Compositeurs, littérature, Mallarmé

Maurice RAVEL (1875 – 1937)

Maurice RAVEL naît à à Ciboure, dans les Pyrénées, le 7 mars 1875 (quatre jours après la création de Carmen.)

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Sa famille s’installe à Fauré alors qu’il est âgé de 3 mois. Il entre au Conservatoire à l’âge de 14 ans. Un peu plus tard, il a FAURÉ comme professeur de composition, avec qui il se lie d’amitié. Fauré le défendra face au scandale causé par les échecs répétés de Ravel au grand Prix de Rome.

Pianiste et orchestrateur raffiné, on le range à côté de Claude DEBUSSY parmi les musiciens dits « impressionnistes », et ce dès 1901 avec ses Jeux d’eau, pour piano.

Ravel Jeux d'eau

Sa production de mélodies s’étale sur toute sa carrière, avec Shéhérazade (1903), sur des poèmes de Tristan Klingsor écrits d’après les Mille et une nuits, les Histoires naturelles (1906), d’après Jules Renard, les trois Poëmes de Stéphane Mallarmé (1913), les deux mélodies hébraïques (1914), les 3 chansons madécasses (malgaches) (1925 – 1926) et Don Quichotte à Dulcinée (1932 – 1933) sur des textes de Paul Morand.

Ravel Don Quichotte à DulcinéeCliquez sur Don Quichotte

Parmi ses œuvres pour piano figurent des pièces comme Gaspard de la nuit (1908) ou le Tombeau de Couperin (1917).

Ravel Gaspard de la nuit Scarbo

Pour le ballet, il compose Daphnis et Chloé (1909) pour les ballets russes de DIAGHILEV. Suivront La Valse (1919) et le fameux Boléro (1928).

Ravel la Valse Bernstein

Dans sa production lyrique figurent L’heure espagnole (1907), sur un texte de Franc NOHAIN, et surtout la mise en musique d’un conte pour enfants écrit par COLETTE : L’enfant et les sortilèges (1919 – 1925).

Dans ses pièces pour orchestre, il faut noter une impressionnante orchestration des Tableaux d’une exposition de MOUSSORGSKI, qui est aujourd’hui plus connue que la version originale pour piano, ainsi que deux concertos pour piano, dont un pour la main gauche commandé par le pianiste Paul Wittgenstein (le frère du philosophe auteur du Tractatus logico-philsophicus) qui avait perdu un bras pendant la guerre de 14 – 18.

Ravel Concerto pour la main gauche

En 1928, il entreprend une tournée triomphale aux États-Unis, où il a l’occasion de fréquenter les clubs de jazz et de rencontrer Gershwin. Ravel avait d’ailleurs bien perçu l’apport du jazz dans le développement de la musique classique et on en trouve dans L’enfant et les Sortilèges comme dans ses concertos pour piano, ou dans sa sonate pour violon.

En 1934, il est atteint d’une tumeur au cerveau qui le contraint au silence musical (lui naguère si maniaque sur l’exécution de ses œuvres ne reconnaissait même plus ses propres partitions quand il les entendait). Il meurt en 1937.

(Si Ravel est un des compositeurs abondamment analysés par Wladimir JANKÉLÉVITCH, les dix dernières années de sa vie ont fait l’objet d’un roman de Jean ECHENOZ.)

littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Théâtre

HIPPOLYTE ET ARICIE, de RAMEAU (1733)

Tragédie lyrique de RAMEAU, inspirée du Phèdre (1676) de Racine (la première version de cette pièce s’appelait Phèdre et Aricie). Elle a été créée en 1733 à l’Académie Royale de Musique de Paris.

C’est à la création de cette œuvre qu’a commencé la Querelle des Lullystes et des Ramistes.

Prologue : Diane et Amour se disputent pour savoir laquelle régnera sur le cœur des habitants de la forêt d’Erymanthe. (Duo : « Non, je ne souffrirai pas »). Jupiter paraît et tranche pour Amour. Il demande à Diane de respecter les arrêts du Destin. Elle accepte de protéger Hippolyte et Aricie.

