Compositeurs, littérature

Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI (1840 – 1893) – Partie 1

Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI (1840 – 1893) est un compositeur russe, qui a su allier ses racines slaves à sa culture occidentale, voire francophile.

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Piotr Illitch est né le 7 mai 1840 et, d’une manière inhabituelle, il ne montre pas de signe de précocité musicale lors de ses études. En 1859, il termine des études de droit et entre au ministère de la Justice. En 1861, des amis l’emmènent comme interprète lors d’un voyage en Europe. Cette même année, il apprend l’harmonie et la basse continue. En 1863, il démissionne du ministère pour se consacrer à la musique et en 1865, il passe son diplôme du Conservatoire avant d’entrer comme professeur au Conservatoire de Moscou. Très vite, il pense à l’opéra et il demande au dramaturge OSTROVSKI d’adapter une de ses pièces, le Voïvode.

La prise de pouvoir musical à Saint-Pétersbourg par les représentants de l’école nationaliste russe (le groupe des cinq, mené par BALAKIREV) l’éloigne de cette ville. En 1867, à l’occasion de concerts donnés par BERLIOZ à Moscou, il se rapproche de Balakirev. En 1868, il fait un nouveau voyage à Paris, et la découverte du Grand Opéra à la française le marque fortement.

En 1868, on crée le Voïvode au Bolchoï, mais cette œuvre ne rencontre pas le succès. Tchaïkovski écrit un nouvel opéra, Ondine, qui ne connaît pas plus de succès et il brûle les partitions de ces premiers ouvrages lyriques. Sur les conseils de Bala (qui rêve), il écrit une ouverture pour Roméo et Juliette, qui ne rencontre qu’un  accueil poli (cette pièce s’est depuis imposée dans les programmes classiques.

Tchaikovski roméo et julietteCliquez sur l’image

En 1870, il met en route un nouvel opéra, l’Oprichnik, qui sera créé avec succès en 1873. Entre temps, et pour renflouer ses finances, il organise un concert de ses œuvres à Moscou, concert ou TOURGUENIEV viendra en personne. En 1873, il écrit une musique de scène pour Snegourotchka d’Ostrovski (RIMSKI-KORSAKOV écrira un opéra sur la même pièce : Snegourotchka ou La Fille de neige).

En 1875, il écrit son fameux premier concerto de piano, dédié à Hans von Bülow, qui le jouera dans le monde entier.

tchaikovsky concerto de pianoCliquez sur l’image

Il reçoit une commande du Bolchoï : le ballet Le Lac des cygnes. 1875 est l’année de la création en France de Carmen de BIZET, dont il étudie la partition avec une « passion presque maladive ».

tchaikovsky le lac des cygnesCliquez sur l’image

Ne manquez pas la suite des aventures de notre ami Piotr Illitch dans Tchaïkovski, le retour.

Animation 1, Écrivains, Cinéma, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Victor HUGO (1802 – 1885) ET LA MUSIQUE

                                                              (Victor HUGO and opera)

« Défense de déposer de la musique sur mes vers » aurait déclaré Victor HUGO (1802 – 1885).

Son œuvre dramatique a pourtant inspiré bien des compositeurs, puisqu’une centaine d’opéras ont été composés d’après cette œuvre.

VH donc, chef de file du romantisme français, a créé le scandale en 1830 avec son Hernani. Cette pièce sera adaptée à l’opéra par VERDI, avec Ernani (1844). Ce n’est pas la seule adaptation de VH par Verdi puisqu’à partir de la pièce Le Roi s’amuse (1832), il composera Rigoletto en 1851.

Verdi rigoletto La done e mobile

Autre Italien à adapter VH, on peut citer DONIZETTI qui mettra en musique Lucrèce Borgia (1833), avec Lucrezia Borgia, et ce dès 1833, soit l’année même de la création du drame d’Hugo !

