tout, Christine de Suède fait également jouer à Rome les dramaturges français tels que Racine, Corneille ou Molière.

(Source principale : le podcast de Canal Académie Christine de Suède, une Européenne de la musique, par Philippe Beaussant, de l’Académie française | Les Podcasts de l’Institut .)

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