Divers, littérature, Poésie

LE VOYAGE D’HIVER (WINTERREISE), de SCHUBERT Partie 1 – lieder 1 à 8

Le Voyage d’hiver (Winterreise) peut être considéré comme le testament musical de Franz SCHUBERT. Écrit sur des poèmes de MÜLLER, Schubert nous raconte en 24 lieder le cheminement d’un homme qui erre seul dans le froid et la neige après que son aimée l’a quitté, jusqu’à sa rencontre avec un étrange vieillard dans le 24e et dernier lied.

Composée en 1827 en deux cahiers, la partition originale est écrite pour ténor, mais il existe aussi une version pour baryton, et il n’est pas rare non plus que des cantatrices nous fassent le plaisir de les interpréter.

1 – Gute Nacht (Bonne nuit). « Étranger je suis venu, étranger, je repars ». L’homme quitte le village où il a vécu heureux, mais avant de partir, il passe devant la maison de celle qu’il aime pour lui souhaiter bonne nuit.

Schubert Winterreise Gute NAchtCliquez sur l’image

2 – Die Wetterfahne (la Girouette). « Le vent joue avec la girouette sur la maison de ma bien-aimée ». Cette girouette, c’est le cœur de son amie qui change au gré du vent.

Schubert Winterreise Die WetterfahneCliquez sur l’image

3 – Gefrorne Tränen (Larmes gelées). « Des larmes gelées tombent de mes joues ». Ces larmes gelées jaillissent de son cœur, si brûlantes qu’elles pourraient faire fondre la glace, mais elles gèlent très vite.

Schubert Winterreise Gefrorne TränenCliquez sur l’image

4 – Erstarrung (Engourdissement). « En vain je cherche dans la neige la trace de ses pas ». La neige a recouvert la verte montagne, plus une fleur, plus d’herbe verte qui pourrait lui remémorer sa dulcinée.

Schubert Winterreise ErstarrungCliquez sur l’image

5 – Der Lindenbaum (le Tilleul). « Près du puits, devant le porche, s’élève un tilleul ». L’homme avait gravé sur l’écorce du tilleul maints mots d’amour, mais déjà il s’en est éloigné.

Schubert Winterreise Der Lindenbaum (Kaufmann)Cliquez sur l’image

6 – Wasserflut (Inondation). Mainte larme de mes yeux est tombée dans la neige. Le ruisseau des larmes de l’homme s’écoulera à travers villes et campagnes, jusqu’à rejoindre la maison de sa bien-aimée.

Schubert Winterreise WasserflutCliquez sur l’image

7 – Auf dem Flusse.

Schubert Winterreise auf dem FlusseCliquez sur l’image

8 – Rückblick.

Schubert Winterreise RückblickCliquez sur l’image

Clioquez ici pour avoir les lieder 9 à 16, je vous propose un petit cadeau bonus.

Et si vous voulez avoir le texte chanté, avec sa traduction en français, c’est ici.

Divers

EUGÈNE DELACROIX ET LA MUSIQUE (1798 – 1863)

La Liberté guidant le peuple

Eugène DELACROIX, peintre français né près de Paris le 26 avril 1798, est considéré comme le principal représentant du romantisme en peinture. Après avoir fait partie du premier cercle des romantiques avec Victor HUGO, il se détache assez vite de l’esthétique de celui-ci.

Si on met de côté INGRES et son célèbre violon, et Cavaradossi de Tosca de PUCCINI, Delacroix est un des peintres qui s’est le plus intéressé à la musique.

Puccini Tosca Recondita armoniaCliquez sur l’image

(Une anecdote douteuse rapporte toutefois que Géricault avait aussi un rapport particulier avec la musique, il jouait de la trompette avec sa femme et ses deux fils et, avec leurs fameuses trompettes de Géricault, ils étaient capables de détruire les murailles les plus solides. [Euh, j’ai quand même un doute, vérifiez quand même avant de colporter cette information])

Dans sa jeunesse, Delacroix apprend la musique auprès d’un organiste qui avait bien connu MOZART. Dès lors, toute sa vie, il gardera un profond goût pour la musique de celui-ci, allant jusqu’à acheter la partition de Don Giovanni ou chanter les Noces de Figaro.

