littérature, Oulipo, Poésie

ULTIME, de Jacques BENS

Après L’albatros, écrit par Charles BAUDELAIRE, je vous propose un nouveau poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici parmi les 41 sonnets irrationnels de Jacques BENS.

Le sonnet irrationnel est une forme oulipienne inventée par Jacques Bens. C’est un sonnet en ce qu’il comporte 14 vers, et il est qualifié d’irrationnel parce que la répartition de ces vers s’établit suivant le rythme 3 1 4 1 5, soit le début des décimales de Pi.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc Ultime.

Avec le dernier-né, s’achève la carrière
De cette poésie gracile et roturière
Qui tente d’animer des sonnets sans éclat.

Messiaen Saint-François d'Assise Musique et PoésieCliquez sur l’image

Car je n’ai pas beaucoup de goût pour l’éloquence.

« Sans éclat », ce serait presque un apostolat,
La victoire en chantant, la trompette guerrière,
Si j’avais un petit la fibre aventurière,
Et quelques dons physiques pour le pugilat,

Méhul le chant du départCliquez sur l’image

Sans compter un revenez-y pour l’éloquence.

Il n’en est pas question. Je n’ai pas la patience
Au temple parnassien de jouer les Samson,

Saint-Saëns Samson et Dalila Vois ma misère hélasCliquez sur Samson


Ni les bras, ni le poil, ni-ni l’impertinence.
Au demeurant, tout ça se veut sans conséquence,
Comme un vent du matin et comme une chanson.

Mozart Idoménée Zefiretti lusinghieriCliquez sur l’image

Citations :

De cette poésie gracile : À la fin de Saint-François d’Assise de MESSIAEN, Saint-François déclare « Seigneur, Musique et Poésie m’ont conduite vers Toi » juste avant que de mourir.

La victoire en chantant, la trompette guerrière. La référence ici est directe au Chant du départ de MÉHUL.

Au temple parnassien de jouer les Samson : Comment ne pas penser à Samson et Dalila de SAINT-SAËNS, opéra qui se termine par la destruction du temple par Samson.

Comme un vent du matin et comme une chanson : Dans Idoménée de MOZART, Ilia, la fille de Priam prend la nature à témoin de sa douleur. (Zéphir léger et charmant.)

24 réflexions au sujet de “ULTIME, de Jacques BENS”

  1. La victoire -de la culture ici- chantée à Compiègne, ville assujettie s’il en fût, m’a réconfortée.
    Votre article donne du courage de façon douce et inattendue.
    Peut-être avez-vous pesté contre la pub infligée au début de Messian, finalement presque oubliée grâce à la force de ce poème choisi.

    J'aime

      1. Beau lundi SOLène et Jean-Louis ! Il y avait quelques jours que je finissais mes nuits avec le bonheur du bébé. La série est terminée, un vilain cauchemar m’a sorti du lit avant 3h30.
        Je vous ai pondu un sonnet irrationnel qui attend 7h00 pour montrer le bout de son nez, ainsi qu’un néologisme de mon cru, mais dont je ne m’estime que copropriétaire.
        Tavernier ! Trois cafés, s’il te plait ! Et que la vie nous sourit !

        Aimé par 1 personne

  2. Ah bah, y’à d’la joie, entre le chant révolutionnaire, « la victoire en chantant », Saint François d’Assise qui meurt, le temple de Samson détruit, et cette pauvre Illia…. « zéphir léger et charmant », il t’a inspiré le poète de l’Oulipo, Jacques Bens.
    Puis vla que j’ai le Chant du départ dans la tête maintenant – c’est malin.
    « La République nous appelle
    Sachons vaincre ou sachons périr!
    Un Français doit vivre pour elle,
    Pour elle un Français doit mourir.
    Un Français doit vivre pour elle,
    Pour elle un Français doit mourir »
    C’est gai 😉
    Bravo nez en moins pour l’exercice. 👏
    Je file à la gare (pour retirer mon billet) Hâte ! A bientôt. Ce n’est qu’un au revoir, mon frère.

    Aimé par 1 personne

      1. Oui cela arrive souvent. Je suis alors obligée de m’y reprendre à plusieurs fois, avant que mon liké soit accepté. Que c’est nervant ! Bon, à demain matin pour le café. Bon gros dodo à toi 😴

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  3. Un exercice fascinant que l’irrationnel… un principe mathématique auquel je tenterai de me frotter dès que je serai inspirée… Quant aux morceaux choisis, c’est ma madeleine de Proust… la musique qui a bercé mon enfance sous la baguette de mon père et quelques découvertes … merci…

    Aimé par 1 personne

      1. Mon père était passionné de musique et dès qu’il écoutait Mozart, Bach, Saint-Saëns, Albinoni ou Rachmaninov, la frénésie du chef d’orchestre le prenait, revivant sa jeunesse de musicien dans un orchestre d’amateurs… Tout son corps semblait vivre au rythme de la musique lorsqu’il prenait sa baguette ou se mettait au piano…

        Aimé par 1 personne

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