Les résultats de la votation de juin 2023 pour l’Agenda Ironique sont tombés.
Votre texte préféré est celui de Photonanie : ma Proposition, à égalité avec Gibulène Au-delà du miroir. Suivent de près Lyssamara et moi-même.
Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. de juillet 2023, Photonanie se distingue, suivie par Tiniak, que l’on applaudit bien fort 👏.
Et laissez-moi remercier encore tous les participants, qui ont accepté de se coller à mes contraintes, souvent avec beaucoup d’humour et de poésie.
Tout a commencé par un mariage royal, celui d’Henry IV et Marie de Médicis à Florence en 1600. Lors des fêtes données à cette occasion par les Médicis on a fait représenter un grand spectacle musical, l’Euridice de Peri. À son retour à Mantoue, le duc de Mantoue demande à son compositeur de cour, Monteverdi, de monter un spectacle au moins aussi fastueux que celui auquel il a assisté à Florence. La réponse de Monteverdi à cette commande sera l’Orfeo. Orphée, ce chanteur dont l’art pouvait émouvoir les dieux de l’enfer eux-mêmes, et Eurydice, qui de mieux pour créer un genre musical, l’opéra ?
À cette époque, les femmes avaient le droit d’écrire de la musique et c’est ainsi que Francesca Caccini, une contemporaine de Monteverdi, s’est trouvée être la première femme compositrice d’opéra.
Ce nouveau genre musical se développera très vite en Italie, où des foyers d’opéras se montent à Venise, Rome, Naples ou Milan. Mazarin introduit l’opéra en France avec une représentation de l’Orfeo de Rossi à Paris en 1647, et pour le mariage de Louis XIV en 1660, il commande à Cavalli un opéra, Ercole amante (Hercule amoureux). Mais c’est quelques années après que le genre s’implante durablement en France, avec un Italien venu en France, Lully, qui régnera sans partage sur la musique de Loulou XIV.
À la même époque en Angleterre, une tradition de spectacles chantés et dansés par les nobles, les masques élisabéthains, donnera des semi-opéras, représentés par Purcell, mais ce genre périclitera après la disparition de celui-ci.
Dès lors, toute l’Europe sera sous la coupe des opéras chantés soit en italien, soit en français. C’est ainsi que l’Allemand Haendel, après avoir fait ses classes en Italie, est parti en Angleterre écrire des opéras en italien.
À la fin du XVIIe siècle, Naples devient le foyer de l’opéra italien, avec l’opera seria (opéra sérieux), mais dans cette patrie de la commedia dell’arte, on s’est mis à insérer pendant les entractes de courtes pièces légères ou bouffonnes. Ces pièces prendront leur indépendance en devenant l’opera buffa (opéra bouffon).
En France, où les codes de la tragédie lyrique avaient été fixés par Lully, on s’est mis à introduire des ballets et divertissements, donnant naissance à l’opéra-ballet, représenté par Campra (l’Europe galante).
Sur les foires de Paris, les comédiens italiens donnaient des pastiches, c’est-à-dire des paroles nouvelles placées sur des airs connus. Après différents déboires liés aux privilèges de l’académie royale de musique et de la comédie française, les forains obtiennent en 1714 le privilège de donner des comédies parlées ET chantées. L’opéra-comique était né et le théâtre de la Foire devient le théâtre de l’Opéra-comique.
Au milieu du XVIIe siècle, le principal successeur de Lully est Rameau, qui s’est mis sur le tard à différentes formes d’opéra, y compris l’opéra-ballet avec les Indes galantes.
Une génération après Haendel, l’Autrichien Gluck fera comme lui. Après avoir appris son métier en Italie, et écrit des opéras en italien pour Vienne, Gluck vient à Paris écrire (ou réécrire) des opéras en français pour la cour royale. L’hégémonie italo-française était toujours en place, puisque des musiciens comme Haydn et Mozart écrivent leurs opéras en italien, même si Mozart écrit des singspiels (sortes d’opéras comiques en allemand). Opéra classique.
