Écrivains, histoire, littérature

L’OPÉRA SELON G.B. SHAW

L’écrivain Georges Bernard SHAW (1856 – 1950) a défini l’opéra comme étant: Une histoire où un ténor et une soprano veulent coucher ensemble, et où un baryton (et/ou une alto) les en empêche.

Cette définition plaisante est valable pour la grande majorité des opéras que Shaw pouvait entendre à son époque, c’est-à-dire en gros pour les opéras du XIXe siècle.

Écoutons comme exemple le duo d’amour de Tristan et Isolde.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour

Suivant les méthodes de L’OUvroir de LIttérature POtentielle (OULIPO), fondée par QUENEAU et Le LIONNAIS (et al.), et qui a eu PEREC parmi ses membres, je me propose donc de noter ce schéma narratif (T+S)/B (ou [(T+S)/(B+A)], si une alto aide le baryton à contrarier les amours des héros. On verra qu’un très grand nombre d’opéras répondent à ce(s) schéma(s).

Il faut signaler qu’il ne peut s’appliquer aux opéras plus anciens, notamment à ceux du XVIIe siècle où tous les rôles étant chantés par des hommes, il n’y avait pas de sopranos. Voire à ce sujet le billet précédent sur la tessiture et les voix.

A cette époque, le paradigme était plutôt celui d’une femme (voire d’une déesse) qui obtenait par magie ou par enchantement l’amour qu’un  homme ne lui donnait pas, bien souvent parce que le cœur de cet homme était déjà pris. C’est là un thème que l’on trouve dans Atys ou Armide de LULLY, ou encore Alcina de HAENDEL.

Dans ces œuvres, la méchante était chantée par une soprano, la voix aiguë étant alors considérée comme maléfique. On retrouve ces aigus maléfiques dans les airs de la reine de la nuit de La Flûte enchantée de MOZART.

La voix de baryton représentait l’âge mûr et la sagesse, et donc pas le vilain bonhomme qui contrariait les amours des héros. Le rôle du héros était généralement chanté par un haute-contre. Je vous propose ici d’écouter l’air Ombra mai fu du Serse (Xerxès) de Haendel, chanté par Philippe Jaroussky.

Haendel Serse Ombra mai fu JarrousskyCliquez sur l’image

Plus tard, les goûts évoluant, les voix hautes (sopranos, ténors) ont représenté les héros et les voix basses (altos, barytons, basses) les forces obscures.

Écrivains

MOLIÈRE (1622 – 1673)

Molière par Adrian

Tout le monde connaît l’homme de théâtre qu’est Molière (Jean-Baptiste Poquelin), et nous avons à peu près tous étudié son œuvre au collège.

Molière a été baptisé le 15 janvier 1622 à Paris. Il est donc probablement né le 13 ou le 14 janvier.

Il a commencé sa carrière en écrivant des comédies-ballet, genre qui s’apparente à l’opéra (voir l’arbre phylogénétique de l’opéra).

Sa collaboration avec Lully, le musicien officiel de Louis XIV, porte notamment sur Monsieur de Pourceaugnac (1669), Le Bourgeois Gentilhomme (1670) et surtout Psyché (1671), pour le livret duquel il se fera aider par Thomas Corneille.

lullt le bourgeois gentilhommeCliquez sur l’image

En 1672, après la brouille avec Lully pour de sombres histoires de droits d’auteur, Molière collabore avec Marc-Antoine Charpentier, notamment pour Le Malade Imaginaire (1673). C’est après une représentation de cette pièce que Molière meurt à Paris, le 17 février 1673, à l’âge de 51 ans.

Charpentier Molière le Malade imaginaireCliquez sur l’image

Parmi les opéras bâtis sur des pièces de Molière, on doit évidemment citer le Don Giovanni (1787) de Mozart, assez directement inspiré de son Don Juan. On peut également citer l‘Amphitryon (1786) du prolifique GRÉTRY.

Un petit siècle plus tard, c’est notre GOUNOD national qui écrira un opéra-comique sur Le Médecin malgré lui (1858).

gounod le médecin malgré luiCliquez sur l’image

Enfin, on trouve un dernier avatar de l’esprit de Molière dans l’opéra Ariane à Naxos (1912), de Richard STRAUSS, cet opéra étant censé être joué à la fin d’une représentation du Bourgeois Gentilhomme.

