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Compositrices, Couleurs, Nature

ARC-EN-CIEL

Joséphine du blog « Nervures et entailles » ayant récemment publié un article intitulé « Arc-en-ciel » m’a demandé si je comptais faire un billet sur « arcs-en-ciel et opéra ». Le voici donc.

L’arc-en-ciel est un des plus beaux phénomènes que la nature nous offre. Il est le résultat de la diffraction de la lumière sur les gouttelettes contenues dans l’air pendant la pluie. Comme l’indice de réfraction de l’air dépend de la longueur d’onde, la lumière du soleil qui comporte toutes les longeurs d’onde se trouve ainsi décomposée suivant un spectre continu qui va de l’ultra-violet à l’infrarouge. Pour l’observer, il faut donc deux conditions qui ne sont pas souvent réunies : de la pluie et du soleil ! On peut aussi créer artificiellement un arc-en-ciel à l’aide d’un prisme cristallin.

Pink Floyd Dark side of the moon Brain DamageCliquez sur le prisme décomposant la lumière et formant un arc-en-ciel

Il y a donc une infinité de nuances dans l’arc-en-ciel, mais l’œil humain en distingue principalement sept : le rouge, l’orange, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le violet.

Le premier exemple d’arc-en-ciel qui m’est venu à l’esprit quand j’ai imaginé ce billet est celui qui clôt l’Or du Rhin (Rheingold) de WAGNER. La demeure des dieux, le Walhalla est achevé. Donner provoque un orage et Froh crée un arc-en-ciel par lequel les dieux peuvent rejoindre leur demeure.

Wagner Rheingold finalCliquez sur l’arc-en-ciel

À l’acte II du Saint-François d’Assise, de MESSIAEN, apparaît un bien curieux Ange voyageur, aux ailes quinticolores (les mots sont de Messiaen lui-même).

Messiaen Sint-François d'Assise, l'Ange voyageurCliquez sur l’image

Le même Messiaen a intitulé le 6e mouvement de son Quatuor pour la fin des temps « Fouillis d’Arcs-en-ciel, pour l’Ange qui annonce la fin du temps ».

Messiaen Quatuor pour la fin des temps Fouillis d'Arc-en-CielCliquez sur l’Arc-en-ciel

Dans ses Musiques d’enfants, PROKOFIEV a écrit la pièce « Pluie et Arc-en-ciel ».

Prokofiev Musiques d'enfants la Pluie et l'Arc-en-CielCliquez sur Prokofiev jeune

Et la compositrice australienne Jeanell CARRIGAN a composé ce bel Arc-en-ciel.

Carrigan Arc-en-CielCliquez sur l’image

Dans un autre genre, celui de la comédie musicale, The Wizard of Oz (le Magicien d’Oz) (1939) comporte un « tube des tubes » avec Somewhere over the Rainbow.

The Wizard of Oz Somewhere over the RainbowCliquez sur Judy Garland

Bien sûr, sur le thème de l’Arc-en-ciel, j’aurais pu écrire un tout autre billet. Le drapeau Arc-en-ciel (je ne parle pas de la Wiphala du Pérou) est l’emblème de la communauté LGBT. J’aurais donc pu illustrer l’arc-en-ciel avec des opéras queers, comme Like Flesh, de Sivan ELDAR, Les Mamelles de Tirésias de POULENC ou encore A quiet Place de BERNSTEIN ou Billy Budd de BRITTEN. Qu’en pensez-vous ?

Et pour voir tous les drapeaux de pays qui ont un arc-en-ciel, il faut aller chez l’incontournable John Duff.

Compositrices, littérature, Théâtre

PELLÉAS ET MÉLISANDE, de MAETERLINCK (1893)

Pelléas et Mélisande (1893) est une pièce de théâtre du dramaturge et poète symboliste Maurice MAETERLINCK.

Cette histoire universelle, on a du mal à la situer ailleurs que dans un passé et un lieu difficilement identifiables, met en scène ce qui semble (é)mouvoir les humains depuis la nuit des temps : l’amour et la jalousie.