Cette tentative d’écrire des opéras en allemand a été suivie par Beethoven avec son Fidelio (1814), mais les tentatives de créer un opéra allemand, avec des commandes passées à Weber ou à Schubert, se trouvent confrontées à la vague Rossini qui balaye toute l’Europe à cette même époque. C’est l’époque des opéras romantiques, représentée en France par Berlioz.
Autour des années 1820 – 1830, un événement va changer les codes pour presque tout le XIXe siècle. C’est l’apparition du Grand opéra à la française, le GoF, et Paris devient le centre de l’Europe, où il faut réussir, voire triompher. C’est ainsi qu’après Rossini qui s’était installé à Paris, deux autres Italiens, Donizetti et Bellini, viennent y terminer leur carrière, pourtant brillamment commencée en Italie. Wagner et Verdi aussi devront écrire pour l’Opéra de Paris.
Wagner et Verdi, parlons-en. Ces presque jumeaux, ils sont nés tous les deux en 1813, vont faire évoluer le genre de l’opéra.
Wagner va faire éclater le découpage traditionnel des opéras en airs, duos, etc. et va développer les notions de mélodie continue et de leitmotivs.
L’opéra a toujours suivi l’évolution des mouvements littéraires. C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, le naturalisme d’un Zola donnera naissance au vérisme en Italie, avec son plus fameux représentant Puccini. Pendant ce temps en Allemagne on peut parler du post-wagnérisme de Richard Strauss.
Arrivée des percées de la psychologie dans les livrets d’opéra avec Berg ou Janacek.
Après la Seconde Guerre mondiale, réveil de l’opéra anglais avec Britten alors qu’en France on a Poulenc et aux États-Unis, Gershwin ou Bernstein. Apparition de la comédie musicale voire des opéras rocks.
Ce mois-ci (juin 2023), le thème de l’Agenda Ironique était « De l’autre côté du miroir », selon les modalités suivantes :
Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».
Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.
Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.
On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde. Ça veut dire que vous pouvez encore participer si vous le souhaitez. Le cas échéant, je vous rajouterais à la liste.
Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les articles dédiés spécifiquement à une « Compositrice », et destiné à vous faciliter la recherche par thème.
Composé entre 1927 et 1928 par Chostakovitch alors âgé de 21 ans, le Nez est inspiré d’une nouvelle de Gogol extraite des Nouvelles de Pétersbourg. Le jeune Chostakovitch avait eu connaissance des avancées musicales effectuées par Stravinsky ou Berg (Wozzeck date de 1922). Le Nez a été créé partiellement en 1929 à Leningrad mais, dans la Russie soviétique de l’époque, ses hardiesses ont été critiquées. Il quitte l’affiche en 1930 et il faudra attendre 1974 pour que le Nez soit à nouveau joué en Russie.
L’œuvre requiert un orchestre très important, notamment chez les percussions (cf. l’interlude du 1er acte), et on y trouve aussi l’influence de la musique de jazz.
Acte I : À Saint-Pétersbourg, l’assesseur Kovaliov se fait raser chez le barbier Yakovlévitch. Le lendemain matin, le barbier trouve un nez humain dans sa miche de pain fraîchement cuite. Sa femme l’accuse d’avoir coupé le nez d’un de ses clients, et lui demande de s’en débarrasser. Yakovlévitch cherche à s’en débarrasser dans la rue, mais il rencontre tout le temps des gens qu’il connaît. Finalement, il réussit à jeter le nez dans la Neva, mais un policier l’a vu faire et commence à le questionner.
Il sort de chez lui pour retrouver son appendice nasal. En entrant dans la cathédrale, il le trouve enfin, mais son nez a maintenant la taille d’un humain, et il est habillé comme un conseiller d’État. Kovaliov lui demande de reprendre sa place, mais le nez refuse de parler à quelqu’un de condition inférieure et s’échappe.
