Compositrices, Divers

CONCERT D’INAUGURATION DE L’OPÉRA DE LILLE

programme inauguration opéra de Lille

Il y a cent ans, le 7 octobre 1923, l’opéra de Lille ouvrait ses portes avec un grand concert qui faisait la part belle aux gloires locales, Édouard Lalo bien sûr, mais aussi Jeanne Thieffry. C’est ce concert que je vais vous proposer ici de revivre.

Hymne à l’harmonie de Lavainne

« Ouverture » du Roi d’Ys de Lalo

Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’image

Concerto de Chaminade

Cheminade concertini pour flûteCliquez sur la flûtiste

Aubade du roi d’Ys et air de Carmen de Bizet

Lalo le Roi d'Ys aubadeCliquez sur l’image

Cloches graves et carillon de Jeanne Thieffry

Gopak de Moussorgski

Moussorgski GopakCliquez sur l’image

Air de Mireille de Gounod

Air du Barbier de Séville de Rossini

Watteau, scène chorale de Carlier

Près du fleuve étranger de Gounod

Gounod Près du fleuve étrangerCliquez sur l’image

Romance de Svendsen

Svendsen RomanceCliquez sur l’image

Air d’Hérodiade de Massenet

Le Cygne de Saint-Saëns

Saint-Saëns le CygneCliquez sur le Cygne

« Finale » du Concerto de Goltermann

Goltermann concerto finalCliquez sur l’image

Marine et Chant breton de Lalo

Lalo le Chant bretonCliquez sur Lalo

Grand air de Margared du roi d’YS

Duo du roi d’Ys

« Marche hongroise » de la Damnation de Faust de Berlioz

Berlioz Marche hongroiseCliquez sur l’image

Compositrices

AUGUSTA HOLMÈS (1847-1903)

Image Augusta Holmès

Augusta HOLMÈS naît à Paris le 16 décembre 1847 d’un père irlandais et d’une mère anglaise. Elle grandit à Versailles et, grâce à sa mère qui était peintre et poète, fréquente les salons où elle rencontre Rossini, Gounod ou Saint-Saëns. Elle commence par suivre les traces de sa mère (qui ne voulait pas de piano dans sa maison), mais s’intéresse assez vite à la musique. Après la mort de sa mère en 1858, elle peut suivre des cours de piano, ainsi que d’harmonie et de chant. En 1875, elle devient l’élève de César Franck.

Poussée par son père, elle fait vite merveille dans le milieu mondain, tant par ses talents de musicienne que par sa grande beauté.

Camille Saint-Saëns lui demande de l’épouser, mais c’est avec le poète Catulle Mendès qu’elle a une liaison. Ils auront cinq enfants, trois filles et deux garçons. Les trois filles feront l’objet d’un tableau de Renoir : les Filles de Catulle Mendès.

Poète et musicienne, c’est tout naturellement qu’Augusta se tourne vers la mélodie. Elle en écrira plus de 130 depuis son premier concert public en 1868 jusqu’en 1902, presque toutes sur ses propres poèmes. Et Liszt et Wagner font partie de ses admirateurs.

Holmès Trois Anges sont venus ce soirCliquez sur l’image

Dans le domaine symphonique, elle reçoit le soutien des trois grands chefs d’orchestre que sont Jules Pasdeloup, Édouard Colonne et Charles Lamoureux. Citons notamment les poèmes symphoniques Irlande (1881), Pologne (vers 1881) et Andromède (vers 1883), qui n’ont rien à envier à ceux de Franck ou de Saint-Saëns.

Homès PologneCliquez sur l’image

Holmès AndromèdeCliquez sur l’image

On peut aussi citer son Roland furieux d’après l’Arioste.

Holmès Roland furieuxCliquez sur l’image

Augusta écrit aussi des symphonies dramatiques ou lyriques : Lutèce (1877), les Argonautes (1880), Ludus pro patria (1887), ainsi qu’au Pays bleu (1890) sur ses propres poèmes.

Holmès la Nuit et l'AmourCliquez sur le Virago Orchestra

En 1895, elle a accès à l’Opéra de Paris avec l’opéra la Montagne noire, écrit en 1885 sur son propre livret.

Pour l’exposition universelle de 1889, elle compose l’Ode triomphale en l’honneur du centenaire de 1789, qui requiert plus de mille exécutants. Si La Montagne noire a connu les honneurs de la scène, ses autres opéras AstartéLancelot du lac et Héro et Léandre ne seront jamais représentés de son vivant.

