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Divers

LE CALENDRIER DE L’AVENT 2022

Il est une tradition d’offrir, quatre semaines avant Noël, des calendriers de l’avent, dont la durée dépend du jour de la semaine où tombe Noël. Il doit commencer un dimanche, quatre semaines avant cette fête. Noël tombant un dimanche en 2022, le calendrier de l’avent commence donc le dimanche 27 novembre.

Lundi 28 novembreCliquez sur le 28 novembre

Mardi 29 novembreNe cliquez pas sur le 29 novembre si vous êtes encore au 28 novembre

Mercredi 30 novembreNe cliquez pas sur le 30 novembre avant le 30 novembre 2022

Jeudi 1er décembrePrière de ne pas cliquer sur le 1er décembre avant le 1er décembre

Vendredi 2 décembreLao-Tseu l’a dit, si tu n’es pas arrivé(e) au 2 décembre, tu ne dois pas cliquer sur le vendredi 2 décembre

Samedi 3 décembreMerci de ne pas cliquer sur le 3 décembre avant le 3 décembre

Dimanche 4 décembrePour que l’harmonie règne en ce monde, évitez de cliquer sur le 4 décembre avant cette date

Lundi 5 décembreSi le 5 décembre vous êtes, cliquer sur le 5  décembre vous pouvez

Mardi 6 décembreSi vous n’êtes que le 5 décembre, attendez donc demain pour cliquer sur le 6 décembre.

Mercredi 7 décembreVous pouvez cliquer sur le 7 décembre à condition d’être arrivé à ce fameux 7 décembre

Jeudi 8 décembrePour protéger le monde de la dévastation, ne cliquez sur le 8 décembre qu’à partir du 8 décembre

Vendredi 9 décembreCliquez sur le 9 décembre

Samedi 10 décembreCliquez sur le 10 décembre

Dimanche 11 décembreNe cliquez pas sur le 11 décembre avant le 11 décembre

Lundi 12 décembreCliquez sur le 12 décembre

Mardi 12 décembreCliquez sur le 13 décembre

Mercredi 14 décembreCliquez sur le 15 décembre

Jeudi 15 décembreCliquez sur le 15 décembre

Vendredi 16 décembreCliquez sur le 16 décembre

Samedi 17 décembreCliquez sur le 17 décembre

Dimanche 18 décembreCliquez sur le 18 décembre

Lundi 19 décembreCliquez sur le 19 décembre

Mardi 20 décembreCliquez sur le 20 décembre

Mercredi 21 décembreCliquez sur le 21 décembre

Jeudi 22 décembreCliquez sur le 22 décembre

Vendredi 23 décembreCliquez sur le 23 décembre

Samedi 24 décembreCliquez sur le 24 décembre et préparez-vous à un joyeux Noël

Bande dessinée, littérature, Mythologie

EN RELISANT LES AVENTURES D’ASTÉRIX LE GAULOIS

Qu’elle est dure, la vie de blogueur ! Après avoir relu tous les albums des aventures de Tintin, de HERGÉ, et ceux de Blake et Mortimer, de JACOBS, ce sont les aventures d’Astérix le Gaulois que je viens de relire, en y cherchant les citations musicales que GOSCINNY et UDERZO ont pu glisser. En fait, elles sont moins nombreuses que ce que j’attendais, mais il y a quand même quelques évocations musicales, sans même parler du barde Assurancetourix, dont le répertoire est plus proche de notre chanson musicale populaire.

Dans Astérix gladiateur, justement, Assurancetourix entonne dans l’arène de Rome « Salut, o mon dernier latin », référence directe au « Salut, o mon dernier matin » du Faust de GOUNOD.

Astérix Salut o mon dernier latinCliquez sur Assurancetourix

Dans le Tour de Gaule d’Astérix, quand nos héros passent à Massiglia, ils rencontrent César Labeldecadix.

César LabeldecadixCliquez sur César Labeldecadix

Je n’ai pas trouvé de citation musicale directe dans Astérix et Cléopâtre, mais comment ne pas penser à Jules César en Égypte, de HAENDEL ?

Astérix, César et CléopatreCliquez sur Cléopâtre et César (Jules)

Dans La Zizanie, on trouve un sénateur nommé Stradivarius, qui parle « de sa voix bien modulée habituée à faire vibrer les foules ».

Astérix et StradivariusCliquez sur le sénateur Stradivarius

Dans Astérix en Helvétie, les auteurs font un clin d’œil à la légende de Guillaume Tell.