Acte I : Golaud, le maître du château, rencontre dans une forêt où il s’était perdu une jeune fille en pleurs. Cette jeune fille, qui s’appelle Mélisande, a perdu sa couronne dans une fontaine. Elle refuse que Golaud la lui retrouve et ne répond à aucune de ses questions sur son origine. Golaud emmène Mélisande et se dirige vers son château, où vit également son père, Arkel, et son demi-frère, Pelléas.

Golaud a écrit une lettre à Pelléas, il s’est marié avec Mélisande, dont il ne connaît toujours pas le passé, mais il a peur des réactions de son père. Il demande à Pelléas ce que son père pense de son mariage. Son bateau est au large du château et Pelléas doit allumer une torche si Arkel l’approuve, en quel cas Golaud rentrera au château avec Mélisande. Dans le cas contraire, il poursuivra son chemin pour ne plus jamais revenir.

Pelléas a reçu une autre lettre. Son ami Marcellus va mourir, et lui demande de venir le voir avant sa fin prochaine. Arkel lui demande de rester jusqu’au retour de Golaud.

À l’entrée du château, Pelléas accueille Mélisande.

Acte II : Pelléas et Mélisande devisent près d’une fontaine. Mélisande se penche et laisse tomber son alliance dans la fontaine.

Mélisande soigne Golaud qui a fait une chute de cheval. Elle lui déclare qu’elle ne peut plus vivre dans ce château sans lumière, qu’elle y étouffe, et qu’elle mourra si elle reste. Golaud lui prend les mains, et remarque qu’elle a perdu sa bague. Troublée, Mélisande répond qu’elle a dû la perdre le matin, en ramassant des coquillages dans une grotte qui donne sur la mer. Golaud lui dit que cette bague est très importante pour lui, et lui demande d’aller la rechercher. Mélisande a peur, mais Golaud lui demande de se faire accompagner par Pelléas.

Acte III : Pelléas et Mélisande attendent le retour de la chasse de Golaud. La nuit va tomber quand Yniold, le fils du premier mariage de Golaud, entre. Il a peur que Mélisande ne quitte le château. Golaud arrive enfin, et constate que Mélisande et Pelléas ont pleuré.

À sa fenêtre, Mélisande arrange sa chevelure pour la nuit. Elle chante. Pelléas arrive au pied de la tour. Il vient annoncer qu’il part le lendemain , et demande à Mélisande de lui tendre la main pour l’embrasser. Les cheveux de Mélisande se dénouent, se répandant sur Pelléas qui s’enroule amoureusement dedans. Survient Golaud qui les surprend dans leurs jeux.

Golaud a amené Pelléas dans les souterrains du château. Il parle de la mort qui y règne, et qui pourrait emporter Pelléas. En sortant, Golaud prévient Pelléas qu’il les a surpris dans ce qu’il appelle des jeux d’enfants, et lui demande de ne pas recommencer. Plus tard, il veut faire parler Yniold sur ce qui se passe entre Mélisande et Pelléas quand ils sont ensemble, mais Yniold répond qu’il ne se passe rien entre eux, que Mélisande ne veut pas qu’il sorte car elle a peur de se retrouver seule avec Pelléas.

Acte IV : Le père de Pelléas, qui était malade, va mieux, et exhorte Pelléas à voyager. Pelléas donne rendez-vous à Mélisande dans le parc.

Le soir, Pelléas et Mélisande se retrouvent dans le parc. Pelléas avoue à Mélisande que s’il doit partir, c’est parce qu’il l’aime. Mélisande lui répond qu’elle aussi l’aime. Ils s’embrassent quand Golaud arrive. Il frappe Pelléas de son épée. Mélisande se sauve et Golaud la poursuit.

Acte V : Les servantes discutent de ce qui s’est passé pendant la nuit. On a trouvé Golaud et Mélisande devant la porte, et maintenant Mélisande se meurt.

Dans la chambre de Mélisande, Arkel et le docteur discutent. Golaud arrive, plein de remords pour son geste fou. Il demande qu’on le laisse seul avec sa femme et lui demande de le pardonner. Mais il est repris par sa jalousie et veut savoir si « il s’est passé » quelque chose entre Pelléas et Mélisande. Devant les dénégations de Mélisande, il se remet en colère. Quand il voit que Mélisande est en train de s’évanouir, il dit à Arkel et au docteur de rentrer. Mais il est trop tard, il ne saura jamais.

