Divers

QUAND ON S’ENDORT À L’OPÉRA…

Non, il ne va pas être question ici de Chris, le héros de Match Point de Woody ALLEN, qui a bien du mal à cacher qu’il s’endort quand il accompagne à l’opéra la famille riche dans laquelle il veut entrer.

En fait, le songe est un charme puissant, et il arrive souvent que ces périodes de sommeil, naturel ou artificiel, soient illustrées musicalement, soit par des berceuses pour accompagner la venue du sommeil, soit par des révélations qui surviennent pendant ycelui.

Ainsi, dans le Couronnement de Pompée (1643), de MONTEVERDI, la nourrice de Pompée lui chante une berceuse pour l’endormir (Air: « Oblivion Soave ».)

Monteverdi le Couronnement de Poppée Oblivion soave

En 1676, dans Atys de LULLY, la déesse Cybèle plonge Atys dans le sommeil pour lui révéler son amour. Mais le sommeil d’Atys est troublé de songes funestes.

Lully Atys songes funestesCliquez sur les songes funestes

En 1763, dans Les Boréades, RAMEAU fait chanter à Alphise l’air : « Songe affreux, image cruelle » où son cœur balance entre un songe tragique qu’elle a fait et les charmes de l’amour.

Rameau les Boréades songe affreux, image cruelleCliquez sur Alphise

En 1846 dans la Damnation de Faust de BERLIOZ, Méphistophélès endort Faust et convoque ses créatures pour le bercer dans son sommeil.

Berlioz Damnation de Faust Voici des rosesCliquez sur l’image

Berlioz encore, en 1867, au début de son Roméo et Juliette. À Roméo qui s’inquiète d’un songe qu’il a eu, son ami Mercutio lui répond par l’air de la reine Mab, « la reine des mensonges, préside aux songes… »

Berlioz Roméo et Juliette La reine MabCliquez sur la ballade de la reine Mab

Et comme je le mentionnais dans mon billet sur les berceuses et chansons pour les enfants , on trouve une berceuse dans Wozzeck (1917 – 1922) de BERG, où Marie chante une berceuse à son enfant pour l’endormir.

Berg Wozzeck WiegendliedCliquez sur Marie et son enfant

Le fameux « Summertime » du Porgy & Bess (1935) de GERSHWIN n’est autre qu’une berceuse que Clara chante à son baby au début de l’opéra. À la fin, c’est Bess qui le chante au bébé de Clara, après la mort de celle-ci.

Gershwin Porgy and Bess SummertimeCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas ne pas parler du Songe d’une nuit d’été (1960) de BRITTEN. À la fin du 1er acte, Tytania demande à ses fées de chanter une berceuse pour endormir Lysandre.

Britten le songe d'une nuit d'été What thou seest when thou dost wakeCliquez sur l’image

Divers, Maria Callas

FAUST : BERLIOZ vs GOUNOD

Ayant récemment regardé le Faust de GOUNOD, je me suis rendu compte de deux choses.

Premièrement, je connais moins bien que je croyais cette adaptation du mythe de Faust par les librettistes BARBIER et CARRÉ. Deuxièmement, il y a bien des morceaux communs entre cette adaptation et celle de BERLIOZ, la Damnation de Faust. C’est normal si on songe que ces deux opéras sont tirés de la même œuvre de GOETHE, mais il est intéressant de voir ce qu’en a fait Berlioz le romantique ou Gounod le pompier.

Je me propose donc ici de vous faire un état des lieux de ce qui rapproche et ce qui sépare ces deux versions.

Par rapport au roman original de Goethe, la Damnation est assez fidèle, avec Faust au centre de l’action. Gounod, lui, centre le sujet sur la malheureuse Marguerite.

Si les deux opéras sont centrés autour du trio principal, Faust, Marguerite et Méphisto, les personnages secondaires ne sont pas les mêmes. Ainsi Gounod et ses librettistes choisissent de faire intervenir Valentin, le frère de Marguerite, alors que Berlioz, lui, fait intervenir dans la scène de la taverne l’ivrogne Brander.

avant de quitter ces lieuxCliquez sur Valentin

Berlioz Damantion de Faust BranderCliquez sur l’image

Les premières scènes restent fidèles à Goethe. Le savant Faust, sur la fin de sa vie, se rend compte qu’occupé à ses chères études, il est passé à côté de la vie telle que la vivent les gens du peuple, et songe au suicide. Il suspend son geste quand il entend les chants joyeux du peuple dehors. Méphistophélès lui propose alors de lui faire découvrir les joies de la vraie vie.

