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Divers, Nature

LES ARBRES

Comme bien d’autres éléments de la nature, l’arbre est souvent représenté à l’opéra.

Le plus ancien de cess arbres est certainement l’Yggdrasil, le frêne antique pilier du monde dans les mythologies scandinaves qui ont inspiré Wagner pour sa tétralogie. D’une part Wotan, le dieu en chef, tire son pouvoir des runes sacrées gravées sur sa lance, elle-même prélevée sur l’Yggdrasil, d’autre part, dans La Walkyrie, il lègue une épée magique en la plantant dans l’arbre-maison de Hunding et Sieglinde.

Cliquez sur le leitmotiv de la lance sacrée

Cent cinquante ans après Wagner, Camille Pépin revient sur la Source d’Yggdrasil.

Cliquez sur la source d’Yggdrasil

Mais avant Wagner, et pendant environ deux siècles, les mythologies étaient les principales sources des livrets d’opéra. Ainsi de Lully qui met en musique dans Atys la déesse Cybèle transformant le héros en pin, pour pouvoir l’aimer toujours.

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Ovide, l’auteur de la première anthologie des mythologies grecques et romaines, nous parle de Philémon et Baucis. Philémon et Baucis forment un couple de vieillards vivant de peu. Zeus et Hermès, déguisés en hommes, frappent à toutes les portes en demandant l’asile. C’est finalement chez Philémon et Baucis qu’ils trouvent le meilleur accueil, les deux vieillards se privant pour bien honorer leurs hôtes. Zeus leur donne le privilège d’être transformés en arbres enlacés après leur mort, afin que rien ne les sépare. Cette légende a connu bien des fortunes en musique, puisqu’elle a inspiré tant Haydn et Gluck que Gounod (Philémon et Baucis [1860]).

Gounod Philémon et Beaucis O riante nature

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Un peu plus tard, Haendel fait chanter à Xerxès dans son opéra éponyme un très bel air célébrant un platane (Air : « ombra mai fu).

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Au début du XIXe siècle, le Tilleul (Der Lindenbaum) est une des plus belles pièces de ce presqu’opéra qu’est le Voyage d’hiver de Schubert.

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Parmi les romantiques, LE musicien romantique français, Berlioz, exprime sa plainte langoureuse à l’ombre d’un if dans « Au cimetière », des Nuits d’été.

Cliquez sur le cimetière romantique

Dans Otello, Verdi fait chanter à Desdémone « la romance du saule ».

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On peut aussi citer à la fin de L’enfant et les sortilèges de Ravel la plainte des arbres qui ont été blessés par l’enfant dans la journée « Chœur : nos blessures ».

Et plus près de nous encore, dans le très beau Like flesh, de Sivan Eldar, l’héroïne finit par se transformer en arbre.

Enfin, je ne serais pas moi si je ne faisais un placement de produit en présentant mon « arbre phylogénétique de l’opéra« .

Et si vous voulez un dernier arbre, cliquez donc sur le bonus surprise mystère :

Cliquez sur le bonus surprise mystère si vous voulez un dernier arbre
Oulipo, Poésie

« LA TERRE EST BLEUE », de Paul Éluard

Après Réception d’Orion, de René Char, le poème « mis en musique » de ce mois est La terre est bleue, de Paul Éluard. Ce poème est paru en 1929.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

La terre est bleue comme une orange

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Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre

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Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

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Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres

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Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre

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Sur les chemins de ta beauté.

Citations :

Bleue comme une orange : Serge Prokofiev L’Amour des trois oranges.

Au tour des baisers : Hector Berlioz les Nuits d’été « Absence ».

La croire toute nue : Francis Poulenc Sept chansons « Par une nuit nouvelle » (sur un texte d’Éluard).

Un collier de fenêtres : Charles Gounod Faust « Air des bijoux ».

Tout le soleil : Jean-Philippe Rameau Les Indes galantes « Brillant soleil ».

Écrivains, littérature, Premier avril

Léon Féodorovitch TOLSTOÏEVSKI (1821-1910)

Leon Feodorovitch Tolstoïevski naît à Moscou le 1er avril 1821. Issu de la petite noblesse russe, son œuvre est traversée par de grands éléments mystiques.

On peut distinguer trois périodes dans son œuvre. Les années de jeunesse, les années où son socialisme est prêt à remplacer Dieu, et enfin le retour aux racines russes et à la religion orthodoxe.