Écrivains, Cinéma, Fantaisie, littérature

Walter SCOTT (1771-1832)

ivanhoé TV

Walter SCOTT (1771 – 1832) est un des écrivains romantiques les plus importants de son époque. L’œuvre de cet auteur de romans historiques, puisant son inspiration dans les légendes écossaises, se situe à la lisière entre le roman gothique et le romantisme et inspirera beaucoup d’opéras.

Quand j’étais petit, on chantait dans la cour de récréation de l’école Ivanhoé, d’après un ancien feuilleton télé (avec Roger Moore), dernier vestige de la célébrité de Scott.

Walter Scott est né le 15 août 1771 à Édimbourg. Très jeune, il est atteint d’une poliomyélite qui le laissera boiteux toute sa vie. On l’envoie se soigner à Bath, où il a l’occasion de découvrir les traditions orales écossaises, et même de rencontrer des gens qui ont vécu les récents conflits entre Écossais et Anglais. En 1777, il retourne à Édimbourg.

Entre 1783 et 1786, Scott fréquente l’université de cette ville et en 1786 – 1787, entre dans le cabinet d’avocat de son père. Quand sa santé le lui permet, il parcourt la campagne écossaise à cheval.

En 1788, il commence des études de droit, tout en traduisant les ballades de Goethe. En 1790, il s’éprend d’une jeune fille d’un milieu aisé, mais celle-ci va finalement se marier à un banquier.

En 1797, il rencontre Charlotte Carpenter, une jeune femme d’origine française, et Scott lui propose le mariage au bout de 3 semaines seulement. Ils se marieront le 24 décembre de cette année.

En 1799, l’année de naissance de la première de leurs filles, Scott est nommé sheriff du comté de Selkirk.

En 1802, il se fait connaître pour ses talents littéraires en publiant les Chants de la frontière écossaise, une anthologie de chants et ballades écossais qu’il a recueillis.

En 1804, Scott publie Sir Tristrem, une version romancée de Tristan. En 1808, il publie une édition critique des œuvres de Dryden.

En 1810, Scott publie la Dame du Lac, qui le rendra immensément populaire dans toute l’Europe. La Dame du Lac sera portée à l’opéra par Rossini en 1819 (La Donna del Lago) et Schubert publiera sept lieder sur des poèmes de la Dame du Lac, les Ellens Gesang opus 52, dont son célèbre Ave Maria.

En 1814, c’est la parution de son premier roman, Waverley, écrit sous pseudonyme. Il récidivera en 1815 avec Guy Mannering et en 1817 avec Rob Roy. En fin d’année, un recueil de ses contes est publié à Paris, comportant notamment les Puritains d’Écosse. Guy Mannering fera l’objet d’un opéra-comique écrit par Louise Bertin en 1825 et de la Dame blanche de Boïeldieu en 1825 également.

Boïeldieu la Dame blanche Viens, gentille dameCliquez sur l’image

En 1819, souffrant de sa jambe et de calculs biliaires, il se croît perdu mais publie quand même à la fin de l’année, Ivanhoé, premier roman médiéval. Ivanhoé sera porté à l’opéra dès 1826 par Rossini, puis par Marschner en 1829 (le Templier et la Juive) et encore par Nicolaï en 1840 (le Templier). On peut aussi noter l’adaptation de Sullivan (celui des opérettes co-signées avec Gilbert) pour un grand opéra anglais écrit en 1891.

Marschner le Templier et la JuiveCliquez sur l’image

Revenons en 1819, avec la parution à Paris d’une nouvelle série de contes, comprenant la Fiancée de Lammermoor.

Début 1821, Scott fait paraître le roman historique Kenilworth. On donne dès 1822 à Paris le Château de Kennilworth, mélodrame en 3 actes avec une musique de M. Alexandre. Cette œuvre sera également adaptée à l’opéra par Auber et Scribe (Leicester, ou le château de Kenilworth, 1823) et par Donizetti (Elisabetta al castello di Kenilworth 1829).

L’année suivante, Scott publie Quentin Durward, un de ses meilleurs romans.

En 1827, Scott publie une Vie de Napoléon Bonaparte en neuf volumes.