Berlioz : « Sans regret j’ai quitté les riantes campagnes ».

Berlioz la Damnation de Faust Sans rerets j'ai quittéCliquez sur l’image

Gounod : « Salut, ô mon dernier matin ».

Gounod Faust Salut ô mon dernier matinCliquez sur Faust

 

Dans la version originale de Goethe, il y a des chansons, notamment des chansons à boire, voici donc deux traitements différents de ces chansons à boire :

Berlioz : Scène du cabaret (enfumé).

Berlioz Damnation de Faust Chœur des buveursCliquez sur le cabaret (enfumé)

Gounod : « Vin ou bière ».

Gounos Faust Vin ou bièreCliquez sur l’image

Il y a aussi la célèbre « chanson du roi de Thulé ». Berlioz comme Gounod se sont fait le devoir et le plaisir de la mettre en musique.

Berlioz : « Autrefois un roi de Thulé ».

Berlioz la Damnation de Faust Autrefois un roiCliquez sur Marguerite

Gounod : « Il était un roi de Thulé ».

Gounod Faust Il était un roi de ThuléCliquez sur Marguerite

Dans les deux versions, on peut entendre Méphistophélès chanter une chanson destinée à attendrir Marguerite, pour l’inciter à céder à Faust.

Berlioz : « Devant la maison de celui qui t’adore ».

Berlioz la Damnation de Faust Devant la maison de celui qui t'adoreCliquez sur Méphistophélès

Gounod: « Vous qui faites l’endormie ».

Gounod Faust Vous qui faites l'endormieCliquez sur Méphistophélès

Les fins des deux opéras diffèrent sensiblement. Ce n’est pas pour rien que le romantiquissime Berlioz a intitulé son œuvre la Damnation de Faust, vouant son héros aux flammes de l’enfer après une chevauchée fantastique en compagnie du diable, avec spectres et démons hurlant dans un pandémonium sans précédent dans l’histoire de la musique.

Berlioz la Damnation de Faust FinalCliquez sur la chevauchée fantastique vers l’enfer

La fin de Gounod est, là encore, centrée sur Marguerite.

Gounod Faust FinalCliquez sur Marguerite et Faust

Et si vous voulez encore un peu de musique, cliquez sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous voulez encore un peu de musique

Divers, Religion

ILS ONT ÉCRIT DES « MAGNIFICAT »

Le Magnificat, dans la liturgie chrétienne, est une des prières adressées à la Vierge Marie, avec l’Ave Maria et le Stabat Mater.

Le texte en est tiré de l’évangile selon Saint-Luc, et reprend les paroles de Marie quand elle a appris qu’elle attendait un enfant. « Magnificat » est le premier mot de l’expression « Magnificat anima mea Deum » (Mon âme loue le Seigneur).

En tant que chant liturgique il a inspiré bien des compositeurs à travers les âges.

À tout seigneur tout honneur, je commencerai par MONTEVERDI, le créateur du genre opéra, qui a introduit un Magnificat dans ses Vespro della beata Vergine (Vêpres de la bienheureuse Vierge Marie).

Monteverdi Vespro della beata Vergine MagnificatCliquez sur le Magnificat

Dans les années 1630, Monteverdi a eu un élève, Heinrich SCHÜTZ (1585 – 1672) (à mes oreilles, c’est le chaînon manquant entre Monteverdi et J.S. BACH) qui a écrit des Magnificat en langue allemande (Meine Seele erhebt den Herrn), dont celui-ci (que j’ai chanté il y a 35 ans, je m’en souviens comme si c’était hier.)

Schütz Magnificat SWV 426Cliquez sur le Magnificat

Poursuivons notre voyage dans le temps avec Bach (1685 – 1750) et son fameux Magnificat (1728 – 1731).

Bach (JS) MagnificatCliquez sur le Magnificat

De la même époque date celui de VIVALDI.

Vivaldi MagnificatCliquez sur le Magnificat

Contemporain de Bach et Vivaldi, le Bohème Jan Dismas ZELENKA (1679 – 1745), un de mes compositeurs baroques préférés, a lui aussi écrit des Magnificat.

Zelenka MagnificatCliquez sur le Magnificat

Le XIXe siècle semble avoir produit peu de Magnificat. Notons quand même celui d’Anton BRUCKNER ou celui de RACHMANINOV, extrait des Vêpres.

