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Mes opéras préférés

LA FILLE DU FAR-WEST, de PUCCINI (1910)

La Fille du far-west (La Fanciulla del West) est un opéra de Puccini créé en 1910 au Metropolitan Opera de New York, sous la direction du chef Arturo Toscanini. L’action se déroule au Far West à l’époque de la ruée vers l’or.

Le pitch : Jack Rance (baryton), le shérif, aime Minnie (soprano), la tenancière du saloon, mais celle-ci aime le chercheur d’or Dick Johnson (ténor), qui se trouve être également le bandit Ramerrez. Minnie sauve Ramerrez de la pendaison et quitte la ville avec son cher petit bandit.

Suivant la classification de G.B. Shaw, nous sommes donc en présence du très classique (S+T/B), où une soprano et un ténor s’aiment, avec leur amour contrarié par un baryton.

Acte I : Dans le saloon de Minnie. Des mineurs boivent en jouant aux cartes. Un mineur, Jack Wallace, chante le mal du pays, chanson qui éveille des échos douloureux chez Larkens, un chercheur d’or qui se souvient de sa mère qui l’attend là-bas (Air et ensemble :  » Che faranno i vecchi miei ».)

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Le shérif, Jack Rance, entre et demande si Minnie est là. Il en est amoureux, mais celle-ci ne l’aime pas. Une dispute éclate entre un joueur, accusé de tricher, et le shérif. Minnie arrive et calme les hommes. Jack parle de son amour à Minnie (Air : « Minnie della mia casa son partito ».) Mais Minnie attend le vrai amour (Air : « Laggiù nel Soledad, ero piccina« .)

Cliquez sur Minnie et Jack Rance
Cliquez sur Minnie

Un mineur, Dick Johnson, entre et Minnie reconnaît un homme qu’elle a connu, jadis. Elle en tombe amoureuse, sans savoir que Dick a mal tourné et est devenu le bandit Rammerez. Alors que le shérif dépité sort du saloon à la recherche du bandit, Minnie donne rendez-vous à Ramerrez pour le soir.

Cliquez sur Minnie et Ramerrez

Acte II : Le soir, chez Minnie. Minnie et Johnson se déclarent leur amour quand arrivent Jack Rance et des mineurs, qui préviennent Minnie que Johnson et Ramerrez sont en fait la même personne.

Cliquez sur Ramerrez et Minnie

Minnie reproche à Ramerrez de n’être venu à son salon que pour voler l’argent des mineurs et le chasse de chez elle, mais il ne tarde pas à revenir, blessé. Minnie prend alors le parti de le cacher chez elle. Jack Rance revient et, voyant les gouttes de sang, recherche l’outlaw et le trouve. Minnie propose une partie de poker dont le prix sera Ramerrez. Elle triche pour sauver Ramerrez.

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Acte III : Plus tard, Rammerez a été capturé et doit être pendu. Au moment de mourir, il demande que l’on ne prévienne pas Minnie, afin qu’elle le croie vivant et libre (Air : « Ch’ella mi creda libero e lontano ».)

Cliquez sur Ramerrez

Minnie arrive armée de son pistolet et rappelle aux mineurs ce qu’ils lui doivent. Les mineurs laissent alors partir Minnie et Ramerrez.

(Source principale : le DVD des représentations de la Scala de Milan en 1991, dirigées par Lorin Maazel.)

Agenda Ironique, Maria Callas

LE ROI ET LA CANEBIÈRE (A.I. de Juin 2024)

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique s’est installé chez Sabrina, et kwak elle nous demande Sabrina ? Voici ses consignes :

Je vous propose de mettre à l’honneur des gens ordinaires, (Normal people), leurs tracas, leurs tralalas, leurs tragédies comme il vous chante, un matin de changement ! Comédie musicale, extrait théâtral, composition florale… Vous choisissez la catégorie de votre épreuve !

Mais il faudra dans tous les cas, créer au moins une locution introuvable (à la manière de l’OULIPO) à partir d’expression et locutions déjà connues (ex : avoir la tête dans le guidon + la balle est dans ton camp = avoir la tête dans ton camp… ou la balle est dans le guidon…).

