Compositeurs, Jazz, littérature, Mythologie

Igor STRAVINSKY (1882 – 1971)

Il y a 50 ans ce 6 avril 2021 disparaissait Igor STRAVINSKY, une des figures majeures de la musique du XXe siècle.

Je dois avouer que quand j’ai commencé mon travail sur l’opéra, le nom de STRAVINSKY ne s’est pas spontanément imposé à moi. Et pourtant, ses compositions dans le domaine des histoires racontées en musique sont importantes.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder à la liste de lecture

Compositeur né en Russie, élève de RIMSKI-KORSAKOV, il vient à Paris en 1910 où il se fait très vite reconnaître par ses musiques écrites pour les ballets russes de DIAGHILEV. Dès 1910, c’est l’Oiseau de feu,

Stravinsky l'Oiseau de feuCliquez sur la danse infernale du roi Katscheï

suivi en 1911 par Petrouchka, et surtout en 1913 le Sacre du Printemps, qui provoque un énorme scandale lors de sa création au Théâtre des Champs-Élysées tout récemment inauguré.

Stravinsky le Sacre du prinyemps (Béjart)Cliquez sur le ballet

Contemporain de ces ballets qui sont peut-être les œuvres les plus connues de Stravinsky, il écrit un conte lyrique, Le Rossignol (1908 – 1914).

Outre ces trois classiques, Stravinsky a eu par ailleurs dès 1910 un projet de ballet avec COCTEAU, David, ballet qui deviendra finalement Parade, mais avec une musique de SATIE.

Après ses « années de jeunesse » où le bouillant Stravinsky a révolutionné la manière d’aborder les rythmes, le compositeur prend un virage pour revenir à des musiques qualifiées de néo-classiques. C’est ainsi que pour Pulcinella (1920), il s’inspire d’un thème de PERGOLÈSE (1710 – 1736.)

Stravinsky PulcinellaCliquez sur l’image

Après la révolution russe de 1917, il vit en France et en Suisse, et il écrit l’Histoire du soldat (1918) d’après RAMUZ, les Noces (1917 – 1923), un opéra-bouffe : Mavra (1922) d’après POUCHKINE, Oedipus Rex (1927) d’après SOPHOCLE et sur un livret de Cocteau, et Perséphone (1934) sur un livret de GIDE.

Pour les chœurs, il écrit la majestueuse Symphonie de Psaumes (1929 – 1930).

Stravinsky Symphonie de PsaumesCliquez sur l’orchestre

En 1940, il émigre aux États-Unis comme beaucoup de compositeurs européens, et il prendra d’ailleurs la nationalité américaine. En musique symphonique, il écrit la délicieuse Symphonie en trois mouvements (1945).

Stravinsly Symphonie en trois mouvementsCliquez sur le first movement

Cette même année, il écrit pour le clarinettiste de jazz Woody HERMAN le Concerto pour clarinette « Ebony concerto ».

Stravinsky Ebony concertoCliquez sur le chef d’orchestre et le clarinettiste

Sa période néoclassique s’achève vers 1950, après The Rake’s Progress (1948) sur un livret de W.H.AUDEN, un des librettistes de BRITTEN.

Stravinsky The Rake's ProgressCliquez sur Tom Rakewell et Ann Trulove

Il commence alors sa troisième période, plus formelle, où il se rapproche d’un sérialisme à la WEBERN.

Stravinsky meurt le 6  avril 1971 à New York.

Le MET s'invite chez vous, littérature

LE MET INVITE LES CHEFS-D’ŒUVRE LITTÉRAIRES CHEZ VOUS – Semaine du 5 au 11 avril.


Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 5 au 11 avril 2021.

Cette semaine, le MET met en scène des adaptations à l’opéra des grands drames littéraires.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

De DANTE à SHAKESPEARE ou GOGOL, des siècles de dramaturges ont vu leurs œuvres adaptées à l’opéra. Cette semaine vous présente une extraordinaire galerie d’opéras inspirés par les plus grands chefs-d’œuvre de la littérature.

Lundi 5 avril GOUNOD Faust d’après GOETHE.

Gounod Faust METCliquez sur Faust et Méphisto

Mardi 6 avril VERDI Rigoletto d’après Victor HUGO.

Verdi Rigoletto Addio addio (MET 1981)Cliquez sur l’image

Mercredi 7 avril TCHAÏKOVSKI Eugene Onegin (Eugène Onéguine) d’après POUCHKINE.