Augusta Holmès meurt à Paris le 28 janvier 1903, à l’âge de 55 ans.

(Sources principales : les notices de la Philharmonie de Paris, du Palazetto Bru Zane et de Présence compositrices.)

Et si vous voulez une surprise surprenante, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez une surprise surprenante

Compositeurs

Othman LOUATI, né en 1988

image Louati

Le jeune compositeur Othman LOUATI est né le 14 décembre 1988 à Épinal. Sa famille déménage à Tourcoing quand il a 4 ans, et c’est là qu’il suivra ses études et se dotera de bases musicales solides tourquennoises. Il complète son cursus de formation par une licence de musicologie à la Sorbonne, étudie les percussions au Conservatoire de Versailles, retourne dans le Nord au Conservatoire de Roubaix avant d’intégrer le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il parfait ses connaissances en percussions, en analyse musicale, en écriture musicale (avec Thierry Escaiche) et en harmonie (avec Fabien Waxman).

Il intègre l’ensemble « le Balcon » de Maxime Pascal en tant que percussionniste et compositeur/arrangeur, voire chef d’orchestre et fait partie du comité artistique de la compagnie « Miroirs étendus », une compagnie de création lyrique fondée sur une compréhension contemporaine de l’opéra : une forme chantée qui raconte une histoire. Cette collaboration lui permet de présenter les grandes œuvres du répertoire dans des endroits où il n’y a pas de maison d’opéra.

C’est ainsi qu’il a réalisé des réductions de Faust d’après la Damnation de Faust de Berlioz en 2017, d’Orphée et Eurydice d’après Gluck en 2019, ou des Vêpres de Monteverdi en 2021. C’est à l’issue d’un concert des Vêpres que j’ai eu la chance de rencontrer Othman Louati, puis de préparer cet article.

Dans son travail d’écriture, Louati accorde une grande importance au geste, au geste qui va avec le son, au geste qui donnera le plus de plaisir à l’interprète.

Son catalogue déjà riche comporte :

Dracula (2017), une réécriture d’une œuvre de Pierre Henry, réalisée avec Augustin Muller de L’IRCAM.

Louati DraculaCliquez sur la bande-annonce

Miroirs (2017)

Faust (2017)

Louati FaustCliquez sur l’image

Bowie-Cage (2018)

Orphée et Eurydice (2019)

Louati Orphée et EurydiceCliquez sur l’image

Vestiges (2020)

La Messe là-bas (2020), une musique de scène pour la pièce de Claudel, écrite pour la Comédie française.

3 Mélodies sur des poèmes de Ronsard (2020)

La réponse des hommes (2021)

Les Vêpres (2021)

Louati VêpresCliquez sur Othman

Nocturne (2021)

Nuits (2021), une commande de Radio France.

Louati NuitsCliquez sur Nuits

Salammbô (2021) une commande faite à l’occasion du bicentenaire de Flaubert, en collaboration avec Jacques Perconte, 9 tableaux électroniques avec trompette (à double pavillon !) et récitant.

Les Ailes du désir (2022), opéra d’après le film de Wim Wenders, sur un livret de Gwendoline Soublin, un projet mené avec Johanny Bert et Grégory Voillemet. (Création le 9 novembre 2023 à Dunkerque, j’y étais !).

Louati les Ailes du désirCliquez sur la bande-annonce

Les Illuminations (2022) d’après Britten, sur un texte de Rimbaud.

Et pour en savoir beaucoup plus sur ce jeune compositeur, allez donc sur son site : https://www.othmanlouati.com/

(Sources principales : l’entretien que nous avons eu avec Othman le 1er juillet 2023).

Compositrices, Divers

ILS OU ELLES SONT ENTERRÉ(E)S AU PÈRE-LACHAISE – partie 2 les XXe et XXIe siècles

Après vous avoir récemment parlé des compositeurs et compositrices enterré(e)s dans le cimetière du Père-Lachaise, voici une deuxième série, ceux et celles enterré(e)s aux XXe et XXIe siècles.

Le compositeur d’opérettes Robert Planquette (les Cloches de Corneville) y fut inhumé en 1903.