Mozart Don Giovanni Ouverture (Furtwängler)Cliquez sur l’image

Attiré par l’opéra, c’est du côté de ROSSINI qu’il se tourne, Rossini dont il a pu entendre Moïse aux Italiens. Il disait de la musique « C’est le plus puissant des arts » ou encore « C’est pour l’âme la meilleure nourriture ». De Rossini, il connaît par cœur Guillaume Tell.

Rossini guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’image

Il trouve dans le Mariage secret de CIMAROSA « la perfection même » mais, classique dans ses goûts musicaux, il juge sévèrement ses contemporains, tels que BERLIOZ ou GOUNOD.

Cimarosa Il Matrimonio segreto OuvertureCliquez sur Cimarosa

Il était circonspect envers l’œuvre de BEETHOVEN. Il critique les développements de la Symphonie héroïque, mais la Septième trouve grâce à ses oreilles. Entendant ses derniers quatuors, il interroge un violoniste qui affirme que l’œuvre est magnifique, mais qu’il y a toujours des endroits obscurs : « Ne nous prononçons pas encore, conclut Delacroix, il faut toujours parier pour le Génie  ».

Beethoven Grande fugue opus 133Cliquez sur la grande Fugue opus 133

Fréquentant le salon de George SAND, et donc Frédéric CHOPIN, il a cette image de la musique du pianiste: « Je sens devant ces tableaux, ce mouvement intérieur, ce frisson que donne une musique puissante ». Pour lui, Chopin composait des tableaux avec sa musique !

Chopin prélude n° 15 de la goutte d'eauCliquez sur la pianiste

Artiste ayant eu du mal à se faire reconnaître de son vivant, il a vécu essentiellement de la commande publique.

Delacroix meurt à Paris le 13 août 1863.

Source principale : Pour les citations de Delacroix, j’ai puisé dans une communication d’Emmanuel BONDEVILLE sur Delacroix musicien.

Divers

LES MANIPULATEURS PERVERS

Qu’on ne s’y trompe pas, derrière le terme de manipulateurs pervers peuvent se cacher aussi bien des hommes que des femmes, que l’on appelle alors manipulatrices perverses. Il n’y a en effet pas de genre pour tromper les autres, et les conduire par la séduction puis, par l’emprise qu’on a pris sur eux, à agir pour obtenir d’eux la satisfaction de leurs besoins comme l’argent, l’amour ou le pouvoir.

Partant du constat de l’existence de ces personnes, j’ai recherché quels personnages d’opéra peuvent être considérés comme des manipulateurs pervers, ou pervers narcissiques (NP).

Le premier cas qui m’est apparu, immédiatement, est le traître Iago, dans Otello de Verdi (ou celui de Rossini). Ce personnage fourbe, jaloux et ambitieux présente en effet tous les caractères du PN. Furieux contre Otello qui a donné la place qu’il convoitait à Cassio, jaloux de Cassio qui a obtenu cette place, il va, par le mensonge et la tromperie, aiguiser la jalousie d’Otello en lui faisant croire que sa femme Desdémone le trompe avec Cassio. Il fera tant et si bien qu’à la fin, Otello tuera Desdémone, avant de se suicider.

Verdi Otello Credo de IagoCliquez sur Iago (et frissonnez !)

Un autre personnage très connu peut être rangé dans la catégorie des PN. Il s’agit de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée de Mozart. Cette dame était la fille du grand prêtre d’ISIS qui, à sa mort, lui a légué tous ses biens, sauf le Cercle solaire réservé aux initiés, qu’il a confié à Zarastro, son successeur. Voulant le récupérer, ainsi que le pouvoir qui va avec, elle va pousser sa propre fille Pamina à tuer Zarastro, l’empêchant de vivre son amour avec Tamino, et prête à la sacrifier si sa fille ne l’aide pas dans sa folle quête pour le pouvoir. La manipulation atteint son point culminant dans cet air de folie destructrice qu’est « Der holle Rache », le deuxième grand air de la Reine de la Nuit.

