Nature

LE PRINTEMPS S’INVITE CHEZ VOUS. LES QUATRE SAISONS (6) – LE PRINTEMPS (2)

Comme je l’écrivais il y a un an, le printemps marque l’équinoxe, ce jour si particulier où la durée diurne est égale à la durée nocturne. À partir de cette date, le taux d’allongement du jour décroît pour aller s’annuler au solstice d’été.

Pour les poètes, le printemps est la saison du renouveau de la nature, de la jeunesse, et des amours naissantes. C’est donc un thème de choix qui a inspiré les compositeurs.

À tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par VIVALDI et ses quatre Saisons, avec son célébrissime Printemps. (Merci Ysabel pour ton cadeau de Noël qui m’a fait découvrir cette version.)

Vivaldi le Printemps Max RichterCliquez sur l’image

Dans son oratorio Les Saisons (1799 – 1801), HAYDN met évidemment le printemps en musique.

Haydn Les Saisons le printempsCliquez sur l’image

En 1802, BEETHOVEN écrit sa sonate pour piano et violon Le printemps. Écoutons le sublime mouvement lent.

Beethoven sonate le printemps 2e mvtCliquez sur l’image

Dans son très romantique recueil de mélodies Liederkreis (1840), Robert SCHUMANN termine par un Frühlingsnacht (Nuit de printemps.)

Schumann Liederkreis FrühlingstnachtCliquez sur Dietrich F.D.

Dans sa « Vilanelle » des Nuits d’été (1841), BERLIOZ fait chanter le printemps.

berlioz-les-nuits-dete-vilanelle-crespinCliquez sur l’image

Cliquez sur Hector B.

Dans La Walkyrie (1855) de WAGNER, c’est l’entrée du printemps, passionné, dans la maison où se trouvent Sieglinde et Siegmund, qui révèle leur amour.

Wagner Walkyrie le printempsCliquez sur Jonas K.

RACHMANINOV a écrit sa cantate pour baryton, chœur et orchestre Le printemps, opus 20, en 1902. Écoutons-en le début.

Rachmaninov Le printemps (début)Cliquez sur l’image

Grandes maisons d'Opéra

L’OPÉRA DE VIENNE S’INVITE CHEZ VOUS

Comme le MET et l’Opéra de Paris, le Wiener Staatsoper (Opéra d’État de Vienne), qui est fermé pour cause de coronavirus, a décidé de mettre en ligne un certain nombre de ses programmes, à raison d’un par jour.

https://www.wiener-staatsoper.at/die-staatsoper/aktuelles/detail/news/die-wiener-staatsoper-ist-geschlossen-spielt-aber-taeglich-online/

L’Opéra de Vienne a été inauguré en 1869.

Parmi les chefs d’orchestre qui l’ont dirigé, on peut mentionner Gustav MAHLER, de 1897 à 1907 (avant qu’il ne parte au MET de New York), ou Richard STRAUSS de 1919 à 1924.

Parmi les créations propres à cet opéra, on peut noter La Femme sans ombre de STRAUSS (à voir le 1er avril) en 1919.