Acte II : Toujours à la recherche de son nez, Kovaliov arrive à l’appartement du commissaire de police, qui n’est pas chez lui. Déçu, il décide de passer une annonce dans le journal. Aux bureaux du journal, l’employé est occupé par une histoire de chien perdu par une comtesse. Quand enfin arrive le tour de Kovaliov, l’employé refuse de passer son annonce, arguant du fait que le journal y perdrait sa réputation de sérieux. Kovaliov se découvre et montre son visage, révélant que son nez est réellement parti. L’employé étonné lui recommande de vendre son histoire et, dans un geste de sympathie, lui offre un peu de tabac à priser. Vexé qu’on se moque ainsi de lui, Kovaliov rentre à la maison, et découvre son domestique dans le sofa, jouant de la balalaïka.
Kovaliov fait sortir Ivan et se plonge dans un monologue où il s’apitoie sur lui-même.
Acte III : La police se met à la recherche du nez. Ils vont à la gare où des voyageurs s’apprêtent à partir. Une jeune vendeuse de bretzels apparaît, semant la confusion chez les policiers. Le nez en profite pour essayer de partir, lui aussi, mais la police le rattrape et le bat tant qu’il retrouve sa taille normale. Le commissaire l’enveloppe dans un papier.
Chez Kovaliov qui a récupéré son nez, non sans avoir dû graisser la patte au commissaire corrompu, Kovaliov essaye de remettre son nez au milieu du visage, mais celui-ci ne tient pas. Il fait venir le médecin, qui avoue son impuissance face à ce cas. Kovaliov est persuadé d’avoir été ensorcelé par madame Podtotchina, car il a refusé d’épouser sa fille, et il lui écrit une lettre pour se plaindre du mauvais traitement qu’elle lui a infligé, mais sa réponse lui montre qu’elle n’a rien à voir avec son affaire.
Dans toute la ville, les curieux se pressent pour essayer de voir le nez, dont la rumeur dit qu’il se promène dans la ville. La police finit par disperser les badauds.
Épilogue : Kovaliov se réveille un matin avec le nez bien au milieu du visage. Après s’être fait raser par son serviteur, il se promène sur la perspective Nevski, saluant amis et connaissances.
Le grand-père Dumas était Thomas-Alexandre DUMAS (1762-1806). Né à Saint-Domingue, ce militaire est le premier général mulâtre de l’armée française. En 1792, il fait partie de la Légion noire, composée de gens de couleur, où il côtoie le Chevalier de Saint-Georges. Sous Napoléon, Thomas-Alexandre participe à la campagne d’Égypte, mais plus tard son opposition à Napoléon lui vaudra d’être démis de ses fonctions. On peut lire cette opposition en filigrane dans le roman le Comte de Monte-Cristo écrit par son fils entre 1844 et 1846.
Dans la famille Dumas, je demande le père :
Alexandre Dumas (père) est un écrivain français né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts et mort le 5 décembre 1870 au hameau de Puys, ancienne commune de Neuville-lès-Dieppe, aujourd’hui intégrée à Dieppe. Ses œuvres les plus connues sont le Comte de Monte-Cristo et les trois Mousquetaires (ainsi que ses suites Vingt ans après et le Vicomte de Bragelonne).
En 1834, sa pièce Charles VII chez les grands vassaux est adaptée à l’opéra par Donizetti sous le nom Gemma di Vergy.
En 1837, il se lance dans un genre à la mode avec l’opéra Piquillo dont le livret est écrit en collaboration avec Gérard de Nerval et une musique d’Hippolyte Mompou.
Le Comte de Monte-cristo a fait l’objet d’un opéra sous le nom de Haydé, un opéra portugais écrit par la compositrice Felicita Casella en 1849.
En 1860, Dumas récidive dans le genre opéra avec le Roman d’Elvire, dont la musique est signée Ambroise Thomas.
Après sa mort, son œuvre continue à être portée sur les scènes lyriques avec en 1888 la Dame de Monsoreau, opéra de Salvayre, en 1890, Ascanio, un opéra de Saint-Saëns, en 1896, le Chevalier d’Harmental un opéra-comique de Messager et en 1899, le Sarrazin, un opéra de César Cui, toujours d’après Charles VII chez ses grands vassaux.
Alexandre Dumas dit Alexandre Dumas fils est un écrivain français né le 27 juillet 1824 à Paris et mort le 27 novembre 1895 à Marly-le-Roi. Fils naturel d’Alexandre Dumas père, il ne sera reconnu par son géniteur qu’à l’âge de sept ans.
Son roman la Dame aux Camélias, après avoir été adapté au théâtre où Verdi de passage à Paris a pu le voir, sera ensuite adapté à l’opéra par Verdi, sous le nom de la Traviata.
Bien dans son époque, Dumas fils faisait partie du club des haschischins (consommateurs de haschich) où l’on trouvait également Baudelaire, Balzac, Flaubert, de Nerval, Gautier ou Delacroix.
Il était également ami avec George Sand, chez qui il s’est rendu plusieurs fois, dans son château de Nohant, dans le Berry.
Lorsqu’en 1836 Louise Bertin écrira son opéra la Esmeralda sur un livret de Victor Hugo, ses adversaires, dont Alexandre DUMAS faisait partie, reconnaissant la qualité de la musique iront jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz, mais feront tomber l’œuvre pour des raisons politiques, le mari de Louise Bertin n’étant pas du même bord qu’eux.
Cléopâtre, dont on connaît la vie par Plutarque, donne l’image d’une des plus anciennes femmes fatales de l’histoire. Grande amoureuse, à la vie un peu sulfureuse, il n’est pas étonnant que les musiciens se soient attachés à mettre de la musique à ses pieds.
Cléopâtre, reine d’Égypte, est née à Alexandrie en 69 av. J.-C. Quand César (Jules) débarque dans cette ville en -48, elle s’offre à lui. Pendant une croisière fastueuse sur le Nil, ils font un enfant, Césarion. Puis César rentre à Rome, et appelle Cléopâtre à ses côtés en -45.
Après l’assassinat de Jules César en -44, son successeur Antoine fait venir Cléopâtre, et tombe à son tour sous son charme. Il la suit en Égypte où il passe l’hiver -41 -40. Antoine reparti à Rome, Cléo s’arrange pour faire mourir ses frères et sœurs et ainsi garder seule le pouvoir.
Antoine reviendra en Égypte vivre avec Cléopâtre, répudiera sa femme Octavie, mais ne se mariera pas avec Cléopâtre. Ils auront pourtant trois enfants ensemble.
Antony and Cleopatra (Antoine et Cléopâtre) est une pièce de Shakespeare qui relate, à sa façon, cette période de la vie de notre héroïne. Elle servira de trame à pas mal d’œuvres lyriques.
Quand Octave (rival d’Antoine) se présente devant Alexandrie, Cléo fait courir le bruit de sa mort. Désespéré, Antoine se donnera la mort. Elle essaiera ensuite de séduire Octave, mais n’y réussissant pas, elle se donnera la mort, à l’âge de 39 ans.
Avec la cantate Cléopâtre, plus connue sous le nom de la Mort de Cléopâtre, qu’Hector Berlioz n’obtiendra pas le grand prix de Rome en 1828. Il devra attendre l’année suivante pour obtenir, enfin, ce grand prix.
L’opéra-rock Starmania a été inspiré à Michel Berger par l’enlèvement en 1974 de Patricia Hearst, la fille du milliardaire américain Randolph Hearst, qui a pris fait et cause pour ses ravisseurs et a rejoint la lutte armée contre la société capitaliste.