À 16 ans, Tolstoïevski s’inscrit à l’université, étudiant les langues orientales puis le droit, mais il n’a pas réellement de goût pour des études qu’il interrompt rapidement et se consacre à la littérature.

Joueur impénitent, il dilapide dans sa jeunesse une partie de la fortune familiale au jeu. Mais un jour frappé par la misère dans laquelle vivent les serfs de ses parents, il renonce au jeu pour se consacrer à des tâches plus sociales. Léon a décrit ses années de joueur dans le Joueur idiot (1846). Le joueur idiot a fait l’objet d’un opéra écrit en 2013 par le compositeur russe Weinberg.

Entre 1866 et 1869, il se consacre à son premier grand succès, le Crime et la Paix. Dans cette œuvre, on voit un étudiant désargenté, Raskal Nikoff, s’engager dans l’armée russe pour fuir l’horreur d’un crime qu’il a commis sur une vieille usurière. Dans les faubourgs de Moscou, il rencontre l’amour avec la belle comtesse Anna Doubroveskaïa. Le Crime et la Paix a fait l’objet d’un opéra par Serge Prokofiev. On trouve aussi son influence chez Woody Allen dans les films Guerre et amour (Love and Death) (1975) et Crimes et Délits (1990).

Devant le succès rencontré par le Crime et la Paix, il s’attelle à une suite, Guerre et Châtiment. Guerre et Châtiment a inspiré à Sutermeister son célèbre Requiem.

Cliquez sur le célèbre requiem

En 1873, Tolstoïevski commence Anna Kafénine, roman qu’il terminera en 1877. Sa rédaction a été retardée par une succession de drames familiaux, puisqu’il perd un de ses fils à l’âge de 18 mois, et le suivant à l’âge de 1 an. L’argument, amusant, en est celui d’un père exaspéré de voir sa fille boire du café toute la journée. Il réussit à la convaincre d’arrêter en la laissant se marier, mais la rouée sait bien qu’elle ne se mariera qu’à un homme qui la laissera boire autant de café qu’elle le voudra. Anna Kafénine fera l’objet d’un ballet de Chtchedrine et, par une remarquable anticipation, d’une cantate de Bach en 1732.

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En 1889, il publie la Sonate à Tolstoï, roman s’inspirant de la vie du compositeur Léon Tolstoï, et dont la vision des rapports homme-femme dans le couple reflète des positions que l’on qualifierait aujourd’hui de machistes. Sa femme Anna qui, en effet, est restée à la maison pour s’occuper des tâches domestiques et élever ses treize enfants, fera le point sur cette vision avec les écrits À qui la faute ? (éditions PUF, 2015) et Romance sans paroles. Romance sans paroles a été mis en musique par Félix Mendelssohn.

Cliquez sur la sonate à Tolstoï
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Vers la fin de sa vie, Tolstoïevski se prend d’une vive passion pour une jeune femme de trente-huit ans sa cadette. Il relate cet amour dans le Journal d’un disparu, qui sera brillamment mis en musique par Léos Janacek en 1917.

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Léon Tolstoïevski meurt d’une pneumonie le 20 novembre 1910, à l’âge de 89 ans.

L’œuvre de Leon Feodorovitch Tolstoïveski a complètement disparu de l’histoire de la littérature depuis que Staline a décidé de la mettre à l’index pour formalisme excessif.

(P.S. cet article datant du 1er avril, il est conseillé de se renseigner sur la véracité des informations qu’il contient.)

Retrouvez ici d’autres articles publiés un 1er avril :

Havre & Caumartin (2019)

L’opéra de Saint-Glinglin s’invite chez vous (2020)

Arnoldo Poivrieri (1755 – 1825) (2021)

La Fée nommée mène au logis (de l’esprit) (2022)

Le cantique des quantiques (2023)

Zelda Ocarina (née en 1966) (2024)

Divers

NOCES ET MARIAGES

Les plus anciens de mes lecteurs se souviennent que l’histoire de l’opéra commence par un mariage, celui d’Henry IV et Marie de Médicis à Florence en 1600. Lors des fêtes données à cette occasion par les Médicis, on a fait représenter un grand spectacle musical, l’Euridice de Peri. À son retour à Mantoue, le duc de Mantoue demande à son compositeur de cour, Monteverdi, de monter un spectacle au moins aussi fastueux que celui auquel il a assisté à Florence. La réponse de Monteverdi à cette commande sera l’Orfeo.

monteverdi orfeo savallCliquez sur la symphonie d’ouverture du premier opéra de l’histoire

En 1660, à l’occasion du mariage de Loulou XIV, Mazarin commande à Cavalli un opéra, Ercole amante (Hercule amoureux). Mais Lully impose au Vénitien de somptueux ballets, d’une longueur exceptionnelle, qui rallient à sa cause un public amateur de belle danse. Les difficultés pour mettre en œuvre cette grosse machine entraîneront deux ans de retard, et l’opéra n’est créé qu’en 1662. Ce sera le dernier opéra italien représenté à Paris sous le règne de Louis XIV.