18. März 2020: Die Walküre (La Walkyrie) de WAGNER

Wagner Die Walküre WSOCliquez sur l’image

19. März 2020: Falstaff de VERDI

Verdi Falstaff WSOCliquez sur l’image

20. März 2020: Tosca de PUCCINI

Puccini Tosca WSOCliquez sur la Tosca

21. März 2020: La Cenerentola de ROSSINI

22. März 2020: Siegfried de WAGNER

23. März 2020: Tosca de PUCCINI

24. März 2020: L’elisir d’amore de DONIZETTI

Donizetti L'Élixir d'amour WSOCliquez sur l’image

25. März 2020: La cenerentola de ROSSINI

26. März 2020: Tosca de PUCCINI

27. März 2020: Le nozze di Figaro de MOZART

28. März 2020: Götterdämmerung de WAGNER

Wagner Götterdämmerrung WSOCliquez sur l’image

29. März 2020: Roméo et Juliette de GOUNOD

Gounod Roméo & Juliette WSOCliquez sur Juliette

30. März 2020: Le nozze di Figaro de Mozart

31. März 2020: L’elisir d’amore de Donizetti

1. April 2020: Die Frau ohne Schatten (la Femme sans ombre) de Richard STRAUSS

Strauss La Femme sans ombre WSOCliquez sur l’image

2. April 2020: Peer Gynt de GRIEG.

Divers, Grandes maisons d'Opéra, histoire, Histoire de l'opéra

L’OPÉRA DE PARIS S’INVITE CHEZ VOUS

Après le MET, c’est l’Opéra de Paris qui met à disposition du public une sélection d’opéras et de ballets sur le site https://www.france.tv/spectacles-et-culture/

Avec ses 351 ans, l’Opéra de Paris est une des plus anciennes maisons d’opéras en activité. En effet, c’est en 1669 que l’abbé PERRIN obtient le privilège royal d’établir une Académie d’Opéra pour « y représenter et chanter en Public des Opera & Représentations en Musique & vers François, pareilles & semblables à celles d’Italie ». Le nouveau théâtre est inauguré en 1671, mais dès 1672, après une faillite frauduleuse de ses promoteurs, Lully rachète ce privilège et,  rebaptisant l’Opéra « Académie royale de musique », règne désormais en maître absolu sur l’opéra français.

Après 1687, à la mort de Lully, une nouvelle forme d’opéras apparaît, l’opéra-ballet, qui représente des sujets plus légers que ceux de la tragédie lyrique lullienne. Comme son nom l’indique, la présence de la danse se fait plus forte, et il n’y a plus forcément de continuité dramatique entre les différents actes (que d’ailleurs on appelle entrées). De nos jours, une des comédies-ballets encore largement représentées est Les Indes galantes, de RAMEAU.

En 1697, la Comédie Italienne, qui faisait concurrence à la Comédie Française, ferme. Les comédiens italiens s’installent alors sur les foires parisiennes de Saint-Germain et Saint-Laurent, au Théâtre de la Foire. On y donnait des pastiches, c’est à dire des paroles nouvelles placées sur des airs connus, ou sur des airs à boire. Mais la Comédie Française, défendant son privilège royal de spectacle dialogué, empêche la représentation de spectacles parlés, d’où l’apparition des dialogues écrits, présentés sur des cartons ou des écriteaux descendus des cintres. De même, l’Académie royale de musique, forte de son privilège de musique chantée, limitait à deux le nombre de voix dans les spectacles. En 1714, le théâtre de la Foire prend le nom de théâtre de l’Opéra-Comique, et les forains obtiennent le privilège de Louis XIV de donner des spectacles parlés et chantés, ce qui donnera naissance à la forme opéra-comique. Après une succession d’interdictions et de relances, l’Opéra-Comique est relancé en 1752, le chansonnier Favart faisant partie de ses fondateurs.

À cette même époque, la rivalité entre les écoles italienne et française, rivalité qui a duré près de deux siècles, prend une tournure originale avec la querelle des Bouffons.

En 1774, GLUCK, soucieux de se faire reconnaître en France arrive à PARIS. C’est l’occasion d’une nouvelle querelle franco-italienne, entre les partisans de Gluck, qui cherche l’équilibre entre les airs et les récitatifs, et les partisans de l’école italienne de l’opera seria, favorisant la mélodie (et les excès de certains divos ou certaines divas.)

À l’aube de la révolution, l’existence de l’Opéra, qui accumule les déficits, est menacée, si bien que Louis XVI cède l’Opéra à la ville de Paris en 1790. Mais la Révolution française, qui met fin au système des privilèges, entraîne l’ouverture de nombreux théâtres. Finalement, le premier gouvernement révolutionnaire sauve l’Opéra de Paris.

Au XIXe siècle, il se crée même un nouveau genre, le GOF, le grand Opéra à la Française, qui tire ses livrets de sujets historiques, avec ballet imposé et décors fastueux. Dès lors, il devient important pour les compositeurs de toute l’Europe de triompher à Paris, et l’Opéra de Paris passe des commandes à des composteurs tels que VERDI ou WAGNER.