Astérix et Guillaume TellCliquez sur le petit garçon à la pomme sur la tête

Dans Astérix en Corse, le chef corse s’appelle Ocatarinabellatchitchix, alors que d’autres s’appellent Symphonix ou Violoncellix.

Astérix et OcatarinetabellatchixtchixCliquez sur les chefs corses

Dans Astérix en Hispanie, on voit passer Don Quichotte et Sancho Pança.

Astérix et Don QuichotteCliquez sur l’image

Dans la grande Traversée, une femme s’appelle Gudrun, et on trouve des allusions à la petite sirène et à Hamlet (il y a quelque chose de pourri dans mon royaume).

Astérix et HamletCliquez sur l’image

Dans Astérix chez les Belges, le légat s’appelle Wolfgangamadeus et un légionnaire SaintLouisblus !

Astérix et WolfgangamadeuxCliquez sur l’image

Dans Astérix et la Traviata (ça ne s’invente pas), il y a un romain qui s’appelle Romeomontaigus.

astérix et la traviataCliquez sur l’alboum

On retrouve la légende de Roméo et Juliette dans le grand Fossé, alors que l’héroïne nommée Fanzine menace de se faire vestale !

Astérix et la VestaleCliquez sur Fanzine

Enfin dans l’Odyssée d’Astérix, les légionnaires de César chantent « Pour faire un brave légionnaire », transposition directe de l’air « Pour faire un bon mousquetaire », extrait des Mousquetaires au couvent.

Les Mousquetaires au couvent Pour faire un brave mousquetaireCliquez sur l’image

(P.S. toutes les illustrations extraites des albums sont sous copyright Dargaud ou les éditions Albert René.)

Et si vous voulez relire les aventures de Lucky Luke en musique, c’est ici.

Divers

22 NOVEMBRE, JOUR DE LA SAINTE-CÉCILE

Le 22 novembre est le jour de la Saint-Cécile, la patronne des musiciens.

De nombreux compositeurs ont écrit des œuvres en hommage à Sainte-Cécile.

Parmi eux, on peut citer PURCELL et son Ode à Sainte-Cécile.

Purcell Ode à Saint-CécileCliquez sur Sainte-Cécile

CHARPENTIER et Caecilia, virgo et martyr.

Charpentier Caecilia, virgo et martyrCliquez sur l’image

HAENDEL et Ode for St. Cecilia’s day.

Haendel Ode for St.Cecilia's dayCliquez sur l’image

LISZT et la Légende de sainte-Cécile.

Liszt Légende de Sainte-CécileCliquez sur l’image

GOUNOD et sa Messe de Sainte-Cécile.

Gounod Messe de Sainte-Cécile SanctusCliquez sur l’image

CHAUSSON a écrit la Légende de Sainte-Cécile.

Chausson la Légende de Sainte-CécileCliquez sur l’image

BRITTEN et Hymn to St. Cecilia

Britten Hym to St. CeciliaCliquez sur l’image

Encore plus près de nous, c’est le très planant Arvo PART qui a composé cette Cecilia, Vergine romana.

Part Cecilia, vergine romanaCliquez sur l’image

Et MALLARMÉ dans Sainte, une description d’un vitrail la représentant, rendra aussi hommage à la patronne des musiciens.

Et si vous aimez les bonus surprises, cliquez donc sur le point d’interrogation.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation si vous aimez les bonus surprise

Si vous n’avez pas aimé ce bonus surprise (!), essayez donc celui-ci.

point-dinterrogationEssayez donc ce deuxième bonus surprise si vous n’avez pas aimé le premier

Mes opéras préférés

ARMIDE, de GLUCK (1777)

Armide de GLUCK est un remake du dernier opéra de LULLY composé sur un livret de QUINAULT, en 1686. Il s’agissait pour Gluck de relever le défi de remettre sur le métier un ouvrage qui était considéré comme la référence de l’opéra français. Le livret de Quinault est tiré de la Jérusalem délivrée (la Gerusalemme liberata) du TASSE. Concomitamment, un autre compositeur, l’Italien PICCINNI était invité à remettre en musique Alceste du même Lully.

Dans la reprise de Gluck, le prologue, écrit pour flatter le souverain Loulou XIV, a été supprimé.

