Cinéma, Compositeurs, Shakespeare

Henry PURCELL (1659 – 1695)

Henry PURCELL est né à Londres le 10 septembre 1659. Son père appartient à la Chapelle Royale. Le jeune Henry entre comme enfant de chœur à la Chapelle Royale, où il commence son éducation musicale.

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Purcell entre ensuite à l’école de l’abbaye de Westminster. Il poursuit ses études musicales avec John Blow et compose diverses musiques de scène, dont une ouverture pour le Timon d’Athènes, de Shakespeare (1678).

En 1679, il prend le poste d’organiste de l’abbaye de Westminster, tenu jusqu’ici par son maître John Blow, poste qu’il gardera jusqu’à sa mort. Il se consacre alors à l’écriture de cantates et de musique de chambre.

Il se marie en 1681. L’année suivante il devient organiste de la Chapelle Royale. Il ajoute à sa palette musicale la composition de musiques pour la famille du roi.

En 1686, soucieux de créer un théâtre musical dégagé de l’influence italienne qui régnait alors, il compose, dans l’ancien style des masques élisabéthains, Didon et Énée (1689) et King Arthur (1691), sur des livrets de John Dryden,

 Purcell King Arthur How happy the loversCliquez sur l’image

ainsi que The Fairy Queen (1692), une adaptation du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare.

Il écrit de nombreux airs,

Purcell O solitude DellerCliquez sur la partition

ainsi que de la musique solennelle, Ode à Sainte Cécile (1692), Musique pour les funérailles de la reine Marie (1694).

Purcell Musique pour les funérailles de la reine MaryCliquez sur l’image

(Les cinéphiles reconnaîtront un thème de la bande originale du film Orange mécanique [a Clockwork orange] de Stanley Kubrick).

Il meurt le 21 novembre 1695 en laissant inachevé The Indian Queen, et sera le dernier grand compositeur anglais avant une relève qui mettra deux siècles à venir, avec Britten.

Le masque élisabéthain : Cette forme est héritée des représentations que la noblesse donnait en l’honneur du roi ou de la reine, et qui mélangeaient théâtre et musique. Elle s’est ensuite popularisée.

Compositeurs, Compositrices, littérature, Poésie

Francis POULENC (1899 – 1963)

Francis POULENC est né en 1899 dans une riche famille d’industriels du Rhône (eh oui, il était du Rhône, Poulenc), sa mère lui apprend le piano alors qu’il est âgé de cinq ans. Très rapidement, il a l’occasion de rencontrer des artistes comme SATIE, RAVEL ou DEBUSSY.

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En 1917, sa Rhapsodie nègre attire l’attention de STRAVINSKY.

Outre les musiciens déjà cités, Poulenc fréquente également l’avant-garde littéraire : APOLLINAIRE, Max JACOB, ÉLUARD et COCTEAU.

En 1918, il met en musique Le Bestiaire ou le cortège d’Orphée sur des textes d’Apollinaire. C’est de cette époque que date la création du groupe des six (Poulenc, Georges AURIC, Arthur HONEGGER, Darius MILHAUD, Louis DUREY et Germaine TAILLEFERRE). En 1921, il collabore ainsi aux Mariés de la tour Eiffel, une œuvre commune à ce groupe.

Poulenc mariés tour EiffelCliquez sur l’image

Élève de KOECHLIN (lui-même élève de FAURÉ), il compose en 1923 une pièce pour les Ballets russes de DIAGHILEV, avec décors et costumes de Marie LAURENCIN : Les Biches.

les biches poulencCliquez sur les biches

En 1926, il rencontre le baryton Pierre BERNAC qui, devenu son compagnon, créera 90 de ses 145 mélodies.

Poulenc Banalités SanglotsCliquez sur l’image

En 1928, il écrit le Concert Champêtre, pour clavecin et orchestre, dédié à la claveciniste Maria LANDOWSKA.

