Compositrices, Histoire de l'opéra, littérature

MOZART ÉTAIT UNE FEMME, de Aliette de LALEU (2022) – partie 1

Aliette de Laleu à la librairie Place ronde, à Lille, le 25 février 2022

Cette année, mon sujet pour la journée internationale des femmes (en France, on dit la journée internationale des droits de la femme) est tout trouvé. En effet, la journaliste musicale Aliette de LALEU, que j’ai déjà citée sur ce blog, vient de sortir un essai passionnant sur la place des femmes dans la musique classique : Mozart était une femme.

Je vous propose donc de le lire ensemble, et en musique.

Chapitre 1 : « Des noms et des visages ». Ce premier chapitre est consacré aux premières femmes musiciennes, en commençant par Sappho (Sapho). Poétesse, et donc musicienne, ayant vécu sur l’île de Lesbos six siècles avant J.-C., elle a été surnommée la dixième muse par PLATON. Elle a fondé un temple dédié à Aphrodite. Son nom est resté dans l’histoire de la littérature et de la poésie et, à l’époque romantique encore, a continué faire parler d’elle. Ne pouvant vous faire entendre sa musique, je vous propose ici un air de l’opéra Sapho, que GOUNOD a écrit en 1851 pour la cantatrice Pauline VIARDOT (que l’on retrouvera plus loin dans le livre d’Aliette.)

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur l’image

Montons dans notre chronoscaphe et faisons un bond dans le temps pour admirer Hildegarde von BINGEN (1098-1179). Musicienne, religieuse, herboriste (et donc guérisseuse), Hildegarde a occupé une place très importante à son époque.

Hildegard von BingenCliquez sur l’image

Chapitre 2 : « Les stars du baroque »

Le chapitre commence à Venise au XVIIe siècle, avec ses hospices consacrés aux nécessiteux et aux enfants orphelins ou abandonnés. C’est dans un de ces hospices réservés aux jeunes filles qu’œuvrait VIVALDI, et une grande partie de sa musique a donc été écrite pour des femmes, chanteuses ou instrumentistes. On peut se faire une idée de l’atmosphère qui régnait dans ce milieu dans le roman Consuelo de George SAND.

Aliette développe ensuite ses stars du baroque avec Barbara STROZZI, Francesca CACCINI et Elizabeth Jacquet de la Guerre.

Strozzi Che si puo fareCliquez sur l’image

Chapitre 3 : « Les révolutionnaires du classique »

Au début de ce chapitre, Aliette nous apprend qu’il y a eu une très grande production d’opéras écrits par des femmes en France autour de la période révolutionnaire puisque ce sont 54 opéras écrits par 23 compositrices ou librettistes qui ont été recensés entre 1770 et 1820.

Gail N'est-ce pas d'elleCliquez sur l’image

Elle nous parle ensuite du remplacement progressif des castrats, surtout en France, par des femmes. C’est le cas de La MALIBRAN (Maria), la grande sœur de la cantatrice et compositrice Pauline VIARDOT.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur l’image

Elle évoque aussi la figure d’Hélène de MONTGEROULT, grande pianiste et auteure d’une méthode de piano dont on se demande pourquoi elle n’est pas plus connue.

de Montgeroult par Aliette de LaleuCliquez sur Aliette de Laleu nous parlant d’Hélène de Montgeroult dans sa chronique sur France Musique

La partie consacrée à Maria Anna MOZART, dite Nannerl explique le titre de ce livre.

Chapitre 4 : « Les guerrières romantiques »

Dans ce chapitre, Aliette de Laleu évoque quelques figures de femmes compositrices dont le talent a été empêché par des hommes, pères frères ou maris.

Tout d’abord Fanny MENDELSSOHN, la grande sœur de Félix. Très proche de son frère, c’est son père qui a freiné son envie de faire de la musique. On sait que certaines des mélodies publiées par Félix sont en fait de Fanny, ce qui le faisait souffrir dans son orgueil quand on le complimentait pour des musiques qui n’étaient pas de lui. Je reviendrai sur Fanny le 14 mai prochain pour le 175e anniversaire de sa mort.

Fanny Mendelssohn ItalienCliquez sur l’image

Ensuite, Clara SCHUMANN, la femme de Robert, qui a sacrifié sa carrière de compositrice pour mieux servir son mari, même si ses talents de pianiste étaient reconnus (c’était souvent grâce à eux qu’elle faisait « bouillir la marmite », les revenus de Robert n’étant pas suffisants pour faire vivre la famille.)

Clara Schumann Trio opus 17 AndanteCliquez sur l’image

Enfin Alma MAHLER, la femme de Gustav, qui par contrat a dû s’engager à cesser d’écrire de la musique quand elle s’est mariée, pour ne pas faire d’ombre à son mari.

Alma Mahler HymneCliquez sur l’image

Il m’aurait fallu aussi parler de Louise FARRENC, Louise BERTIN et Mel BONIS, mais je vais m’arrêter là pour l’instant (j’ai déjà été un peu long par rapport à mes billets habituels), mais rassurez-vous, il y a ici la suite des Aventures d’Aliette au pays des femmes dans la musique classique. Et puis si vous n’avez pas la patience d’attendre, courez donc chez votre libraire préféré(e) acheter le livre !

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« M’INTRODUIRE DANS TON HISTOIRE », de MALLARMÉ (1886)

Après Remémorations d’amis belges de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose M’introduire dans ton histoire, un poème de 1886 évoquant ses relations (fantasmées ?) avec Méry LAURENT.

M’introduire dans ton histoire
C’est en héros effarouché
S’il a du talon nu touché
Quelque gazon de territoire

la belle HélèneCliquez sur le défilé des héros de la Grèce antique

À des glaciers attentatoire
Je ne sais le naïf péché
Que tu n’auras pas empêché
De rire très haut sa victoire

Janacek Jenufa Acte 3Cliquez sur l’image

Dis si je ne suis pas joyeux
Tonnerre et rubis aux moyeux
De voir en l’air que ce feu troue

Berlioz la Damnation de Faust (MET 2008)Cliquez sur les feux-follets


Avec des royaumes épars
Comme mourir pourpre la roue
Du seul vespéral de mes chars.

Saint-Saëns PhaétonCliquez sur le char du Soleil

Citations musicales :

du talon nu : Vous je ne sais pas, mais moi quand j’entends « Héros » et « Talon », je pense à Achille (et pas à Achille Talon qui est aussi un héros, mais de bande dessinée, excellent par ailleurs). OFFENBACH l’a mis en scène dans La belle Hélène et ses couplets des rois.

À des glaciers attentatoire : JANACEK troisième acte de Jenufa,. Alors que l’héroïne va se marier avec Laca, on découvre sous les glaces fondant au printemps le cadavre d’un nouveau-né noyé ! Il s’agit de l’enfant illégitime qu’avait eu Jenufa, et dont la marâtre, pour sauver l’honneur de la famille, avait fait disparaître pendant la fièvre de Jenufa. Cette lecture me semble aller avec le sens caché du poème de Mallarmuche, avec ses désirs cachés pour Méry.

Tonnerre et rubis : BERLIOZ La Damnation de Faust – Feux et Tonnerre – menuet des feux follets.

Du seul vespéral de mes chars : SAINT-SAËNS, Phaéton. Les deux derniers tercets peuvent se lire comme la course du char solaire jusqu’à son couchant. Saint-Saëns a mis en musique cette histoire de Phaéton volant sur le char solaire de Phoebus, son père, mais incapable d’en diriger les chevaux. Se rapprochant trop près du soleil et mettant la Terre en danger, Phoebus est obligé de l’abattre en plein vol pour sauver la planète.

Et pour ceux et celles qui voudraient relire ce poème sans subir mes divagations musicales, retrouvez-le tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change.

Écrivains, littérature, Poésie, Théâtre

Edmond ROSTAND (1868 – 1918)

Edmond ROSTAND naît à Marseille le 1er avril 1868. Issu d’une famille riche, il passe les premières années de sa vie à Marseille, puis à Bagnères-de-Luchon. Après de brillantes études à Marseille, puis à Paris, son père lui fait suivre des études de droit. Une fois sa licence en poche, Edmond se tourne vers l’écriture et la poésie.

En 1890, il se marie avec la poétesse Rosemonde GÉRARD, qui aura MASSENET comme témoin à son mariage. Ils auront deux fils, Maurice né en 1891 et Jean né en 1894. Jean Rostand se fera un nom dans le domaine de la biologie.