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Mais quelles autres représentations de mariages ou de noces a-t-on à l’opéra ?

En 1664, Molière et Jean-Baptiste Lully collaborent à la comédie-ballet le Mariage forcé. Lors de la reprise en 1672, la musique sera de Marc-Antoine Charpentier.

En 1786, Wolfgang Amadeus Mozart adapte Beaumarchais et son Mariage de Figaro avec Les Noces de Figaro.

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Peu après, en 1792, Cimarosa écrit le Mariage secret (Il Matrimonio segreto), opéra qui plaît tant à l’empereur Joseph II qu’il l’a fait rejouer en entier à l’issue de la première représentation.

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Dans Lohengrin (1850), de Richard Wagner, les noces d’Elsa et du mystérieux chevalier au cygne donnent l’occasion d’une marche nuptiale qui est restée célèbre.

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En 1854, Massé écrit l’opérette les Noces de Jeannette.

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La rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre, de Johannes Brahms a été écrite en 1869 comme cadeau de mariage pour Julie, la fille de Clara et Robert Schumann.

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Entre 1914 et 1917, Stravinsky écrit Noces pour les ballets russes de Diaghilev.

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Mes opéras préférés

LE CARNAVAL DE VENISE, de CAMPRA (1699)

Le Carnaval de Venise, d’André Campra, est un curieux objet lyrique. Créé le 28 février 1699 à l’Académie Royale de Musique, cette comédie-ballet mélange des airs en français et des airs en italien, quelques années seulement après la mort de Lully qui interdisait formellement ce mélange. Parmi les originalités de la partition figure la représentation d’un petit opéra italien, Orfeo nell’ Iinferni à la fin du 3e acte.

Prologue : Alors qu’on doit donner les fêtes du carnaval, la déesse Minerve s’étonne que rien ne soit prêt. Elle décide de s’en occuper en faisant appel aux divinités des Arts, et convie le chœur à célébrer la gloire du Roi en donnant le spectacle d’une fête à Venise.

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Acte I : Léonore, qui a avoué son amour à Léandre, trouve celui-ci moins amoureux. Elle se confie à son amie Isabelle qui lui avoue aimer un jeune étranger. Léonore lui répond qu’elle aussi aime un jeune étranger, mais très vite les deux jeunes femmes découvrent qu’il s’agit du même Léandre ! Quand celui-ci arrive, il ne sait trop laquelle choisir, avant de se décider pour Isabelle. Léonore veut se venger de l’ingrat.

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Acte II : Rodolphe, un noble vénitien, est également amoureux d’Isabelle. Quand Léonore lui annonce qu’elle a été trompée par Léandre au profit d’Isabelle, ils s’unissent pour se venger. Léandre arrive, accompagné de quelques musiciens pour donner la sérénade à sa belle. Ils chantent un trio italien auquel Isabelle répond de son balcon.

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Rodolphe, qui était caché, se met en colère. Isabelle, croyant que c’est Léandre, lui dit toute la haine qu’elle a pour lui. Rodolphe se montre et prie Isabelle, qui finit par le repousser.

Acte III : Rodolphe vient annoncer à Léonore qu’il a tué Léandre. Léonore regrette déjà sa jalousie et renvoie Rodolphe avec horreur. Isabelle, qui a appris la mort de Léandre veut se frapper le cœur avec un stylet.

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Léandre survient et arrête son geste funeste. Il explique que le tueur à gages qui devait le tuer s’est trompé de victime. Le couple reformé savoure son amour. L’œuvre s’achève sur une représentation d’Orfeo, suivie d’un grand bal.

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La morale de cette histoire arrive au final : « Les moments que l’on passe à rire sont les mieux employés de tous ».

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(Sources principales : la production de la co[opéra]tive 2025 et le programme associé.)