Tchaïkovski eugène Onéguine (MET 2017)Cliquez sur Tatiana

Jeudi 8 avril ZANDONAI Francesca da Rimini d’après DANTE.

Zandonai Francesca da Rimini final (MET 1984)Cliquez sur l’image

VENDREDI 9 avril CHOSTAKOVITCH The Nose (Le Nez) d’après GOGOL.

Chostakovitch The Nose (MET)Cliquez sur l’image

Samedi 10 avril Gounod Roméo et Juliette d’après SHAKESPEARE.

Gounod Roméo et Juliette Trailer (MET)Cliquez sur Juliette et Roméo

Dimanche 11 avril Verdi Luisa Miller d’après SCHILLER.


Verdi Luisa Miller METCliquez sur Rodolfo et Luisa

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, See you a next ouike pour des « Il était une fois« .

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« RENOUVEAU », de MALLARMÉ

Après Apparition de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, lisons « Renouveau », un poème de jeunesse (1866) écrit alors qu’après un hiver fécond (celui où il a commencé à travailler à Hérodiade), Mallarmé s’était trouvé en panne d’inspiration poétique.

Le printemps maladif a chassé tristement

l’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,

Berlioz la Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur l’image

Et dans mon être à qui le sang morne préside

L’impuissance s’étire en un long baillement

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne

Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau,

Berlioz la Damnation de Faust Merci, doux crépusculeCliquez sur l’image

Et, triste, j’erre après un rêve vague et beau,

Par les champs où la sève immense se pavane

Fauré Après un rève (Devieilhe)Cliquez sur l’image

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,

Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,

Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

Thomas Hamlet le chant des fossoyeursCliquez sur l’image

J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…

Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil

De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

Messiaen Saint-François d'Assise le prêche aux oiseauxCliquez sur la volière

Citations musicales :

Le printemps maladif : BERLIOZ La Damnation de Faust, « Le vieil hiver a fait place au printemps ».

Des crépuscules : Berlioz La Damnation de Faust, « Voici qu’au crépuscule ».

J’erre après un rêve : FAURÉ « Après un rêve » (mélodie).

Creusant de ma face un fosse : Thomas, Hamlet, « chant des fossoyeurs »

Oiseaux en fleur gazouillant au soleil : MESSIAEN Saint-François d’Assise « le prêche aux oiseaux ».

Cinéma, Compositeurs, Fantaisie, Premier avril

Arnoldo POIVRIERI (1755 – 1825)

(c) Adrian Mercure 2021

Dans la trop longue liste des compositeurs qui ont connu un grand succès de leur vivant, avant que de disparaître complètement aux yeux de la communauté, il en est un dont le sort m’apitoie particulièrement.

Il s’agit de Arnoldo POIVRIERI, un compositeur vénitien venu exercer ses talents à Vienne puis à Paris, ville où il mourra. Et il n’a même pas sa rue dans le quartier de l’opéra !

Contemporain de MOZART, BEETHOVEN et SCHUBERT, Arnoldo Poivrieri ne connaît pas aujourd’hui une reconnaissance à la hauteur de son talent.

Né dans la région de Venise le 4 mai 1755, il part à 15 ans faire ses études musicales à Vienne. En 1770, il est présenté à METASTASE et à GLUCK. En 1774, il est en rivalité avec SALIERI pour le poste de compositeur de la Cour et directeur de l’opéra italien de Vienne. Il voyage alors en Italie et en France pour assister aux représentations de ses opéras. C’est ainsi qu’à Paris, Gluck donne un opéra, le Tonneau, sous son propre nom, avant de révéler que Poivrieri en est l’auteur.

À Vienne, Poivrieri entre à la loge maçonnique déjà fréquentée par Mozart et Haydn, et des contemporains ont avancé l’hypothèse que la musique funèbre maçonnique de Mozart aurait en fait été co-écrite par Mozart et Poivrieri.

Mozart Musqiue funèbre maçonniqueCliquez sur l’image

Il écrit pour la cantatrice Consuelo La Festa d’Imeneo, titre qui lui sera honteusement piqué par son contemporain Porpora, comme le relate George Sand dans son roman La Comtesse de Rudolstadt.

Porpora la festa d'imeneo vaghi amori

Parmi ses illustres élèves à Vienne, il faut relever les noms de Beethoven et Schubert, déjà cités, mais aussi ceux de LISZT ou de MEYERBEER.