Au XXe siècle l’opéra continue cette politique de commandes aux compositeurs contemporains. (C’est comme ça que j’ai eu la chance d’assister, pour mon premier opéra à Garnier à la création de Saint-François d’Assise, de MESSIAEN.)

En 1989, une nouvelle salle est inaugurée pour les représentations, l’opéra Bastille.

L’Opéra de Paris, actuellement fermé pour cause de confinement lié au COVID-19, a décidé de mettre un certain nombre de ses spectacles en ligne gratuitement (offre réservée à la France) :

Manon de MASSENET, du 17 au 22 mars

Massenet Manon ODP

Don Giovanni de MOZART, du 23 au 29/03

Mozart Don Giovanni ODP

Le Lac des Cygnes de TCHAÏKOVSKI du 30 mars au 05 avril 

Le Barbier de Séville de ROSSINI du 06 au 12 avril 

Rossini le barbier de Séville ODP

Soirée Jérôme ROBBINS du 13 au 19 avril 

Les Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH du 20 au 26 avril 

Offenbach Les contes d'Hoffmann ODP

Carmen de BIZET du 27 avril au 03 mai

Bizet Carmen ODP

Cinéma, Divers, Grandes maisons d'Opéra, Woody Allen

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS

Vous avez (toujours) rêvé d’assister à un opéra au MET, le Metropolitan Opéra de New-York, sans avoir pu réaliser ce rêve, pour des raisons de budget ou d’organisation. Suivant le site du MET, une série de représentations, originellement transmises dans les salles de cinéma, sera mise à disposition à partir de ce soir, et commencera avec Carmen.

https://www.metopera.org/

Le MET, institution culturelle de premier ordre, a été inauguré en 1883 avec le Faust de GOUNOD (chanté en italien !).

En 1908, c’est au MET que sera donnée la première représentation du Parsifal de WAGNER en dehors de Bayreuth. En effet, par volonté testamentaire, Wagner voulait que les seules représentations du dernier de son opéra soient celles de son théâtre de Bayreuth, mais les Américains ont décidé que cette disposition testamentaire ne s’appliquait pas aux États-Unis.

En 1935, c’est au MET que se passe le film des Marx Brothers, Une nuit à l’opéra, pour une représentation du Trouvère de VERDI d’anthologie (humoristique.)

Le bâtiment actuel, sis au Lincoln Center, date de 1966. Il a été inauguré avec Antoine et Cléopâtre, de Samuel BARBER. On le voit souvent dans les films de Woody ALLEN. Par exemple, dans Small times Crooks (Escrocs mais pas trop), le rêve de cette famille de nouveaux riches est d’assister à une représentation à l’opéra. On y voit une soirée caritative destinée à lever des fonds pour l’opéra.

Parmi les grands chefs qui ont dirigé le MET, on peut mentionner Gustav MAHLER (1908) et Arturo TOSCANINI (1908 – 1915). Les années récentes ont été celles de James LEVINE (1973 – 2016).

Le programme des opéras qui seront mis en ligne est :

16 mars : Carmen de BIZET.

Bizet Carmen METCliquez sur Carmen et Don José

17 mars : La Bohème de PUCCINI.

Puccini La Bohème METCliquez sur l’image

18 mars: Il Trovatore (le Trouvère) de VERDI.

Verdi Il trovatore METCliquez sur Léonora et De Luna

19 mars : La Traviata de Verdi.

Verdi la traviata METCliquez sur Violetta et Germont

20 mars : La Fille du régiment de DONIZETTI.

Donizetti la fille du régiment MET

21 mars : Lucia di Lammermoor de Donizetti.

Donizetti Lucia di Lammermoor METCliquez sur la scène de la folie

22 mars : Eugène Onéguine de Tchaïkovsky.

Tchaïkovsky Eugène Onéguine METCliquez sur Onéguine

Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, Histoire de l'opéra, littérature, Shakespeare

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE VIENNE…

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Venise et Prague, place à une autre grande ville d’opéra, Vienne !

Vienne (Wien), capitale de l’Autriche, peut être considérée comme une capitale de la musique, avec ses deux « écoles viennoises ».