Planquette les Cloches de Corneville Chanson des clochesCliquez sur l’image

Son collègue Charles Lecoq (la Fille de madame Angot) en 1918.

Lecoq la Fille de madame Angot chanson politiqueCliquez sur l’image

Le compositeur et mélodiste Henry Duparc en 1933.

Duparc Chanson tristeCliquez sur l’image

Gabriel Pierné en 1937.

Pierné la Croisade des enfantsCliquez sur l’image

Reynaldo Hahn (Ciboulette) en 1947.

Hahn Ciboulette Moi, j'm'appelle CibouletteCliquez sur Ciboulette

Le Roumain Georges Enesco en 1955.

Enesco (Enescu) rhapsodie roumaineCliquez sur l’image

L’auteur de Louise, Gustave Charpentier, en 1959.

Charpentier Louise Depuis le jour où je me suiis donnéeCliquez sur Louise

Mon cher Francis Poulenc en 1963.

Poulenc Dialogue des Carmélites scène finaleCliquez sur l’image

Le Rouennais Emmanuel Bondeville en 1987.

Bondeville Emma BovaryCliquez sur l’image

Georges Delerue y a son monument, érigé en 1994, mais son corps est enterré en Californie, à Glendale, Delerue ayant fait une grande partie de sa carrière à Hollywood.

Delerue La Nuit américaineCliquez sur l’image

Jean Françaix en 1997.

Françaix Petit quatuorCliquez sur le petit quatuor

Le compositeur et chef d’orchestre Manuel Rosenthal en 2003.

Rosenthal la Souris d'AngleterreCliquez sur la souris d’Angleterre

La Finlandaise Kaija Saariaho en 2023.

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’image

Compositrices, Divers, Maria Callas

ILS OU ELLES SONT ENTERRÉ(E)S AU PÈRE-LACHAISE – 1ère partie, au XIXe siècle

Parmi les lieux parisiens les plus visités par les touristes se trouve le cimetière du Père-Lachaise. Une des tombes les plus fréquentées est celle de Jim Morrison, le chanteur des Doors.

The Doors the EndCliquez sur la star fauchée dans la fleur de l’âge

Mais quels autres compositeurs ou compositrices sont enterré(e)s au Père-Lachaise ? Sans viser l’exhaustivité, en voici une petite liste.

André Grétry, le compositeur liégeois mort en 1813, y a sa tombe, même si son cœur repose dans le socle de sa statue, à Liège.

Nicolas Méhul, mort en 1817.

La compositrice de salon Sophie Gaïl est morte en 1819.

Gaïl N'est-ce pas d'elleCliquez sur les interprètes

Le compositeur révolutionnaire Gossec, mort en 1829, repose lui aussi au Père-Lachaise.

Gossec Marche lugubre 1790Cliquez sur la marche lugubre

François Boïeldieu (1834). Son cœur est à Rouen, au cimetière monumental.

Boïeldieu la Dame blanche Viens, gentille dameCliquez sur l’image

Vincenzo Bellini (1835). Bellini est mort à Puteaux et a été enterré au Père-Lachaise, mais il ne reste aujourd’hui qu’un cénotaphe, car sa dépouille a été transférée à Catane en 1876.

Bellini Norma Casta Diva FlemingCliquez sur la diva

Le Sueur, mort en 1837, a été un des professeurs de Berlioz ou d’Ambroise Thomas.

Le Sueur Messe du sacre de NapoléonCliquez sur l’image

Hippolyte Monpou (1841)

Cherubini (1842)

Cherubini Médée final CallasCliquez sur l’image

Chopin (1849)

Chopin Marche funèbreCliquez sur le pianiste

Gioacchino Rossini (1868). Rossini est mort à Passy et a été enterré au Père-Lachaise, mais il ne reste aujourd’hui qu’ un cénotaphe, car sa dépouille a été transférée à Florence en 1887.

rossini barbierCliquez sur le divo

D.F.E. Auber (1871)

amour sacré de la patrieCliquez sur le Manneken

Georges Bizet (1875)

Bizet les pêcheurs de perle je crois entendre encore GilmourCliquez sur la star du rock progressif

Louise Bertin (1877)

Gounod (Bertin) Si la mort est le butCliquez sur l’image

Édouard Lalo (1892)

Lalo Symphonie espagnoleCliquez sur le violoniste

Chausson (1899)

Chausson poème de l'amour et de la merCliquez sur l’image

Retrouvez ici la deuxième partie, avec les compositeurs et compositrices enterré(e)s aux XXe et XXIe siècles.

