Après les poèmes symphoniques de Liszt, je vous propose découter ensemble les poèmes en musique d’un autre grand maître de l’orchestre, Richard Strauss. La plupart de ses pièces ont été écrites dans la première partie de sa vie de compositeur, avant qu’il ne se lance dans le genre opéra.
Le premier est Macbeth (1888), d’après l’œuvre de Shakespeare.
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Viendra ensuite Don Juan (1888-1889).
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De la même époque date Mort et Transfiguration (Tod und Verklarung) (1888-1889).
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Vient ensuite Till l’espiègle (Till Eulenspiegel) (1894-1895).
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Le plus connu des poèmes symphoniques de strtauss est probablement Ainsi parlait Zarathoustra (1896) (Also sprach Zarathustra) dont le titre est emprunté à Nietzche. Il a servi à Stanley Kubrick pour la BOF de son 2001 Odyssée de l’espace.
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Don Quichotte (Don Quixotte) (1897) d’après Cervantes peut être considéré comme un concerto pour violoncelle eu égard à la place prépondérante donnée à cet instrument.
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Entre 1897 et 1898, Strauss écrit Une vie de héros (Ein Heldenleben).
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Enfin, au soir de sa vie, Strauss reviendra à la forme poème symphonique avec ses Métamorphoses (Metamorphosen) pour orchestre à cordes qui datent de 1945.
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Et pour en savoir plus sur le genre « poème symphonique« , cliquez dessus.
Jeanne-Louise Dumont naît le 31 mai 1804 à Paris, dans une famille d’artistes. Son père, et son frère, étaient sculpteurs.
Louise débute le piano avec sa marraine, avant de prendre des cours avec Moscheles et Hummel, soit à peu près ce qui se faisait de mieux comme professeurs de piano à son époque. Elle suit ensuite des cours d’harmonie auprès de Reicha, professeur au Conservatoire de Paris.
À 17 ans, Louise Dumont se marie avec le flûtiste, compositeur et éditeur de musique Aristide Farrenc, et continue ses cours auprès de Reicha avec l’étude du contrepoint, de la fugue et de l’instrumentation.
En 1826, ils ont une fille, Victorine.
En 1834, Louise Farrenc écrit deux Ouvertures. À la différence d’autres compositrices de son époque, Louise bénéficiera toujours du soutien de son mari (Louise Farrenc était l’exacte contemporaine de Louise Bertin ou Fanny Mendelssohn).
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En 1839, elle aborde la musique de chambre avec son quintette, qui sera suivi de nombreuses autres œuvres, dont un nonette, faisant d’elle un des pionniers de la musique de chambre française du XIXe siècle, et qui lui valent, en 1861 et en 1867 le prix Chartier de l’Académie des Beaux-Arts pour la musique de chambre.
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En 1842, Louise Farrenc est professeur(e) de piano pour la classe des jeunes filles du Conservatoire de Paris. Elle occupera ce poste jusqu’en 1872, allant jusqu’à obtenir l’égalité de son salaire avec celui des professeurs hommes. En 1843, elle accueille sa fille Victorine parmi ses élèves.
En 1845, ses Trente études dans tous les tons majeurs et mineurs sont adoptées officiellement pour l’étude du piano au conservatoire, devenant ainsi un ouvrage de référence !
Si elle n’a pas écrit d’ouvrage lyrique, elle a effectué des réductions ou des variations pour le piano de grands airs d’opéra.
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Louise Farrenc écrit également trois symphonies en 1841, 1845 et 1847, dont la dernière sera jouée par l’orchestre de la société des concerts du Conservatoire (l’ancêtre de l’Orchestre de Paris).
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Louise Farrenc meurt le 15 septembre 1875 à Paris, à l’âge de 71 ans.
Outre son activité de pianiste et d’enseignante, Louise Farrenc travaillera à une grande anthologie des œuvres pour clavier, le Trésor des pianistes, publié entre 1861 et 1872.