Déjà, le librettiste italien MÉTASTASE (METASTASIO) (1678 – 1782), dont les livrets ont inspiré plus de mille opéras (!) a passé 50 ans à la cour impériale de Vienne.

GLUCK, après avoir fait son apprentissage de l’opéra à Milan, reviendra à Vienne créer Semiramide (1748), Orfeo ed Euridice (1762) ou Alceste (1767). Plus tard, il ira à Paris continuer sa carrière. Il y reprendra, en français, certains opéras écrits pour Vienne.

Gluck Orfeo ed Euridice Danse des furiesCliquez sur la danse des furies

Une partie de la vie de MOZART se passe à Vienne, et c’est pour cette ville qu’il écrit l’Enlèvement au sérail (1782), les Noces de Figaro (1786), Cosi fan Tutte (1789) et la Flûte enchantée (1791).

La première école viennoise est constituée par HAYDN (1732 – 1809), BEETHOVEN et son Fidélio (1803 – 1814) et SCHUBERT (1797 – 1828).

Schubert Fierrabras duoCliquez sur l’image

En 1822, un théâtre de Vienne passe commande d’opéras écrits en allemand (des singspiels), à WEBER Euryanthe et Schubert (Fierrabras). Malheureusement, le passage de la tempête ROSSINI sur l’Europe à cette époque balaie tout sur son passage, et ces opéras ne connaîtront aucun succès (voire ne seront même pas montés).

En 1892, c’est à Vienne que MASSENET réussit à faire jouer son Werther, qui avait été refusé à Paris.

Massenet Werther les larmes qu'on ne pleure pasCliquez sur Charlotte

Au début du siècle suivant, c’est encore pour Vienne que PUCCINI écrit son opéra La Rondine (1917).

Puccini la rondine Chi il bel sognoCliquez sur l’image

C’est à peu près à la même époque que Richard STRAUSS occupe la direction de l’opéra de Vienne, de 1919 à 1925. Il avait rendu hommage à la Vienne impériale dans son Chevalier à la Rose (1911).

Et nous arrivons à la seconde école viennoise, celle constituée par SCHÖNBERG, BERG et WEBERN. Arnold Schönberg (1874 – 1951), qui a libéré la musique du carcan de la tonalité, a d’abord pratiqué l’atonalisme (autrement dit, plus de tonalité) et le sérialisme avant de développer une méthode plus radicale, le dodécaphonisme.

Schoenberg Verklärte NachtCliquez sur l’image

Ses deux élèves les plus célèbres ont été Alban BERG (1885 – 1935), l’auteur de deux opéras phares du XXe siècle, Wozzeck et Lulu, et Anton WEBERN (1883 – 1945).

Berg Wozzeck 2Cliquez sur l’image

Bien sûr, Vienne c’est aussi la valse et l’opérette viennoise, avec la dynastie des Strauss, mais j’y reviendrai.

Mes opéras préférés, Shakespeare

FALSTAFF, de VERDI (1893)

La pièce Les Joyeuses Commères de Windsor de SHAKESPEARE, où apparaît le personnage de Falstaff, a inspiré bien des compositeurs.

Parmi eux, citons SALIERI, ce contemporain de MOZART qui a écrit un très mozartien Falstaff en 1799.

Salieri Falsatff HighlightsCliquez sur le très mozartien Falstaff de Salieri

Dans son amusant Songe d’une nuit d’été, Ambroise THOMAS fait intervenir les personnages de Falstaff et de Shakespeare himself, dont la reine Élizabeth aurait été secrètement amoureuse.

Mais le plus connu des opéras consacrés à Falstaff est celui de VERDI. Après la collaboration fructueuse de Verdi et Boïto sur Otello, le librettiste propose au compositeur une adaptation des Joyeuses Commères de Windsor, de Shakespeare. Le compositeur, qui approche des 80 ans, accepte avec enthousiasme, enchanté à l’idée d’écrire, enfin, une comédie. Dernier opéra écrit par Verdi, il est créé avec succès à La Scala de Milan début 1893, et repris très rapidement sur les principales scènes lyriques.