En 1828, c’est dans les Chroniques de la Canongate qu’il publie la Jolie Fille de Perth, qui sera adapté à l’opéra par Bizet en 1866.

En 1830, Donizetti écrit son opéra Anna Bolena, d’après la nouvelle Anne Boleyn.

Walter Scott meurt à Londres le 21 septembre 1832 et ne verra donc pas l’adaptation que fera Donizetti de Lucia di Lammermoor (la Fiancée de Lammermoor) en 1835.

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur la malheureuse Lucia

 

Écrivains, histoire, Histoire de l'opéra, littérature

Histoire de l’opéra: les années 1880 – 1915

J’avais laissé notre ami l’opéra au début des années 1880.

Les années qui suivent verront l’éclosion de deux grands noms, PUCCINI (1854 – 1924) et STRAUSS (1864 – 1949). Ces deux noms illustrent les deux grands mouvements caractéristiques de cette période.

L’opéra a toujours suivi l’évolution des mouvements littéraires. Alors qu’en France naissait le naturalisme avec Émile ZOLA, l’Italie invente sa traduction sur scène avec le vérisme, qui visait à représenter des héros (sont-ce encore d’ailleurs des héros ?) plus proches de la vraie vie des spectateurs, par opposition aux héros nobles ou romantiques représentés précédemment.

Le premier succès vériste est Cavalleria Rusticana (1890) de MASCAGNI (1863 – 1945). Suivront Paillasse (Pagliacci) en 1892 de LEONCAVALLO (1857 – 1919), Andrea Chénier (1896) de GIORDANO (1867 – 1948) et Adrienne Lecouvreur (1902) de CILEA (1856 – 1950). De par son sujet, La Bohême (1895) de Puccini ressort également du vérisme.

Puccini Bohème Acte III AdioCliquez sur l’image

Pendant ce temps en France, Zola a écrit des livrets pour BRUNEAU (1857 – 1937) avec Le Rêve (1891) ou Messidor (1897). CHARPENTIER (1860 – 1956) a connu le succès avec son « roman musical » Louise (1900).

Charpentier Louise Depuis le jourCliquez sur Louise

L’autre mouvement autour du changement de siècle est le post-wagnérisme (WAGNER, rappelons le, est mort en 1883). Le plus connu des post-wagnériens est Richard STRAUSS (qui n’a pas de lien familial avec Johann). Son premier opéra Guntram date de 1894. Suivront Salomé (1905) d’après la pièce d’Oscar WILDE et Elektra (1908). Son style évoluera ensuite vers plus de douceur avec le très mozartien Chevalier à la rose (1910). D’autres compositeurs ont « fait du Wagner » comme REYER (1823 – 1909) et son Sigurd (1884). Reyer a également adapté FLAUBERT avec Salammbô (1890).

Par ailleurs, il faut noter un autre mouvement littéraire qui a connu sa traduction à l’opéra, le symbolisme, représenté par MAETERLINCK. Parmi les drames de ce dernier traduits en musique se distinguent Pelléas et Mélisande (1902) de DEBUSSY (1862 – 1918) et Ariane et Barbe-Bleue (1906) de Dukas (1865 – 1935).

dukas ariane et BB liceuCliquez sur l’image

On pourra retrouver une autre vision de cette période dans le billet précédemment consacré à MALLARMÉ avec notamment les liens Mallarmé – Wilde – Strauss et Mallarmé – Debussy – Maeterlinck.

Ne manquez pas la suite des aventures de notre ami l’opéra dans Histoire de l’opéra : les années 1915 – 1945 !

Écrivains, Bande dessinée, Maria Callas

HERGÉ (et l’opéra)

Le dessinateur de bande dessinée Georges RÉMI (1907-1983), qui signait ses œuvres Hergé, était plus intéressé par le dessin et la peinture que par la musique. Pourtant son grand œuvre Les aventures de Tintin et Milou ne manque pas d’allusions à l’univers de l’opéra.

Hergé est né à Etterbeek (Belgique) le 22 mai 1907.

Il commence très jeune à dessiner ans une revue scoute, signant ses dessins Hergé (les initiales de Georges Rémi). En 1928, le directeur du journal le Vingtième Siècle lui confie le supplément jeunesse, qui s’appellera le Petit Vingtième. Et c’est ainsi qu’en janvier 1929 démarrent les aventures de Tintin, reporter au Petit Vingtième, avec Tintin au Pays de soviets, très largement inspiré du livre antibolchévique Moscou sans voile, de Joseph Douillet.

