littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

OH SI CHÈRE DE LOIN, ET PROCHE, ET BLANCHE…

Après Brise marine, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer Brise marine.

Oh si chère de loin et proche, et blanche, si

Délicieusement toi, Mary, que je songe

Debussy Pelléas mes longs cheveux descendent Mary GardenCliquez sur Mary (Garden)

À quelque baume rare, émané par mensonge,

Sur aucun bouquetier de cristal obscurci.

Wagner Parsifal le GraalCliquez sur l’image

Le sais-tu, oui, voici des ans, voici toujours

Que ton sourire éblouissant prolonge,

La même rose avec le bel été qui plonge,

Dans autrefois, et puis dans le futur aussi.

Berlioz Nuits d'été Spectre de la rose CrespinCliquez sur le spectre de la rose

Mon cœur qui dans la nuit parfois cherche à s’entendre,

Ou de quel dernier mot t’appeler le plus tendre,

S’exalte en celui rien que chuchoté de sœur,

Poulenc Dialogue des carmélites Ave MariaCliquez sur les sœurs

N’était, très grand trésor et tête si petite,

Wagner Parsifal prélude SoltiCliquez sur l’image

Que tu m’enseignes bien toute une autre douceur,

Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite.

Citations :

Blanche: Dialogue des Carmélites de POULENC (cf. Rien que chuchoté de soeur.)

Mary : Mary GARDEN qui a créé le rôle de Mélisande, de DEBUSSY. Debussy, ami de Mallarmé, fréquentait son salon et a mis en musique le Prélude à l’ami d’un faune.

Bouquetier de cristal obscurci : le Graal de Parsifal de WAGNER. Mallarmé faisait partie des premiers admirateurs français de Wagner. Dans Parsifal, le Graal, ce vase sacré, est assombri par le péché du roi Gurnemanz.

La même rose avec le bel été : « le Spectre de la rose » des Nuits d’été de BERLIOZ

Mon cœur qui dans la nuit : La nuit des amants

Rien que chuchoté de sœur : Dialogue des Carmélites de Poulenc. Là, je joue un peu avec les deux sens du mot sœur, entre la sœur biologique et la religieuse. Mais l’héroïne principale du dialogue des Carmélites s’appelle Blanche, terme que l’on trouve déjà au premier vers de ce très beau poème.

Très grand trésor et tête si petite : Parsifal à nouveau. Parsifal l’innocent, à la tête si petite, sera celui qui délivrera le Graal du mal (Cf. le bouquetier de cristal obscurci.)

Par le baiser seul dans tes cheveux : Pelléas et Mélisande à nouveau. La chevelure de Mélisande joue un rôle symbolique fort dans l’opéra de Debussy (Cf. Mary.)

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« BRISE MARINE », de MALLARMÉ

Après Le Vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer Brise marine.

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.

Berlioz damnation sans regretsCliquez sur Faust

Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur madame Butterfly

Lève l’ancre pour une exotique nature !

Duparc Baudelaire Invitation au voyageCliquez sur l’image

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages

Britten Peter Grimes scène finaleCliquez sur le chœur 

Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

Wagner Vaisseau fantôme choeur des marinsCliquez sur Wagner

Citations :

Et j’ai lu tous les livres : BERLIOZ, la Damnation de Faust, « Sans regrets, j’ai quitté… ». Arrivé au soir de son existence, Faust qui a consacré sa vie à étudier dans les livres se rend compte qu’il est passé à côté des choses de la vie.

Steamer balançant ta mature : PUCCINI, Madame Butterfly, « un bel di vedremo ». Madame Butterfly (Cio-cio-san), abandonnée par son mari, passe son temps sur la côte, à attendre qu’un vapeur le lui ramène.

Une exotique nature : DUPARC L’Invitation au voyage de BAUDELAIRE.

Les naufrages : À la fin de Peter Grimes, de BRITTEN, les villageois rassemblés font état du naufrage qui a eu lieu pendant la nuit, où le marin Peter Grimes a péri.

Chant des matelots : Wagner, le Vaisseau fantôme, « Chœur des matelots ».

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« LE VIERGE, LE VIVACE ET LE BEL AUJOURD’HUI », de MALLARMÉ

Après le coup d’essai de El Desdichado, je vous propose un autre poëme traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, donc, voici le Vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce LAC dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

rossini la dame du lac trioCliquez sur l’image

Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.

Wagner Lohengrin Mon cygne aimé (Georges Thill)Cliquez sur le chant du cygne

Cliquez sur le cygne

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le PLUMAGE est pris.

