Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 2 – le XXe siècle

Je vous ai proposé récemment sur ce blog quelques rhapsodies du XIXe siècle. Place maintenant au XXe siècle.

Le XXe siècle a commencé en 1901. Cette année-là, ENESCO écrit sa Rhapsodie roumaine n° 1.

Enesco (Enescu) rhapsodie roumaineCliquez sur l’orchestre

En 1907 – 1908, c’est RAVEL qui écrit sa Rapsodie espagnole (sans h).

Ravel Rapsodie espagnole (Munch)Cliquez sur cet autre enregistrement de légende

En 1921, JANACEK écrit une pièce d’inspiration russe, Tarass Boulba, rhapsodie pour orchestre.

Janacek Tarass BoulbaCliquez sur l’image

En 1924, c’est GERSHWIN qui écrit sa Rhapsodie in blue pour piano et orchestre.

Gershwin Rhapsody in blue (Yuja Wang)Cliquez sur la pianiste

En 1934 RACHMANINOV écrit sa Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 34 pour piano et orchestre.

Rachmaninov Rhapsodie sur un thème de Pagananini op 43 variation 18Cliquez sur le piano et l’orchestre

Et si vous voulez une rhapsodie bonus, cliquez sur le point d’interrogation.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation pour avoir une rhapsodie bonus

Voilà, rendez-vous à la fin du siècle, pour faire un point sur les rhapsodies qui auront été écrites dans les années 2000?

Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 1 – Le XIXe siècle

Puisque je vous ai proposé dans mon article sur le Danube la Rhapsodie roumaine d’ENESCO, je me propose de revenir sur cette notion de rhapsodie en musique. Étymologiquement, la rhapsodie vient du mot rhapsode. Le rhapsode était dans l’antiquité grecque un chanteur / acteur qui allait de ville en ville pour chanter / déclamer / dire des poèmes, par exemple l’Odyssée. Il ne faisait qu’interpréter, souvent sous forme d’improvisation, des textes écrits par d’autres, car le rhapsode n’avait pas reçu des dieux le don de créer, au contraire de l’aède qui, comme HOMÈRE, possédait ce don.

En musique, la rhapsodie est une forme libre, i.e. qui ne répond pas aux schémas classiques que sont la symphonie, la sonate, le concerto… Elle date du XIXe siècle, quand les compositeurs ont commencé à sortir de ces schémas, pour trouver plus de liberté dans leurs formes musicales. Elles ressortent souvent de la musique folklorique ou ethnomusicologique.

Franz LISZT, qui avait déjà « inventé » le poème symphonique, a popularisé ce genre avec ses Rhapsodies hongroises, souvent d’une très grande difficulté pianistique. Elles sont écrites sur des thèmes du folklore hongrois.

Liszt rhapsodie hongroise n 2Cliquez sur la pianiste

En 1869, Johannes BRAHMS écrit pour le mariage d’une fille de Clara et Robert SCHUMANN la Rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre, œuvre qui sera créée par Pauline VIARDOT.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’enregistrement de légende

En 1874 Anton DVORAK, si proche musicalement de Brahms, écrit ses Rhapsodies slaves.

Dvorak Rhapsodie slaveCliquez sur l’image

En 1879, Édouard LALO écrit sa Rhapsodie norvégienne sur des airs populaires norvégiens.

Lalo rhapsodie norvégienneCliquez sur l’image

La célèbre pièce España d’Emmanuel CHABRIER est une rhapsodie pour orchestre, écrite suite à un voyage en Espagne qu’il avait fait en famille.

Chabrier EspanaCliquez sur l’image

En 1884 Camille SAINT-SAËNS, qui avait déjà écrit des Rhapsodies bretonnes pour orgue, écrit la Rhapsodie d’Auvergne.

Saint-Saëns rhapsodie d'AuvergneCliquez sur l’image

Le XXe siècle connaîtra son lot de rhapsodies, ne manquez donc pas sur ce blog, l’article « Rhapsodes et rhapsodies – Partie 2 – le XXe siècle« .