En 1934, il rencontre un jeune Chinois, étudiant aux Beaux-Arts de Bruxelles, Tchang. Cette rencontre le pousse à se documenter sérieusement sur les pays où il envoie son héros, pour l’album Tintin et le Lotus bleu.

En 1940, le Petit Vingtième est obligé de s’arrêter, mais Hergé continue les aventures de Tintin dans le Soir, journal contrôlé par l’occupant allemand. Ceci vaudra quelques soucis à Hergé à la Libération.

En 1946, c’est le lancement du Journal de Tintin, dont Hergé est le directeur artistique. Entre temps, il avait commencé la mise en couleurs de ses albums d’avant-guerre, parus en noir et blanc, s’attachant pour cela les services d’Edgar P. Jacobs.

En 1950, il fonde les studios Hergé, avec comme principaux collaborateurs, outre Jacobs, Bob de Moor, Jacques Martin (Alix) et Roger Leloup (Yoko Tsuno).

Hergé meurt le 3 mars 1983 à Woluwe-Saint-Lambert, près de Bruxelles,  à l’âge de 75 ans.

En ce qui concerne la présence de la musique (classique) dans son œuvre, la première allusion date de 1934, avec les Cigares du Pharaon, où un personnage chante « Sur la mer calmée », soit la traduction française de l’air « Un bel di vedremo » de Madame Butterfly de Puccini.

Cliquez sur l’image

En 1937, à la première planche de l’album de Tintin l’Oreille cassée, on voit un gardien de musée passer le balai avant l’ouverture au public en chantant l’air du Toréador de Carmen.

Bizet Carmen air du totéadorCliquez sur le toréador

En 1940, dans Le Crabe aux pinces d’or, Tintin et le capitaine Haddock sont dans une cave, et respirent les vapeurs d’alcool de bouteilles de vin cassées. Enivrés par ces vapeurs, ils se mettent à chanter, et Tintin chante l’air de Jenny de La Dame blanche de BOÏELDIEU, « Prenez garde, la Dame blanche vous regarde ».

Tintin et Boïeldieu

Tout le monde connaît la Castafiore et son grand air des bijoux, même si la plupart des lecteurs de Tintin n’ont jamais entendu le Faust de GOUNOD.

Gounod Faust Air des bijouxCliquez sur l’image

Elle apparaît pour la première fois dans l’album Le sceptre d’Ottokar (1939) et revient dès lors de manière récurrente, par exemple dans Les 7 boules de cristal (1948) avec la fameuse scène du Music-Hall où Milou se met à hurler à la mort en l’entendant chanter. castafiore

Un des modèles pour le personnage de la Castafiore était Maria CALLAS, et le clin d’œil est appuyé dans l’album Coke en stock (1958) où on retrouve la Castafiore sur le yacht d’un millionnaire grec, telle la  Callas sur le yacht d’ONASSIS.

C’est dans l’album les Bijoux de la Castafiore qu’elle prend le plus de place, puisqu’on la voit s’installer au château de Moulinsart, avec son pianiste Igor (comme STRAVINSKY) Wagner (comme Richard). Et c’est en écoutant le pianiste faire ses gammes que Tintin a la révélation sur la disparition des fameux bijoux de la Castafiore. C’est une pie voleuse (una gazza ladra comme dirait ROSSINI) qui a emporté les bijoux, ce qui du coup innocente les bohémiens qui campent sur le terrain du château. et parmi les nombreuses déformations du nom de Haddock que la Castafiore commet, elle arrive même à l’affubler du nom de Bartok.

Rossini la gazza Ladra OuvertureCliquez sur l’image

Dans l’album Le trésor de Rackam le rouge (1944), on peut voir une affiche annonçant le chanteur Tino Rossi dans le rôle de Boris Godounov.

Enfin, dernier coup d’œil d’Hergé au monde de l’opéra, il représente son collègue et ami Edgar P. JACOBS dans l’album l’Affaire Tournesol (1956). En effet, le créateur de BLAKE et Mortimer était chanteur lyrique avant que de se mettre à la BD, et on voit dans cet album une affiche pour le chanteur E.P. JACOBINI. On le voit également en coulisse déguisé en Méphistophélès, un des rôles que chantait Jacobs.