On présente à Mélisande son enfant né trois jours avant, et elle meurt en contemplant cette pauvre petite chose qu’elle a mise au monde.

Une telle histoire a inspiré bien des compositeurs, et non des moindres.

La mise en musique la plus célèbre est celle de DEBUSSY, pour un opéra très fidèle au texte de Maeterlinck (1902).

Debussy Pelléas et Mélisande Scène de la fontaineCliquez sur la scène de la fontaine

Auparavant, en 1898, FAURÉ avait composé une musique de scène.

Fauré Pelléas et Mélisande SicilienneCliquez sur le flûtiste

WALLACE a écrit sa propre musique de scène en 1900.

Peu après Debussy, c’est SCHÖNBERG qui a écrit en 1903 un poème symphonique sur cette histoire.

Schoenberg Pelléas et MélisandeCliquez sur l’image

Deux ans plus tard, en 1905, SIBELIUS a lui aussi écrit une musique de scène.

Sibelius Pelléas et MélisandeCliquez sur l’image

Un peu plus tard, en 1923, la compositrice Mel BONIS intitulera une de ses pièces pour piano Mélisande.

Bonis MélisandeCliquez sur le pianiste

Enfin, beaucoup plus près de nous, le compositeur de musique de film Alexandre DESPLAT a intitulé Pelléas et Mélisande sa Suite pour flûte et orchestre.

Desplat Pelléas et MélisandeCliquez (encore) sur le flûtiste

Et si vous voulez encore un peu de musique, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogation

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Maurice MAETERLINCK (1862-1949)

image Maeterlinck

Maurice MAETERLINCK naît le 29 août 1862 à Gand. Poète et surtout dramaturge, il est considéré comme étant le chef de file des symbolistes.

Comme d’autres poètes de son époque, il suit des études de droit avant de se consacrer à la littérature. Dès 1885, il publie des poèmes d’inspiration parnassienne, ce mouvement poétique qui a suivi le romantisme, visant à promouvoir « l’art pour l’art » comme l’écrivait GAUTIER.

Il décide de partir à Paris où il fait la connaissance de MALLARMÉ ou VILLIERS de L’ISLE-ADAM. Il découvre les idéalistes allemands, HEGEL et SCHOPENHAUER ainsi que SCHLEGEL, préfigurateur du symbolisme.

En 1889, il publie Serres chaudes, un recueil de poèmes qui sera mis en musique par CHAUSSON et Lili BOULANGER.

Chausson Serres chaudesCliquez sur l’image

Boulanger Lile RefletsCliquez sur l’image

Toujours en 1889, il publie sa première pièce de théâtre, la Princesse Maleine. Lili Boulanger en a tiré un opéra, dont le manuscrit est perdu.

Suivront en 1890 l’Intruse, portée à l’opéra par RIEMANN, et les Aveugles, qui a inspiré trois opéras, et en 1891 les Sept princesses.

1892 est l’année de son œuvre peut-être la plus connue, Pelléas et Mélisande, qui a fait l’objet d’au moins cinq adaptations musicales signées DEBUSSY, FAURÉ, SCHÖNBERG, SIBELIUS, WALLACE et Mel BONIS.

En 1894, ce sera une série de trois petites pièces : Alladine et Palomides, pièce qui fera l’objet de trois opéras, Intérieur (deux opéras), et la Mort de Tintagiles (trois opéras). Je reviendrai dans un billet spécifique à ces mises en musique de Pelléas et Mélisande.

En 1895, il fait la connaissance de l’actrice Georgette LEBLANC (la sœur de Maurice LEBLANC, le créateur du personnage d’Arsène Lupin.) Ils s’installent en concubinage notoire à Passy, près de Paris, au grand dam de leurs familles respectives, toutes les deux très catholiques. Ensemble, ils tiendront un salon fort couru où on pouvait rencontrer Oscar WILDE, Stéphane Mallarmé, Auguste RODIN ou encore Camille SAINT-SAËNS. Maurice et Georgette vivront ensemble jusqu’en 1918.