Divers

ILS OU ELLES ONT JOUÉ DU CLASSIQUE (4e série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques. Après la troisième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

On a déjà rencontré sur ce blog Klaus NOMI chantant l’air du génie du froid, extrait du King Arthur de PURCELL. Il a aussi chanté l’air « Mon cœur s’ouvre à ta voix », extrait du Samson et Dalila de Camille SAINT-SAËNS. Retrouvons-le dans la mort de Didon, extrait de Didon & Enée de PURCELL.

Purcell Didon et Enée la mort de didon Klaus NomiCliquez sur Klaus Purcell

Boris VIAN a déposé des paroles sur La marche turque de MOZART.

Mozart-Vian marche turqueCliquez sir Wolfgang Amadeus Vian

Quand j’étais (beaucoup) plus jeune (eh oui, je n’ai pas toujours été jeune, j’ai aussi été très jeune), je ne connaissais pas le Canon de PACHELBEL, mais j’écoutais Rain and Tears, la version que VANGELIS avait composée pour Aphrodite’s Child et Demis ROUSSOS.

Pachelbel Vangelis Rain and tearsCliquez sur Johann Pachelbel Roussos

Encore un tube avec Carmen de BIZET : « l’amour est un oiseau rebelle ». Écoutons-le interprété par Nolwenn LEROY.

Nolwen Bizet Carmen l'amour est un oiseau rebelleCliquez sur Nolwen Bizet

Nana MOUSKOURI a chanté le classique du XXe siècle Like a bridge over troubled water de SIMON & GARFUNKEL.

Nana Mouskouri Like a bridge over troubled waterCliquez sur Nana Simon & Garfunkel

La chanteuse libanaise FAYROUZ chante son amour pour sa ville, Beyrouth, sur l’air du Concerto de Aranjuez, de RODRIGO.

Rodrigo Fairouz Aranjuez Li BeyrouthCliquez sur Fayrouz Rodrigo

On connaît parfois le duo Montserrat CABALLE et Freddy MERCURY, mais connaissiez-vous celui formé par Luciano PAVAROTTI et le chanteur de QUEEN ? Écoutons-les dans « Nessun Dorma », extrait de Turandot de PUCCINI.

Puccini turandot Nessun dorma (Pavarotti et Mercury)Cliquez sur Luciano Mercury

Et je terminerai ce billet avec STING, dans « la Complainte de Mackie », extrait de l’Opéra de quat’sous de WEILL et BRECHT.

Weill la complainte de Mackie (Sting)Cliquez sur Sting Weill

Et si vous n’en avez pas encore assez, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous n’en avez pas encore assez

Divers, Métiers

LES NOTAIRES À L’OPÉRA

Après avoir traité il n’y a guère du thème « Droit et opéra« , dans un billet consacré aux avocats et aux jugements, place maintenant à la représentation du notaire à l’opéra.

Le rôle du notaire, le plus souvent, est de faire signer un contrat de mariage. Il peut également apparaître pour faire exécuter des dispositions testamentaires. Il peut intervenir à la demande d’un vieux barbon qui veut épouser une jeunesse. Ce classique de la comédie est déjà le sujet de l’École des femmes, de MOLIÈRE.

Je vous propose ici quelques rôles de notaires (vrais ou faux).

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le rôle du notaire était surtout de faire signer les contrats de mariage. Ainsi, dans Cosi fan Tutte (1789) de MOZART, la servante Despina se déguise en notaire pour célébrer les noces des deux jeunes inconstantes avec les beaux Albanais qu’on leur a tendus sur un plateau.

Mozart Cosi fan Tutte le notaireCliquez sur Despina déguisée en notaire

En 1816, dans le Barbier de Séville (Il Barbieri di Siviglia) de ROSSINI, le vieux Bartolo qui veut se marier avec sa jeune pupille Rosine fait venir le notaire pour sceller cette union.