Donizetti Lucrezia Borgia Maffio Orsini son ioCliquez sur l’image

VH a participé à la mise en musique de ses œuvres puisqu’il a écrit lui-même en 1836 le livret de La Esmeralda, un opéra composé par Louise BERTIN (notez bien ce nom, il n’y a pas beaucoup de femmes compositrices dans le monde décrit par ce blog). Il s’agit évidemment d’une adaptation de son roman Notre Dame de Paris (1831).

Bertin La Esmeralda air des cloches

C’est ce même livret qui servira à DARGOMIJSKY, un élève de GLINKA pour son Esméralda (1839).

En 1872, c’est MASSENET qui écrit son premier opéra Don César de Bazan, d’après une pièce de DUMANOIR, elle-même bâtie autour d’un des personnages de Ruy Blas (1838). On peut noter que MENDELSSOHN a écrit une ouverture pour Ruy Blas, et ce dès 1839 pour les représentations en allemand de cette pièce.

Mendelssohn Ouverture Ruy BlasCliquez sur l’orchestre

Un peu plus tard, PONCHIELLI adapte Angelo, tyran de Padoue (1835) pour son opéra La Gioconda (1876). On peut voir une adaptation complètement déjantée de la « Danse des heures » de cet opéra dans le dessin animé Fantasia de Walt DISNEY. Cette même année, le Russe César CUI créait son Angelo, opéra également inspiré par Angelo, tyran de Padoue.

Enfin, si on considère que la comédie musicale est l’adaptation du genre opéra à la fin du XXe siècle (i.e. le fait de raconter une histoire en la faisant chanter et danser par ses interprètes), l’œuvre de VH figure toujours en très bonne place, puisque Les Misérables (1980) et Notre-Dame de Paris (1999) sont deux des plus grands succès du genre. On retrouve également Disney dans son dessin animé le Bossu de Notre-Dame, encore une adaptation de Notre-Dame de Paris (même si, de mémoire, VH n’apparaît pas au générique).

Il faut encore noter que, en dehors du champ opératique, de très nombreux poèmes de VH ont été mis en musique, que ce soit par LISZT, GOUNODFAURÉ ou SAINT-SAËNS… ou BRASSENS !

Fauré les DjinnsCliquez sur le chœur

Notamment avec les Orientales (1829) où Hugo nous décrit la chevauchée de Mazeppa. Pour VH, Mazeppa est le symbole du génie qui, lancé dans une course effrénée, « court, vole, tombe, et se relève roi ».

Ce thème a particulièrement inspiré Franz LISZT, qui s’y est pris à quatre reprises pour traduire le poème en musique, en insistant sur le symbole final. Les trois premières versions correspondent aux trois versions des Douze études, redoutablement difficiles. La quatrième version est le poème symphonique Mazeppa.

Cinéma, Compositeurs, littérature

AIMEZ-VOUS LISZT (1811 – 1886)…

… comme ne l’a pas écrit Françoise SAGAN.

Que vient faire Franz LISZT dans un blog consacré à l’opéra ? me demanderez-vous. Eh bien, il y a toute sa place.

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Né le 22 octobre en Hongrie, Liszt était un enfant et un pianiste prodige. Il a écrit un opéra à l’âge de douze ans, Don Sanche. Certes, ce n’est pas la plus connue de ses œuvres, et ce n’est donc pas pour elle que j’écris ce billet.

Liszt Don Sanche OuvertureCliquez sur l’image

Si j’ai choisi de parler de Liszt, c’est parce qu’il a soutenu ou aidé tous les compositeurs de son époque, de BERLIOZ à MASSENET, en passant par WAGNER, SMETANA et SAINT-SAËNS, soit en montant leurs œuvres à Weimar où il a été chef d’orchestre dans les années 1850 (Lohengrin de Wagner, Benvenuto Cellini de Berlioz ou Samson et Dalila de Saint-Saëns), soit en écrivant des transcriptions d’opéras pour le piano (MOZART, BELLINI, GLINKA, VERDI, AUBER…)

Liszt transcriptionCliquez sur l’image

Tsigane et franciscain comme il se définissait lui-même, Liszt serait de nos jours un « people ». Ses talents de virtuose du clavier poussaient en effet ses admirateurs à lui baiser les doigts après les concerts et ses admiratrices dans son lit ! Et ses frasques amoureuses alimentaient les gazettes de l’époque.

