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Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (7e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la sixième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Voici donc la Barcarolle des Contes d’Hoffmann interprétée par Bob DYLAN.

Offenbach Dylan Baracrolle I've made up my mind to give myself to youCliquez sur Bob Offenbach

STROMAE chante pour nous sa version de Carmen.

Bizet Stromae CarmenCliquez sur Georges Bizet

Avec la complicité de Jean-Claude VANNIER, MAURANE a chanté Sur un Prélude de Bach.

Bach Vannier Maurane Sur un Prélude de BachCliquez sur Jean-Sébastien Maurane

Dans le domaine classique, on connaît l’Horizon chimérique de FAURÉ, mais connaissez-vous celui de Julien CLERC.

Fauré l'Horizon chimérique je me suis embarquéCliquez sur l’image

Clerc l'Horizon chimériqueCliquez sur Julien

Quand elle était jeune, DALIDA s’amusait à chanter les rôles de baryton des opéras.

Rossini Dalida le Barbier de SévilleCliquez sur Dalida

La chanteuse de formation classique Nina HAGEN, qui a viré punk nous livre sa version de Carmen de BIZET.

Bizet Hagen CarmenCliquez sur Nina Bizet

Et retrouvez ici une huitième série d’œuvres classiques interprétées d’une manière pas forcément classique.

Agenda Ironique

TOUS LES MATOUS DU MONDE

Ce mois-ci (avril 2023), l’Agenda Ironique se passe chez Max-Louis.

Je vous propose le thème : CHAT

Si le chat représente, au-delà des symboles et des configurations vivantes qui peuvent nous être familières, un félin de petite taille constitué de toutes ses facéties, la littérature n’est pas en reste pour lui apporter du poil de la bête. Aussi aux exemples, nous pouvons pêcher quelques éléments distingués : donner sa langue au chat / Chat à neuf queues / Rue du Chat-qui-Pêche/ poisson-chat / comme chien et chat / pas un chat /…

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court), réel ou imaginaire et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
– automate
– créature
– usurpation
– compresseur
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Mais tout ceci est tellement bien esspliqué ici :

+ + +

Tous les matous du monde est un roman de Paschal Quignard, adapté brillamment au cinématographe par Alain Corbeau. Dans ce film on peut entendre le violiste Jordi Chat-Val improviser, tel un automate, à la viole de gambe sur le thème de la Folia.

Savall improvisations sur la FoliaCliquez sur l’image

Cette viole, comme tous instruments cités ici, a été fabriquée par un célèbre chat-luthier de Crémone, un certain Pietro GRIMEO. Le compositeur anglais Benjamin BRITTEN lui a rendu hommage en donnant son nom, anglicisé, au capitaine de chat-luthier que l’on trouve dans l’opéra Peter Grimes.

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image

À titre d’exemple, l’instrument de prédilection de BERLIOZ, le fameux Aristochat de Walt Disney, était le chat-lumeau. Et ce n’est que bien après ses années de formation qu’il s’est mis à la guitare et au piano !

Le chat-lumeau est un instrument ancien qui a préfiguré la clarinette baroque. Les chats-lumeaux étant des instruments très anciens, il n’est pas rare d’en trouver des faux ou des copies chez les brocanteurs. Attention donc à l’usurpation ! Quand les douaniers trouvent de telles contrefaçons, ils les passent immédiatement sous un rouleau compresseur.

Disney les Aristochatscliquez sur le chat

Après Berlioz, un autre chat chanteur est le Chat du Cheshire, dans les Aventures d’Alice au pays des merveilles, de Lewis Chat-rôle. Quelle étrange créature que ce chat qui peut se réduire à volonté à son simple sourire.

Disney le Chat du CheshireCliquez sur le chat du Cheshire.

Le Chat Murr ou, de son titre complet Les sages réflexions du chat Murr entremêlées d’une biographie fragmentaire du maître de chapelle Johannès Kreisler présenté au hasard de feuillets arrachés est un roman de E.T.A. HOFFMANN. C’est en hommage à son univers que le créateur du Génie des alpages a pris le pseudonyme de F’Murrrr !

Schumann KreislerianaCliquez sur les Kreisleriana

La nuit, tous les chats sont gris, et pas seulement s’ils sont pris de boisson. C’est ce que semble nous confier Andrw LLOYD-WEBER dans sa comédie musicale Cats.