Rossini le Barbier de Séville finalCliquez sur la plume du notaire

Après Rossini, les as du bel canto italien feront la part belle à ces notaires qui sont là juste pour faire signer un contrat de mariage.

Ainsi, dans la Somnambule (1831) de BELLINI, dans l’Élixir d’amour (l’Elisir d’amore) (1832) de DONIZETTI, dans Lucia di Lammermoor (1835), toujours de Donizetti ou encore dans la Fille du régiment (1840) (encore de Donizetti).

Le dernier avatar bel cantiste est Don Pasquale (1843) de l’incontournable Donizetti. Don Pasquale est un de ces vieux barbons qui veut se marier avec une jeune femme, Norina, après avoir déshérité son neveu Ernesto. Le notaire qui rédige le contrat de mariage est en fait un cousin, qui veille sur les amours de Norina et Ernesto. Le faux contrat signé, Norina va rendre la vie impossible à son faux mari, jusqu’à ce que celui-ci soit content d’apprendre qu’il n’est pas vraiment marié.

Donizetti Don Pasquale Fra da una parte ecceteraCliquez sur l’air du (faux) notaire

Un peu plus tard, on retrouvera un notaire dans La Périchole (1868) d’OFFENBACH.

Offenbah la Périchole Chœur des notairesCliquez sur le chœur des notaires

Au XXe siècle, on ne demande plus aux notaires de faire signer ces contrats, et leur rôle (à l’opéra) est de faire respecter des dispositions testamentaires.

Ainsi dans Gianni Schicchi (1918) de PUCCINI. L’histoire est celle d’une famille triste non d’avoir perdu un oncle qui vient de mourir, mais d’apprendre l’existence d’un testament léguant toute la fortune du défunt à un monastère. La famille fait alors appel à Gianni Schicchi, qui va prendre la place du mort dans son lit et, faisant venir un notaire, dicter un autre testament. Tout se passerait bien si l’ingénieux Schicchi jouant les mourants ne se mettait à léguer tous ses biens à… Gianni Schicchi !

Puccini Gianni SchicchiCliquez sur la bande-annonce

On trouve encore un notaire dans l’inattendu Testament de la tante Caroline (1933), une opérette d’Albert ROUSSEL. Dans cette œuvre, la tante Caroline meurt en laissant derrière elle 40 millions, qu’elle lègue à la première de ses trois vieilles sœurs qui aura un enfant, pendant l’année qui va s’écouler, faute de quoi la fortune serait léguée à l’armée du Salut !

Roussel le Testament de la tante CarolineCliquez sur les trois vieilles tantes sans descendance

(Source principale : Le Notaire à l’Opéra, Michel BERETTI, Caisse des Dépots et Consignations, 1987.)

Contes et légendes, Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 7 – LA PARESSE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, et la colère, la paresse est donc le septième péché capital.

Bizarrement, j’ai trouvé peu de scènes de paresseux dans l’histoire de l’opéra, et j’aurai peut-être du mal à écrire un deuxième billet sur ce sujet, au contraire de la luxure, la jalousie ou la colère.

Au début du Tannhaüser de WAGNER, le héros paresse voluptueusement chez la déesse Vénus.

Wagner Tannhauser VenusbergCliquez sur le Venusberg

Une des plus grandes paresseuses de l’opéra est Brünnehilde, qui s’endort à la fin de la Walkyrie pour ne se réveiller qu’à la fin de l’opéra suivant, Siegfried, une vingtaine d’années plus tard.

wagner walkyrie Leb wohlCliquez sur Wotan (en colère) qui va endormir sa fille

Elle est toutefois largement battue par la Belle au bois dormant de PERRAULT, qui elle va faire une petite sieste de cent ans, et dont TCHAÏKOVSKI tirera un de ses plus fameux ballets.