Edmond commence sa carrière littéraire par différentes pièces de poésie, dont l’Ode à la musique (1890) qui sera mise en musique par CHABRIER.

Chabrier - Rostand Ode à la musiqueCliquez sur l’image

En 1894, il réussit à faire jouer la pièce les Romanesques à la Comédie-Française. Peu connue en France, elle est très populaire dans les pays anglo-saxons, et a fait l’objet en 1960 d’une comédie musicale sous le nom The Fantasticks ! La musique en est de SCHMIDT et les paroles de Tom JONES.

Rostand The FantasticksCliquez sur l’image, il se pourrait que vous reconnaissiez un air qui a servi pour la réclame d’un café

En 1895, c’est la Princesse lointaine, dont une version lyrique de WITKOWSKI sera créée à l’Opéra de Paris en 1934.

Suivront, pour les succès, la Samaritaine (1897), Cyrano de Bergerac (1897) et l’Aiglon (1900).

La Samaritaine fera l’objet d’une adaptation par Max d’OLLONE en 1929, créée à l’Opéra-Comique en 1937.

Cyrano de Bergerac fera l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1936. (Alfano est le compositeur qui a terminé Turandot, œuvre restée inachevée à la mort de PUCCINI.)

Alfano (Rostand) Cyrano de BergeracCliquez sur Cyrano

Ils se mettront à deux, IBERT et HONEGGER pour adapter l’Aiglon, en 1937.

Honegger Ibert (Rostand) l'AiglonCliquez sur l’image

En 1901, Rostand est élu à l’Académie française.

En 1910, il fait jouer sa dernière pièce : Chanteclerc. Celle-ci, qui met en scène des animaux ne rencontre pas les succès éclatants qu’ont connus Cyrano et de l’Aiglon.

Rostand meurt de la grippe espagnole à Paris le 2 décembre 1918.

Si vous avez été sages, vous pouvez cliquer sur l’image pour obtenir un bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur l’image pour voir le bonus surprise (si vous avez été sages)

Cinéma, Géographie, histoire, opéra russe, Politique

UKRAINE – RUSSIE, QUAND MOUSSORGSKI NOUS DONNE UNE LECON DE GÉOPOLITIQUE

La récente agression de l’Ukraine par l’armée russe nous a désemparés et sidérés. C’est pourtant un classique de l’histoire que ces annexions de pays voisins par l’ogre russe, que MOUSSORGSKI aborde par deux fois dans ses opéras, Boris Godounov et la Khovantchina.

Dans Boris Godounov, c’est à la frontière avec la Lituanie que se passe le tableau central, quand Grigori pourchassé par la police du tsar cherche à passer cette frontière pour échapper à la police. (Rappel Boris Godounov se passe vers 1600.)

Moussorgski Boris Godounov prologue scene 1Cliquez sur le peuple russe se lamentant sur son triste sort

Dans la Khovantchina, les troubles intérieurs à la Russie fomentés par la politique du tsar Pierre le Grand en 1682 ont des répercussions sur les peuples satellites, tatars ou ukrainiens. Ainsi au début du second acte, le prince Golitsine se glorifie-t-il d’avoir « abattus les Polonais pleins de morgue, et arrachés de la gueule des Ukrainiens avides les terres où l’histoire (de la Russie) est née ».

Moussorgski la Khovantchina bande annonceCliquez sur l’image

Pour savoir se qui s’est passé dans ces régions, je vous propose d’aller visiter le site de John Duff, l’éminent vexillologue. https://touslesdrapeaux.xyz/ukraine.html. Il nous rappelle que l’actuel drapeau bleu et jaune vient de l’Etmanat cosaque qui de 1649 à 1764 s’est battu contre ses puissants voisins, avant de n’être absorbé dans l’empire russe qu’en 1764. Mais avant cette période, il y avait un pouvoir très important à l’époque de la Pologne Lituanie, vaste région qui s’étendait sur les actuels pays baltes, la Pologne et l’Ukraine. Ce bloc coupait (déjà) l’accès aux principaux ports à la Russie, vaste bloc continental.

Dans ses Tableaux d’une exposition, un des plus beaux tableaux (mais ils sont tous beaux) est « la grande porte de Kiev ».