Cats the musical MemoryCliquez sur chat qui est certainement gris la nuit !

Et si vous voulez d’autres chats musicaux, vous pouvez toujours relire ce billet.

Écrivains, littérature, Philosophie

VOLTAIRE (FRANÇOIS-MARIE HAROUET) (1694-1778)

François-Marie AROUET, dit Voltaire, est né à Paris le 21 novembre 1694.

À l’âge de dix ans, il entre au Collège Louis-le-grand, tenu par les Jésuites, où il restera sept ans. À sa sortie du collège, il entreprend des études de droit pour faire plaisir à son père, mais sans renoncer à sa vocation d’écrivain.

En 1715, au début de la Régence, Voltaire prend position contre le Régent, ce qui lui vaut des ennuis. C’est ainsi qu’il est embastillé en 1717 pour avoir produit des écrits satiriques. Libéré au bout de onze mois, à l’âge de 23 ans, il décide de se consacrer exclusivement à la littérature et prend le pseudonyme de Voltaire.

En 1718, il publie sa première tragédie, Œdipe, qui connaît un beau succès.

En 1723, il publie la Henriade, un long poème en vers à la mémoire de Henry IV, qui connaît un grand et durable succès.

En 1726, suite à une dispute avec un noble, Voltaire est humilié publiquement, passe deux semaines à la Bastille puis est contraint de partir en exil. Voltaire se retrouve alors en Angleterre, où il a l’occasion de comparer les deux régimes qui règnent en France et en Angleterre. Il en tirera son premier essai philosophique : les Lettres philosophiques, qui remporte un beau succès en Angleterre, mais aucun en France. En 1728, il est autorisé à rentrer en France, mais doit éviter Paris (et Versailles).

Voltaire reprend sa vie littéraire. Sa pièce Zaïre (1732) connaît un grand succès dans toute l’Europe. Le Zaïre de Voltaire a été abondamment utilisé pour des sujets d’opéra. On peut noter par exemple le Zaïde (1780) de MOZART, ou le Zaïra (1829) de BELLINI.

En 1733, il devient l’amant de madame du Châtelet, auprès de qui il s’intéresse aux sciences et à la philosophie. Dès lors commence pour l’écrivain une double vie. Aux pièces officielles reconnues par lui s’ajoutent des satires ou polémiques qu’il ne reconnaît pas. Il écrit pour RAMEAU un livret d’opéra, Samson, qui victime de la censure ne sera jamais représenté. (Quand SAINT-SAËNS, déjà connu pour ses talents de pianiste virtuose, voudra se faire reconnaître à l’opéra, passage obligé pour être reconnu comme un VRAI musicien, il se servira du livret de Samson comme sujet de son premier projet d’opéra. Bien lui en prit, puisque cette adaptation nous donnera Samson et Dalila, qui connaîtra un très grand succès.)

En 1736 Voltaire commence une correspondance avec Frédéric, le futur roi de Prusse, qui l’invitera régulièrement à Berlin. 1736 est l’année où il écrit la tragédie Alzire, qui sera adaptée par VERDI avec sa peu connue Alzira (1845).

Verdi Alzira Da Guzman su fragil barcaCliquez sur l’image

En 1744, il peut enfin se rapprocher de Louis XV, et écrit avec Rameau La Princesse de Navarre qui sera créé en 1745 à l’occasion du mariage du Dauphin (le fils du roi). À la fin de cette même année, les deux hommes écrivent un opéra à la gloire du roi, Le Temple de la Gloire, à l’occasion de la victoire de Fontenoy.

Rameau la Princesse de NavarreCliquez sur l’image

En 1746, Voltaire entre à l’Académie française, mais 1746 est aussi l’année de publication de Zadig, un ouvrage qu’il désavoue.

En 1748, Voltaire écrit la tragédie Sémiramis, qui sera adaptée par CATEL en 1802 et par ROSSINI en 1823 (sous le titre de Semiramide).

Rossini Semiramide scène et air d'AssurCliquez sur Assur

En 1750, Voltaire part à Berlin où il travaillera à la cour de Frédéric pendant plus de deux ans. C’est là qu’il écrit son conte Micromégas. Micromégas sera mis en musique par Paul MÉFANO en 1978.