Acte I : Dans le temple de Diane, Aricie s’apprête à prononcer ses vœux à Diane (Air : « Temple sacré, séjour tranquille ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Temple sacré

Hippolyte, qui aime Aricie, cherche à l’en dissuader. (Les prêtresses de Diane devaient être vierges et le rester.) L’entendant, Aricie comprend que son amour sera perdu après ses vœux, et les deux jeunes gens prient Diane de veiller sur eux (Duo : « Tu règnes sur nos cœurs ».) La reine Phèdre, épouse de Thésée et amoureuse de son beau-fils Hippolyte (Hippolyte est le fils de Thésée et d’une amazone), soupçonnant Aricie d’aimer Hippolyte en retour, ordonne que l’on détruise le temple (Air : « Périsse la vaine puissance ».) Diane apparaît pour protéger les deux amoureux (Air : « Ne vous alarmez pas … ».) Un messager annonce que Thésée est descendu aux Enfers. La reine entrevoit que si son amour pour Hippolyte devient possible, elle joue à quitte ou double ou l’amour ou la mort.

Acte II : Aidé par son père Neptune, Thésée est descendu aux Enfers porter secours à son ami Pirithoüs (Air : « Puisque Pluton est inflexible ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Puisque Pluton est inflexible

Thésée s’oppose à une furie, puis à Pluton et sa cour infernale. Pluton condamne le héros à partager les supplices de son ami. Thésée, prêt à partager le sort de Pirithoüs, invoque son père, qui lui avait offert trois vœux à exaucer, pour retrouver le jour. Mercure vient rappeler à Pluton le serment de Neptune. Pluton accepte donc de laisser partir Thésée, mais il ordonne aux Parques de lui révéler son destin (Trio : « Quelle soudaine horreur ton destin nous inspire ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Quelle soudaine horreur

Acte III : Phèdre attend Hippolyte et veut lui déclarer son amour (Air : « Cruelle reine des amours ».) Hippolyte avoue son amour pour Aricie, déclenchant la fureur jalouse de la reine (Duo : « [Ma fureur va tout/ Gardez-vous de rien] entreprendre ».)

Rameau Hippolyte et Aricie final Ma fureur va tout entreprendre

Comprenant alors les sentiments de sa belle-mère, Hippolyte réclame aux dieux un châtiment pour elle. Phèdre lui demande de la tuer pour tuer son amour coupable.

De retour des Enfers, Thésée demande des explications. Hippolyte ne peut répondre, ne voulant pas accuser Phèdre. La confidente de la reine accuse Hippolyte et Thésée réclame à Neptune un châtiment pour son fils (air : « Puissant maître des flots ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Puissant maître des flots

Acte IV : Dans un bois, Hippolyte se lamente (Air : « Ah, faut-il en un jour… ».) Aricie le rejoint. Les deux jeunes gens demandent à Diane de bénir leur union (Duo : « Nous allons nous jurer … ».) Les sujets de Diane se réjouissent quand soudain, Neptune envoie un monstre marin qui emporte Hippolyte. Phèdre attirée par les cris se sent coupable (Air : « Quelle plainte en ces lieux m’appelle? ».)

Rameau Hippolyte et Aricie final acte IV

Acte V : Thésée a vu Phèdre mourir, mais avant de se donner la mort, elle a lui dévoilé la vérité et il veut se jeter à la mer. Neptune l’en empêche et lui révèle qu’Hippolyte a en fait été sauvé par Diane. Il condamne Thésée à ne plus jamais revoir son fils. Dans la forêt, Aricie se lamente, avant que Diane ne lui annonce l’arrivée d’un héros, qui n’est autre qu’Hippolyte (Duo : « Est-ce vous que je vois? ») Les habitants de la forêt se réjouissent (Chœur : « Chantons sur la musette »)

Rameau Hippolyte et Aricie Chantons sur la musette

et Diane clôt l’œuvre (Air et chœur : « Que tout soit heureux sous les lois ».)

(source : article écrit en regardant le DVD du concert d’Astrée.)

Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, littérature, Théâtre

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE PARIS…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC!

Après Venise, Vienne et Prague, poursuivons avec Paris notre visite des grandes villes dont l’histoire se confond avec celle de l’opéra.