Acte I : À l’auberge de la Jarretière, où Falstaff et ses valets Pistole et Bardolfe sont attablés, le docteur Cajus les accuse de l’avoir volé. Les valets nient et Falstaff se moque de lui. Cajus sort, et l’aubergiste présente la note à Falstaff, dont la bourse est vide. Falstaff dévoile à ses valets ses projets : il veut tenter sa chance auprès d’Alice Ford et Meg Page. Il demande à Pistole et Bardolfe de porter à chacune une lettre d’amour, mais ceux-ci refusent au nom de leur honneur. Falstaff confie les lettres à un page et congédie ses valets en raillant leur sens de l’honneur.

Alice et Meg se rendent compte qu’elles ont reçu la même lettre d’amour. Elles décident alors de jouer un tour à Falstaff, avec l’aide de Quickly et de Nanetta, la fille d’Alice et Ford.

Verdi Falstaff Fulgida Alice ! Amor t'offroCliquez sur l’image

Le quatuor de femmes sort et entrent Ford, Cajus, Fenton ainsi que les deux valets congédiés qui, pour se venger, révèlent à Ford les projets amoureux de Falstaff. Pendant que les femmes préparent leur coup, les hommes trament une autre vengeance : Ford ira voir Falstaff sous un faux nom et lui tendra un piège. Pendant ce temps, Nanetta vit son amour avec Fenton. (Duo : « Bocca baciata non perde ventura ».)

Acte II : Les valets faussement repentants reviennent auprès de Falstaff. Ils font entrer Quickly, qui joue l’entremetteuse entre Falstaff et Alice. À la sortie de Quickly, c’est Ford qui arrive, sous le nom de Fontana. Il demande à Falstaff de séduire Alice dont il est amoureux, mais qui le dédaigne, pour vaincre sa chasteté et créer ainsi un précédent dont il pourrait ensuite profiter. Falstaff accepte, révélant qu’il a déjà rendez-vous avec Alice le jour même et qu’il va cocufier son mari. Resté seul, Ford enrage de se voir ainsi trompé (Air : « É sogno ? O realtà ? ».)

Verdi Falstaff E sogno O realtàCliquez sur Ford

Quickly fait à Alice et Meg le récit de sa rencontre avec Falstaff. Nanetta arrive, malheureuse parce que son père veut la marier à Cajus. Alice lui dit que ce mariage ne se fera pas. Les femmes préparent leur piège. Falstaff arrive à son rendez-vous et tente de séduire Alice. Interrompu par l’arrivée de Meg, Falstaff se cache derrière un paravent. Meg annonce l’arrivée de Ford, furieux. Ford entre en effet avec Cajus, Fenton, les deux valets et des voisins. Pendant qu’ils fouillent la maison, les femmes cachent Falstaff dans le panier à linge. Ford et Cajus, pensant trouver Falstaff et Alice, interrompent Fenton et Nanetta qui s’étaient isolés pour se dire leur amour. Alice profite de la diversion pour faire jeter le panier à linge dans la Tamise.

Acte III : À l’auberge, Falstaff trempé se plaint sur son sort. Quickly arrive et lui dit qu’Alice veut le revoir et lui fixe rendez-vous à minuit dans le parc royal. Il devra être déguisé en Chasseur Noir. Quickly distribue les rôles pour le soir. Dehors, Ford rappelle à Cajus sa promesse de le marier à sa fille le soir même, mais Quickly qui les a entendus veille.

Fenton chante une chanson pour sa belle (Air : « Dal labbre il canto »). Minuit sonne et Falstaff entre dans la forêt, des bois de cerfs sur la tête. Alice arrive et Falstaff commence ses manœuvres. On entend des cris, Alice s’enfuit, disant que le sabbat commence. Falstaff se jette au sol. Nanette, déguisée en fée, invoque les esprits (Air et chœur : « Sul fil d’un soffio etesio »).