Mozart Zauberflöte Der hölle Rache (Devieilhe)Cliquez sur la Reine de la nuit

Un peu moins caractéristique est l’attitude de la déesse Cybèle, dans Atys de Lully. Et pourtant. Cybèle profite de son statut de déesse pour faire nommer grand Sacrificateur Atys, qu’elle aime en secret. Ensuite, elle plonge Atys dans un sommeil artificiel pour lui faire comprendre, en songe, son amour pour lui, et les dangers qu’il y aurait à ne pas répondre à cet amour. Quand Atys se sert de sa charge de grand Sacrificateur pour empêcher le mariage entre Sangaride, qu’il aime malgré tout, et Célénus, le roi de Phrygie, la fureur de Cybèle devient alors telle qu’elle rend Atys fou, lui présentant Sangaride comme une bête sauvage, qu’il tue. À son réveil, il comprend l’horreur de son geste et se plonge le poignard dans le cœur. Cybèle le transforme alors en pin, forme sous laquelle elle pourra l’aimer à jamais. Alors PN ou pas PN, qu’en pensez-vous ?

Lully Atys Espoirs si chers et si douxCliquez sur Cybèle

Que penser également de Lady Macbeth dans le Macbeth de Verdi ? Suite à une prédiction faite à son mari, elle pousse celui-ci à tuer le roi pour prendre sa place, puis devant l’hésitation de Macbeth, elle s’occupe elle-même de la triste besogne, et décide de supprimer tous ceux qui pourraient leur retirer le trône. Le caractère manipulateur n’est cependant pas vraiment affirmé chez elle.

Verdi Macbeth Fatal mia donna !Cliquez sur Lady Macbeth

Tout autre est Scarpia dans Tosca de Puccini. Scarpia est le chef de la police romaine pendant l’occupation napoléonienne. Il convoite la cantatrice Floria Tosca, amante du peintre Cavaradossi. Quand il se rend compte que Cavaradossi a probablement aidé un prisonnier politique en fuite, il fait enlever le peintre, fait venir la chanteuse, et l’oblige à écouter les cris de son amant torturé pour parvenir à ses fins sur elle. Il va jusqu’à lui faire croire que si elle cède à ses avances, son amant sera libre, alors qu’en fait, il a déjà signé sa condamnation à mort.

Puccini Tosca Te DeumCliquez sur Scarpia

Le dernier exemple d’emprise maléfique sera emprunté à Henry James et sa nouvelle the Turn of the Screw (le Tour d’écrou), si brillamment mise en musique par Brritten. Mais là, Peter Quint, l’ancien majordome manipulateur qui prenait des libertés avec le jeune Miles et a séduit Miss Jessel, l’ancienne gouvernante de deux enfants avant de la faire mourir. Dès lors, les deux fantômes n’auront de cesse que de terminer leur travail démonique, en essayant d’attirer à eux les deux enfants.

Britten The Turn of the Screw air de QuintCliquez sur Quint

Divers, Maria Callas

DRAMES DE LA JALOUSIE À L’OPÉRA

Je vous en avais parlé dans ma série sur les sept péchés capitaux, on rencontre beaucoup d’histoires d’amour à l’opéra. Malheureusement ces histoires d’amour sont parfois accompagnées par ce revers de la médaille amoureuse qu’est la jalousie.

Voici donc une deuxième série de drames provoqués par la jalousie sur les scènes d’opéras (je ne parle évidemment pas ici des tensions et rivalités qui peuvent exister entre les chanteurs et les chanteuses.)

Ainsi dans l’Orlando furioso (1727) de VIVALDI, le héros Orlando est jaloux de Médor, que la magicienne Alcina a ramené à la vie.

Vivaldi Orlando furioso Troppô é fiero,il nume arcieroCliquez sur l’image

Peu de temps après, son contemporain HAENDEL met en musique le même drame tiré de l’ARIOSTE avec son Alcina. À la fin du deuxième acte, Alcina se plaint d’avoir été trahie par l’homme qu’elle aime.

Haendel Alcina Ombre pallide et mi restano le lagrimaCliquez sur Alcina

La même année (1735) en France, RAMEAU met en scène la jalousie de Tacmas dans la troisième entrée des Indes galantes. Heureusement, tout se termine bien et les quatre protagonistes joignent leur voix pour chanter le bonheur retrouvé.

indes galantes 3

Retour en Angleterre en 1738 avec Xerxès (Serse) de Haendel et cette scène où Romilda qui se croit trahie par son fiancé chante sa jalousie.