Méfano MicromégasCliquez sur l’image

Suite à une brouille avec Frédéric, Voltaire doit prendre la fuite et finit par se retrouver à Genève, où il écrit Candide. PAÏSIELLO écrira en 1787 le Roi Théodore à Venise d’après cette pièce et près de deux siècles plus tard, Bernstein écrit l’opérette Candide en 1956.

Bernstein Candide Make our Garden GrowCliquez sur Lenny

Voltaire travaille aussi à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert et, pour fuir le puritanisme protestant genevois, achète en 1758 le château de Ferney-Voltaire, situé sur le territoire français, mais proche de Genève.

En 1760, il écrit la tragédie Tancrède, qui sera adaptée par Rossini en 1813.

En 1762, Voltaire écrit la tragédie l’Olympie, qui sera mise en musique par SPONTINI en 1818.

Spontini OlympieCliquez sur le Concertgebouw d’Amsterdam

En 1764, il publie le Dictionnaire philosophique portatif, destiné à faire réfléchir le lecteur sur des sujets d’ordre philosophique, contre le fanatisme et l’intolérance.

En 1767 paraît le conte satyrique l’Ingénu, qui sera adapté par GRÉTRY l’année suivante, sous le titre le Huron.

Grétry le HuronCliquez sur Grétry

En 1778, Voltaire est autorisé à revenir à Paris pour la création de sa pièce Irène. Le tout Paris (mais pas l’Église) se presse pour le rencontrer, mais il est déjà malade depuis quelques années, et meurt d’un cancer de la prostate le 30 mai 1778 à Paris et à l’âge de 83 ans.

Et pour mémoire, vous pouvez retrouver les liens entre Voltaire et ROUSSEAU dans le billet « Voltaire et Rousseau, les joyeux duettistes« .

Mes opéras préférés

NIXON IN CHINA, de John ADAMS (1987)

Nixon in China est un opéra de John ADAMS créé en 1987 à Houston. Son sujet est inspiré de la rencontre historique entre Nixon et Mao en Chine en 1972, après 20 ans de rupture diplomatique entre les deux grandes puissances que sont les USA et la Chine, sur fond de guerre du Viet Nam.

Cet opéra, déjà devenu un classique aux États Unis, vient d’entrer au répertoire de l’opéra de Paris.

Adams Nixon in china itw CarrascoCliquez sur la metteuse en scène

Adams Nixon in china saluts DudamelCliquez sur les saluts

Le pitch : Le président Nixon et sa femme sont invités par le président Mao à passer une semaine en Chine, pour rétablir des relations diplomatiques très détériorées par la guerre froide.

Acte I

Scène 1 : Aéroport de Pékin.

Sur le bord de l’aéroport, des représentants des armées de terre, de l’air et de la marine attendent l’arrivée de l’avion du président Nixon. Ils chantent des hymnes pendant que le Premier ministre Zhou Enlai marche sur la piste. Nixon débarque et ils se serrent la main.

Adams Nixon in china The People are the Heroes nowCliquez sur l’image

Scène 2 : le bureau du président Mao.

Une heure plus tard, Nixon et Mao se rencontrent dans le bureau de celui-ci. Mao tient des discours philosophiques plus ou moins compréhensibles.

Scène 3 : la Salle du peuple à Pékin.

Tout le monde a rendez-vous pour le grand banquet. Nixon et sa femme échangent des souvenirs de leur jeunesse, quand ils se sont rencontrés. L’atmosphère se détend quand les libations se succèdent.

Acte II

Scène 1 : Madame Nixon découvre Pékin.

Alors que la neige est tombée pendant la nuit, madame Nixon visite Pékin. Elle explique aux journalistes ce que c’est que d’être Première Dame. Des ouvriers d’une verrerie lui offrent un éléphant en verre. Elle arrive au Palais d’été et chante « This is prophetic ».

Adams Nixon in China It's propheticCliquez sur madame Nixon

Scène 2 : une soirée à l’opéra de Pékin.