Acte I : La magicienne Armide confie à ses deux suivantes, Phénice et Sidonie, le trouble de son cœur. Si elle a vaincu l’armée des croisés, le chevalier Renaud lui résiste (Air : « Les enfers ont prédit cent fois « ). Lui, pour qui elle devrait n’avoir que haine, a enflammé son cœur. Hydraot, un magicien oncle d’Armide, sentant venir la fin de ses jours, presse sa nièce de se marier.

Gluck Armide Les Enfers ont prédit cent foisCliquez sur l’image

Armide ne veut pas des chaînes du mariage. Si elle se marie un jour, c’est la Gloire qui choisira son mari : ce sera le vainqueur de Renaud, s’il existe. Alors que l’on célèbre la victoire d’Armide, un messager arrive, un homme, seul, a délivré tous les prisonniers que l’on emmenait. Cet homme, c’est Renaud.

Acte II : Artémidore, un des chevaliers libérés par Renaud, voudrait le suivre, mais Renaud, banni par Godefroid, veut poursuivre seul son chemin. Hydraot et Armide préparent un charme pour tromper Renaud (Duo : « Esprit de haine et de rage »).

Renaud, s’avançant le long d’une rivière, est victime de ce charme. Il ne veut plus partir. (Air : « Plus j’observe ces lieux ».)

Gluck Armide Plus j'observe ces lieuxCliquez sur l’image

Au contraire, il s’endort, et les démons invoqués par les magiciens, déguisés en zéphyrs et en bergers, lui chantent les plaisirs de l’amour. Armide paraît pour tuer Renaud, mais quand elle le voit ainsi endormi, elle est subjuguée par l’amour. (Air : « enfin il est en ma puissance ».)

Gluck Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur l’image

Honteuse de ne pouvoir le tuer, elle demande à ses démons de les transporter tous deux au bout de l’univers.

Acte III : Armide s’interroge : comment a-t-elle pu devenir dépendante de Renaud ? Comme ses suivantes se réjouissent de la victoire d’Armide sur Renaud, Armide chante son trouble. Elle sait bien que ce n’est que par un charme artificiel que Renaud l’aime. Entre un amour faux et la haine, Armide choisit la haine, qu’elle invoque.

Gluck Armide Venz, venez, haine implacableCliquez sur l’image

La Haine surgit de l’enfer pour arracher l’Amour qui est dans le cœur d’Armide.

Gluck Armide Amour, sors pour jamaisCliquez sur la Haine

Mais au dernier moment Armide, préférant les charmes de l’amour, renvoie la Haine en Enfer. La Haine condamne Armide à aimer Renaud pour toujours.

Acte IV : Le Chevalier Danois, accompagné d’Ubalde porteur d’un sceptre et d’un bouclier magiques capables de dissiper les enchantements d’Armide, paraît. Des démons ayant pris l’apparence de paysans et de Lucinde, l’aimée du Chevalier Danois, les attirent. Ubalde cherche à prévenir le Chevalier Danois contre ces enchantements, mais en vain. Il touche la fausse Lucinde de son sceptre, et celle-ci disparaît. Au Chevalier Danois qui le félicite de n’avoir pas succombé à la crainte et à l’amour, Ubalde répond que quand la Gloire appelle, il faut laisser l’Amour. Mais un démon apparaît sous les traits de Mélisse, l’aimée d’Ubalde qui, à son tour, cède à son charme. Le Chevalier Danois le délivre grâce au sceptre magique.

Acte V : Dans le palais d’Armide, Armide et Renaud chantent leur amour. Cependant, Armide, agitée d’un sombre pressentiment, doit consulter les enfers. Elle convoque les Plaisirs qui tiendront compagnie à Renaud pendant son absence.

Renaud congédie les Plaisirs : comment pourrait-il être heureux quand il est loin d’Armide ! Ubalde et le Chevalier Danois profitent de ce qu’il est seul pour lui dessiller les yeux, grâce au bouclier magique. Ils l’informent que Godefroid le rappelle dans son armée. Alors qu’il est sur le point de partir, Armide revient. Renaud lui annonce que la Gloire qui l’attend est plus forte que l’Amour. Armide restée seule convoque les démons pour qu’ils détruisent son palais, symbole de son amour perdu.

Gluck Armide Le perfide Renaud me fuitCliquez sur l’image

(Sources principales : les représentations de l’Opéra Comique en 2022, et le programme associé.)

Et si vous voulez comparer avec l’Armide de Lully, cliquez ICI.