Si Paris occupe une place importante dans le monde de l’opéra depuis LULLY, et surtout au milieu du XIXe siècle, avec le GOf (le grand Opéra à la française), qui faisait qu’un compositeur qui voulait « réussir » dans l’opéra devait se faire jouer à Paris, Paris a aussi sa place comme lieu où se passent un certain nombre d’opéras.

Mais d’abord, je vous propose de retrouver tous ceux qui ont fait la grandeur de Paris en musique :  En flânant dans le quartier de l’Opéra.

À tout seigneur, tout honneur, commençons avec la Esmeralda, l’adaptation de Notre-Dame de Paris de notre poète national Victor HUGO, qui a écrit lui-même le livret de cet opéra de Louise BERTIN.

Bertin Esmeralda Esmeralda dans son cachot

Autre adaptation d’un écrivain français, La Traviata (1853) de VERDI est tiré de La Dame aux camélias d’Alexandre DUMAS, une pièce que Verdi avait eu l’occasion de voir lors d’un de ses séjours à Paris.

Verdi la Traviata Libiamo

Paris, c’est aussi la fête et les p’tit’s femmes, qu’OFFENBACH a mises en musique dans la Vie Parisienne.

Offenbach la vie parisienne le BrésilienCliquez sur le Brésilien

En 1881, Offenbach situe à Paris le premier acte, l’acte d’Olympia, de son seul opéra « sérieux », les Contes d’Hoffmann.

offenbach les contes d'hoffmann olympia

En 1883, c’est MASSENET qui met en musique Manon, d’après le roman de l’abbé Prévost.

Massenet Manon Nous vivrons à Paris

Moins de dix ans plus tard, c’est au tour de PUCCINI de mettre ce drame en musique avec son Manon Lescaut (1893).

Puccini Manon Lescaut Sola, perduta, abbandonata

Dans La Dame de Pique (1890) de TCHAÏKOVSKI, la vieille comtesse se rappelle sa jeunesse passée à Paris, quand elle fréquentait le comte de Saint-Germain, en chantant un vieil air de GRÉTRY, qu’elle chantait à cette époque.

Tchaïkovski La Dame de pique air de la comtesse

Je m’arrête ici pour aujourd’hui, ce billet est déjà assez riche, mais si vous êtes sages et que vous me le demandez gentiment, je vous parlerais une autre fois de la Veuve joyeuse de LEHAR, de la Rondine de Puccini, des Mariés de la Tour Eiffel du presque GROUPE DES SIX, de Lulu de BERG ou de Capriccio de Richard STRAUSS.

Vous pouvez retrouver un autre article de cette série consacrée aux grandes villes avec New York.

Écrivains, littérature, Philosophie

Gabriel FAURÉ : Wladimir JANKÉLÉVITCH ET LA MUSIQUE (2)

On le sait, le philosophe Wladimir JANKÉLÉVITCH était également musicologue (et pianiste averti). Aussi n’hésite-t-il pas à convoquer ses compositeurs préférés quand il s’agit de donner des exemples sur, par exemple, la notion d’ineffabilité. Un de ses auteurs de prédilection était Gabriel FAURÉ, et on peut relever, au fil de la lecture de la trilogie Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien les citations suivantes :

 Lu dans Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien :

« Cette divine éternité d’un quart d’heure » qui s’appelle Ballade en fa dièse de Gabriel Fauré.

Fauré Ballade en Fa dièse opus 19

« Ce désir de choses inexistantes » par lequel Gabriel Fauré caractérise la divine phrase de l’adagio de son 2e quatuor.

Fauré 2e Quatuor adagio

« Le « message » que le Sanctus du Requiem nous transmet, Fauré ne le formule ni ne l’exprime, mais il le dit en arpèges. » (Ailleurs, il écrit : « celui qui n’a pas entendu à l’orchestre ses pianissimos surnaturels, le murmure de ses harpes, la sereine et stellaire effusion de ses chœurs et l’apaisante cantilène de ses archets, et ses feintes modulations, et tout ce je-ne-sais-quoi qui est en sourdine… celui-là ne sait même pas le commencement du premier mot d’un charme que seuls les butors peuvent écrire à l’avance. »)

Fauré requiem sanctus

« L’essence est capable de se faire invisible… comme la très secrète splendeur de la musique de Fauré parmi les roucoulements des cantatrices » (à propos de son opéra Pénélope).