Acte I : Starmania s’ouvre sur le journal télévisé qui annonce les candidatures pour les prochaines élections présidentielles de l’Occient du milliardaire Zéro Janvier et du Gourou Marabout. Le journal se termine par l’évocation des méfaits d’une bande de zonards menés par Johnny Rockfort qui sèment la terreur à Monopolis. (Air : « Quand on arrive en ville » ».)
À l’Underground café, le repaire de Johnny et sa bande, Sadia propose à Johnny de passer à un niveau supérieur de violence, pour empêcher Zéro de devenir président. Restée seule, Marie-Jeanne, la serveuse, chante sa complainte (Air : « la complainte de la serveuse automate ».)
Johnny et Sadia ont formé les Étoiles noires pour commettre leurs attentats. Sadia révèle sa véritable identité d’homme travesti (Air: « Travesti »). Au sommet de sa tour, Zéro est content de découvrir les attentats (Air : « il se passe quelque chose à Monopolis » » et se prépare à passer à l’émission Starmania, présentée par Cristal son animatrice vedette. Zéro proclame son ambition d’être un artiste (Air : « le blues du businessman [J’aurais voulu être un artiste] ».)
À l’Undeground café, Marie-Jeanne chante son amour pour Ziggy, amour impossible car celui-ci aime les garçons (Air : « Un garçon pas comme les autres »).
Ziggy arrive et lui montre sa lettre de candidature à Starmania (Air : « la chanson de Ziggy »). Les Étoiles noires arrivent dans le café et Sadia se moque de Ziggy. Elle appelle Cristal pour lui proposer une interview exclusive de Johnny Rockfort.
Cristal arrive au café et c’est tout de suite le coup de foudre entre elle et Johnny. Johnny commence par raconter son parcours de jeune des banlieues (Air : « Banlieue Nord ») avant que les deux ne s’avouent leur amour réciproque (La petite fille en rose / coup de foudre).
Le débat politique a lieu à la télévision entre Zéro et Gourou, mais un flash spécial l’interrompt. Cristal a été kidnappée par les Étoiles noires. En fait, Cristal a décidé de fuir avec les zonards (Air : « Besoin d’amour »).
Acte II : Seule chez elle, la star du cinéma Stella Spotlight veut mettre fin à ses jours quand elle reçoit un télégramme de Zéro lui proposant de le rejoindre pour sa campagne présidentielle (Air : « le télégramme de Zéro à Stella »).
Les Étoiles noires préparent leurs nouveaux plans et Cristal propose de pirater Télé-Capitale. Sadia n’est pas d’accord, mais Johnny l’écarte des Étoiles noires (Trio de la jalousie).
Zéro tient un grand meeting, dans lequel il commence à exposer sa vision fasciste du monde qu’il veut. Stella est stupéfaite. Le meeting est interrompu par une vidéo pirate de Cristal, qui annonce son ralliement aux Étoiles noires.
Stella s’introduit au QG du Gourou Marabout. Elle participe à la cérémonie orgiaque de celui-ci. Quand elle retrouve Zéro, qui l’a fait suivre, il la somme de s’expliquer. Après une dispute, ils décident quand même de se marier. (Air : « Ego Trip »).
Dans leur repaire, Johnny et Cristal élaborent leur plan ultime, l’explosion de la tour de Zéro, et se jurent d’aller jusqu’au bout, unis jusquà la mort. (Duo : « quand on n’a plus rien à perdre »).
Ziggy annonce à Marie-Jeanne qu’il la quitte, car il vient d’être engagé au Naziland, la discothèque de zéro. (Duo : « Nos planètes se séparent »).
Le soir des élections, les partisans de Zéro sont réunis au Naziland pour attendre le résultat. Cristal et Johnny ont décidé de poser une bombe à l’étage du dessous. Sadia prévient Zéro de l’attentat qui se prépare et Zéro envoie ses vigiles les intercepter. Quand on apprend que Zéro est le nouveau président, Stella va en haut de la tour et se jette dans le vide.