Compositeurs

Heinrich SCHÜTZ (1585 – 1672)

Le nom de SCHÜTZ n’apparaît pas spontanément quand on pense opéra, pourtant ce compositeur a écrit le premier opéra en allemand avec Daphné en 1627. Malheureusement, la musique de cet opéra s’est perdue, et on n’en connaît plus que le livret.

Quand j’ai eu l’occasion de chanter des œuvres de Schütz, notamment le Magnificat allemand (Meine Seele), il m’est aussitôt apparu que l’on avait en lui le chaînon manquant entre MONTEVERDI (1567 – 1643) et J.S. BACH (1685 – 1750). Et en effet, Schütz a été l’élève de Monteverdi dans les années 1630.

Le pitch : Schütz est un compositeur allemand qui a fait ses études à Venise auprès de Gabrieli et de Monteverdi. Après avoir abordé la musique profane et l’opéra, il se tourne vers la musique religieuse.

Heinrich Schütz est né à Köstritz (entre la Thuringe et la Saxe) le 14 octobre 1585. Dans sa jeunesse, il est soliste d’un chœur de garçons quand il se fait remarquer par le landgrave Maurice de Hesse pour sa belle voix. On l’envoie alors faire des études assez complètes à Kassel.

En 1609, son protecteur l’envoie poursuivre ses études à Venise, où il peut étudier le contrepoint auprès de GABRIELI. Il publie son opus 1, un recueil de madrigaux, en 1611.

En 1613, il revient en Allemagne, où il reprend des études de droit. À Leipzig, il rencontre SCHEIN. Il prend le poste de deuxième organiste de Kassel, tout en étant chargé de l’éducation des enfants du margrave. Il se fait engager à la cour du prince électeur de Saxe en tant que maître de chapelle à Dresde.

En 1619, il écrit ses Psaumes de David (Davids Psalmen).

Schütz Alleluja Lobet den HerrenCliquez sur l’image

Attiré par la musique sacrée, il compose en 1625 ses Cantiones sacrae.

En 1627, il écrit son seul opéra, Daphné, dont la partition est malheureusement perdue.

En 1629, il retourne à Venise, ville qui a découvert l’opéra sous l’implusion de MONTEVERDI. Il y écrit ses Symphoniae Sacrae.

Schütz Symphniae Sacrae Der Herr ist mein HirtCliquez sur l’image

En 1630, il rentre à Dresde, en pleine guerre de Trente Ans. En 1633, il se rend au Danemark où il compose des musiques pour le prince Christian IV.

Il revient à Dresde en 1635, année où il compose ses Musikaliesche Exequien (Obsèques en musique) pour les obsèques du prince. Il retourne au Danemark en 1637, revient en Allemagne en 1639 avant de repartir à la cour de Christian IV.

Schütz Musikalische ExequienCliquez sur l’image

En 1648, il écrit sa Geistliche Chormusik (Musique sacrée pour chœur).

Vers la fin de sa vie, malade, il compose des œuvres religieuses et/ou mystiques et en 1671, il attaque son œuvre ultime, le Deutches Magnificat à 8 voix (Magnificat allemand).

Schütz Magnificat allemandCliquez sur l’image

Schütz meurt à Dresde le 6 novembre 1672, à l’âge de 87 ans, une vingtaine d’années avant la naissance du cantor de Leipzig (J.-S. Bach).

Écrivains

EUGÈNE SCRIBE (1791-1861)

image Scribe

Eugène SCRIBE, né à Paris le 24 décembre 1791, est un des dramaturges français les plus connus et les plus joués du XIXe siècle.

Passionné de théâtre dès son plus jeune âge, il écrit des pièces avec ses amis, pièces qui ne rencontrent pas le succès. C’est à partir de 1815 que sa carrière de dramaturge débute réellement avec Une nuit de la garde nationale. Assez vite, il s’attache les services de collaborateurs, ce qui lui permet de produire plusieurs centaines de pièces et de livrets d’opéras ou d’opéras-comiques. Après avoir fait le succès du théâtre du Gymnase pour lequel il écrivait, il se met à écrire des livrets d’opéra vers 1825.

Son génie a été de trouver d’écrire des intrigues qui se résolvent petit à petit par des enchaînements logiques de faits que le spectateur découvre progressivement, avec un sens du suspens assez novateur pour son époque.

Si ses pièces ne sont plus guère montées aujourd’hui, la liste des compositeurs avec qui il a travaillé et de chefs-d’œuvre de l’art lyrique auxquels il a collaboré est impressionnante.