En 1896, Maeterlinck publie un second recueil de poésies, Douze chansons, dont certaines seront mises en musique par ZEMLINSKY. Pour le théâtre, il écrit Aglavaine et Sélysette (mis en musique par HONEGGER) et le Trésor des humbles.

Honegger Aglavaine et SélysetteCliquez sur l’image

En 1901, ce sera Ariane et Barbe bleue, mis en musique par Dukas et par BARTOK (Le Château de Barbe bleue) et Sœur Béatrice (quatre opéras). Dans cette pièce, on retrouve les prénoms de Mélisande, Sélysette et Alladine pour les premières femmes de Barbe bleue.

Dukas Ariane et Barbe bleueCliquez sur les cinq premières femmes de Barbe bleue

Bartok le Château de Barbe bleueCliquez sur la pauvre Judith

En 1902, il écrit Mona Vanna qui sera porté quatre fois à l’opéra, dont un opéra inachevé de RACHMANINOV. En 1908, ce sera l’Oiseau bleu, porté à l’opéra par WOLFF.

Rachmaninov Monna VannaCliquez sur l’image

En 1911, Maeterlinck est lauréat du prix Nobel de littérature.

En 1918, il se marie avec une autre actrice, Renée DAHON.

En 1930, il rachète un bâtiment de luxe, conçu pour être un casino, et en fait sa villa qu’il appelle Orlamonde (comme dans Ariane et Barbe bleue ou une des Douze chansons.)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Maeterlinck se réfugie aux États-Unis. Il revient à Nice en 1947 et c’est dans sa villa d’Orlamonde qu’il meurt le 6 mai 1949, à l’âge de 85 ans.

Outre ses poésies et ses pièces de théâtre, Maeterlinck a aussi écrit des essais sur la biologie tels que la Vie des abeilles, la Vie des termites ou la Vie des fourmis, ainsi que des écrits mystiques.

Compositeurs, Compositrices, Histoire de l'opéra, littérature

IL EST LÀ, IL EST LÀ, IL EST LÀ

Qui donc, quoi donc, qu’est-ce qui est là ?

Mais mon livre sur les compositeurs et les compositrices, voyons !

Soit une cinquantaine de compositeurs et compositrices, de Claudio MONTEVERDI à Benjamin BRITTEN, en passant par Francesca CACCINI ou Pauline VIARDOT, recueillis en un joli volume. Pour chaque compositeur, j’ai inséré un QR Code qui vous permettra, en l’activant, d’arriver sur la page idoine de mon blog, et donc d’écouter toutes les jolies musiques que je cite dans le livre.

Vous pouvez le commander par le formulaire de contact de mon blog.

À très bientôt pour des nouvelles de ce livre !

Divers

VOUS REPRENDREZ BIEN UNE PETIT LARME ? – partie 3 – le XXe siècle

J’ai commencé il n’y a guère une série sur les larmes à l’opéra (ou plus généralement dans la musique dite « classique »). Voici donc une suite avec quelques larmes versées au XXe siècle.

Dans le Château de Barbe bleue (1911) de Bela BARTOK, Ariane cherche à ouvrir les différentes portes du château, malgré les réticences de Barbe bleue. Quand elle ouvre la sixième porte, elle voit un lac blanc et silencieux. Elle demande quel est ce lac et Barbe Bleue lui répond qu’il s’agit de larmes (de ses anciennes femmes).

Bartok le Château de Barbe-bleue 6e porteCliquez sur Barbe bleue et Ariane

Peu après, dans l’Enfant et les sortilèges (1924) de RAVEL, les arbres saignent et pleurent à cause des blessures que l’enfant méchant leur a infligées.

Ravel l'Enfant et les sortilèges les arbres (nos blessures)Cliquez sur l’enfant au milieu des arbres

Une dizaine d’années plus tard, dans Porgy & Bess (1935) de GERSHWIN, les villageois pleurent la mort de leur frère Robbins. (Chœur : « Where is broder Robbins »).