Cristal a été blessée, et Johnny la retrouve agonisante. Elle meurt dans ses bras et Johnny décide d’amorcer la bombe. (Air : « S.O.S. d’un Terrien en détresse »).
Ce mois-ci, c’est chez moi que se tient l’Agenda Ironique. Les consignes sont les suivantes:
Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».
Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.
Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.
Je ne sais pas comment je fais, mais tout me ramène toujours à l’opéra. Alors que j’ai enfin commencé la série de la Passe-miroir, de Christelle DABOS, une passionnante uchronie steam-punk, et histoire de me purger un peu le cerveau de tous ces opéras, je tombe dès le premier chapitre sur un vieux gramophone où un disque rayé bégaye : « Si je… Si je… Si je… » avant que la soprano du disque ne proclame triomphalement « Si je t’aime, prends garde à toi ». Ça commence bien, m’exclamé-je alors en mon for intérieur !
L’héroïne de ce roman s’appelle Ophélie, comme l’Ophélie d’Hamlet (et de l’opéra d’Ambroise THOMAS) et entre au service d’une noble d’une autre famille, Dame Berenilde (dont le nom « sonne » comme Brünnehilde.)
Un accord entre les deux familles veut qu’elle devienne l’épouse de Thorn, le neveu de Berenilde. Thorn a une demi-sœur, Freyja, qui devient vite l’ennemie d’Ophélie. Freia est un des personnages de l’Or du Rhin, c’est la déesse de la jeunesse qui assure l’immortalité aux dieux en leur faisant manger de la compote de pommes assaisonnée d’un zeste de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin.
Une des scènes les plus importantes du tome I est le chapitre intitulé « l’Opéra », où Berenilde doit interpréter le rôle d’Isolde devant le chef tout puissant de ce monde.
Tome II : Le journal de la cour s’appelle Le Nibelungen (et le directeur de ce journal s’appelle Tolstoï). Ophélie est mise sous la protection de personnages appelées Valkyries.
Un peu plus tard, il y a un conteur qui raconte l’histoire d’un nain qui forge une épée dans sa caverne, puis l’histoire du voyageur borgne qui modifie le destin de personnages. On se croirait dans du Wagner !
Un peu plus tard encore, Berenilde chante dans son bain le dernier air d’opéra à la mode. Christelle Dabos ne nous précise toutefois pas s’il s’agit d’un air de l’occis Maure, Otello.
(sources principales : les quatre volumes de la Passe miroir, de Christelle Dabos, éditions Gallimard, se trouvent chez Gallimard Jeunesse et en Folio).
Après la première tranche du Bateau ivre d’Arthur (Arc-en-ciel) Rimbaud, voici la deuxième tranche, soit les quatrains 6 à 10. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)
Aujourd’hui donc, la suite de ce morceau de bravoure. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, et donc l’équivalent de 1,2 myriapode), je dois le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème De la Mer, infusé d’astres, et lactescent, Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires Et rythmes lents sous les rutilements du jour, Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres, Fermentent les rousseurs amères de l’amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes Et les ressacs et les courants : je sais le soir, L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes, Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !
J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques, Illuminant de longs figements violets, Pareils à des acteurs de drames très antiques Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies, Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs, La circulation des sèves inouïes, Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
Un peuple de colombes : WagnerParsifal « final ». À la toute fin de Parsifal, une colombe apparaît dans les cieux et vole au-dessus de la tête de Parsifal. Celui-ci devient alors le roi chargé de garder le Saint-Graal.
drames très antiques : Dans le prélude du Couronnement de Poppée, de Monteverdi, la Fortune et la Vertu se disputent pour savoir qui d’entre elles gouvernera les humains. Mais Amour les départage, c’est lui qui règne sur le cœur des hommes. N’est-ce point là le résumé du drame le plus antique qui soit ?
La circulation des sèves : Dans Like Flesh, de Sivan Eldar, l’étudiante se transforme peu à peu en arbre, et la compositrice traduit de manière impressionnante cette circulation inouïe de la sève.