Versi Falstaff Sul fil d'un soffio etesioCliquez sur Nanette

Toute la bande déguisée tourmente Falstaff, le pinçant et le piquant. Falstaff se repent. Découvrant alors la vérité, il l’accepte de bon cœur. Ford annonce qu’il va marier sa fille. Alice lui demande de marier également un autre couple déguisé. À l’issue de la cérémonie, il se rend compte qu’il a marié Fenton à Nanetta et Cajus à Bardolphe. Ford comprend qu’il a été dupé, et bénit le mariage de sa fille. Avant de partir festoyer chez Falstaff, tous se retrouvent dans un extraordinaire « octuor avec chœur » digne du Rossini du début du siècle.

Verdi Falstaff finalCliquez sur l’image

Compositeurs, Compositrices, Historique, littérature, Oulipo

QUELQUES (AUTRES) FEMMES COMPOSITRICES

Ce n’est pas parce que le 8 Mars est la journée internationale des Femmes (en France, on ajoute des droits des Femmes) qu’il faut en conclure que les 365 autres jours de l’année sont des journées de l’homme, messieurs (😉)

Après, donc, une première sélection de femmes compositrices parue en 2019, en voici une nouvelle avec des compositrices tout aussi passionnantes.

Hildegarde von Bingen (1098-1179) est une des premières femmes compositrices recensée. Son activité ne se limitait pas à la composition, c’était aussi une femme de lettres et une théologienne, récemment reconnue comme Docteur de l’Église (une des quatre femmes à obtenir cette reconnaissance).

hildegarde von Bingen O JerusalemCliquez sur l’image

Maria Theresia von Paradis (1759-1824) était une pianiste, chanteuse et compositrice viennoise pour qui Mozart aurait composé son dix-huitième concerto pour piano.

Von Paradis SicilienneCliquez sur l’image

Louise Farrenc (1804-1875), élève de Clementi, Reicha et Hummel, a enseigné le piano au Conservatoire de Paris.

Farrenc symphonie n 3 finalCliquez sur l’image

Augusta Holmès (1847-1903) a publié ses premières partitions sous un pseudonyme masculin. Elle a écrit un opéra, la Montagne noire. Camille Saint-Saëns lui demande de l’épouser, mais c’est avec le poète Catulle Mendès qu’elle a une liaison et ses enfants.

Holmès BarcarolleCliquez sur l’image

Germaine Albert-Birot (1877-1931) a écrit, avant Francis Poulenc, une musique pour les Mamelles de Tirésias, d’Apollinaire. Proche du mouvement Dada, elle a écrit de la musique Dada.

Germaine Albert Birot Dada 3Cliquez sur Dada

Kaija Saariaho, Finlandaise née en 1952, est l’auteure (notamment) de quatre opéras, dont deux écrits sur un livret d’Amin MAALOUF : Adriana Mater et l’Amour de loin. Elle a aussi écrit Graal Théâtre, un concerto de violon d’après l’œuvre du mathématicien et écrivain oulipien Jacques Roubaud.

Saariaho Graal ThéâtreCliquez sur le livre

Pour en savoir plus :

Hildegarde von BINGEN

Louise FARRENC

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« HOMMAGE », de STÉPHANE MALLARMÉ

Après Sainte, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc Hommage, écrit en hommage à Richard WAGNER, dont Mallarmé était un des admirateurs français.

Le silence déjà funèbre d’une moire

Liszt la gondole funèbreCliquez sur la gondole funèbre

Dispose plus qu’un pli seul sur le mobilier
Que doit un tassement du principal pilier
Précipiter avec le manque de mémoire.

Notre si vieil ébat triomphal du grimoire,

Berlioz Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur l’image

Hiéroglyphes dont s’exalte le millier

Glass Akhnaten HymnCliquez sur l’image

À propager de l’aile un frisson familier !
Enfouissez-le-moi plutôt dans une armoire.

Du souriant fracas originel haï

Haydn Die Schöpfung

Entre elles de clartés maîtresses a jailli
Jusque vers un parvis né pour leur simulacre,

Trompettes tout haut d’or pâmé sur les vélins

Wagner fanfare bayreuthCliquez sur les trompettes

Le dieu Richard Wagner irradiant un sacre
Mal tu par l’encre même en sanglots sibyllins.