Fauré Pénélope Prélude

« La musique de Fauré représente à la fois le verbe immédiat et le chiffre complexe, et toute interprétation est méprise qui lui fait exprimer ceci ou cela; car elle suggère un état d’âme en général sans rien exprimer en particulier. Et de là que tous les commentaires imagés qu’on donne d’un Nocturne sont vrais ensemble ou faux ensemble. »

Fauré nocturne no 6

La Musique est l’Ineffable s’ouvre sur la question suivante: « Qu’est-ce que la musique? se demande Gabriel Fauré à la recherche du « point intraduisible », de la très réelle chimère qui nous élève « au-dessus de ce qui est ». »

Et plus loin, il nous parle du mystère de la mélodie fauréenne.

Fauré mélodie Nocturne

« Dans la pièce appelée Tendresse, les deux pianistes de Dolly dialoguent canoniquement sans échanger des idées précises, on dirait une âme silencieuse qui monologue avec elle-même. »

Fauré Dolly tendresse

Sources : Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien tome I La manière et l’occasion, éditions du seuil, 1980

Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien tome 2 La méconnaissance, le malentendu, éditions du seuil, 1980

La Musique et l’Ineffable, éditions du Seuil, 1983.

Compositeurs, littérature

Modeste MOUSSORGSKI (1839 – 1881)

Modeste MOUSSORGSKI est né le 21 mars 1839 dans une famille de la petite noblesse russe.

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En 1851, Modetse entre dans une école d’aspirants de la garde. En musique, il découvre les modes liturgiques anciens.

En 1856, il sort de l’école militaire avec le grade de lieutenant.

Toute sa vie, Moussorgski souffrira de crises de nerfs et d’épilepsie, et il connaîtra de sérieux problèmes d’alcoolisme.

En 1857, il rencontre les compositeurs BALAKIREV et CUI. Il se met à étudier sérieusement la musique. Il compose Souvenirs d’enfance pour piano.

En 1859, il quitte l’armée pour se consacrer à la musique. Il fait la connaissance de BORODINE. En 1861, RIMSKI-KORSAKOV entre dans le groupe de Balakirev.

En 1862, c’est la naissance officielle du Groupe des cinq : Balakirev, Cui, Moussorgski, Rimski-Korsakov et Borodine.

En 1863, il entre dans l’administration des Ponts et Chaussées, tout en composant des mélodies. C’est à cette époque qu’il travaille à une adaptation du Salammbô de FLAUBERT.

Moussorgski Salammbô

En 1867, Moussorgski écrit Une nuit sur le mont Chauve, pour orchestre. Il est renvoyé de l’administration.

Moussorgski Une nuit sur le Mont chauve

En 1869, il termine une première version de Boris Godounov d’après POUCHKINE, qui sera refusée par la censure impériale. Dans cette œuvre, Moussorgski réussit à merveille à décrire l’âme russe au travers de sa musique, notamment par la place prépondérante donnée au chœur.

Le groupe des cinq se sépare en 1870.

En 1871 – 1872, Moussorgski compose une deuxième version de Boris Godounov et commence la Khovantchina.

Moussorgski la Khovantchina ouverture

En 1874, première représentation complète de Boris. Il écrit, pour le piano, les Tableaux d’une exposition. (On en connaît aujourd’hui surtout la version orchestrée par RAVEL.)

Moussorgski Tableaux d'une exposition Richter

En 1875, il écrit le cycle de mélodies Chants et danses de la mort.

Moussorgski chants et danses de la mort - Berceuse

(Dans la berceuse ci-dessus, la mère berce son bébé malade, et la mort déguisée en nourrice l’endort pour un sommeil éternel !)

En 1876, il souffre de solitude et son alcoolisme commence à lui poser des problèmes.

En 1879, l’opéra La Khovantchina est presque terminé. Il sera achevé après sa mort par l’infatigable Rimski-Korsakov. (Au XXe siècle, CHOSTAKOVITCH livrera une orchestration respectant l’âpreté de la musique de Moussorgski.)

En 1881, après une crise de delirium tremens, il meurt le 28 mars à l’hôpital militaire de Saint-Pétersbourg, âgé de 42 ans.