Gershwin Porgy and Bess where is broder RobbinsCliquez sur l’image

Parmi les nombreuses mélodies écrites par POULENC, il en est une que j’aime particulièrement. Il s’agit de « Sanglots » extraite des Banalités (1940) sur des poèmes d’APOLLINAIRE.

Poulenc Banalités SanglotsCliquez sur Poulenc

Et que penser de ces Sonnets sacrés de John Donne, mis en musique par BRITTEN en 1945 après la découverte des camps de concentration nazis. Écoutons « Oh might those sights and tears » (« Oh, que ces soupirs et ces larmes reviennent »).

Britten the holy sonnets of John Donne O might those sights and tearsCliquez sur l’image

Divers

LES FANTÔMES À L’OPÉRA (2e série)

Je vous ai présenté il n’y a guère une première série d’apparitions de fantômes et de spectres à l’opéra. En voici donc une deuxième.

Commençons par l’Italie avec BELLINI et sa Somnambule (1831). Dans cette histoire qui se passe en Suisse, un fantôme hante le village, ce que nous raconte très bien ce chœur.

Bellini La Sonnambula A fosco cieloCliquez sur l’image

Puis passons en Allemagne avec le Vaisseau fantôme (1842) de WAGNER. Le capitaine de ce vaisseau est damné pour avoir juré et blasphémé pendant une tempête. Dès lors, il est condamné à errer sans fin sur la mer, jusqu’à ce qu’il rencontre un vrai amour qui le délivrera de sa damnation.

Wagner le Vaisseau fantôme fantômeCliquez sur le fantôme du Hollandais

Retour en France avec la Nonne sanglante (1854) de GOUNOD. Dans cette histoire gothique à souhait, Rodolphe jure fidélité à celle qu’il croit être Agnès sa bien-aimée. Or, à la faveur de la nuit, c’est en réalité à la nonne sanglante qui hante le château qu’il prête son serment.

Gounod La Nonne sanglante 2Cliquez sur la nonne sanglante

Puis partons en Russie en 1890, avec TCHAÏKOVSKI qui fait intervenir le spectre de la comtesse dans la Dame de pique. Herrmann, un joueur invétéré, se rend près d’une vieille comtesse qui aurait une martingale magique pour gagner aux cartes. Pour obtenir son secret, il finit par la faire mourir. Le spectre de la comtesse revient quand Herrmann veut utiliser sa formule et le fait mourir.

Tchaïkovski la Dame de pique la mort de la comtesseCliquez sur la comtesse mourante

Heureusement pour nous, les apparitions de fantômes n’ont pas cessé avec le XXe siècle.

En Russie encore, mais en 1934 dans Lady Macbeth de Mzensk de CHOSTAKOVITCH, l’héroïne est hantée par le fantôme de son mari qu’elle a empoisonné.

Chostakovitch LAdy MAcbeth de Mzensk Acte IICliquez sur Lady Macbeth hantée par le fantôme de son mari

Divers, Maria Callas

LES FANTÔMES À L’OPÉRA (1ère série)

Je vous parlais il n’y a guère de Hamlet, d’Ambroise THOMAS, pièce où le fantôme du père d’Hamlet intervient auprès de son fils pour réclamer vengeance. Il m’est apparu intéressant d’aller chercher quelques autres apparitions de fantômes à l’opéra.

Un des premiers spectres à apparaître est celui du Commandeur dans le Don Giovanni de MOZART en 1788. Le Commandeur, qui s’est fait tuer au début de l’opéra par Don Giovanni revient à la fin le chercher pour le conduire en enfer.

Don Giovanni finalCliquez sur le fantôme du Commandeur

Une trentaine d’années plus tard, on est passé de l’opéra classique à l’opéra romantique, et WEBER fait intervenir des fantômes dans son célèbre Freischütz (1821). Notamment, dans la fantastique scène de la gorge aux loups où, à minuit, le diable négocie l’âme de Max en échange de balles magiques, apparaissent de fort effrayants fantômes.

Weber Freischütz scène de la gorge aux loups (début)Cliquez sur les fort effrayants fantômes

Encore quatre ans plus tard, en 1825, c’est BOÏELDIEU qui fait intervenir une étrange apparition dans sa très gothique Dame blanche. En effet, dans ce château en Écosse, le fantôme d’une dame blanche veille sur le domaine s’arrange pour que les affaires de la famille aillent bien.

