Écrivains, Cinéma, littérature, Woody Allen

Féodor DOSTOÏEVSKI (1821 – 1881)

(c) Adrian Mercure 2021

Féodor DOSTOÏEVSKI est un des plus grands écrivains russes du XIXe siècle. Il est né à Moscou il y a deux cents ans, le 11 novembre 1821. Lors de sa jeunesse dans la Russie tsariste, il fréquente les milieux progressistes, ce qui lui vaut une arrestation et une condamnation à mort, à l’âge de 18 ans. Après un simulacre d’exécution, il est déporté au bagne en Sibérie pour une période de quatre ans. Plus tard, il relatera ses souvenirs dans Souvenirs de la maison des morts. À son retour du bagne, il quitte l’armée (il avait un grade de sous-officier, mais avait été rétrogradé au rang de simple soldat) pour se consacrer à la littérature.

On peut distinguer trois périodes dans son œuvre. Les années romantiques, qui se terminent avec son séjour au bagne, les années où son socialisme est prêt à remplacer Dieu, et enfin le retour aux racines russes et à l’orthodoxie.

Dostoïevski meurt à Saint-Pétersbourg le 9 février 1881.

Ses œuvres principales sont Souvenirs de la Maison des morts (1860 – 1862), Crime et Châtiment (1866), le Joueur (1866), l’Idiot (1868 – 1869), et les Frères Karamazov (1880). La plupart de ces romans ont été adaptés à l’opéra.

Ainsi, Souvenirs de la Maison des morts a été porté à l’opéra par JANACEK sous le titre de la Maison des morts (Z Mrtvého Domu) en 1928.

Janacek De la maison des morts (Z mrtveho domu)Cliquez sur l’image

Dans Crime et Châtiment, le héros, Raskolnikov est un étudiant qui vit dans la misère. Il décide de tuer, presque au nom de la morale, une riche veuve qui prête avec usure de l’argent pour les gens comme lui. Mais, alors qu’il se croyait tout puissant, il doit vivre désormais avec le poids de son crime. Avec ses questions métaphysiques, c’est certainement un des romans de Dostoïevski qui a suscité le plus d’œuvres dérivées, que ce soit au cinéma ou en musique.

En 1942, le compositeur allemand Boris BLACHER écrit un oratorio, le grand Inquisiteur d’après ce roman.

Blacher le grand InquisiteurCliquez sur l’image

Il a aussi fait l’objet d’une adaptation sous le titre Raskolnikov par le compositeur suisse SUTERMEISTER en 1948, d’un ballet de Ronaldo CADEU en 2009,

Cadeu Crime et ChâtimentCliquez sur l’image

et d’un opéra rock russe en 1984. On trouve ainsi son influence chez Woody ALLEN dans son film Crimes et Délits (1990).

Polymedia Crime et ChâtimentCliquez sur l’image

Le joueur est un roman en partie autobiographique, puisque Dostoïevski était un joueur invétéré, qui a perdu beaucoup d’argent pour satisfaire sa passion du jeu. PROKOFIEV s’y est pris à deux fois pour l’adaptation du Joueur, avec une première version en 1916, remaniée en 1927.

Prokofiev le JoueurCliquez sur la bande-annonce

Le prince Mychkine, le personnage principal de L’Idiot, est un être fondamentalement bon, sa bonté confinant même à l’idiotie. À travers Mychkine, Dostoïevski nous dépeint un personnage quasiment christique. L’Idiot a fait l’objet d’un opéra écrit en 2013 par le compositeur russe WEINBERG.

Weinberg l'IdiotCliquez sur l’image

(P.S. Comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portrait de Dostoïevski à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, illustrer vos cartes de vœux, c’est ici : Adrian Mercure (adrian- )

Mes opéras préférés

DE LA MAISON DES MORTS, de JANACEK (1927 – 1928)

De la Maison des morts (Z mrtvého domu) est le dernier opéra de JANACEK, qui est mort pendant la révision de son œuvre avant sa publication. Le texte est de Janacek lui-même, qui a choisi dans l’œuvre de DOSTOÏEVSKI (Souvenirs de la maison des morts), de quoi composer son livret. L’œuvre fut créée à Prague en 1931, avant de disparaître jusqu’en 1958. Il n’y a pas réellement d’histoire dans cette pièce, mais plutôt la juxtaposition de scènes, de fragments, les prisonniers exposant chacun leur tour ce qui les a conduits au bagne.

Janacek De la maison des morts (Z mrtveho domu)Cliquez sur l’ouverture

Acte I : Dans un bagne en Sibérie, les prisonniers sortent d’un baraquement. Certains s’amusent avec un aigle dont l’aile est brisée, pendant que d’autres se disputent. On annonce l’arrivée d’un noble parmi eux. Goriantchikov entre. Le commandant ordonne qu’on lui rase le crâne et qu’on l’enchaîne. Il lui demande son crime, Goriantchikov répond qu’il est prisonnier politique. Furieux, le commandant le condamne à cent coups de fouet.

