Divers, Maria Callas

Les histoires d’amour finissent mal… (1)

Les histoires d’amour finissent mal, en général. Cet adage des Rita Mitsouko s’applique bien aux opéras, qui bien souvent se terminent par la mort de l’héroïne (ou du héros, voire des deux).

Je vais donc vous proposer ici de trouver quelques airs fameux illustrant la mort de l’héroïne (pour respecter la parité, j’ai aussi écrit un billet sur la mort des héros). Malena Ernman                                                                 Malena Ernman

Ainsi, dans Didon et Enée, PURCELL donne à Didon un des plus beaux airs d’adieu à la vie qui soient : When I am laid in earth.

 Anna Netrebko                                                                  Anna Netrebko

Dans Anna Bolena, DONIZETTI fait sombrer dans la folie avant son exécution son héroïne injustement accusée d’adultère et condamnée à mort : Coppia iniqua.

Toujours de Donizetti, dans Marie Stuart, écrit d’après le drame de SCHILLER, Marie adresse une prière avant de mourir sur l’échafaud.

 Maria Callas Otello                                                                   Maria Callas

Et dans son Otello, VERDI fait chanter un sublime Ave Maria à Desdémone, avant que celle-ci ne meure, étranglée par son mari jaloux.

À la fin de Rigoletto, Gilda se sacrifie pour son amant le duc et meurt sous les coups qui auraient dû tuer celui-ci.

 Nathalie Dessay Traviata                                                                  Nathalie Dessay

La mort de Violetta dans La Traviata est une autre occasion pour Verdi d’offrir un de ses airs sublimes dont il avait le secret (prendi quest’é l’immagine).

  Waltraud Meier                                                                  Waltraud Meier

Le « rival » de Verdi, WAGNER n’est pas en reste avec la mort d’Isolde dans son opéra Tristan et Isolde (Liebestod).

À la fin de son Faust, GOUNOD fait chanter à Marguerite condamnée une prière pour aller au paradis : Anges purs, anges radieux.

À la fin de Manon, MASSENET fait mourir Manon dans les bras de Des Grieux, en reprenant un de leurs duos d’amour : N’est-ce plus ma main que cette main presse ?

Dans Pelléas et Mélisande, de DEBUSSY, Mélisande meurt en silence.

À la fin de La Bohème de PUCCINI, Mimi malade revient mourir chez son amant.

Dans Lulu de BERG (terminé par F.CEHRA), Lulu meurt sous les coups de Jacques l’éventreur dans un grand cri.

Le final saisissant du Dialogue des Carmélites de POULENC voit les religieuses du couvent (pendant la Révolution française) marcher à l’échafaud  en chantant un Ave Maria qui s’éteint petit à petit jusqu’à la mort de la dernière d’entre elles, Blanche de la Force.

En 1925, dans l’affaire Makropoulos, Elina meurt en avouant sa lassitude d’avoir vécu si longtemps.

Janacek l'Affaire Makropoulos Acte III FinalCliquez sur l’image

Les hommes aussi meurent à l’opéra. Retrouvez quelques morts d’hommes dans Les histoires d’amour finissent mal… (2).

Cinéma, Compositeurs

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)

G.F.HAENDEL est le prototype du compositeur du XVIIIe siècle que son cosmopolitisme a amené d’Allemagne en Angleterre en passant par l’Italie. Ainsi, à une époque où l’opéra se partageait presqu’exclusivement entre opéra à l’italienne et opéra à la française, Haendel se trouve être un compositeur allemand qui a appris son métier en Italie avant de partir en Angleterre écrire des opéras en italien. Gluck (1714-1787) fera l’inverse : compositeur bohème écrivant à Vienne des opéras en italien, il partira en France écrire des opéras en français.

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Haendel est l’exact contemporain de J.-S. Bach (1685-1750). Né à Halle le 23 février 1685, il se rend en 1703 à Hambourg, où il s’essaie à la composition d’opéras. C’est de cette époque que date la sarabande dont Stanley Kubrick s’est servi pour son film Barry Lindon.

Haendel SarabandeCliquez sur Haendel

En 1706, il part en Italie, patrie de l’opéra, où il triomphe à Florence, Naples, Rome et Venise. À Venise, il écrit Agrippina pour la saison 1709-1710.