Rachmaninov MAgnificatCliquez sur le Magnificat

Le XXe siècle aussi nous procurera de très beaux Magnificat, tels ceux du Suisse Bernard REICHEL (1942),

Reichel MagnificatCliquez sur le Magnificat

du Belge Vic NEES (1980)

Nees MagnificatCliquez sur le Magnificat

ou celui d’Arvo Pärt (1989),

Pärt MagnificatCliquez sur le Magnificat

Et si vous en voulez encore, cliquez donc sur le Magnificat surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le Magnificat surprise si vous en voulez encore

Et vous pouvez toujours retrouver d’autres chants consacrés à la vierge Marie avec l’article « Ils ou elles ont composé des Ave Maria« .

Divers, Sciences

FÊTE DE LA SCIENCE 2021

La Fête de la Science se déroule cette année du 1er au 11 octobre 2021 pour la France métropolitaine.

Après vous avoir parlé en 2019 de la représentation des scientifiques sur les scènes d’opéra, je vous propose maintenant, d’aller voir ce qui se passe dans les coulisses, et sur l’utilisation ingénieuse des découvertes scientifiques pour l’éclairage, la machinerie ou les effets spéciaux.

Historiquement, l’éclairage des théâtres se faisait à la chandelle. C’est d’ailleurs ce qui fixait la durée d’un acte, qui était limitée à la durée de la chandelle avant qu’elle ne s’éteigne. À partir de 1720, l’usage de la chandelle a été remplacé par de l’huile, que l’on brûlait dans des appareils spéciaux appelés quinquets. Sous Louis XVIII, on est passé à l’éclairage au gaz, dans l’opéra Aladin et la lampe merveilleuse (1822). Puis, le progrès aidant, l’éclairage est devenu électrique, avec la création des orgues électriques pour pouvoir faire varier les éclairages, les couleurs, ou les rampes d’éclairages sur telle ou telle partie des décors ou sur les chanteurs.

L’application de l’électricité au théâtre ou à l’opéra a donné lieu à des inventions aussi subtiles qu’étranges.

Ainsi, les bijoux électriques de M. TROUVÉ illuminaient les fleurs et les bijoux que portaient les actrices ou les danseuses. Par exemple, aux Folies Bergères en 1884 avec le spectacle les Fleurs lumineuses. Le procédé en est l’emploi de lampes à incandescence et de petites piles portatives de son invention, dont le poids est insignifiant.

En 1893 à Monte-Carlo, lors de la création en version scénique de la Damnation de Faust de BERLIOZ, le ballet des sylphes a fait forte impression, avec le corsage des danseuses orné d’une rose électrique.

Berlioz Damnation de Faust Ballet des SylphesCliquez sur le sylphe

En 1890, dans Ascanio de SAINT-SAËNS, Phébus apparaît au milieu des muses en tenant à la main un flambeau de Génie. M Trouvé a eu ici l’idée de dissimuler une lampe à incandescence sous des pierreries de couleur et de dissimuler les accumulateurs dans le corps du flambeau.

Saint-Saëns AscanioCliquez sur l’image

Faust, de GOUNOD, s’est prêté à bien des trouvailles. Ainsi à Francfort les spectateurs médusés ont pu voir une fiole qui se balançait dans les airs, d’abord informe, puis se transformant peu à peu en figure humaine. Celle-ci n’est autre qu’une poupée en caoutchouc repliée sur elle-même que l’on déplie petit à petit à l’aide d’un fil. À Londres, c’est l’usage de l’étincelle électrique qui permettait de rendre lumineuses les épées et les cuirasses des personnages en train de se battre en duel. Les épées étaient reliées à des batteries et produisaient des étincelles chaque fois qu’elles se touchaient !

Gounod Faust le duelCliquez sur le duel

Dans le Freischütz de WEBER, on voyait des têtes de mort s’élever du sol en lançant des étincelles par les yeux et la bouche. Le procédé utilisé est celui de petits fils de fer placés dans ces têtes, et reliés à des piles électriques. Quand le contact est mis, le fil de fer devient incandescent et produit ces étincelles aussi spectaculaires que fantomatiques.