Janacek De la maison des morts acte I arrivé de GorantchovCliquez sur l’image

Le petit et le grand prisonnier jouent avec l’aigle blessé. Le grand prisonnier dit que l’aigle ne s’habitue pas à la prison. Le petit prisonnier répond que ce n’est pas comme l’homme. Louka et Skouratov se souviennent de leur passé en discutant. Louka raconte qu’il était dans un régiment ukrainien, mais qu’un jour, suite à une injustice, il a tué son commandant. C’est pour cela qu’il se retrouve au bagne. Goriantchikov revient, il a été battu par les gardes.

Janacek De la maison des morts fin acte ICliquez sur l’image

Acte II : Quelques mois plus tard, Goriantchikov entre avec Aléia, un jeune prisonnier avec qui il s’est lié d’amitié, et Skouratov. Goriantchikov demande à Aléia s’il a une sœur. Aléia répond que oui, et aussi que sa mère a dû mourir de chagrin en le sachant au bagne. Goriantchikov lui propose de lui apprendre à lire et à écrire.

Janacek De la maison des morts Acte II Goriantchov et AleiaCliquez sur Aléia et Goriantchikov

Une cloche sonne, les prisonniers arrêtent le travail, c’est jour de fête. On annonce l’arrivée du général, qui inspecte toute la Sibérie. Skouratov dit qu’il est ici à cause de l’amour d’une femme. On lui demande son histoire. Il était en garnison dans une ville pleine d’Allemands, et une jeune femme, Louisa, lui avait plu. Mais elle a cessé de le voir, parce qu’on l’avait promise à un Allemand, un beau parti. Un jour, il est allé la voir, son fiancé était là, et il l’a tué d’un coup de pistolet. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé au bagne. Quand il a fini son histoire, on annonce la représentation d’un opéra, l’histoire de Kedril et Don Juan, suivie de la pantomime de la belle meunière. Quand la représentation est terminée, les prisonniers rentrent dans leur baraquement, une prostituée s’éloigne avec un prisonnier. Une querelle s’élève entre Goriantchikov et un prisonnier, Aléia est blessé en voulant s’interposer.

Acte III : À l’infirmerie de la prison. Aléia est allongé, fiévreux. Chapkine raconte son histoire. Il a participé à un cambriolage, mais il s’est fait prendre. Au commissariat, le commissaire lui a tiré les oreilles si fort qu’elles sont restées décollées, et depuis il souffre des oreilles. Il est interrompu par Skouratov en proie au délire qui pense à sa Louisa. Les autres le forcent à se recoucher. C’est au tour de Chichkov de raconter son histoire. Il connaissait un riche fermier, qui avait une fille, Akoulina. Filka, son valet de ferme, pour se venger de son maître, l’a quitté en déclarant qu’il avait déshonoré sa fille et qu’il le fera savoir partout.

Janacek De la maison des morts Acte III air de ChichkovCliquez sur Chichkov

Un jour qu’il était pris de boisson, sa mère l’a marié à Akoulina, mais le soir de la noce, dans la chambre, il se rend compte que sa femme était vierge. Plus tard, il s’est rendu compte que sa femme aime toujours Filka. Il promet de la tuer. Pendant qu’il raconte son histoire, Louka meurt et on se rend compte qu’il s’agit de son ennemi Filka.

On appelle Goriantchikov. Le commandant lui fait des excuses : il est libre. Goriantchikov demande qu’on relâche l’aigle, dont l’aile est guérie. Les prisonniers chantent la liberté.

(Sources principales : la production de l’opéra de Paris en 1988 et le programme associé, et la production du festival d’Aix-en-Provence de 2007 avec la mise en scène de Patrice Chéreau [DVD Deutsche Gramophon, 2008].)

littérature, Mes opéras préférés

LES ÉCLAIRS, d’HERSANT (et ECHENOZ), 2021

J’ai assisté ce 2 novembre à la création, mondiale, du drame joyeux les Éclairs, une commande de l’Opéra Comique de Paris au romancier Jean ECHENOZ (prix Médicis en 1983 et prix Goncourt en 1999) et mis en musique par Philippe HERSANT.

Les Éclairs est le fruit d’une commande du directeur du Théâtre de l’Opéra Comique à Jean Echenoz, qui avait quartier libre pour le sujet. Il a alors choisi d’adapter le troisième volume de son cycle des vies imaginaires (après Ravel, 2006 et Courir, 2008), le roman Des Éclairs (2010), une biographie très librement inspirée de la vie de Nikola TESLA. En recevant peu après le livret, déjà tout découpé, le directeur l’a proposé au compositeur Philippe Hersant, qu’il rêvait de voir écrire un opéra pour sa vénérable institution.

Philippe Hersant est né en 1948. Après des études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il est pensionnaire de la Villa Médicis de 1978 à 1980. Le catalogue de ses œuvres est riche de plus de cent numéros d’opus, dont trois opéras (Le Château des Carpathes en 1992 et le Moine noir en 2002).