Le parcours initiatique de nos êtres ordinaires se retrouvera semé de quelques obstacles à placer : porte-fenêtre / whisky / discorde / toupet / perce-neige / bouilleur de cru (vraiment dans mon dico)…

Et pour les plus courageux.ses, en option, il pourra être ajouté en début ou bout de course, cette phrase, toujours tirée de mon dictionnaire d’idiomes : « J’en suis reconnaissant.e car je sais maintenant où regarder pour répondre à l’inévitable question […] ça va encore durer longtemps ? »

Mais c’est tellement mieux esspliqué ici : Entre les lignes.

« Ouh la la ! » me suis-je exclamé en découvrant le sujet du mois, ça va encore être le roi et la canebière, ce mois-ci. Pour un gars bien ordinaire comme moi, c’est toujours un tracas de trouver un sujet permettant de respecter les consignes de l’A.I., tout en y apportant la contrainte supplémentaire qui est d’y rajouter des tralalas folâtres et musicaux.

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Raconter la vie de gens ordinaires, et non plus celle de figures issues de la mythologie ou des têtes couronnées, c’était le credo des véristes. Le vérisme est un mouvement musical italien qui a duré environ 20 ans, et héritier du naturalisme à la Zola. Mais du naturalisme au vérisme, y a quoi, tu crois ? Juste assez, ou presque ! Une illustration de ce mouvement naturaliste sera Louise, de Gustave Charpentier.

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Pour les véristes, dont le représentant le plus célèbre est Puccini, la situation se gâte vite. Autant si la Bohème de ce dernier représente bien le petit peuple de Paris, en quoi la vie d’une cantatrice ou d’une princesse chinoise est-elle figurative de la vraie vie des vraies gens ? Dans la Bohème, on peut entendre la pauvre Mimi essayer de vendre de petits bouquets de perce-neige pour pouvoir se payer les médicaments qui la sauveraient d’une mort tragique.

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Un exemple d’être (humain) ordinaire à l’opéra est le malheureux Wozzeck. Dans l’opéra de Berg, il est soldat et sa femme le trompe avec le tambour-major alors que le sergent-major se livre à des expériences scientifiques sur lui. À la fin, Wozzeck a le toupet de tuer sa femme, avant que d’aller se noyer.

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Berg encore avec sa Lulu, sirotant un whisky maturé par un des meilleurs bouilleurs de cru (vous avez de la chance, j’ai résisté à la tentation d’utiliser une des nombreuses contrepèteries possibles avec ce mot) dans ses années fastes, appuyée à la porte-fenêtre de son riche appartement de Vierzon.

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Voilà, ce sera tout pour cette fois, mais en tout cas, je suis reconnaissant à Sabrina, car je sais maintenant où regarder pour répondre à l’inévitable question […] ça va encore durer longtemps ?

Compositeurs

Léonard BERNSTEIN (1918-1990)

Le grand chef d’orchestre et compositeur Léonard BERNSTEIN est né à Lawrence (Massachussetts) le 25 août 1918.

Né dans une famille où la musique ne tenait aucune place, il découvre le piano à l’âge de dix ans. Il progresse très vite et à seize ans, joue le Concerto de Grieg.

Bernstein suit ses études à Harvard jusqu’en 1939, puis il rencontre le chef d’orchestre Serge Koussevitsky dont il devient l’assistant à Tanglewood. En 1943, il devient chef assistant de l’Orchestre philharmonique de New York. Il a été également un des nombreux élèves de Nadia Boulanger.

En 1951, Bernstein se marie à Felicia Montealegre, avec qui il aura 3 enfants.

Pédagogue hors pair, il n’hésite pas à se produire à la télévision dans un programme destiné à révéler la musique dite classique aux plus jeunes, dans ses Young People’s concerts.

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En 1944, il écrit le ballet Fancy free pour le chorégraphe Jérôme Robbins. Cette œuvre sera reprise en comédie musicale sous le titre On the Town. Robbins a alors l’idée de monter un Roméo et Juliette à Brooklyn, mais Bernstein n’a pas de temps à y consacrer, coincé entre sa carrière de chef d’orchestre et ses activités de compositeur. De cette époque datent l’opéra Trouble in Tahiti et l’opérette Candide, d’après Voltaire. L’ouverture de Candide reste encore régulièrement donnée en concert. En 1957 enfin, West Side Story est monté à Broadway, mais c’est vraiment le film de 1961 qui lui apporte la reconnaissance internationale avec ses 10 oscars. Spielberg a tourné son propre West Side Story en 2021.