Ainsi, en 1819, il écrit la Somnambule, dont HÉROLD tirera en 1827 un ballet, quatre ans avant la reprise de ce même sujet par BELLINI en 1831.

En 1825, il écrit pour BOÏELDIEU ce qui reste l’opéra le plus célèbre de ce compositeur : la Dame blanche, d’après Walter SCOTT. La Dame blanche est considéré comme un des premiers opéras gothiques.

Boïeldieu la Dame blanche D'ici voyez ce beau domaineCliquez sur la Dame blanche

En 1827, il rencontre MEYERBEER et les deux hommes entament une collaboration qui s’inscrira dans la durée. Cette collaboration débute avec Robert le Diable, créé en 1831 à l’Opéra, et qui est un véritable triomphe. Cette œuvre est considérée comme à l’origine du Grand opéra à la française (le Gof), un genre nouveau caractérisé par un drame bâti sur une trame historique, avec des décors grandioses et un ballet obligatoire.

En 1828, il écrit pour son complice AUBER la Muette de Portici, un des opéras à grand spectacle qui contribuera à fonder le Grand opéra à la française. Avec Auber, ils co-signeront trente-sept ouvrages, presque tous des succès. C’est à la suite d’une représentation en 1830 à Bruxelles que le peuple belge s’est soulevé contre l’occupant, et ainsi obtenir l’indépendance de la Belgique quelques semaines plus tard.

Auber la Muette de Portici amour sacréCliquez sur l’image

Toujours en 1828, c’est pour ROSSINI qu’il écrit le livret du Comte Ory.

Rossini le Comte Ory duo Ory IssolierCliquez sur Ory

En 1830, Scribe écrit pour Auber Fra Diavolo et en 1831, pour MEYERBEER, Robert le Diable. Avec Meyerbeer, il signera notamment les Huguenots en 1836, le Prophète en 1849 et l’Étoile du nord en 1854.

Meyerbeer les HuguenotsCliquez sur Marguerite de Valois

En 1832, c’est l’autre compositeur phare du bel canto, DONIZETTI, qui écrit l’Élixir d’amour, d’après un livret écrit pour Auber, le Filtre. Suivront avec ce même compositeur La Fille du régiment et La Favorite (1840), ainsi que Don Pasquale (1843).

Donizetti la Favorite O mon FernandCliquez sur la Favorite

Donizetti Don Pasquale (Pretty Yende)Cliquez sur Norina

En 1834, Scribe est élu à l’Académie française, et les chefs d’œuvre continuent avec en 1835, la Juive pour HALÉVY (le beau-père de BIZET).

En 1854, c’est GOUNOD qui met en musique une pièce initialement écrite pour BERLIOZ, la Nonne sanglante.

Gounod La Nonne sanglante 2Cliquez sur la Nonne

Et quand en 1855, l’Opéra de Paris commande une œuvre à VERDI, c’est tout naturellement à Scribe que l’on s’adresse pour écrire le livret des Vêpres siciliennes.

Verdi les Vêpres siciliennes Mercé, dillette amicheCliquez sur l’image

On retrouve Verdi en 1859 avec le Bal masqué, directement inspiré de Gustave III ou le bal masqué écrit pour Auber en 1833.

Eugène Scribe meurt le 20 février 1861 à Paris, à l’âge de 69 ans.

Ses pièces continuent à inspirer les compositeurs puisque Adriana Lecouvreur, de Ciléa, est inspiré d’une pièce écrite par Scribe en 1849.

Maria Callas, Mes opéras préférés

LA SONNAMBULA (LA SOMNAMBULE), de BELLINI (1831)

La Somnambule est un des opéras majeurs de BELLINI, créé en 1831 à Naples, et très vite joué partout en Europe. Le livret est tiré d’un vaudeville de SCRIBE datant de 1819.

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut lui appliquer la formule (S+T/A), puisqu’une soprano et un ténor s’aiment, alors qu’une alto les en empêche.

Le pitch : Alvino et Amina vont se marier. Jalouse, Lisa profite d’une crise de somnambulisme d’Amina pour la faire accuser. Le comte Rodolfo la sauve.