Cliquez sur l’image

Au tournant du siècle dernier, dans l’opéra Jenufa de JANACEK, le héros Steva passe plus de temps à ne rien faire en buvant avec ses amis qu’à travailler, ce qui n’est pas du goût de sa future belle-mère.

Janacek Jenufa Dusa moja, Stevo, StevuskoCliquez sur l’image

L’enfant et les Sortilèges de RAVEL et COLETTE commence par une déclaration de l’enfant, qui n’a pas envie de faire sa page, mais plutôt d’aller se promener (et accessoirement de tirer la queue du chat.)

Ravel l'Enfant et les sortilèges j'ai pas envie de faire ma pageCliquez sur l’enfant paresseux

En 1933, Kurt WEILL écrit le ballet Les sept péchés capitaux avec l’aide de son complice Bertold BRECHT.

Weill les 7 Péchés capitaux la paresseCliquez sur l’image

Raynaldo Hahn est connu pour ses opérettes, comme Ciboulette. Dans son opérette RIP, il nous offre ce « Vive la paresse ».

Messager RIP Vive la paresseCliquez sur les années TSF !

Dans ses Banalités, sur des textes d’APOLLINAIRE, Francis POULENC nous offre cet « Hôtel », où la chanteuse (ou le chanteur) ne veut pas travailler, mais veut fumer.

Poulenc Banalités Hôtel (Crespin)Cliquez sur l’image

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, félicitations, vous avez gagné le droit de cliquer sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si (et seulement si) vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Agenda Ironique, Divers, Instruments

PLAN PLAN RATAPLAN, C’EST LE BRUIT DU TAMBOUR

Quelques jours avant la célébration de la fête nationale française, et des marches martiales qui l’accompagnent, intéressons-nous au bruit du tambour.

L’onomatopée qui représente (en français) le bruit du tambour est ran plan plan, ran rataplan. On peut d’ailleurs en entendre dans mon article consacré aux onomatopées. Et comme le hasard fait parfois bien les choses, le thème de l’Agenda Ironique de juillet 2021 est précisément onomatopées, répétitions et accumulations, comme il est dit cidsous.

 » Tchachacha, froufrou, splat, et scouic. « 

 » Je vous propose d’utiliser onomatopées, répétitions et accumulations pour relater une étape de la vie d’une personne, ou un moment particulier, comme par exemple les préparatifs du matin, ou du soir. Quelques borborygmes seraient aussi les bienvenus. « 

 » Vous avez jusqu’au 26 juillet, et puis après on vote. Clap clap clap ! « 

AGENDA IRONIQUE DE JUILLET! | Grain de sable (victorhugotte.com)

 » Si vous êtes nouveau ou nouvelle, vous postez votre texte sur votre blog, shlak!, et puis hop, vous copiez-collez le lien dans les commentaires ci-dessous.
Tic toc, tic toc…
« 

Et donc (roulement de 🥁), place au son du tambour !

Roulements de tambourCliquez sur le roulement de tambour

Commençons par Henry PURCELL, qui a composé en 1695 cette émouvante Musique pour les funérailles de la reine Marie, pour tambours et cuivres.

Purcell Musique pour les funérailles de la reine MaryCliquez sur l’image

On trouve de nombreuses scènes avec des soldats à l’opéra, et les compositeurs se sont fait un malin plaisir à faire chanter aux chœurs des plan plan rataplan, ou des rataplan plan plan.

Ainsi en 1832, dans l’Élixir d’amour, DONIZETTI fait arriver la garnison du sergent Belcore au son des tambours :

Donizetti l'Elisir d'amore Come Paride vezzosoCliquez sur l’image

En 1836, MEYERBEER va plus loin dans ses Huguenots en faisant chanter Rataplan plan plan au chœur.

Meyerbeer les huguenots C'est le jour RataplanCliquez sur l’image

Dans La Fille du régiment (1840) de Donizetti, on peut entendre l’air avec chœur « Au bruit de la guerre ».

