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Divers, Géographie

CROISIÈRE LITTÉRAIRE et MUSICALE SUR LE DANUBE

Je ne savais pas quand j’ai écrit mon billet sur « le Danube (pas si bleu que ça) » que je ferais un jour une croisière sur ce fleuve, le deuxième plus grand fleuve d’Europe, qui traverse 10 pays et arrose 4 capitales. Cette croisière nous a permis de descendre (puis de remonter) le Danube, bénéficiant de visites guidées, de conférences très intéressantes, de concerts, ainsi que d’ateliers d’écriture. Bref un programme aussi chargé que passionnant !

Dimanche 16 avril : Visite de l’abbaye de Melk, incluant un concert privé de musique de chambre par le quatuor « Viva la Musica » (Haydn, Schubert, Lanner, Brahms).

Schubert Danses allemandesCliquez sur l’image

Navigation dans la vallée de la Wachau et conférence de Béatrice Vaida sur « l’empire des Habsburg ».

La vallée de la WachauLa vallée de la Wachau

Le soir, concert sur le bateau (Bach/Busoni, Prokofiev/Schubert, Ivanov, Chopin, Vladigeroff) donné par Martin Ivanov.

Chopin Polonaise héroïqueCliquez sur l’image

Lundi 17 avril : Visite de Vienne, en Autriche. Le soir, concert de Martin Ivanov sur le bateau (Schumann, Chopin, Liszt).

Schumann Papillons (Ivanov)Cliquez sur Martin Ivanov

Mardi 18 avril : Conférence de Béatrice Vaida sur Budapest. Visite de la partie basse de la ville, Pest, notamment du musée Liszt, et concert privé dans ce musée, par Istvan Gulyas (Liszt : Les Années de pèlerinage, la Suisse).

Concert Budapest

Liszt la Vallée d'ObermannCliquez sur le pianiste

Mercredi 19 avril : Visite de la partie haute de la ville, Buda et remontée vers Bratislava.

Jeudi 20 avril : Visite de Bratislava, capitale de la Slovaquie. Bratislava est une petite ville bien sympathique. Concert privé dans le palais primatial (Mozart, Dvorak). Atelier d’écriture animé par Irène Frain et Catherine Lalanne. Conférence de Béatrice Vaida sur « le Danube, fleuve européen ».

Concert Bratislava

dvorak Quatuor américain II lentoCliquez sur l’image

Le soir, conférence de Catherine Lalanne dédiée à l’exploration de l’œuvre de la romancière des lointains, Irène Frain, et à son dernier roman l’Allégresse de la femme solitaire.

Vendredi 21 avril : Atelier d’écriture. Visite de Linz, la ville du compositeur Bruckner.

Bruckner Symphonie 4 AllegroNe cliquez pas sur l’image

Linz est également le nom de la 36e Symphonie de Mozart. Alors qu’il était en voyage entre Salzbourg et Vienne, Mozart s’était arrêté à Linz. On lui demanda de donner un concert, mais comme il voyageait sans partition sur lui, il dut écrire de manière impromptue une symphonie, ce qu’il fit en 4 jours !

Mozart Symphonie 36 Linz AdagioCliquez sur l’image

Compositrices

CLAIRE RENARD, née en 1944.

image Claire Renard

J’ai eu récemment l’occasion de rencontrer la compositrice Claire RENARD lors d’une conférence débat consacrée aux femmes et à la création (littéraire et musicale). J’ai beaucoup aimé son approche, et après avoir pu discuter avec elle, j’ai décidé de lui consacrer ce billet. Après avoir fait quelques recherches, je lui envoyé un projet de billet, qu’elle a eu l’amabilité de relire et de modifier pour mieux faire apparaître la continuité de sa démarche.

Claire RENARD naît en 1944 à Neuilly-sur-Seine.

Elle apprend d’abord le piano avant de rencontrer Pierre SCHAEFFER, le « père » de la musique concrète ou électroacoustique, qui bouleversera sa conception de la musique. Elle entre ainsi au GRM, le Groupe de Recherches Musicales / INA.