Poivrieri vivait à Vienne en même temps que Schubert, mais avec des fonctions et une reconnaissance beaucoup plus importantes que celles d’ycelui. En fait, Poivrieri admirait l’œuvre de son élève et cadet. Il a écrit plusieurs opéras pour le Théâtre impérial et il a dû confier à Schubert le livret de Fierrabras, n’ayant pas le temps d’en composer la musique.

Schubert FierrabrasCliquez sur l’image

Une légende colporte que Salieri aurait fait empoisonner Schubert. C’est POUCHKINE qui est à l’origine de cette infox, dans sa nouvelle intitulée Schubert et Poivrieri (1830), nouvelle reprise par RIMSKY-KORSAKOV dans son opéra éponyme (1899).

Après son succès avec Amadeus (1984), Milos FORMAN avait été pressenti pour adapter cette nouvelle au cinéma, sous le titre Franz Peter, mais il a dû décliner cette offre pour se consacrer à son Valmont, une adaptation des Liaisons dangereuses. (Il a certainement eu raison.)

En 1820, alors qu’il s’était installé à Paris, il écrit Il pescatori di pesce, d’après un roman de son exact contemporain Pietro LOTTI (1750 – 1823), opéra qu’il fait représenter au Théâtre des Italiens, sans grand succès. L’intérêt de cet opéra réside surtout dans le fait qu’il a probablement inspiré BIZET pour ses Pêcheurs de perles.

Bizet les pêcheurs de perle je crois entendre encore GilmourCliquez sur l’image

Aujourd’hui totalement disparu, le souvenir de Poivrieri à Vienne était encore suffisamment présent à Vienne 50 ans après son décès le 1er avril 1825 pour que les parents de SCHÖNBERG donnent son prénom à leur enfant. (Et il est amusant de constater que le livret de Moses und Aron (1930 – 1932) est assez proche de celui de Mosè e Aronne (1815), un opéra « viennois » de Poivrieri.

Schönberg Moïse et AaronCliquez sur l’image

Enfin, il faut noter qu’outre ses dons musicaux, Poivrieri avait une autre passion, la vexillologie. Et dans cette Europe aux frontières sans cesse mouvantes, il s’est livré à un passionnant travail sur l’évolution des drapeaux qui accompagnait ces nations changeantes !

Voilà, vous en savez autant que moi sur Arnoldo Poivrieri. Et si vous avez eu le courage de me lire jusqu’ici, vous avez le droit de cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur la vidéo bonus

P.S. Si vous avez aimé le portrait d’Arnoldo Poivrieri qui ouvre ce billet, il a été réalisé par un jeune artiste d’après une gravure d’époque. Si vous aussi, vous souhaitez avoir votre portrait numérique, ou celui d’un de vos proches, vous pouvez passer commande à Adrian Mercure à l’adresse suivante : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co

Retrouvez ici d’autres articles publiés un 1er avril :

HAVRE & CAUMARTIN

L’opéra de Saint-Glinglin s’invite chez vous.

littérature

BÉATRIX, de BALZAC (1839)

L’idée d’écrire le roman Béatrix est venue à BALZAC lors d’un séjour à Nohant, chez George SAND, séjour au cours duquel il a rencontré le couple formé par Franz LISZT et Marie d’AGOULT. À son retour à Paris, il a mis ce roman en chantier, dans lequel il s’inspire, très librement, de la liaison entre Liszt et Marie D’Agoult.

Béatrix est paru en 1839 et fait partie, dans la Comédie Humaine, des « Études de mœurs – Scènes de la vie privée ». Se passant dans un monde musical et mondain, on y retrouve les stars de l’époque, ROSSINI et DONIZETTI pour l’opéra, mais aussi Liszt et PAGANINI comme virtuoses.

La première partie se passe à Guérande chez les du Guénic, une famille de la vieille noblesse bretonne. Calyste, le jeune homme de la famille, est attiré par Camille Maupin (personnage inspiré de George Sand, ce qui nous vaut une très belle description de cette dernière), ce que sa famille voit avec effroi. Calyste a un rival, car Camille a un amant, l’écrivain Claude Vignon.