5 - Liste des poèmes mis en musique

LISTE DES POÈMES TRAITÉS À MA FAÇON

Ceci n’est pas un article, mais un meta-article reprenant la liste des poèmes « mis en musique à ma façon ».

Ces poèmes que je mets en musique à ma façon au début de chaque mois sont classés ici par poète et par ordre alphabétique.

Guillaume Apollinaire :

Marie

Le Pont Mirabeau

Charles Baudelaire :

L’albatros

Alchimie de la douleur

La beauté

À une dame créole

L’homme et la mer

La musique (1 – Wagner)

La musique (2 – Debussy)

La musique (3 – Fauré)

La musique (4 – Beethoven)

La musique (5 – Britten)

Les phares

Sed non satiata

Le vampire

Jacques Bens :

Ultime

René Char :

Réception d’Orion

Paul Éluard :

La halte des heures

La terre est bleue

Jean de la Fontaine :

Le chêne et le roseau

Le corbeau et le renard

Le lion et le rat

Le loup et l’agneau

Louise Labé :

Ô beaux yeux bruns, ô regars destournez

François Le Lionnais :

La rien que la toute la

Stéphane Mallarmé :

Apparition

Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos

Brise marine

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Don du poème

En envoyant un pot de fleurs

Feuillet d’album

Hommage

M’introduire dans ton histoire

Le nuage

Oh si chère de loin, et proche, et blanche

Quand l’ombre menaça de la fatale loi

Le pitre châtié

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx

Remémoration d’amis belges

Renouveau

Sainte

Au seul souci de voyager

Le Tombeau de Charles Baudelaire

Le tombeau d’Edgar Poe (Tel qu’en lui-même enfin…)

Tombeau (de Verlaine)

Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui.

Victorieusement fui le suicide beau

Gérard de Nerval :

El Desdichado.

Fantaisie.

Edgar Allan Poe :

Le Corbeau (the Raven)

Jacques Prévert :

Le Miroir brisé

Sables mouvants (Démons et merveilles).

Le Temps perdu

Raymond QUENEAU :

Cent mille milliards de poèmes

Les fontaines ne chantent plus

le quai lembour

Jean Racine :

Il est temps que la nuit termine sa carrière

Arthur Rimbaud :

Le bateau ivre (quatrains 1 à 5)

Le bateau ivre (quatrains 6 à 10)

Le bateau ivre (quatrains 11 à 15)

Le bateau ivre (quatrains 16 à 20)

Le bateau ivre (quatrains 21 à 25)

Le dormeur du val

Le sonnet des voyelles

Pierre de Ronsard :

Mignonne, alons voir si la rose

Paul Verlaine :

Art poétique

Chanson d’automne

Clair de lune

Colloque sentimental

Marine

Mon Rêve familier

Compositeurs

Dimitri CHOSTAKOVITCH (1906-1975)

Dimitri Chostakovitch naît à Saint-Pétersbourg le 25 septembre 1906. C’est sa mère, pianiste, qui lui donne ses premières leçons de piano alors qu’il a 9 ans.

En 1919, Dimitri entre au conservatoire de Petrograd où il étudie le piano et la composition. Le directeur du conservatoire, Alexandre Glazounov, reconnaît vite ses talents musicaux.

Chostakovitch démarre une carrière de pianiste concertiste et écrit ses premières pièces, dont un Scherzo pour orchestre (opus 1).

Son père meurt en 1922 et l’année suivante, Chostakovitch quitte le conservatoire. Pour gagner sa vie, il devient pianiste dans un cinéma où il accompagne la projection des films muets. Il tient cet emploi pendant deux ans avant de retourner au conservatoire, où il choisit la composition. Sa Symphonie n° 1 date de cette époque.

Entre 1927 et 1928, Chostakovitch compose le Nez, d’après une nouvelle de Gogol extraite des Nouvelles de Petersbourg. Le jeune Chostakovitch avait eu connaissance des avancées musicales effectuées par Stravinsky ou Berg (Wozzeck date de 1922). Le Nez a été créé partiellement en 1929 à Leningrad mais, dans la Russie soviétique de l’époque, ses hardiesses ont été critiquées. Il quitte l’affiche en 1930 et il faudra attendre 1974 pour que le Nez soit à nouveau joué en Russie.