En tant que pianiste virtuose, Liszt compose des pièces pianistiquement redoutables.

Liszt CampanellaCliquez sur l’image

À Paris, il fréquente les salons et y rencontre Berlioz, George SAND et Alfred de MUSSET, HUGO, BALZAC, CHOPIN et DELACROIX (entre autres…)

En 1833, il commence une liaison avec la comtesse Marie d’AGOULT et en 1835, ils s’enfuient à Genève. Ils auront trois enfants, dont Cosima qui se mariera avec le chef d’orchestre Hans von BÜLOW (puis avec Wagner). Cette liaison durera jusqu’en 1844, et inspirera Balzac pour son roman Béatrix (1839).

En 1853, il relève le défi laissé par BEETHOVEN avec la forme sonate avec sa formidable Sonate en Si bémol mineur.

Liszt Sonate en si bémol mineurCliquez sur le pianiste

À Weimar où il est chef d’orchestre, il développe la notion de poème symphonique ébauchée par Berlioz, avec des œuvres telles que Les Préludes ou Mazeppa.

Liszt les préludesCliquez sur l’image

Parmi les compositeurs qu’il a aidés, citons en particulier Wagner, dont il a assuré la création de Lohengrin à Weimar en 1850. Une de ses filles, Cosima, se mariera avec Wagner et assurera la direction du Festival de Bayreuth après la mort de celui-ci. Quelques mois avant la mort de Wagner, Liszt écrit, prémonition ? une Lugubre gondole. C’est d’ailleurs à Bayreuth que Liszt meurt le 31 juillet 1886 et qu’il est enterré.

liszt funèbre gondoleCliquez sur l’image

Outre ses œuvres pour piano et ses poèmes symphoniques, il est l’auteur de nombreuses musiques d’inspiration religieuse et d’oratorios).

Le cinéaste Ken RUSSELL a réalisé une biographie (?) de Liszt sous le nom de Lisztomania. C’est ce même K.RUSSELL qui a adapté pour le cinéma l’opéra-rock Tommy des WHO. On peut noter que le rôle de Liszt est tenu par Roger DALTREY, des Who.

Et si vous voulez un aperçu de Liszt le novateur, cliquez sur le lien.

Compositeurs, littérature

Léos JANACEK (1854 – 1928)

Janacek par Adrian

Léos JANACEK (prononcer ianatchèque) est un compositeur majeur du XXe siècle, trop méconnu en France. Peut-être est-ce dû à ce que sa musique se chante en tchèque, langue qui nous est moins familière que l’italien ou l’allemand.

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Né à Brno, capitale de la Moravie, il rencontre DVORAK (1841 – 1904) à Prague en 1874, qui l’encourage à suivre sa voie musicale. Pendant longtemps, son aura ne dépassera pas sa Moravie natale, et il faudra attendre 1916 et une représentation de son opéra Jenufa à Prague pour qu’il commence à connaître le succès.

janacek JenufaCliquez sur l’image

Janacek faisait partie du cercle russe de sa ville, et il en découlera des compositions comme la pièce symphonique  Tarass Bulba, d’après GOGOL ou l’opéra De la maison des morts d’après DOSTOÏEVSKI.

Parmi ses autres opéras, il faut citer Katia Kabanova (1921), d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI, le ravissant conte pour enfants La petite renarde rusée, ou l’opéra fantastique L’Affaire Makropoulos.

janacek petite renardeCliquez sur l’image

On peut encore citer l’opéra de chambre le Journal d’un disparu, un cycle de 22 mélodies pour ténor, piano, et un chœur de trois femmes, au travers duquel on peut entendre sa passion cachée pour une jeune femme de trente-huit ans sa cadette.