Adams Nixon in China Young as we areCliquez sur l’image

Les Nixon assistent à une représentation du ballet révolutionnaire chinois le Détachement féminin rouge, conçu par la femme de Mao, Jiang Qing. Les Nixon s’arrêtent au côté hollywoodien de l’œuvre, sans percevoir le côté révolutionnaire, ce qui choque Jian Qing. Elle chante « I am the Wife of Mao Tse Tung », vite repris par le chœur.

Acte III: Dernière soirée à Pékin.

Les feux de la fête éteints, chaque couple retourne dans sa chambre pour évoquer le passé. Mao se souvient de sa jeunesse et de sa rencontre avec sa femme Chiang Ch’ing et dansent.

Adams Nixon in China I am old and I Cannot sleepCliquez sur Mao

De leur côté (mais en même temps), Nixon et sa femme se rappellent leur rencontre au Viet Nam, ce qui donne à John Adams l’occasion d’écrire un sextuor final dans la grande tradition de l’opéra. C’est Zhou Enlai qui a le mot, ou plutôt l’interrogation, de la fin: « Y a-t-il quelque chose de bien dans tout ce qu’ils ont fait ? »

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littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« TOMBEAU », de MALLARMÉ (1897)

Après Quand l’ombre menaça de la fatale loi de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, Tombeau, un poème de 1896 et paru en 1897 pour 1er anniversaire de la mort de VERLAINE. Sans (grande) surprise, on retrouve des thèmes déjà abordés dans le Tombeau d’Edgar Allan POE, Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change.

Le noir roc courroucé que la bise le roule

Kubrick 2001 monolithe

Ne s’arrêtera ni sous de pieuses mains

Tâtant sa ressemblance avec les maux humains

Comme pour en bénir quelque funeste moule.

Ici presque toujours si le ramier roucoule

Messager les deux pigeonsCliquez sur l’image

Cet immatériel deuil opprime de maints

Nubiles plis l’astre mûri des lendemains

Dont un scintillement argentera la foule.

Qui cherche, parcourant le solitaire bond

Tantôt extérieur de notre vagabond

Schubert Wanderer FantasieCliquez sur la partition

Verlaine ? Il est caché parmi l’herbe, Verlaine

À ne surpendre que naïvement d’accord

La lèvre sans y boire ou tarir son haleine

Un peu profond ruisseau calomnié la mort.

Berlioz la Damnation de Faust Sans regrets j'ai quittéCliquez sur l’image

Citations:

Le noir roc : Requiem de LIGETI, tel qu’on peut l’entendre dans le film 2001, a Space Odyssey de KUBRICK.

Si le ramier roucoule: MESSAGER Les deux Pigeons (d’après la FONTAINE).

notre vagabond : SCHUBERT Wanderer Fantasie (Fantaisie du voyageur)

la lèvre sans y boire : BERLIOZ la Damnation de Faust « Sans regrets j’ai quitté ». Las de vivre, le docteur Faust approche de ses lèvres une coupe de cristal contenant du poison.

Divers, Fantaisie, Histoire de l'opéra, Mes opéras préférés, Nature, Premier avril, Sciences

LE CANTIQUE DES QUANTIQUES

L’événement semble passer largement inaperçu, c’est pourtant ce soir (1er avril 2023) que sera créé, en direct du CERN sous les yeux des spectateurs, le dernier opéra de Stephen HAWKING, et le premier opéra quantique de l’histoire.

On se souvient de la catastrophique production de l’Opéra de Paris, convoquant Stephen Hawking dans une mise en scène de la Damnation de Faust de BERLIOZ (avec l’approche simpliste suivante, Faust = savant et savant = Hawking).

Berlioz la Damnation de Faust final (Hawking)Cliquez sur l’image

Mais ce n’est pas de cet « hommage » raté que je vais vous parler aujourd’hui, mais bien de la création du premier opéra quantique de l’histoire, sous-titré « Des Trous de vers au cœur des trous noirs« .

Suivant le classement de G.B.SHAW, nous sommes ici dans une configuration originale (S+B / TdV ), puisqu’une étoile (soprano) est attirée par un trou noir (basse), alors qu’un trou de vers (TdV) cherche à les séparer.