Compositrices, Religion

ILS OU ELLES ONT ÉCRIT DES « STABAT MATER »

L’assomption est une fête catholique célébrée le 15 août, en mémoire de la Vierge Marie, qui serait montée directement au Ciel, sans passer par la case « mort ».

Les cinq chants adressés à la Vierge Marie sont l’Ave Maria, le Magnificat, le Stabat Mater, le Regina Caeli et le Salve Regina.

J’ai déjà consacré des billets aux « Ave Maria » (Je vous salue Marie), cette prière que les catholiques font à la mère de Dieu pour lui demander d’intercéder pour le salut de leurs âmes auprès de Dieu, ainsi qu’aux Magnificats. Voici donc maintenant quelques Stabat Mater, un chant sur la douleur de la Vierge Marie au pied de la Croix.

« Stabat Mater dolorosa. Juxta crucem lacrimosa, Dum pendenat Filius »/

« la Mère de douleur se tient en larmes près de la Croix où pendait son Fils ».

Une des toutes premières mises en musique date de 1616 et a été l’œuvre d’une compositrice, Sulpitia Cesis :

Cesis Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

Une des premières mises en musique de ce texte est celle réalisée par Vivaldi en 1712.

Vivaldi Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

Une des mises en musique les plus connues de ce texte est celle de Pergolèse, écrite en 1736.

Pergolèse stabat materCliquez sur le Stabat Mater

Un peu moins connu et à peu près de la même époque est celui de Bononcini.

Bononcini Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

Le XIXe siècle connaît encore quelques Stabat Mater, par exemple avec Schubert :

Schubert Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

ou Rossini (j’ai choisi ici l’extrait « Cujus animam ».

« Cujus animam gemetem, Contristam et delentem, Peretransivit gladius ».

« Un glaive transperça son âme, gémissante, affligée et toute désolée ».)

Rossini Stabat Mater (Cujus animam)Cliquez sur le Stabat Mater

ou Clémence de Grandval en 1870 :

(J’ai choisi ici l’extrait « Juxta crucem ».

« Juxta crucem tecum stare, et me tibi sociare in planctu desidero »

« Je veux me tenir avec vous près de la Croix et m’unir à vous dans votre deuil ».)

de Grandval Stabat Mater Juxta CrucemCliquez sur le Stabat Mater

et jusqu’au tardif Dvorak :

(J’ai choisi ici l’extrait « Eja Mater »

« Eja Mater, fons amoris, me sentire vim doloris fac, ut tecum lugeam ».

Ô Mère, source d’amour, faîtes moi sentir la violence de vos douleurs afin que je pleure avec vous ».)

Dvorak Stabat Mater Eia mater, fons amorisCliquez sur le Stabat Mater

Au XXe siècle, c’est Poulenc qui nous livre un de ses chefs-d’œuvre :

Poulenc Stabat MaterCliquez sur l’image

Compositeurs, Compositrices

ÉLISABETH JACQUET DE LA GUERRE (1665-1729)

Élisabeth Jacquet de la Guerre naît à Paris le 17 mars 1665. Son père, Claude Jacquet était organiste et maître de clavecin.

Enfant prodige, elle est présentée à l’âge de 5 ans à Louis XIV, qui loue ses qualités musicales. À l’âge de 10 ans, Élisabeth est capable de chanter à livre ouvert et de s’accompagner au clavecin.

En 1684, elle épouse un autre organiste, Marin de la Guerre. En 1685, elle donne dans les appartements du Dauphin un petit opéra, les Jeux à l’honneur de la victoire.

En 1687, elle publie son premier livre de pièces pour le clavecin, et en 1690, dans son second livre, elle publiera sa Tocade (de l’italien Toccata), une nouveauté pour son époque.

Jacquet de la Guerre TocadeCliquez sur le claveciniste

En 1694, on donne sa tragédie en musique Céphale et Procris, le premier opéra composé par une femme donné à l’Académie royale de musique (l’actuel Opéra de Paris)

Jacquet de la Guerre Céphale et Procris Funeste mortCliquez sur l’image

En 1707, elle publie ses Sonates pour violon et clavecin où on retrouve son goût pour le style italien.