Donizetti La Fille du régiment au bruit de la guerreCliquez sur la fille du régiment

On trouve une répétition de cette trame, réutilisée en 1879 par OFFENBACH dans son opérette la Fille du tambour-major. (Offenbach était familier des onomatopées puisqu’une de ses opérettes à pour titre Ba-Ta-Clan, titre qui a donné son nom à la salle de spectacle parisienne.)

Offenbach la Fille du tambour-majorCliquez sur la fille du tambour-major

En 1862, c’est VERDI qui nous propose un « rataplan rataplan » dans La Force du destin (La Forza del destino).

Verdi La forza Acte III RataplanCliquez sur l’image

Et si vous avez eu le courage ou la patience d’arriver jusqu’ici, cliquez donc sur le lien cidsous, vous pourriez être surpris(e).

Point d'interrogation

Et si vous avez aimé le bruit du tambour, peut-être aimerez-vous le son de la trompette ou de la flûte ?

Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 6 – LA COLÈRE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil et la gourmandise, la luxure, l’avarice et la jalousie, la colère est donc le sixième péché capital.

On trouve des scènes de colère dans toute l’histoire de l’opéra, et les dieux se montrent aussi irascibles que les humains.

Jean-Philippe RAMEAU avait mauvais caractère. Au cours de sa vie, il a participé à trois « querelles » importantes dans l’histoire des idées de son siècle : La querelle des lullistes et des ramistes, la querelle des bouffons et la querelle des encyclopédistes. Est-ce pour cela que l’on trouve tant de personnages irascibles dans ses opéras ?

Ainsi dans les Indes galantes de RAMEAU, Huascar, le grand prêtre du soleil, prétend que la colère divine se manifeste alors qu’il simule une éruption volcanique pour faire fléchir les héros Phani et Carlos.

indes galantes 2Cliquez sur Huascar

Dans Zoroastre, c’est le couple formé par Érinice et Abramane qui est emporté par la fureur presque du début à la fin de l’œuvre.

Et dans les Boréades, c’est Borée, le dieu du vent, qui ne peut contenir sa colère quand il voit la reine Alphise renoncer à son trône pour n’avoir pas à choisir entre ses fils (les Boréades) comme époux.

La reine de la nuit, dans la Flûte enchantée de MOZART, exprime toute sa colère contre Zarastro dans l’air « der hölle Rache ».

Flûte enchantée Reine de la nuitCliquez sur la reine de la nuit

Chez WAGNER, c’est Fricka, l’épouse de Wotan, le dieu en chef, qui se met en colère dans La Walkyrie quand elle apprend que son mari veut favoriser un « champion », au mépris des lois qu’il est censé protéger.

Wagner die Walküre FrickaCliquez sur Fricka

Chez VERDI, c’est dans Otello que le héros, poussé par sa jalousie, pique une colère meurtrière qui lui fait tuer sa femme, Desdémone.

Verdi Otello Dio Mi potevi scagliarCliquez sur Otello

Dans L’Enfant et les Sortilèges, de COLETTE et RAVEL, l’enfant se fait punir par sa mère parce qu’il n’a pas fait ses devoirs. Il se met alors en colère et déchire tout ce qu’il trouve.

Ravel l'Enfant et les Sortilèges débutCliquez sur l’enfant

Dans la scène des énigmes de Turandot de PUCCINI, la princesse de Chine, qui veut venger le viol de sa grand-mère en faisant mettre à mort tous ses prétendants, propose ses énigmes à Calaf. Celui-ci trouve les réponses, faisant croître la colère de Turandot.

Puccini Turandot Straniero, ascoltaCliquez sur Turandot

Il y a une autre colère très populaire dans la musique classique, c’est un des thèmes principaux des Requiems : Dies Irae, dies illa… (Jours de colère que ces jours-là.)