On apprend que Camille a eu autrefois une liaison avec Conti, un musicien (Franz Liszt), pour lequel elle a écrit deux livrets d’opéras. Justement, la marquise Béatrix de Rochefide (Marie d’Agoult) arrive au château de Camille avec Conti, qui est devenu son amant. Camille favorise la relation entre Calyste et Béatrix, avec qui il vit un grand amour. Mais Conti lui arrache Béatrix et prend la fuite avec elle.

La deuxième partie se passe à Paris. Camille a arrangé un mariage entre Calyste et une jeune noble, Sabine de Grandlieu, avant de se retirer au couvent (George Sand au couvent, ça, c’est du roman !) Tout serait pour le mieux pour le jeune couple si Béatrix, abandonnée par Conti, ne décidait de récupérer Calyste en exerçant ses charmes sur lui.

Dans Béatrix, Balzac nous livre de très beaux portraits de femmes, ainsi qu’une description de la vie mondaine à Paris dans les années 1830.

Dans la partie consacrée à la description de Camille Maupin, le nom de plume de Félicité Destouches, on apprend (page 690) qu’elle a fait venir à Nantes le pianiste STEIBELT pour apprendre le piano, et qu’elle jouait couramment les sonates de BEETHOVEN (page 691).

Steibelt Andante CantabileCliquez sur l’Andante Cantabile de Steibelt

La rencontre de Camille et Calyste se fait alors que Camille est en train de chanter la cavatine « Grâce pour toi, grâce pour moi » de Robert le Diable, de MEYERBEER et le « Restez » du Guillaume Tell de Rossini (pages 708 et 709.)

Meyerbeer Robert le diable Robert, toi que j'aimeCliquez sur l’image

Un peu plus loin, Balzac nous dresse un portrait de son héros Conti (Page 717) : Conti a beaucoup d’esprit, il a du talent comme compositeur… Sans Meyerbeer et Rossini, peut-être eût-il passé pour un homme de génie. Il est en musique vocale ce qu’est Paganini sur un violon, Liszt sur le piano.

Paganini Liszt La CampanellaCliquez sur la pianiste

Lors de la première rencontre de Béatrix et Calyste, elle chante en duo avec Conti « Dunque il mio bene tu mia sarai », le dernier duo du Roméo et Juliette de ZINGARELLI, et Balzac cite le passage « Di tanti palpiti », du Tancrède de Rossini. (page 746)

Zingarelli Giulietta e RomeoCliquez sur l’image

Pages 825 – 826 : Conti est amoureux de Mlle FALCON, de l’opéra (Balzac avait pu l’entendre dans les Huguenots et dans la Juive.) Puis Conti chante « Pria che spuniti l’aurora », « le plus grand chef-d’œuvre musical qui existe pour les exécutants », extrait du Matrimonio segreto de CIMAROSA.

Cimarosa Il matrimonio Segreto Pria che spunti in ciel l'auroraCliquez sur l’image

Page 883, Sabine craque (de jalousie) en entendant Rubini chanter l’air « Il mio cor si divide » d’Otello.

Rossini Otello Ah vieni neltuo sangueCliquez sur la « battle » de ténors

Page 921 : C’est à un dîner chez Mme Schontz que Paganini déclara n’avoir jamais fait pareille chère chez aucun souverain, ni bu de tels vins chez aucun prince, ni entendu conversation si spirituelle, ni vu de luxe si coquet.

Page 922 : Sois tranquille, dans dix minutes, il te chantera l’air d’Isabelle dans Robert le Diable « Je suis à tes genoux ».

Meyerbeer Robert le diable Robert, toi que j'aime je suis à tes genouxCliquez sur Isabelle

Page 929 : À une représentation de la Lucia qui finit, comme on sait, par un des plus beaux triomphes de Rubini. C’est lors de cette représntation que la trame ourdie pour séparer Calyste de Béatrix se noue.

Donizetti Lucia di Lammermoor cavatine finaleCliquez sur l’image

(Source : Honoré de Balzac, La Comédie humaine, tome II, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, pages 599 à 941)

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DES TRIANGLES AMOUREUX CHEZ VOUS – Semaine du 28 mars au 4 avril

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 29 mars au 4 avril 2021.