Suite à un pèlerinage à Rocamadour, il se rapproche de la religion catholique, et dès lors alternera musique sacrée et musique profane. Pour cela, on lui a collé le qualificatif de « Moine et Voyou ». En 1936, il compose les Litanies à la Vierge noire, qui seront suivies des Quatre motets pour un temps de pénitence.

En 1945, il compose Les Mamelles de Tirésias, d’après le drame surréaliste d’Apollinaire. Cette comédie lyrique est créée en 1947 à l’Opéra-Comique avec Denise DUVAL.

Poulenc mamelles de tirésiasCliquez sur l’image

Il compose alors des mélodies, des chœurs profanes (huit chansons françaises), des pièces religieuses (Stabat Mater, Salve Regina).

Poulenc Adieu tristesseCliquez sur la partition

En 1953, il aborde Dialogues des Carmélites, de BERNANOS. Il achève cette œuvre en 1955. Le Dialogue des Carmélites est créé à Milan en 1957, avant que d’être donné à l’Opéra de Paris (avec Régine Crespin et Denise Duval).

Poulenc Dialogue des Carmélites scène finaleCliquez sur l’image

En 1958, il compose un monologue lyrique, La voix humaine, sur un texte de Cocteau datant de 1930.

Poulenc La Voix humaineCliquez sur « Elle »

Enfin, en 1961, on crée son Gloria.

Poulenc Gloria 1er mouvementCliquez sur l’image

Il meurt en 1963, et sa sonate pour piano et clarinette sera créée par Benny Goodman et Léonard Bernstein.

Retrouvez ici un éclairage particulier sur le Poulenc mystique.

Compositeurs, Maria Callas, Publicité

Vincenzo BELLINI (1801 – 1835)

Vincenzo BELLINI est né à Catane, en Sicile, le 3 novembre 1801. Son père et son grand-père, organistes, lui donnent ses premières leçons de musique.


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Vincenzo suit ses études au Conservatoire de Naples et commence sa carrière en écrivant de la musique religieuse, mais aussi une dizaine de symphonies aujourd’hui bien oubliées.

C’est dans le domaine de l’opéra qu’il se distingue avec, en 1826, la création de son opéra Bianca e Fernando, une comm2nde du Théâtre San Carlo de Naples. Devant le succès rencontré, on lui commande Il Pirata (1837) pour le théâtre de la Scala de Milan.

Bellini Il Pirata scène de folie (Callas)Cliquez sur l’image

En 1830, il écrit I Capuletti e i Montecchi, soit son Roméo et Juliette.

En 1831, il écrit pour deux théâtres rivaux de Milan La Somnambule

Bellini La Somnambule Ah non giunge DessayCliquez sur l’image

et Norma qui, après un début difficile, lui valent un large succès européen.

Bellini Norma Casta Diva (Gaultier)Cliquez sur la pub

Et puis comme ce blog, ce n’est pas que de la rigolade, retrouvez ici une autre version de l’air « Casta Diva » qui permet de saisir ce qu’est un vibrato réussi !

Bellini Norma Casta Diva FlemingCliquez sur l’image

Après l’échec de Beatrice di Tenda en 1833, il répond à l’appel de ROSSINI et vient en France pour composer un ouvrage pour le Théâtre-Italien de Paris. Il s’installe alors à Puteaux, où il écrit Les Puritains, qui connaît un véritable triomphe.

Bellini les Puritains NetrebkoCliquez sur l’image

Bellini meurt à Puteaux quelques jours après la création de cette œuvre le 23 septembre 1835. Il avait trente-quatre ans.

Son génie spontané pour la mélodie a fait de lui le représentant le plus parfait du bel canto (littéralement beau chant).

À sa mort, son rival pour la scène et ami dans la vie DONIZETTI, a écrit un Requiem à sa mémoire.

Compositeurs

Antonio VIVALDI (1678 – 1741)

Antonio VIVALDI est né à Venise le 4 mars 1678.