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Après ses classes en Italie, il rentre en Allemagne avant de prendre un congé pour aller en Angleterre, où il écrit son premier opéra en italien pour la scène anglaise, Rinaldo (1711). Après un bref retour en Allemagne, il repart en Angleterre, sans congé de son employeur, et devient compositeur de la Cour. Ses Water Music datent de cette époque. En 1719, c’est la fondation de la Royal Academy of Music, dont Haendel est directeur musical, avec l’Italien Bononcini, que Haendel avait déjà fréquenté à Hambourg. Les deux hommes se trouvent à la fois associés et rivaux, mais l’étoile d’Haendel brille de plus en plus, au détriment de celle de Bononcini.

En 1724-1725, il écrit trois chefs-d’œuvre Jules césar, Tamerlano et Rodelinda. 

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur l’image

En 1733 c’est Orlando, avant Alcina et Ariodante en 1735.

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur l’image

Comme son contemporain Vivaldi, et pour plaire à la fois aux chanteurs et au public, il use et abuse des vocalises virtuoses. Quel contraste avec la musique que Rameau (1683-1764) écrivait en France, mettant plus en valeur la sensibilité musicale que la virtuosité des solistes.

En 1737, Haendel est victime d’une attaque de paralysie. Il écrira encore un de ses derniers opéras, Xerxès (1738), avant de se consacrer à l’oratorio (en anglais), avec notamment son fameux Messiah (Le Messie) en 1741 et à de la musique instrumentale (Fireworks).

Haendel Messiah AllelujahCliquez sur l’image

En 1753, il devient aveugle et cesse d’écrire. Il est opéré par le même chirurgien qui avait opéré J.-S. Bach avant lui et meurt à Londres le 14 avril 1759. Haendel est enterré à Westminster.

Nature

LES OISEAUX À L’OPÉRA

De tout temps, les musiciens ont aimé reproduire le chant des oiseaux dans leurs œuvres. Ainsi, bien avant la naissance de l’opéra, Clément Janequin (1485 – 1558) a mis en musique un savoureux Chant des oiseaux.

Dans l’opéra Platée (1745) de Rameau, Jupiter déguisé en hibou fait chanter aux oiseaux le fameux « charivari des oiseaux ».

Rameau Platée les oiseauxCliquez sur l’image

Plus tard, Mozart fera intervenir l’oiseleur Papageno dans sa Flûte enchantée (1791).

Mozart Flûte PapagenoCliquez sur l’oiseleur

Autre oiseau qui a une grande importance, celui du Siegfried (1856) de Wagner, qui prévient Siegfried de la présence d’un trésor, puis qu’on veut le tuer, et enfin de la présence de Brünnhilde endormie sur son rocher (cf. les murmures de la forêt).

Un petit clin d’œil à Bizet et sa Carmen, pour qui l’amour est un oiseau rebelle, que nul ne peut apprivoiser.

Bizet Carmen habaneraCliquez sur Carmen

Un des airs les plus connus des Contes d’Hoffmann (1881) d’Offenbach est « les oiseaux dans la charmille ».

Offenbach Hoffmann les oiseaux dans la charmille DessayCliquez sur Olympia

Hors opéra, c’est un plaisir pour moi de citer le Daphénéo de SATIE, où l’on apprend que si le noisetier donne des noisettes, l’oisetier donne des oiseaux qui pleurent.

Dans la femme sans ombre (1937), conte ésotérique de STRAUSS, le faucon de l’empereur se fait messager.

Si on connaît le ballet l’Oiseau de feu (1910) de STRAVINSKY (1882 – 1971), on connaît généralement moins son opéra le Rossignol, écrit en 1914.

Plus près de nous, MESSIAEN était ornithologue, et n’hésitait pas à se déplacer pour recueillir les chants d’oiseaux, qu’il retranscrivait ensuite musicalement. (réveil des oiseaux, oiseaux exotiques, catalogues d’oiseaux,…) Dans son opéra Saint-François d’Assise (1983), il écrit un impressionnant « Prêche aux oiseaux ».