Flûte enchantée Papageno PapagenaCliquez sur Papageno

Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le CYGNE.

tchaikovski lac des cygnes finalCliquez sur le lac

Citations musicales : Pour ce poème racontant l’agonie d’un cygne pris dans les glaces hivernales du jardin des Tuileries à Paris, fait divers qui a inspiré plusieurs poètes, dont Théophile GAUTIER, j’ai choisi :

Le LAC : ROSSINI, la Dame du lac.

Un cygne d’autrefois : WAGNER, Lohengrin (Lohengrin, fils de Parsifal, arrive sur une barque tirée par un cygne, et à la fin de l’opéra, ce cygne se révèle être le frère de l’héroïne Elsa.)

Le plumage : MOZART, la Flûte enchantée. L’oiseleur Papageno est revêtu d’un vêtement de plumes d’oiseaux.

Le cygne : TCHAÏKOVSKI, le Lac des cygnes.

P.S. Au moment de publier ce billet, il me revient que ce sonnet fait partie de ceux choisis par Pierre BOULEZ pour son œuvre Pli selon pli.

boulez le vierge le vivaceCliquez sur l’image

3 - Liste des écrivains, Mallarmé, Shakespeare

ÉCRIVAINS

Après Mes opéras préférés et Compositeurs, méta-billets vous permettant d’accéder directement aux billets de ces catégories par simple clic sur les liens proposés, voici un troisième méta-billet qui vous permettra de retrouver les billets classés dans la catégorie Écrivains. Pour retrouver facilement ces méta-billets, j’ai créé les catégories « 1 – mes opéras préférés« , « 2 – compositeurs » et « 3 – écrivains » qui apparaissent au début de la liste des catégories.

image Homère

eschyle-par-adrian

sophocle

Euripide

dante-alighieri-par-adrian

L'Arioste

image Ronsard

Le Tasse

Cervantes par Adrian

Shakespeare par Adrian

corneille et corneille

La Fontaine

Molière par Adrian

Perrault Adrian Mercure 2021

image Quinault
Jean RACINE

image Fontenelle

Voltaire

image Métastase

image Goldoni

image-favart

JJ.ROUSSEAU

Beaumarchais par Adrian

image Da Ponte

Johann-Wolfgang-von-Goethe

Schiller

HOFFMANN

walter scott

lord-byron-par-adrian

Lamartine image

image Scribe
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Pouchkine

VH le pouet

image Alexandre Dumas

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Georges SAND

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image Piave

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Baudelaire

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flaubert

Ostrovski

image Tolstoï

mallarmé

image Verlaine

nietzche

image Pierre Loti

image Boïto

image Maeterlinck

thomas-mann-portrait

Rostand image

image Hofmannsthal

Guillaume Apollinaire

Cocteau

queneau

Jankékévitch portrait

jacobs un opéra de papier

Hergé

image Ionesco

Boris VIAN

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Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Stéphane MALLARMÉ ET LA MUSIQUE

Si les poëmes (sic) de Mallarmé n’ont pas inspiré directement d’opéra, le rôle du Prince des poètes (titre qui lui a été décerné après la mort de Verlaine, le précédent récipiendaire) dans le milieu des arts de son époque n’est pas négligeable, et trop souvent ignoré.

Stéphane Mallarmé naît à Paris le 18 mars 1842.

Dans le domaine musical, la mise en musique de ses vers la plus connue est le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894) par Claude Debussy (1862-1918), pièce qui sera rapidement adaptée pour la danse par les Ballets russes de DIAGHILEV.

debussy prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’image

Ravel (1875-1937) a comme Debussy déposé des mélodies sur les vers de Mallarmé (Trois poèmes de Mallarmé). Pierre Boulez (1925-2016) a lui écrit Pli selon pli, portrait de Mallarmé (1960) sur cinq poèmes de Mallarmé.

En tant que chef d’orchestre, les représentations wagnériennes de Boulez à Bayreuth sont entrées dans la légende, et à propos de Wagner (1813-1883), Mallarmé faisait partie du cercle de ses premiers admirateurs français. Il lui a rendu hommage dans son poëme Hommage (Le silence déjà funèbre d’une moire…).

À la fin de sa vie, Mallarmé recevait dans son salon peintres (Monet, Manet…), musiciens (Debussy, Saint-Saëns…), écrivains (Hugo, Verlaine, Rimbaud…). Auteur dès 1864 de fragments d’un drame biblique, Hérodiade, il reçoit en 1891 Oscar Wilde qui écrit sur le même sujet cette même année, et en français, sa pièce Salomé qui sera adaptée à l’opéra par le post-wagnérien Richard Strauss en 1905.

strauss salomé danse des 7 voilesCliquez sur Salomé

Mais ce n’est pas tout, grand admirateur d’Edgar Allan Poe, Mallarmé traduira de nombreux textes de cet auteur, dont le célèbre Corbeau (Une fois par un minuit lugubre), et écrira Le Tombeau d’Edgar Poe (Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change…). Or Debussy travaillera à la fin de sa vie à un opéra d’après La Chute de la maison Usher, de Poe, qu’il laissera inachevé à sa mort en 1918.

Et pour finir sur les liens tissés entre ces génies, comment ne pas penser à ce vers du Tombeau d’Edgar Poe : Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur à propos du personnage de Mélisande dans le Pelléas et Mélisande de Debussy.

Mallarmé meurt le 9 septembre 1898 à vavins, à l’âge de 56 ans.

Retrouvez ci-dessous des liens vers quelques poèmes mallarméens illustrés sur ce blog :

Apparition

Brise marine

Oh si chère de loin, et proche et blanche, si…

La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Don du poème

En envoyant un pot de fleurs

Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change

Remémoration d’amis belges

Le nuage (1859)

Quand l’ombre menaça de la fatale loi (1883)

Le Pitre châtié

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx

Sainte

Hommage

M’introduire dans ton histoire (1886)

Renouveau (1866)

Au seul souci de voyager (1898)

Le tombeau de Charles Baudelaire

Tombeau (de Verlaine) (1896)

Le Vierge, le vivace et le bel aujoud’hui

Compositeurs, Mallarmé, Mythologie

Richard WAGNER (1813 – 1883)

Wagner par Adrian

le dieu richard

Ainsi se termine le poëme écrit par MALLARMÉ en hommage à Richard WAGNER dont il était un des premiers admirateurs français.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Wagner, donc, est né à Leipzig le 22 mai 1813 (la même année que VERDI). Très jeune, il est attiré par le théâtre. En 1821, il assiste au Freischütz de WEBER, ce qui déterminera sa vocation musicale. Il entreprend des études littéraires et à quatorze ans, il écrit un drame « shakespearien » (il fait mourir tous les personnages à la fin). Il compose une ouverture musicale pour son drame.

Après quelques œuvres de jeunesse, il entame son troisième opéra Rienzi, alors qu’il est directeur musical du théâtre de Riga. Il a l’ambition de monter Rienzi à Paris et s’embarque pour Paris via Londres, mais la traversée est terrible. Une tempête oblige le bateau à s’arrêter dans une crique, et le chant des matelots inspire à Wagner une nouvelle idée d’opéra. Ce sera le Vaisseau fantôme (Der fliegende Holländer). Wagner en écrit lui-même le livret d’après une nouvelle d’Heinrich HEINE. Terminé en 1842, c’est le premier de ses opéras à être resté au répertoire.

wagner vaisseau fantome ouvertureCliquez sur l’image

Suivront Tannhäuser (1845) et Lohengrin (1850), tous deux écrits d’après des légendes médiévales.

wagner tannhauser ouvertureCliquez sur l’image

En 1848, après avoir fait le coup de poing sur les barricades de Dresde avec son ami BAKOUNINE, il doit fuir et part à Weimar où il rencontre LISZT puis se rend à Zürich. Là, il rencontre un riche industriel, Otto WESENDONCK et surtout sa jeune femme, Mathilde, de qui il tombe amoureux. Il écrira les Wesendonck Lieder sur des poèmes de Mathilde. Il travaille sur le livret d’un opéra: La mort du jeune Siegfried, (qui deviendra Le Crépuscule des dieux) mais il se rend compte qu’il doit raconter ce qui s’est passé avant, il entreprend donc le livret de Siegfried, puis remontant toujours le temps, la Walkyrie. Il compose alors un prologue à sa trilogie: L’Or du Rhin (Rheingold). La composition des livrets est terminée en 1852 et il peut commencer la mise en musique.

Il s’interrompt deux fois pendant l’écriture de sa trilogie avec prologue (plus familièrement appelée tétralogie). Une première fois pour écrire Tristan und Isolde, sous le coup de sa découverte de SCHOPENHAUER et de son amour impossible pour Mathilde, une deuxième fois pour écrire sa seule comédie: Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867).

Wagner Tristan préludeCliquez sur l’image

En 1859, il retourne à Paris où Napoléon III donne l’ordre que l’on monte Tannhaüser. Mais l’époque était au Grand Opéra à la française (le GOf), et Wagner se voit contraint de rajouter une scène de ballet. Il insère alors la scène du Vénusberg dès le début de premier acte, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que les membres du Jockey Club, qui avaient leurs petites amies dans le corps du ballet, soupaient avant d’aller au spectacle voir leurs amies danser. Furieux du traitement de Wagner, ils organisent alors une cabale et Tannhaüser est vite retiré de l’affiche.

Aimant le luxe et les femmes, Wagner était toujours à cours d’argent. L’arrivée en 1864 sur le trône de Bavière du roi Louis II le favorisera. En effet, Louis II, grand admirateur de son œuvre lui donnera les moyens de composer sa musique sans souci d’ordre matériel.