Acte I : Sur la place d’un village de Suisse, on prépare les noces d’Elvino et Amina. L’aubergiste Lisa est jalouse d’Amina. Amina paraît et exprime son bonheur et sa gratitude envers les villageois, et spécialement à Teresa qui l’a élevée lorsqu’elle est devenue orpheline (Air : « Come per me sereno »). Le notaire apparaît, suivi d’Elvino. Elvino donne à Amina une bague qu’il tenait de sa mère (Duo : « Prendi, l’anel ti dono »).

Bellini la Sonnambula Prendi l'anel ti donoCliquez sur Amina et Elvino

Un étranger paraît, qui semble connaître bien le village. En apercevant Amina, il est frappé par sa ressemblance avec un grand amour qu’il a eu dans sa jeunesse. Il commence à faire des avances à Amina, ce qui rend jaloux Elvino. À l’approche de la nuit, Teresa explique à l’étranger qu’un fantôme hante le village (Ensemble & chœur : « A fosco cielo »). L’étranger se retire, et Elvino jaloux fait une scène à Amina, avant de se réconcilier (Duo : « Son geloso del zefiro errante »).

Bellini la Sonnambula Son geloso del zeffiro erranteCliquez sur Elvino et Amina

Lisa reconnaît l’étranger, qui la trouve à son goût : c’est Rodolfo, l’héritier de l’ancien comte du pays. Du bruit se fait entendre : Lisa se cache dans un placard mais laisse tomber son mouchoir. Amina entre en marchant dans son sommeil. Elle se demande si Elvino est toujours jaloux, et prend le comte pour son fiancé. Ému, Rodolfo la laisse se coucher innocemment sur son lit, mais c’est le moment où les villageois décident de rendre hommage au comte. Lisa est allée chercher Elvino pour qu’il surprenne Amina et le comte. Tout le monde est choqué de trouver Amina couchée sur le lit de celui-ci. Réveillée par le bruit, Amina clame son innocence, mais emporté par sa colère, Elvino annule son mariage avec Amina. (Quintette : « D’un pensiero e d’un accento »)

Bellini la Sonnambula D'un pensiero e d'un accentoCliquez sur Amina

Acte II : Les villageois se rendent au château du comte Rodolfo afin de lui demander de défendre Amina. Amina qui se souvient des bons moments passés avec Elvino demande à Teresa de la défendre. Elles entendent Elvino se lamenter, mais quand Elvino entend que le comte vient rejoindre Amina, sa colère le reprend et il lui arrache sa bague de fiançailles. Les villageois reviennent du château, en confirmant l’innocence d’Amina, mais Elvino refuse de se confronter à celui qu’il prend pour son rival (Air : « Ah, perché non posso odiarti »).

Bellini la Sonnambula Tutto è sciolto... Ah Perché non posso odiartiCliquez sur Elvino

Elvino a décidé d’épouser Lisa. Comme il la conduit à l’église, Rodolfo paraît et répète qu’Amina est innocente, en expliquant ce qu’est le somnambulisme. On ne le croit pas, mais Teresa surgit et explique la situation. Lisa joue les Saintes-Nitouches, mais Térésa sort le mouchoir que Lisa a fait tomber chez Rodolfo en se cachant, et demande au comte de confirmer. Elvino constate que Lisa a menti.

Soudain, Amina fait une apparition, en pleine crise de somnambulisme, elle marche sur une corniche en haut d’une tour. Les villageois n’osent pas la réveiller. Dans son sommeil, Amina pleure d’avoir perdu Elvino, et cherche son anneau perdu (Air : « Ah, non credea mirarti »).

Bellini la Sonnambula Ah non credea mirartiCliquez sur Amina

Alors convaincu de son innocence, Elvino lui glisse à nouveau son anneau au doigt. Amina se réveille et se réjouit quand elle voit que son rêve de retrouver Elvino s’est réalisé. Tout le monde se réjouit, le mariage peut avoir lieu (Air & chœur : « Ah ! non giunge uman pensiero ».)

Bellini la Sonnambula Ah non giunge uman pensieroCliquez sur l’image

Agenda Ironique

ICI L’OMBRE

Pour ce mois de novembre 2022, c’est Carnets Paresseux qui se trouve aux manettes ! Et voici ses consignes :

Je vous propose de parler d’ombre. Pourquoi ? Parce que novembre, parce qu’ombre, parce que, quoi ! Faut-il toujours tout expliquer ? L’ombre ? Oui, aussi bien celle qui s’allonge et recouvre le monde que l’ombre qui naît de la lumière, fille du soleil. Bref, d’écrire ce que vous voulez, dialogue, poème, roman (petit), nouvelle, traité philosophique, opéra, sonnet, sornette, sur l’ombre.  Et quoi d’autre ? Une pincée d’ironie ; une goutte d’agenda, quelques dates, un mois ou deux ; agenda ironique oblige.