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Son père était barbier et violoniste, et en tant que violoniste, on le voit engagé à la basilique Saint-Marc. Antonio apprend le violon auprès de son père, et il se révèle aussi précoce que doué. Nommé musicien surnuméraire à la Chapelle ducale, il est ordonné prêtre en 1703. La même année, il est choisi comme maître de violon à l’Hospice de la Piété, un des quatre hospices pour les nécessiteux subventionnés par la république de Venise. C’est là qu’il écrit son fameux Gloria, sans doute la plus connue de ses pièces sacrées.

Vivaldi GloriaCliquez sur l’image

En 1705 il fait imprimer son opus I, un recueil de sonates de chambre, et en 1709 il dédie son opus II à Frédéric IV de Danemark, alors en séjour à Venise. Son opus III, l’Estro Armonico est imprimé en 1711, et marque la transition entre le concerto grosso traditionnel (1) et le concerto pour instrument de soliste moderne. L’Estro Harmonico parvient à J.S.BACH qui, d’enthousiasme, entreprend d’en transcrire plusieurs concertos pour le clavier. En 1712, c’est la création d’un de ses plus grands chefs-d’œuvre religieux, le Stabat Mater.

Vivaldi Stabat MaterCliquez sur l’image

C’est en 1713 que Vivaldi aborde l’opéra, genre très prisé (on estime à plus de 400 le nombre d’œuvres données à Venise entre 1700 et 1743). Son premier opéra est Ottone in villa (1713), et par la suit, Vivaldi en écrit un ou plusieurs par an jusqu’en 1739. Il faut préciser qu’il recyclait beaucoup ses airs d’un opéra à l’autre, pratiquant ce qu’on appelait le pastiche, c’est-à-dire qu’il plaçait des paroles nouvelles sur des airs déjà existants (son contemporain Georg Friedrich HAENDEL (1685 – 1759) faisait la même chose à Londres).

Sur ses 47 opéras répertoriés (2), moins de vingt ont été conservés, d’autant qu’à l’époque la musique n’était pas imprimée. En plus de son activité de compositeur et de chef d’orchestre, il assure la fonction d’impresario du Teatro Sant’Angelo, c’est-à-dire qu’il s’occupait de l’administration, de la composition des programmes, du recrutement des chanteurs et des instrumentistes, etc. (Son contemporain Haendel faisait la même chose à Londres, à la Royal Academy of Music.)

En 1714, il fait éditer son opus IV, La Stravaganza, qui fixe la forme du concerto soliste en 3 mouvements (vif – lent – vif). En 1716, c’est la création d’un nouveau chef d’œuvre, l’oratorio Juditha Triumphans. 1714 est l’année de Orlando finto pazzo d’après le poème Orlando innamorata.

Vivaldi Orlando finto pazzoCliquez sur l’image

À partir de 1718, année de Armida al campo d’Egitto, d’après la Jérusalem délivrée du Tasse, Vivaldi entame des voyages : Mantoue en 1718, Rome en 1722 et en 1723. En 1724 ou 1725, il fait paraître son opus VIII, dont les quatre premiers concertos composent les célébrissimes Quatre Saisons.

Et la production d’opéras continue, quatre en 1726, quatre en 1727 (dont Orlando Furioso), deux en 1728 et ainsi de suite…

Vivaldi Orlando furioso nel profundoCliquez sur l’image

En 1735, c’est Bajazet (Il Tamerlano).

Vivaldi BajazetCliquez sur l’image

En 1741, il liquide ses affaires et part à Vienne, où il meurt le 28 juillet de cette même année, déjà oublié de tous.

[1] À l’époque baroque, le concerto faisait dialoguer deux groupes d’instrumentistes : un petit groupe et l’orchestre.

[2] En plus de ces 47 opéras, on considère qu’avec les reprises et les pastiches, sa production peut monter à 70 œuvres pour le théâtre.

Rappel : dans le jeu Pokémon, un des petits monstres de poche s’appelle le Vivaldaim, et il peut prendre quatre formes différentes, chacune d’elle dépendant de la saison où on le rencontre.