Entre temps, il avait retrouvé Cosima, la fille de LISZT à l’époque mariée à Hans von BÜLOW, un chef d’orchestre qui a beaucoup œuvré pour faire connaître sa musique. En 1865, c’est la naissance d’Isolde, le premier enfant qu’ils auront avec Cosima. Ils se marieront en 1870.

En 1876, il ouvre à Bayreuth un théâtre qu’il a fait construire pour la représentation de son Œuvre. Depuis, cette date, et à de très rares exceptions près (la guerre 39 – 45), on n’y joue que l’œuvre du Maître au cours d’un festival qui se tient en juillet – août.

Son dernier opéra est un drame mystique, Parsifal (1882) reprenant des thèmes de la légende du Graal. Wagner meurt à Venise le 13 février 1883.

wagner parsifal prélude rattle

Retrouvez ici les arguments des principaux opéras de Wagner :

Le Vaisseau fantôme.

Tannhäuser.

Lohengrin.

L’Or du Rhin (Rheingold).

La Walkyrie.

Siegfried.

Tristan & Isolde.

Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867)

Le Crépuscule des dieux.

Parsifal.

Fantaisie, littérature, Mallarmé, Poésie

LA THÉORIE DES CYGNONS FAIBLES

En découvrant en bord de Seine trois cygnons tout juste sortis de l’œuf suivre en file (en théorie) leurs parents, je me suis interrogé sur la représentation des cygnes à l’opéra.

J’ai immédiatement pensé à Lohengrin, le chevalier mystérieux qui donne son nom à un opéra de Wagner, et qui arrive dans une nacelle tirée par un cygne. On apprend à la fin de l’œuvre que Lohengrin est le fils de Parsifal. Or dans Parsifal, autre opéra de Wagner, le héros tue au premier acte un cygne, animal pur et sacré, ce qui l’exclut de la découverte du mystère du Graal. (Je reviendrai bien sûr dans d’autres billets sur Lohengrin et Parsifal.)

Lohengrin adieuxCliquez sur le disque

Le cygne de Pesaro est le surnom que l’on donnait à Rossini, compositeur originaire de Pesaro. Ce surnom est dû au chant du cygne, dont on dit qu’au moment de mourir, le cygne produit un chant particulièrement beau et touchant.

Autre compositeur, Schubert, dont les opéras ne sont pas restés au répertoire (la faiblesse de ses livrets les rend difficiles à monter). Le chant du cygne (Schwanengesang) est le titre d’un recueil de lieder que son éditeur a publié à titre posthume.

Schubert StändchenCliquez sur l’image

Légèrement en marge de l’opéra, le Lac des cygnes est un des ballets les plus populaires de Tchaïkovski. Quand Nadejda von Meck, la riche mécène qui a « subventionné » Tchaïkovski pendant des années l’abandonnera, elle se tournera vers un jeune compositeur français, un certain Claude Debussy, et lui commandera justement une transcription pour piano du Lac des cygnes.

le lac des cygnesCliquez sur l’image

De Debussy à Mallarmé, il n’y a qu’un pas, ce qui me permet d’arriver au sonnet Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, que Mallarmé a écrit, comme d’autres écrivains de son époque, sur le sort d’un cygne qui s’était trouvé pris dans les glaces à Paris pendant un hiver particulièrement rude. Ce poème fait partie de ceux mis en musique par Pierre Boulez dans Pli selon pli, hommage à Mallarmé.

Et je ne peux pas consacrer un billet aux cygnes sans parler du Carnaval des animaux de Saint-Saëns, et de sa très belle page pour violoncelle appelée Le Cygne.

le cygne saint-saënsCliquez sur l’image

En 1895, dans son épopée Lemminkäinen tirée du Kalevala nordique, Sibelius nous a offert ce très beau Cygne de Tuonela.

Sibelius le Cygne de TuonelaCliquez sur le cygne

Dans le Conte  du tsar Saltan (1905), de Rimski-Korsakov, le jeune héros Gvidon tue un vautour qui pourchassait un cygne. Il s’avère que ce cygne était une princesse, et à la fin de l’opéra, Gvidon et la princesses se marient !

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan Ty, tsarevitch, moy spasitelCliquez sur le cygne (qui est en fait une princesse)

Mais revenons à nos grosses boules de duvet. Comme on le sait depuis Andersen, un jeune cygne évoque plus un vilain petit canard que l’animal majestueux qu’il est en devenir. Et ce passage par Andersen me permet d’évoquer La petite sirène, qui inspirera (avec Ondine) le livret de Rusalka, de Dvorak.

Et récemment, j’ai déocuvert cette très belle mélodie, les Cygnes, de la compositrice Rita Strohl.

Strohl les CygnesCliquez sur l’image