Moussorgski Tableaux d'une exposition la grande porte de KievCliquez sur la pianiste

La Symphonie n°2 de TCHAÏKOVSKI est aussi surnommée « Petite Russie » comme on appelait aussi l’Ukraine à cette époque. Elle porte ce surnom car Tchaïkovski y a incorporé plusieurs mélodies du folklore ukrainien.

Tchaïkovski Symphonie n°2 petite RussieCliquez sur l’orchestre

PROKOFIEV est né en Ukraine, et la célèbre marche de l’Amour des trois oranges a certainement des origines folkloriques ukrainiennes.

Prokofiev 3 oranges marcheCliquez sur l’image

En 1938, il signe la musique d’Alexandre Nevski, un film d’EISENSTEIN commandé par STALINE évoquant la force du peuple russe se défendant contre le danger nazi. L’histoire se passe à l’époque du prince Alexandre Nevski qui écrase la coalition des Teutons et des Livoniens, la Livonie correspondant peu ou prou à l’Ukraine de l’époque. Mais autant l’Histoire nous aide à comprendre ces efforts pour battre les nazis, autant la rhétorique du président démocratiquement élu de la Russie actuelle, justifiant l’intervention de son armée pour « dénazifier » l’Ukraine, est nauséabonde et révoltante.


Prokofiev Alexandre Nevski
Cliquez sur l’image

Et puis, puisque je suis en Ukraine aujourd’hui, ce sera l’occasion aussi de vous parler de Rheinhold GLIERE (1874-1956), important compositeur ukrainien pas très connu chez nous, malgré une production relativement intéressante.

Glière concerto pour harpe mvt 1Cliquez sur l’image

Et pour savoir ce que je pense de tout ça, cliquez donc sur le bonus surprise.


point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise pour savoir ce que je pense de tout ça

Divers

ILS OU ELLES ONT JOUÉ DU CLASSIQUE (5e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques. Après la quatrième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Jimmy PAGE CHOPIN Prélude n° 4

Jimmy Chopin page prélude n 4Cliquez sur Jimmy Chopin

J.-S.BACH Tocatta et fugue Sinfonity

J.S.Bach Sinfonity Toccata et fugueCliquez sur Jean-Sébastien Sinfonicity

BEETHOVEN Deep Purple 9e Symphonie

Beethoven Deep Purple 9e symphonieCliquez sur Deep Beethoven Purple

Peter Ustinov cantate de BACH : (avec l’aimable participation de Julie les mots https://wordpress.com/read/blogs/62080455/posts/19278#comment-11978 )

Bach - Ustinov cantateCliquez sur l’image

Sandra NKAKÉ interprète FAURÉ.

Fauré Après un rêve (Sandra Nkaké)Cliquez sur Gabriel Nkaké

Et trouvé sur le site de « Nemo auditur« , ce plagiat du Canon de Palchelbel.

Pachelbel Marron 5 Canon MemoriesCliquez sur le Canon Memories de Pachelbel Canon 5

Lara Fabian « Adio del passato » (oreilles sensibles s’abstenir).

Verdi Traviata Adio del Passato (Lara Fabian)Cliquez sur l’image

Et puisque je vous parlais il n’y a guère de GRIEG, il y a cette version de la « Chanson de Solveig » interprétée par Jane BIRKIN.

Grieg Peer Gynt Birkin Lost songCliquez sur Edvard Birkin

Compositeurs

EDVARD GRIEG (1843-1907)

Edvard GRIEG naît le15 juin 1843 à Bergen, en Norvège. Sa mère, pianiste, lui donne ses premières leçons de musique quand il a 5 ans, et il entreprend sa première composition à 9 ans.

En 1858, il part à Leipzig pour étudier au conservatoire de cette ville, où il reste 3 ans. Il n’est pourtant pas entièrement satisfait par ces études, trop « académiques ». C’est là qu’il a l’occasion, entre autres, d’entendre le concerto de piano de Robert SCHUMANN, interprété par sa femme Clara, elle-même compositrice et virtuose.

En 1862, il donne son premier concert à Bergen.