Messiaen Saint-François d'Assise le prêche aux oiseauxCliquez sur l’image

Maria Callas, Nature

Opéra de la lune – la lune à l’opéra

Moonlight at opera

L’opéra de la lune (1953) est un conte pour enfants de Jacques Prévert mis en musique par Christiane Verger (le fidèle Joseph Kosma, qui avait composé les musiques des films de Prévert et Carné [les Visiteurs du soir, les Enfants du paradis] étant souffrant à cette époque). Il a été adapté en 1991 par Jacques Mayoud puis en 2012 à l’opéra par Jacques Pauset (source Wikipédia, le 02/10/2018).

Mais la lune, et surtout la pleine lune et son atmosphère si particulière, a souvent inspiré les compositeurs.

Parmi eux, on peut citer Lully et son fameux Au Clair de la lune connu de tous.

Au XVIIIe siècle, Haydnhttps://toutloperaoupresque655890715.com/2023/05/12/joseph-haydn-1732-1809/ a écrit un de ses opéras les plus connus, Il Mondo della luna (le Monde de la lune) (1777).

Haydn Il mondo della lunaCliquez sur l’image

En sortant du domaine strict de l’opéra, je ne peux pas faire l’impasse sur la sonate Clair de lune (1801) de BEETHOVEN.

Beethoven Clair de luneCliquez sur l’image

La lune est superbement représentée dans Norma (1831) de Bellini, avec notamment cet autre tube qu’est le « Casta diva » (Chaste déesse) que l’héroïne, grande prêtresse des druides chante pour que la cueillette du gui sacré soit bonne.

callas casta divaCliquez sur l’image

En 1842 avec Glinka, c’est au clair de lune que le père de la musique russe fait chanter au héros Ratmir son bonheur d’avoir retrouvé sa Gorislava à l’acte V de Rouslan et Ludmila.

En 1859, Meyerbeer, un des fondateurs du GOf, fait chanter et danser son héroïne Dinorah à la lune (Air: ombre légère).

À la fin du siècle, Dvorak fait chanter à sa Rusalka (1900) un de ses plus beaux airs, l’émouvant hymne à la lune du premier acte, alors que quelques années après encore, c’est Richard Strauss qui rend hommage à la lune dans Salomé (1905), opéra baigné par la lune dont la froide beauté est sans cesse comparée à celle de l’héroïne.

renee fleming rusalkaCliquez sur Rusalka

En 1905, Debussy compose son Clair de lune pour le piano.

Clair de lune est une des mélodies les plus subtiles de Fauré, sur un poème de Verlaine.

En 1922 Berg écrit Wozzeck, d’après Büchner. À l’acte III, une lune rouge se lève et Wozzeck, croyant voir du sang frappe et tue sa femme Marie.

Berg Wozzeck final (MET)Cliquez sur Wozzeck et Marie

Deux ans plus tard, dans Turandot de Puccini, la lune a une grande importance puisque c’est à son lever que la princesse Turandot fait trancher la tête de ses prétendants qui ont échoué à résoudre ses trois énigmes. On y entend par exemple le peuple, qui attend le lever de la lune, chanter le chœur Perché tarda la luna.

Puccini Turandot Perché tarda la LunaCliquez sur l’image

Mes opéras préférés, opéra russe

Eugène ONÉGUINE, de TCHAÏKOVSKI (1877)

Parmi la dizaine d’opéras écrits par TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine est certainement un des plus populaires. Écrit en 1877 d’après une nouvelle de POUCHKINE, il a été créé à Moscou en 1879. Sixième opéra écrit par Tchaïkovski, c’est le premier à avoir rencontré un vrai succès.

Je l’ai vu l’année dernière à l’Opéra de Paris à Bastille, dans une distribution qui devait comporter la (très) grande soprano Anna Netrebko. Avant le lever de rideau, il y a eu une annonce informant qu’Anna ne serait pas présente ce soir-là. Bronca dans la salle, les gens étant venus du monde entier pour entendre la Netrebko. Une petite jeune a chanté/joué le rôle « au pied levé » : Elena Stikihina.  Et à la fin, la bronca est devenue une ovation comme j’en ai rarement entendu.

Acte I : Un soir d’été à la campagne, madame Larine et la nourrice évoquent le passé sur le thème : l’habitude finit par l’emporter sur l’amour. Les deux filles de la maison entrent, Tatiana la rêveuse et Olga la pragmatique. Lenski, le fiancé d’Olga arrive accompagné de son voisin Onéguine. Onéguine demande à Tatiana ce qu’elle trouve à faire dans cette campagne reculée. Tatiana répond qu’elle lit et rêve.