Verdi Requiem Dies IraeCliquez sur l’image

Il y a d’autres scènes de colère dans l’opéra, mais il faut savoir se limiter. En tout cas ne manquez pas le dernier billet de cette série, celui sur la paresse.

Et si en voulez plus, cliques sur des femmes en colères.

Divers, Nature

IL FAUT CULTIVER NOTRE JARDIN – Partie 1 – le jardin le jour.

« Il faut cultiver notre jardin », telle est la conclusion en forme de morale du conte Candide de VOLTAIRE. Mais quelle est la place du (des) jardin(s) dans le monde merveilleux de l’opéra (et plus généralement de la musique dite classique) ?

Dans son opéra Xerxes (Serse), HAENDEL confie un de ses plus beaux airs à son héros, près d’un platane dans son jardin : « Ombra mai fu ».

Haendel xerxes Serse ombra mai fuCliquez sur le célèbre contre-ténor

Une bonne partie du Cosi fan tutte de MOZART se passe dans un jardin. Au premier acte, les deux sœurs Dorabella et Fiordiligi chantent leur bonheur d’aimer et d’être aimées quand survient Don Alfonso qui leur apprend que leurs fiancés doivent partir à la guerre.

Mozart Cosi fan Tutte Soave sia il ventoCliquez sur Dorabella, Fiordiligi et Don Alfonso

Au premier acte du trop rare Fierrabras de SCHUBERT, Emma et Eginhard chantent un duo passionné dans le jardin.

Schubert Fierrabras Der abend sinkt auf stiller FlurCliquez sur l’image

Dans Iolanta de Tchaïkovski, l’héroïne, aveugle de naissance, vit dans une maison isolée et entourée d’un jardin. C’est dans ce jardin qu’elle va rencontrer l’amour en la personne de Vaudémont.

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta et Vaudémont

Alors qu’il y a une belle scène de nuit dans le jardin des Capulet dans le Roméo et Juliette de GOUNOD, il y a également une scène de jour quand, le lendemain, le page revient chercher Roméo dans le jardin (Air : « Que fais-tu, blanche tourterelle ».)

Gounod Roméo et Juliette Que fais-tu blanche tourterelleCliquez sur le page

Au début d’Eugène Onéguine de TCHAÏKOVSKI, madame Larine et la nourrice de ses deux filles sont dans le jardin en début de soirée et devisent du passé quand on entend un le chœur des paysans qui célèbrent la fin des moissons.

Tchaïkovski Eugène Onéguine Chœur et danse des paysans

À l’acte II de Parsifal de WAGNER, le magicien (noir) Klingsor fait apparaître son jardin enchanté, et ses filles-fleurs chargées détourner les chevaliers du Graal du droit chemin.

Wagner Parsifal Filles-fleursCliquez sur la fille-fleur

Avant de terminer ce billet, écoutons Olivier MESSIAEN et sa fauvette des jardins, un catalogue de chants d’oiseaux retranscrits pour le piano.

Messiaen la fauvette des jardinsCliquez sur la fauvette des jardins

Mais revenons à notre cher Candide avec l’opérette éponyme de Léonard Bernstein et son final « Let our garden grow » (« Cultivons notre jardin ».)

Bernstein Candide Make our Garden GrowCliquez sur Lenny

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Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Et ne ratez pas, prochainement sur ce blog, la seconde partie des jardins avec les jardins la nuit.

Divers, Fantaisie

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (3e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la deuxième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Et comme pour le premier billet, je commence par Francis BLANCHE, avec sa version de l’ouverture du Barbier de Séville de ROSSINI interprétée par les QUATRE BARBUS.

https://www.dailymotion.com/video/x758myrossini 4 barbusCliquez sur les quatre barbus

Joan BAEZ nous fait admirer la qualité et la pureté de sa voix dans la Bachianas Brasileiras n° 5 de VILLA-LOBOS.