Citations :

Le silence déjà funèbre : le beau-père et ami de Wagner, Franz LISZT, a écrit cette Gondole funèbre (ou lugubre gondole), à la mémoire son ami et gendre.

ébat triomphal du grimoire : Quand je pense à ce grimoire, je pense au vieux docteur Faust qui a passé sa vie le nez dans les grimoires, et que le printemps finit pas réveiller à la vie dans la Damnation de Faust de BERLIOZ.

Hiéroglyphes : Pour évoquer ces hiéroglyphes, je vous ai choisi l’hymne de Akhnaten (Akhénaton) de Philip GLASS. (En fait, par hiéroglyphes [les glyphes sacrés], Mallarmuche entendait les notes de musique déposées sur la partition)

Fracas originel : Début de la Création, de HAYDN. Après un prélude orchestral figurant le chaos, les voix s’extirpant des ténèbres originelles figurent la lumière (à 7 min 28 s).

Trompettes tout haut d’or : Au festival de Bayreuth, l’appel du public ne se fait pas avec une bête sonnerie, les cuivres d’orchestre se mettent au balcon et appellent le public en jouant un leitmotiv. La grande classe ! (Vous pouvez jouer à trouver les opéras représentés en fonction des thèmes joués.)

Compositeurs, littérature

Sergeï RACHMANINOV (1873 – 1943)

Né en 1873 dans la province de Novgorod, en Russie, Sergeï RACHMANINOV manifesta très tôt des dons pour la musique. Son esthétique musicale, très marquée par les mélodies russes et les chants orthodoxes, se coule dans la continuité de celle de TCHAÏKOVSKI.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Après des études de piano suivies dès son plus jeune âge, il se forme aux Conservatoires de Saint-Pétersbourg puis de Moscou. Ses premières compositions sont pour le piano, mais dès 1892, il compose un opéra en un acte, Aleko, d’après les Tsiganes de POUCHKINE.

Rachmaninov alekoCliquez sur l’image

En 1893, marqué par la mort de Tchaïkovski, il écrit un trio élégiaque à sa mémoire.

Rachmaninov trio élégiaqueCliquez sur l’image

L’échec de sa première symphonie le découragera profondément, et il faudra attendre l’immense succès de son très tchaïkovskien deuxième concerto de piano (1900 – 1901) pour qu’il reprenne goût à la vie. Dès lors, il vit une vie heureuse, partagée entre la composition et les concerts.

Rachmaninov 2e concerto de piano GrimaudCliquez sur l’image

En 1903 – 1904, il écrit l’opéra Le Chevalier avare, toujours d’après Pouchkine, et en 1904 – 1905, Francesca di Rimini, d’après l’Enfer de DANTE, sur un livret de Modeste Tchaïkovski (le frère de l’autre, le compositeur Piotr Illitch qui a écrit lui aussi un Francesca da Rimini.)

En 1906, il travaille sur un projet de Salammbô, d’après FLAUBERT, projet qui ne sera finalement pas achevé.

En 1909, il crée un autre de ses tubes, le troisième concerto pour piano. Et en 1912, il écrit sa fameuse Vocalise.

Rachmaninov vocalise

En 1913, il écrit Les Cloches, une Symphonie chorale, d’après l’œuvre d’Edgar Allan POE.

Rachmaninov les clochesCliquez sur l’image

En 1915, il écrit une de ses pièces préférées, les Vêpres, un impressionnant recueil de chants liturgiques orthodoxes a cappella.

Rachmaninov les VêpresCliquez sur l’image

En 1917, suite à la révolution d’Octobre, il émigre aux États-Unis, et ne remettra plus les pieds dans sa chère Russie. Sa carrière de pianiste virtuose prend alors le pas sur sa carrière de compositeur. C’est quand même aux États-Unis qu’il écrit un autre de ses grands succès, la Rhapsodie sur un thème de PAGANINI.

Parmi ses autres ébauches d’opéra, on peut citer un Esmeralda (1888), d’après Victor HUGO, ainsi que de la musique pour Boris Godounov d’après Pouchkine (encore) et même un Monna Vana d’après le dramaturge symboliste MAETERLINCK (merci Wikipédia pour ces informations.)