Le soir venu, Tatiana troublée par sa rencontre avec Onéguine n’arrive pas à dormir. Elle décide de lui écrire une lettre dans laquelle elle lui révèle son amour (extraordinaire Air de la lettre !) qu’au matin elle lui fait porter. Onéguine arrive et répond qu’il ne peut pas s’engager.

renée fleming air de la lettreCliquez sur l’image

Acte II : Il y a bal ce soir chez les Larine en ce jour de la fête de Tatiana (Chœur Vot tak Syurpriz). Tatiana et Onéguine dansent, mais très vite les cancans des vieilles l’exaspèrent. Il décide de rendre Lenski jaloux en dansant avec Olga. Lenski en fait le reproche à Olga qui lui répond qu’elle trouve Onéguine charmant. Un invité français (et ridicule), monsieur Triquet chante des couplets qu’il a écrits pour Tatiana. Onéguine propose une autre danse à Olga, mais c’en est trop pour Lenski qui s’énerve et provoque Onéguine.

Lenski arrivé sur le lieu du duel pense à sa mort prochaine et se rappelle sa jeunesse (air de Lenski). Onéguine arrive et pense à leur amitié passée (Duo), mais le duel a lieu et Onéguine tue Lenski.

duel onéguine
Duo Onéguine Lenski

Acte III : Plusieurs années plus tard, Onéguine est de retour d’exil. La scène se passe chez le prince Grémine, qui est accompagné d’une ravissante jeune femme qui attire l’attention d’Onéguine. Le prince chante son amour pour sa femme (air de Grémine) avant de la présenter à Onéguine : c’est Tatiana. À sa vue, Onéguine sent renaître les jours passés de sa jeunesse et l’amour qu’il a laissé échapper.

air de grémineCliquez sur l’image

Quelques jours plus tard, dans la demeure des Grémine, Tatiana est troublée : elle a reçu une lettre d’Onéguine, qui demande à la voir. Quand Onéguine paraît, il se jette à ses pieds et lui déclare son amour. Elle lui rappelle la lettre qu’elle lui avait écrite plusieurs années auparavant, et le mépris avec lequel il lui avait répondu. Elle l’accuse de ne s’intéresser à elle que parce qu’elle est devenue riche et célèbre. Onéguine s’obstine. Tatiana finit par lui avouer qu’elle aussi l’aime, mais qu’elle restera fidèle à son mari. Elle se lève et s’en va, laissant Onéguine à sa douleur.

Écrivains, littérature

LA LISTE DE SCHILLER (1759 – 1805)

Le poète et dramaturge Friedrich SCHILLER n’est pas que l’auteur de l’Ode à la joie (1785), mise en musique par BEETHOVEN dans le final de la 9e symphonie.

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Victime dans sa jeunesse du despotisme de son protecteur, il prend la fuite en 1782 et n’aura dès lors cesse de chanter l’amitié et la liberté des peuples. Il inspirera le mouvement romantique allemand et son théâtre sera largement adapté pour l’opéra.

En effet, des compositeurs tels que ROSSINI, DONIZETTI, VERDI ou TCHAÏKOVSKI se sont inspirés de ses drames pour composer leurs opéras, et pas des moindres.

En voici donc une liste, pas forcément exhaustive…

Dès 1781, Schiller écrit Les Brigands, qui donnera I Masnadieri (1847) chez Verdi. En 1783, il écrit Cabale et Amour qui servira de trame au Luisa Miller (1849) du même Verdi. Puis en 1787, il écrit son Don Carlos qui sera adapté, toujours par Verdi, en 1867.

En 1788, il rencontre le grand GOETHE, avec qui il se lie d’amitié, et qui le poussera à continuer à écrire.

En 1800, il écrit Marie Stuart, qui sera adapté à l’opéra par Donizetti en 1834.

Donizetti Maria Stuarda O nube che liev Nella pace del mestro riposo

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En 1801, le personnage de Jeanne d’Arc lui inspire La Pucelle d’Orléans, drame qui sera adapté par Verdi [Giovanna d’Arco (1845)] et Tchaïkovski [La Pucelle d’Orléans (1881)].