Le pitch : Les trous noirs sont des régions singulières de l’espace-temps, créées par l’effondrement d’une étoile supermassive sur elle-même, créant un champ gravitationnel si intense que la matière qui l’approche ne peut s’en échapper. Mieux, la lumière elle-même, composée de photons, est attirée inéluctablement par le trou noir. Dès lors, aucune lumière ne peut en provenir, d’où le nom de trou noir.

Ligo Gravitational Wave ChirpCliquez sur la coalescence de deux trous noirs

Acte I : En 1974, le physicien Stephen Hawking, dans le cadre de ses travaux sur la thermodynamique des trous noirs a suggéré que les trous noirs détruisent l’information contenue dans les objets qu’ils absorbent, ce qui est contraire aux lois les plus élémentaires de la physique quantique.

Monty Python Galaxy Song, by Stephen HawkingCliquez sur Stephen Hawking interprétant le Galaxy song des Monthy Python

Acte II : Hawking a montré que les trous noirs ne sont pas si noirs que ça. En fait, ils s’évaporent suivant le « rayonnement de Hawking », jusqu’à disparaître complètement (bon, d’accord, le temps qu’ils s’évaporent, l’univers aura largement eu le temps de disparaître, donc on n’est pas près d’observer ce phénomène.) Il a aussi montré que lors de la création de deux particules virtuelles de part et d’autre de l’horizon du trou noir, une de ces particules reste en dehors alors que l’autre est absorbée par le trou noir. Là où ça se complique, c’est que ces particules sont physiquement intriquées, c’est-à-dire que toute l’information de l’une est partagée par l’autre, alors que l’une des deux est phagocytée par le trou noir, et que son information est donc perdue.

Waksman Protonic GamesCliquez sur l’accélérateur du CERN

L’œuvre précédente s’appelle Protonic Game, de Fabien WAKSMAN. Ce compositeur a également écrit un cycle de 9 mélodies intitulées Hawking Songs, sur des poèmes de Jean-Philippe UZAN. Vous pouvez en entendre 3 d’entre eux en cliquant sur le lien suivant (de la minute 24 à la minute 39,5) :

Waksman Hawking SongsCliquez sur l’émission de France Musique

Acte III : Pour résoudre cet amusant paradoxe, les physiciens en sont venus à l’idée que deux trous noirs pouvaient être reliés entre eux par un « trou de vers », et que de l’information pouvait ainsi circuler d’un trou noir à l’autre. Ils ont nommé l’île la région intérieure du trou noir pouvant ainsi être échangée.

Varèse IonisationsCliquez sur Ionisations

(Source : Une île au cœur des trous noirs, Pour la Science n°542, décembre 2022.)

Le livret ayant été écrit en partie à partir de la Petite Cosmogonie portative de Raymond QUENEAU, il n’est pas surprenant que l’Opéra de Saint-Glinglin ait d’ores et déjà planifié une reprise de cette œuvre le 1er avril 2024.

P.S. J’avais déjà bien avancé sur la préparation de ce billet quand je suis tombé sur le podcast « Astrophysique et musique avec Jean-Pierre Uzan« , qui m’a permis de trouver quelques idées supplémentaires. Vous pouvez cliquer pour arriver sur le podcast complet.

Et si vous voulez un peu plus de zizique, vous pouvez toujours cliquer sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez un peu plus de zizique

Retrouvez d’autres articles publiés un 1er avril :

Havre & Caumartin.

Arnoldo Poivrieri.

La fée nommée mène au logis (de l’esprit).

Divers

QUAND ON JOUE AUX CARTES À L’OPÉRA

Avez-vous remarqué que l’on joue (et triche) parfois aux cartes dans les opéras ?

Ainsi, dans les deux opéras jumeaux que sont la Traviata et Manon, on trouve une scène où l’un des héros joue aux cartes et se fait accuser de tricher.

Massenet Manon Acte IV scène 1 Faites vos jeux, messieurs !Cliquez sur l’image

Au début du 3e acte de Carmen, de BIZET, Frasquita et Mercedes se tirent les cartes pour voir leur avenir. Carmen à son tour tire les cartes, mais elle découvre que son destin est la mort.

Bizet Carmen scène des cartesCliquez sur Carmen

Dans le final de La Dame de pique de TCHAÏKOVSKI, d’après POUCHKINE, le prince Eletski qui a tué la comtesse pour connaître le secret d’une martingale infaillible joue ces trois cartes. Hélas, la troisième carte qui sort est la Dame de pique, qui entraînera sa mort.