Ercole sul Termondonte (1723)

Écrivains, Bande dessinée, Compositrices, littérature, Maria Callas, Oulipo

CANTATRIX SOPRANICA L. (Georges PEREC – 4)

Cantatrix Sopranica L. est le titre d’une étude scientifique de Georges PEREC sur, je cite, la « démonstration expérimentale d’une organisation tomatotopique chez la Cantatrice ».

Dans cette parodie, à lire absolument, d’une publication scientifique, l’auteur nous livre le mode opératoire des expériences visant à mesurer l’effet du lancer de tomates (ou d’autres objets) sur les hurlements des cantatrices.

Il faut savoir que pour gagner sa vie, Perec a occupé un poste de documentaliste de 1961 à 1978 dans différents hôpitaux parisiens, puis au CNRS. La prose si spéciale des publications scientifiques ne lui était donc pas du tout étrangère.

En effet, partant de l’observation suivante : « The more you throw tomatoes on Sopranoes, the more they yell », l’auteur se propose de mesurer scientifiquement cet effet.

Pour cela, il a expérimenté sur 107 sopranos femelles fournies par le Conservatoire National de Musique, pesant entre 94 et 124 kg, la réception de tomates lancées par un « automatic tomatothrower » à la cadence de 9 projections par seconde, ce qui est censé refléter les conditions rencontrées par les sopranos et autres chanteurs sur scène.

Il faut lire toute la bibliographie associée à cette étude, biblio truffée de jeux de mots. On peut ainsi y relever, écrites dans un européen vernaculaire :

  • Chou, O.& Lai, A. Musicali efftti del tomatino jettatura durante il reprezentazione dell’opere di Verdi.
  • Donen, S. & Kelly, G. Singing in the brain.

Singing in the rainCliquez sur le film de Stanley DONEN

  • Marks, C.N.R.S. & Spencer, D.G.R.S.T. About the frightening reactions that accompanied first performances of Il Trovatore at the Metropolitan.

Verdi Trovatore Di quella piraCliquez sur l’image

  • Pompeiano, O. Vesuviana, A. Strombolino, H. & Lipari, G. Volcaniche effetti della formazione reticolare nella funiculi funicula.

Funiculi funiculaCliquez sur les deux ténors

  • Tebaldi, R. La Callas revisited.

Callas vs TebaldiCliquez sur la Callas et la Tebaldi

En 2005, la compositrice Unsuk CHIN a créé sa propre vision de Cantatrix Sopranica.

Unsuk Chin Cantatrix SopranicaCliquez sur l’image

Pour les amateurs de bande dessinée, et plus particulièrement de GOTLIB, vous trouverez dans le même recueil, un article intitulé « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

Là aussi, un texte rigoureusement indispensable pour tout amateur de Gotlib.

Enfin, dans une autre étude intitulée De la Beauce à Notre Dame de Chartres, l’auteur nous révèle toutes les approches que l’on peut avoir de la cathédrale de Chartres, paléogothique, archéozélandaise, non euclidienne… subaquatique… (cf. DEBUSSY), nous annonçant ainsi La cathédrale engloutie de Debussy.

Debussy Cathédrale engloutieCliquez sur l’image

Source : Georges PEREC, Cantatrix Sopranica L. et autres écrits scientifiques, éditions du Seuil, 1991.

Et pour retrouver d’autres articles sur Georges PEREC :

La Disparition

La Vie mode d’emploi

Je me souviens.

Compositeurs

Anton DVORAK (1841 – 1904)

En France, quand on parle de DVORAK, on pense au compositeur de la Symphonie du Nouveau Monde ou au compositeur de musique de chambre, mais pas au compositeur d’opéras. Et pourtant…

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Antonin DVORAK est né le 8 septembre 1841 à Nelahozeves, en Bohème.

Après des études musicales, il entre comme premier alto dans l’orchestre du Théâtre National de Prague (qui deviendra l’opéra de Prague), alors dirigé par SMETANA, le père de la musique tchèque. Cette expérience lui donne l’occasion de participer aux créations de son aîné, notamment celle de La Fiancée vendue.

Il écrit son premier opéra, Alfred, en 1870.