Le « Gloria » est un chant religieux consacré, comme son nom l’indique à la gloire de Dieu. Il est naturellement intégré à la messe, sauf à celles de Requiem, mais certains compositeurs ont écrit des Glorias indépendants d’une messe.
Les paroles latines commencent par Gloria in excelsis Deo (Gloire à Dieu au plus haut des cieux). De nombreux compositeurs ont écrit des Gloria, en les incorporant ou non à des messes. Parmi eux :
Parmi les « tubes » de la musique dite classique, il en est un qui a particulièrement inspiré les réclamiers, le début de la 5e symphonie de Beethoven. Avant de voir ce qu’ils osent en faire, écoutons ce début :
Cliquez sur le fameux Pom Pom Pom Poooom
Ainsi ce fameux début a servi pour la Nissan Juke hybrid :
Le « poème mis en musique » de ce mois est un poème de Louise Labé, dite « la Belle Cordière », née avant 1524 et morte en 1566.
(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Ô beaux yeux bruns, ô regards destournez,
Ô chaus soupirs, ô larmes espandues,
Cliquez sur la larme furtive de Roberto
Ô noires nuits vainement atendues,
Ô jours luisans vainement retournez :
Cliquez sur le jour luisant cédant la place à la noire nuit
Fitzcarraldo est un film de Werner Herzog datant de 1982, qui raconte les aventures extraordinaires d’un homme passionné d’opéra, qui a le rêve fou d’en construire un en pleine jungle péruvienne et d’y faire venir ses héros, Caruso et Sarah Bernhard, pour monter un opéra de Verdi.
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L’action débute à l’opéra de Manaus, lors d’une soirée de gala où Caruso et Sarah Bernhard (jouée par Jean-Clause Dreyfus) chantent Ernani de Verdi. Sweeny Fitzgerald (dit Fitzcarraldo), joué par Klaus Kinsky, et son amie Molly, jouée par Claudia Cardinale, ont fait 2000 km dans la jungle pour y assister, et arrivent pour le trio final.
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Sweeny rêve de construire à Iquitos le plus grand Opéra de la forêt vierge, et d’inviter Caruso à son inauguration.
Rentré chez lui, il écoute sur son gramophone l’air « Vesti la giubba » de Paillasse de Leoncavallo chanté par son idole
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Aventurier sans le sou, il s’est ruiné dans un projet de chemin de fer transandin, il veut monter une entreprise de fabrication de glace pour les indigènes. Lors d’une fête donnée par Molly pour les plus riches hommes de la ville, il fait scandale avec son gramophone.
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Grâce à l’agent de Molly, Fitzcarraldo achète une concession d’hévéas pour refaire fortune. Seul problème, la zone en question est inaccessible par le fleuve. Ils achètent alors un vieux bateau qu’ils remettent en état, engagent un équipage et, après avoir baptisé le bateau « Molly Aïda », se mettent en route. Au lieu de descendre l’Amazone, ils remontent le fleuve, sur fond de Mort et Transfiguration de Richard Strauss.
Cliquez sur Tod und Verklärung
Alors qu’ils remontent un affluent de l’Amazone, on entend les tam-tams des farouches Jivaros qui les guettent (en fait, il s’agit de tambours du Burundi). Fitzcarraldo fait alors monter son phonographe sur le pont, et joue l’air de Desgrieux de Manon de Massenet, « en fermant les yeux », ce qui fait taire les tambours.
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Après l’abandon d’une partie de l’équipage, ils continuent la remontée du fleuve, gramophone à la proue pour amadouer les Jivaros avec le quatuor de Rigoletto de Verdi.
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Fitzcarraldo et son équipage font alliance avec les Jivaros, qui voient en l’homme blanc l’incarnation d’une de leurs légendes. Ils se servent alors de leur aide pour faire gravir au bateau une montagne, pour redescendre de l’autre côté sur un autre fleuve, en évitant ainsi les rapides infranchissables qui l’empêchaient de passer (sur un air de la Bohème de Puccini).
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Les Indiens détachent les amarres du bateau, le précipitant dans les redoutables rapides. Le bateau réussit à les traverser mais Fitzcarraldo revient à son point de départ. Il revend son bateau et avec l’argent, fait venir une troupe d’opéras européenne de passage à Manaus, pour une dernière navigation concert sur le fleuve. Il peut alors assister à une représentation des Puritains (I Puritani) de Bellini sur son Opéra flottant, transfigurant ainsi son rêve en réalité et l’Amazone en « plus grand Opéra au monde ».
Fruit d’une commande de l’Opéra de Paris en 1975, Saint-François d’Assise sera créé avec succès le 28 novembre 1983. Malgré un premier accueil critique assez froid, cet opéra de MESSIAEN n’a pas tardé à triompher sur les plus grandes scènes mondiales. L’ornithologue qu’était Messiaen a introduit une multitude de chants d’oiseaux dans son œuvre, chaque personnage étant accompagné par un oiseau-fétiche.
Acte I : « La Croix ». Saint-François d’Assise explique à Frère Léon qu’il faut supporter patiemment, pour l’amour du Christ, toutes les contradictions, toutes les souffrances, et que c’est cela qui est la « Joie parfaite ».
« Les Laudes ». Après la récitation de l’office du matin par les Frères, Saint-François, resté seul, demande à Dieu de rencontrer un lépreux et d’être capable de l’aimer.
« Le baiser au lépreux ». Une léproserie. Un lépreux, horrible et repoussant, couvert de taches de sang et de pustules, proteste contre son mal avec violence. Saint-François, entre, s’assied au pied du lépreux, lui parle avec douceur. Un ange apparaît derrière une fenêtre et dit : « Lépreux, ton cœur t’accuse, mais Dieu est plus grand que ton cœur ». Troublé par la voix de l’ange et par la bonté de Saint-François, le lépreux a des remords de sa violence. Saint-François embrasse le lépreux. Miracle ! le lépreux est guéri. Danse de joie du lépreux. Plus importante que la guérison du lépreux est l’augmentation de la grâce dans l’âme de Saint-François et son exultation de s’être vaincu lui-même.
Acte II : « L’Ange voyageur ». Un chemin en forêt, au mont de la Verna. L’Ange apparaît sur le chemin. Son magnifique costume et ses ailes quinticolores sont vus seulement par les spectateurs. Les autres personnages le prennent pour un voyageur. L’Ange frappe à la porte du couvent et cela fait un bruit terrible qui symbolise l’irruption de la grâce. Frère Massée ouvre la porte. L’Ange pose à Frère Élie, vicaire de l’ordre, une question sur la prédestination. Frère Élie refuse de répondre et met l’Ange dehors. L’Ange refrappe à la porte et repose sa question sur la prédestination à Frère Bernard qui répond avec beaucoup de sagesse. L’Ange étant parti, Frère Bernard et Frère Massée se regardent et disent : « C’était peut-être un ange… ».
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« L’Ange musicien ». L’Ange apparaît à Saint-François, et pour lui donner un avant-goût de la béatitude céleste, lui joue un solo de viole. Ce solo est tellement suave que Saint-François s’évanouit.
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« Le prêche aux oiseaux ». Nous sommes à Assise, aux Carceri. On voit un grand chêne vert. C’est le printemps et beaucoup d’oiseaux chantent. Saint-François, suivi de Frère Massée, fait un sermon aux oiseaux et les bénit solennellement. Les oiseaux répondent par un grand concert où l’on entend non seulement les oiseaux de l’Ombrie, et spécialement la Capinera (Fauvette à tête noire), oiseau type des Carceri, mais aussi des oiseaux d’autres pays, des Îles lointaines, et notamment de l’ile des Pins, près de la Nouvelle-Calédonie.