Tchaïkovski la Dame de pique scène finaleCliquez sur la scène finale de la dame de pique

On trouve une scène de poker dans l’opéra-western La Fanciulla del West de PUCCINI.

Puccini Fanciulla del west poker MetCliquez sur a scène de poker

STRAVINSKY a écrit le ballet Jeux de cartes.

Stravinsky Jeux de cartes

Enfin, PROKOFIEV a écrit l’opéra le Joueur, d’après le roman de DOSTOÏEVSKI.

Divers, Maria Callas

NEUF GRANDS AIRS DE PUCCINI

Giacomo PUCCINI est un des compositeurs dont les opéras sont les plus joués au monde. Il a exercé sa science de l’orchestration dans une dizaine d’opéras, y semant chaque fois un ou deux airs appelés à devenir des « tubes » auprès des interprètes comme du public.

Son premier succès est Manon Lescaut (1893). On peut y entendre la malheureuse Manon chanter « Sola, perduta, abbandonata » (Seule, perdue et abandonnée).

Puccini Manon Lescaut Sola, perduta, abbandonataCliquez sur Maria José Lescaut

Aussi dans La Bohème (1896), au premier acte quand la couturière Mimi se présente à Rodolfo, avec « Si, mi chiamo Mimi ».

Puccini la Bohème Mi chiamani Mimi (Callas)Cliquez sur Mimi Callas

Le chef-d’œuvre suivant est Tosca (1900) et contient deux « énormes » airs, « Vissi d’Arte » de Tosca et « E lucevan le Stelle » de son amant Cavaradossi.

Puccini Tosca Vissi d'arte (Gheorgiu)Cliquez sur Angela Tosca

Puccini Tosca E lucevan le stelle (Pavarotti)Cliquez sur Luciano Cavaradossi

En 1904, nouveau chef-d’œuvre avec Madame Butterfly et son « Un bel di vedremo ».

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur Renata Butterfly

En 1910, il écrit le western la Fanciulla del West, avec son air « Ch’ella mi creda libero e lontano ».

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi crda libero e lontanoCliquez sur Jonas Johnson

En 1917, il écrit la Rondine, qui contient l’air « Chi il bel sogno di Doretta ».

Cliquez sur l’image

En 1918, c’est Gianni Schicchi, une des trois pièces du Triptyque, avec son « O mio babbino caro ».

Puccini Gianni Schicchi O mio babbino caro a Room wtrh a viewCliquez sur le professeur Ombrage

Le dernier opéra de Puccini, resté inachevé à sa mort en 1924, est Turandot. C’est dans cette œuvre qu’on peut entendre le « Nessun Dorma ».

Puccini Turandot Nessun dormaCliquez sur Roberto Calaf

Divers

QUAND L’OPÉRA MÉLANGE LES GENRES

Depuis son origine il y a un peu plus de quatre siècles, l’opéra a pris l’habitude de mélanger les genres.

Historiquement, l’église interdisant aux femmes de se produire sur les scènes de théâtre, les rôles féminins étaient chantés par des hommes, en particulier par des castrats. Je vous ai déjà raconté ça dans mon billet sur la caractérisation des types de voix, la tessiture.

Ainsi, par exemple, dans Giulio Cesare in Egitto (Jules César en Égypte) de HAENDEL, le rôle de César était écrit pour un castrat. Cette opération barbare ayant heureusement disparu, ce rôle est de nos jours chanté soit par un haute-contre, soit par une mezzo.

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur Sextus et Cornélie

Dans Alcina, du même Haendel, Bradamante qui est partie rechercher son amant Ruggiero se fait passer pour un homme.

Et dans Orlando Furioso de VIVALDI, le rôle de Roland (Orlando) qui était écrit pour un castrat est de nos jours chanté par une mezzo.

Vivaldi Orlando furioso (Lemieux)

Encore à la fin du XVIIIe siècle, dans Orfeo ed Euridice de GLUCK, le compositeur écrit dans la version italienne de 1762 le rôle d’Orphée pour un castrat. Quand il reprend son opéra pour la version française de 1774, le rôle est tenu par un haute-contre. Enfin, soixante ans plus tard, dans la reprise qu’en fait BERLIOZ, ce rôle est écrit pour une mezzo, pour permettre à Pauline VIARDOT de le chanter.