Boïeldieu la Dame blanche D'ici voyez ce beau domaineCliquez sur la Dame blanche

Suivra un beau trio de fantômes dans les opéras belcantistes de DONIZETTI et BELLINI, avec la Somnambule (1831), Marie Stuart (1834) et Lucia di Lammermoor (1835).

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono callas

Détour en Italie avec Macbeth (1847) de VERDI. À la fin de l’acte II, Macbeth est hanté par le spectre du roi Duncan, qu’il a contribué à assassiner.

Verdi Macbeth Final acte IICliquez sur Macbeth qui devient fou en voyant le spectre de Duncan lui apparaître

En 1868 et en France, dans Hamlet d’Ambroise THOMAS, il y a évidemment le spectre du père du héros qui vient réclamer vengeance.

Thomas Hamlet Spectre infernalCliquez sur l’image

Pour la Russie, dans Boris Godounov (1869) de MOUSSORGSKI, le tsar Boris est hanté par le fantôme du tsarévitch Dimitri qu’il a fait assassiner pour prendre sa place.

Boris mort de BorisCliquez sur la mort de Boris

Heureusement pour nous, les apparitions de fantômes n’ont pas cessé avec le XXe siècle.

En 1954 avec The Turn of the screw de BRITTEN.

Britten The Turn of the screw Duo Quint - JesselCliquez sur la gouvernante et le fantôme de Quint

Ou plus près de nous encore avec The Ghost of Versailles (1991) de CORIGLIANO.

Corigliano The ghosts of Versailles (MET)Cliquez sur l’image

J’aurais pu aussi vous parler de la légende du Fantôme de l’opéra, mais je l’ai déjà traitée sur ce blog.

À bientôt pour une deuxième série de fantômes à l’opéra.

Divers

LES VÊPRES DE LA BIENHEUREUSE VIERGE, de MONTEVERDI (1610)

Le 15 août est pour les chrétiens le jour de la célébration de l’Assomption, c’est-à-dire la montée au ciel de la vierge Marie.

Les Vêpres de la bienheureuse Vierge, Vespro della Beata Vergine en italien, datent de 1610. C’est la première des musiques sacrées écrites par MONTEVERDI, et l’une de ses partitions les plus connues. Elle mêle des styles musicaux encore hérités du XVIe siècle et d’autres appartenant déjà au XVIIe. Elle est constituée de 13 parties.

  1. Les Vêpres commencent sur une ouverture majestueuse, déjà présente dans l’Orfeo.

Monteverdi Vêpres InvitatoriumCliquez sur l’Invitatorium

2. Dixit Dominus.

3. Nigra sum.

4. Laudate pueri dominum à 8 voix.

Monteverdi Vêpres Laudate PueriCliquez sur le Laudate pueri

5. Pulchra es.

6. Laetatus sum.

7. Duo seraphim.

Monteverdi Vêpres Duo seraphimCliquez sur le duo Seraphim

8. Nisi dominus à 10 voix.

Monteverdi Vêpres Nisi DominusCliquez sur le Nisi Dominus

9. Audi coelum.

10. Lauda Jerusalem.

11. Sonata sopra Sancta Maria. (On peut penser que BERLIOZ s’en est souvenu quand il a écrit, dans la Chevauchée fantastique de la fin de la Damnation de Faust, les femmes priant Marie au pied d’une croix (Sancta Maria ora pro nobis) alors que Méphisto emporte Faust vers l’enfer, avec les traits de violon figurant la chevauchée infernale !)

Monteverdi Vêpres Duo Sonata sopra Sancta MariaCliquez sur la sonata sopra Sancta Maria

12. Ave Maris Stella.

Monteverdi Vêpres Ave Maris stellaCliquez sur l’Ave Maris Stella

13. deux Magnificats, un dans le style ancien, un dans le style nouveau.