Cette semaine, le MET met en scène les triangles amoureux chers à G.B.SHAW.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 29 mars BELLINI Norma

Bellini Norma Casta Diva Radvanovsky (MET 2017)

Mardi 30 mars STRAUSS Capriccio

Strauss Cappriccio METCliquez sur la comtesse

Mercredi 31 mars DONIZETTI Roberto Devereux

Donizetti Roberto Devereux METCliquez sur Sarah et le duc de Nottingham

Jeudi 1er avril VERDI Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi Trovatore Di quella piraCliquez sur l’image

Vendredi 2 avril MASSENET Werther

Massenet Werther les larmes qu'on ne pleure pasCliquez sur Charlotte

Samedi 3 avril DONIZETTI L’Elisir d’Amore (L’Élixir d’amour)

Donizetti l'Elisir d'amore Acte II duo (MET 2012)Cliquez sur Adina et Nemorino

Dimanche 4 avril WAGNER Tristan und Isolde

Wagner Tristan und Isolde (MET 2016)Cliquez sur la bande-annonce

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. See you a next ouike.

littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Théâtre

ELEKTRA, de STRAUSS (1907 – 1908)

Premier des opéras de Richard STRAUSS sur un livret de Hugo von HOFMANNSTHAL, Elektra a été composé en 1908, d’après la tragédie de SOPHOCLE, et créé à Dresde en 1909. C’est, aussitôt après Salomé (créé en 1905), le deuxième opéra mettant en scène une femme quasi hystérique, et la danse finale d’Elektra n’est pas sans rappeler la « danse des sept voiles » de Salomé. Le rôle-titre est souvent considéré comme un des plus éprouvants (pour la chanteuse) du répertoire, dans son post-wagnérisme apocalyptique.

Cette œuvre ne comporte qu’un acte.

Le pitch : Après le meurtre d’Agamemnon par sa femme Clytemnestre, Électre, sa fille, n’aspire qu’à la vengeance de la mort de son père. Au retour de son frère Oreste, elle pousse celui-ci à accomplir leur vengeance commune.

Argument : Dans son palais à Mycènes, les servantes commentent l’attitude d’Électre, enfermée dans sa solitude.

Strauss Elektra AlleinCliquez sur Électre

Chrysothémis, la sœur d’Électre, vient la prévenir que Clytemnestre et son amant Egisthe veulent la jeter au cachot. Elle lui demande de renoncer à sa vengeance et de reprendre une vie normale. Électre s’enfuit alors qu’arrive la reine.

Clytemnestre paraît, hantée par son crime qui l’empêche de dormir. Elle demande à sa fille comment elle pourrait retrouver le sommeil. Électre lui suggère un sacrifice, le sien propre, de la main de son fils Oreste. Emportée par son désir de vengeance, Électre va jusqu’à lui annoncer sa mort, tuée par la hache même qui a servi à assassiner Agamemnon.

Strauss Elektra ClytemnestreCliquez sur Électre et Clytemnestre

Une servante les interrompt pour glisser un mot à l’oreille de Clytemnestre. Celle-ci éclate d’un mauvais rire, et entre dans le palais, laissant Électre dans l’expectative.

Clytemnestre ressort du palais, annonçant la mort d’Oreste. D’abord incrédule, Électre décide d’accomplir elle-même sa vengeance avec l’aide de sa sœur. Mais, Chrysothémis refusant un tel acte, elle se rend compte qu’elle devra le faire seule.

Un étranger arrive, qui cherche à parler à Clytemnestre. Électre lui dit qui elle est. L’étranger lui révèle alors qu’Oreste n’est pas mort.

Des serviteurs, qui ont reconnu l’étranger, se jettent à ses pieds. Électre reconnaît alors son frère Oreste.

Strauss Elektra OresteCliquez sur Oreste

Leurs retrouvailles, sur fond de désir de venger leur père, sont interrompues par le précepteur d’Oreste, qui vient lui dire qu’il est l’heure. Il entre alors au palais, laissant seul Électre. On entend à l’intérieur un cri de Clytemnestre. Électre incite Oreste à frapper encore.

Egisthe arrive à son tour. Comme il entre dans le palais, il est frappé à son tour par Oreste. Chrysothémis sort du palais et raconte à Électre le double meurtre qui vient d’avoir lieu, mais Électre, vengée, n’est déjà plus là, elle danse jusqu’à ce qu’elle tombe morte au sol.

Oreste quitte le palais, seul et en silence.

Strauss Elektra FinalCliquez sur Électre

(Source principale : les notes de Patrice CHÉREAU pour sa mise en scène du festival d’Aix en 2013 [et le DVD de ce spectacle].)

Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (4) : L’AIR

Oups, je crois que j’ai raté le printemps il y a trois jours, et donc le quatrième billet lié à la symbolique des quatre éléments.

Après l’eau, l’élément symbolisant l’hiver, voici donc, puisque débute le printemps, un billet traitant de celui des quatre éléments (le feu – la terre – l’eau – l’air) qui symbolise cette saison. C’est à l’air que le printemps est associé.

L’air est ce qui sépare la terre du ciel, et assure ainsi le lien entre le monde matériel, la terre, et le monde spirituel, le ciel.

Cet élément est réputé chaud et humide, et il est associé au sang et au cœur.

Il représente la légèreté, et est associé au vent, puis par association au vent de l’esprit, c’est-à-dire le souffle qui anime toutes choses. Mais attention, le vent peut aussi se changer en tempête.

Dans la mythologie, l’air est le domaine des elfes.

Musicalement, on trouve un elfe dans le Didon et Enée de PURCELL, quand la sorcière en chef demande à un de ses elfes de prendre l’apparence d’Apollon pour tromper Enée et lui demander de quitter Carthage pour l’Italie (et y fonder une nouvelle cité.)

Purcell Didon et Enée la Caverne des sorcièresCliquez sur la sorcière

Restons avec Purcell et son King Arthur. Au début du cinquième acte, l’enchanteur Merlin invoque Éole, le dieu du vent pour faire cesser la tempête.

Purcell King Arthur The British Worthy (Acte V)Cliquez sur l’image

Dans Les Boréades de RAMEAU, la reine Céphyse doit choisir pour mari un descendant de Borée, le dieu du Vent, mais elle aime un étranger, Abaris, ce qui met Borée en fureur.

Rameau les Boréades Tout cède aux efforts de l'orage (la Tempête)Cliquez sur Abaris, abattu par la force de la tempête

Dans Idoménée de MOZART, le vent invoqué est nettement plus sympathique. Ilia, la fille de Prima prend la nature à témoin de sa douleur dans l’air » Zéphir léger et charmant » (« Zeffiretti lusinghieri »)

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilia

L’air de la calomnie du Barbier de Séville de ROSSINI nous dit que la calomnie est comme un petit vent, qui nous caresse, puis s’amplifie en faisant de plus en plus de dégâts.

Rossini le Barbier de Séville air de la calomnieCliquez sur Bartolo et Basile

Dans La Walkyrie de WAGNER, c’est le souffle tiède du printemps qui fait naître l’amour entre Siegmund et Sieglinde.

Wagner La Walkyrie Chant du printempsCliquez sur le chant du printemps

Dans son Faust, GOUNOD fait appel à la brise légère pour introduire sa célèbre Valse.

Gounod Faust Ainsi que la brise légèreCliquez sur l’image

Et je vous ai réservé un petit cadeau bonus, comme d’habitude réservé à ceux qui ont eu le courage d’aller jusqu’au bout de ce billet.

Point d'interrogationNe cliquez sur ce cadeau bonus que si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Contes et légendes, Le MET s'invite chez vous, Mythologie

LE MET INVITE DES MYTHES ET LÉGENDES CHEZ VOUS – Semaine du 22 au 28 mars

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 22 au 28 mars 2021.

Cette semaine, le MET nous propose une sélection d’œuvres tirées des mythes et légendes.

Lundi 22 mars GLUCK Orfeo ed Euridice

Gluck Orfeo ed Euridice (Met 2009)Cliquez sur l’image

Mardi 23 mars BERLIOZ La Damnation de Faust

Berlioz la Damnation de Faust (MET 2008)Cliquez sur les feux follets

Mercredi 24 mars Gluck Iphigénie en Tauride

Gluck Iphigénie en Tauride (MET)Cliquez sur la bande-annonce de ce très beau spectacle

Jeudi 25 mars STRAUSS Elektra

Strauss Elektra (MET 2016)Cliquez sur Electre et Oreste

Vendredi 26 mars MOZART Idomeneo

Mozart Idomeneo (MET 1982)Cliquez sur l’image

Samedi 27 mars Mozart Don Giovanni

Mozart Don Giovanni (MET 1990)Cliquez sur Dona Anna découvrant avec horreur le corps de son père lâchement assassiné

Dimanche 28 mars WAGNER Der Fliegende Holländer (Le Vaisseau fantôme)

Wagner Fliegende Höllander (MET 2020)Cliquez sur Senta

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des triangles amoureux !