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Acte III : « Les stigmates ». À la Verna. La nuit. Une caverne sous un surplomb. Saint-François est seul. Une grande Croix apparaît. On entend presque constamment la voix du Christ qui est symbolisée par le chœur. Cinq rayons lumineux partent de la Croix et viennent frapper successivement les deux mains, les deux pieds et le côté droit de Saint-François, avec le même bruit terrible qui accompagnait l’Ange frappant à la porte. Ces cinq plaies, qui reproduisent les cinq plaies du Christ, sont le sceau, l’approbation divine de la sainteté de Saint-François.
« La mort et la nouvelle vie ». Saint-François, mourant, est étendu sur le sol. Tous les Frères l’entourent. Il dit adieu à tout ce qu’il a aimé, et chante la dernière strophe de son cantique des créatures, la strophe de « Notre sœur la mort corporelle ». Les Frères chantent le Psaume 141. L’Ange et le lépreux apparaissent à Saint-François pour le réconforter. Saint-François prononce ses dernières paroles : « Seigneur ! Musique et poésie m’ont conduit vers Toi par défaut de Vérité, éblouis-moi pour toujours de ton excès de Vérité… » il meurt. Les cloches sonnent. Tout disparaît. Pendant que le chœur chante la Résurrection, une tache de lumière illumine l’endroit où se trouvait auparavant le corps de Saint-François. La lumière grandit jusqu’à devenir aveuglante et insoutenable. Le rideau tombe.
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(Source principale : la présentation par Olivier Messiaen lui-même dans le programme de la création à l’Opéra de Paris, en 1983).
Vous connaissez probablement les Nuits d’été de Berlioz, un ensemble de six mélodies écrites sur des poèmes de Théophile Gautier, initialement pour mezzo ou ténor, avec accompagnement au piano. Elles étaient dédicacées à Louise Bertin. Berlioz en réalisera une orchestration quelques années plus tard. Mais connaissez-vous les versions alternatives écrites par d’autres compositeurs ou compositrices? Tendez l’oreille, ça vaut la peine.
1 – Villanelle (Quand viendra la saison nouvelle). Outre par Berlioz, ce poème a été mis en musique par Duprato, Gédalge, Reber et Lavigne.
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2 – Le Spectre de la Rose (Soulève ta paupière close).
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Ce poème a été mis en musique par Radoux et Pessard.
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3 – Sur les lagunes (Ma belle amie est morte), encore appelé la Chanson du Pêcheur.
Une tisseuse célèbre est Pénélope, la femme d’Ulysse qui, ayant promis à ses prétendants de se remarier quand elle aurait fini de tisser sa toile, défaisait toutes les nuits l’ouvrage qu’elle avait tissé le jour. Son histoire nous est racontée par Homère dans l’Odyssée. Elle a été mise en musique par Monteverdi dans son Retour d’Ulysse dans sa patrie et par Fauré dans Pénélope.
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Restons dans la mythologie avec Arachné, telle que son histoire nous est racontée par Ovide. Dans le livre VI de ses Métamorphoses, Ovide nous raconte les aventures d’Arachné, cette tisseuse si prodigieuse qu’elle prétendait être meilleure tisseuse que la déesse Athéna elle-même. À l’issue d’un concours organisé entre elles, Arachné remporta la palme. Furieuse Athéna se précipita sur elle et la chassa. Arachné réfugiée dans sa chambre se pendit. Quand elle la vit ainsi suspendue à la corde, Athéna eut enfin pitié et lui rendit la vie, mais en la transformant en araignée condamnée à tisser toute sa vie.
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Retrouvons l’araignée avec le Festin de l’araignée, d’Albert Roussel.
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Dans le Conte du Tsar Saltan, de Rimsky-Korsakov, l’une des deux sœurs de l’héroïne est tisseuse et elle rêve de tisser de beaux habits pour le tsar (et pouvoir ainsi se marier avec lui.)
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Plus près de nous, les tisserands ont occupé une grande place dans la société. Ils ont été mis en musique par Daniel-Lesur, ou encore par Poulenc.
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