Verdi Giovanna d'Arco final

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Enfin, en 1804, il écrit Guillaume Tell, qui servira de base au chef-d’œuvre de Rossini (1829).

Rossini Guillaume Tell Ouverture

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Avec ces deux derniers personnages, Schiller nous montre bien le destin de deux héros qui se battent pour obtenir la liberté de leur peuple.

littérature, Oulipo, Poésie

Cent mille milliards de poèmes (QUENEAU)

Cent mille milliards de poèmes (1961) est le titre d’un des recueils de poèmes les plus connus de Raymond QUENEAU, un des fondateurs de l’OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle).

Il est basé sur l’écriture de 10 sonnets dont tous les premiers vers ont la même rime, tous les seconds vers ont la même rime, …, tous les quatorzièmes vers ont la même rime.

Ainsi, en faisant un tirage aléatoire du premier vers, puis du second, …, puis du quatorzième, on obtient la constitution de 10 puissance 14 poèmes différents, soit Cent mille milliards de poèmes.

Je vous ai donc concocté à partir du matériau poétique laissé par Queneau un des cent mille milliards de poèmes possibles, en cherchant dans chaque vers un rapport, parfois éloigné, avec l’univers de l’opéra.

Lorsqu’un jour exalté l’aède prosaïse

Pour consommer un thé puis des petits gâteaux

La critique lucide aperçoit ce qu’il vise

Il chantait tout de même oui mais il chantait faux

Quand on prend des photos de cette tour De Pise

Le vulgaire s’entête à vouloir des vers beaux

Aller à la grande ville est bien une entreprise

Les Grecs et les Romains en vain cherchent leurs mots

L’esprit souffle et resouffle au-dessus de la botte

Le touriste à Florence ignoble charibotte

Lorsque Socrate mort passait pour un lutin

Les rapports transalpins sont-ils biunivoques?

Exaltent l’espagnol les oreilles baroques

Si la cloche se tait et son terlintintin.

L’aède en question pourrait être HOMERE dont les chants ont inspirés bien des opéras, en commençant par Le retour d’Ulysse dans sa patrie, de MONTEVERDI.

Par les petits gâteaux, je pense évidemment à l’opéra, une de mes pâtisseries préférées.

Pour la critique, je ne détaille pas, mais avec le vers suivant, on peut penser à Cantatrix Sopranica L. de Georges PEREC, ce grand ami de Queneau. Cantatrix Sopranica L. est une étude scientifique de l’influence du lancer de tomate sur les sopranos.

Le quatrain suivant et le début du premier tercet sont centrés sur l’Italie, patrie de l’opéra.

La Mort de Socrate est le titre d’une œuvre de SATIE d’après PLATON.

Ah ! Ces rapports transalpins biunivoques n’illustrent-ils pas le fait que pendant plus de deux siècles, toute la production d’opéra en Europe était faite soit en français, soit en italien ?

Les oreilles baroques espagnoles peuvent évoquer la zarzuela, cette forme ancienne de théâtre chanté en espagnol.

Quant à la cloche et son terlintintin, il s’agit de la musique, tout simplement.

3 - Liste des écrivains, Mallarmé, Shakespeare

ÉCRIVAINS

Après Mes opéras préférés et Compositeurs, méta-billets vous permettant d’accéder directement aux billets de ces catégories par simple clic sur les liens proposés, voici un troisième méta-billet qui vous permettra de retrouver les billets classés dans la catégorie Écrivains. Pour retrouver facilement ces méta-billets, j’ai créé les catégories « 1 – mes opéras préférés« , « 2 – compositeurs » et « 3 – écrivains » qui apparaissent au début de la liste des catégories.

image Homère

eschyle-par-adrian

sophocle

Euripide

dante-alighieri-par-adrian

L'Arioste

image Ronsard

Le Tasse

Cervantes par Adrian

Shakespeare par Adrian

corneille et corneille

La Fontaine

Molière par Adrian

Perrault Adrian Mercure 2021

image Quinault
Jean RACINE

image Fontenelle

Voltaire

image Métastase

image Goldoni

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JJ.ROUSSEAU

Beaumarchais par Adrian

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Johann-Wolfgang-von-Goethe

Schiller

HOFFMANN

walter scott

lord-byron-par-adrian

Lamartine image

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Pouchkine

VH le pouet

image Alexandre Dumas
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Georges SAND
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Baudelaire