En dehors de l’opéra, Janacek a écrit des pièces pour piano, la Messe glagolitique, de la musique de chambre dont de très beaux quatuors (quatuor Lettres intimes), la Sinfonietta pour instruments à vent.

Comme ses contemporains BARTOK ou KODALY, Janacek a réalisé un important travail ethno-musicologique en recueillant les airs populaires de son pays.

Liste des principaux opéras de Janacek :

Jenufa (1893 – 1903)

Katia Kabanova (1921)

La petite Renarde rusée (1924)

L’Affaire Makropoulos (1923-1925)

De la Maison des morts (1927 – 1928)

Compositeurs, littérature

Jules MASSENET (1842 – 1912)

Jules MASSENET est né en 1842 près de Saint-Étienne. C’est sa mère, professeur de piano, qui lui donne ses premières leçons quand il avait six ans.

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Il entre au Conservatoire de Paris en 1853, où il se fait remarquer par le directeur, Daniel François Esprit AUBER (oui, c’est le même que celui de la station de RER qui dessert l’opéra Garnier à Paris), et étudie la composition auprès d’Ambroise THOMAS.

Avec l’appui de BERLIOZ, il gagne le prix de Rome en 1863. Durant son séjour à la Villa Médicis, il se noue d’amitié avec l’incontournable Franz LISZT.

Sa musique est caractérisée par un épanchement lyrique qui donne une impression de facilité tout en véhiculant beaucoup d’émotions.

En 1871, après la défaite de 1870, il fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique, qui avait pour but d’affirmer la grandeur de la musique française face à la musique germanique.

Après un opéra-comique passé inaperçu en 1872, il crée avec succès Le Roi de Lahore en 1877, opéra qui sera joué en Italie dès 1878.

En 1878, il entre comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il est également nommé membre de l’Institut.

Son opéra Hérodiade (1881), tiré d’un des trois Contes de Gustave FLAUBERT, est refusé à Paris, mais monté avec succès au théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Cette même année, il entame Manon, d’après l’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut de l’Abbé PRÉVOST. Cet opéra créé en 1884 reste une de ses œuvres les plus connues et les plus jouées.

massenet manon adieu notre dessayCliquez sur Manon

En 1887, il fait jouer Werther, écrit d’après les Souffrances du jeune Werther de GOETHE.

massenet werther pourquoi me réveiller kaufmannCliquez sur Werther

En tout, il a écrit plus de vingt opéras, dont Le Cid (1885), Thaïs (1894), Cendrillon (1895) ou Don Quichotte (1910).

Massenet Thaïs (Fleming) (MET)Cliquez sur l’image

Massenet meurt à Paris en 1912.

Pour accéder à l’article sur Werther, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Manon, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Cendrillon, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Don Quichotte, c’est ici.

Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, littérature, Mythologie, Philosophie, Valse

LE MYTHE DE FAUST

L’adaptation du Faust de MARLOW (Christopher [1564 – 1593], pas Philip [1934 – 1961]) par le grand GOETHE (1749 – 1832) en 1808 a produit un grand nombre d’œuvres musicales. Goethe a par ailleurs écrit un second Faust en 1832.

Schématiquement, le thème de Faust est celui du savant qui a consacré sa vie à la science et qui, arrivé au soir de sa vie, se demande s’il a suivi la bonne voie. Il passe alors un pacte avec le diable Méphistophélès par lequel en échange de son âme, il a droit à une seconde chance. Il découvre alors les plaisirs terrestres avant de tomber amoureux d’une jeune fille, Marguerite.

On peut noter que l’Allemand Louis SPOHR a écrit un Faust dès 1813, mais son opéra n’était pas inspiré par le drame de Goethe.