Dvorak AlfredCliquez sur la répétition

Il quitte l’orchestre en 1871 pour se consacrer à sa propre musique. En 1876, peu après la mort d’une de ses filles, il écrit son Stabat Mater, qu’il complète en 1877 après le décès de ses deux autres enfants.

Il rencontre BRAHMS, avec qui il se lie d’amitié, et écrit notamment ses Danses slaves (1878) sur le modèle des Danses hongroises de Brahms. C’est avec ces danses qu’il rencontre un très grand succès, en particulier en Angleterre.

Dvorak Danse slave 1Cliquez sur la danse

On lui propose la direction du Conservatoire de New York. Il y sera directeur et professeur de composition de 1892 à 1895. Il intègre les rythmes américains dans sa neuvième Symphonie dite du Nouveau Monde, ou dans le Quatuor américain.

Dvorak Nouveau mondeCliquez sur l’image

À son retour, il prend la direction du conservatoire de Prague.

Son œuvre comporte des symphonies, de la musique concertante (Concertos pour piano, pour violon, pour violoncelle), de la musique de chambre, des oratorios (Requiem, Stabat Mater) ainsi que des opéras dont un, Dimitri (vers 1881) qui reprend Boris Godounov là où MOUSSORGSKI l’a laissé, et qui relate l’histoire du faux Dimitri.

Dvorak requiemCliquez sur l’image

L’influence de la musique tchèque traditionnelle se ressent surtout dans sa musique de chambre, par exemple dans le Dumky trio (1891 – 1892), du nom de cet état d’esprit slave, la dumka.

Dvorak trio dumkyCliquez sur le trio

Dans le domaine de l’opéra, il est l’auteur d’une dizaine de compositions, réparties sur toute sa vie. Rusalka (1900) est l’avant-dernier de ses opéras, le dernier étant Armida (1904), d’après La Jérusalem délivrée du TASSE.

Dvorak Armida Za stihlou GazelouCliquez sur l’image

Dvorak meurt à Prague le 1er mai 1904.

En bonus, et parce que je n’ai pas souvent du Brahms à mettre sur ce blog, une Danse hongroise.

Brahms danse hongroise 5Cliquez sur Maxime VENGEROV et ses amis

Cinéma, Compositeurs, littérature

Richard STRAUSS (1864 – 1949)

Richard STRAUSS (aucun lien de parenté avec les Johann STRAUSS) est l’un des compositeurs majeurs dans le domaine de l’opéra au XXe siècle.

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Né le 11 juin 1864 à Munich d’un père corniste à l’opéra de Bavière et d’une mère pianiste, il est élevé dans le culte des grands anciens (MOZART, HAYDN, BEETHOVEN). Il publie son opus I, une Marche de fête, à l’âge de 12 ans.

Vers 1880, c’est la rencontre décisive avec le très wagnérien Hans von BÜLOW. Malgré l’interdiction de son père de fréquenter les « modernes » (WAGNER, LISZT), il assiste en 1882 à la création de Parsifal à Bayreuth.

En 1885, il est nommé chef d’orchestre suppléant à Meiningen, avant d’être nommé troisième chef à Munich, et répétiteur à Bayreuth. Il esquisse sa première œuvre lyrique, Guntram, et compose des poèmes symphoniques (Dom Juan en 1888, Mort et Transfiguration en 1889).

En 1889, il quitte Munich pour Weimar, où il est nommé Maître de Chapelle. Atteint d’une pneumonie en 1891, il part en convalescence dans le Sud (Egypte, Italie, Grèce), ce qui lui laisse le temps d’achever son Guntram, créé à Weimar en 1894. Cette œuvre est unanimement rejetée, par les wagnériens comme par les anti-wagnériens, ce qui blesse Strauss. Cette blessure est toutefois partiellement compensée par le bonheur qu’il a de diriger Tannhaüser à Bayreuth (et par son mariage avec la cantatrice qui tenait le rôle d’Elizabeth). À l’automne, il devient chef d’orchestre à Munich.

En 1895, il compose Till Eulenspiegel, et en 1896, une de ses œuvres les plus connues Also spracht Zarathoustra, poème symphonique d’après NIETZSCHE, révélé au grand public par le génial 2001 Odyssée de l’espace de KUBRICK.

Strauss zarathoustraCliquez sur l’image

En 1897, il écrit Don Quichotte, une pièce pour violoncelle et orchestre, et en 1898, le poème symphonique La vie d’un héros. En 1898, il part à Berlin, et donne par ailleurs des concerts dans toute l’Europe. En 1901, il crée avec succès son deuxième ouvrage lyrique, Feuersnot.

En 1905, il compose Salomé, son premier chef-d’œuvre dans le domaine de l’opéra, d’après l’œuvre d’Oscar Wilde.

Strauss Salomé danse des 7 voiles LiègeCliquez sur Salomé

Il entame ensuite une collaboration artistique extrêmement fructueuse avec Hugo von HOFMANNSTHAL, d’où sont issus Elektra (1907 – 1908), Le Chevalier à la Rose (1909 – 1910), où il cherche à retrouver l’esprit des Noces de Figaro de Mozart, Ariane à Naxos (1911 – 1912), La Femme sans ombre (1918) sur un thème proche d’Ondine de E.T.A. Hoffmann, Hélène d’Egypte (1925 – 1926) et Arabella (1933). Cette production est entrecoupée par un ballet, La Légende de Joseph, créé à Paris en 1914 par les Ballets russes de Diaghilev, et la Symphonie Alpestre en 1915.

En 1919, il prend la direction artistique de l’opéra de Vienne. Il écrit en 1923 Intermezzo créé à Dresde en 1924. Début 1925, il démissionne de l’Opéra de Vienne.

Après la mort d’Hofmannsthal en 1929, il continue avec Stefan ZWEIG (La Femme silencieuse [1935]), Joseph GREGOR (Daphné [1937]) et Clemens KRAUS (Capriccio [1941], où il se livre à une réflexion sur la querelle des gluckistes et des piccinnistes). Il est à noter que Strauss s’est battu pour que la Femme silencieuse soit monté et représenté en dépit de la judéïté de son ami Zweig.

En 1936, il compose l’hymne olympique des jeux de Berlin.

Après son dernier opéra, Capriccio, il compose en 1948 son chant du cygne, les bouleversants et crépusculaires Quatre derniers lieder, avant de mourir le 8 septembre 1949, à l’age de 85 ans.

Strauss Im abendrot 2Cliquez sur l’image

Et voici un autographe de Strauss, extrait de ma collection personnelle :

autographe Strauss

Compositeurs, Historique

Le Chevalier De SAINT-GEORGES (1745 – 1799)

Puisque je vous parlais récemment de Louis XV et la musique, je vais écrire maintenant sur un personnage qui a vécu sous Louis XV, Louis XVI et la Révolution, le Chevalier de SAINT-GEORGES.

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Joseph BOLOGNE, plus connu sous le nom de Chevalier de Saint-Georges (1745 – 1799) est une figure intéressante de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Né le 25 décembre 1745, il est le fils d’un colon ayant fait fortune dans les plantations de Guadeloupe, et de son esclave et maîtresse. Son père, accusé de meurtre revient en France avec sa maîtresse et son fils en 1747.

Avant que de devenir compositeur, Joseph apprend l’escrime et devient vite un redoutable tireur au fleuret. Parmi ses adversaires (amicaux) à l’escrime se rencontre le (ou la) chevalier d’Éon.

En 1764, on le trouve gendarme de la garde du roi, et il est fait chevalier.

Il apprend la musique auprès de GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ) et entre dans son orchestre en 1769. Il y trouve l’occasion de briller en soliste dans ses premiers concertos de violon. Dès lors, il compose de la musique orchestrale.

de Saint-Georges concerto pour violonCliquez sur l’image

En 1776, il est proposé pour prendre la direction de l’Académie royale de musique (l’Opéra), mais son statut de mulâtre choque et la reine Marie-Antoinette bloque cette nomination.

En 1777, il compose son premier opéra La Fille-garçon, et Ernestine, d’après CHODERLOS de LACLOS. Madame de MONTESSON le nomme comme directeur de son théâtre, où il monte La Partie de chasse (1778) et l’Amant anonyme (1780).

Saint-Georges ouverture de l'Amant anonyme

Saint-Georges l amant anonymeCliquez sur l’image

Il participe au cercle révolutionnaire du duc d’Orléans (Philippe-Égalité) où il côtoie Choderlos de Laclos (Les Liaisons dangereuses) et Jacques-Pierre BRISSOT, l’un des fondateurs de la lutte pour l’abolition de l’esclavage.

En 1790, on le trouve dans le nord de la France et c’est à Lille qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

En 1792, il fait partie de la Légion noire, composée de gens de couleur, où il côtoie Thomas-Alexandre DUMAS, le père d’Alexandre DUMAS père (et donc le grand-père d’Alexandre DUMAS fils).

Celui qu’on a aussi nommé le « MOZART noir » meurt le 10 juin 1799 à Paris.

Compositeurs, Valse

Carl Maria von WEBER (1786 – 1826)

Contemporain de BEETHOVEN (1770 – 1827) et SCHUBERT (1797 – 1828), Carl Maria von WEBER (1786 – 1826) tient une place importante dans l’histoire de l’opéra, où il est considéré comme le père de l’opéra romantique.

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Le petit Charles-Marie est né le 18 novembre 1786 en Allemagne. Son père était homme de théâtre et violoniste. Ses cousines étaient de bonnes chanteuses et l’une d’elles, Constance, s’est mariée avec un certain MOZART, qui a écrit pour elle quelques-uns de ses plus beaux airs.

En 1798, après le décès de sa mère, il part pour Munich. Là, il fréquente des poètes tels que Jean-Paul RICHTER ou E.T.A. HOFFMANN.

En 1804, il est nommé Maître de Chapelle à Breslau, ce qui lui permet de parfaire sa connaissance du répertoire. De 1807 à 1810, il est secrétaire du prince Louis à Stuttgart en même temps que professeur de musique des jeunes princesses. La liaison de Weber avec une cantatrice, ainsi que des malversations financières de son père, lui font perdre ses fonctions, et en 1810 la famille s’installe à Mannheim. Weber entame alors un Singspiel en un acte : Abu Hassan. Il rencontre MEYERBEER et cette année-là, il écrit deux concertos pour clarinettes, dont le premier est resté au répertoire.

Weber concerto pour clarinette n 1Cliquez sur le clarinettiste

En 1813, il est nommé Maître de Chapelle à Prague. Il y monte les opéras de MOZART, ainsi que le Fidélio de BEETHOVEN. Puis il part à Dresde où il est chargé de développer l’opéra allemand face au style italien triomphant. C’est à cette époque qu’il écrit pour le piano L’invitation à la valse, qui sera plus tard orchestrée par BERLIOZ.

Weber invitation à la valseCliquez sur le pianiste

En 1821, il écrit son chef d’œuvre, Le Freischütz, un opéra romantique allemand, qui connaîtra un grand succès. WAGNER lui-même reconnaîtra l’impact que son écoute a eu sur sa vocation de compositeur. On peut considérer qu’il y a dans cette œuvre une utilisation du leitmotiv, structure musicale que Wagner développera après lui.

Weber Freischütz ouvertureCliquez sur l’image

Après le succès du Freischütz, il écrit Euryanthe, une commande du Théâtre de Vienne pour faire émerger un opéra allemand face à l’envahisseur italien, mais la venue triomphale de ROSSINI à Vienne à cette époque fait chuter cet opéra dès la création. La même mésaventure est arrivée à SCHUBERT à qui on avait commandé l’opéra Fierrabras.

En 1824 il reçoit une commande du Covent Garden de Londres. Ce sera Oberon, créé en 1826, et c’est à Londres qu’il meurt le 5 juin de cette même année alors qu’il travaillait à l’adaptation d’Oberon à la langue allemande.