En 1863, il part à Copenhague où il rencontre Niels GADE et surtout Rikard NORDRAAK, qui lui fait découvrir les chants populaires du Nord. Il comprend alors qu’il doit se détacher de ses influences académiques pour se tourner vers une musique plus proche de ses racines nordiques. Il faut se souvenir qu’on est dans ces années dans une période extrêmement intéressante d’éveil des écoles nationales, où chaque peuple ou nation cherche à se soustraire à l’influence franco-italienne (puis germanique), pour retrouver ses propres racines musicales.

En 1867, il se marie avec une de ses cousines. En 1869, c’est la mort de leur fille unique, à l’âge de 18 mois.

1867 est aussi l’année où il s’installe à Oslo et fonde l’Académie norvégienne de musique. C’est le début pour lui d’une abondante production musicale avec les Humoresques pour piano, son concerto pour piano ainsi que des mélodies norvégiennes. (À titre personnel, j’entends dans le concerto de Grieg des réminiscences de celui de Schumann, peut-être parce qu’ils sont écrits dans la même tonalité.)

Grieg Concerto pour pianoCliquez sur la pianiste

À l’hiver 1869-1870, il fait un séjour à Rome où il encontre l’incontournable LISZT, qui l’encourage dans la voie qu’il s’est tracée.

En 1872, l’État norvégien lui assure une rente, ce qui lui permet de composer librement.

En 1875, il écrit pour le dramaturge IBSEN une musique de scène pour sa pièce Peer Gynt, sans doute sa partition la plus connue.

Grieg Peer Gynt chanson de SolveigCliquez sur la soprano norvégienne

En 1878, il compose l’opéra Sigurd Josalfar, mais l’échec de cette œuvre lui fait abandonner tout espoir d’écrire un opéra national norvégien.

Grieg Sigurd JorsalfarCliquez sur l’image

Parmi ses compositions figurent de nombreuses pièces pour piano, des mélodies (norvégiennes) et de la musique de chambre, dont trois sonates pour piano et violon. Si les deux premières restent relativement classiques, la troisième datant de 1886-1887 me semble beaucoup plus inspirée (mais les deux autres sont très bien aussi).

Grieg sonate piano violon n° 3Cliquez sur le violoniste et le pianiste

J’aime bien aussi la suite Holberg, pour orchestre à cordes.

Grieg suite HolbergCliquez sur l’orchestre à cordes

Edvard Grieg meurt de la tuberculose le 4 septembre 1907, à l’âge de 64 ans.

Et si vous voulez un peu plus de musique de Grieg, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez un peu plus de musique de Grieg (vous ne devriez pas le regretter

Maria Callas, Oulipo, Poésie

TOUJOURS DES HAÏKUS (5e série)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.

Je propose régulièrement des haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par des idées musicales qui me viennent en le lisant.

Opéra mystique

C’est : Dialogue des Carmélites

Bernanos, Poulenc.

Poulenc Dialogue des Carmélites Salve ReginaCliquez sur l’image

Opéra biblique

C’est : Samson et Dalila

de Camille Saint-Saëns.

Saint-Saens Samson et Dalila printemps qui commence CallasCliquez sur l’image

Sur un haïkaï d’Ada : Bach – Concerto en do mineur, BWV 981 ‹ pour une seule note ‹ Reader — WordPress.com

Sous les pas de Bach,
Les feuilles mortes se poussent ;
La voie est offerte.

Bach Concerto en ut mineur BWV 981Cliquez sur la voie jonchée de feuilles mortes

Sur un haïkaï de Régis : Divers Haïkus d’hiver ‹ Maux & Cris ‹ Reader — WordPress.com

Des pas dans la neige

Une histoire est passée là

Rien n’en restera.

Debussy Des pas sur la neigeCliquez sur le pianiste

Sur un haïkaï de Tim : Deux amants assis – Haïku trilingue ‹ Le Mot Sensible ‹ Reader — WordPress.com

La terre, l’eau, le ciel –

Deux amants sont assis là

Sur le bord du lac.

Rossini la Dame du lac Cielo ! in qual estasiCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Solène : AINSI FONT… | EN VERS ET CONTRE TOUT (wordpress.com)

Les oiseaux de mer
sont ivres de liberté
dans le bleu du ciel

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image

Citations musicales :

Dialogues des Carmélites, de POULENC, « Salve Regina » final.

Samson et Dalila de SAINT-SAËNS, « Printemps qui commence ».