Enthousiasmé par la traduction de Gérard de NERVAL, le romantique BERLIOZ met en musique huit scènes de Faust en 1829, avant de compléter son drame avec La Damnation de Faust en 1845.

Louise BERTIN, une compositrice proche de Berlioz, écrira Fausto (sur un livret en italien) en 1831.

Après lui, GOUNOD écrira son Faust en 1859, mais le thème en est si dénaturé (il n’y a pas trace de philosophie là-dedans) que les Allemands prendront l’habitude d’appeler son œuvre Gretchen (Marguerite). Ce Faust sera d’ailleurs parodié par HERVÉ qui écrira l’opérette le petit Faust en 1869.

Hervé le petit FaustCliquez sur Valentin

BOÏTO, le librettiste de Verdi, écrira un Mefistofele en 1868 et plus près de nous, BUSONI écrira un Docktor Faust  de 1916 à sa mort en 1924.

Outre ses adaptations à l’opéra, les personnages de Faust ont beaucoup inspiré les compositeurs romantiques, que ce soit SCHUBERT et son Marguerite au rouet,

Schubert Marguerite au rouetCliquez sur l’image

MENDELSSOHN et sa Nuit de Walpurgis, SCHUMANN et ses Scènes de Faust, LISZT et sa Faust-Symphonie et ses Méphisto valses, et même WAGNER qui a écrit une Ouverture pour Faust.

Liszt Méphisto ValseCliquez sur l’image

En 1880, la compositrice Emilie MAYER écrit cette Faust Ouverture.

Mayer Faust OvertureCliquez sur l’image

En 1914, Lili BOULANGER est la première femme à remporter le Grand prix de Rome, avec sa cantate Faust et Hélène.

Boulanger Faust et Hélène

On retrouve partiellement le thème faustien dans Phantom of the Paradise, le film culte de Brian de PALMA, une transposition dans le milieu du rock du Fantôme de l’opéra (1910) de Gaston LEROUX. On peut noter que dans ce roman qui se passe au palais Garnier, l’héroïne chante le rôle de Marguerite dans le Faust de Gounod.

Et côté bande dessinée, Bianca Castafiore, la célèbre héroïne des aventures de Tintin chante souvent le grand air des bijoux, du même Faust. Et quant à Edgar P. JACOBS, le créateur de Blake et Mortimer, son passé de baryton l’a mené à chanter le personnage de Méphistophélès sur les scènes lyriques.

Gounod Faust le veau d'or FurlanettoCliquez sur l’image

Compositeurs, Mallarmé, Mythologie

Richard WAGNER (1813 – 1883)

Wagner par Adrian

le dieu richard

Ainsi se termine le poëme écrit par MALLARMÉ en hommage à Richard WAGNER dont il était un des premiers admirateurs français.

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Wagner, donc, est né à Leipzig le 22 mai 1813 (la même année que VERDI). Très jeune, il est attiré par le théâtre. En 1821, il assiste au Freischütz de WEBER, ce qui déterminera sa vocation musicale. Il entreprend des études littéraires et à quatorze ans, il écrit un drame « shakespearien » (il fait mourir tous les personnages à la fin). Il compose une ouverture musicale pour son drame.

Après quelques œuvres de jeunesse, il entame son troisième opéra Rienzi, alors qu’il est directeur musical du théâtre de Riga. Il a l’ambition de monter Rienzi à Paris et s’embarque pour Paris via Londres, mais la traversée est terrible. Une tempête oblige le bateau à s’arrêter dans une crique, et le chant des matelots inspire à Wagner une nouvelle idée d’opéra. Ce sera le Vaisseau fantôme (Der fliegende Holländer). Wagner en écrit lui-même le livret d’après une nouvelle d’Heinrich HEINE. Terminé en 1842, c’est le premier de ses opéras à être resté au répertoire.