Et puis faudra – faudrait ; si vous voulez ; rien n’est obligé – glisser ces deux phrases :  » Je ne m’attends pas à ce que vous croyiez cette histoire. Est-ce que j’y crois, moi ? « 

Tout est bien esspliqué ici :

Dans le domaine de l’opéra, il y a deux voire trois types d’ombres. Le premier, abondamment représenté dans l’univers baroque est lié aux enfers. Le second est lié à son acception plus récente, celle d’un endroit où les rayons ardents du soleil sont arrêtés par un écran, procurant ainsi une zone de fraîcheur. Le troisième serait plutôt magique ou ésotérique, avec des personnages qui ont perdu leur ombre.

Commençons donc par les ombres funestes avec Alceste de GLUCK et l’invocation des divinités du Styx (Ombres, larves, pâles compagnes de la mort.)

Gluck Alceste divinités du Styx

Mais les ombres peuvent aussi être heureuses comme dans Orfeo ed Euridice de Gluck avec son ballet des ombres heureuses. (Normalement c’est pour flûte, mais j’ai choisi cette version au piano pour faire plaisir à John Duff.)

Gluck Orfeo e Euridice Ballet des ombres heureuses (Wang)Cliquez sur la pianiste

Dans Alcina de HAENDEL, la méchante sorcière invoque les ombres pâles des esprits pour assouvir sa vengeance. (« ombre pallide »).

Haendel Alcina Ombre pallide et mi restano le lagrimaCliquez sur Alcina

Le dernier avatar de ces ombres souterraines nous est offert par WAGNER dans son Or du Rhin, quand Wotan descend au Niebelheim chercher l’or qu’Alberich a volé. (« Nacht und Nebel », soit « Nuit et brouillard »)

Wagner Rheingol Nacht un NebelCliquez sur l’image

Passons maintenant aux ombres paisibles avec Haendel et son « ombra maï fu », extrait de Xerxes (Serse).

Haendel Serse Ombra mai fu JarrousskyCliquez sur l’image

Dans Castor et Pollux de RAMEAU Castor, qui est aux Champs-Élysées, invoque les ombres heureuses qui l’accompagnent (Air : « Séjour de l’éternelle paix ».)

Rameau castor et Pollux Séjour de l'éternelle paixCliquez sur l’image

Dans Dinorah ou Le Pardon de Ploërmel, MEYERBEER fait chanter à son héroïne Dinorah « ombre légère qui suit mes pas ».

Meyerbeer Dinorah ou le pardon de Ploërmel Ombre légère qui suit mes pasCliquez sur l’image

Et dans le doux amer Pays du sourire de LEHAR, l’héroïne nous chante « Dans l’ombre blanche des pommiers en fleurs ».

Lehar Le pays du sourire Dans l'ombre balnche des pommiers en fleursCliquez sur l’image

Dans Les contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, le méchant Dapertutto demande à Giuletta de séduire Hoffmann pour lui voler son ombre, comme elle l’a fait pour le pauvre Schlémil.

Offenbach les Contes d'Hoffmann Scintille diamantCliquez sur Dapertutto

On retrouve ce thème de l’ombre manquante dans la collaboration entre STRAUSS et HOFMANNSTHAL, la Femme sans ombre (Die Frau ohne Schatten). Dans ce conte mi-fantastique, mi-ésotérique, la fille du seigneur des esprits doit acquérir une ombre pour devenir humaine. (Je ne m’attends pas à ce que vous croyiez cette histoire. Après tout, je n’y crois pas, moi !)

Strauss die Frau ohne Schatten

Compositeurs

Félix MENDELSSOHN-BARTOLDY (1809-1847)

Felix Mendelssohn par Adrian

Félix MENDELSSOHN-BARTHOLDY est né le 3 février 1809 à Hambourg, dans une famille de juifs convertis au luthérianisme. Son père était banquier. En 1811, la famille s’installe à Berlin, où le jeune Félix peut jouir d’une éducation de qualité. Sa mère était musicienne, ainsi que sa grande sœur Fanny. Le dimanche, les parents organisent des concerts que fréquentent les artistes de passage à Berlin. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que Félix montre très jeune ses talents de compositeur. Ainsi, à l’âge de 14 ans, il a déjà écrit douze symphonies, la plupart pour orchestre à cordes, ainsi que quatre opéras.