Très intéressée par la pédagogie de la musique, Claire Renard écrit en 1982, Le Geste musical, une synthèse de ses expériences dans ce domaine, livre qui sera suivi de le Temps de l’espace en 1991.

En tant que compositrice, ses recherches portent sur les notions conjointes de temporalité et de spatialité, ainsi que sur le statut d’auditeur-spectateur. Cet intérêt pour le rapport geste / son, la spatialité et la lumière (certaines pièces sont écrites pour être écoutées dans le noir, ou sans que l’on voie les instrumentistes), la pousse à travailler avec des metteurs en scène et des vidéastes/plasticiens comme Gustavo FRIGERIO ou Esa VESMANEN ou encore Adalberto MECARELLI.

En 1984, elle fonde l’association PIMC (Pédagogie Informatique Musique et Création) pour mettre en œuvre la particularité de ses projets de situations d’écoute et sa réflexion sur la société dans laquelle elle vit.

Parmi ses créations, son intinéraire est jalonné de pièces-repères :

En 1986, La Vallée close, une pièce – créée par les Percussions de Strasbourg et le Chœur Résonance Contemporaine – où chœurs et instrumentistes sont groupés en 3 pôles différents, afin de créer un effet tournant pour l’auditeur.

En 1988, un concert spectacle à destination des enfants et du tout public, Pour Octave, où la mise en espace sollicite une écoute particulière.

En 1994, Brèves d’été, pièces pensées par rapport à l’endroit où Claire Renard se retire pour composer, en Grèce. À travers un dispositif centré sur voir/ne pas voir, ces pièces sollicitent la relation de l’individu qui est relié à beaucoup plus grand que lui et à un profond mystère. (Vous pouvez entendre Brèves d’été en allant sur son site, dont l’adresse figure à la fin de ce billet.)

Renard Brèves d'été

En 1995, sur des textes de Franck-André JAMME, elle compose Col Canto, un drame lyrique qui aborde l’identité et l’itinéraire d’une femme à travers trois âges de son existence. Ce travail sur la mémoire constitutive de l’identité se poursuit avec l’installation la Musique des mémoires (2000) issue de collectes sonores et vocales dans trois villes, Helsinki, Lisbonne et Athènes, et composée sous forme de séquences diffusées dans un dispositif dédié.

En 1997, sur un texte d’E.JABES, elle écrit On ne cesse pas de mourir de ce dit, une pièce chorale sur le racisme.

En 2003, Claire Renard écrit la Muse en son jardin, destinée à l’espace d’un jardin, et conçue autour d’une réflexion sur la finitude et l’infinitude, basée sur un texte de R.M. RILKE.

Renard la Muse en son jardinCliquez sur la Muse en son jardin

En 2006, elle compose Chambre du temps, une installation créée en collaboration avec E. Vesmanen, designer et vidéaste qui imagine des dispositifs d’écoute spécifiques à chacune des sept séquences musicales réparties dans l’espace.

En 2013, Claire Renard écrit l’opéra Orimita, un drame lyrique sur l’intolérance entre les cultures, sur un texte de Janine MATILLON.

Renard OrimitaCliquez sur l’image

En 2017, elle crée … « là où tombe la lumière », une pièce pour Cristal Baschet, contrebasse et percussions.

En 2020, Claire Renard prend la présidence de l’association Plurielles 34, une association promouvant la musique contemporaine écrite par des femmes.

En 2022, elle écrit Qui Que Quoi, pour chœur d’enfants et instruments ainsi que Là où tombe la lumière, une pièce pour erhu (un instrument chinois), violoncelle et piano, dans la continuité de sa recherche sur la mixité des sources sonores.

En 2022, elle crée aussi De sa vie restera une onde, pièce pour lectrice et électroacoustique à partir d’un texte de Ryoko SEKIGUCHI sur la relation entre voix en direct et voix enregistrée.

(Source principale :le numéro 30 de la revue Lisières, consacré à Claire Renard [novembre 2019]. Les passages ici surlignés sont extraits de cette revue).