Les feuilles mortes : J.-S. BACH Concerto en ut mineur BWV 981.

Des pas dans la neige : DEBUSSY Des pas sur la neige.

le bord du lac : ROSSINI La Dame du lac.

ivres de liberté : BRITTEN Peter Grimes 4 interludes.

Et pour retrouver la livraison précédente de haïkaïs mis en musique, c’est ici : « Encore des haïkus (4e série)« .

Et pour retrouver la série suivante, cliquez sur « Quelques haïkaïs wagnériens« .

Mes opéras préférés, opéra russe

LA KHOVANTCHINA, de MOUSSORGSKI (1872 – 1880)

La Khovantchina est la dernière œuvre sur laquelle a travaillé MOUSSORGSKI. Il l’a commencée en 1872, réunissant le matériel historique qui allait lui permettre d’en écrire le livret. À la fin de 1873, celui-ci est à peu près achevé, et certaines idées musicales sont déjà couchées sur le papier. Il la délaissera en suite pratiquement pendant toute l’année 1874, au cours de laquelle il s’est consacré à la publication de Boris Godounov après sa création à Saint-Pétersbourg, ainsi qu’aux Tableaux d’une exposition.

Il consacrera ensuite les années 1875 et 1876 à l’écriture des quatre premiers actes, et il faudra attendre 1880 pour qu’il se mette au cinquième acte. Malheureusement, son état de santé allant en se dégradant ne lui permit pas d’achever la partition, son delirium tremens lui faisant perdre une grande partie des facultés créatrices.

C’est l’infatigable RIMSKI-KORSAKOV qui orchestrera la partition ce qui en permettra la création en 1886 à Saint-Pétersbourg. Au XXe siècle, CHOSTAKOVITCH en fera une nouvelle orchestration, probablement plus fidèle au langage musical âpre de Moussorgski.

Le pitch : Dans la Russie de Pierre le Grand (vers 1682), deux factions s’opposent aux réformes que le tsar a entreprises, sur fond de querelles religieuses et politiques. Le camp des streltsy, mené par les princes Khovanski, se révolte contre le tsar. Pierre le Grand qualifie cette révolte de Khovantchina (soit la barbarie des Khovanski) et fait massacrer ses opposants.

Moussorgski la Khovantchina bande annonceCliquez sur la bande-annonce

Ouverture : L’ouverture est le seul morceau qui soit devenu « grand public » et est régulièrement donnée en concert. Le soleil se lève sur la Moskova, éclairant les bulbes dorés des églises.

Moussorgski la Khovantchina préludeCliquez sur l’image

Acte I : À l’aube, une patrouille de streltsy arrive et se remémore avec joie les massacres qu’ils ont effectués la veille. Un clerc entre à son tour (en ces temps-là, il n’était pas donné à tout le monde de savoir lire et écrire.) Le boyard Chakloviti lui demande d’écrire pour son compte une lettre de dénonciation des princes Khovansky, Ivan le père et André son fils, affirmant qu’ils cherchent à détruire la Russie. Comme le boyard sort, des hommes et des femmes du peuple arrivent et, trouvant sur la place un poteau couvert d’inscriptions, demande au clerc de lire ce qui est écrit. Il s’exécute : c’est le compte-rendu des exécutions faites par les streltsy la veille.

Le prince Ivan arrive en grande pompe et les Moscovites le saluent avec ferveur. Quand il sort arrive Emma, une Allemande que le prince André poursuit de ses assiduités pressantes. Entre à son tour Marfa, l’ancienne maîtresse d’Ivan, qui aime toujours celui-ci. Elle prend la défense d’Emma quand le prince Ivan revient. Frappé par la beauté d’Emma, il demande à ses streltsy de s’emparer d’elle, mais André s’oppose à la volonté de son père. À ce moment le prêtre Dosifei entre avec ses Vieux-Croyants (les tenants de la liturgie orthodoxe ancienne). Il sépare les deux princes, confie Emma à Marfa, et appelle à marcher sur Moscou pour défendre la vraie foi.

Acte II : Le prince Golitisine lit une lettre de la tsarine, qu’il a aimée mais dont il se méfie à présent. Marfa entre, proposant de lui lire son avenir. Elle lui prédit la disgrâce et l’exil. Quand elle sort, Golitisne se rappelle ses hauts faits au service de la Russie et demande que l’on tue Marfa.