Jacquet de la Guerre sonate en ré mineur pour violon et clavecin 1er mouvementCliquez sur l’image

Elle s’est également illustrée par ses cantates, notamment ses Cantates françaises sur des sujets de l’Écriture (1708-1711) sur des textes de Houdar de la Motte.

Jacquet de la Guerre SéméléCliquez sur l’image

Et de la cantate le Sommeil d’Ulysse, je vous propose encore cette superbe « Tempête » !

Jacquet de la Guerre la Tempête (le Sommeil d'Ulysse)Cliquez sur l’image

Élisabeth Jacquet de la Guerre meurt à Paris le 27 juin 1729, à l’âge de 64 ans.

(Sources principales : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, Fayard, 1992 – Mozart était une femme, Aliette de Laleu, Stock 2022)

Compositrices, Histoire de l'opéra

UNE BRÈVE HISTOIRE DE L’OPÉRA

Tout a commencé par un mariage royal, celui d’Henry IV et Marie de Médicis à Florence en 1600. Lors des fêtes données à cette occasion par les Médicis on a fait représenter un grand spectacle musical, l’Euridice de Peri. À son retour à Mantoue, le duc de Mantoue demande à son compositeur de cour, Monteverdi, de monter un spectacle au moins aussi fastueux que celui auquel il a assisté à Florence. La réponse de Monteverdi à cette commande sera l’Orfeo. Orphée, ce chanteur dont l’art pouvait émouvoir les dieux de l’enfer eux-mêmes, et Eurydice, qui de mieux pour créer un genre musical, l’opéra ?

monteverdi orfeo savallCliquez sur la symphonie d’ouverture du premier opéra de l’histoire

À cette époque, les femmes avaient le droit d’écrire de la musique et c’est ainsi que Francesca Caccini, une contemporaine de Monteverdi, s’est trouvée être la première femme compositrice d’opéra.

Caccini Francesca La liberazione di Ruggiero dall' isola d'Alcina Ahi, MelissaCliquez sur le premier opéra écrit par une compositrice

Ce nouveau genre musical se développera très vite en Italie, où des foyers d’opéras se montent à Venise, Rome, Naples ou Milan. Mazarin introduit l’opéra en France avec une représentation de l’Orfeo de Rossi à Paris en 1647, et pour le mariage de Louis XIV en 1660, il commande à Cavalli un opéra, Ercole amante (Hercule amoureux). Mais c’est quelques années après que le genre s’implante durablement en France, avec un Italien venu en France, Lully, qui régnera sans partage sur la musique de Loulou XIV.

Lully Atys songes funestesCliquez sur Atys de Lully

À la même époque en Angleterre, une tradition de spectacles chantés et dansés par les nobles, les masques élisabéthains, donnera des semi-opéras, représentés par Purcell, mais ce genre périclitera après la disparition de celui-ci.

Purcell Didon NormanCliquez sur Didon

Dès lors, toute l’Europe sera sous la coupe des opéras chantés soit en italien, soit en français. C’est ainsi que l’Allemand Haendel, après avoir fait ses classes en Italie, est parti en Angleterre écrire des opéras en italien.

À la fin du XVIIe siècle, Naples devient le foyer de l’opéra italien, avec l’opera seria (opéra sérieux), mais dans cette patrie de la commedia dell’arte, on s’est mis à insérer pendant les entractes de courtes pièces légères ou bouffonnes. Ces pièces prendront leur indépendance en devenant l’opera buffa (opéra bouffon).

En France, où les codes de la tragédie lyrique avaient été fixés par Lully, on s’est mis à introduire des ballets et divertissements, donnant naissance à l’opéra-ballet, représenté par Campra (l’Europe galante).

Sur les foires de Paris, les comédiens italiens donnaient des pastiches, c’est-à-dire des paroles nouvelles placées sur des airs connus. Après différents déboires liés aux privilèges de l’académie royale de musique et de la comédie française, les forains obtiennent en 1714 le privilège de donner des comédies parlées ET chantées. L’opéra-comique était né et le théâtre de la Foire devient le théâtre de l’Opéra-comique.