Il meurt en 1943 d’un cancer du poumon.

Comme d’habitude, je n’ai pas la place sur ce blog pour vous présenter TOUT l’œuvre de ce compositeur, mais si vous avez l’occasion de prêter l’oreille à ses symphonies, largement méconnues chez nous, ou encore à ce chef-d’œuvre qu’est l’Île des morts, inspiré par le tableau de BÖCKLIN, n’hésitez pas !

Bande dessinée, Divers, Fantaisie, Mythologie

LA BOUGIE DU SAPEUR

Aujourd’hui 29 février 2020 est paru le nouveau numéro de la Bougie du Sapeur, seul périodique à paraître tous les quatre ans, à chaque 29 février. Comme je n’avais pas fini les mots croisés du numéro d’il y a quatre ans, je vais donc pouvoir avoir enfin la solution d’yceux.

Le titre de cette revue tétraïennale a été choisi en hommage au Sapeur Camember, héros d’un ancêtre de la bande dessinée créé par le dessinateur CHRISTOPHE.

Pour rendre hommage à cette louable initiative, je vous propose un billet autour du feu, les sapeurs-pompiers ayant pour rôle, notamment, d’éteindre le feu. (Oui, je sais, Camembert était un sapeur soldat, pas un sapeur-pompier, mais je n’ai pas trouvé suffisamment de matière pour écrire un billet sur l’opéra à partir des sapeurs soldats.)

En 1807, SPONTINI met en scène une vestale (i.e. une gardienne du feu sacré) dans son opéra judicieusement intitulé la Vestale.

Spontini la Vestale Hymne du soirCliquez sur la Vestale

À la fin de Guillaume Tell (1829) de ROSSINI, la femme de Guillaume met le feu à sa maison, pour donner le signe de la révolte contre l’occupant autrichien.

Rossini Guillaume Tell final acte IVCliquez sur l’image

Plus cruelle est l’évocation du feu dans Le Trouvère (Il Trovatore) (1853) de VERDI, puisqu’on y trouve une gitane condamnée au bûcher, et la fille de celle-ci qui pour se venger veut jeter le fils don son bourreau au feu, et dans un moment de folie, y jette son propre fils. (Air : « Condotta ell’era in ceppi ».)

Verdi il trovatore Condotta ell'era in ceppiCliquez sur l’image

Le feu a beaucoup d’importance dans la tétralogie de WAGNER. Dans l’Or du Rhin (Rheingold), Loge le dieu du feu aide Wotan à s’emparer de l’or du Rhin pour bâtir son Walhalla. À la fin de la Walkyrie (Die Walküre), Wotan endort sa fille Brünnhilde sur un rocher, protégée par un cercle de feu que seul un héros qui ne connaît pas la peur pourra franchir.

Wagner die Walküre final

À la fin de Siegfried, le héros franchit ce cercle de feu et réveille la Walkyrie endormie. Enfin, à la fin du Crépuscule des dieux (Götterdammerung), Brünnhilde dresse un bûcher pour y mettre le corps de son Siegfried défunt. En allumant ce bûcher, c’est tout le Walhalla qui s’embrase, mettant ainsi fin au règne des dieux sur terre, laissant la place aux hommes.

Jeanne d’Arc, on le sait, est morte sur le bûcher à Rouen en 1431. Son destin a été porté à l’opéra par VERDI et par TCHAÏKOVSKI. Dans l’opéra de Verdi, Giovanna d’Arco, elle échappe à cette fin, alors que dans celui de Tchaïkovski, la Pucelle d’Orléans, elle meurt brûlée.

Tchaïkovsky Jeanne d'Arc (La Pucelle d'Orléans) Adieu forêtsCliquez sur Jeanne d’Arc

Dans l’Enfant et les Sortilèges de RAVEL, le feu fait partie des objets qui se révoltent contre la méchanceté de l’enfant. (Air : « Je réchauffe les bons, je brûle les méchants ».)

Ravel l'enfant et les sortilèges le feu

 

 

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