Haendel Serse E gelosia quella tirannaCliquez sur Romilda

Changeons de siècle et de pays avec La Somnambule (La Sonnambula) (1831) de BELLINI, où Elvino, jaloux des avances faites à sa fiancée Adina, lui fait une scène avant que les amoureux ne se réconcilient.

Bellini la Sonnambula Son geloso del zefiro erranteCliquez sur Adina

35 ans plus tard, dans Aïda (1870) de VERDI, Amnéris laisse éclater sa fureur jalouse quand elle se rend compte que son cher Radamès aime l’esclave Aïda.

Verdi Aïda Pieta ti prendra del mio dolorCliquez sur l’image

Et vers la fin du siècle, c’est LEONCAVALLO dans son Paillasse (1892) qui fait chanter à son héros trompé cet air où il exprime tout son malheur.

Leoncavallo Paillasse No Pagliaccio non sonCliquez sur Paillasse

Et comme il me reste quelques opéras traitant de la jalousie, vous en aurez peut-être prochainement une nouvelle série.

Divers

QUAND ON S’ENDORT À L’OPÉRA…

Non, il ne va pas être question ici de Chris, le héros de Match Point de Woody ALLEN, qui a bien du mal à cacher qu’il s’endort quand il accompagne à l’opéra la famille riche dans laquelle il veut entrer.

En fait, le songe est un charme puissant, et il arrive souvent que ces périodes de sommeil, naturel ou artificiel, soient illustrées musicalement, soit par des berceuses pour accompagner la venue du sommeil, soit par des révélations qui surviennent pendant ycelui.

Ainsi, dans le Couronnement de Pompée (1643), de MONTEVERDI, la nourrice de Pompée lui chante une berceuse pour l’endormir (Air: « Oblivion Soave ».)

Monteverdi le Couronnement de Poppée Oblivion soave

En 1676, dans Atys de LULLY, la déesse Cybèle plonge Atys dans le sommeil pour lui révéler son amour. Mais le sommeil d’Atys est troublé de songes funestes.

Lully Atys songes funestesCliquez sur les songes funestes

En 1763, dans Les Boréades, RAMEAU fait chanter à Alphise l’air : « Songe affreux, image cruelle » où son cœur balance entre un songe tragique qu’elle a fait et les charmes de l’amour.

Rameau les Boréades songe affreux, image cruelleCliquez sur Alphise

En 1846 dans la Damnation de Faust de BERLIOZ, Méphistophélès endort Faust et convoque ses créatures pour le bercer dans son sommeil.

Berlioz Damnation de Faust Voici des rosesCliquez sur l’image

Berlioz encore, en 1867, au début de son Roméo et Juliette. À Roméo qui s’inquiète d’un songe qu’il a eu, son ami Mercutio lui répond par l’air de la reine Mab, « la reine des mensonges, préside aux songes… »

Berlioz Roméo et Juliette La reine MabCliquez sur la ballade de la reine Mab

Et comme je le mentionnais dans mon billet sur les berceuses et chansons pour les enfants , on trouve une berceuse dans Wozzeck (1917 – 1922) de BERG, où Marie chante une berceuse à son enfant pour l’endormir.

Berg Wozzeck WiegendliedCliquez sur Marie et son enfant

Le fameux « Summertime » du Porgy & Bess (1935) de GERSHWIN n’est autre qu’une berceuse que Clara chante à son baby au début de l’opéra. À la fin, c’est Bess qui le chante au bébé de Clara, après la mort de celle-ci.

Gershwin Porgy and Bess SummertimeCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas ne pas parler du Songe d’une nuit d’été (1960) de BRITTEN. À la fin du 1er acte, Tytania demande à ses fées de chanter une berceuse pour endormir Lysandre.

Britten le songe d'une nuit d'été What thou seest when thou dost wakeCliquez sur l’image

Divers, Maria Callas

FAUST : BERLIOZ vs GOUNOD

Ayant récemment regardé le Faust de GOUNOD, je me suis rendu compte de deux choses.

Premièrement, je connais moins bien que je croyais cette adaptation du mythe de Faust par les librettistes BARBIER et CARRÉ. Deuxièmement, il y a bien des morceaux communs entre cette adaptation et celle de BERLIOZ, la Damnation de Faust. C’est normal si on songe que ces deux opéras sont tirés de la même œuvre de GOETHE, mais il est intéressant de voir ce qu’en a fait Berlioz le romantique ou Gounod le pompier.

Je me propose donc ici de vous faire un état des lieux de ce qui rapproche et ce qui sépare ces deux versions.

Par rapport au roman original de Goethe, la Damnation est assez fidèle, avec Faust au centre de l’action. Gounod, lui, centre le sujet sur la malheureuse Marguerite.

Si les deux opéras sont centrés autour du trio principal, Faust, Marguerite et Méphisto, les personnages secondaires ne sont pas les mêmes. Ainsi Gounod et ses librettistes choisissent de faire intervenir Valentin, le frère de Marguerite, alors que Berlioz, lui, fait intervenir dans la scène de la taverne l’ivrogne Brander.

avant de quitter ces lieuxCliquez sur Valentin

Berlioz Damantion de Faust BranderCliquez sur l’image

Les premières scènes restent fidèles à Goethe. Le savant Faust, sur la fin de sa vie, se rend compte qu’occupé à ses chères études, il est passé à côté de la vie telle que la vivent les gens du peuple, et songe au suicide. Il suspend son geste quand il entend les chants joyeux du peuple dehors. Méphistophélès lui propose alors de lui faire découvrir les joies de la vraie vie.

Berlioz : « Sans regret j’ai quitté les riantes campagnes ».

Berlioz la Damnation de Faust Sans rerets j'ai quittéCliquez sur l’image

Gounod : « Salut, ô mon dernier matin ».

Gounod Faust Salut ô mon dernier matinCliquez sur Faust

 

Dans la version originale de Goethe, il y a des chansons, notamment des chansons à boire, voici donc deux traitements différents de ces chansons à boire :

Berlioz : Scène du cabaret (enfumé).

Berlioz Damnation de Faust Chœur des buveursCliquez sur le cabaret (enfumé)

Gounod : « Vin ou bière ».

Gounos Faust Vin ou bièreCliquez sur l’image

Il y a aussi la célèbre « chanson du roi de Thulé ». Berlioz comme Gounod se sont fait le devoir et le plaisir de la mettre en musique.

Berlioz : « Autrefois un roi de Thulé ».

Berlioz la Damnation de Faust Autrefois un roiCliquez sur Marguerite

Gounod : « Il était un roi de Thulé ».

Gounod Faust Il était un roi de ThuléCliquez sur Marguerite

Dans les deux versions, on peut entendre Méphistophélès chanter une chanson destinée à attendrir Marguerite, pour l’inciter à céder à Faust.

Berlioz : « Devant la maison de celui qui t’adore ».

Berlioz la Damnation de Faust Devant la maison de celui qui t'adoreCliquez sur Méphistophélès

Gounod: « Vous qui faites l’endormie ».

Gounod Faust Vous qui faites l'endormieCliquez sur Méphistophélès

Les fins des deux opéras diffèrent sensiblement. Ce n’est pas pour rien que le romantiquissime Berlioz a intitulé son œuvre la Damnation de Faust, vouant son héros aux flammes de l’enfer après une chevauchée fantastique en compagnie du diable, avec spectres et démons hurlant dans un pandémonium sans précédent dans l’histoire de la musique.

Berlioz la Damnation de Faust FinalCliquez sur la chevauchée fantastique vers l’enfer

La fin de Gounod est, là encore, centrée sur Marguerite.

Gounod Faust FinalCliquez sur Marguerite et Faust

Et si vous voulez encore un peu de musique, cliquez sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous voulez encore un peu de musique

Divers, Religion

ILS ONT ÉCRIT DES « MAGNIFICAT »

Le Magnificat, dans la liturgie chrétienne, est une des prières adressées à la Vierge Marie, avec l’Ave Maria et le Stabat Mater.

Le texte en est tiré de l’évangile selon Saint-Luc, et reprend les paroles de Marie quand elle a appris qu’elle attendait un enfant. « Magnificat » est le premier mot de l’expression « Magnificat anima mea Deum » (Mon âme loue le Seigneur).

En tant que chant liturgique il a inspiré bien des compositeurs à travers les âges.

À tout seigneur tout honneur, je commencerai par MONTEVERDI, le créateur du genre opéra, qui a introduit un Magnificat dans ses Vespro della beata Vergine (Vêpres de la bienheureuse Vierge Marie).

Monteverdi Vespro della beata Vergine MagnificatCliquez sur le Magnificat

Dans les années 1630, Monteverdi a eu un élève, Heinrich SCHÜTZ (1585 – 1672) (à mes oreilles, c’est le chaînon manquant entre Monteverdi et J.S. BACH) qui a écrit des Magnificat en langue allemande (Meine Seele erhebt den Herrn), dont celui-ci (que j’ai chanté il y a 35 ans, je m’en souviens comme si c’était hier.)

Schütz Magnificat SWV 426Cliquez sur le Magnificat

Poursuivons notre voyage dans le temps avec Bach (1685 – 1750) et son fameux Magnificat (1728 – 1731).

Bach (JS) MagnificatCliquez sur le Magnificat

De la même époque date celui de VIVALDI.

Vivaldi MagnificatCliquez sur le Magnificat

Contemporain de Bach et Vivaldi, le Bohème Jan Dismas ZELENKA (1679 – 1745), un de mes compositeurs baroques préférés, a lui aussi écrit des Magnificat.

Zelenka MagnificatCliquez sur le Magnificat

Le XIXe siècle semble avoir produit peu de Magnificat. Notons quand même celui d’Anton BRUCKNER ou celui de RACHMANINOV, extrait des Vêpres.

Rachmaninov MAgnificatCliquez sur le Magnificat

Le XXe siècle aussi nous procurera de très beaux Magnificat, tels ceux du Suisse Bernard REICHEL (1942),

Reichel MagnificatCliquez sur le Magnificat

du Belge Vic NEES (1980)

Nees MagnificatCliquez sur le Magnificat

ou celui d’Arvo Pärt (1989),

Pärt MagnificatCliquez sur le Magnificat

Et si vous en voulez encore, cliquez donc sur le Magnificat surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le Magnificat surprise si vous en voulez encore

Et vous pouvez toujours retrouver d’autres chants consacrés à la vierge Marie avec l’article « Ils ou elles ont composé des Ave Maria« .

Divers, Sciences

FÊTE DE LA SCIENCE 2021

La Fête de la Science se déroule cette année du 1er au 11 octobre 2021 pour la France métropolitaine.

Après vous avoir parlé en 2019 de la représentation des scientifiques sur les scènes d’opéra, je vous propose maintenant, d’aller voir ce qui se passe dans les coulisses, et sur l’utilisation ingénieuse des découvertes scientifiques pour l’éclairage, la machinerie ou les effets spéciaux.

Historiquement, l’éclairage des théâtres se faisait à la chandelle. C’est d’ailleurs ce qui fixait la durée d’un acte, qui était limitée à la durée de la chandelle avant qu’elle ne s’éteigne. À partir de 1720, l’usage de la chandelle a été remplacé par de l’huile, que l’on brûlait dans des appareils spéciaux appelés quinquets. Sous Louis XVIII, on est passé à l’éclairage au gaz, dans l’opéra Aladin et la lampe merveilleuse (1822). Puis, le progrès aidant, l’éclairage est devenu électrique, avec la création des orgues électriques pour pouvoir faire varier les éclairages, les couleurs, ou les rampes d’éclairages sur telle ou telle partie des décors ou sur les chanteurs.

L’application de l’électricité au théâtre ou à l’opéra a donné lieu à des inventions aussi subtiles qu’étranges.

Ainsi, les bijoux électriques de M. TROUVÉ illuminaient les fleurs et les bijoux que portaient les actrices ou les danseuses. Par exemple, aux Folies Bergères en 1884 avec le spectacle les Fleurs lumineuses. Le procédé en est l’emploi de lampes à incandescence et de petites piles portatives de son invention, dont le poids est insignifiant.

En 1893 à Monte-Carlo, lors de la création en version scénique de la Damnation de Faust de BERLIOZ, le ballet des sylphes a fait forte impression, avec le corsage des danseuses orné d’une rose électrique.

Berlioz Damnation de Faust Ballet des SylphesCliquez sur le sylphe

En 1890, dans Ascanio de SAINT-SAËNS, Phébus apparaît au milieu des muses en tenant à la main un flambeau de Génie. M Trouvé a eu ici l’idée de dissimuler une lampe à incandescence sous des pierreries de couleur et de dissimuler les accumulateurs dans le corps du flambeau.