Weber der Freischutz Gorge aux loupsCliquez sur l’image

Et dans la scène de la forge de Siegfried de WAGNER, les coups de marteau sur l’enclume donnent l’imitation parfaite d’une vraie forge. La surface en bois de l’enclume était recouverte d’une plaque de fonte et parcourue d’un réseau de fils métalliques, reliés au circuit électrique du théâtre. Quand Siegfried frappe sur l’enclume, un court-circuit se forme et produit ces milliers d’étincelles caractéristiques de la forge !

Wagner Siegfried NothungCliquez sur Siegfried reforgeant Nothung, son épée

L’incandescence a été utilisée dans la Flûte enchantée de MOZART pour illuminer le diadème de la reine de la Nuit.

Mozart Zauberflöte Air de la reine de la nuitCliquez sur la reine de la Nuit

Je terminerai pour aujourd’hui (mais il y aura une suite) avec l’évocation du théâtrophone, cette invention qui permettait assister au théâtre chez soi, par la double utilisation de microphones pour la captation et du téléphone pour la transmission, à une époque ou ni radio ni télévision n’existaient encore. On sait que Marcel PROUST était un utilisateur de ce théâtrophone.

Et pour tout savoir sur la Fête de la science, et ce qui se passe dans votre région, un seul lien : Fête de la science.

(Source principale : La science au théâtre – étude sur les procédés scientifiques en usage au théâtre moderne, par A. de VAULABELLE et Ch. HÉMARDINQUER, Paris, Henry Paulin éditeur, 1905)

P.S. si je me suis servi pour cet article d’in livre datant de plus de cent ans, les metteurs en scène et les décorateur d’aujourd’hui se servent évidemment des moyens techniques à leur disposition, comme dans le récent Idoménée de CAMPRA monté à l’opéra de Lille.

Campra Idoménée scénographieCliquez sur la scénographie

Couleurs, Divers, Jazz, Nature

BLEU

Carré bleu sur fond bleu, d’après Malevitch

Un récent commentaire sur le blog de Lazuli Biloba sur les aspects debussystes de ses magnifiques photos de fleurs bleues m’a amené à me poser la question de la représentation du bleu en musique.

Dans la nature, le bleu est la couleur du ciel (le jour) et de l’eau, soit symboliquement, une couleur rattachée à l’air et à l’eau. Dans la religion chrétienne, on associe le bleu aux vêtements de Marie.

Rachmaninoff Ave MariaCliquez sur l’Ave Maria de Rachmaninov

Bien sûr, en musique quand on dit bleu, on pense assez vite au Beau Danube bleu de Johann STRAUSS, ou encore à la Rhapsody in blue, de Georges GERSHWIN.

Strauss An der schönen blauen DonauCliquez sur la version chantée du beau Danube bleu

Gershwin Rhapsody in bluePuis cliquez sur la rhapsody in blue

Un peu moins évidentes sont les références à Barbe bleue, et donc aux cinq opéras (au moins) mettant en scène ce personnage, dont la légende nous vient de Gilles de RAY, maréchal de France, compagnon de guerre de Jeanne d’Arc et zigouilleur de petits enfants.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur Douce et Barbe-bleue

Maurice RAVEL, dont on connaît le goût pour les sonorités nouvelles du jazz intitulera le deuxième mouvement de sa sonate pour violon et piano « Blues ».

Ravel Sonate violon piano bluesCliquez sur la violoniste et le pianiste

Pour Olivier MESSIAEN, qui était synesthète (il associait des couleurs aux accords sonores), le bleu s’apparente à la sonorité de la flûte. Il a par ailleurs écrit, dans son catalogue d’oiseaux, le Merle bleu.

Messiaen le Merle bleuCliquez sur Yvonne Loriod

Autre synesthète, Alexandre SCRIABINE et son « clavier à lumière », sorte d’orgue qui projetait des couleurs pendant qu’on exécutait son œuvre, telle que Prométhée ou le poème du feu.

À propos de Scriabine, ce compositeur qui associait musique et peinture faisait partie du mouvement « Der Blaue Reiter » (« le Cavalier bleu »), mouvement artistique fondé autour de KANDINSKY et de l’expressionnisme en 1911 et 1912. Un autre compositeur a fait partie du « Blau Reiter », c’est Arnold SCHÖNBERG, qui était aussi peintre et a écrit un article et une partition pour ce groupe, sur un texte du poète MAETERLINCK.

Schönberg Herzgewächse op 20Cliquez sur l’opus 20 de Schönberg

Bien entendu, le blues, c’est aussi une part important de la musique de jazz (dont je ne suis pas spécialiste). Parmi les grands classiques du jazz figure Kind of Blues de Miles DAVIS.