Au milieu du XVIIe siècle, le principal successeur de Lully est Rameau, qui s’est mis sur le tard à différentes formes d’opéra, y compris l’opéra-ballet avec les Indes galantes.

indes galantes 4Cliquez sur les Indes galantes

Une génération après Haendel, l’Autrichien Gluck fera comme lui. Après avoir appris son métier en Italie, et écrit des opéras en italien pour Vienne, Gluck vient à Paris écrire (ou réécrire) des opéras en français pour la cour royale. L’hégémonie italo-française était toujours en place, puisque des musiciens comme Haydn et Mozart écrivent leurs opéras en italien, même si Mozart écrit des singspiels (sortes d’opéras comiques en allemand). Opéra classique.

Flûte enchantée Reine de la nuitCliquez sur la reine de la Nuit

Cette tentative d’écrire des opéras en allemand a été suivie par Beethoven avec son Fidelio (1814), mais les tentatives de créer un opéra allemand, avec des commandes passées à Weber ou à Schubert, se trouvent confrontées à la vague Rossini qui balaye toute l’Europe à cette même époque. C’est l’époque des opéras romantiques, représentée en France par Berlioz.

freischutz harnoncourtCliquez sur le chœur

Autour des années 1820 – 1830, un événement va changer les codes pour presque tout le XIXe siècle. C’est l’apparition du Grand opéra à la française, le GoF, et Paris devient le centre de l’Europe, où il faut réussir, voire triompher. C’est ainsi qu’après Rossini qui s’était installé à Paris, deux autres Italiens, Donizetti et Bellini, viennent y terminer leur carrière, pourtant brillamment commencée en Italie. Wagner et Verdi aussi devront écrire pour l’Opéra de Paris.

Wagner et Verdi, parlons-en. Ces presque jumeaux, ils sont nés tous les deux en 1813, vont faire évoluer le genre de l’opéra.

Wagner va faire éclater le découpage traditionnel des opéras en airs, duos, etc. et va développer les notions de mélodie continue et de leitmotivs.

Wagner Die Walküre la chevauchée (MET 2019)Cliquez sur la chevauchée des Walkyries

Verdi représente l’émergence d’un nationalisme musical, préfigurant l’éveil des écoles nationales avec Glinka ou Smetana.

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur le 2e hymne national italien

Ou encore le groupe de cinq en Russie, incluant Moussorgski.

Moussorgski Boris Godounov Scène du couronnementCliquez sur le couronnement de Boris Godounov

En France, une nouvelle génération voit le jour avec Gounod, Bizet ou Saint-Saëns et Massenet, tandis qu’Offenbach invente l’opérette.

la belle HélèneCliquez sur le couplet des rois de la Belle Hélène

Bizet Carmen habaneraCliquez sur Carmen

L’opéra a toujours suivi l’évolution des mouvements littéraires. C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, le naturalisme d’un Zola donnera naissance au vérisme en Italie, avec son plus fameux représentant Puccini. Pendant ce temps en Allemagne on peut parler du post-wagnérisme de Richard Strauss.

Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur Madama Butterfly

Strauss Rosenkavalier METCliquez sur le Chevalier à la rose (Rosenkavalier)

Après le naturalisme, le symbolisme d’un Maeterlinck donnera lieu à plusieurs opéras, dont Pelléas et Mélisande de Debussy.

Arrivée des percées de la psychologie dans les livrets d’opéra avec Berg ou Janacek.

Après la Seconde Guerre mondiale, réveil de l’opéra anglais avec Britten alors qu’en France on a Poulenc et aux États-Unis, Gershwin ou Bernstein. Apparition de la comédie musicale voire des opéras rocks.

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur les interludes marins de Peter Grimes

Gershwin Porgy and Bess Summertime (film)Cliquez sur Bess

Et l’opéra est toujours vivant et on continue à en créer tous les ans dans le monde entier, comme Like Flesh de Sivan Eldar à Lille début 2022.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la bande-annonce de Like Flesh

Et en forme de résumé, retrouvez l’arbre phylogénétique de l’opéra.