Compositrices, Divers

LE REQUIEM DE FAURÉ (1888 – 1893)

Je vous l’annonçais dans mon billet sur Gabriel FAURÉ, son Requiem est une de mes œuvres préférées, et c’est probablement celle que j’ai le plus chantée en concert.

En opposition aux deux autres grands Requiems du XIXe siècle, ceux de BERLIOZ et de VERDI qui avaient perdu tout sens religieux, Fauré a voulu revenir a une forme plus retenue et plus intime. La structure de son Requiem est donc plus légère, et ne comporte que sept parties :

I – Introït et Kyrie

II – Offertoire (Offertorium)

III – Sanctus

IV – Pie Jesu

V – Agnus Dei et Lux Aeterna

VI – Libera me

VII – In Paradisum.

On n’y trouve donc pas ce morceau de bravoure obligé qu’est le Dies Irae (Jour de colère).

Lully Dies IraeCliquez sur le Dies Irae de Lully

La première ébauche date de 1877 avec le Libera me, une œuvre écrite pour baryton et orgue. En 1887, Fauré à l’idée d’écrire une messe des morts (un requiem, donc)

La première exécution date du début 1888 en l’église de La Madeleine, à Paris, sans l’Offertorium ni le Libera Me, et avec un effectif orchestral relativement réduit, pas de cordes sauf un violon solo. Les deux derniers morceaux sont achevés rapidement, et dès 1893, c’est avec cette structure qu’est donné le Requiem, toujours à La Madeleine. C’est la version de 1893, dite pour orchestre de chambre.

Ensuite, Fauré confia à son élève Roger DUCASSE le soin d’écrire une réduction pour piano (celle que les choristes ont le plus souvent en main quand ils le chantent), mais Ducasse ira plus loin en fournissant aussi une version pour orchestre complet. C’est cette version de 1900 – 1901 qui deviendra vite populaire et sera jouée un peu partout dans le monde.

Il faudra attendre environ un siècle pour que les musicologues retrouvent les versions originales à la BNF et établissent une version critique de la partition. J’ai eu la chance de la travailler sous la direction de Jean-Michel NECTOUX, un des musicologues qui a réalisé cette édition critique (et par ailleurs auteur d’un livre, Gabriel Fauré, les voix du clair-obscur, paru chez Flammarion en 1990 et tout à fait remarquable).

Et donc pour moi, le Requiem de Fauré, c’est :

La première œuvre que j’ai chantée, au cours d’un stage dirigé par Michel PIQUEMAL en 1986. Nous l’avions donné à l’époque notamment à Pamiers, ville natale de Fauré.

Je l’ai également travaillée plusieurs fois avec l’ensemble vocal Intermezzo, dirigé par Claire MARCHAND, et donnée à La Madeleine, mais aussi aux Invalides et dans différentes autres églises de Paris ou de la région parisienne.

C’est enfin, une œuvre travaillée avec Jean-Michel NECTOUX, et donnée dans sa version de chambre dans les salons de l’hôtel particulier du prince de Polignac, dans le XVIe arrondissement parisien.

Bref, que des souvenirs extraordinaires !

Mais assez parlé de moi, revenons à la musique.

I – « Introït » : Requiem aeternam…

Fauré Requiem IntroïtCliquez sur le chœur

II – « Offertorium »

Fauré requiem OffertoriumCliquez sur le disque

III – « Sanctus »

Fauré Requiem Sanctuscliquez sur l’image

IV – « Pie Jesu » (pour la soprano)

Fauré Requiem Pie JesuCliquez sur la soprano

V – « Agnus Dei » & « Lux Aeterna »

Fauré Requiem Agnus DeiCliquez sur l’image

VI – « Libera me » (pour le baryton et le chœur). Attention, écoutez bien de 1 mn 57 s à 2 mn 50 s, vous avez les seules 17 mesures « forte » de la partition.

Fauré Requiem Libera meCliquez sur le baryton et la cheffe

VII – Le séraphique « In Paradisum » (pour les sopranos, ou de jeunes garçons) avec léger accompagnement du chœur.

Fauré Requiem In ParadisumCliquez sur l’image

Voilà, normalement après ce morceau, il n’y a plus de place que pour le silence, mais comme aujourd’hui, le printemps est revenu (il revient toujours le printemps), je vous propose un petit cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus