Diva est un film de Jean-Jacques Beinex qui date de 1981. La BOF de ce film a révélé au grand public un grand air d’opéra, tiré de la Wally de Catalani.
Johann Wolfgang Goethe naît à Francfort le 28 août 1749. Il suit des études de droit à Leipzig puis à Strasbourg, et fonde le mouvement Sturm und Drang (Tempête et Passion), une réaction au siècle des Lumières finissant qui débouchera sur le romantisme.
En 1773, il écrit un premier drame, Götz von Berlichingen, drame moyenâgeux qui remporte un grand succès. En 1774, pour se guérir d’une déception amoureuse, il écrit les Souffrances du jeune Werther, qui le rendra célèbre dans toute l’Europe (provoquant même une épidémie de suicide à l’image de la mort de son héros. Werther a été adapté à l’opéra par Massenet en 1892.
En 1776, le duc de Saxe-Weimar l’invite à sa cour. C’est là qu’il s’attachera à Charlotte von Stein. Hormis une escapade italienne entre 1786 et 1788, il ne quittera plus Weimar. En 1777, il rédige deux livrets d’opérettes, Erwin und Elmire et Lila.
En 1780, il s’empare du mythe de Faust en faisant paraître son premier livre de Faust.
En 1784, il écrit encore un singspiel, Scherz, List und Rache qui sera, comme ses opérettes, un échec. Son problème en tant que librettiste vient du fait qu’il donne la priorité au livret, la musique ne devant servir que d’ornement au texte. Or, ce n’est pas du tout comme cela que l’opéra fonctionne ! Il fera encore quelques essais au début des années 1790.
Suivront Iphigénie en 1786, Egmont en 1787, Torquato Tasso en 1789, et un roman Wilhelm Meister (1794-1796), ainsi qu’un cycle poétique, les Élégies romaines (1789-1795).
En 1806, il régularise sa situation avec Christiane Vulpius, avec qui ils auront cinq enfants. Christiane mourra en 1816.
Goethe se lie d’amitié avec Schiller, qu’il avait fait venir de Iéna à Weimar. Après la mort de celui-ci, Goethe écrit encore les Affinités électives (1809) et le Divan oriental, un nouveau cycle de poèmes (1814-1819). Les Affinités électives donneront lieu à Mignon, opéra d’Ambroise Thomas.
Goethe meurt à l’âge de 83 ans le 22 mars 1832, peu de temps après avoir achevé le second Faust, qui ne sera publié qu’à titre posthume. Ainsi au cours de sa longue vie, il aurait pu voir naître et mourir le classique Mozart (1756-1791), qu’il admirait, le préromantique Beethoven (1770-1827) et le très romantique Schubert (1797-1828).
Outre les adaptations à l’opéra de ses pièces de théâtre, son œuvre littéraire sera abondamment mise en musique par les compositeurs, qu’ils soient romantiques :
Beethoven (Ouverture d’Egmont),
Schubert (près de 70 lieder écrits sur des textes de Goethe, dont Le roi des Aulnes ou Marguerite au rouet),
L’histoire de la musique ne manque pas d’œuvres laissées inachevées à la mort du compositeur. Dans certains cas, la partition a été terminée par quelqu’un d’autre. En voici une petite liste.
À sa mort, Purcell a laissé inachevé son semi-opéra the Indian Queen. C’est son frère Daniel qui l’a terminé.
Parmi les adaptations du mythe de Don Juan, le Russe Dargomijski a adapté la nouvelle de Pouchkine le Convive de Pierre. Laissé inachevé à sa mort, l’opéra a été complété par ses amis Cui et Rimski-Korsakov.
Lili Boulanger n’aura pas eu le temps de terminer sa Princesse Maleine, d’après Maeterlinck, et personne ne pourra reprendre le flambeau, car sa partition a été perdue.
Puccini aura plus de chance avec Turandot. C’est le compositeur Alfano qui terminera le 3e acte, et lors de la création de cet opéra, le chef d’orchestre Arturo Toscanini stopera la représentation à la mesure même où Puccini s’était arrêté.
Les membres de la seconde école de de Vienne seront victimes de la terrible malédiction aussi et Schönberg laissera inachevé son Moïse et Aaron, alors que son élève Berg ne terminera pas Lulu, qui sera terminé 40 ans plus tard par Friedrich Cerha.
Et beaucoup plus près de nous, Philippe Boesmans n’a pu terminer la partition de On purge Bébé, d’après Feydeau, et c’est son élève Benoît Mernier qui a finalisé la composition, avec un problème toutefois. Boesmans n’a pas laissé de traces ou de brouillon de la musique qu’il comptait écrire, et Mernier a dû faire du « à la manière de… »
Élisabeth Jacquet de la Guerre naît à Paris le 17 mars 1665. Son père, Claude Jacquet était organiste et maître de clavecin.
Enfant prodige, elle est présentée à l’âge de 5 ans à Louis XIV, qui loue ses qualités musicales. À l’âge de 10 ans, Élisabeth est capable de chanter à livre ouvert et de s’accompagner au clavecin.
En 1684, elle épouse un autre organiste, Marin de la Guerre. En 1685, elle donne dans les appartements du Dauphin un petit opéra, les Jeux à l’honneur de la victoire.
En 1687, elle publie son premier livre de pièces pour le clavecin, et en 1690, dans son second livre, elle publiera sa Tocade (de l’italien Toccata), une nouveauté pour son époque.
En 1694, on donne sa tragédie en musique Céphale et Procris, le premier opéra composé par une femme donné à l’Académie royale de musique (l’actuel Opéra de Paris)
Elle s’est également illustrée par ses cantates, notamment ses Cantates françaises sur des sujets de l’Écriture (1708-1711) sur des textes de Houdar de la Motte.
Élisabeth Jacquet de la Guerre meurt à Paris le 27 juin 1729, à l’âge de 64 ans.
(Sources principales : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, Fayard, 1992 – Mozart était une femme, Aliette de Laleu, Stock 2022)
Écrit en 1813, la même année que Tancredi, l’Italienne à Alger (l’Italiana in Algeri) est le premier « grand » opéra-comique de Rossini. Son ouverture, comme celle du Barbier de Séville, est un des grands classiques de Rossini. Devant le peu de temps qu’il avait pour honorer cette commande, il a d’ailleurs recyclé une ouverture déjà écrite pour un des petits opéras en un acte qu’il avait déjà produits en quantité. Le thème, très proche de celui de L’enlèvement au Sérail de Mozart, relève de l’orientalisme en vogue à l’époque.
Le pitch : Le bey Mustafa veut échanger sa femme Elvira contre l’Italienne Isabella. Lindoro, le fiancé D’Isabella, qui est esclave du bey, prend la fuite avec Isabella.
Acte I : Elvira se lamente parce que son mari Mustafa, bey d’Alger, ne l’aime plus. Sa suivante Zulma et les gardes du harem cherchent à la consoler. Mustafa arrive et confirme les craintes d’Isabella : il n’aime plus sa femme.
Il ordonne à Haly, le capitaine de ses corsaires, de faire venir Lindoro, un esclave italien qu’il a depuis trois mois, pour le marier à sa femme et ainsi se débarrasser d’elle. Il lui demande également de lui trouver une Italienne. Lindoro chante le malheur d’être séparé d’Isabella, sa fiancée. (Air: « Languir per una bella », avec son introduction au cor).
On vient lui proposer une femme qui répondrait en tout à son attente, c’est Elvira.
Suite à une tempête qui a jeté son navire sur le rivage, Isabella, partie à la recherche de son fiancé Lindoro, arrive. Elle est capturée par les corsaires, en compagnie de Taddeo, un soupirant qu’elle fait passer pour son oncle. (Air et chœur : Cruda sorte ! Amor tirano ».)
Mustafa propose à Lindoro de repartir en Italie dans le bateau que ses corsaires viennent de capturer, à condition qu’il parte avec Elvira. Haly vient le prévenir qu’il a capturé une belle Italienne. Le chœur des eunuques chantent la gloire de Mustafa, qui conquiert toutes les femmes. On présente Isabella à Mustapha, qui le charme. Elvira et Lindoro viennent faire leurs adieux, mais Lindoro et Isabella se troublent quand ils se reconnaissent. Mustafa explique la situation (quintette), mais Isabella refuse, et lui ordonne de rester avec sa femme. Elle demande que Lindoro lui soit affecté comme esclave. L’acte se termine dans un ébouriffant septuor final.
Acte II : Le chœur chante que, sous le coup de l’amour, Mustafa est devenu idiot. Isabella se croit trahie par Lindoro, mais celui-ci lui explique la situation et réussit à la rassurer.
Les femmes entrent. Isabella est invitée par Mustafa à prendre le café, mais elle se débrouille pour ne pas rester en tête à tête avec Mustafa. Elle invite même Elvira à ce rendez-vous qu’il aurait voulu galant. (Air de Mustapha : « le femmine d’Italia ».)
Elle remercie Mustafa du titre de Kaïmakan donné à Taddeo. Lindoro et Isabella s’apprêtent à rire du spectacle que vont donner Mustafa et Taddeo. Ils veulent nommer Mustafa Pappataci (soit : Mange et tais-toi !), lors d’une cérémonie où Mustapha et Taddeo sont priés de manger, boire et dormir en gardant le silence. Les Italiens captifs entrent en scène, et Isabella leur redonne du courage (Air : « Pensa alla Patria »).
Profitant que les gardes de Mustafa sont assommés par l’alcool distribué pendant la cérémonie, les Italiens prennent la fuite. Resté seul, Mustapha doit se résoudre à rejoindre sa femme Elvira, renonçant aux belles Italiennes.
Après les première et seconde tranches du Bateau ivre d’Arthur (Arc-en-ciel) Rimbaud, voici la troisième tranche, soit les quatrains 11 à 15. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)
Aujourd’hui donc, la suite de ce morceau de bravoure. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, et donc l’équivalent de 1,2 myriapode), je dois le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois.
J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries Hystériques, la houle à l’assaut des récifs, Sans songer que les pieds lumineux des Maries Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan ! Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces, Et les lointains vers les gouffres cataractant !
Échouages hideux au fond des golfes bruns Où les serpents géants dévorés des punaises Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants. – Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.
Les résultats de la votation de juin 2023 pour l’Agenda Ironique sont tombés.
Votre texte préféré est celui de Photonanie : ma Proposition, à égalité avec Gibulène Au-delà du miroir. Suivent de près Lyssamara et moi-même.
Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. de juillet 2023, Photonanie se distingue, suivie par Tiniak, que l’on applaudit bien fort 👏.
Et laissez-moi remercier encore tous les participants, qui ont accepté de se coller à mes contraintes, souvent avec beaucoup d’humour et de poésie.
Tout a commencé par un mariage royal, celui d’Henry IV et Marie de Médicis à Florence en 1600. Lors des fêtes données à cette occasion par les Médicis on a fait représenter un grand spectacle musical, l’Euridice de Peri. À son retour à Mantoue, le duc de Mantoue demande à son compositeur de cour, Monteverdi, de monter un spectacle au moins aussi fastueux que celui auquel il a assisté à Florence. La réponse de Monteverdi à cette commande sera l’Orfeo. Orphée, ce chanteur dont l’art pouvait émouvoir les dieux de l’enfer eux-mêmes, et Eurydice, qui de mieux pour créer un genre musical, l’opéra ?
À cette époque, les femmes avaient le droit d’écrire de la musique et c’est ainsi que Francesca Caccini, une contemporaine de Monteverdi, s’est trouvée être la première femme compositrice d’opéra.
Ce nouveau genre musical se développera très vite en Italie, où des foyers d’opéras se montent à Venise, Rome, Naples ou Milan. Mazarin introduit l’opéra en France avec une représentation de l’Orfeo de Rossi à Paris en 1647, et pour le mariage de Louis XIV en 1660, il commande à Cavalli un opéra, Ercole amante (Hercule amoureux). Mais c’est quelques années après que le genre s’implante durablement en France, avec un Italien venu en France, Lully, qui régnera sans partage sur la musique de Loulou XIV.
À la même époque en Angleterre, une tradition de spectacles chantés et dansés par les nobles, les masques élisabéthains, donnera des semi-opéras, représentés par Purcell, mais ce genre périclitera après la disparition de celui-ci.