Miles Davis Kind of BlueCliquez sur un album de légende du jazz

Dans le Sonnet des voyelles de RIMBAUD, le « O » est associé à la couleur bleu. Pour le caractériser dans la suite du poème, il écrit : « O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, ».

Bizet Carmen clairons qui sonnent la retraiteCliquez sur les strideurs étranges du suprême clairon

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, je vous propose un bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Après le bleu, retrouvez ici la notion de BLANC de ROUGE et de VERT en musique.

Ainsi que le ROSE.

Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DE LA VARIÉTÉ

Alors que certains chanteurs de variété ne dédaignent pas interpréter des airs classiques, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs classiques ne dédaignent pas interpréter des airs de variété.

Ainsi Jonas KAUFFMANN dans le Parrain :

Jonas Kauffmann le ParainCliquez sur Jonas

Après qu’elle eut mis fin à sa carrière lyrique, la grande Nathalie DESSAY a continué à chanter et on lui doit des albums consacrés à Michel LEGRAND ou Claude NOUGARO.

Nougaro dessayCliquez sur Nathalie

Le très italien Luciano PAVAROTTI aimait bien chanter Funiculi funicula, un air populaire composé pour l’inauguration du funiculaire du Vésuve.

Funicula funiculaCliquez sur Luciano

Le grand baryton russe Dimitri HVOROSTOVSKY aimait particulièrement les airs populaires russes.

Hvorostovsky les Yeux noirsCliquez sur Dima

La soprano Cathy BERBERIAN (la femme du compositeur Luigi NONO) a enregistré un album des chansons de BEATLES, à une époque où ce mélange des genres ne se faisait pas encore.

The Beatles I want to hold your hand (Berberian)Cliquez sur Cathy

Roberto ALAGNA, le plus « pipole » de nos ténors, n’hésite jamais à pousser la chansonnette, y compris avec sa fille Malèna.

Alagna besame muchoCliquez sur Roberto

Quant à Montserrat CABALLÉ, elle n’a pas hésité à marier sa voix à celle de Freddy MERCURY pour chanter Barcelone.

Caballé Mercury BarcelonaCliquez sur Freddy et Montserrat

Et qui sait que Placido DOMINGO a chanté BREL en duo avec ZAZ ?

Brel la Chanson des vieux amants (Domingo + ZAZ)Cliquez sur Zaz et Placido

Pour ceux (ou celles) qui en veulent encore, il y a ce cadeau bonus !

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus si vous faites partie de ceux (ou celles) qui en veulent encore

Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 2 – le XXe siècle

Je vous ai proposé récemment sur ce blog quelques rhapsodies du XIXe siècle. Place maintenant au XXe siècle.

Le XXe siècle a commencé en 1901. Cette année-là, ENESCO écrit sa Rhapsodie roumaine n° 1.

Enesco (Enescu) rhapsodie roumaineCliquez sur l’orchestre

En 1907 – 1908, c’est RAVEL qui écrit sa Rapsodie espagnole (sans h).

Ravel Rapsodie espagnole (Munch)Cliquez sur cet autre enregistrement de légende

En 1921, JANACEK écrit une pièce d’inspiration russe, Tarass Boulba, rhapsodie pour orchestre.

Janacek Tarass BoulbaCliquez sur l’image

En 1924, c’est GERSHWIN qui écrit sa Rhapsodie in blue pour piano et orchestre.

Gershwin Rhapsody in blue (Yuja Wang)Cliquez sur la pianiste

En 1934 RACHMANINOV écrit sa Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 34 pour piano et orchestre.

Rachmaninov Rhapsodie sur un thème de Pagananini op 43 variation 18Cliquez sur le piano et l’orchestre

Et si vous voulez une rhapsodie bonus, cliquez sur le point d’interrogation.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation pour avoir une rhapsodie bonus

Voilà, rendez-vous à la fin du siècle, pour faire un point sur les rhapsodies qui auront été écrites dans les années 2000?

Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 1 – Le XIXe siècle

Puisque je vous ai proposé dans mon article sur le Danube la Rhapsodie roumaine d’ENESCO, je me propose de revenir sur cette notion de rhapsodie en musique. Étymologiquement, la rhapsodie vient du mot rhapsode. Le rhapsode était dans l’antiquité grecque un chanteur / acteur qui allait de ville en ville pour chanter / déclamer / dire des poèmes, par exemple l’Odyssée. Il ne faisait qu’interpréter, souvent sous forme d’improvisation, des textes écrits par d’autres, car le rhapsode n’avait pas reçu des dieux le don de créer, au contraire de l’aède qui, comme HOMÈRE, possédait ce don.