Contes et légendes, Divers, Fantaisie, Oulipo, Poésie

QUELQUES HAÏKAÏS (2)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Après un premier billet consacré aux haïkus, voici une deuxième série de haïkaïs créés sur le thème de l’opéra.

La Travia-ta

Et la Dame aux camélias

Est la même personne.

Verdi la Traviata Pretty YendeCliquez sur la Traviata

Sur une suggestion de Max-Louis :

Couleurs d’opéra

Aïda, Tannhaüser

VERDI et WAGNER.

     Verdi Aïda marche Met      Wagner Tannhaüser OuvertureCliquez sur les images ci-dessus

Sur une suggestion de Marie-Anne :

Le piano rit

du rire carnassier de

ses quatre-vingts touches.

Schubert Liszt Yuja WangCliquez sur les touches

Sur un haïkaï de Luciole :

Le chat de Noël

Devant ces mille lumières

Rêve-t-il aussi?

Cats the musical MemoryCliquez sur le chat

Sur un haïkaï de Solène :

Au-dessus du pont

La pleine lune luit

Dans la nuit, tranquille

Le pont by SolèneCliquez sur l’image

Hansel und Gretel

Un opéra d’HUMPERDINCK

Un conte pour enfants

Humperdinck Hänsel und GretelCliquez sur Hänsel et Gretel

Vous pouvez encore m’envoyer des haïkaïs si le cœur vous en dit 😀 !

Et retrouvez une nouvelle série en cliquant, sur ce lien.

Fantaisie, Histoire de l'opéra, littérature, Mallarmé, Oulipo, Premier avril

L’OPÉRA DE SAINT-GLINGLIN S’INVITE CHEZ VOUS

Saint-Glinglin est le titre d’un roman (1948) de Raymond QUENEAU, et est la refonte de deux romans précédents : Gueule de pierre (1934) et les Temps mêlés (1941). L’opéra de cette ville, de renommée mondiale, s’est donné pour mission de monter les œuvres musicales adaptées de Queneau et de ses amis, oulipiens ou autres.

Son riche catalogue de pestacles est disponible sans limites dans le temps sur son site Error404Pagenotfound :

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Au programme vous pouvez trouver :

Le ballet La croqueuse de diamants de Queneau et DAMASE (avec une chorégraphie de Roland PETIT)

Damase la rue Montorgueil (la croqueuse de diamants)Cliquez sur l’image

Les exercices de style chantés par les Frères Jacques.

Exercices de style Botanique

Le Dimanche de la vie : Ce roman de Queneau a vu un projet d’opéra coécrit par Queneau et son ami Boris VIAN. Cette œuvre n’ayant malheureusement pas vu le jour, l’Opéra de Saint-Glinglin a décidé de mettre le film qui a été tiré du roman à disposition sur son site.

Queneau le dimanche de la vie (film)Cliquez sur l’image

L’opéra qui a été écrit pas Edison DENISOV à partir de l’Écume des jours de Boris Vian est également disponible.

Denisov l'écume des joursCliquez sur l’image

De Jaques Prévert, on trouve L’Opéra de la lune et l’Opéra des girafes.

Mayoud Prévert l'Opéra de la luneCliquez sur la lune et la girafe

On trouve également les ébauches de Pierre BOULEZ pour les Cent mille milliards de poèmes. Boulez est malheureusement décédé avant d’avoir pu terminer la mise en musique de l’intégralité de ces 100 000 000 000 000 de poèmes.

William CHRISTIE a été tout excité quand il a appris qu’on avait trouvé dans les archives du musée national d’archéologie de Saint-Germain-en-Laye les manuscrits de DEBUSSY pour une adaptation en musique du poème « Le Corbeau » (« the Raven ») d’Edgar Allan POE, traduit par MALLARMÉ. Les écrits de Mallarmuche étant une sorte « d’étalon » pour tester les contraintes littéraires de l’OuLiPo, il était naturel que ce soit à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il en assurât la création mondiale.

De Georges PEREC , on trouve La Disparition, seul opéra écrit sans qu’apparaisse la note MI (en notation anglaise ou allemande, la note MI est représentée par la lettre E.) Queneau étant né au Havre, il a semblé opportun de demander aux célèbres duettistes HAVRE et CAUMARTIN le livret de cette adaptation.