Weber Oberon Ozean JanowitzCliquez sur la soliste

Compositeurs, Histoire de l'opéra

Christoph Willibald GLUCK (1714 – 1787)

Christoph Willibald GLUCK est né à Erasbach en Bohème le 2 juillet 1714.

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Fils d’un garde-chasse, Gluck étudie la musique comme enfant de chœur dans un collège de jésuites, où il apprend le chant, le clavecin, l’orgue et le violon. Il se rend à Prague en 1732, où il complète ses études et gagne sa vie comme violoniste.

En 1736, il part à Vienne, où il se fait remarquer par le prince MELZI, qui l’emmène à Milan. Il fait ses débuts au théâtre en 1741 avec Artaserse, qui est un grand succès suivi d’autres commandes. Il écrit alors une vingtaine d’opéras serias (dans le style italien) pour Londres, Copenhague, Prague, Vienne, Rome, etc., œuvres qui n’ont pas été conservées.

Gluck est appelé à Londres en 1745. Il passe par Paris, où il entend des opéras de RAMEAU, et arrive à Londres alors qu’y triomphe HAENDEL.

Il quitte Londres pour Vienne où il donne Semiramide (1748) et où il se marie en 1750. En 1754, il obtient un poste de Kappelmeister à Vienne. Son style évolue alors vers l’opéra-comique français, ses livrets lui étant envoyés de Paris par FAVART. C’est ainsi qu’en 1760, il écrit l’Ivrogne corrigé d’après LA FONTAINE. En 1761, il fait la connaissance du librettiste Calzabigi. De leur collaboration naîtra Orfeo ed Euridice (1762) qui est une révolution pour l’époque, la primauté étant donnée à l’action et l’expression des sentiments plutôt qu’à la virtuosité des chanteurs. Orfeo est suivi par Alceste en 1767.

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Mais Gluck veut triompher à Paris. (Comme Haendel, musicien allemand ayant composé en Angleterre des opéras écrits en italien, Gluck musicien bohème est parti en France écrire des opéras en français, après avoir composé des opéras en italien à Vienne). L’ambassadeur de France à Vienne lui propose un livret sur Iphigénie en Aulide, d’après Racine, et recommande Gluck à Antoine DAUVERGNE, le directeur de l’Académie royale de musique. En fin politique, Gluck demande également sa protection à sa compatriote Marie-Antoinette, qui l’appelle à Paris en 1773. Iphigénie en Aulide est créé en 1774, la même année que sa réécriture d’Orphée en français. En 1776 paraît la version française d’Alceste, opéra que Gluck avait créé pour Vienne en 1767.

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Après des débuts laborieux, le succès va croissant. En 1777 paraît Armide, que Gluck a écrit sur le même livret que LULLY un siècle auparavant. C’est un immense succès. En 1779, c’est le triomphe d’Iphigénie en Tauride, qui avait été mis en compétition entre Gluck et son rival PICCINI. Ce triomphe fut terni par l’échec de son opéra suivant, Écho et Narcisse (1779). Il se retire à Vienne, et n’écrira plus pour le théâtre. Victime de plusieurs attaques cérébrales, il meurt à Vienne le 15 novembre 1787.

On peut noter que ses différentes déclarations sur la musique dramatique, opposant la conception française et la conception italienne de l’art dramatique contribueront à la naissance de la querelle des bouffons.

Dans les 30 ans qui séparent RAMEAU de Gluck, la philosophie des Lumières est passée par là, et on passe du baroque de Rameau au préromantisme de Gluck, dont l’influence s’exercera sur les compositeurs à venir tels que BERLIOZ ou WAGNER. On considère ainsi qu’il est le premier compositeur à s’être servi des deux langages, musique et texte, pour raconter simultanément deux histoires différentes (cf. l’air : « Le calme rentre dans mon cœur » de Iphigénie en Tauride), presque un siècle avant Wagner, qui révérait Gluck. Il faut noter aussi le resserrement de l’action, et l’importance redonnée aux chœurs, qui sont là pour souligner et commenter l’action, comme dans le théâtre antique.

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