2 bis - Liste des compositrices, Compositrices

COMPOSITRICES

Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les articles dédiés spécifiquement à une « Compositrice », et destiné à vous faciliter la recherche par thème.

francesca-caccini-par-adrian

barbara-strozzi

image Jacquet de la Guerre

Louise BERTIN

fanny-mendelssohn-1

Clara Schumann Adrian Mercure 2021

VIARDOT

Image Augusta Holmès

Mel Bonis par Adrian

image Ethel Smyth

image Tailleferre
Lili Boulanger

image Claire Renard

image Saariaho

Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

Alexandre DUMAS père (1802-1870) et fils (1824-1895)

Dans la famille Dumas, je demande le grand-père :

Le grand-père Dumas était Thomas-Alexandre DUMAS (1762-1806). Né à Saint-Domingue, ce militaire est le premier général mulâtre de l’armée française. En 1792, il fait partie de la Légion noire, composée de gens de couleur, où il côtoie le Chevalier de Saint-Georges. Sous Napoléon, Thomas-Alexandre participe à la campagne d’Égypte, mais plus tard son opposition à Napoléon lui vaudra d’être démis de ses fonctions. On peut lire cette opposition en filigrane dans le roman le Comte de Monte-Cristo écrit par son fils entre 1844 et 1846.

Dans la famille Dumas, je demande le père :

Alexandre Dumas (père) est un écrivain français né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts et mort le 5 décembre 1870 au hameau de Puys, ancienne commune de Neuville-lès-Dieppe, aujourd’hui intégrée à Dieppe. Ses œuvres les plus connues sont le Comte de Monte-Cristo et les trois Mousquetaires (ainsi que ses suites Vingt ans après et le Vicomte de Bragelonne).

En 1834, sa pièce Charles VII chez les grands vassaux est adaptée à l’opéra par Donizetti sous le nom Gemma di Vergy.

Donizetti Emma di Vergy OuvertureCliquez sur l’image

En 1837, il se lance dans un genre à la mode avec l’opéra Piquillo dont le livret est écrit en collaboration avec Gérard de Nerval et une musique d’Hippolyte Mompou.

Monpou Puquillo TrioCliquez sur l’image

En 1843, c’est son ami Berlioz qui met en musique la Belle Isabeau (conte pendant l’orage).

Berlioz la Belle Isabeau, Conte pendant l'orageCliquez sur l’image

En 1846, c’est un autre de ses amis, Liszt, qui met en musique cette Jeanne d’Arc au bûcher.

Liszt Jeanne d'Arc au bûcherCliquez sur l’image

Le Comte de Monte-cristo a fait l’objet d’un opéra sous le nom de Haydé, un opéra portugais écrit par la compositrice Felicita Casella en 1849.

En 1860, Dumas récidive dans le genre opéra avec le Roman d’Elvire, dont la musique est signée Ambroise Thomas.

Après sa mort, son œuvre continue à être portée sur les scènes lyriques avec en 1888 la Dame de Monsoreau, opéra de Salvayre, en 1890, Ascanio, un opéra de Saint-Saëns, en 1896, le Chevalier d’Harmental un opéra-comique de Messager et en 1899, le Sarrazin, un opéra de César Cui, toujours d’après Charles VII chez ses grands vassaux.

Saint-Saëns Ascanio ValseCliquez sur l’image

Autre « tube » musical tiré d’un écrit de Dumas père, le Casse noisette, conte adapté d’E.T.A. Hoffmann, qui sera mis en musique par Tchaïkovski.

Tchaïkovski Casse NoisetteCliquez sur l’image

Dans la famille Dumas, je demande le fils :

Alexandre Dumas dit Alexandre Dumas fils est un écrivain français né le 27 juillet 1824 à Paris et mort le 27 novembre 1895 à Marly-le-Roi. Fils naturel d’Alexandre Dumas père, il ne sera reconnu par son géniteur qu’à l’âge de sept ans.

Son roman la Dame aux Camélias, après avoir été adapté au théâtre où Verdi de passage à Paris a pu le voir, sera ensuite adapté à l’opéra par Verdi, sous le nom de la Traviata.

Verdi traviata BrindisiCliquez sur l’image

Bien dans son époque, Dumas fils faisait partie du club des haschischins (consommateurs de haschich) où l’on trouvait également Baudelaire, Balzac, Flaubert, de Nerval, Gautier ou Delacroix.

Il était également ami avec George Sand, chez qui il s’est rendu plusieurs fois, dans son château de Nohant, dans le Berry.

Lorsqu’en 1836 Louise Bertin écrira son opéra la Esmeralda sur un livret de Victor Hugo, ses adversaires, dont Alexandre DUMAS faisait partie, reconnaissant la qualité de la musique iront jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz, mais feront tomber l’œuvre pour des raisons politiques, le mari de Louise Bertin n’étant pas du même bord qu’eux.

Bertin La Esmeralda air des clochesCliquez sur l’image