Dès lors, toute l’Europe sera sous la coupe des opéras chantés soit en italien, soit en français. C’est ainsi que l’Allemand Haendel, après avoir fait ses classes en Italie, est parti en Angleterre écrire des opéras en italien.
À la fin du XVIIe siècle, Naples devient le foyer de l’opéra italien, avec l’opera seria (opéra sérieux), mais dans cette patrie de la commedia dell’arte, on s’est mis à insérer pendant les entractes de courtes pièces légères ou bouffonnes. Ces pièces prendront leur indépendance en devenant l’opera buffa (opéra bouffon).
En France, où les codes de la tragédie lyrique avaient été fixés par Lully, on s’est mis à introduire des ballets et divertissements, donnant naissance à l’opéra-ballet, représenté par Campra (l’Europe galante).
Sur les foires de Paris, les comédiens italiens donnaient des pastiches, c’est-à-dire des paroles nouvelles placées sur des airs connus. Après différents déboires liés aux privilèges de l’académie royale de musique et de la comédie française, les forains obtiennent en 1714 le privilège de donner des comédies parlées ET chantées. L’opéra-comique était né et le théâtre de la Foire devient le théâtre de l’Opéra-comique.
Au milieu du XVIIe siècle, le principal successeur de Lully est Rameau, qui s’est mis sur le tard à différentes formes d’opéra, y compris l’opéra-ballet avec les Indes galantes.
Une génération après Haendel, l’Autrichien Gluck fera comme lui. Après avoir appris son métier en Italie, et écrit des opéras en italien pour Vienne, Gluck vient à Paris écrire (ou réécrire) des opéras en français pour la cour royale. L’hégémonie italo-française était toujours en place, puisque des musiciens comme Haydn et Mozart écrivent leurs opéras en italien, même si Mozart écrit des singspiels (sortes d’opéras comiques en allemand). Opéra classique.
Cette tentative d’écrire des opéras en allemand a été suivie par Beethoven avec son Fidelio (1814), mais les tentatives de créer un opéra allemand, avec des commandes passées à Weber ou à Schubert, se trouvent confrontées à la vague Rossini qui balaye toute l’Europe à cette même époque. C’est l’époque des opéras romantiques, représentée en France par Berlioz.
Autour des années 1820 – 1830, un événement va changer les codes pour presque tout le XIXe siècle. C’est l’apparition du Grand opéra à la française, le GoF, et Paris devient le centre de l’Europe, où il faut réussir, voire triompher. C’est ainsi qu’après Rossini qui s’était installé à Paris, deux autres Italiens, Donizetti et Bellini, viennent y terminer leur carrière, pourtant brillamment commencée en Italie. Wagner et Verdi aussi devront écrire pour l’Opéra de Paris.
Wagner et Verdi, parlons-en. Ces presque jumeaux, ils sont nés tous les deux en 1813, vont faire évoluer le genre de l’opéra.
Wagner va faire éclater le découpage traditionnel des opéras en airs, duos, etc. et va développer les notions de mélodie continue et de leitmotivs.
L’opéra a toujours suivi l’évolution des mouvements littéraires. C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, le naturalisme d’un Zola donnera naissance au vérisme en Italie, avec son plus fameux représentant Puccini. Pendant ce temps en Allemagne on peut parler du post-wagnérisme de Richard Strauss.
Arrivée des percées de la psychologie dans les livrets d’opéra avec Berg ou Janacek.
Après la Seconde Guerre mondiale, réveil de l’opéra anglais avec Britten alors qu’en France on a Poulenc et aux États-Unis, Gershwin ou Bernstein. Apparition de la comédie musicale voire des opéras rocks.
Ce mois-ci (juin 2023), le thème de l’Agenda Ironique était « De l’autre côté du miroir », selon les modalités suivantes :
Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».
Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.
Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.
On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde. Ça veut dire que vous pouvez encore participer si vous le souhaitez. Le cas échéant, je vous rajouterais à la liste.
Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les articles dédiés spécifiquement à une « Compositrice », et destiné à vous faciliter la recherche par thème.