De Perec également, c’est évidemment à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il a prononcé sa fameuse conférence sur l’influence tomatotopique du lancer de tomates sur les sopranos, et on peut naturellement y découvrir l’enregistrement de Cantatrix Sopranica L., sa célèbre étude.

Cantatrix Sopranica L

Cinéma, littérature, Mes opéras préférés, Philosophie

LA MORT À VENISE, de BRITTEN (DEATH IN VENICE) (1973)

Dernier des opéras écrits par Benjamin BRITTEN, d’après la nouvelle éponyme de Thomas MANN, créé en 1973 au festival d’Aldeburgh, le titre original est Death inVenice. Il s’agit du testament opératique de Britten, qui écrivait là aussi un des derniers rôles pour son compagnon Peter PEARS.

Acte I : À Munich, en 1911, l’écrivain Aschenbach est en panne d’inspiration. Mais pour lui, ne plus écrire, c’est la mort. Devant un cimetière, un étranger passe, qui lui donne des envies de Sud et de soleil.

Sur le bateau qui le mène à Venise, l’attitude frivole et choquante des jeunes et d’un vieux beau le dégoûte.

Arrivé à Venise, un gondolier étrange, qui n’est pas sans évoquer Charon, le mène directement à son hôtel. Arrivé à l’hôtel, le gondolier disparaît sans réclamer son dû. Le directeur lui présente sa chambre. Resté seul Aschenbach se demande s’il a bien fait de venir à Venise. À l’heure du dîner, les clients de l’hôtel arrivent, racontant leur journée. Parmi eux, Aschenbach est frappé par la beauté d’un jeune adolescent.

Sur sa terrasse, qui donne sur la plage, l’écrivain étouffe à cause du temps qu’il fait. Il songe à quitter Venise, mais le spectacle des enfants jouant sur la plage, et surtout du jeune homme déjà remarqué, l’en dissuade. Il apprend le nom du jeune Éros polonais, Tadzio.

Britten Death in Venice Tadzio

Assailli par les vendeurs à la sauvette et les mendiants, victime du sirocco, Aschenbach est tenté de rentrer chez lui, mais le lendemain matin, arrivé à la gare, il apprend qu’on a envoyé ses bagages dans une autre ville par erreur. Il rentre à son hôtel.

Les enfants jouant sur la plage font plonger Aschenbach dans une rêverie.

Britten Death in Venice jeux sur la plage

Il se trouve sur une plage grecque, où l’on célèbre le culte d’Apollon. Tadzio remporte tous ces « jeux antiques ». Le spectacle redonne l’inspiration à l’écrivain, mais alors qu’il voudrait féliciter le vainqueur, il n’y arrive pas. Il se rend compte qu’il est tombé amoureux du jeune homme.

Acte II : Aschenbach réfléchit à ses sentiments envers le jeune garçon. Au salon de coiffure de l’hôtel, il apprend du capilliculteur que les clients s’en vont, à cause de la maladie qui se répand sur la ville. Voyant arriver Tadzio et sa famille, il ne veut pas qu’ils soient mis au courant de l’épidémie, de peur qu’ils ne quittent la ville eux aussi. Il les suit à la messe à Saint Marc, puis sur le chemin du retour à l’hôtel, se mêlant à la foule peut-être déjà touchée par l’épidémie.

Une troupe de comédiens ambulants vient donner un spectacle. Aschenbach cherche à savoir la vérité sur la maladie, mais le chef de la troupe respecte les consignes officielles, il faut se taire pour ne pas faire fuir les touristes.

Les gens précipitent leur départ. À Aschenbach qui demande pourquoi, un employé finit par lui dire la vérité, une épidémie de choléra se répand sur Venise. Aschenbach est maintenant convaincu de prévenir la famille de Tadzio de quitter la ville. Mais au moment de parler à sa mère, il ne peut rien dire, ce qui l’amène à se poser des questions sur l’art et/ou le sens moral.

Il s’endort et fait un songe, où s’affrontent les côtés apolliniens et dionysiens de sa personnalité. (Pour faire simple, on peut dire que la pensée dionysienne est liée à la nature et à l’ivresse de l’instant présent alors que la pensée apollinienne est centrée sur la raison, et sur la culture qui prend le pas sur la nature.)