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De 1958 à 1969, Bernstein est directeur musical de l’Orchestre philharmonique de New York.

Outre West Side Story, les œuvres lyriques de Bernstein sont donc On the Town (comédie musicale 1944), Wonderful Town (comédie musicale 1953) et Candide (opérette 1956) (d’après Voltaire), Trouble in Tahiti (1952) et sa suite A quiet Place (1983).

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Bernstein a aussi écrit les ballets Facsimile (1946) et Dybbuk (1975), trois symphonies Jeremiah (1944), The Age of anxiety (1949) et Kaddish (1963), une commande de Koussevitsky pour le 75e anniversaire de l’Orchestre de Boston.

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Dans le domaine religieux, Bernstein a écrit les Chichester Psalms (1965) écrits pour la cathédrale de Chichester et l’OMNI (Objet Musical Non Identifié) Mass (1971), où le jazz et le rock se mêlent au classique.

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En France on a pu voir et entendre Bernstein diriger l’Orchestre philharmonique de Radio-France dans des concerts mémorables.

Léonard Bernstein est mort le 14 octobre 1990 à New York, à l’âge de 72 ans.

Écrivains, littérature, Théâtre

Jean RACINE ET LA MUSIQUE (1639-1699)

Jean Racine naît le 22 décembre 1639, à La Ferté-Milon. Il est issu d’une famille de « contrôleurs du petit grenier à sel » de La Ferté-Millon sur plusieurs générations.

Sa mère meurt alors qu’il était âgé d’un an, et son père deux ans plus tard. Jean Racine est alors élevé, avec sa sœur, par son grand-père.

On l’envoie à Beauvais apprendre le latin. Il sort du collège en 1655 et on l’envoie à Port-Royal, où il reste trois ans avant de partir à Paris pour faire sa philosophie.

En 1661, Racine se rend à Uzès auprès d’un de ses oncles jouissant d’un bénéfice ecclésiastique. Il se destine alors à la prêtrise pour recevoir ce bénéfice de la part de son oncle, mais ne va pas jusqu’au bout de la démarche et revient à Paris en 1663.

En 1664, il fréquente Molière. La première pièce de Racine, la Thébaïde, est jouée par la troupe de Molière après l’interdiction du Tartuffe par Loulou XIV. Le sujet de la Thébaïde est tiré de l’Antigone de Sophocle.

En 1665, le peu connu (de nos jours) Alexandre le Grand lui vaut les faveurs du roi Louis XIV et de Mme de Montespan. Dès lors ses tragédies seront très bien reçues à la cour. Alexandre a inspiré un opéra à Lefroid de Méreaux en 1783.​ Cet Alexandre le Grand sera la cause de la brouille entre Molière et Racine, pour une question de partage des droits d’auteur.

Dès lors et pendant quelques années, Racine enchaînera les tragédies, qui sont toutes entrées dans le répertoire classique. Andromaque (1667) a inspiré à Grétry un opéra du même nom en 1780, ainsi qu’à Rossini son Ermione en 1819. Saint-Saëns a écrit une musique de scène pour Andromaque en 1903.

Grétry Andromaque ouverture
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En 1668, Racine écrit sa seule comédie, les Plaideurs. En 1669, c’est Britannicus, pièce pour laquelle André Jolivet a écrit une musique de scène en 1946.

En 1670, c’est Bérénice. La Clémence de Titus de Mozart, dont le livret est une adaptation de celui écrit par Métastase, est indirectement inspiré de Bérénice (1670).

En 1672, Racine écrit Bajazet, et en 1673 Mithridate, dont Mozart encore s’est inspiré pour son Mithridate, Roi du Pont.

Fin 1672, Racine est nommé à l’Académie française.

En 1674, il écrit Iphigénie dont Gluck s’inspirera pour son Iphigénie en Aulide.

Gluck iphigénie en Aulide
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Encore un chef-d’œuvre en 1677 avec Phèdre, pièce pour laquelle Racine s’est inspiré d’Euripide avec son Hippolyte. Phèdre a inspiré Rameau pour son opéra Hippolyte et Aricie (1733). En 1786, c’est Jean-Baptiste Moyne qui écrit la tragédie lyrique Phèdre et deux siècles plus tard, Britten écrira la cantate Phaedra.

