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Cinéma, Compositrices

Germaine TAILLEFERRE (1892-1983)

image Tailleferre

Germaine TAILLEFERRE est née le 19 avril 1892 à Saint-Maur-des-Fossés, près de Paris. (Son nom de famille était Taillefesse, mais elle a préféré en changer).

Elle commence l’étude du piano avec sa mère à l’âge de deux ans et écrit ses premières pièces musicales à cinq ans. Mais dans le milieu bourgeois de sa famille, il n’est pas convenable pour une femme de s’adonner à la musique, et son père refuse qu’elle entre au Conservatoire.

C’est pourtant ce qu’elle fait en 1904, avec la complicité de sa mère. Elle obtient sa médaille de solfège en 1906 (à 14 ans, donc.) En 1912, elle y rencontre Darius Milhaud, Georges Auric et Arthur Honegger.

Elle fréquente les milieux artistiques parisiens et rencontre Apollinaire et Marie Laurencin. En 1917, elle fait la connaissance de Picasso et Modiglianai et c’est chez eux que début 1918 est donné le premier concert des « nouveaux jeunes », comprenant aussi Francis Poulenc (qu’elle appelait « Poupoule ») et Louis Durey. Au programme était donné Jeux de plein air de Germaine Tailleferre, une œuvre pour deux pianos qu’elle jouait avec Erik Satie.

En 1920, un critique musical renomme le petit groupe « Groupe des six » par analogie au célèbre « Groupe des cinq » russe. En 1921, elle participe à la création des Mariés de la Tour Eiffel, une œuvre collective pour laquelle elle écrit « Quadrille » et « la Valse des dépêches ».

Groupe des six les Mariés de la Tour EiffelCliquez sur la toile de CHAGALL

En 1921 encore, elle écrit pour son ami Jacques Thibaud sa première Sonate pour piano et violon, sonate qui sera créée l’année suivante par le duo Cortot Thibaud. En 1923, elle écrit le ballet le Marchand d’oiseaux.

Tailleferre le Marchand d'oiseauxCliquez sur l’image

Germaine reçoit des conseils de composition de la part de Ravel et a séjourné plusieurs fois à Hendaye chez son aîné. En 1924, elle écrit l’adagio pour violon et piano.

Tailleferre adagio violon pianoCliquez sur l’image

En 1926, elle se marie à un dessinateur américain, et part vivre avec lui à Manhattan. Elle y rencontre Charlie Chaplin, mais son mari, jaloux du sccès de son épouse, refuse qu’elle écrive de la musique pour Chaplin (c’eût été pour le Cirque !). Elle dédie néanmoins son Concertino pour harpe et orchestre à son mari.

En 1927, le couple revient à Paris mais en 1929, le couple se sépare (son ex-mari se suicidera en 1931.) En 1929, elle écrit Six chansons françaises.

En 1931, elle travaille à un opéra-comique, Zoulaina, dont il ne reste que l’ouverture. 1931 est aussi l’année de naissance de son seul enfant, issu de sa liaison avec un juriste qu’elle épousera l’année suivante. Las, une fois encore, son mari n’apprécie guère de la voir composer de la musique. Elle commence à également à écrire de la musique de film.

En 1937, elle travaille avec Paul Valéry pour la Cantate du Narcisse.

Pendant l’occupation, Germaine quitte la France pour les États-Unis. Elle revient en France en 1946.

En 1949, Germaine Tailleferre écrit un ballet, Paris-Magie, et un opéra-comique Il était un petit navire qui ne connaîtra pas de succès.

En 1951 elle écrit la comédie musicale Parfums et en 1953 le ballet Parisiana ainsi que sa Sonate pour harpe.

Tailleferre sonate pour harpeCliquez sur la harpiste

En 1955, elle écrit pour la radio sa Petite histoire lyrique de l’art français : du style galant au style méchant, une commande de Jean Tardieu pour la RTF. Germaine et son mari se séparent et le divorce est prononcé l’année suivante. Germaine se retrouve « libre ».

Tailleferre la Fille d'opéraCliquez sur la Fille d’opéra

En 1957, elle compose l’opéra la petite Sirène sur un texte de Philippe Soupault et un peu plus tard Le Maître sur un texte de Ionesco. Cette même année, Louis Malle fait appel à elle pour la musique de son film Ascenseur pour l’échafaud, mais Miles Davis, à qui Louis Malle avait montré ce qu’il avait tourné improvise en une nuit ce qui sera l’une des musiques de film les plus marquantes.

En 1963, Germaine Tailleferre écrit l’Adieu du Cavalier, un hommage à Poulenc sur un texte d’Apollinaire.

Sur la fin de sa vie, sous l’impulsion de Désiré Dondeyne, le chef de l’orchestre d’harmonie des gardiens de la Paix, elle écrit plusieurs œuvres pour ces orchestres d’harmonie.

Sa dernière œuvre est une commande du ministre de la Culture, le Concerto de la fidélité (1981).

Tailleferre Concerto de la fidélité (pour voix élevée)Cliquez sur l’image

Germaine Tailleferre meurt le 7 novembre 1983 à Paris, à l’âge de 91 ans.

littérature, Oulipo, Poésie

QUELQUES HAÏKAÏS WAGNÉRIENS (6e Série)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.

Je propose régulièrement des haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par des idées musicales qui me viennent en le lisant.

Aujourd’hui, je vous propose quelques haïkaïs wagnériens.

Opéra bateau

Der Fliegende Holländer

De Richard WAGNER.

Wagner Vaissau fantôme ouvertureCliquez sur le bateau

C’est au moyen-âge

Le Tannhaüser de Wagner

Vénus et la Vierge

Wagner Tannhaüser 2e chœur des pélerinsCliquez sur l’image

Opéra fluvial

C’est l’Or du Rhin (Rheingold)

Wotan – Alberich

Wagner Rheingold finalCliquez sur l’image

Opéra : la suite

de Rheingoldla Walkyrie

Wotan et Brünnhilde

Wagner la Walkyrie die Walküre Scène finaleCliquez sur Brünnhilde et Wotan

Opéra trop bien !

Mais oui, Tristan und Isolde

L’amour et la mort

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Cliquez sur Tristan et Iseult

Opéra mystique

Bravo, c’est le Parsifal

Kundry – Parsifal

Wagner Parsifal Wein und BrotCliquez sur l’image

Vous pouvez retrouver ici la cinquième série de haïkus proposée sur ce blog.

Films, Mes opéras préférés

WEST SIDE STORY, de BERNSTEIN (1957)

Le compositeur Léonard Bernstein et le chorégraphe Jérôme Robbins ont eu une première collaboration en 1944, avec l’opérette Fancy Free. Dès 1949, ils ont l’idée d’adapter Roméo et Juliette de SHAKESPEARE dans les quartiers de New York. Leur idée à l’époque était d’évoquer une rivalité entre chrétiens et juifs.

Ce n’est qu’en 1955 qu’ils relancent le projet d’une comédie musicale sur ce thème, où l’on verrait s’affronter des bandes de jeunes d’origines italo-polonaises et portoricaines.

Il leur faudra encore deux ans pour arriver à la création de la pièce à Broadway, en s’adjoignant les services de Arthur Laurents pour le texte, et Stephen Sondheim pour les lyrics.

West Side Story a fait l’objet d’une adaptation cinématographique sortie en 1961, qui raflera 10 oscars, et d’une plus récente par Spielberg.

Le pitch : Roméo et Juliette à New York.

Acte I : Dans l’Upper West Side de New York, deux bandes de jeunes s’affrontent pour contrôler le territoire, les Jets, d’origine étrangère mais nés en Amérique et les Sharks, immigrés d’origine portoricaine, qui sont donc considérés comme moins américains. Riff, le chef des Jets, veut chasser de son quartier les Sharks, menés par Bernardo. Il demande à Tony, un ancien Jet qui a quitté la bande pour entrer dans la vie active, de l’aider. Il compte profiter du bal du soir pour lancer un défi aux Sharks. Tony pressent qu’il va se passer quelque chose pour lui ce soir (Air : « Something’s coming »).

Bernstein West side Story Something's comingCliquez sur Tony

Dans un atelier de robes de mariées, Maria et Anita discutent. Anita est la fiancée de Bernardo. Maria est la sœur de Bernardo et vient d’arriver à New York. Bernardo et son ami Chico entrent. Bernardo voudrait marier sa sœur Maria avec Chico.

Le soir au bal, Tony et Maria se rencontrent et tombent immédiatement amoureux.

Bernstein West side Story le bal (Mambo)Cliquez sur le bal et criez « Mambo »

Bernardo les sépare et renvoie Maria à la maison, lui rappelant qu’ils ne sont pas du même camp. Puis les deux bandes mettent au point le détail de l’affrontement qui doit avoir lieu le lendemain.

Tony se rend à l’appartement de Maria et l’appelle doucement dans la nuit (Air : « Maria »).

Bernstein West side Story MariaCliquez sur Tony

Maria sort et ils se retrouvent, pendant que ses parents dorment. Ils se promettent de se retrouver le lendemain à l’atelier où travaille Maria. Plus tard, les Portoricains chantent sur les toits (Air : « America »).