Monteverdi Vêpres Magnificat Deposuit potentesCliquez sur le deposuit potentes

Et si vous voulez encore un peu plus de ces Vêpres, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez encore un peu plus de ces Vêpres

Agenda Ironique, Mythologie

LE VOYAGE DE MARS

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est hébergé par l’ornithorynque qui nous propose un voyage vers Mars (ou a Trip to Mars si on préfère).

« Trip to Mars », ou « Le voyage vers Mars » (comme vous préférerez !)

AI 08/2022

Voilà, le récit démarrera de cette photo, et plus exactement de cette baraque foraine … l’époque importe peu, mais deux éléments devront apparaître dans la narration : la baraque et le bonimenteur (homme ou femme) – la suite … est à votre sauce et selon votre ivresse de mots et de voyage.

Cette année, la fête foraine a planté ses chapiteaux sur le champ de Mars. Écoutez ce bonimenteur devant sa baraque faire la réclame pour ses attractions : « Oyez, oyez, bonnes gens, entrez et découvrez la véridique histoire de Mars, le dieu de la guerre et des combats ! Dans ce récit véridique, vous assisterez à des combats homériques, à la naissance de Rémus et Romulus qui fonderont la ville de Rome, et à bien d’autres choses plus surprenantes encore. »

Vénus, la déesse de l’amour et femme de Vulcain, sera amante de Mars, le dieu de la guerre, leur couple représentant symboliquement Éros et Thanatos.

Wagner Tannhauser VenusbergCliquez sur la bacchanale de Vénus

On associe à Mars la 4e planète de notre système solaire, qui a une couleur rouge, rouge comme le feu, rouge comme le sang. C’est pour cela que les Romains ont donné à cette planète le nom de Mars. Écoutons donc « Mars » extrait de la suite pour orchestre Les Planètes de Gustav HOLST.

Holst les Planètes MarsCliquez sur l’image

Mars aura pour descendance les jumeaux Rémus et Romulus, nés de ses amours avec la vestale Rhéa Silvia. Les vestales étaient de jeunes femmes chargées de garder le feu sacré dans les temples consacrés à la déesse Vesta.

Spontini la Vestale Feu créateur, âme du mondeCliquez sur l’image

Rémus et Romulus ont fondé la ville de Rome. Par une ironie de l’histoire, c’est le 15 des ides de Mars que Jules César, un des empereurs romains, mourra assassiné. Jules César en Égypte de HAENDEL est resté dans l’histoire de l’opéra. En 1788, l’Italien BIANCHI écrira un autre opéra, moins connu : la Morte di Cesare (la Mort de César).

Bianchi La morte di Cesare Sapro d'ogn'alma audaceCliquez sur l’image

Voilà, j’espère que mon petit voyage sur les traces de Mars vous a plu.

Mes opéras préférés

HAMLET, d’Ambroise THOMAS (1868)

Hamlet, d’Ambroise THOMAS, date de 1868. Il a été créé à l’Opéra de Paris, deux ans après Mignon, autre grand succès de Thomas, créé à l’Opéra-comique. Le livret en est du duo BARBIER / CARRÉ, déjà connus pour être auteurs du livret du Faust de GOUNOD en 1858.

Suivant la classification de G.B. SHAW, nous sommes ici en présence d’un étonnant (B+S+M) où le héros, Hamlet chanté par un baryton et non pas par un ténor, aime Ophélie la soprano, alors que la mezzo Gertrude favorise cet amour.

On peut noter que c’est dans Hamlet qu’on trouve pour la première fois l’utilisation du saxophone, récemment inventé, dans un opéra.

Le pitch : On a tué le roi du Danemark, le père d’Hamlet. Le père d’Ophélie, la fiancée d’Hamlet, ayant participé au complot, Hamlet demande à Ophélie de partir au couvent. Devenue folle, elle se suicide. Le spectre du père demande à Hamlet de le venger, ce que celui-ci fait.

Acte I : À Elseneur, au Danemark, la foule se réjouit du mariage entre le roi Claudius et Gertrude, la femme de son frère assassiné deux mois plus tôt.

Hamlet, le fils de Gertrude et de l’ancien roi, voyant sa mère se remarier après seulement deux mois de deuil, médite sur l’infidélité des femmes. Ophélie, sa fiancée, le rejoint et le presse de lui faire dire son amour. La scène se termine par un beau duo (« Doute de la lumière ».)