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En 1677, Racine abandonne l’écriture de ses pièces pour devenir historiographe de Loulou XIV. Il se réconcilie avec ces Messieurs de Port-Royal, et abandonne sa maîtresse pour épouser Catherine de Romanet, issue comme lui de la bourgeoisie. Ils auront sept enfants. Parmi ses charges d’historiographe, il y avait l’écriture des hauts faits du roi sous les médailles représentant ses hauts faits. Ainsi en 1683, il entre avec son ami Boileau à l’Académie royale des inscriptions et médailles (aujourd’hui Académie des inscriptions et belles lettres.)

En 1689, à la demande de Mme de Maintenon, il écrit deux tragédies bibliques pour les demoiselles de Saint-Cyr :

Esther (1689) qui a été écrit avec des chœurs de Moreau. Haendel en tirera l’argument de son premier oratorio (1714). Deux ans après le même Moreau a écrit la musique accompagnant Athalie (1691), ses chœurs étant réécrits par Gossec un siècle plus tard, puis par Boïeldieu en 1813. Comme Esther, cette pièce a inspiré un oratorio à Haendel, Athalia (1733) et Mendelssohn a également composé une musique de scène pour Athalie, et Boris Yoffe un opéra en 2006.

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En 1694, il écrit, toujours à la demande de Madame de Maintenon, quatre Cantiques spirituels, dont trois furent mis en musique par Jean-Baptiste Moreau, Michel-Richard de Lalande, Pascal Colasse et Jean-Noël Marchand. Plus tard, c’est Fauré qui écrit son Cantique de Jean RACINE (1865), si agréable à chanter (et à écouter).

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Ce cantique a également été mis en musique par Mel Bonis.

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Pascal Colasse (1649 – 1709) (qui a également écrit des opéras sur des livrets de La Fontaine et de Rousseau) a mis en musique les Cantiques spirituels.

collasse racine cantiques spirtituels
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Jean Racine meurt le 21 avril 1699 à Paris, à l’âge de 59 ans.

(Source : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions FAYARD 1992.)

littérature, Oulipo, Poésie

IL EST TEMPS QUE LA NUIT TERMINE SA CARRIÈRE, de Jean RACINE

Le poème de ce mois sera un sonnet de jeunesse de Jean Racine, sonnet auquel l’auteur était attaché, nonobstant le fait qu’il ait été jugé peu convenable par les penseurs de Port-Royal.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Il est temps que la nuit termine sa carrière :

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Un astre tout nouveau vient de naître en ces lieux ;

Déjà tout l’horizon s’aperçoit de ces feux,

Il échauffe déjà dans sa pointe première.

Et toi, fille du jour, qui nais devant ton père,

Belle Aurore, rougis, ou te cache à nos yeux :

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Cette nuit, un soleil est descendu des cieux,

Dont le nouvel éclat efface ta lumière.

Toi qui dans ton matin parais déjà si grand,

Bel astre, puisses-tu n’avoir point de couchant !

Sois toujours en beauté une aurore naissante.

Cliquez sur l’hymne au soleil

À ceux de qui tu sors puisses-tu ressembler !

Sois digne de Daphnis et digne d’Amarante :

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Pour être sans égal, il les faut égaler.

Citations musicales :

La nuit : Rameau, Hymne à la nuit (d’après Hippolyte et Aricie)

Belle aurore : Puccini, Tosca « e lucevan le stelle »

Bel astre : Schubert, Hymne au soleil (an die Sonne)

Daphnis : Ravel, Daphnis et Chloé, suite n° 2.

Cinéma, Histoire de l'opéra

L’ART DÉGÉNÉRÉ

Il y a au moins un point sur lequel les régimes nazi et stalinien étaient d’accord dans les années 1930-1940, c’était sur l’exclusion des formes d’art trop contemporaines, qualifiées de dégénérées par les nazis (« Entartete Kunst », soir « l’Art dégénéré »).

Côté austro-allemand, nombreux sont les musiciens, compositeurs ou instrumentistes, communistes ou d’origine juive, qui ont été chassés par le régime nazi comme des artistes dégénérés. Ne pouvant exercer leurs talents, presque tous ont dû fuir l’Allemagne.