Hersant Missa Brevis KyrieCliquez sur le Kyrie de la Missa Brevis de Philippe HERSANT

Pour son livret, Echenoz a gardé la trame générale de son roman, mais il a ajouté un personnage féminin, la journaliste Betty, ce qui lui permet de transformer le style du roman : une narration par l’auteur pratiquement sans dialogues, par une narration par un des personnages de l’œuvre. Un personnage secondaire masculin, Angus Napier, disparaît.

Le travail a ensuite commencé entre le librettiste et le compositeur pour « faire » véritablement un opéra, avec des airs, des duos, des chœurs, bref tout ce qui fait un opéra.

Hersant Echenoz des éclairs duettoCliquez sur Philippe Hersant et Jean Echenoz

Le pitch : L’histoire raconte, de façon très libre et romancée, la vie de Nikola Tesla (appelé ici Gregor), prototype du savant fou et asocial et inventeur du courant alternatif.

Hersant Les Éclairs Bande annonceCliquez sur la bande-annonce

Acte I : l’ingénieur Gregor a quitté l’Europe pour tenter sa chance aux États-Unis. Le paquebot transatlantique sur lequel il fait la traversée connaît une panne de sa dynamo, plongeant les gens de la compagnie maritime dans le désespoir, mais Gregor se propose de réparer cette dynamo. Tout le monde est heureux, y compris Betty, une journaliste qui faisait la traversée sur ce même bateau. L’arrivée à New York se fait sur une très subtile citation de la Symphonie du Nouveau Monde de DVORAK.

Muni d’une recommandation, il va voir l’inventeur Edison et lui propose d’améliorer son générateur. Il réussit, mais Edison, vexé, n’honore pas son contrat. Il renvoie Gregor, en lui promettant qu’il ne trouvera plus de travail.

Gregor travaille maintenant sur un chantier. Betty le retrouve et lui propose de rencontrer Parker (Westinghouse), un riche entrepreneur et rival d’Edison. Gregor lui soumet son idée de produire du courant alternatif, là où Edison se polarisait sur le courant continu.

Acte II : avec l’argent gagné chez Parker, Gregor vit désormais dans le luxe et fréquente la haute société. Il fait la rencontre de Norman Axelrod, un philanthrope, et de sa femme Ethel.

Chez les Axelrod

Jaloux du succès de Gregor, et soucieux de ses intérêts propres, Edison décide monter l’opinion publique contre l’invention de son rival. Il commence par faire une rafle des animaux de compagnie pour les électrocuter, et montrer ainsi les dangers du courant alternatif. Puis il passe à la vitesse supérieure en électrocutant une éléphante du zoo. Puis, il passe à l’homme, en inventant la chaise électrique et en en faisant une démonstration où il convoque la presse. Malgré les basses manœuvres d’Edison, l’opinion publique reste toujours avec Gregor.

Acte III : Quelques années plus tard, on retrouve Gregor au Colorado, où il est parti poursuivre ses travaux au calme. Il a inventé une machine capable de produire l’énergie librement, et ainsi de contribuer au bien de l’humanité. Il est en outre persuadé qu’il existe des civilisations extraterrestres, et pense pouvoir entrer en communication avec eux.

Betty

Il revient à New York pour mettre en œuvre ses travaux, mais ses idées commencent à le faire passer pour excentrique, et le monde commence à se détourner de lui. Seule Ethel, secrètement amoureuse de Gregor, continue à le défendre devant les hommes. Les idées généreuses de Gregor de faire bénéficier les hommes gratuitement d’une énergie libre ne plaisent pas à Parker, qui finit par rompre son contrat.

Acte IV : Le soir de Noël, les Axelrod attendent Gregor. Celui-ci arrive, disant que sans le soutien financier de Parker, ses affaires vont de plus en plus mal.

Gregor, chez lui, est de plus en plus seul. Ethel vient lui déclarer (enfin) son amour et lui proposer de partir avec lui en Europe, mais Gregor, par fidélité à Norman, refuse sa proposition.

Gregor est désormais sans argent. Il ne vit plus que pour les pigeons qu’il nourrit, ses seuls vrais amis. Ethel vient lui dire une dernière fois son amour avant de le quitter définitivement, mais Gregor n’est déjà plus là pour l’entendre. Il est désormais « ailleurs ».

(Sources principales :

Jean Echenoz, Des Éclairs, roman, éditions de minuit 2010.

Le spectacle de création à l’Opéra comique le 2 novembre 2021, et le programme associé

À l’exception de la première photo, les clichés photographiques sont issus du site de l’opéra Comique et sont sous copyright de Stefan Brion)

Divers

QUAND ON S’ENDORT À L’OPÉRA…

Non, il ne va pas être question ici de Chris, le héros de Match Point de Woody ALLEN, qui a bien du mal à cacher qu’il s’endort quand il accompagne à l’opéra la famille riche dans laquelle il veut entrer.

En fait, le songe est un charme puissant, et il arrive souvent que ces périodes de sommeil, naturel ou artificiel, soient illustrées musicalement, soit par des berceuses pour accompagner la venue du sommeil, soit par des révélations qui surviennent pendant ycelui.

Ainsi, dans le Couronnement de Pompée (1643), de MONTEVERDI, la nourrice de Pompée lui chante une berceuse pour l’endormir (Air: « Oblivion Soave ».)

Monteverdi le Couronnement de Poppée Oblivion soave

En 1676, dans Atys de LULLY, la déesse Cybèle plonge Atys dans le sommeil pour lui révéler son amour. Mais le sommeil d’Atys est troublé de songes funestes.

Lully Atys songes funestesCliquez sur les songes funestes

En 1763, dans Les Boréades, RAMEAU fait chanter à Alphise l’air : « Songe affreux, image cruelle » où son cœur balance entre un songe tragique qu’elle a fait et les charmes de l’amour.

Rameau les Boréades songe affreux, image cruelleCliquez sur Alphise

En 1846 dans la Damnation de Faust de BERLIOZ, Méphistophélès endort Faust et convoque ses créatures pour le bercer dans son sommeil.

Berlioz Damnation de Faust Voici des rosesCliquez sur l’image

Berlioz encore, en 1867, au début de son Roméo et Juliette. À Roméo qui s’inquiète d’un songe qu’il a eu, son ami Mercutio lui répond par l’air de la reine Mab, « la reine des mensonges, préside aux songes… »

Berlioz Roméo et Juliette La reine MabCliquez sur la ballade de la reine Mab

Et comme je le mentionnais dans mon billet sur les berceuses et chansons pour les enfants , on trouve une berceuse dans Wozzeck (1917 – 1922) de BERG, où Marie chante une berceuse à son enfant pour l’endormir.

Berg Wozzeck WiegendliedCliquez sur Marie et son enfant

Le fameux « Summertime » du Porgy & Bess (1935) de GERSHWIN n’est autre qu’une berceuse que Clara chante à son baby au début de l’opéra. À la fin, c’est Bess qui le chante au bébé de Clara, après la mort de celle-ci.

Gershwin Porgy and Bess SummertimeCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas ne pas parler du Songe d’une nuit d’été (1960) de BRITTEN. À la fin du 1er acte, Tytania demande à ses fées de chanter une berceuse pour endormir Lysandre.

Britten le songe d'une nuit d'été What thou seest when thou dost wakeCliquez sur l’image

Divers, Maria Callas

FAUST : BERLIOZ vs GOUNOD

Ayant récemment regardé le Faust de GOUNOD, je me suis rendu compte de deux choses.

Premièrement, je connais moins bien que je croyais cette adaptation du mythe de Faust par les librettistes BARBIER et CARRÉ. Deuxièmement, il y a bien des morceaux communs entre cette adaptation et celle de BERLIOZ, la Damnation de Faust. C’est normal si on songe que ces deux opéras sont tirés de la même œuvre de GOETHE, mais il est intéressant de voir ce qu’en a fait Berlioz le romantique ou Gounod le pompier.

Je me propose donc ici de vous faire un état des lieux de ce qui rapproche et ce qui sépare ces deux versions.

Par rapport au roman original de Goethe, la Damnation est assez fidèle, avec Faust au centre de l’action. Gounod, lui, centre le sujet sur la malheureuse Marguerite.

Si les deux opéras sont centrés autour du trio principal, Faust, Marguerite et Méphisto, les personnages secondaires ne sont pas les mêmes. Ainsi Gounod et ses librettistes choisissent de faire intervenir Valentin, le frère de Marguerite, alors que Berlioz, lui, fait intervenir dans la scène de la taverne l’ivrogne Brander.

avant de quitter ces lieuxCliquez sur Valentin

Berlioz Damantion de Faust BranderCliquez sur l’image

Les premières scènes restent fidèles à Goethe. Le savant Faust, sur la fin de sa vie, se rend compte qu’occupé à ses chères études, il est passé à côté de la vie telle que la vivent les gens du peuple, et songe au suicide. Il suspend son geste quand il entend les chants joyeux du peuple dehors. Méphistophélès lui propose alors de lui faire découvrir les joies de la vraie vie.

Berlioz : « Sans regret j’ai quitté les riantes campagnes ».

Berlioz la Damnation de Faust Sans rerets j'ai quittéCliquez sur l’image

Gounod : « Salut, ô mon dernier matin ».

Gounod Faust Salut ô mon dernier matinCliquez sur Faust

 

Dans la version originale de Goethe, il y a des chansons, notamment des chansons à boire, voici donc deux traitements différents de ces chansons à boire :

Berlioz : Scène du cabaret (enfumé).

Berlioz Damnation de Faust Chœur des buveursCliquez sur le cabaret (enfumé)

Gounod : « Vin ou bière ».

Gounos Faust Vin ou bièreCliquez sur l’image

Il y a aussi la célèbre « chanson du roi de Thulé ». Berlioz comme Gounod se sont fait le devoir et le plaisir de la mettre en musique.

Berlioz : « Autrefois un roi de Thulé ».

Berlioz la Damnation de Faust Autrefois un roiCliquez sur Marguerite

Gounod : « Il était un roi de Thulé ».

Gounod Faust Il était un roi de ThuléCliquez sur Marguerite

Dans les deux versions, on peut entendre Méphistophélès chanter une chanson destinée à attendrir Marguerite, pour l’inciter à céder à Faust.

Berlioz : « Devant la maison de celui qui t’adore ».

Berlioz la Damnation de Faust Devant la maison de celui qui t'adoreCliquez sur Méphistophélès

Gounod: « Vous qui faites l’endormie ».

Gounod Faust Vous qui faites l'endormieCliquez sur Méphistophélès

Les fins des deux opéras diffèrent sensiblement. Ce n’est pas pour rien que le romantiquissime Berlioz a intitulé son œuvre la Damnation de Faust, vouant son héros aux flammes de l’enfer après une chevauchée fantastique en compagnie du diable, avec spectres et démons hurlant dans un pandémonium sans précédent dans l’histoire de la musique.

Berlioz la Damnation de Faust FinalCliquez sur la chevauchée fantastique vers l’enfer

La fin de Gounod est, là encore, centrée sur Marguerite.

Gounod Faust FinalCliquez sur Marguerite et Faust

Et si vous voulez encore un peu de musique, cliquez sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous voulez encore un peu de musique

Divers, Religion

ILS ONT ÉCRIT DES « MAGNIFICAT »

Le Magnificat, dans la liturgie chrétienne, est une des prières adressées à la Vierge Marie, avec l’Ave Maria et le Stabat Mater.

Le texte en est tiré de l’évangile selon Saint-Luc, et reprend les paroles de Marie quand elle a appris qu’elle attendait un enfant. « Magnificat » est le premier mot de l’expression « Magnificat anima mea Deum » (Mon âme loue le Seigneur).

En tant que chant liturgique il a inspiré bien des compositeurs à travers les âges.

À tout seigneur tout honneur, je commencerai par MONTEVERDI, le créateur du genre opéra, qui a introduit un Magnificat dans ses Vespro della beata Vergine (Vêpres de la bienheureuse Vierge Marie).

Monteverdi Vespro della beata Vergine MagnificatCliquez sur le Magnificat

Dans les années 1630, Monteverdi a eu un élève, Heinrich SCHÜTZ (1585 – 1672) (à mes oreilles, c’est le chaînon manquant entre Monteverdi et J.S. BACH) qui a écrit des Magnificat en langue allemande (Meine Seele erhebt den Herrn), dont celui-ci (que j’ai chanté il y a 35 ans, je m’en souviens comme si c’était hier.)

Schütz Magnificat SWV 426Cliquez sur le Magnificat

Poursuivons notre voyage dans le temps avec Bach (1685 – 1750) et son fameux Magnificat (1728 – 1731).

Bach (JS) MagnificatCliquez sur le Magnificat

De la même époque date celui de VIVALDI.

Vivaldi MagnificatCliquez sur le Magnificat

Contemporain de Bach et Vivaldi, le Bohème Jan Dismas ZELENKA (1679 – 1745), un de mes compositeurs baroques préférés, a lui aussi écrit des Magnificat.

Zelenka MagnificatCliquez sur le Magnificat

Le XIXe siècle semble avoir produit peu de Magnificat. Notons quand même celui d’Anton BRUCKNER ou celui de RACHMANINOV, extrait des Vêpres.

Rachmaninov MAgnificatCliquez sur le Magnificat

Le XXe siècle aussi nous procurera de très beaux Magnificat, tels ceux du Suisse Bernard REICHEL (1942),

Reichel MagnificatCliquez sur le Magnificat

du Belge Vic NEES (1980)

Nees MagnificatCliquez sur le Magnificat

ou celui d’Arvo Pärt (1989),

Pärt MagnificatCliquez sur le Magnificat

Et si vous en voulez encore, cliquez donc sur le Magnificat surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le Magnificat surprise si vous en voulez encore

Et vous pouvez toujours retrouver d’autres chants consacrés à la vierge Marie avec l’article « Ils ou elles ont composé des Ave Maria« .

Écrivains

Lord BYRON (1788 – 1824)

(c) Adrian Mercure 2021

George Gordon BYRON, plus connu sous le nom de Lord Byron, est un poète romantique anglais, né le 22 janvier 1788 à Londres et mort le 19 avril 1824 en Grèce.

En musique, c’est un contemporain de WEBER (1786 – 1826) ou de SCHUBERT (1797 – 1828), deux des plus éminents représentants de la musique romantique.

Sa vie scandaleuse, il est libertaire, libertin et bisexuel, le force à quitter l’Angleterre et il part en Italie, puis en Grèce où il participe à la lutte pour l’indépendance. En Italie, il vit quelque temps avec son ami SHELLEY et sa femme Mary, et ce au moment où Mary Shelley écrivait son Frankenstein.

Ses œuvres sont principalement composées de poésie et de théâtre, et son inspiration va du roman gothique anglais au romantisme naissant.

Un de ses poèmes les plus connus est Childe Harold’s Pilgrimage (le Pèlerinage du chevalier Harold), une sorte d’autobiographie décrivant les voyages et les désillusions d’un jeune homme. BERLIOZ en fera une brillante mise en musique dans son Harold en Italie.

Berlioz HArold en Italie marche des pélerinsCliquez sur l’image

Un autre poème, Le Corsaire, a également inspiré VERDI pour son opéra Il Corsaro (1848) alors qu’en 1856, ADAM composera une musique de ballet sur ce même sujet.

Verdi Il CorsaroCliquez sur l’image

Parisina, encore un autre de ses poèmes, a été porté à l’opéra par DONIZETTI en 1833.

Mazeppa a fait l’objet d’une mise en musique par Carl LOEWE entre 1828 et 1832 alors que The lament of Tasso, d’après la vie du TASSE, a inspiré Franz LISZT pour son poème symphonique Tasso, lamento e triumfo (1849).

Liszt Tasso, Lamento e TrionfoCliquez sur l’orchestre

Son œuvre théâtrale a également inspiré moult compositeurs. En premier lieu le drame Manfred avec Robert SCHUMANN en 1848 et avec TCHAÏKOVSKI en 1885.

Schumann Manfred ouvertureCliquez sur l’orchestre

Verdi encore a écrit I due Foscari (1844) d’après la pièce les deux Foscari.

Même NIETZCHE, qui était également compositeur, s’y est mis avec sa Manfred méditation (1872) d’après l’œuvre de Lord BYRON

Nietzche Manfred meditationCliquez sur les pianistes

On peut encore noter que le personnage même de Lord Byron a inspiré à Agosti Charles un opéra, LByron – un été sans été – créé en 2011.

La seule enfant légitime de Lord Byron est Ada LOVELACE, connue pour avoir inventé le codage algorithmique. C’est en son honneur qu’a été donné, dans les années ’80, le nom Ada à un logiciel qui se voulait universel.

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Francesca Caccini à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, par exemple pour vos cartes de vœux c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )

Agenda Ironique

22 OCTOBRE 1811 – NAISSANCE DE FRANZ LISZT

Ce billet est écrit dans le cadre de l’Agenda Ironique d’octobre 2021.

Ce mois-ci, c’est Carnets Paresseux qui s’y colle pour nous proposer l’agenda ironique.

Et bien il va s’agir de raconter une histoire de premier jour.  Et pourquoi ça, alors que les jours raccourcissent et que l’année tire au bout de sa ficelle ? Tout simplement en hommage à James Ussher, archevêque d’Armagh et Primat d’Irlande qui, après de très savants calculs – avant qu’on se moque de lui, rappelons que Kepler et Newton ont tenté la même opération –  assigna au premier jour de la Création du monde la date du 22 octobre*.

Donc, une histoire de premier jour, de genèse, de commencement, bref, de début, sous forme de chanson, de conte, de thèse, d’opéra, de feuilleton (j’ai beaucoup d’affection pour les feuilletons), recette de cuisine, pièce de théâtre, poésie animalière, cinématographe ou aquarelle, ce que vous voulez, en un épisode ou en vingt livraisons ; avec – si vous voulez – une écrevisse, et – obligé –  deux vers empruntés à l’ami Norge , au choix entre ces quatre-là :

« la porte était lourde / ça faisait des heures »

ou

« j’attends de savoir / ce qu’il faut attendre »

Si vous choisissez d’ajouter une autre, ou d’autres norgerie ça marchera aussi bien (attention toutefois qu’elles ne prennent pas toute la place !). Bref, une histoire de début, une écrevisse facultative, deux vers de Norge – ou plus. Voilà. Et bien évidemment, un peu d’ironie et une dose de calendrier.

Il y a 210 ans, le 22 octobre 1811, jour de la Sankt Ekrevitz dans l’empire austro-hongrois, naissait Franz LISZT, génie de la musique encore imparfaitement connu. Ce jour-là était le début de quelque chose dans l’histoire de la musique. En effet, si on connaît de Liszt essentiellement ses œuvres virtuoses pour piano, son génie novateur s’est exercé dans bien d’autres domaines.

Si vous n’êtes pas encore convaincus, attendez de savoir ce qu’il faut attendre de cet éclairage sur la vie de Liszt.

Pour le piano, Liszt a su relever le défi lancé par BEETHOVEN avec ses dernières sonates. Comment en effet écrire après le géant de Bonn, qui lui-même avait laissé inachevée sa 32e et dernière sonate, s’arrêtant après le 2nd mouvement ? La réponse de Liszt sera sa Sonate en si mineur, vaste monument d’une demi-heure, sans le découpage traditionnel en mouvements.

Liszt Sonate en si mineurCliquez sur la pianiste

Pour l’orchestre, Liszt n’a pas non plus écrit de symphonie avec le classique découpage en quatre mouvements. Non, il a inventé le concept de poème symphonique, ou encore de symphonie à programme avec chœurs (Beethoven avait introduit le chœur dans la symphonie avec le 4e mouvement de sa 9e symphonie.)

Liszt les PréludesCliquez sur l’image

Dès lors, la seconde moitié du XIXe siècle verra (relativement) peu de symphonies, alors que les poèmes symphoniques de cette époque sont légion. Par exemple, BORODINE dédiera Dans les steppes de l’Asie Centrale à Liszt.

Borodine Dans les steppes de l'Asie CentraleCliquez sur l’orchestre

Sur la fin de sa vie, ses avancées musicales étaient telles qu’on a pu dire qu’il écrivait des œuvres sans tonalité. Ainsi en 1885, un an avant sa mort, il écrivit la pièce Bagatelle sans tonalité, environ vingt ans avant SCHOENBERG.

Liszt Bagatelle sans tonalitéCliquez sur l’image

Il a aussi ouvert la porte aux compositeurs dits impressionnistes, comme DEBUSSY ou RAVEL avec une pièce comme les Jeux d’eau à la Villa d’Este (extraite des Années de pèlerinage).

Liszt Jeux d'eau à la Villa d'EsteCliquez sur les Jeux d’eau de Liszt

Ravel Jeux d'eauCliquez sur les Jeux d’eau de Ravel

Un autre apport majeur de Franz Liszt à l’histoire de la musique aura été son dévouement pour faire jouer les œuvres de ses contemporains. Il y a évidemment son amitié avec WAGNER (sa fille Cosima se mariera d’ailleurs avec ce dernier). Lohengrin sera créé en 1850 à Weimar sous sa direction.

Liszt Wagner Lohengrin marche nuptialeCliquez sur le pianiste

Mais il y a aussi BERLIOZ et Béatrice et Bénédict, créé en 1862 à Baden Baden grâce à l’ami Franz,

Berlioz Béatrice et Bénédict Nuit paisible et sereineCliquez sur l’image

SAINT-SAËNS et Samson et Dalila, créé à Weimar en 1877 grâce toujours à l’ami Franz,

Saint-Saëns Samson et Dalila BacchanaleCliquez sur l’image

SMETANA, MASSENET, et tant d’autres.

Enfin, je vais laisser la place à Richard Wagner pour souhaiter un bon anniversaire à son ami et beau-père, dans un télégramme envoyé le 22 octobre 1881 :

Tu lui as donné la vie; tu m’as rendu à la vie. Aussi longtemps que tu répandras autour de toi de la bonté et de la beauté – et tu ne saurais agir autrement – cette vie reste tienne, et nous te l’offrons avec reconnaissance. Salut à toi !

Et si vous voulez un petit supplément de musique, cliquez sur le bonus mystère.

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Retrouvez l’Agenda Ironique de novembre 2021 sur le thème Y a d’la joie par-dessus les toits.

littérature, Oulipo, Poésie

« L’HOMME ET LA MER », de Charles BAUDELAIRE

Homme libre toujours tu chériras la mer !

Année BAUDELAIRE oblige, je continue mes poèmes mis en musique façon OuLiPo, après La musique de Charles BAUDELAIRE, par un classique de cet écrivain : L’Homme et la Mer.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un autre classique : L’Homme et la Mer.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’image

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur l’image

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Debussy la Cathédrale engloutie (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,

Wagner der Fliegende Holländer ouvertureCliquez sur l’image
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Citations :

ton esprit n’est pas un gouffre : LALO le roi d’Ys ouverture. Cet opéra du Lillois Édouard Lalo reprend la légende de la ville d’Ys, engloutie par les eaux.

Au bruit de cette plainte : La mer de DEBUSSY.

nul n’a sondé le fond de tes abîmes : Peter Grimes de BRITTEN. Dans cet opéra, le héros Peter Grimes, en butte à l’hostiilité des villageois finit par aller se perdre en mer avec son bateau.

nul ne connaît tes richesses intimes : Debussy la Cathédrale engloutie

voilà des siècles innombrables : Le Vaisseau fantôme de WAGNER. Dans cet opéra, le Hollandais est condamné à errer éternellement (ou presque) sur les flots déchaînés.

Pour vous permettre de relire ce poème sans avoir à subir mes divagations musicales, je vous propose de le retrouver dans son jus.

Et si vous voulez un supplément de musique, cliquez donc sur le bonus surprise !

Point d'interrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez un supplément de musique !

Cinéma, Films, Maria Callas, Woody Allen

MATCH POINT, de Woody ALLEN (2005)

Match Point est un film de Woody ALLEN de la décennie 2000 – 2010, sa période européenne, tourné en Angleterre en 2005.

On y entend beaucoup d’airs d’opéra, car le héros, un jeune homme pauvre et ambitieux, cherche à entrer dans une riche famille anglaise, dont la culture classique fait partie de l’ADN. Dès lors, pour courtiser la jeune fille de la maison, il se voit obligé de la suivre à l’opéra, où on le voit s’ennuyer profondément. Il cherche également à se doter d’une culture qui lui ouvrirait la porte de la haute société, aussi le voit-on essayer de lire Crimes et Châtiments, de Dostoïevski, avant que de se rabattre sur Ce qu’il faut savoir de Crimes et Châtiments. Ce choix n’est pas innocent, puisqu’il s’agit presque d’un remake du célèbre roman de Dostoïevski.

Le pitch : Chris est un professeur de tennis qui, par ambition, cherche à entrer dans une famille riche. Il parvient à ses fins en épousant Chloé, la fille de cette famille, mais éprouve une passion violente pour Nola, l’ancienne fiancée de Tom, le frère de Chloé (et donc le fils de famille). Écartelé entre les deux femmes, il décide de s’en sortir en tuant Nola, qui menace de révéler sa liaison à Chloé.

Dès le début, on peut entendre l’air « Una furtiva lagrima » extrait de l’Élixir d’amour de Donizetti, interprété par Caruso. Par la suite, cet air servira de fil conducteur en réapparaissant de manière récurrente.

Donizetti l'Élixir d'amour Una furtiva lagrima CarusoCliquez sur la scène d’ouverture

Chris est un professeur de tennis qui se fait embaucher dans un club huppé de Londres. Il rencontre Tom, jeune homme de bonne famille avec qui il se lie d’amitié (pour pouvoir s’introduire dans sa famille). Il se fait passer pour un amateur d’opéra, alors que le père de Tom est un des mécènes de Covent Garden, et Tom l’invite à une représentation de la Traviata de Verdi dans la loge familiale.

Verdi la traviata Un di felice, etereaCliquez sur Alfredo et Violetta

Chris séduit Chloé, la jeune fille de la famille, et se fait embaucher par le père dans sa société. Lors d’une réception de la famille, on peut entendre l’air « Mal reggendo all’aspro assalto » du Trouvère de Verdi.

Verdi Il Trovatore Mal reggendo all'aspro assaltoCliquez sur l’image

Tom a une fiancée, Nola, une actrice américaine qui rate tous ses castings, mais cette fréquentation n’est pas du goût de la mère. Très vite, Chris est attiré par Nola (normal, le rôle est joué par Scarlett Johansson).

Allen Match Point un jeu agressifCliquez sur Chris et Nola

L’idylle continue entre Chris et Chloé, celle-ci lui proposant de lui faire découvrir le monde des galeries et des expositions, et lui lui proposant des cours de tennis. À la sortie d’une exposition chez Saatchi, on peut entendre l’air « Mia piccirella » de Salvatore Rosa de Gomez. Cet air léger sert à chaque fois qu’il s’agit de montrer les moments heureux du couple.

Gomes Salvator Rosa Mia piccirellaCliquez sur le célèbre ténor français

La vie continue pour le quatuor : repas au restaurant, parties à la campagne et séance de ball-trap, sorties à l’opéra. On peut alors entendre l’air « Caro nome » du Rigoletto de Verdi.

Verdi Rigoletto Caro nome (Callas)Cliquez sur Gilda

Chris et Chloé se marient, et Tom rompt avec Nola pour choisir une femme de son rang. Un jour, Chris rencontre dans une galerie d’art Nola. Une liaison s’installe très vite entre eux, et Chris doit jouer entre sa femme Chloé, qui voudrait qu’il lui fasse un enfant, et Nola, qui voudrait qu’il laisse tomber Chloé pour partager sa vie. L’enfant qu’il ne réussit pas à faire avec Chloé, il le conçoit avec Nola, qui refuse d’avorter comme le lui demande Chris. (Air : « Mi par d’udir ancora » [« Je crois entendre encore »] des Pêcheurs de perles de Bizet.)

Bizet les Pêcheurs de perles Mi par d'udir ancora (Caruso)Cliquez sur Chris et Nola

Elle menace alors d’aller voir Chloé et de tout lui raconter. Chris, acculé, conçoit un plan diabolique, il simule un cambriolage chez la voisine de Chloé, tue la voisine, puis attend le retour de Chloé pour la tuer également, comme l’aurait fait un cambrioleur surpris à l’œuvre. Puis, il jette dans la Tamise les bijoux volés (sauf une bague tombée au sol) et reprend sa vie normale auprès de sa femme et de sa belle-famille.

La police le soupçonne, car Nola tenait un journal intime, dans lequel on retrouve bien évidemment sa trace en permanence.

Je ne vous raconterai pas la fin, ne voulant pas espoiler cette histoire. 🙂

Parmi les airs qui constituent la B.O. de ce film figurent, outre les airs déjà cités, le « Arresta ! », extrait du Guillaume Tell de Rossini,

Rossini Guillaume Tell Arresta... Quali sguardi !Cliquez sur l’image

l’air « Desdemona rea », extrait d’Otello de Verdi,

Verdi Otello Desdemona rea !Cliquez sur Otello

l’air « O figli, o figli mio » du Macbeth, toujours de Verdi, ainsi qu’un air plus léger quand Chris emmène Chloé voir une des comédies musicales préférées, « I believe my heart » air extrait de The Woman in white de Lloyd Weber.