Le prince Ivan entre et reproche à Golitsine d’avoir affaibli le pouvoir des boyards. Le ton monte entre les deux hommes quand Dosifei arrive et tente de les calmer. Comme les princes veulent le remettre à sa place, il leur révèle qu’il était lui-même prince avant que de devenir un homme au service de Dieu. Il recommande à Ivan de mieux surveiller ses hommes, qu’il juge au service du diable.

Marfa entre en demandant du secours parce qu’on a cherché à la tuer, et que seule l’arrivée des troupes du tsar lui a permis de se sauver. Elle prévient les deux hommes que les soldats du tsar arrivent pour mater la Khovantschina.

Acte III : Dans le camp des Vieux-Croyants, les hommes chantent qu’ils ont vaincu l’hérésie. Marfa arrive discrètement et chante une chanson d’amour. La mère Susanna la surprend et lui reproche cette chanson inspirée par le diable. Mais Dosifei arrive et la défend auprès de Susanna, lui disant que c’est elle l’impie.

Moussorgski la Khovantchina chanson d'amour de MarfaCliquez sur Marfa

Chakloviti s’est approché du camp, et prédit la fin des streltsy avant de partir. Ceux-ci surgissent et chantent des chansons à boire, alors que les femmes les rudoient pour leur mauvais comportement. L’un d’entre eux, Kouzka, chante la ballade de la médisance.

Le clerc arrive, épouvanté, disant que des mercenaires sont en train de cerner le camp des streltsy. En outre, les troupes du tsar arrivent et ont massacré les mercenaires. Les hommes demandent à Ivan quelle attitude tenir, mais celui-ci leur dit de rentrer chez eux et d’attendre dans le calme.

Moussorgski la Khovantchina fin de l'acte IIICliquez sur la fin de l’acte III

Acte IV : Chez le prince Ivan, les servantes chantent pour distraire le prince. Il demande à ses esclaves persanes de danser pour lui.

Moussorgski la Khovantchina Danses persanesCliquez sur l’image

Moussorgski la Khovantchina danses persanes 2Cliquez sur l’image

La danse est interrompue par un messager qui arrive pour le prévenir d’un malheur qui le menace. Chakloviti entre à son tour, porteur d’une convocation de la part de la tsarine. Flatté, Ivan met ses plus beaux habits, mais il est tué dès qu’il sort de chez lui.

À Moscou, le peuple voit une charrette conduire le prince Govitsine en exil. Marfa prévient Dosifei que les mercenaires vont encercler les streltsy pour les massacrer. Le prêtre conclut que le temps de leur disparition dans les flammes est arrivé.

Le prince André entre, à la recherche de Marfa. Il menace celle-ci, qui lui dit qu’il n’a rien compris, que son père est mort et que l’heure de sa fin est proche. Entrent les streltsy portant des billots et des haches. Alors qu’ils s’apprêtent à mourir, on apprend que le tsar les gracie.

Acte V : Dans un ermitage dans une forêt, refuge des vieux-croyants, Dosifei annonce la fin de l’ancienne religion orthodoxe.

Marfa entre accompagnée d’Ivan. Elle espère toujours sauver son amour, mais lui ne pense qu’à son Emma. Elle met enfin le feu au bûcher funèbre, et tous périssent dans le feu, sous le regard horrifié des soldats du tsar qui arrivent à ce moment.

(Sources principales : la production de l’opéra de Paris de février 2022, et le programme associé.)

Et si vous en voulez encore un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous en voulez encore un peu plus

Divers

QUELQUES DUOS D’AMOUR POUR LA SAINT VALENTIN

Il ne vous a certainement pas échappé, avec la pression mise par les réclamiers de toutes sortes, que le 14 février, jour de la Saint-Valentin, est la fête des amoureux.

À l’opéra, qui dit amoureux dit duos d’amour ! Je vais donc vous proposer une nouvelle sélection de ces duos parmi les plus beaux que les compositeurs nous ont offerts.

À la fin du Couronnement de Poppée, de MONTEVERDI, Néron couronne Pompée en tant qu’épouse et impératrice. Duo « Pur ti miro ».