Et pour en savoir (beaucoup) plus sur Claire Renard et écouter certaines de ses musiques, dont Brèves d’été, vous pouvez visiter son site à l’adresse suivante : http://www.clairerenard-pimc.fr/index.php/fr/

Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (7e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la sixième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Voici donc la Barcarolle des Contes d’Hoffmann interprétée par Bob DYLAN.

Offenbach Dylan Baracrolle I've made up my mind to give myself to youCliquez sur Bob Offenbach

STROMAE chante pour nous sa version de Carmen.

Bizet Stromae CarmenCliquez sur Georges Bizet

Avec la complicité de Jean-Claude VANNIER, MAURANE a chanté Sur un Prélude de Bach.

Bach Vannier Maurane Sur un Prélude de BachCliquez sur Jean-Sébastien Maurane

Dans le domaine classique, on connaît l’Horizon chimérique de FAURÉ, mais connaissez-vous celui de Julien CLERC.

Fauré l'Horizon chimérique je me suis embarquéCliquez sur l’image

Clerc l'Horizon chimériqueCliquez sur Julien

Quand elle était jeune, DALIDA s’amusait à chanter les rôles de baryton des opéras.

Rossini Dalida le Barbier de SévilleCliquez sur Dalida

La chanteuse de formation classique Nina HAGEN, qui a viré punk nous livre sa version de Carmen de BIZET.

Bizet Hagen CarmenCliquez sur Nina Bizet

Et retrouvez ici une huitième série d’œuvres classiques interprétées d’une manière pas forcément classique.

Agenda Ironique

TOUS LES MATOUS DU MONDE

Ce mois-ci (avril 2023), l’Agenda Ironique se passe chez Max-Louis.

Je vous propose le thème : CHAT

Si le chat représente, au-delà des symboles et des configurations vivantes qui peuvent nous être familières, un félin de petite taille constitué de toutes ses facéties, la littérature n’est pas en reste pour lui apporter du poil de la bête. Aussi aux exemples, nous pouvons pêcher quelques éléments distingués : donner sa langue au chat / Chat à neuf queues / Rue du Chat-qui-Pêche/ poisson-chat / comme chien et chat / pas un chat /…

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court), réel ou imaginaire et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
– automate
– créature
– usurpation
– compresseur
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Mais tout ceci est tellement bien esspliqué ici :

+ + +

Tous les matous du monde est un roman de Paschal Quignard, adapté brillamment au cinématographe par Alain Corbeau. Dans ce film on peut entendre le violiste Jordi Chat-Val improviser, tel un automate, à la viole de gambe sur le thème de la Folia.

Savall improvisations sur la FoliaCliquez sur l’image

Cette viole, comme tous instruments cités ici, a été fabriquée par un célèbre chat-luthier de Crémone, un certain Pietro GRIMEO. Le compositeur anglais Benjamin BRITTEN lui a rendu hommage en donnant son nom, anglicisé, au capitaine de chat-luthier que l’on trouve dans l’opéra Peter Grimes.

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image

À titre d’exemple, l’instrument de prédilection de BERLIOZ, le fameux Aristochat de Walt Disney, était le chat-lumeau. Et ce n’est que bien après ses années de formation qu’il s’est mis à la guitare et au piano !

Le chat-lumeau est un instrument ancien qui a préfiguré la clarinette baroque. Les chats-lumeaux étant des instruments très anciens, il n’est pas rare d’en trouver des faux ou des copies chez les brocanteurs. Attention donc à l’usurpation ! Quand les douaniers trouvent de telles contrefaçons, ils les passent immédiatement sous un rouleau compresseur.

Disney les Aristochatscliquez sur le chat

Après Berlioz, un autre chat chanteur est le Chat du Cheshire, dans les Aventures d’Alice au pays des merveilles, de Lewis Chat-rôle. Quelle étrange créature que ce chat qui peut se réduire à volonté à son simple sourire.

Disney le Chat du CheshireCliquez sur le chat du Cheshire.