Ainsi, Zemlinsky (1871-1942), digne héritier de Richard Strauss, Schönberg (1874-1951), Korngold (1897-1957) et Krenek (1900-1991) ont dû migrer aux USA, et leur production musicale, pourtant reconnue avant 1933, est aujourd’hui pratiquement inconnue.

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En 1933 Kurt Weill, dont l’œuvre a été victime des autodafés nazis, se réfugie en France. En 1935, il part aux États-Unis où il mourra en 1950.

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Quant à Schreker (1878-1934) et Berg (1885-1935), ils ont également eu à subir la censure nazie, mais ils sont morts trop tôt pour avoir à fuir le régime.

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Le cas du Hongrois Bartok est également intéressant. Quand le régime hongrois s’est rallié à l’idéologie nazie, Bartok a demandé à ce que ses œuvres fassent partie de l’art dégénéré, et a refusé toute compromission avec le régime en place. En 1940, il part aux États-Unis, où il mourra presque dans la misère en 1945, vivant des commandes que ses amis, comme Yehudi Menuhin, lui passaient.

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Mis à part Schönberg, Berg et Bartok, la plupart de ces compositeurs ne sont jamais ressortis du purgatoire, alors que leurs productions comportent de vraies richesses musicales.

Côté soviétique, le Russe Rachmaninov (1873-1943) et l’Ukrainien Prokofiev (1891-1953) ont fui la Russie en 1917. Rachmaninov mourra en exil en 1943 alors que Prokofiev retournera en Russie en 1933. Pour autant, son art est qualifié de formalisme bourgeois est sa musique mise sur liste noire, avec celle de Chostakovitch (1906-1975) qui a dû louvoyer avec la censure pour pouvoir faire jouer certaines de ses œuvres.

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L’opéra de Chostakovitch Lady Macbeth de Mzensk a été créé avec succès en 1934 avant que Staline ne l’entendre et le fasse interdire pour « chaos musical ».

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La musique de Prokofiev sera réhabilitée grâce à son formalisme socialiste (cf. son oratorio la Garde de la Paix). Il participera aussi aux efforts de mettre en lumière l’héroïsme du peuple russe avec ses musiques composées pour le cinéaste Einsenstein (Ivan le Terrible, Alexandre Nevski).

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Dans l’Italie fasciste de Mussolini, la situation semble avoir été moins difficile pour les compositeurs et les instrumentistes d’origine juive, du moins jusqu’au début de la guerre. Mais on peut noter que le compositeur juif Mario Castelnuovo-Tedesco (1895-1978) à dû fuire aux USA en 1939, pays où il mourra en 1978.

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Mythologie

JUPITER (ZEUS)

À tout seigneur tout honneur. Jupiter, le roi des dieux (Zeus dans sa version grecque), figure en bonne place dans le panthéon de l’opéra. On retient de Jupiter son goût immodéré pour les femmes, goût qui provoquait la jalousie de la malheureuse Junon, sa femme. Pour arriver à ses fins, Jupiter était obligé de prendre des formes non divines, car une mortelle n’aurait pu supporter de le voir sous cette forme (demandez à Sémélé ce qu’elle en pense). Une bonne partie de ces métamorphoses nous ont été rapportées par Ovide.

Dès 1640, Monteverdi, le père de l’opéra, le fait apparaître dans le Retour d’Ulysse dans sa patrie.

En 1651, c’est Cavalli qui nous narre les malheurs de Callisto. La nymphe Callisto est une suivante de Diane. Jupiter en tombe amoureux en la voyant et la viole. Callisto est alors chassée par Diane quand celle-ci s’aperçoit que la nymphe n’est plus vierge. La malheureuse Callisto finira par être transformée en ourse par Junon, la jalouse femme de Jupiter. La Calisto est un opéra de Cavalli créé à Venise en 1651.

Cavalli Calisto
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Jupiter intervient aussi dans la zarzuela (forme espagnole de l’opéra) Jupiter y Semele (1718) de Antonio de Literes.

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Bien sûr, on se souvient aussi de Sémélé (1744) de Haendel.

Cliquez sur Jupiter et Sémélé

On retrouve Jupiter peu plus tard chez Rameau qui le fait intervenir dans Hippolyte et Aricie (1733) où Diane et Amour se disputent pour savoir qui des deux a la faveur des hommes. Jupiter tranche pour Amour.