Britten Death in Venice Dionysos

À son réveil, il retourne au salon de coiffure se refaire une jeunesse, avant de suivre Tadzio dans la ville. Celui-ci le remarque, mais ne dit rien. Fatigué, Aschenbach s’arrête et achète des fraises, mais celles-ci sont moisies, ce qui lui inspire une réflexion philosophique sur la passion, la sagesse, la connaissance, la disparition.

Le directeur de l’hôtel constate que tous les clients quittent son établissement. Aschenbach apprend ainsi que la famille de Tadzio va regagner la Pologne. Il meurt, seul, à l’hôtel.

(Note : Les personnages qui figurent en gras dans le texte ci-dessus sont chantés par un seul chanteur, double du héros qui lui révèle ce qu’il ne veut pas (sa)voir consciemment. Le rôle de Tadzio est un rôle muet, et est joué par un danseur.)

N.B. la nouvelle originale de Mann a également inspiré VISCONTI pour son très beau film Mort à Venise, film dont la B.O. a révélé au grand public l’adagietto de la 5e symphonie de MAHLER.

Mahler 5e symphonie adagietto

Bande dessinée, Grandes maisons d'Opéra, histoire, Histoire de l'opéra

LA MONNAIE / DE MUNT DE BRUXELLES S’INVITE CHEZ VOUS

Comme Paris, Londres, Vienne, Berlin ou New York, Le Théâtre Royal de la Monnaie / De Munt de Bruxelles nous offre, pendant la période de confinement liée au coronavirus, une riche sélection de ses spectacles, disponibles sur son site internet.

https://www.lamonnaie.be/fr/sections/388-mm-channel

Sont ainsi disponibles, jusqu’au 19 avril :

  • Aïda de Verdi

Verdi Aïda De Munt Celeste AÏdaCliquez sur l’image

  • Lucio SILLA de MOZART
  • La Gioconda de PONCHIELLI
  • Frankenstein de Mark GREY, création d’après le roman gothique de Mary SHELLEY.

Grey Frankenstein De MuntCliquez sur l’image

Rimsky le tsar Saltan De MuntNe cliquez pas sur l’image

  • Macbeth underworld de Pascal DUSAPIN (création)

Dusapin Macbeth underworldCliquez sur l’image

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« Maison fédérale d’Opéra au sein de la capitale de l’Europe », la tradition d’opéra de Bruxelles remonte à 1700, quand on y a représenté Atys de Lully.

En 1818, on construit une nouvelle salle, qui est inaugurée avec une représentation de La Caravane du Caire, de GRÉTRY.

En 1830, lors d’une représentation de la Muette de Portici de D.F.E. AUBER, l’air « Amour sacré de la patrie » fit se lever la foule qui sortit dans la rue, donnant le la à la révolution qui aboutira à l’indépendance de la Belgique.

Auber la Muette de Portici amour sacréCliquez sur l’image

Le bâtiment actuel date de 1855, après l’incendie qui avait détruit le précédent.

En 1921, un jeune baryton, Edgar P. JACOBS, entre comme choriste à la Monnaie / De Munt. Il se fera plus un nom dans la Bande dessinée en tant que créateur de Blake et Mortimer.

Mes opéras préférés, Théâtre

L’AMOUR DES TROIS ORANGES, de PROKOFIEV (1919)

L’Amour des 3 oranges (1919) de PROKOFIEV (1891 – 1953) est issu d’une commande du directeur de l’Opéra de Chicago. Cet opéra est adapté d’une pièce de Carlo Gozzi. La mort du commanditaire en retarde la création et c’est finalement sous l’impulsion de Mary GARDEN, la créatrice du rôle de Mélisande dans Pelléas et Mélisande de DEBUSSY (1862 – 1918), que l’opéra sera créé en français et en 1921. C’est ainsi que l’on arrive à un opéra écrit en français sur un sujet italien par un Russe émigré aux États-Unis.

Prologue : La foule se dispute pour savoir quel type de pièce il faut monter, tragédie ou comédie. Les spectateurs sont invités à assister à un nouveau genre de spectacle : l’Amour des 3 Oranges. Ce chœur des tragiques et des comiques ponctuera de ses interventions et commentaires tout le déroulement de l’opéra.