Le Chat Murr ou, de son titre complet Les sages réflexions du chat Murr entremêlées d’une biographie fragmentaire du maître de chapelle Johannès Kreisler présenté au hasard de feuillets arrachés est un roman de E.T.A. HOFFMANN. C’est en hommage à son univers que le créateur du Génie des alpages a pris le pseudonyme de F’Murrrr !

Schumann KreislerianaCliquez sur les Kreisleriana

La nuit, tous les chats sont gris, et pas seulement s’ils sont pris de boisson. C’est ce que semble nous confier Andrw LLOYD-WEBER dans sa comédie musicale Cats.

Cats the musical MemoryCliquez sur chat qui est certainement gris la nuit !

Et si vous voulez d’autres chats musicaux, vous pouvez toujours relire ce billet.

Écrivains, littérature, Philosophie

VOLTAIRE (FRANÇOIS-MARIE HAROUET) (1694-1778)

François-Marie AROUET, dit Voltaire, est né à Paris le 21 novembre 1694.

À l’âge de dix ans, il entre au Collège Louis-le-grand, tenu par les Jésuites, où il restera sept ans. À sa sortie du collège, il entreprend des études de droit pour faire plaisir à son père, mais sans renoncer à sa vocation d’écrivain.

En 1715, au début de la Régence, Voltaire prend position contre le Régent, ce qui lui vaut des ennuis. C’est ainsi qu’il est embastillé en 1717 pour avoir produit des écrits satiriques. Libéré au bout de onze mois, à l’âge de 23 ans, il décide de se consacrer exclusivement à la littérature et prend le pseudonyme de Voltaire.

En 1718, il publie sa première tragédie, Œdipe, qui connaît un beau succès.

En 1723, il publie la Henriade, un long poème en vers à la mémoire de Henry IV, qui connaît un grand et durable succès.

En 1726, suite à une dispute avec un noble, Voltaire est humilié publiquement, passe deux semaines à la Bastille puis est contraint de partir en exil. Voltaire se retrouve alors en Angleterre, où il a l’occasion de comparer les deux régimes qui règnent en France et en Angleterre. Il en tirera son premier essai philosophique : les Lettres philosophiques, qui remporte un beau succès en Angleterre, mais aucun en France. En 1728, il est autorisé à rentrer en France, mais doit éviter Paris (et Versailles).

Voltaire reprend sa vie littéraire. Sa pièce Zaïre (1732) connaît un grand succès dans toute l’Europe. Le Zaïre de Voltaire a été abondamment utilisé pour des sujets d’opéra. On peut noter par exemple le Zaïde (1780) de MOZART, ou le Zaïra (1829) de BELLINI.

En 1733, il devient l’amant de madame du Châtelet, auprès de qui il s’intéresse aux sciences et à la philosophie. Dès lors commence pour l’écrivain une double vie. Aux pièces officielles reconnues par lui s’ajoutent des satires ou polémiques qu’il ne reconnaît pas. Il écrit pour RAMEAU un livret d’opéra, Samson, qui victime de la censure ne sera jamais représenté. (Quand SAINT-SAËNS, déjà connu pour ses talents de pianiste virtuose, voudra se faire reconnaître à l’opéra, passage obligé pour être reconnu comme un VRAI musicien, il se servira du livret de Samson comme sujet de son premier projet d’opéra. Bien lui en prit, puisque cette adaptation nous donnera Samson et Dalila, qui connaîtra un très grand succès.)

En 1736 Voltaire commence une correspondance avec Frédéric, le futur roi de Prusse, qui l’invitera régulièrement à Berlin. 1736 est l’année où il écrit la tragédie Alzire, qui sera adaptée par VERDI avec sa peu connue Alzira (1845).

Verdi Alzira Da Guzman su fragil barcaCliquez sur l’image

En 1744, il peut enfin se rapprocher de Louis XV, et écrit avec Rameau La Princesse de Navarre qui sera créé en 1745 à l’occasion du mariage du Dauphin (le fils du roi). À la fin de cette même année, les deux hommes écrivent un opéra à la gloire du roi, Le Temple de la Gloire, à l’occasion de la victoire de Fontenoy.

Rameau la Princesse de NavarreCliquez sur l’image

En 1746, Voltaire entre à l’Académie française, mais 1746 est aussi l’année de publication de Zadig, un ouvrage qu’il désavoue.

En 1748, Voltaire écrit la tragédie Sémiramis, qui sera adaptée par CATEL en 1802 et par ROSSINI en 1823 (sous le titre de Semiramide).

Rossini Semiramide scène et air d'AssurCliquez sur Assur

En 1750, Voltaire part à Berlin où il travaillera à la cour de Frédéric pendant plus de deux ans. C’est là qu’il écrit son conte Micromégas. Micromégas sera mis en musique par Paul MÉFANO en 1978.

Méfano MicromégasCliquez sur l’image

Suite à une brouille avec Frédéric, Voltaire doit prendre la fuite et finit par se retrouver à Genève, où il écrit Candide. PAÏSIELLO écrira en 1787 le Roi Théodore à Venise d’après cette pièce et près de deux siècles plus tard, Bernstein écrit l’opérette Candide en 1956.

Bernstein Candide Make our Garden GrowCliquez sur Lenny

Voltaire travaille aussi à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert et, pour fuir le puritanisme protestant genevois, achète en 1758 le château de Ferney-Voltaire, situé sur le territoire français, mais proche de Genève.

En 1760, il écrit la tragédie Tancrède, qui sera adaptée par Rossini en 1813.

En 1762, Voltaire écrit la tragédie l’Olympie, qui sera mise en musique par SPONTINI en 1818.

Spontini OlympieCliquez sur le Concertgebouw d’Amsterdam

En 1764, il publie le Dictionnaire philosophique portatif, destiné à faire réfléchir le lecteur sur des sujets d’ordre philosophique, contre le fanatisme et l’intolérance.

En 1767 paraît le conte satyrique l’Ingénu, qui sera adapté par GRÉTRY l’année suivante, sous le titre le Huron.

Grétry le HuronCliquez sur Grétry

En 1778, Voltaire est autorisé à revenir à Paris pour la création de sa pièce Irène. Le tout Paris (mais pas l’Église) se presse pour le rencontrer, mais il est déjà malade depuis quelques années, et meurt d’un cancer de la prostate le 30 mai 1778 à Paris et à l’âge de 83 ans.

Et pour mémoire, vous pouvez retrouver les liens entre Voltaire et ROUSSEAU dans le billet « Voltaire et Rousseau, les joyeux duettistes« .

Mes opéras préférés

NIXON IN CHINA, de John ADAMS (1987)

Nixon in China est un opéra de John ADAMS créé en 1987 à Houston. Son sujet est inspiré de la rencontre historique entre Nixon et Mao en Chine en 1972, après 20 ans de rupture diplomatique entre les deux grandes puissances que sont les USA et la Chine, sur fond de guerre du Viet Nam.

Cet opéra, déjà devenu un classique aux États Unis, vient d’entrer au répertoire de l’opéra de Paris.

Adams Nixon in china itw CarrascoCliquez sur la metteuse en scène

Adams Nixon in china saluts DudamelCliquez sur les saluts

Le pitch : Le président Nixon et sa femme sont invités par le président Mao à passer une semaine en Chine, pour rétablir des relations diplomatiques très détériorées par la guerre froide.

Acte I

Scène 1 : Aéroport de Pékin.

Sur le bord de l’aéroport, des représentants des armées de terre, de l’air et de la marine attendent l’arrivée de l’avion du président Nixon. Ils chantent des hymnes pendant que le Premier ministre Zhou Enlai marche sur la piste. Nixon débarque et ils se serrent la main.

Adams Nixon in china The People are the Heroes nowCliquez sur l’image

Scène 2 : le bureau du président Mao.

Une heure plus tard, Nixon et Mao se rencontrent dans le bureau de celui-ci. Mao tient des discours philosophiques plus ou moins compréhensibles.

Scène 3 : la Salle du peuple à Pékin.

Tout le monde a rendez-vous pour le grand banquet. Nixon et sa femme échangent des souvenirs de leur jeunesse, quand ils se sont rencontrés. L’atmosphère se détend quand les libations se succèdent.

Acte II

Scène 1 : Madame Nixon découvre Pékin.

Alors que la neige est tombée pendant la nuit, madame Nixon visite Pékin. Elle explique aux journalistes ce que c’est que d’être Première Dame. Des ouvriers d’une verrerie lui offrent un éléphant en verre. Elle arrive au Palais d’été et chante « This is prophetic ».

Adams Nixon in China It's propheticCliquez sur madame Nixon

Scène 2 : une soirée à l’opéra de Pékin.

Adams Nixon in China Young as we areCliquez sur l’image

Les Nixon assistent à une représentation du ballet révolutionnaire chinois le Détachement féminin rouge, conçu par la femme de Mao, Jiang Qing. Les Nixon s’arrêtent au côté hollywoodien de l’œuvre, sans percevoir le côté révolutionnaire, ce qui choque Jian Qing. Elle chante « I am the Wife of Mao Tse Tung », vite repris par le chœur.

Acte III: Dernière soirée à Pékin.

Les feux de la fête éteints, chaque couple retourne dans sa chambre pour évoquer le passé. Mao se souvient de sa jeunesse et de sa rencontre avec sa femme Chiang Ch’ing et dansent.

Adams Nixon in China I am old and I Cannot sleepCliquez sur Mao

De leur côté (mais en même temps), Nixon et sa femme se rappellent leur rencontre au Viet Nam, ce qui donne à John Adams l’occasion d’écrire un sextuor final dans la grande tradition de l’opéra. C’est Zhou Enlai qui a le mot, ou plutôt l’interrogation, de la fin: « Y a-t-il quelque chose de bien dans tout ce qu’ils ont fait ? »

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littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« TOMBEAU », de MALLARMÉ (1897)

Après Quand l’ombre menaça de la fatale loi de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, Tombeau, un poème de 1896 et paru en 1897 pour 1er anniversaire de la mort de VERLAINE. Sans (grande) surprise, on retrouve des thèmes déjà abordés dans le Tombeau d’Edgar Allan POE, Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change.

Le noir roc courroucé que la bise le roule

Kubrick 2001 monolithe

Ne s’arrêtera ni sous de pieuses mains

Tâtant sa ressemblance avec les maux humains

Comme pour en bénir quelque funeste moule.

Ici presque toujours si le ramier roucoule

Messager les deux pigeonsCliquez sur l’image

Cet immatériel deuil opprime de maints

Nubiles plis l’astre mûri des lendemains

Dont un scintillement argentera la foule.

Qui cherche, parcourant le solitaire bond

Tantôt extérieur de notre vagabond –

Schubert Wanderer FantasieCliquez sur la partition

Verlaine ? Il est caché parmi l’herbe, Verlaine

À ne surpendre que naïvement d’accord

La lèvre sans y boire ou tarir son haleine

Un peu profond ruisseau calomnié la mort.

Berlioz la Damnation de Faust Sans regrets j'ai quittéCliquez sur l’image

Citations:

Le noir roc : Requiem de LIGETI, tel qu’on peut l’entendre dans le film 2001, a Space Odyssey de KUBRICK.

Si le ramier roucoule: MESSAGER Les deux Pigeons (d’après la FONTAINE).

notre vagabond : SCHUBERT Wanderer Fantasie (Fantaisie du voyageur)

la lèvre sans y boire : BERLIOZ la Damnation de Faust « Sans regrets j’ai quitté ». Las de vivre, le docteur Faust approche de ses lèvres une coupe de cristal contenant du poison.

Divers, Fantaisie, Histoire de l'opéra, Mes opéras préférés, Nature, Premier avril, Sciences

LE CANTIQUE DES QUANTIQUES

L’événement semble passer largement inaperçu, c’est pourtant ce soir (1er avril 2023) que sera créé, en direct du CERN sous les yeux des spectateurs, le dernier opéra de Stephen HAWKING, et le premier opéra quantique de l’histoire.

On se souvient de la catastrophique production de l’Opéra de Paris, convoquant Stephen Hawking dans une mise en scène de la Damnation de Faust de BERLIOZ (avec l’approche simpliste suivante, Faust = savant et savant = Hawking).

Berlioz la Damnation de Faust final (Hawking)Cliquez sur l’image

Mais ce n’est pas de cet « hommage » raté que je vais vous parler aujourd’hui, mais bien de la création du premier opéra quantique de l’histoire, sous-titré « Des Trous de vers au cœur des trous noirs« .

Suivant le classement de G.B.SHAW, nous sommes ici dans une configuration originale (S+B / TdV ), puisqu’une étoile (soprano) est attirée par un trou noir (basse), alors qu’un trou de vers (TdV) cherche à les séparer.

Le pitch : Les trous noirs sont des régions singulières de l’espace-temps, créées par l’effondrement d’une étoile supermassive sur elle-même, créant un champ gravitationnel si intense que la matière qui l’approche ne peut s’en échapper. Mieux, la lumière elle-même, composée de photons, est attirée inéluctablement par le trou noir. Dès lors, aucune lumière ne peut en provenir, d’où le nom de trou noir.

Ligo Gravitational Wave ChirpCliquez sur la coalescence de deux trous noirs

Acte I : En 1974, le physicien Stephen Hawking, dans le cadre de ses travaux sur la thermodynamique des trous noirs a suggéré que les trous noirs détruisent l’information contenue dans les objets qu’ils absorbent, ce qui est contraire aux lois les plus élémentaires de la physique quantique.

Monty Python Galaxy Song, by Stephen HawkingCliquez sur Stephen Hawking interprétant le Galaxy song des Monthy Python

Acte II : Hawking a montré que les trous noirs ne sont pas si noirs que ça. En fait, ils s’évaporent suivant le « rayonnement de Hawking », jusqu’à disparaître complètement (bon, d’accord, le temps qu’ils s’évaporent, l’univers aura largement eu le temps de disparaître, donc on n’est pas près d’observer ce phénomène.) Il a aussi montré que lors de la création de deux particules virtuelles de part et d’autre de l’horizon du trou noir, une de ces particules reste en dehors alors que l’autre est absorbée par le trou noir. Là où ça se complique, c’est que ces particules sont physiquement intriquées, c’est-à-dire que toute l’information de l’une est partagée par l’autre, alors que l’une des deux est phagocytée par le trou noir, et que son information est donc perdue.

Waksman Protonic GamesCliquez sur l’accélérateur du CERN

L’œuvre précédente s’appelle Protonic Game, de Fabien WAKSMAN. Ce compositeur a également écrit un cycle de 9 mélodies intitulées Hawking Songs, sur des poèmes de Jean-Philippe UZAN. Vous pouvez en entendre 3 d’entre eux en cliquant sur le lien suivant (de la minute 24 à la minute 39,5) :

Waksman Hawking SongsCliquez sur l’émission de France Musique

Acte III : Pour résoudre cet amusant paradoxe, les physiciens en sont venus à l’idée que deux trous noirs pouvaient être reliés entre eux par un « trou de vers », et que de l’information pouvait ainsi circuler d’un trou noir à l’autre. Ils ont nommé l’île la région intérieure du trou noir pouvant ainsi être échangée.

Varèse IonisationsCliquez sur Ionisations

(Source : Une île au cœur des trous noirs, Pour la Science n°542, décembre 2022.)

Le livret ayant été écrit en partie à partir de la Petite Cosmogonie portative de Raymond QUENEAU, il n’est pas surprenant que l’Opéra de Saint-Glinglin ait d’ores et déjà planifié une reprise de cette œuvre le 1er avril 2024.

P.S. J’avais déjà bien avancé sur la préparation de ce billet quand je suis tombé sur le podcast « Astrophysique et musique avec Jean-Pierre Uzan« , qui m’a permis de trouver quelques idées supplémentaires. Vous pouvez cliquer pour arriver sur le podcast complet.