wagner vaisseau fantome ouvertureCliquez sur l’image

Suivront Tannhäuser (1845) et Lohengrin (1850), tous deux écrits d’après des légendes médiévales.

wagner tannhauser ouvertureCliquez sur l’image

En 1848, après avoir fait le coup de poing sur les barricades de Dresde avec son ami BAKOUNINE, il doit fuir et part à Weimar où il rencontre LISZT puis se rend à Zürich. Là, il rencontre un riche industriel, Otto WESENDONCK et surtout sa jeune femme, Mathilde, de qui il tombe amoureux. Il écrira les Wesendonck Lieder sur des poèmes de Mathilde. Il travaille sur le livret d’un opéra: La mort du jeune Siegfried, (qui deviendra Le Crépuscule des dieux) mais il se rend compte qu’il doit raconter ce qui s’est passé avant, il entreprend donc le livret de Siegfried, puis remontant toujours le temps, la Walkyrie. Il compose alors un prologue à sa trilogie: L’Or du Rhin (Rheingold). La composition des livrets est terminée en 1852 et il peut commencer la mise en musique.

Il s’interrompt deux fois pendant l’écriture de sa trilogie avec prologue (plus familièrement appelée tétralogie). Une première fois pour écrire Tristan und Isolde, sous le coup de sa découverte de SCHOPENHAUER et de son amour impossible pour Mathilde, une deuxième fois pour écrire sa seule comédie: Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867).

Wagner Tristan préludeCliquez sur l’image

En 1859, il retourne à Paris où Napoléon III donne l’ordre que l’on monte Tannhaüser. Mais l’époque était au Grand Opéra à la française (le GOf), et Wagner se voit contraint de rajouter une scène de ballet. Il insère alors la scène du Vénusberg dès le début de premier acte, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que les membres du Jockey Club, qui avaient leurs petites amies dans le corps du ballet, soupaient avant d’aller au spectacle voir leurs amies danser. Furieux du traitement de Wagner, ils organisent alors une cabale et Tannhaüser est vite retiré de l’affiche.

Aimant le luxe et les femmes, Wagner était toujours à cours d’argent. L’arrivée en 1864 sur le trône de Bavière du roi Louis II le favorisera. En effet, Louis II, grand admirateur de son œuvre lui donnera les moyens de composer sa musique sans souci d’ordre matériel.

Entre temps, il avait retrouvé Cosima, la fille de LISZT à l’époque mariée à Hans von BÜLOW, un chef d’orchestre qui a beaucoup œuvré pour faire connaître sa musique. En 1865, c’est la naissance d’Isolde, le premier enfant qu’ils auront avec Cosima. Ils se marieront en 1870.

En 1876, il ouvre à Bayreuth un théâtre qu’il a fait construire pour la représentation de son Œuvre. Depuis, cette date, et à de très rares exceptions près (la guerre 39 – 45), on n’y joue que l’œuvre du Maître au cours d’un festival qui se tient en juillet – août.

Son dernier opéra est un drame mystique, Parsifal (1882) reprenant des thèmes de la légende du Graal. Wagner meurt à Venise le 13 février 1883.

wagner parsifal prélude rattle

Retrouvez ici les arguments des principaux opéras de Wagner :

Le Vaisseau fantôme.

Tannhäuser.

Lohengrin.

L’Or du Rhin (Rheingold).

La Walkyrie.

Siegfried.

Tristan & Isolde.

Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867)

Le Crépuscule des dieux.

Parsifal.

Cinéma, Compositeurs

Wolfgang Amadeus MOZART (1756 – 1791)

Mozart par Adrian

Un des plus grands noms de la musique, et de l’opéra, est certainement celui de MOZART (1756 – 1791).

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Le petit Wolfgang Amadeus naît à Salzbourg le 27 janvier 1756. Ses dons pour la musique sont détectés très tôt par son père Léopold, qui emmène son enfant prodige faire une tournée en Europe alors que Wolfgang n’avait que 7 ans. Il semble que Mozart, qui savait lire la musique avant de connaître son alphabet, pensait en musique, de sorte qu’il n’existe que très peu de brouillons de ses œuvres, qu’il écrivait directement au propre !