Monteverdi le Couronnement de Poppée Pur ti miroCliquez sur Pompée et Néron

À la fin de Zoroastre de RAMEAU, Zoroastre vainqueur des forces du mal peut enfin régner avec Amélite. Duo « Que ces nœuds sont charmants ».

Rameau Zoroastre Que ces nœuds sont charmantsCliquez sur l’image

Dans Cosi fan Tutte, MOZART fait chanter la double sérénade entre les deux jeunes hommes et les deux jeunes femmes. « Secondata, aurette amiche ».

Mozart Cosi fan Tutte Secondate, aurette amicheCliquez sur l’image

Dans La Cenerentola (Cendrillon) de ROSSINI, c’est le coup de foudre assuré quand le prince rencontre Cendrillon. Duo « Un soave non so che. »

ROSSINI La Cenerentola Un soave non soche

Cliquez sur Don Ramiro et Cendrillon

Rossini encore avec dans Guillaume Tell avec le duo « Oui, vous l’arrachez à mon âme » où Arnold avoue son amour à Mathilde.

Rossini guillaume Tell Oui, vous l'arrachez à mon âme

Cliquez sur Arnold et Mathilde

Dans Don Pasquale, DONIZETTI nous offre ce beau duo entre Ernesto et Dorina « Tornami a dir che m’ami ».

Donizetti Don Pasquele Tornami a dir che m'amiCliquez sur Ernesto et Dorina

Enfin (pour cette livraison) dans ZE opéra of ZE amour, Tristan und Isolde, WAGNER consacre presque tout le second acte à ce qui doit être le plus long duo d’amour de l’histoire de l’opéra.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Clicken Sie über Tristan und Isolde

J’ai encore tout plein de duos d’amour à vous proposer, mais en attendant et si vous voulez encore, des duos d’amour, cliquez donc sur les liens cidsous :

Les plus beaux duos d’amour (XVIIIe siècle).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1800 – 1850).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1850 – 1880).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1880 – 1915).

Écrivains

Bernard de FONTENELLE (1657 – 1757)

Bernard le BOUYER (ou le BOVIER) de FONTENELLE est né à Rouen le 11 février 1657 et mort à Paris le 9 janvier 1757. À un mois près, il mourait centenaire.

Paradoxe de l’histoire : il fait ses études au lycée Corneille de Rouen (comme moi), alors que le lycée Fontenelle se trouve à à peine 500 mètres de là !

Neveu de Pierre CORNEILLE, il suit les traces de son oncle en suivant des études de droit. Après avoir plaidé (et perdue) une unique cause, il se rend à Paris pour rejoindre son oncle Thomas Corneille qui écrivait pour le Mercure Galant (l’ancêtre du Mercure de France.) Dans son Dialogue des morts, il prend parti pour les modernes dans la Querelle des Anciens et des Modernes, ce qui lui vaut l’inimitié de Racine et Boileau.

Il écrit des poésies et des livrets d’opéra : Psyché (1678) et Bellérophon (1679) qui seront mis en musique par LULLY, mais joués sous le nom de son oncle.

Lully Fontenelle PsychéCliquez sur l’image

Bellérophon

Lully - Fontenelle BellérophonCliquez sur l’image

En 1689, il écrit le livret de Thétis et Pélée d’après la légende de la néréide Thétis mariée de force avec le roi Pélée, de qui elle eut sept fils. Seul le plus jeune d’entre eux, le bouillant Achille survivra. Il se rendra célèbre pour son rôle dans la guerre de Troie. Pascal COLASSE écrira la musique de Thétis et Pélée.

Collasse - Fontenelle Thétis et PéléeCliquez sur l’image

En 1691, Fontenelle écrit, toujours pour Colasse, le livret de Enée et Lavinie.

Collasse - Fontenelle Enée et LavinieCliquez sur l’image

1691 est aussi l’année où Fontenelle devient membre de l’Académie française, dont il sera secrétaire perpétuel pendant presque 60 ans.

En 1731, on donne à l’Académie royale de musique la pastorale héroïque Endymion avec une musique de COLLIN de BLAMONT.

Fontenelle meurt à Paris le 9 janvier 1757.

La tragédie Enée et Lavinie a fait l’objet d’un nouvel opéra par Antoine DAUVERGNE, représenté en 1758.