Thomas Hamlet Doute de la lumièreCliquez sur Ophélie et Hamlet

Ils sont interrompus par Laërte, le frère d’Ophélie, qui vient leur annoncer qu’il est envoyé en Norvège et qu’il confie sa sœur à Hamlet (un peu comme Valentin, le frère de Marguerite, dans le Faust de Gounod.) (Air : « Pour mon pays ».)

Une fanfare annonce le début des festivités du mariage. Hamlet choisit de s’éloigner. Horatio, un ami d’Hamlet, cherche celui-ci pour lui dire qu’on a vu le spectre de son père la nuit précédente sur les remparts.

Sur l’esplanade du château, la nuit, Horatio et Marcellus attendent, se demandant s’ils verront à nouveau le fantôme du roi. Hamlet arrive et apprend la nouvelle. Alors que minuit sonne, le spectre fait son apparition. Il s’adresse à Hamlet et lui apprend qu’il a été assassiné par son frère Claudius. Il demande à Hamlet de le venger.

Thomas Hamlet Scène de l'esplanadeCliquez sur l’image

Acte II : Ophélie est seule dans les jardins du palais. Elle est inquiète, car Hamlet semble l’ignorer.

Thomas Hamlet Sa main depuis hier...Cliquez sur Ophélie

Elle confie son trouble à Gertrude qui prend peur : se pourrait-il que son fils ait découvert la vérité ? Le roi essaye de la calmer.

Thomas Hamlet l'âme de votre filsCliquez sur Claudius et Gertrude

Au cours d’une fête, après une chanson bachique (Ô vin, dissipe la tristesse), Hamlet fait jouer une pièce relatant l’assassinat d’un roi par son frère.

Thomas HAmlet Ô vin dissipe la tristesseCliquez sur Hamlet

Devant le trouble de Claudius, Hamlet l’accuse publiquement et lui arrache sa couronne.

Acte III : Hamlet se demande pourquoi il n’a pas frappé le roi quand il le pouvait. (Air : « Être ou ne pas être ».)

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur Hamlet

Quand Claudius arrive, Hamlet se cache derrière une tenture, prêt à le frapper, mais le roi est pris de remords, et demande à son frère de prier pour lui.

Thomas Hamlet Je t'implore, ô mon frèreCliquez sur Claudius

Hamlet ne veut pas le frapper quand il prie, il veut le tuer sur le trône usurpé. Polonius, le père d’Ophélie, arrive. De l’échange qu’ils ont avec le roi, Hamlet comprend que Polonius est complice du meurtre de son père.

Gertrude arrive avec Ophélie, demandant à Hamlet de se marier avec la pauvre fille. Hamlet feint la froideur vis-à-vis de la fille d’un des meurtriers de son père, lui recommandant de partir au couvent et provoquant le désarroi d’Ophélie.

Se tournant vers sa mère, Hamlet l’accuse d’avoir versé le poison dans l’oreille de son mari. Elle titube, s’effondre, mais le spectre apparaît à Hamlet, lui demandant d’épargner sa mère.

Acte IV : Ophélie, désemparée, erre dans la campagne quand elle voit une fête campagnarde. Elle se joint aux jeunes filles, avant de sombrer dans la folie. Elle se penche au-dessus du fleuve, glisse et se noie.

Thomas Hamlet Des larmes de la nuitCliquez sur Ophélie

Acte V : Au cimetière, les fossoyeurs préparent une tombe. Hamlet, qui fuit les assassins de son père à ses trousses, médite sur la vanité de la vie. Laërte arrive, et l’accuse de n’avoir pas veillé sur sa sœur. Quand le cortège funéraire arrive, Hamlet comprend tout : Ophélie est morte. Il veut mourir avec elle quand Claudius et Gertrude arrivent. Le spectre rappelle Hamlet à son serment. Hamlet tue le roi et la reine et, à la demande du spectre de son père, devient roi du Danemark.

(Sources principales : La production de l’Opéra-Comique de 2018, et le livret associé, ainsi que le DVD enregistré au Gran Teatre del Liceu de 2003.)