Villa-lobos Baez Bachianas Brasileiras n 5Cliquez sur Joan Villa-Lobos

On a déjà rencontré sur ce blog Klaus NOMI chantant l’air du génie du froid, extrait du King Arthur de PURCELL. Il a aussi chanté l’air « Mon cœur s’ouvre à ta voix », extrait du Samson et Dalila de Camille SAINT-SAËNS.

Saint-Saëns Samson et Dalila mon cœur s'ouvre à ta voix Klaus NomiCliquez sur Klaus Saint-Saëns

(il a aussi chanté la mort de Didon, mais c’est ça, ce sera pour le prochain billet consacré à ces chanteurs qui ont chanté du classique).

Les DOORS ont chanté Asturias d’ALBENIZ sur leur album « Waiting for the sun ».

The Doors Spanish CaravanCliquez sur les Portes d’Asturies

Mireille MATHIEU a sorti un album de « classiques » intitulé « Mes classiques ». (Oreilles sensibles s’abstenir)

Mathieu Schubert Ave MariaCliquez sur Mireille SCHUBERT si vos oreilles ne sont pas trop sensibles

Écoutez Barbra STREISAND dans « Memory », extrait de Cats de Andrew LLOYD WEBER.

Barbra Streisand LLoyd Weber MemoryCliquez sur Barbra Lloyd Weber

Henri TACHAN a rendu un bel hommage à Beethoven dans sa chanson « Ludwig »

Beethoven Tachan LudwigCliquez sur Henri Beethoven

Anne SYLVESTRE a chanté la Lettre à Élise de BEETHOVEN.

Beethoven Sylvestre Lettre à ÉliseCliquez sur Anne van Beethoven

Michel DELPECH a composé sa chanson « Tête de Turc » sur la Marche turque de MOZART.

Mozart Delpech tête de turcCliquez sur Wolfgang Amadeus Delpech

À bientôt pour la quatrième série de morceaux classiques interprétés d’une façon moins classique avec des versions rocks, voir hard rocks.

Et si vous êtes joueurs ou joueuses, vous pouvez cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus (si vous êtes joueurs ou joueuses)

Divers, Histoire de l'opéra

CONTRALTOS ET CONTRE-TÉNORS

Vous avez été plusieurs à me manifester le plaisir de découvrir le même air, « Che faro senza Euridice » de GLUCK, interprété soit par une voix de contralto (femme) soit par une voix de contre-ténor (homme). Voici donc un petit point sur la ressemblance et la différence entre ces deux voix.

gluck orfeo che faro senza EuridiceCliquez sur Orfeo (senza Euridice)

Dans les registres vocaux de la voix humaine (cf. la tessiture), la voix de contralto est la voix la plus grave des femmes alors que la voix de contre-ténor (ou haute-contre) est la voix la plus aiguë des hommes. En pratique, il peut y avoir recouvrement voire dépassement, et un contre-ténor dans les aigus chantera plus haut qu’une contralto dans les graves.

Voyons ce que nous dit le volume « Musique » de l’Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT (en respectant l’orthographe de l’époque).

Contralto, mot italien qui répond à notre mot haute-contre, mais les deux voix ne sont pourtant pas les mêmes, & leur diapason est assez différent. Le contralto italien est exécuté par des castrati à qui l’âge a rendu la voix plus grave ou par des femmes qui ont particulièrement cultivé les cordes (vocales) basses, & qui sont proprement, ce que nous appellons des bas-dessus.

La haute-contre, au contraire est la voix d’un homme dans toute l’étendue du terme, à qui la nature a donné une voix claire & s’élevant facilement dans le haut. Plusieurs, pour parvenir aux sons les plus aigus, sont obligés de forcer leurs moyens naturels en se resserrant le gozier; mais ils perdent ainsi en agrément(*) ce qu’ils gagnent en étendue, car ces sons étranglés manquent de douceur et de pureté.

À considérer le diapason de la clef d’ut qui sert aux deux espèces de voix, il est évident que ce sont les Français qui emploient la véritable haute-contre, & que les contralti italiens ne sont que des second-dessus… mais cette voix, les italiens l’appellent tenore sans la distinguer de cette autre dont le son est plus grave et plus nourri… On en peut donc conclure que les Italiens ne connaissent pas leurs chœurs la haute-contre, & qu’ils lui ont substitué le second-dessus, en continuant de le nommer contralto. Quelle peut en être la raison ? Je n’en vois pas d’autre que cette foule de malheureux castrati qui abondent en Italie, & qui, à un certain âge, ne sont plus en état de chanter le dessus. Comme le chant est néanmoins leur unique ressource, on a taché d’en tirer parti, & on les a placés dans le chœur, en leur donnant une partie de second-dessus analogue à leur voix…

Les hommes qui chantent le fausset, participent aux deux voix, & peuvent servir de liaison entre la haute-contre française et le contralto italien.

(*) agrément : On appelle ainsi dans la musique française certains tours de gosier & autres ornements affectés aux notes qui sont dans telle ou telle position, selon les règles prescrites par le goût du chant.

Voilà, c’est un peu technique, excusez-moi, mais j’adore me plonger dans ces vieux livres écrits presque en vieux françois !

Que retenir de cela ? Surtout et déjà qu’entre les Français et les Italiens, il n’y avait pas accord (ce qui est un comble pour des musiciens) sur les appellations des voix. Il faut dire qu’à l’époque de l’Encyclopédie, la Querelle des Bouffons n’était close que depuis peu de temps (disons une trentaine d’années). Cette querelle visait à trancher laquelle, de la musique française ou de la musique italienne, était le plus à même de porter l’émotion par le chant. RAMEAU défendait les couleurs de la musique française alors que JJ.ROUSSEAU défendait la musique italienne.

La Querelle des Bouffons étant partie d’une représentation de la Servante maîtresse de PERGOLÈSE en 1752, je vous propose d’écouter l’œuvre phare de ce musicien mort à 26 ans : le Stabat Mater, interprété ici par une soprano et un haute-contre.

Pergolèse stabat materCliquez sur l’image

250 ans plus tard, que peut-on encore dire sur ce sujet ?

Au XVIIIe siècle, il y avait encore une tradition assez forte « d’opérer » avant la puberté de jeunes garçons pour en faire des castrats (castrati en italien), qui gardaient ainsi une voix très aiguë. Dans les opéras, les rôles de femmes pouvaient être chantés par des hommes, les fameux castrats, alors que les rôles de très jeunes gens (typiquement des pages au service de la noblesse) pouvaient être chantés par des femmes.

Ceci peut s’illustrer par exemple dans le Jules César en Égypte de HAENDEL, où le rôle de César étant interprété à l’origine par un castrat doit de nos jours être chanté par un contre-ténor ou par une femme. Ceci nous donne le très beau duo « Son nata a lagrimar » entre César et Cornélie, où la voix d’homme est au-dessus de la voix de femme.

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur César et Cornélie

De même dans Orlando furioso de VIVALDI, le rôle d’Orlando (Roland) étant chanté par un castrat est aujourd’hui chanté par une contralto.

Vivaldi Orlando furioso (Lemieux)Cliquez sur Orlando

Pour ce qui est des rôles de jeunes hommes, l’exemple le plus connu est certainement celui de Chérubin, dans les Noces de Figaro de MOZART.

Mozart le Nozze di Figaro Voi che sapeteNe cliquez pas sur Chérubin

Cette tradition de rôle travesti dure au moins jusqu’à Richard STRAUSS, puisque dans son Chevalier à la Rose (Der Rosenkavalier), le rôle d’Octavian, le jeune amant de la Maréchale, est chanté par une femme.

Strauss Rosenkavalier duo Octavian SophieCliquez sur Sophie et Octavian