En 1825, il écrit son Octuor opus 20, et l’année suivante une de ses œuvres les plus connues, l’Ouverture pour le Songe d’une nuit d’été de SHAKESPEARE.

Mendelssohn Le Songe d'une nuit d'été Marche nuptialeCliquez sur la marche nuptiale

En 1829, après ses études, Félix voyage en Angleterre et en Écosse. On trouve des traces de ces voyages dans sa Symphonie Écossaise ou dans l’Ouverture de la grotte de Fingal.

Mendelssohn Symonie ÉcossaiseCliquez sur l’image

L’année suivante, c’est en Italie qu’il voyage, ce qui nous vaudra sa Symphonie Italienne.

Mendelssohn Symphonie ItalienneCliquez sur l’image

Il voyage ensuite dans toute l’Europe, à la fois comme pianiste et comme chef d’orchestre. Il fait (re)découvrir les œuvres de J.-S. BACH, joue les symphonies de BEETHOVEN. Se liant d’amitié avec Robert et Clara SCHUMANN, il crée la neuvième symphonie de SCHUBERT en 1839, onze ans après la mort de celui-ci.

En 1837, Félix se marie avec Cécile JEANRENAUD, avec qui il aura quatre enfants.

En tant que compositeur, il écrit ses cinq « grandes » symphonies, deux concertos pour piano, son célébrissime concerto pour violon, des oratorios (Elias, Paulus) ou encore la Première nuit de Walpurgis, d’après GOETHE.

Mendelssohn Concerto pour violonCliquez sur la violoniste

Mendelssohn La première nuit de Walpurgis Es lacht der MaiCliquez sur l’image

Parmi ses nombreuses œuvres, j’ai un gros faible pour celles pour chœur, accompagnées ou a capella (et je ne peux m’empêcher de verser une larme à l’écoute de ces œuvres, parmi les premières que j’ai chantées.)

Mendelssohn Hör mein Bitten, Herr

Reconnu partout en Europe, Mendelssohn dirige le théâtre de Düsseldorf, puis le fameux Gewandhaus de Leipzig, avant de partir en 1840 à Berlin, appelé par le roi de Prusse pour réorganiser le secteur musical.

Très affecté par la mort de sa sœur Fanny, il meurt quelques mois plus tard, le 4 novembre 1847 à Leipzig, à l’âge de 38 ans.

Et si vous voulez entendre quelques-uns de ses œuvres chorales, yakacliquer sur le lien.

 

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« LE NUAGE », de MALLARMÉ

Après En envoyant un pot de fleurs de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Nuage, un autre poème de jeunesse datant de 1859.

Nuage es-tu l’écume

De l’océan céleste au flot limpide et pur ?

Es-tu la blanche plume

Que détacha la brise, en traversant l’azur,

De l’aile d’un des anges ?

Berlioz les Nuits d'été 6 - l'île inconnueCliquez sur l’image

Es-tu, quand nos louanges,

Volent avec l’encens aux pieds d’Adonaï

Bernstein Chichester Psalms Adonaï ro-iCliquez sur le garçon soprano

Le parfum que balance

Dans l’urne en feu, l’enfant devant la croix ravi?

Du ciel ou de la France

As-tu pris ton essor ?

As-tu vu bien des flots, mainte verte prairie ?

As-tu bercé ton ombre au marbre blanc où dort

Du grand sommeil Marie,

Gounod Roméo et Juliette Salut ! Tombeau sombre et silencieuxCliquez sur le tombeau sombre et silenci-eux

Où la brise aux cyprès murmure un chant de mort ?

« Oh : silence, silence !  » alors dit le nuage :

« Je suis l’envoyé du Seigneur.

Poulenc Salve ReginaCliquez sur l’image

Je porte sur mon sein un blond enfant, de l’âge

Où l’on ne sait pas que l’on meurt.

Je le pris : il dormait sur le sein de sa mère :

L’aile d’un ange est son suaire ! »

Citations :

De l’aile d’un des anges : BERLIOZ Les Nuits d’été, l’île inconnue.

Au marbre blanc où dort : GOUNOD Roméo et Juliette, Salut, tombeau sombre et silencieux

Adonaï : BERNSTEIN, Chichester Psalms, Adonaï ro-i.

L‘envoyé du Seigneur : POULENC Salve Regina.