Et si vous voulez un peu plus de zizique, vous pouvez toujours cliquer sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez un peu plus de zizique

Retrouvez d’autres articles publiés un 1er avril :

Havre & Caumartin.

Arnoldo Poivrieri.

La fée nommée mène au logis (de l’esprit).

Divers

QUAND ON JOUE AUX CARTES À L’OPÉRA

Avez-vous remarqué que l’on joue (et triche) parfois aux cartes dans les opéras ?

Ainsi, dans les deux opéras jumeaux que sont la Traviata et Manon, on trouve une scène où l’un des héros joue aux cartes et se fait accuser de tricher.

Massenet Manon Acte IV scène 1 Faites vos jeux, messieurs !Cliquez sur l’image

Au début du 3e acte de Carmen, de BIZET, Frasquita et Mercedes se tirent les cartes pour voir leur avenir. Carmen à son tour tire les cartes, mais elle découvre que son destin est la mort.

Bizet Carmen scène des cartesCliquez sur Carmen

Dans le final de La Dame de pique de TCHAÏKOVSKI, d’après POUCHKINE, le prince Eletski qui a tué la comtesse pour connaître le secret d’une martingale infaillible joue ces trois cartes. Hélas, la troisième carte qui sort est la Dame de pique, qui entraînera sa mort.

Tchaïkovski la Dame de pique scène finaleCliquez sur la scène finale de la dame de pique

On trouve une scène de poker dans l’opéra-western La Fanciulla del West de PUCCINI.

Puccini Fanciulla del west poker MetCliquez sur a scène de poker

STRAVINSKY a écrit le ballet Jeux de cartes.

Stravinsky Jeux de cartes

Enfin, PROKOFIEV a écrit l’opéra le Joueur, d’après le roman de DOSTOÏEVSKI.

Divers, Maria Callas

NEUF GRANDS AIRS DE PUCCINI

Giacomo PUCCINI est un des compositeurs dont les opéras sont les plus joués au monde. Il a exercé sa science de l’orchestration dans une dizaine d’opéras, y semant chaque fois un ou deux airs appelés à devenir des « tubes » auprès des interprètes comme du public.

Son premier succès est Manon Lescaut (1893). On peut y entendre la malheureuse Manon chanter « Sola, perduta, abbandonata » (Seule, perdue et abandonnée).

Puccini Manon Lescaut Sola, perduta, abbandonataCliquez sur Maria José Lescaut

Aussi dans La Bohème (1896), au premier acte quand la couturière Mimi se présente à Rodolfo, avec « Si, mi chiamo Mimi ».

Puccini la Bohème Mi chiamani Mimi (Callas)Cliquez sur Mimi Callas

Le chef-d’œuvre suivant est Tosca (1900) et contient deux « énormes » airs, « Vissi d’Arte » de Tosca et « E lucevan le Stelle » de son amant Cavaradossi.

Puccini Tosca Vissi d'arte (Gheorgiu)Cliquez sur Angela Tosca

Puccini Tosca E lucevan le stelle (Pavarotti)Cliquez sur Luciano Cavaradossi

En 1904, nouveau chef-d’œuvre avec Madame Butterfly et son « Un bel di vedremo ».

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur Renata Butterfly

En 1910, il écrit le western la Fanciulla del West, avec son air « Ch’ella mi creda libero e lontano ».

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi crda libero e lontanoCliquez sur Jonas Johnson

En 1917, il écrit la Rondine, qui contient l’air « Chi il bel sogno di Doretta ».

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En 1918, c’est Gianni Schicchi, une des trois pièces du Triptyque, avec son « O mio babbino caro ».

Puccini Gianni Schicchi O mio babbino caro a Room wtrh a viewCliquez sur le professeur Ombrage

Le dernier opéra de Puccini, resté inachevé à sa mort en 1924, est Turandot. C’est dans cette œuvre qu’on peut entendre le « Nessun Dorma ».

Puccini Turandot Nessun dormaCliquez sur Roberto Calaf