Acte I : Le prince, fils du roi de trèfle, souffre d’une hypocondrie incurable. Le roi, inquiet de voir sa nièce Clarisse monter sur le trône après lui, demande à Truffaldino, son fou, de faire rire le prince pour le sortir de sa mélancolie. Il appelle Léandre, son Premier ministre, qui n’aime pas le prince. Clarisse promet le mariage à Léandre quand elle aura accédé au trône, après la mort du Prince. Léandre lui dit que pour ce faire, il empoisonne petit à petit son esprit avec de la poésie tragique. Clarisse, elle, pense à des moyens plus radicaux, l’opium ou une balle.

Sméraldine, esclave de la sorcière Fata Morgana (la fée Morgane) vient les prévenir que le prince bénéficie de l’appui du mage Tchélio, mais que Fata Morgana les aidera (Trio : Fata Morgana). Tchélio et Fata Morgana jouent le destin de Léandre et du roi aux cartes. La sorcière l’emporte.

Acte II : Les efforts de Truffaldino pour faire rire le prince échouent face à son hypocondrie. On traîne le prince au spectacle (« marche »), spectacle qui le laisse pourtant impassible.

https://www.youtube.com/watch?v=-Ur8dHVxByE&t=16s

Durant le spectacle, Truffaldino s’en prend à Fata Morgana qui s’était invitée et la ridiculise, provoquant le rire du prince. Fata Morgana lui lance un anathème qui le condamne à subir l’amour de trois oranges et partir à leur recherche.

Prokofiev 3 oranges anathème

Le prince, sous l’emprise du sort de Fata Morgana et contre la volonté de son père, veut partir tout de suite chez la sorcière Créonte qui les retient captives.

Acte III : Tchélio invoque le mage Farfarello pour savoir où sont passés le prince et Truffaldino. Celui-ci dit qu’il a envoyé le prince et Truffaldino chez Créonte dans le désert en soufflant sur eux. Les ayant rejoints, Tchélio met en garde le prince contre l’horrible cuisinière qui garde les trois oranges. Il lui donne un ruban magique, et lui recommande de n’ouvrir les oranges que près d’une source.

Les voyageurs arrivant au château de Créonte, se rendent à la cuisine. La cuisinière se dresse devant eux. Pendant que Truffaldino détourne son attention avec le ruban magique, le prince dérobe les trois oranges.

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Le prince et Truffaldino sont à nouveau dans le désert, avec les oranges, devenues énormes. Le Prince, épuisé, s’endort. Truffaldino assoiffé, ouvre une orange pour se désaltérer puis une autre. Il en sort des princesses, qui réclament à boire avant de mourir soif. Truffaldino fuit et le prince reste seul avec la troisième orange, d’où sort la princesse Ninette.

Prokofiev 3 oranges NinetteCliquez sur la princesse Ninette

L’intervention des Ridicules (du prologue) qui apportent de l’eau la sauve de la mort. Le prince déclare son amour à Ninette et veut l’emmener au palais, mais la princesse ne veut pas y aller habillée comme elle est. Le prince part à la recherche d’une robe digne d’une princesse. Pendant son absence, Sméraldine et Fata Morgana la transforment en rat et Sméraldine prend la place de Ninette. Le prince revient avec le roi qui, trompé par les apparences, oblige son fils à se marier avec la fausse Ninette.

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Acte IV : Tchélio et Fata Morgana se battent à coups d’éclairs et de tonnerre. Les « figures de rêve » interviennent, neutralisent la sorcière et envoient Tchélio sauver le Prince.

La cour salue le roi, le Prince et sa fiancée, mais quand on ouvre le baldaquin, on découvre un gros rat. C’est Ninette, qui ne veut pas céder sa place à l’usurpatrice.

Prokofiev 3 oranges le rat

Tchélio lui rend sa forme humaine. Le roi ordonne que l’on pende Sméraldine, Léandre et Clarice. Fata Morgana vient les chercher et les entraîne dans les entrailles de la Terre. Le peuple se réjouit et célèbre le roi, le prince et la princesse Ninette.