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Rameau encore avec Castor et Pollux (1737) où Jupiter ne veut pas enfreindre la loi des enfers en faisant revenir Castor dans le monde des vivants. À la fin, Jupiter, ému par l’amour des deux jumeaux, leur réserve une place dans le ciel où ils montent pour former la constellation des Gémeaux.

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Rameau toujours avec Platée (1745) où Jupiter joue un tour à sa femme Junon pour la guérir de sa jalousie. Avec quelques amis, il feint ainsi de courtiser une ridicule nymphe des marées, la grenouille Platée.

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Dans Orphée et Eurydice (1774) de Gluck, Jupiter est ému par les chants d’Orphée, et se laisse convaincre de laisser Eurydice de ressortir des enfers.

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En 1786, c’est l’incontournable Grétry qui s’empare de la grande affaire de Jupiter, celle où pour séduire Alcmène, femme trop fidèle, il dut se métamorphoser sous les traits du mari de celle-ci, Amphitryon, parti à la guerre. De cette union naîtra le demi-dieu Hercule.

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En 1788, Mozart écrivait sa dernière symphonie, la 41e. On a pris l’habitude de l’appeler Jupiter peut-être pour souligner son aspect majestueux.

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Un des derniers avatars musicaux de Jupiter se trouve dans Orphée aux enfers d’Offenbach, avec cet amusant « duo de la mouche ».

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Mythologie

MÉDÉE (ET JASON)

La figure de Médée, magicienne tombée amoureuse de Jason par la grâce de Cupidon, et finissant par tuer ses enfants pour punir son amant infidèle, est une des plus marquantes de la mythologie. Elle n’a cessé d’alimenter les fantasmes au travers des siècles, et nombreuses sont les pièces musicales que sa légende a inspirées.

Une des premières semble être celle de l’Italien Cavalli avec Il Giasone (1649).

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Parmi les compositeurs qui ont été inspirés par la figure de Médée figure évidemment Marc-Antoine Charpentier en 1694.

Deux ans plus tard, Pascal Colasse écrit Jason ou la Toison d’or, une tragédie lyrique sur un livret de Jean Baptisee Rousseau.

En 1713, c’est J.-F. Salomon qui écrit un Médée et Jason.

Cinquante ans plus tard, c’est sous la forme d’un ballet que Rodolphe écrit son Médée et Jason, créé en 1763 à Stuttgart.

En 1775, c’est le compositeur de Bohème Benda qui écrit Medea.

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En 1797, Cherubini écrit sa Médée qui restera longtemps au répertoire.

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Un siècle plus tard, en 1898, Vincent D’Indy écrit la suite pour orchestre Médée.

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Et l’aventure continue au XXe siècle avec en 1939 un opéra de Milhaud, un de Barber en 1946, en 1967, le Medea du Grec Iannis Xenakis.

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Et en 1992 le Medeamaterial du Français Dusapin.

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Pour le XXIe siècle, on peut encore noter le Médée de Reverdy (2003).

Écrivains, littérature, Shakespeare, Théâtre

William SHAKESPEARE (1564-1616)

Le petit William Shakespeare naît en avril 1564 à Stratford-upon-Avon, sous le règne d’Elisabeth 1re.

Sa découverte dans sa jeunesse des Métamorphoses d’Ovide le marque, et on en trouvera des traces dans son œuvre. Shakespeare quitte l’école vers treize ans, son père ne pouvant plus lui payer ses études.

En 1582, William doit se marier en urgence avec Anne Hathaway, de sept ans plus âgée, enceinte de Susanna, leur premier enfant. Trois ans plus tard naîtront des jumeaux, Judith et Hamnet.

Que devient-il entre 1585, où il quitte Stratford et 1592, où on retrouve sa trace comme dramaturge et acteur à Londres ? Nul ne sait. Lors de la fermeture des théâtres pendant deux ans en 1592 à cause de la peste, Shakespeare écrit deux poèmes, Vénus et Adonis (1593) et le Viol de Lucrèce (1594). Ces œuvres sont dédiées au comte de Southampton, probable amant de William, pour qui il aurait aussi écrit ses Sonnets.

En 1595, Shakespeare aborde le théâtre avec la Tempête, qui sera adaptée à l’opéra par Thomas Adès en 2005.