Saint-Saëns AscanioCliquez sur l’image

Faust, de GOUNOD, s’est prêté à bien des trouvailles. Ainsi à Francfort les spectateurs médusés ont pu voir une fiole qui se balançait dans les airs, d’abord informe, puis se transformant peu à peu en figure humaine. Celle-ci n’est autre qu’une poupée en caoutchouc repliée sur elle-même que l’on déplie petit à petit à l’aide d’un fil. À Londres, c’est l’usage de l’étincelle électrique qui permettait de rendre lumineuses les épées et les cuirasses des personnages en train de se battre en duel. Les épées étaient reliées à des batteries et produisaient des étincelles chaque fois qu’elles se touchaient !

Gounod Faust le duelCliquez sur le duel

Dans le Freischütz de WEBER, on voyait des têtes de mort s’élever du sol en lançant des étincelles par les yeux et la bouche. Le procédé utilisé est celui de petits fils de fer placés dans ces têtes, et reliés à des piles électriques. Quand le contact est mis, le fil de fer devient incandescent et produit ces étincelles aussi spectaculaires que fantomatiques.

Weber der Freischutz Gorge aux loupsCliquez sur l’image

Et dans la scène de la forge de Siegfried de WAGNER, les coups de marteau sur l’enclume donnent l’imitation parfaite d’une vraie forge. La surface en bois de l’enclume était recouverte d’une plaque de fonte et parcourue d’un réseau de fils métalliques, reliés au circuit électrique du théâtre. Quand Siegfried frappe sur l’enclume, un court-circuit se forme et produit ces milliers d’étincelles caractéristiques de la forge !

Wagner Siegfried NothungCliquez sur Siegfried reforgeant Nothung, son épée

L’incandescence a été utilisée dans la Flûte enchantée de MOZART pour illuminer le diadème de la reine de la Nuit.

Mozart Zauberflöte Air de la reine de la nuitCliquez sur la reine de la Nuit

Je terminerai pour aujourd’hui (mais il y aura une suite) avec l’évocation du théâtrophone, cette invention qui permettait assister au théâtre chez soi, par la double utilisation de microphones pour la captation et du téléphone pour la transmission, à une époque ou ni radio ni télévision n’existaient encore. On sait que Marcel PROUST était un utilisateur de ce théâtrophone.

Et pour tout savoir sur la Fête de la science, et ce qui se passe dans votre région, un seul lien : Fête de la science.

(Source principale : La science au théâtre – étude sur les procédés scientifiques en usage au théâtre moderne, par A. de VAULABELLE et Ch. HÉMARDINQUER, Paris, Henry Paulin éditeur, 1905)

P.S. si je me suis servi pour cet article d’in livre datant de plus de cent ans, les metteurs en scène et les décorateur d’aujourd’hui se servent évidemment des moyens techniques à leur disposition, comme dans le récent Idoménée de CAMPRA monté à l’opéra de Lille.

Campra Idoménée scénographieCliquez sur la scénographie

Couleurs, Divers, Jazz, Nature

BLEU

Carré bleu sur fond bleu, d’après Malevitch

Un récent commentaire sur le blog de Lazuli Biloba sur les aspects debussystes de ses magnifiques photos de fleurs bleues m’a amené à me poser la question de la représentation du bleu en musique.

Dans la nature, le bleu est la couleur du ciel (le jour) et de l’eau, soit symboliquement, une couleur rattachée à l’air et à l’eau. Dans la religion chrétienne, on associe le bleu aux vêtements de Marie.

Rachmaninoff Ave MariaCliquez sur l’Ave Maria de Rachmaninov

Bien sûr, en musique quand on dit bleu, on pense assez vite au Beau Danube bleu de Johann STRAUSS, ou encore à la Rhapsody in blue, de Georges GERSHWIN.