Gluck Orphée et Eurydice Che faro senza EuridiceCliquez sur Orfeo (senza Euridice)

Gluck Orphée et Euridyce J'ai perdu mon EuridyceCliquez sur Orphée (sans Eurydice)

Un peu plus tard, on a également pris l’habitude de faire chanter le rôle des jeunes hommes (ou des pages) par des femmes. Ainsi, dans Le Nozze di Figaro de MOZART, le rôle de Chérubin, jeune homme prêt à tomber amoureux de toutes les femmes, est chanté par une femme.

Mozart Figaro Voi che sapeteCliquez sur Chérubin

Dans Fidelio, de BEETHOVEN, Léonore, la femme de Florestan, se déguise en homme pour entrer dans la prison où est enfermé son mari Florestan. Et ne voilà-t-il pas que Marcelline, la fille du gardien, tombe amoureuse d’elle déguisée en lui.

Beethoven Fidelio O Gott ! Welch ein Augenblick !Kliken sie über Leonore und Florestan

On retrouve cette tradition au début du XIXe siècle chez ROSSINI, par exemple dans la Donna del Lago, où le rôle de Malcolm est chanté par une mezzo.

Rossini la donna del Lag Mura felici... Elena ! O tu, che chiamoCliquez sur Malcolm

AUBER, un des successeurs (pour le style) de Rossini confie ainsi le rôle du page Oscar, dans Gustave III, ou le bal masqué, à une femme.

Auber Gustave III couplets d'OscarCliquez sur l’image

Au XXe siècle, c’est Richard STRAUSS qui fait revivre cette tradition, avec son Chevalier à la Rose (Der Rosenkavalier), cet hommage aux Noces de Figaro. Octavian, le jeune amant de la Maréchale, est chantée par une femme, et comme Chérubin, il se trouve à un moment habillé en femme, semant le trouble chez les hommes plus âgés. C’est lui qui est chargé de donner la rose d’argent à Sophie, signe des fiançailles entre Sophie et le baron Ochs. Évidemment, les deux jeunes gens tombent amoureux l’un(e) de l’autre.

strauss act II mir ist die Ehre widerfahrenCliquez sur Sophie et Octavian

Grands chœurs

LES GRANDS CHŒURS DE MENDELSSOHN

Félix MENDELSSOHN-BARTHOLDY est surtout connu du grand public pour certaines de ses symphonies, son concerto pour violon et une célèbre marche nuptiale.

Le choriste que je suis veut vous proposer aujourd’hui quelques-unes de ses plus belles pages, celles qu’il a consacrées à la musique chorale, des œuvres qu’il a écrites tout au long de sa courte vie et qui se répartissent entre musique d’église et musique profane.

Mendelssohn Ave MariaCliquez sur l’image

Opus 41 n° 1 Im Walde (Dans la forêt)

Mendelssohn Im Walde op 41 n 1Cliquez sur l’image

Op 48 n° 6 Herbstlied (Chanson de printemps)

Mendelssohn op 48 n 6 HerbstliedCliquez sur l’image

Opus 59 Die Nachtigall (Le Rossignoil)

Mendelssohn opus 59 Die NachtigallCliquez sur l’image

Opus 60 la première Nuit de Walpurgis, d’après GŒTHE.

Mendelssohn La première Nuit de WalpurgisCliquez sur la mosaïque

Opus 79 Lasset uns frohlocken (Jubilons)

Mendelssohn opys 79 Lasset uns frohlockenCliquez sur l’image

Opus 116 Trauergesang (Chant funèbre)

Mendelssohn opus 116 Trauergesang

Psaume Hör mein Bitten Herr (Seigneur, entends ma prière.)

Mendelssohn Hör mein Bitten, HerrCliquez sur l’image

Il y a aussi des chœurs dans ses grosses machines que sont ses oratorios, comme Paulus ou Elias :

Mendelssohn Paulus (1846)Cliquez sur l’image

Et si ces grands chœurs vous ont plu, vous pourriez aimer retrouver :

Les grands chœurs de SCHUBERT.

Les grands chœurs de BRAHMS.