Il écrit son premier opéra, Bastien et Bastienne, à l’âge de 12 ans. En 1770, il entre à la cour des princes-archevêques de Salzbourg comme Maître de concert. 1771 est l’année de la composition de Mithridate, roi de Crête. Suivront un opéra-comique La finta giardinera (1775), puis Idomeneo en 1780.

Après divers démêlés avec le prince-archevêque, il se fait chasser de la cour comme un valet en 1781. Il s’installe alors à Vienne où l’empereur Joseph II lui commande un opéra en allemand (un singspiel) : l’Enlèvement au sérail (1782). Cette même année, il se marie avec Constance WEBER, une cousine du compositeur Carl Maria von WEBER. Il écrit d’ailleurs pour Constance, qui était chanteuse, plusieurs airs qui sont restés célèbres.

Sur la fin de sa vie (mais il était encore très jeune), il compose une trilogie sur des livrets écrits par Lorenzo DA PONTE (1749 – 1838) : Les Noces de Figaro (1786), Don Giovanni (1787) et Cosi fan tutte (1790).

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En 1791, il écrit La Clémence de Titus puis, encore en allemand, son dernier opéra La Flûte enchantée, qui connaît un grand succès. Il entame un Requiem, qu’il laisse inachevé à sa mort, le 5 décembre 1791, à vienne. Il avait 35 ans.

L’écrivain russe POUCHKINE écrira une pièce, Mozart et Salieri (1830), où il évoque l’assassinat de Mozart par le compositeur SALIERI, qu’il imagine jaloux de son génie. RIMSKI-KORSAKOV en fera un opéra du même nom en 1897. C’est de cette même pièce qu’est issu, indirectement, le film Amadeus (1984) de Milos FORMAN.

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Outre ses opéras, Mozart a écrit plus de 600 partitions, abordant tous les genres musicaux: symphonies, concertos, messes, musique de chambre, etc.

Compositeurs

Claudio MONTEVERDI (1567 – 1643)

Monteverdi par Adrian

Claudio MONTEVERDI est considéré comme le créateur du genre Opéra.

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Né à Crémone le 9 mai 1567, élève d’INGEGNERI, Monteverdi publie sa première œuvre à l’âge de 15 ans, et un premier livre de madrigaux à 16 ans. Il devient vite célèbre et entre à la cour du duc de Mantoue comme Maestro di Capella (Maître de Chapelle).

C’est là qu’il reçoit une commande de son patron pour une œuvre musicale devant rivaliser en faste avec une œuvre jouée en 1600 à la cour des Médicis à Florence, à l’occasion du mariage de Henry IV et de Marie de Médicis. La réponse de Monteverdi à cette commande sera l’Orfeo (1607). Écrit auprès de sa femme mourante, c’est son propre deuil qu’il exprime dans les lamentations d’Orphée.

De cette époque date un autre opéra, Ariane (1608), dont il ne nous reste que le célèbre Lamento.

monteverdi lamento d'ArianeCliquez sur Ariane

À la mort du duc, Monteverdi part à Crémone, puis à Venise, où il contribue à fonder l’opéra vénitien. Il écrit Le Retour d’Ulysse dans sa patrie (1640), le Combat de Tancrède et Clorinde (1624) d’après La Jérusalem délivrée du TASSE, et le Couronnement de Poppée (1642).

En dehors de l’opéra, Monteverdi a écrit plusieurs livres de madrigaux, ainsi que les Vêpres de la bienheureuse Vierge Marie (1610) et son testament musical, le Selva Morale e spirituale (1641).

monteverdi VêpresCliquez sur l’image

Monteverdi meurt à Venise le 29 novembre 1643, où on lui fait des funérailles grandioses.