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En 1929, il reçoit une commande d’état pour sa Symphonie n°2, à l’occasion du dixième anniversaire de la révolution d’Octobre. Il écrit aussi un ballet, l’Âge d’or, qui quitte l’affiche assez rapidement. Chostakovitch est sévèrement critiqué et ses œuvres sont de moins en moins jouées.

En 1932, Chostakovitch se marie avec Nina Varzar.

En 1933, il écrit son concerto pour piano, trompette et orchestre à cordes n° 1.

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En 1934, il compose une suite pour orchestre de jazz, dont vous connaissez probablement le thème.

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L’influence de Staline qui voulait régenter le monde de l’art lui pose de gros problèmes. En 1934, Chostakovitch écrit l’opéra Lady Macbeth de Mzensk. Écrit d’après un roman de Leskov datant de 1865, il se passe dans une ville de province russe où l’héroïne, Katerina, s’ennuie. (Le roman Madame Bovary de Flaubert est paru en 1857.) L’œuvre a été jouée avec succès pendant deux ans, avant que Staline ne l’entende début 1936, qualifie cette musique de « chaos musical » et ne l’interdise. Il faudra attendre 1962 pour que cette interdiction soit levée.

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Après deux autres symphonies, Chostakovitch prend un poste de professeur au conservatoire de Léningrad. On joue ses symphonies 5 et 6, avec succès, et son Quintette pour piano lui vaut en 1941 le prix Staline récompensant les œuvres musicales marquantes de l’année.

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En 1941, Chostakovitch participe à la défense de Léningrad. Il rend hommage à cette bataille dans sa Symphone n°7, Leningrad. Il est alors considéré comme un héros.

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Cette idylle avec le public, et avec les autorités, s’interrompt après la guerre et Chostakovitch figure sur une liste des compositeurs « formalistes », à côté de Prokofiev ou Khatchaturian. Il est renvoyé du conservatoire et ses œuvres ne sont plus jouées. Il doit alors faire amende honorable et ne compose plus que des œuvres de propagande.

Heureusement pour Chostakovitch, Staline meurt en 1953, et un vent relatif de liberté souffle sur les milieux artistiques. Chostakovitch crée sa Symphonie n° 10, qui connaît un grand succès. Le pouvoir l’oblige toutefois à accepter le poste de secrétaire de l’Union des compositeurs soviétiques, et certaines de ses déclarations convenues de secrétaire l’éloignent de certains de ses amis.

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Dimitri Chostakovitch meurt le 9 août 1975 à Moscou, à l’âge de 68 ans.

(Source principale : le site de la Philharmonie de Paris).

Agenda Ironique

UNE HISTOIRE DE POISSONS

Ce mois-ci, c’est Mijo qui pilote l’Agenda Ironique.

Et kèsskel nous demande, Mijo ?

Ça se passe ici :

C’est au cours d’un repos de famille qu’il eut une raie vélation. Aucun membre n’avait comme lui des yeux de merlan frit, mais tous avaient quelque chose de poisson heureux. Le Thon-thon, par exemple, c’était son air saumon.

Le père, qui avait le rein beau, aurait voulu montrer aux enfants ces dorades du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants. Pour cela il fallait aller à la pêche, tel Peter Grimes.

Cliquez sur le marché aux poissons

Mais ce qu’ils voulaient, les enfants, c’était rencontrer Ponyo, le poisson rouge qu’ils avaient vu dans Ponyo sur la falaise de Miyazaki.

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La grand-mère, elle, n’en avait cure, car elle n’aimait que les coquillages et les crustacés.

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Le grand-père, qui avait appris la musique dans sa jeunesse, ne savait chanter qu’un air de fado : la raie dorée l’a mis, la sole.

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Cliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez reprendre un peu de poisson
Divers, Géographie, histoire, Mythologie

PHÉNICIE… AUSSI !

La Phénicie est un pays de l’antiquité, plutôt discret, et qui s’est trouvé coincé entre divers empires. Son origine historique le situe à la place de l’actuel Liban, avec quatre villes sur la côte est de la Méditerranée, Tyr, Sidon, Beyrouth et Byblos.

Les Égyptiens, qui adoraient les dieux Osiris et Isis, allaient chercher dans cette région, qui ne s’appelait pas encore la Phénicie, des bois durs pour fabriquer des barques funéraires pour leurs dieux.

Cliquez sur Zarastro

On a ainsi la trace du pharaon Akhénaton (Akhnaten) qui envoie chercher du bois de cèdre. La vie d’Akhénaton a fait l’objet d’un opéra de Philipp Glass en 1983.

