Mittwoch aus Licht (Mercredi de Lumière) est la troisième journée de l’héptalogie Licht, de Karlheinz Stockausen. L’œuvre est composée de quatre scènes, Welt-Parlament (le parlement du monde), Orchester-Finalisten (Orchestre des finalistes), Helikopter Streichquartett (quatuor à cordes dans un quatuor d’hélicoptères) et Michaelion (Michaelion).
Dans Licht, on rencontre 3 forces s’affrontant à l’échelle de l’univers.
Ève représente l’Esprit-Mère cosmique, mais aussi la séductrice, Marie, la mère de Jésus ou encore Inanna, la déesse sumérienne de la sensibilité, de la fertilité et de la procréation, et aussi Lilith, Aphrodite ou Vénus.
Michaël est le créateur du cosmos. Comme Jésus, Michaël devient homme pour naître d’une mère. C’est aussi l’archange qui terrasse le dragon. Son royaume est une galaxie autour du feu central de Sirius.
Lucifer est l’antithèse de Michaël. C’est celui qui nie, qui représente le principe de destruction. Il se moque de son frère Michaël, qu’il tient pour un avorton.
Comme pour les autres œuvres du cycle, le Mercredi est associé à un certain nombre de symboles. Les thèmes principaux sont ceux de l’amour, de l’amitié et de la fraternité cosmique. Mercredi est associé à la planète Mercure, ainsi qu’au métal du même nom.
Scène 1 : Welt-Parlament. La scène 1 est écrite pour chœur a capella. Le parlement du monde est réuni lors d’une réunion ayant pour thème l’amour. Les paroles, avec des répétitions des sons, peuvent sonner comme des onomatopées (m’ayant même fait penser au chœur d’Atom Heart Mother, 1970, de Pink Floyd.)
Scène 2 : Orchester-Finalisten. Alors que la scène 1 est réservée à la voix, la scène 2 est instrumentale, écrite pour treize instrumentistes, avec des projections vidéo les accompagnant. Ainsi le hautbois joue « au-dessus » d’une cathédrale, le violoncelle d’un aéroport près de la mer, la clarinette d’un port au-dessus duquel passe un avion,le basson d’un train tiré par une locomotive à vapeur, le violon d’une volière, le tuba d’une nuée d’oiseaux, la flûte d’un jardin d’enfants, le trombone d’une piscine avec des éléphants, l’alto des oies sauvages volant au-dessus d’une gare, la trompette d’un marché à Marrakech avec des zèbres, des lions, des oies sauvages et des chevaux et la contrebasse d’un bateau en mer.
Scène 3 : Helikopter Streichquartett. La scène est écrite pour un quatuor à cordes (deux violons, un alto, un violoncelle) jouant dans quatre hélicoptères tournant autour de l’opéra, le son des instrumentistes étant synchronisés avec celui des rotors des hélicoptères. Cette scène dure environ vingt-cinq minutes. Quand les hélicoptères décollent, la musique, que l’on peut qualifier de minimaliste, se fait de plus en plus frénétique et aiguë. Quand à la fin de la scène les hélicoptères atterrissent, les instrumentistes ralentissent et jouent peu à peu dans les graves.
Scène 4 : Michaelion. Le parlement mondial de la scène 1 fait place à un parlement cosmique. Les représentants de différentes galaxies sont réunis pour nommer un nouveau président du parlement. Dans cette scène sont représentés les trois protagonistes de Licht, Eve, Lucifer et Michael via les instruments qui leur sont associés. Le cor de basset pour Eve, la trompette pour Michael et le trombone pour Lucifer.
C’est un chameau parlant, Lucicamel, qui devient le président du parlement cosmique. De même que dans Montag (Lundi), Ève donnait naissance à sept garçons représentants les sept jours de la semaine, Lucicamel défèque sept œufs colorés (kakabel) qui représentent les sept astres.
Le président envoie des messagers à travers le cosmos pour répandre son message d’amour cosmique.
(Source principale : les représentations du Deutsche Oper Berlin de septembre 2026, et le programme associé.)