Strauss An der schönen blauen DonauCliquez sur la version chantée du beau Danube bleu

Gershwin Rhapsody in bluePuis cliquez sur la rhapsody in blue

Un peu moins évidentes sont les références à Barbe bleue, et donc aux cinq opéras (au moins) mettant en scène ce personnage, dont la légende nous vient de Gilles de RAY, maréchal de France, compagnon de guerre de Jeanne d’Arc et zigouilleur de petits enfants.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur Douce et Barbe-bleue

Maurice RAVEL, dont on connaît le goût pour les sonorités nouvelles du jazz intitulera le deuxième mouvement de sa sonate pour violon et piano « Blues ».

Ravel Sonate violon piano bluesCliquez sur la violoniste et le pianiste

Pour Olivier MESSIAEN, qui était synesthète (il associait des couleurs aux accords sonores), le bleu s’apparente à la sonorité de la flûte. Il a par ailleurs écrit, dans son catalogue d’oiseaux, le Merle bleu.

Messiaen le Merle bleuCliquez sur Yvonne Loriod

Autre synesthète, Alexandre SCRIABINE et son « clavier à lumière », sorte d’orgue qui projetait des couleurs pendant qu’on exécutait son œuvre, telle que Prométhée ou le poème du feu.

À propos de Scriabine, ce compositeur qui associait musique et peinture faisait partie du mouvement « Der Blaue Reiter » (« le Cavalier bleu »), mouvement artistique fondé autour de KANDINSKY et de l’expressionnisme en 1911 et 1912. Un autre compositeur a fait partie du « Blau Reiter », c’est Arnold SCHÖNBERG, qui était aussi peintre et a écrit un article et une partition pour ce groupe, sur un texte du poète MAETERLINCK.

Schönberg Herzgewächse op 20Cliquez sur l’opus 20 de Schönberg

Bien entendu, le blues, c’est aussi une part important de la musique de jazz (dont je ne suis pas spécialiste). Parmi les grands classiques du jazz figure Kind of Blues de Miles DAVIS.

Miles Davis Kind of BlueCliquez sur un album de légende du jazz

Dans le Sonnet des voyelles de RIMBAUD, le « O » est associé à la couleur bleu. Pour le caractériser dans la suite du poème, il écrit : « O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, ».

Bizet Carmen clairons qui sonnent la retraiteCliquez sur les strideurs étranges du suprême clairon

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, je vous propose un bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Après le bleu, retrouvez ici la notion de BLANC de ROUGE et de VERT en musique.

Ainsi que le ROSE.

Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DE LA VARIÉTÉ

Alors que certains chanteurs de variété ne dédaignent pas interpréter des airs classiques, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs classiques ne dédaignent pas interpréter des airs de variété.

Ainsi Jonas KAUFFMANN dans le Parrain :

Jonas Kauffmann le ParainCliquez sur Jonas

Après qu’elle eut mis fin à sa carrière lyrique, la grande Nathalie DESSAY a continué à chanter et on lui doit des albums consacrés à Michel LEGRAND ou Claude NOUGARO.

Nougaro dessayCliquez sur Nathalie

Le très italien Luciano PAVAROTTI aimait bien chanter Funiculi funicula, un air populaire composé pour l’inauguration du funiculaire du Vésuve.

Funicula funiculaCliquez sur Luciano

Le grand baryton russe Dimitri HVOROSTOVSKY aimait particulièrement les airs populaires russes.

Hvorostovsky les Yeux noirsCliquez sur Dima

La soprano Cathy BERBERIAN (la femme du compositeur Luciano berio) a enregistré un album des chansons de BEATLES, à une époque où ce mélange des genres ne se faisait pas encore.

The Beatles I want to hold your hand (Berberian)Cliquez sur Cathy

Roberto ALAGNA, le plus « pipole » de nos ténors, n’hésite jamais à pousser la chansonnette, y compris avec sa fille Malèna.

Alagna besame muchoCliquez sur Roberto

Quant à Montserrat CABALLÉ, elle n’a pas hésité à marier sa voix à celle de Freddy MERCURY pour chanter Barcelone.

Caballé Mercury BarcelonaCliquez sur Freddy et Montserrat

Et qui sait que Placido DOMINGO a chanté BREL en duo avec ZAZ ?

Brel la Chanson des vieux amants (Domingo + ZAZ)Cliquez sur Zaz et Placido

Pour ceux (ou celles) qui en veulent encore, il y a ce cadeau bonus !

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus si vous faites partie de ceux (ou celles) qui en veulent encore