Bernstein West side Story AmericaCliquez sur Anita

Pendant ce temps, Tony va sous la fenêtre de Maria, et les deux jeunes gens se retrouvent (Duo : « Tonight ».)

Bernstein West side Story TonightCliquez sur Tony et Maria

Peu après, les Jets et les Sharks se retrouvent, et se mettent d’accord pour un duel le lendemain, chaque camp envoyant son « champion » se battre à mains nues.

Le lendemain, quand Tony et Maria se retrouvent, celle-ci demande à Tony de faire en sorte que le duel n’ait pas lieu. Puis, laissant libre cours à leurs rêves, ils improvisent une cérémonie de mariage.

Le soir, chacun se rend vers son destin (extraordinaire quintette : « The rumble », où viennent se superposer et se mélanger les thèmes des Jets, des Sharks, d’Anita, de Maria, de Tony et des femmes des deux groupes).

Bernstein West side Tonight (the Ramble)Cliquez sur Maria

Enfin, l’affrontement a lieu, mais il dégénère, et Bernardo tue d’un coup de couteau Riff, l’ami de Tony. Fou de douleur, celui-ci qui était venu pour calmer le jeu, ramasse le couteau de Riff, et tue Bernardo.

Acte II : Pendant que le drame a lieu, Maria se fait belle pour Tony (Air : « I feel pretty »).

Bernstein West side Story I feel prettyCliquez sur l’image

Mais Chino arrive et raconte à Maria ce qui vient de se passer. Pendant qu’elle prie, seule, Tony entre par la fenêtre et lui demande pardon. Maria pardonne, et lui demande de rester avec elle. Tous deux chantent leur rêve d’un endroit où la paix régnerait (Air : « Somewhere »).

Bernstein West side Story SomewhereCliquez sur l’affiche du film

Dans la rue, le policier Krupke essaie de savoir ce qui s’est passé, mais les jeunes se moquent du lui, et de la société qu’il représente. Anybody, une jeune fille garçon manqué qui rêve d’entrer dans la bande vient prévenir que Chino a juré de tuer Tony.

Anita arrive chez Maria. Elle devine qu’ils ont passé la nuit ensemble, et lui reproche d’aimer le meurtrier de son frère (Air : « A boy like that, to kill a man »), mais quand Maria lui répond, elle comprend que l’amour de Maria pour Tony est le même que son amour à elle pour Bernardo (Air : « I have a love »).

Bernstein West side Story A boy like thatCliquez sur Maria et Anita

Elle la prévient que Chino recherche Tony pour le tuer, aussi quand un officier de police vient l’interroger, Maria demande à Anita d’aller prévenir Tony à sa place.

Au drugstore où se cache Tony, les Jets empêchent Anita d’entrer. La situation dégénère et ils tentent de la violer. Quand Doc, le patron du drugstore, arrive et les calme, Anita, pleine de haine, transmet à Tony un autre message que celui de Maria. Elle annonce que Chino l’a tuée.

Fou de douleur, Tony erre dans la ville et appelle Chino. Soudain, il voit arriver Maria qui se rend à son rendez-vous avec lui au drugstore. Mais le temps qu’ils se retrouvent, on entend un coup de feu. C’est Chino qui a tué Tony. Maria ramasse l’arme et menace Chino, les Jets, les Sharks. Incapable de tirer, elle fait passer un message de paix. Les Jets et les Sharks ramassent le corps de Tony, et l’escortent dans un dernier convoi funèbre.

Bernstein West side Story finalCliquez sur Maria

(Sources principales : la bonne dizaine de fois [au moins] que j’ai vu le film, en salle ou en DVD, et/ou la comédie musicale).

Et si vous voulez encore un peu de West Side Story, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez encore un peu de West side Story

littérature, Oulipo, Poésie

« ALCHIMIE DE LA DOULEUR », de BAUDELAIRE

Après Quand l’ombre menaça de la fatale loi de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi cette fois dans le riche corpus baudelairien.

Aujourd’hui, donc, Alchimie de la douleur de BAUDELAIRE.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

L’un t’éclaire avec son ardeur,

L’autre en toi met son deuil, Nature !

Ce qui dit à l’un : Sépulture !

Dit à l’autre : Vie et splendeur !

Verdi Aïda O terra addioCliquez sur l’image

Gounod Mors et Vita JudexCliquez sur l’image

Hermès inconnu qui m’assistes

Et qui toujours m’intimidas,

Tu me rends l’égal de Midas,

Le plus triste des alchimistes;

Berlioz damnation sans regretsCliquez sur l’image

Par toi je change l’or en fer

Et le paradis en enfer;

Dans le suaire des nuages

Gounod La Nonne sanglante 2

Je découvre un cadavre cher,

Et sur les célestes rivages

Je bâtis de grands sarcophages.