Cliquez sur Akhénaton

Le futur territoire de la Phénicie se trouve coincé entre les Hittites et les Égyptiens, et quand vers l’an 1000 av. J.-C. ces empires s’effondrent, les cités phéniciennes apparaissent et se développent. Malheureusement, les empires se suivent et se ressemblent. C’est au tour des Assyriens (correspondant à l’actuel Irak) de se tourner vers la Méditerranée et de « coloniser » les Phéniciens.

Vers 900 av. J.-C., les Phéniciens, qui sont de bons marins, partent vers l’ouest jusqu’à Chypre, puis la mer Égée, puis la Sicile, Carthage et vont même jusqu’à la côte atlantique, où ils fondent la ville de Cadix.

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Dès lors, on appelle les Phéniciens de l’ouest les Puniques (comme les guerres du même nom.) Ils établissent des comptoirs commerciaux et recherchent des matières premières.

Vers 600 av. J.-C. la Phénicie se trouve à nouveau prise entre deux empires, les Égyptiens et les Babyloniens de Nabuchodonosor. Après sa victoire, Nabuchodonosor déporte les élites phéniciennes à Babylone, comme il le fera avec les Hébreux.

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Quand arrive le tour d’Alexandre le Grand, la Phénicie change à nouveau d’occupants.

Lorsque l’Empire romain s’étend, il intègre la Phénicie à la province de Syrie. Le contrôle de la Sicile sera l’occasion des guerres puniques, qui opposeront Carthage et Rome.

Le soulèvement des barbares employés par Carthage lors de la 1re guerre punique fournira à Flaubert le sujet de son roman épique Salammbô.

Cliquez sur Salammbô

Après la 3e guerre punique, Rome crée le royaume numide (il ne faut jamais parler sèchement à un Numide) et rase Carthage, marquant ainsi la fin du royaume punique.

Parmi l’héritage que nous ont laissé les Phéniciens, il y a l’invention de l’alphabet, par imitation/déformation de hiéroglyphes. Mozart le savait-il quand il a écrit son abécédaire ?

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Compositeurs

André CAMPRA (1660-1744)

André Campra naît à Aix-en-Provence au début du mois de décembre 1660.

André commence ses études musicales à la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix, où il est enfant de chœur. En 1680, il devient maître de chapelle en Arles, où il reste jusqu’en 1683, avant de partir à Toulouse.

En 1694, Campra arrive à Paris. Il est nommé maître de la musique de Notre-Dame de Paris. En 1695, il publie un recueil de petits motets.

Encouragé par le futur régent Philippe d’Orléans, il semble intéressé par le théâtre, activité peu compatible avec sa fonction d’ecclésiastique. C’est pourquoi Campra publiera son opéra-ballet l’Europe galante (1697) sans nom de compositeur.

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La mort de Lully en 1687 avait débarrassé l’art lyrique français du carcan que Lully faisait régner. Ceci permettra à Campra un rapprochement avec la musique italienne. Le Carnaval de Venise (1699) est publié sous le nom de son frère cadet, mais l’astuce ne trompera personne. Dans cet opéra-ballet, on chante aussi bien en français qu’en italien, chose impensable vingt ans plus tôt.

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En 1700, Campra démissionne de son poste à Notre-Dame pour pouvoir se consacrer librement à ses penchants lyriques. C’est ainsi qu’il fait paraître Hésione (1700), Aréthuse (1701), Tancrède (1702), les Muses (1703), Iphigénie en Tauride (1704), Alcine (1705), Hippodamie (1708), les Fêtes vénitiennes (1710).

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En 1712, il écrit Idoménée, qui inspirera Mozart, Camille, reine des Vosges (1717), les Âges (1718).

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En parallèle de cette carrière lyrique, Campra continue à écrire de la musique sacrée, quatre livres de motets, des psaumes ou des messes.

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En 1718, Louis XV lui octroie une pension annuelle de 500 livres.

En 1722, Campra devient directeur de la musique du prince de Conti et, quand Michel-Richard Delalande démissionne des trois quarts de ses fonctions à la Chapelle royale, Campra en récupère une partie. C’est pour cet ensemble qu’il écrit ses psaumes à grand chœur.

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André Campra meurt à Versailles le 29 juin 1744, à l’âge de 84 ans.

(Source principale : dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoît, éditions Fayard, 1992.)