En musique, la rhapsodie est une forme libre, i.e. qui ne répond pas aux schémas classiques que sont la symphonie, la sonate, le concerto… Elle date du XIXe siècle, quand les compositeurs ont commencé à sortir de ces schémas, pour trouver plus de liberté dans leurs formes musicales. Elles ressortent souvent de la musique folklorique ou ethnomusicologique.

Franz LISZT, qui avait déjà « inventé » le poème symphonique, a popularisé ce genre avec ses Rhapsodies hongroises, souvent d’une très grande difficulté pianistique. Elles sont écrites sur des thèmes du folklore hongrois.

Liszt rhapsodie hongroise n 2Cliquez sur la pianiste

En 1869, Johannes BRAHMS écrit pour le mariage d’une fille de Clara et Robert SCHUMANN la Rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre, œuvre qui sera créée par Pauline VIARDOT.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’enregistrement de légende

En 1874 Anton DVORAK, si proche musicalement de Brahms, écrit ses Rhapsodies slaves.

Dvorak Rhapsodie slaveCliquez sur l’image

En 1879, Édouard LALO écrit sa Rhapsodie norvégienne sur des airs populaires norvégiens.

Lalo rhapsodie norvégienneCliquez sur l’image

La célèbre pièce España d’Emmanuel CHABRIER est une rhapsodie pour orchestre, écrite suite à un voyage en Espagne qu’il avait fait en famille.

Chabrier EspanaCliquez sur l’image

En 1884 Camille SAINT-SAËNS, qui avait déjà écrit des Rhapsodies bretonnes pour orgue, écrit la Rhapsodie d’Auvergne.

Saint-Saëns rhapsodie d'AuvergneCliquez sur l’image

Le XXe siècle connaîtra son lot de rhapsodies, ne manquez donc pas sur ce blog, l’article « Rhapsodes et rhapsodies – Partie 2 – le XXe siècle« .

Divers

ILS OU ELLES ONT JOUÉ DU CLASSIQUE (4e série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques. Après la troisième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

On a déjà rencontré sur ce blog Klaus NOMI chantant l’air du génie du froid, extrait du King Arthur de PURCELL. Il a aussi chanté l’air « Mon cœur s’ouvre à ta voix », extrait du Samson et Dalila de Camille SAINT-SAËNS. Retrouvons-le dans la mort de Didon, extrait de Didon & Enée de PURCELL.

Purcell Didon et Enée la mort de didon Klaus NomiCliquez sur Klaus Purcell

Boris VIAN a déposé des paroles sur La marche turque de MOZART.

Mozart-Vian marche turqueCliquez sir Wolfgang Amadeus Vian

Quand j’étais (beaucoup) plus jeune (eh oui, je n’ai pas toujours été jeune, j’ai aussi été très jeune), je ne connaissais pas le Canon de PACHELBEL, mais j’écoutais Rain and Tears, la version que VANGELIS avait composée pour Aphrodite’s Child et Demis ROUSSOS.

Pachelbel Vangelis Rain and tearsCliquez sur Johann Pachelbel Roussos

Encore un tube avec Carmen de BIZET : « l’amour est un oiseau rebelle ». Écoutons-le interprété par Nolwenn LEROY.

Nolwen Bizet Carmen l'amour est un oiseau rebelleCliquez sur Nolwen Bizet

Nana MOUSKOURI a chanté le classique du XXe siècle Like a bridge over troubled water de SIMON & GARFUNKEL.

Nana Mouskouri Like a bridge over troubled waterCliquez sur Nana Simon & Garfunkel

La chanteuse libanaise FAYROUZ chante son amour pour sa ville, Beyrouth, sur l’air du Concerto de Aranjuez, de RODRIGO.

Rodrigo Fairouz Aranjuez Li BeyrouthCliquez sur Fayrouz Rodrigo

On connaît parfois le duo Montserrat CABALLE et Freddy MERCURY, mais connaissiez-vous celui formé par Luciano PAVAROTTI et le chanteur de QUEEN ? Écoutons-les dans « Nessun Dorma », extrait de Turandot de PUCCINI.

Puccini turandot Nessun dorma (Pavarotti et Mercury)Cliquez sur Luciano Mercury

Et je terminerai ce billet avec STING, dans « la Complainte de Mackie », extrait de l’Opéra de quat’sous de WEILL et BRECHT.

Weill la complainte de Mackie (Sting)Cliquez sur Sting Weill

Et si vous n’en avez pas encore assez, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous n’en avez pas encore assez

Divers, Métiers

LES NOTAIRES À L’OPÉRA

Après avoir traité il n’y a guère du thème « Droit et opéra« , dans un billet consacré aux avocats et aux jugements, place maintenant à la représentation du notaire à l’opéra.

Le rôle du notaire, le plus souvent, est de faire signer un contrat de mariage. Il peut également apparaître pour faire exécuter des dispositions testamentaires. Il peut intervenir à la demande d’un vieux barbon qui veut épouser une jeunesse. Ce classique de la comédie est déjà le sujet de l’École des femmes, de MOLIÈRE.

Je vous propose ici quelques rôles de notaires (vrais ou faux).

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le rôle du notaire était surtout de faire signer les contrats de mariage. Ainsi, dans Cosi fan Tutte (1789) de MOZART, la servante Despina se déguise en notaire pour célébrer les noces des deux jeunes inconstantes avec les beaux Albanais qu’on leur a tendus sur un plateau.

Mozart Cosi fan Tutte le notaireCliquez sur Despina déguisée en notaire

En 1816, dans le Barbier de Séville (Il Barbieri di Siviglia) de ROSSINI, le vieux Bartolo qui veut se marier avec sa jeune pupille Rosine fait venir le notaire pour sceller cette union.

Rossini le Barbier de Séville finalCliquez sur la plume du notaire

Après Rossini, les as du bel canto italien feront la part belle à ces notaires qui sont là juste pour faire signer un contrat de mariage.

Ainsi, dans la Somnambule (1831) de BELLINI, dans l’Élixir d’amour (l’Elisir d’amore) (1832) de DONIZETTI, dans Lucia di Lammermoor (1835), toujours de Donizetti ou encore dans la Fille du régiment (1840) (encore de Donizetti).

Le dernier avatar bel cantiste est Don Pasquale (1843) de l’incontournable Donizetti. Don Pasquale est un de ces vieux barbons qui veut se marier avec une jeune femme, Norina, après avoir déshérité son neveu Ernesto. Le notaire qui rédige le contrat de mariage est en fait un cousin, qui veille sur les amours de Norina et Ernesto. Le faux contrat signé, Norina va rendre la vie impossible à son faux mari, jusqu’à ce que celui-ci soit content d’apprendre qu’il n’est pas vraiment marié.

Donizetti Don Pasquale Fra da una parte ecceteraCliquez sur l’air du (faux) notaire

Un peu plus tard, on retrouvera un notaire dans La Périchole (1868) d’OFFENBACH.

Offenbah la Périchole Chœur des notairesCliquez sur le chœur des notaires

Au XXe siècle, on ne demande plus aux notaires de faire signer ces contrats, et leur rôle (à l’opéra) est de faire respecter des dispositions testamentaires.

Ainsi dans Gianni Schicchi (1918) de PUCCINI. L’histoire est celle d’une famille triste non d’avoir perdu un oncle qui vient de mourir, mais d’apprendre l’existence d’un testament léguant toute la fortune du défunt à un monastère. La famille fait alors appel à Gianni Schicchi, qui va prendre la place du mort dans son lit et, faisant venir un notaire, dicter un autre testament. Tout se passerait bien si l’ingénieux Schicchi jouant les mourants ne se mettait à léguer tous ses biens à… Gianni Schicchi !

Puccini Gianni SchicchiCliquez sur la bande-annonce

On trouve encore un notaire dans l’inattendu Testament de la tante Caroline (1933), une opérette d’Albert ROUSSEL. Dans cette œuvre, la tante Caroline meurt en laissant derrière elle 40 millions, qu’elle lègue à la première de ses trois vieilles sœurs qui aura un enfant, pendant l’année qui va s’écouler, faute de quoi la fortune serait léguée à l’armée du Salut !

Roussel le Testament de la tante CarolineCliquez sur les trois vieilles tantes sans descendance

(Source principale : Le Notaire à l’Opéra, Michel BERETTI, Caisse des Dépots et Consignations, 1987.)