En 1595 ou 1596, il écrit le Songe d’une nuit d’été, qui a inspiré Purcell avec the Fairy Queen (1692), Weber avec Obéron (1826), Mendelsssohn qui a écrit une musique de scène pour cette pièce, Ambroise Thomas avec le Songe (1850) et encore Britten avec son opéra du même nom datant de 1960.

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En 1597, il écrit Roméo et Juliette, Richard II et Richard III. Roméo et Juliette est certainement une des pièces les plus mises en musique avec notamment Bellini et son I Montaigu et I Capuletti (1830), Berlioz avec sa Symphonie dramatique du même nom (1839), Gounod et son grand opéra de 1867, Tchaïkovski et son Ouverture Fantaisie de 1869, Prokofiev et son ballet de 1935, et jusqu’à Bernstein avec son West Side Story (1947).

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En 1602 paraît les Joyeuses commères de Windsor, une comédie probablement écrite en 1597 où apparaît le personnage de sir John Falstaff. Les Joyeuses commères de Windsor a fait l’objet d’une adaptation à l’opéra par Otto Nicolaï (1849), et Falstaff est le héros du Falstaff de Salieri (1799), du Songe d’une nuit d’été d’Ambroise Thomas, qui fait intervenir le personnage de Falstaff amoureux de la reine Elisabeth 1re, et surtout du dernier opéra de Verdi, Falstaff (1893).

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En 1603, Shakespeare écrit une autre de ses œuvres majeures, Hamlet, qui a inspiré Ambroise Thomas (Hamlet) en 1868, mais aussi Liszt avec son poème symphonique datant de 1858, Richard Strauss qui a composé un lied sur la mort d’Ophélie, et Chostakovitch qui a écrit en 1932 une musique de scène pour cette pièce.

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1603 est probablement l’année de composition d’un des drames de la jalousie, Othello, qui sera mis en musique par Rossini (1816) et par Verdi (Otello, 1887).

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En 1613, Shakespeare arrête d’écrire, avec Henry VIII et les Deux Nobles Cousins. Il se retire alors à Stratford.

William Shakespeare meurt le 23 avril 1616 à Stratford, à l’âge de 52 ans.

(Source principale, pour la partie biographique : l’album de la Pléiade 2016, de Denis Podalydès, éditions Gallimard, 2016.)

Grandes voix

Nellie MELBA (1861-1931)

Le nom de la cantatrice Nelly Melba est resté dans nos mémoires à cause du dessert qui a été créé en son honneur par Auguste Escoffier, la Pêche Melba. Mais savez-vous qui elle était ?

Helen Porter Mitchell est née en Australie le 19 mai 1861. Après des études musicales dans son pays, puis en Europe, elle donne son premier concert à Melbourne, ville d’où elle tirera son nom de scène Melba.

Dotée d’une voix de soprano colorature, elle fait en 1887 ses débuts internationaux au Théâtre Royal de la Monnaie (De Munt) à Bruxelles, dans le rôle de Gilda, dans Rigoletto de Verdi.

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Nellie Melba s’illustre particulièrement dans le répertoire italien (Verdi, Puccini) ou français (Saint-Saëns, Gounod, Thomas) avec une incursion chez Wagner.

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En 1888, elle fait ses débuts à Covent Garden où elle régnera sans partage et triomphera en Mimi dans la Bohème de Puccini ou Juliette dans le Roméo et Juliette de Gounod.

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En 1894, Nellie Melba chante Elsa dans Lohengrin de Wagner à Londres. C’est à l’occasion de cette série de représentations que le chef Auguste Escoffier crée en son honneur le dessert qui porte son nom, la pêche Melba (pêche et glace à la vanille nappées d’un coulis de framboise).

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En 1900, Nellie Melba est invitée à l’opéra de Vienne par son directeur musical, Gustav Mahler.

Au début du XXe siècle, elle est une des premières cantatrices à enregistrer sa voix.

En 1904, elle assure la création du poème lyrique Hélène, de Camille Saint-Saëns.

Elle donne son concert d’adieu en 1926 où elle interprète, notamment, « l’air du Saule » extrait d’Otello de Verdi.

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Nellie Melba meurt le 23 février 1931 à Sidney, à l’âge de 69 ans.

Ophélie d’Hamlet d’Ambroise Thomas

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Louise, de Charpentier.

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