Messiaen le Banquet céleste

Citations musicales :

Sépulture : VERDI, Aïda, scène finale (« O terra, addio »).

Vie et splendeur : GOUNOD Mors et Vita « Judex »

Les alchimistes : il me plaît de penser que le docteur Faust, ce savant du Moyen-Âge devait être un peu alchimiste. BERLIOZ La Damnation de Faust « Sans regret, j’ai quitté ».

Le suaire : Gounod la Nonne sanglante.

Les célestes rivages : MESSIAEN le Banquet céleste.

Écrivains, littérature

Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778)

Jean-Jacques ROUSSEAU est né à Genève le 28 juin 1712. Sa mère meurt le 7 juillet de la même année et Jean-Jacques est élevé par sa tante.

À dix ans, il est mis en pension.

À douze ans, on le place en apprentissage chez un greffier, ce qui ne lui plaît guère, et l’année suivante, il entre en apprentissage chez un graveur.

En 1728, il voyage et part à Annecy puis à Turin.

En 1730, à Lausanne, il se fait passer pour un maître de musique parisien.

En 1732, Rousseau donne des cours de musique et en 1742, il travaille à un nouveau système de notation musicale, qu’il présente devant l’Académie des Sciences.

En 1743, il publie sa Dissertation sur la musique moderne et commence l’opéra les Muses galantes. RAMEAU l’accuse d’avoir copié des passages chez un musicien italien. Rousseau quitte Paris pour un emploi de secrétaire de l’ambassadeur de France à Venise.

JJ.ROUSSEAUCliquez sur JJ Rousseau

En 1744, après une dispute avec l’ambassadeur, il revient à Paris où on l’introduit chez le fermier général le RICHE de la POUPLINIÈRE.

En 1745, il se lie avec Thérèse LEVASSEUR, une lingère. Il finit les Muses galantes, qui est représenté devant le roi. Il entre en relation avec DIDEROT et D’ALEMBERT. À la fin de l’année, il retouche les Fêtes de Ramire, de VOLTAIRE et Rameau.

En 1746, c’est la naissance du premier enfant de Jean-Jacques et Thérèse, enfant qui est déposé à l’hospice des Enfants-Trouvés. Rebelote en 1748 avec la naissance de leur second enfant, qui est également déposé à l’hospice des Enfants-Trouvés.

En 1749, D’Alembert confie à Rousseau la rédaction des articles sur la musique de l’Encyclopédie. Ces articles, qui critiquent le système harmonique de Rameau, contribueront plus tard à la Querelle des Bouffons. Jean-Jacques se met en ménage avec Thérèse.

En 1752, Rousseau compose le Devin du village, qui est représenté avec succès devant le roi. C’est à cette occasion qu’éclate la Querelle des Boufons.

rouffeau devinCliquez sur JJ Rousseau

La querelle des Bouffons. Déclenchée à l’occasion d’une représentation de la Servante maîtresse de PERGOLÈSE en 1752, elle oppose les partisans du drame lyrique français, respectueux de l’harmonie chère à Rameau et ceux de l’opéra-bouffe italien, valorisant la mélodie. Elle est alimentée par Rousseau, auteur de l’opéra le Devin du village (1752), qui n’a pas apprécié les critiques de Rameau. Il décrète que le français n’est pas une langue faite pour le chant, à l’inverse de l’italien. La querelle des Bouffons marque la limite entre l’opéra baroque et l’opéra classique.

1753 : représentations du Devin du Village à l’Opéra. Rousseau publie la Lettre sur la musique en France, qui est une charge contre la musique française et on refuse l’entrée de l’Opéra à Rousseau !

En 1754, Rousseau séjourne à Genève où il travaille au Discours sur l’inégalité.

En 1755, il s’installe à l’Ermitage, à Montmorency.

En 1756, Rousseau commence la Nouvelle Héloïse.

En 1760, il travaille à l’Émile, commencé l’année précédente et au Contrat-Social.

En 1762, parution du Contrat-Social. Suite à la censure de l’Émile, Rousseau prend la fuite à Genève, mais à Genève l’Émile est également condamné. Rousseau demande sa protection à Frédéric II de Prusse. Rousseau écrit sa pièce Pygmalion.

En 1763, Rousseau travaille à son Dictionnaire de la musique, une reprise de ses articles écrits pour l’Encyclopédie.

En 1764, Rousseau commence à écrire les Confessions.

Le 30 août 1768, il se marie avec Thérèse.

En 1770, lors de son passage à Lyon, on joue le Devin du village ainsi qu’une de ses pièces, le mélodrame Pygmalion, avec une musique de COIGNET. Rousseau a écrit lui-même la musique de 2 des 22 parties musicales. Rousseau achève ses Confessions. Une autre mise en musique de Pygmalion est celle de DUBUGNON en 1972.

Dubugnon Pygmalion (Rousseau)Cliquez sur Pygmalion et sa créature

En 1774, GLUCK lui demande des copies de son opéra Paride ed Elena et Rousseau écrit la musique de Daphnis et Chloé, sur des paroles de CORANCEL.

Rousseau Daphnis et ChloéCliquez sur JJ Rousseau

En 1775, Pygmalion est représenté à la Comédie française.

En 1778, début des Rêveries d’un promeneur solitaire. En juin, Rousseau retourne à Ermenonville. Le 2 juillet, il est pris de violentes douleurs et meurt, à l’âge de 66 ans.

En 1794, ses restes sont transférés au Panthéon, la Convention ayant reconnu en lui un des précurseurs des idées qui ont porté la Révolution française. Ironie de l’histoire, il y a repose juste en face de son adversaire Voltaire.

Outre ses activités théoriques, ses opéras et ses chansons, Rousseau est également l’auteur de deux motets ecce sedes hic tonantis (1757) et Quam dilecta tabernaciula (1767).

Rousseau Quam dilectaCliquez sur l’image

On l’a vu, donc, Rousseau s’est intéressé à la musique toute sa vie. N’écrit-il pas, dans les Confessions, « Les accents de la voix passent jusqu’à l’âme; car ils sont l’expression naturelle des passions, et en les peignant il les excitent » ?

Et pour en savoir (un peu) plus sur les rapports tumultueux entre Voltaire et Rousseau, retrouvez-ici le billet original.

Mes opéras préférés

MARIE STUART, de DONIZETTI (1834)

DONIZETTI a eu l’idée d’écrire une œuvre d’après le drame de SCHILLER Marie Stuart (1800) après avoir signé en 1834 un contrat pour un opéra avec le théâtre San Carlo de Naples.

Ce drame est tiré de l’histoire de Marie, devenue reine d’Écosse à l’âge de six jours au décès de son père, en 1542. Elle fut reine de France de 1559 à 1560 par son mariage avec François II.  Son second mari, Henri Stuart, fut assassiné par son amant, amant que Marie épousera en troisièmes noces. À la suite d’un soulèvement, elle se réfugie en Angleterre. Compromise dans un complot contre la reine, elle fut assignée à résidence et placée sous la surveillance de Georges Talbot. Elle fut finalement décapitée sur ordre d’Élisabeth.

Dès les répétitions de Maria Stuarda (Marie Stuart), la censure, très active à Naples à cette époque, demande des modifications, mais malgré ces modifications, la pièce est interdite par le roi de Naples dès le lendemain de la générale.

Fin 1835, Donizetti réussit à faire jouer Marie Stuart à la Scala de Milan, mais l’opéra est de nouveau interdit dès le début 1836.

Il faudra attendre plus d’un siècle pour que cette œuvre soit montée à nouveau et rencontre le succès.

Le pitch : Élizabeth, reine d’Angleterre, et sa cousine Marie Stuart aiment le même homme, Leicester. Mais comme c’est Élisabeth la reine, c’est elle qui gagne et elle fait condamner à mort sa cousine.

Acte I : Au palais de Westminster, les courtisans attendent Élisabeth qui, par son mariage, doit unir les trônes de France et d’Angleterre. Mais c’est Leicester que la reine aime. Elle le nomme ambassadeur de France.

Donizetti Maria Stuarda Ah quando all'ara scorgemoCliquez sur Élisabeth

La cour demande à Élisabeth la grâce de sa cousine Marie (Stuart), mais Cecil, le conseiller de la reine, lui rappelle qu’on ne peut pas faire confiance à Marie.

Talbot vient dire à Leicester qu’il est allé voir Marie dans sa prison, et que celle-ci a demandé l’aide de Leicester. À la vue du portrait de Marie, Leicester est frappé par sa beauté, et accepte d’aider Marie.

Donizetti Maria Stuarda Ah rimiro il bel sembianteCliquez sur Leicester

Élisabeth revient et demande à voir la lettre que Leicester tient en main. Elle comprend que Marie convoite non seulement le trône d’Angleterre, mais également l’homme qu’elle aime.

Donizetti Maria Stuarda Era d'amor l'immagineCliquez sur Élisabeth et Leicester

Dans le parc du château de Fortheringay, la prison de Mary, Mary évoque avec sa suivante Anna les jours heureux passés en France.

Donizetti Maria Stuarda O nube che liev Nella pace del mestro riposoCliquez sur Marie Stuart

À l’arrivée de la reine, Leicester conseille à Marie de se soumettre, et jure qu’il la vengera si la reine demeure insensible à ses prières. Puis il demande sa main à Marie. Quand Élisabeth entre, Marie se force à s’agenouiller et à implorer le pardon, mais accusée d’avoir assassiné son mari, elle se révolte et insulte la reine, la traitant de bâtarde. Folle de rage, la reine la condamne à mort et ordonne à Leicester d’assister à l’exécution.

Donizetti Maria Stuarda final acte 1Cliquez sur Marie Stuart et la reine Élisabeth

Acte II : Au palais de Westminster, Élisabeth, qui n’a pas encore signé la condamnation à mort de Marie, hésite.

Donizetti Maria Stuarda Quella vita a me funestaCliquez sur Élisabeth

Mais la vue de Leicester, qu’elle soupçonne d’aimer Marie, et les pressions exercées par Cecil, son âme damnée, la convainquent. Elle signe la condamnation de Marie et donne l’ordre à Leicester d’assister à l’exécution.

Au château de Fortheringay, Cecil informe Marie de la sentence. Marie se confesse à Talbot. Elle croit voir le fantôme de son second mari, mais nie avoir été complice de l’assassinat du secrétaire de son mari, que celui-ci avait fait assassiner avant que d’être assassiné à son tour.

Donizetti Maria Stuarda Quando di luce roseaCliquez sur Marie Stuart

Marie adresse une dernière prière à Dieu quand Cecil vient lui dire qu’Élisabeth lui accorde une dernière faveur avant de mourir.

Donizetti Maria Stuarda Deh Tu di un'umile preghieraCliquez sur Marie Stuart

Marie demande que sa suivante Anna l’accompagne aux marches de l’échafaud. On entend les trois coups de canon qui annoncent l’exécution et, après avoir une dernière fois proclamé son innocence, Marie marche fièrement vers l’échafaud.

Donizetti Maria Stuarda FinalCliquez sur l’image

Divers

ATTENTION, FEMMES EN COLÈRE ! (Les sept péchés capitaux – 6.2 – la colère)

À la demande générale de John Duff, qui m’avait laissé le commentaire suivant : « Mais tu avais beaucoup de matière avec ce sentiment. On pense aussi à Wotan qui n’est pas franchement content quand il s’aperçoit que Brunehilde ne lui a pas obéi dans Die Walkure, ou Nabucco qui veut tout casser après que Zaccaria ait délivré Fenena, dans Carmen certains veulent en découdre « à coup de navajas » et sans doute bien d’autres encore… » et suite à une demande trouvée sur Twitter : « J’envisage de travailler sur les représentations des femmes en colère dans l’art. Vous avez des exemples ?« , voici donc une nouvelle sélection de colères à l’opéra.

Dans Armide de LULLY (et un siècle plus tard dans celui de GLUCK), la magicienne Armide mêle sa fureur à celle de son oncle Hydraot pour vaincre le chevalier Renaud (Duo « Esprit de haine et de rage »).

Lully Armide Esprit de haine et de rageCliquez sur l’image

Dans Hippolyte et Aricie, de RAMEAU, la reine Phèdre est prise d’une fureur jalouse quand son beau-fils (dont elle est amoureuse) Hippolye déclare son amour à Aricie. (Duo : « [Ma fureur va tout/ Gardez-vous de rien] entreprendre ».)

Rameau Hippolyte et Aricie final Ma fureur va tout entreprendreCliquez sur l’image

Un peu plus tard, le même Rameau mettra dans Platée en musique une des nombreuses fureurs de Junon, lasse des infidélités de son Jupiter de mari.

Toujours Rameau, cette fois dans Zoroastre, avec la fureur d’Erinice et d’Abramane.

Dans Marie Stuart (Maria Stuarda) de DONIZETTI, la reine Élisabeth insultée par sa cousine Marie Stuart (elle-même en colère) tombe dans une colère folle et condamne Marie à mort.

Donizetti Maria Stuarda final acte 1Cliquez sur Marie Stuart et la reine Elisabeth

Dans la Walkyrie (Die Walküre) de WAGNER, Fricka, la femme du dieu en chef Wotan, laisse éclater sa colère quand celui-ci menace de bafouer la loi qu’il a lui-même écrite. (Et John Duff de rajouter qu’à la fin de la Walkyrie, c’est Wotan qui se met en colère face à sa fille Brünnhilde qui refuse d’obéir à ses ordres.)

Wagner die Walküre Fricka Wo in den BergenCliquez sur Fricka

Au début de Tristan und Isolde du même Wagner, Isolde est en colère sur le bateau qui la conduit en Cornouailles, escorté par Tristan qui n’est autre que le meurtrier de Morold.

Wagner Tristan und Isolde acte 1 débutCliquez sur Tristan und Isolde

À la fin du Crépuscule des dieux (Götterdammerung), Brünnhilde se croit trahie par Siegfried, et de colère révèle au traître Hunding le point faible de Siegfried, ce qui permettra à Hunding de l’assassiner lâchement.

Dans Aïda de VERDI, Amnéris, la fille du pharaon, jalouse de l’esclave Aïda, laisse éclater sa colère, ce qui nous vaut le duo : « Pietà ti prenda del mio dolor ».

Verdi Aïda Pieta ti prenda del mio dolorCliquez sur Amnéris et Aïda

Vous pouvez trouver ici une autre sélection de colères à l’opéra.

Divers

LES POÈMES SYMPHONIQUES DE FRANZ LISZT – Partie 1 LES ANNÉES 1847-1851

Si l’invention du poème symphonique est souvent attribuée à Franz LISZT, il faut noter que César FRANCK avait déjà employé cette forme, deux ans avant Liszt. Le poème symphonique est une forme qui se distingue de la forme Symphonie très codifiée, avec ses quatre mouvements. Il s’agit souvent d’une musique descriptive, ou à programme, s’appuyant sur des sujets littéraires ou philosophiques.

Dans son abondante production musicale, Franz Liszt a écrit treize poèmes symphoniques.

Le premier de ces poèmes symphoniques est Ce qu’on entend sur la montagne, qui date de1847 et a été créé en 1850, d’après un poème des Feuilles d’automne de Victor HUGO. (Le poème symphonique que Franck avait écrit avant Liszt était une illustration de même poème d’Hugo.)

Liszt ce qu'on entend sur la montagneCliquez sur l’image

Le deuxième est Tasso, Lamento e triomfo, date de 1849 et a été cré pour le centième anniversaire de la naissance de GOETHE, qui avait écrit une pièce d’après la vie du TASSE.

Liszt Tasso - Lamento e trionfoCliquez sur l’image

Le troisième, les Préludes, a été écrit en 1845 et 1853, et créé en 1854. Il s’inspire des Nouvelles Méditations poétiques de LAMARTINE.

Liszt les préludesCliquez sur l’image

L’Héroïde funèbre date de 1849-1850, dans l’esprit du mouvement révolutionnaire qui soufflait sur l’Europe à cette époque. On peut y entendre une citation de la Marseillaise.

Liszt Héroïde funèbreCliquez sur l’image

Les Idéaux (Die Ideale) date de 1849 – 1850 et a été créé en 1857.

Liszt les IdéauxCliquez sur l’image

Prométhée a été composé entre 1850 et 1855, à l’origine pour servir de musique de scène à Prométhée libéré, de HERDER, et ce à l’occasion du centenaire de la naissance de ce dramaturge.

Liszt ProméthéeCliquez sur l’image

Mazeppa date de 1851 et a été créé en 1854. Son origine se trouve dans les Orientales de VH le poète.

Liszt MazeppaCliquez sur l’image

Et retrouvez prochainement la suite des aventures des poèmes symphoniques de Liszt dans « le Retour des poèmes symphoniques de Franz Liszt »!

Divers

LES ANGES

Je vous en parlais il n’y a guère avec MESSIAEN et l’Ange musicien de son Saint-François d’Assise, voici donc maintenant une petite sélection d’anges musicaux.

En 1835, à la fin de Lucia di Lammermoor de DONIZETTI, Edgardo désespéré se donne la mort, après avoir évoqué évoqué Lucia « cet ange monté au ciel ».

Donizetti Lucia di Lammermoor Tu che a Dio spiegasti l'aliCliquez sur l’image

Onze ans plus tard, dans sa Damnation de Faust BERLIOZ nous propose l’air « Ange adoré, dont la céleste image ».

Berlioz la Damnation de faust Ange adoréCliquez sur les amoureux

Faust encore, mais celui de GOUNOD. À la fin, c’est sur l’air « anges purs anges radieux » que l’âme de Marguerite s’envole (quand même) aux cieux.

Gounod Faust Anges purs anges radieuxCliquez sur Marguerite

Et voyez comme tout s’enchaîne, on retrouve Gounod et son Roméo et Juliette avec l’air « Ange adorable ».

Gounod Roméo & Julioette Ange adorableCliquez sur Roméo et Juliette

De 1922 à 1927, PROKOFIEV a composé son opéra l’Ange de feu.

Prokofiev l'Ange de feuCliquez sur l’image

Dans son « triptyque » (1918), PUCCINI fait intervenir une Suor Angelica.