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flaubert

Ostrovski

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mallarmé
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Guillaume Apollinaire

Cocteau

queneau

Jankékévitch portrait

jacobs un opéra de papier

Hergé

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Boris VIAN

perec 1

histoire, Histoire de l'opéra

FAVART le chansonnier et l’opéra-comique

La tradition du chansonnier est fort ancienne en France. Sa première formalisation en est la fondation en 1730 du Caveau par PIRON et Crébillon fils. Leurs réunions bimensuelles étaient l’occasion de chanter et/ou de pratiquer l’épigramme. On trouve parmi les membres de ce cercle Jean-Philippe RAMEAU. La tradition du caveau se perpétue de nos jours avec le Caveau de la République, célèbre repère de chansonniers.

Un autre chansonnier célèbre est Charles-Simon FAVART (1710 – 1792). Favart a commencé très jeune une carrière de compositeur d’opéras-comiques, de vaudevilles ou de parodies. Écoutons-le dans une parodie d’Hippolyte et Aricie de Rameau.

Le genre opéra-comique date de 1714. En 1697, la Comédie-Italienne avait fermé sous la pression de la Comédie-Française, jalouse de cette concurrence. Les comédiens-italiens se sont alors installés sur les foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent, au Théâtre de la Foire. On y donnait des pastiches, de l’italien pasticcio, c’est-à-dire des paroles nouvelles chantées sur des airs déjà connus. Mais la Comédie-Française, toujours soucieuse de défendre son privilège royal de spectacles dialogués, empêche les représentations parlées. De même, l’Académie royale de musique, qui avait le privilège royal pour la musique chantée, limite à deux le nombre de voix autorisées dans les spectacles. En 1714, le Théâtre de la Foire obtient le privilège de Louis XIV pour un nouveau genre : l’opéra-comique, qui alterne des parties parlées et des parties chantées, et le Théâtre de la Foire devient le Théâtre de l’Opéra-Comique. Malgré son nom, il n’est donc pas question d’humour dans l’opéra-comique.

Après une succession d’interdictions et de relances, l’institution reprend en 1752, et notre Favart devient codirecteur de l’Opéra-Comique. C’est en son honneur qu’aujourd’hui encore le Théâtre de l’Opéra-Comique porte le nom de Salle Favart.

Dès 1753, DAUVERGNE fait jouer un opéra-comique, la Coquette trompée, qui met en scène madame Favart.

Dauvergne la Coquette trompéeCliquez sur l’image

Notons que Madame Favart est également un opéra-comique d’OFFENBACH, qui sera représenté à… l’Opéra-Comique en juin 2019.

Offenbach Madame Favart OuvertureCliquez sur madame Favart

Arrivé là, ce billet devrait être terminé, mais pourquoi ce titre Favart le chansonnier ? En fait, vers 1750, Favart dirigeait la troupe de comédiens-chanteurs qui accompagnaient le Maréchal de Saxe en campagne. Et Favart était donc le Chansonnier du Maréchal. Q.E.D. On reste dans le vaudeville quand on sait que le Maréchal de Saxe ayant des vues sur madame Favart, le couple a dû s’enfuir !

Et pour en savoir plus sur Charles Favart, cliquez sur le lien.

Mes opéras préférés, Mythologie

TRISTAN UND ISOLDE, de WAGNER (1859)

Tristan und Isolde est le premier opéra que j’ai eu la chance de voir à Bayreuth, en 1986. La photo ci-dessus est une carte postale de cette représentation, qui reste pour moi un de ces moments magiques que l’on a parfois l’occasion de vivre dans une vie.

En 1854 WAGNER, qui vit en exil à Zurich après avoir fait le coup de poing sur les barricades avec BAKOUNINE en 1849, fait la connaissance du riche couple WESENDONCK. Très vite, une attirance mutuelle naîtra entre Richard Wagner et Mathilde Wesendonck, et Wagner devra s’éloigner de Zurich en 1858. De leur rencontre naîtront deux chefs d’œuvre, les Wesendonck Lieder (1857 – 1858), une mise en musique de poèmes de Mathilde par Richard, et Tristan und Isolde (1858 – 1859). Certains thèmes musicaux de la première œuvre se retrouvent dans la deuxième.