Animation 1, Écrivains, Cinéma, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Victor HUGO (1802 – 1885) ET LA MUSIQUE

                                                              (Victor HUGO and opera)

« Défense de déposer de la musique sur mes vers » aurait déclaré Victor HUGO (1802 – 1885).

Son œuvre dramatique a pourtant inspiré bien des compositeurs, puisqu’une centaine d’opéras ont été composés d’après cette œuvre.

VH donc, chef de file du romantisme français, a créé le scandale en 1830 avec son Hernani. Cette pièce sera adaptée à l’opéra par VERDI, avec Ernani (1844). Ce n’est pas la seule adaptation de VH par Verdi puisqu’à partir de la pièce Le Roi s’amuse (1832), il composera Rigoletto en 1851.

Verdi rigoletto La done e mobile

Autre Italien à adapter VH, on peut citer DONIZETTI qui mettra en musique Lucrèce Borgia (1833), avec Lucrezia Borgia, et ce dès 1833, soit l’année même de la création du drame d’Hugo !

Donizetti Lucrezia Borgia Maffio Orsini son ioCliquez sur l’image

VH a participé à la mise en musique de ses œuvres puisqu’il a écrit lui-même en 1836 le livret de La Esmeralda, un opéra composé par Louise BERTIN (notez bien ce nom, il n’y a pas beaucoup de femmes compositrices dans le monde décrit par ce blog). Il s’agit évidemment d’une adaptation de son roman Notre Dame de Paris (1831).

Bertin La Esmeralda air des cloches

C’est ce même livret qui servira à DARGOMIJSKY, un élève de GLINKA pour son Esméralda (1839).

En 1872, c’est MASSENET qui écrit son premier opéra Don César de Bazan, d’après une pièce de DUMANOIR, elle-même bâtie autour d’un des personnages de Ruy Blas (1838). On peut noter que MENDELSSOHN a écrit une ouverture pour Ruy Blas, et ce dès 1839 pour les représentations en allemand de cette pièce.

Mendelssohn Ouverture Ruy BlasCliquez sur l’orchestre

Un peu plus tard, PONCHIELLI adapte Angelo, tyran de Padoue (1835) pour son opéra La Gioconda (1876). On peut voir une adaptation complètement déjantée de la « Danse des heures » de cet opéra dans le dessin animé Fantasia de Walt DISNEY. Cette même année, le Russe César CUI créait son Angelo, opéra également inspiré par Angelo, tyran de Padoue.

Enfin, si on considère que la comédie musicale est l’adaptation du genre opéra à la fin du XXe siècle (i.e. le fait de raconter une histoire en la faisant chanter et danser par ses interprètes), l’œuvre de VH figure toujours en très bonne place, puisque Les Misérables (1980) et Notre-Dame de Paris (1999) sont deux des plus grands succès du genre. On retrouve également Disney dans son dessin animé le Bossu de Notre-Dame, encore une adaptation de Notre-Dame de Paris (même si, de mémoire, VH n’apparaît pas au générique).

Il faut encore noter que, en dehors du champ opératique, de très nombreux poèmes de VH ont été mis en musique, que ce soit par LISZT, GOUNODFAURÉ ou SAINT-SAËNS… ou BRASSENS !

Fauré les DjinnsCliquez sur le chœur

Notamment avec les Orientales (1829) où Hugo nous décrit la chevauchée de Mazeppa. Pour VH, Mazeppa est le symbole du génie qui, lancé dans une course effrénée, « court, vole, tombe, et se relève roi ».

Ce thème a particulièrement inspiré Franz LISZT, qui s’y est pris à quatre reprises pour traduire le poème en musique, en insistant sur le symbole final. Les trois premières versions correspondent aux trois versions des Douze études, redoutablement difficiles. La quatrième version est le poème symphonique Mazeppa.

Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Stéphane MALLARMÉ ET LA MUSIQUE

Si les poëmes (sic) de Mallarmé n’ont pas inspiré directement d’opéra, le rôle du Prince des poètes (titre qui lui a été décerné après la mort de Verlaine, le précédent récipiendaire) dans le milieu des arts de son époque n’est pas négligeable, et trop souvent ignoré.

