Historique

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (2)

Après un premier billet consacré à la présence de la Révolution française à l’opéra, je vais parler ici des musiciens qui ont composé POUR la Révolution.

Dans ces années révolutionnaires, donc, la volonté de donner une conscience politique au peuple passait par l’organisation de grandes fêtes nationales et solennelles. Celles-ci étaient organisées notamment par GOSSEC pour la musique, DAVID pour la peinture et CHÉNIER pour la poésie. Pour ces fêtes, on commandait des hymnes ou des chœurs grandioses. Ainsi, pour la fête de la Fédération (14 juillet 1790), Gossec écrivit-il un Te Deum. De Gossec, écoutons cette splendide marche lugubre :

Gossec Marche lugubre 1790Cliquez sur l’image

Outre Gossec, des musiciens comme MÉHUL, CHERUBINI ou LE SUEUR ont également étaient pourvoyeurs de musique révolutionnaire. De Méhul, il faut évidemment citer le Chant du départ, sur des paroles de Chénier.

Méhul le chant du départCliquez sur l’image

En 1815, à la fondation de l’Institut de France, Méhul et Gossec sont associés au prolifique GRÉTRY, qui avait servi Louis XV et Louis XVI, pour représenter la musique dans les classes des Beaux-Arts.

Ces musiciens ont d’ailleurs brillé à l’opéra, Méhul avec Euphrosine (1790), Le Sueur avec la Caverne (1793), Gossec avec le Triomphe de la République (1794) et Cherubini avec Médée (1797).

Cherubini Médée final CallasCliquez sur l’image

Le Sueur aura en outre une grande influence sur la musique du XIXe siècle puisqu’il compte parmi ses élèves BERLIOZ, GOUNOD ou encore Ambroise THOMAS.

Le Chevalier de Saint-Georges, lui, ralliera la Garde nationale en 1791, tout en gardant des activités musicales et c’est à Lille qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

(Source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard, 1992).

 

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Compositeurs, Historique

LE CHEVALIER DE SAINT-GEORGES

Puisque je vous parlais récemment de Louis XV et la musique, je vais écrire maintenant sur un personnage qui a vécu sous Louis XV, Louis XVI et la Révolution, le Chevalier de SAINT-GEORGES.

Joseph BOLOGNE, plus connu sous le nom de Chevalier de Saint-Georges (1745 – 1799) est une figure intéressante de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Il est le fils d’un colon ayant fait fortune dans les plantations de Guadeloupe et de son esclave et maîtresse. Son père, accusé de meurtre revient en France avec maîtresse et fils en 1747.

Avant que de devenir compositeur, Joseph apprend l’escrime et devient vite un redoutable tireur au fleuret. Parmi ses adversaires (amicaux) à l’escrime se rencontre le (ou la) chevalier d’Éon.

En 1764, on le trouve gendarme de la garde du roi, et il est fait chevalier.

Il apprend la musique auprès de GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ) et entre dans son orchestre en 1769. Il y trouve l’occasion de briller en soliste dans ses premiers concertos de violon. Dès lors, il compose de la musique orchestrale.

de Saint-Georges concerto pour violonCliquez sur l’image

En 1776, il est proposé pour prendre la direction de l’Académie royale de musique (l’Opéra), mais son statut de mulâtre choque et la reine Marie-Antoinette bloque cette nomination.

En 1777, il compose son premier opéra La Fille-garçon, et Ernestine, d’après CHODERLOS de LACLOS. Madame de MONTESSON le nomme comme directeur de son théâtre, où il monte La Partie de chasse (1778) et l’Amant anonyme (1780).

Saint-Georges l amant anonymeCliquez sur l’image

Il participe au cercle révolutionnaire du duc d’Orléans (Philippe-Égalité) où il côtoie Choderlos de Laclos (Les Liaisons dangereuses) et Jacques-Pierre BRISSOT, l’un des fondateurs de la lutte pour l’abolition de l’esclavage.

En 1790, on le trouve dans le nord de la France et c’est à Lille qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

En 1792, on le trouve à la Légion noire, composée de gens de couleur, où il rencontre Thomas-Alexandre DUMAS, le père d’Alexandre DUMAS père (et donc le grand-père d’Alexandre DUMAS fils).

Celui qu’on a aussi nommé le « MOZART noir » meurt en 1799 à Paris.

 

 

Historique, littérature, Mythologie

QUELQUES OPÉRAS BIBLIQUES

Depuis l’origine du genre, les livrets d’opéra étaient tirés de la mythologie (grecque ou latine), mais très vite, des scènes tirées de la Bible ont servi d’argument aux livrets.

Commençons par la Genèse, et le très beau (et méconnu) Déluge (Il Diluvio universale) (1682) de FALVETTI.

falvetti il diluvio universalePartagez l’enthousiasme des solistes de la Capella Mediterranea en cliquant sur l’image

À la même époque en France Marc-Antoine CHARPENTIER mettait en musique l’amitié de David & Jonathas (1688).

charpentier david et jonathasCliquez sur David & Jonathas

Les deux « tragédies bibliques » de Jean RACINE ont été mises en musique par HAENDEL, qui en a tiré deux oratorios Esther et Athalia.

C’est au XIXe siècle que l’on commencera à faire de « vrais » opéras à partir des textes sacrés de la Bible. Parmi eux, on peut citer ceux se passant en Égypte, comme Joseph (1807) de MÉHUL ou Moïse en Égypte (1818) de ROSSINI.

Mehul Joseph part 3Cliquez sur l’image

SAINT-SAËNS écrit l’opéra-péplum Samson et Dalila (1859 – 1877) et MASSENET Hérodiade (1881) d’après FLAUBERT.

saint-saens samson et dalilaCliquez sur Dalila et Samson

massenet hérodiade il est douxCliquez sur l’image

Au XXe siècle, on peut noter Salomé (1905) de R.STRAUSS ainsi que son ballet La Légende de Joseph, écrit en 1914 pour les Ballets russes, et encore Moïse et Aaron de SCHÖNBERG.

Moins directement biblique, on peut aussi noter l’importance de la Bible dans Wozzeck de BERG (le soldat Wozzeck cherche à comprendre le sens de la vie en lisant la bible, et sa femme Marie cherche à comprendre sa propre histoire à travers celle de la pécheresse Marie-Madeleine.)

Dans l’opéra-jazz Porgy & Bess (1935) de GERSHWIN, un dealer a une lecture impertinente de la Bible.

gershwin porgy and bess it ain t necessarily soCliquez sur l’image

Une autre forme musicale, proche de l’opéra (il s’agit aussi d’histoire racontée en musique), l’oratorio, a également abondamment puisé ses sujets dans la Bible.

HAENDEL avec Israël en Égypte, Solomon ou encore le Messie, et HAYDN avec la Création.

Enfin, retrouvez d’autres opéras bibliques en allant sur l’excellent site Le Voyage lyrique.

https://www.levoyagelyrique.com/l-opera-et-la-bible