En 1935, BERG interrompt l’écriture de son opéra Lulu pour écrire le Concerto à la mémoire d’un ange.

Berg Concerto à la mémoire d'un angeCliquez sur la partition

En 1936, POULENC compose ses Sept chansons sur des poèmes d’APOLLINIARE et d’Eluard. La première, « la blanche Neige » évoque des anges officiers et d’autres cuisiniers.

Et en 1960, dans son cycle la courte Paille, sur des poèmes de Maurice CARÈME, il a écrit ces « Anges musiciens ».

Poulenc les Anges musiciensCliquez sur l’image

J’en parlais au début de cet article, mais en fait, dans Saint-François d’Assise (1983) de MESSIAEN ce n’est pas un ange qu’il y a, mais deux : l’ange voyageur et l’ange musicien.

Messiaen Saint-François d'Assise l'Ange voyageurCliquez sur l’ange voyageur

Les anges sont toujours présents au XXIe siècle, avec la création en 2023 des Ailes du désir, d’Othman Louati.

Écrivains, littérature

Hugo von HOFMANNSTHAL (1874-1929)

Hugo von HOFMANNSTHAL naît à Vienne le 1er février 1874, dans une famille de la bourgeoisie viennoise (son père était banquier).

Il suit ses études dans un des lycées les plus réputés de Vienne de 1884 à 1892, se forgeant une solide formation littéraire, et il publie en 1890 ses premiers poèmes, à l’âge de seize ans.

L’année suivante, il rencontre le poète allemand Stefan GEORGE qui le publie dans sa revue « Blätter für die Kunst » (des Feuilles pour l’art).

À sa sortie du lycée, Hofmannsthal commence des études de droit, tout en poursuivant son activité littéraire. À côté de ses poèmes, il publie en 1892 le drame la Mort de Titien (der Tod des Tizian).

Il sort de l’université en 1901, et décide de poursuivre sa carrière littéraire. Cette même année, il se marie avec Gertrud SCHLESINGER. Le couple aura trois enfants.

En 1902, il publie un bref essai, la Lettre à Lord Chandos. où il défend une littérature se rapprochant de l’idéal mallarméen.

Sous l’influence des récents travaux de Sigmund FREUD, il s’attache à réinventer les mythes de la tragédie antique. Ainsi en 1903, il fait d’Électre (Elektra) une hystérique. Richard STRAUSS, qui avait déjà écrit son opéra Salomé d’après WILDE, demande à Hofmannstahl d’écrire une adaptation d’Elektra pour l’opéra. La création d’Elektra en 1909 sera le début d’une riche collaboration entre les deux hommes, avec Le Chevalier à la Rose (Der Rosenkavalier) (1910-1911), Ariane à Naxos (1912), la Femme sans ombre (1919), Hélène d’Égypte (1928), d’après Hélène d’EURIPIDE et enfin Arabella, créé en 1933 (Hofmannsthal est mort en 1929).

Strauss Elektra FinalCliquez sur l’image

Une autre œuvre d’Hofmannsthal rapprochant les apports de la psychanalyse dans la littérature est Œdipe et la Sphinge (1905), d’après SOPHOCLE, qui explore la psyché d’Œdipe, meurtrier de son père et époux de sa mère.

Comme pour Strauss, l’hystérie se calme avec les opéras qui suivent Elektra. Le Chevalier à la Rose (1909-1910) est un retour vers la Vienne de MOZART, les auteurs reconnaissant leur dette envers les Noces de Figaro.

strauss act II mir ist die Ehre widerfahrenCliquez sur l’image

En 1912, Hofmannsthal adapte une pièce anglaise pour écrire Jedermann (Chacun), œuvre qui sera mise en musique en 1946 par Franck MARTIN.

Martin Jedermann n 3Cliquez sur l’image

En 1914, Strauss et Hofmannsthal signent le ballet la Légende de Joseph (Josefs legend), créé à Paris par les Ballets russes.

L’effondrement de l’Autriche en 1918 va changer son regard sur le monde, et son humanisme devient désenchanté.

En 1920, Hofmannsthal fonde le festival de Salzburg avec son ami Max REINHARDT.

En 1921, il écrit l’argument de Achilles auf Skyros, et en 1923, celui de Alketis (Alceste) des ballets mis en musique par WELLESZ.

De 1918 à 1927, il travaille à la Tour, une adaptation de la Vie est un Songe de CALDERON.

Son fils se suicide le 13 juillet 1929, et c’est en préparant ses funérailles qu’Hugo von Hofmannsthal décède à son tour le 15 juillet, victime d’une attaque d’apoplexie, à l’âge de 55 ans.

(Sources principales : Encyclopedia Universalis)