Stéphane Mallarmé naît à Paris le 18 mars 1842.

Dans le domaine musical, la mise en musique de ses vers la plus connue est le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894) par Claude Debussy (1862-1918), pièce qui sera rapidement adaptée pour la danse par les Ballets russes de DIAGHILEV.

debussy prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’image

Ravel (1875-1937) a comme Debussy déposé des mélodies sur les vers de Mallarmé (Trois poèmes de Mallarmé). Pierre Boulez (1925-2016) a lui écrit Pli selon pli, portrait de Mallarmé (1960) sur cinq poèmes de Mallarmé.

En tant que chef d’orchestre, les représentations wagnériennes de Boulez à Bayreuth sont entrées dans la légende, et à propos de Wagner (1813-1883), Mallarmé faisait partie du cercle de ses premiers admirateurs français. Il lui a rendu hommage dans son poëme Hommage (Le silence déjà funèbre d’une moire…).

À la fin de sa vie, Mallarmé recevait dans son salon peintres (Monet, Manet…), musiciens (Debussy, Saint-Saëns…), écrivains (Hugo, Verlaine, Rimbaud…). Auteur dès 1864 de fragments d’un drame biblique, Hérodiade, il reçoit en 1891 Oscar Wilde qui écrit sur le même sujet cette même année, et en français, sa pièce Salomé qui sera adaptée à l’opéra par le post-wagnérien Richard Strauss en 1905.

strauss salomé danse des 7 voilesCliquez sur Salomé

Mais ce n’est pas tout, grand admirateur d’Edgar Allan Poe, Mallarmé traduira de nombreux textes de cet auteur, dont le célèbre Corbeau (Une fois par un minuit lugubre), et écrira Le Tombeau d’Edgar Poe (Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change…). Or Debussy travaillera à la fin de sa vie à un opéra d’après La Chute de la maison Usher, de Poe, qu’il laissera inachevé à sa mort en 1918.

Et pour finir sur les liens tissés entre ces génies, comment ne pas penser à ce vers du Tombeau d’Edgar Poe : Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur à propos du personnage de Mélisande dans le Pelléas et Mélisande de Debussy.

Mallarmé meurt le 9 septembre 1898 à vavins, à l’âge de 56 ans.

Retrouvez ci-dessous des liens vers quelques poèmes mallarméens illustrés sur ce blog :

Apparition

Brise marine

Oh si chère de loin, et proche et blanche, si…

La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Don du poème

En envoyant un pot de fleurs

Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change

Remémoration d’amis belges

Le nuage (1859)

Quand l’ombre menaça de la fatale loi (1883)

Le Pitre châtié

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx

Sainte

Hommage

M’introduire dans ton histoire (1886)

Renouveau (1866)

Au seul souci de voyager (1898)

Le tombeau de Charles Baudelaire

Tombeau (de Verlaine) (1896)

Le Vierge, le vivace et le bel aujoud’hui

Écrivains, Cinéma, histoire, littérature, Théâtre

BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) ET L’OPÉRA

Beaumarchais par Adrian

Si on connaît généralement les deux grands « tubes » de l’opéra inspirés par le théâtre de BEAUMARCHAIS (1732 – 1799), à savoir Les Noces de Figaro (1786) de Mozart et Le Barbier de Séville de Rossini, on sait moins par contre que Beaumarchais était lui-même musicien et qu’il a écrit un opéra, Tarare (1787), qu’il avait envisagé de faire mettre en musique par Gluck, et qui le sera finalement par Salieri.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais naît le 24 janvier 1732 à Paris. Son père est horloger et à l’âge de 13 ans, Pierre-Augustin entre en apprentissage dans son atelier. En 1756, il se marie avec Madeleine-Catherine Aubertin, veuve du seigneur de Bosc-Marchais (dit Beaumarchais). sa femme meurt, âgée de 35 ans, l’année suivante et Pierre est accusé du meurtre de sa femme.

Il entre dans le monde de la finance et son génie spéculatif lui apporte une belle fortune. En 1761, il achète une charge de secrétaire du roi, qui lui apportera la noblesse.

En 1764, Beaumarchais fait un voyage d’affaires à Madrid.