Il est difficile d’isoler tel ou tel air de la partition, l’opéra figurant un long poème musical continu, écrit par Wagner d’après une légende celtique bien connue. Citons toutefois les deux extrêmes de la partition: le prélude et la « mort d’Isolde ».

Wagner Tristan und Isolde préludeCliquez sur le prélude

L’opéra a été créé en 1865 à Munich, sous les auspices de Louis II de Bavière.

Acte I : La scène se passe sur le pont d’un navire qui conduit Isolde en Cornouailles où l’attend son fiancé le roi Marke. Entendant une chanson de marins qui lui rappelle sa destinée, elle veut mourir. Sa servante Brangäne ne réussit pas à la calmer. Isolde voit Tristan tenir le gouvernail du bateau et elle demande à Brangäne d’aller le chercher. Tristan refuse, son devoir étant de gouverner le bateau. Kurwenal, l’écuyer de Tristan chante une chanson cornouaillaise rappelant le combat où Tristan a tué Morold, le fiancé d’Isolde. En entendant ce chant, le désespoir d’Isolde éclate et elle raconte à Brangäne comment peu après la mort de Morold, elle  a soigné un chevalier blessé qui s’est avéré être l’assassin de son fiancé. Elle a voulu le tuer, mais quand leurs regards se sont croisés, elle n’a pu achever son geste. Cet homme qu’elle a soigné et guéri a arrangé pour elle un mariage avec son maître, le roi Marke. Isolde demande à Brangäne un filtre de mort pour elle et Tristan. Quand le bateau arrive, Tristan se présente à Isolde pour la mener auprès du roi. Isolde lui tend la coupe de la réconciliation, mais Brangäne a substitué au philtre de mort un philtre d’amour. Quand Tristan commence à boire, Isolde lui arrache la coupe, pour mourir avec lui. Les deux héros se regardent, éperdus, ils ont changé de monde !

Le chœur des matelots chante son salut au roi Marke.

Acte II : Dans son jardin, Isolde attend la nuit. On entend au loin des trompes de chasse qui s’éloignent. Isolde demande à Brangäne d’éteindre la torche qui les éclaire. C’est un signal pour Tristan. Commence alors un (très) long duo d’amour, d’abord sur le thème du jour maudit et de la nuit bénie. Ils entonnent l’hymne « Descends sur nous, nuit de l’amour »  (« Sink hernieder, Nacht der Liebe ») où les deux voix se mêlent.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Cliquez sur Tristan und Isolde

Du haut d’une tour, Brangäne qui surveille leur lance un avertissement. Le duo continue, évolue et l’amour de passion devient mystique. Maintenant, les deux amants veulent s’unir dans la mort. Brangäne lance un autre avertissement, le jour se lève, il faut finir, mais les deux amants continuent leur duo extatique. Soudain, la scène est envahie par des chasseurs conduits par Melot. Marke est avec eux. Il chante une longue plainte sur la trahison de Tristan. Tristan se tourne vers Isolde, le suivra-t-elle vers le pays obscur ? Isolde est prête à le suivre n’importe où. Tristan et Melot se battent en duel, et Tristan s’effondre au sol. Isolde se précipite sur lui. La nuit cède la place au jour.

Acte III : Tristan est étendu, blessé, dans son château. Kurwenal veille sur lui. On entend la plainte du chalumeau (un instrument à vent) d’un pâtre, qui veille avec Kurwenal. Ils guettent une voile sur l’océan, celle du bateau qui doit conduire Isolde auprès de Tristan. Tristan se réveille et délire. Soudain le chalumeau se fait joyeux, un navire arrive. Tristan se lève et va à la rencontre d’Isolde. Elle se précipite vers lui, mais il meurt dans ses bras. Un deuxième bateau arrive. C’est celui du roi Marke, à qui Brangäne  a expliqué l’interversion des philtres, et qui vient unir les deux amants. Kurwenal et Melot se battent et meurent. Le silence se fait quand soudain Isolde ouvre les yeux. Son chant s’élève, c’est la célèbre mort d’Isolde qui git sur le corps de Tristan, morte d’extase, morte d’amour, morte de fidélité.

Wagner Tristan und Isolde mort d'Isolde (Norman)Cliquez sur Isolde

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut ranger Tristan un Isolde dans la catégorie (T+S)/B.