En 1768, il se marie une seconde fois, toujours avec une riche veuve. Ils auront deux enfants, tous deux morts en bas âge. Sa deuxième femme meurt en 1770, et Beaumarchais est à nouveau accusé.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Le Mariage de Figaro a été écrit en 1778, mais des contraintes telles que la censure en ont reporté la création en 1784. C’était donc encore une pièce très récente quand Mozart l’a adaptée à l’opéra.

Le Barbier de Séville a été écrit en 1772 pour les Comédiens italiens, sous forme d’opéra-comique, avec des airs populaires italiens ou espagnols que Beaumarchais avait entendus à Madrid. Cet opéra ayant été refusé par les Italiens, Beaumarchais le remanie sous forme de comédie classique pour les Comédiens français en 1775. Païsello en tire un opéra dès 1782 (on peut en entendre un air dans la BOF du Barry Lindon de Kubrick). Et c’est à propos d’une dispute sur les droits que les comédiens reversaient aux auteurs que Beaumarchais fondera une société ancêtre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

En 1786, Beaumarchais se marie une troisème fois, avec une femme de 21 ans plus jeune que lui. Ils auront un enfant, et elle survivra à notre héros.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville a été adaptée à l’opéra par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupableCliquez sur l’image

Pour revenir à Tarare, un des airs les plus célèbres de la partition a été utilisé par le chansonnier BÉRANGER pour plusieurs de ses chansons.

Beaumarchais meurt le 18 mai 1799 à Paris, à l’âge de 67 ans.

Amusamment, on retrouve Beaumarchais parmi les héros de l’opéra The Ghosts of Versailles (Les fantômes de Versailles) de John Corigliano, une commande du Metropolitan Opera de New York pour les cent ans de cette institution en 1983. Le compositeur ayant pris du retard, l’opéra n’a été créé qu’en 1991. Dans cet opéra, le fantôme de Beaumarchais, amoureux de celui de Marie-Antoinette veut changer le destin de celle-ci en se servant de la trame de sa propre pièce La Mère coupable.

Corigliano The ghosts of Versailles (MET)Cliquez sur l’image

Écrivains, littérature, Shakespeare

SHAKESPEARE (1564-1616) ET L’OPÉRA

Shakespeare par Adrian

L’invention de l’opéra (l’Orfeo de MONTEVERDI date de 1607) est contemporaine de l’invention du théâtre contemporain par SHAKESPEARE (1564 – 1616). Elle est aussi contemporaine de l’invention du roman par CERVANTES avec son Don Quichotte, j’y reviendrai dans un autre billet.

Son œuvre a abondamment inspiré les compositeurs d’opéra. Notamment, Le Songe d’une nuit d’été (1600) a inspiré PURCELL avec The Fairy Queen (1692), WEBER avec Obéron (1826), MENDELSSOHN qui a écrit une musique de scène pour cette œuvre, Ambroise THOMAS avec Le Songe (1850) et jusqu’à BRITTEN avec son opéra datant de 1960.

Autre pièce abondamment mise en musique, Roméo et Juliette qui a inspiré  BELLINI (1830), BERLIOZ avec sa symphonie dramatique du même nom écrite en 1839, GOUNOD et son grand opéra de 1867, TCHAIKOVSKI et son ouverture Fantaisie de 1869, PROKOFIEV et son ballet de 1935, et jusqu’à Bernstein avec son West Side Story (1947).

gounod roméo et juliette a lève toi soleilCliquez sur l’image

Hamlet (1603) a inspiré Ambroise Thomas en 1868, mais aussi LISZT avec son poème symphonique datant de 1858, Richard Strauss qui a composé un lied sur la mort d’Ophélie, et CHOSTAKOVITCH qui a écrit en 1932 une musique de scène pour cette pièce.

D’autres pièces encore ont été adaptées à l’opéra, telles que La Tempête (Purcell 1695) (ADÈS 2005),  Otello (Rossini en 1816 et Verdi en 1887), Le Roi Lear (Berlioz 1831, Chostakovitch 1941, REIMANN 1978), Falstaff (Verdi 1892) ou encore A.Thomas, qui fait intervenir le personnage de Falstaff dans son Songe d’une nuit d’été.

verdi otello acte IVCliquez sur Desdémone

Enfin, je m’en voudrais de ne pas citer le Béatrice et Bénédict (1862), de Berlioz, d’après la pièce Beaucoup de bruit pour rien.

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