Écrivains, Cinéma, littérature, Poésie, Théâtre

Jean COCTEAU (1888 – 1963) – PREMIÈRE PARTIE

Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi !

Issu d’un milieu aisé, (son grand-père a connu ROSSINI dont il a reçu un piano en legs,) le jeune COCTEAU a eu l’occasion d’entendre le violoniste Pablo de SARASATE jouer en quatuor avec ce grand-père.

Il n’a pas vingt ans qu’il tient déjà salon, où viennent DEBUSSY et Reynaldo HAHN, mais aussi de jeunes poètes ou des peintres comme BONNARD.

Poète précoce, Jean COCTEAU fréquente très jeune PROUST ou les ballets russes de DIAGHILEV. Il se tiendra toujours aux avant-postes de la modernité, passant de Dada au cubisme, mais rejeté par les surréalistes.

Dès 1910, Reynaldo Hahn (1874 – 1947), l’auteur de Ciboulette, met en musique un « mensonge en un acte » de Cocteau : La patience de Pénélope.

Après la présentation à Paris au début du siècle d’œuvres de RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908)  (Schéhérazade, Le coq d’or), Diaghilev et ses ballets russes attaquent les années ’10 avec trois ballets de STRAVINSKY (1882 – 1971) : L’oiseau de feu (1910), Pétrouchka (1911) et surtout la déflagration provoquée par Le Sacre du printemps (1913).

Stravinsky le sacre du printempsCliquez sur l’image

Soucieux de se tourner vers ce milieu parisien où il triomphe, Diaghilev commande en 1912 une pièce à Cocteau. Ce sera Le dieu bleu, sur une musique de Hahn. En 1914, Cocteau travaille avec Stravinsky sur un projet de ballet : David.

En 1915, il met en chantier un Songe d’une nuit d’été, dont la musique sera confiée à Erik SATIE (1866 – 1925). Cette même année, le créateur de la musique concrète Edgar VARÈSE (1883 – 1965), qui avait dirigé la création du Songe, le présente à PICASSO. Cocteau confie la musique de David à Satie. En 1916, Cocteau demande à Picasso de réaliser le rideau de scène pour ce ballet, qui change de nom et devient Parade. En 1917, la création du ballet Parade réunit donc Cocteau, Satie, Picasso et Diaghilev ! (Excusez du peu.)

Satie ParadeCliquez sur l’image

En 1920, Cocteau détourne Le bœuf sur le toit de Darius MILHAUD (1892 – 1974), souvenirs musicaux de son passé au Brésil, en déposant un texte sur cette musique. Les décors sont de Raoul DUFY et la chorégraphie de MASSINE.

Milhaud Le Bœuf sur le toit

Il compose aussi le livret de Paul et Virginie, un opéra-comique prévu pour Satie.

En 1921, il écrit Les Mariés de la Tour Eiffel, musique du Groupe des six (enfin, cinq d’entre eux).

Groupe des six les Mariés de la Tour EiffelCliquez sur l’image

Cette même année, il écrit le Gendarme incompris, avec une musique de Francis POULENC.

En 1922, Arthur HONEGGER (1892 – 1955) lui écrit une musique de scène pour sa pièce Antigone. Les décors sont de Picasso et les costumes de CHANEL.

En 1924, il écrit Roméo et Juliette, avec une musique de Roger DÉSORMIÈRES. Dernière œuvre de Cocteau pour les Ballets russes, le Train bleu avec une musique de Milhaud.

Milhaud le Train bleuCliquez sur l’image

Et retrouvez sur ce blog la suite des aventures musicales de Jean Cocteau.

(Source principale : Pierre BERGÉ, Album COCTEAU de la Pléiade, éditions Gallimard, 2006.)

Grandes maisons d'Opéra

LA MONNAIE / DE MUNT S’INVITE CHEZ VOUS – période du 18 mai au 30 juin

Comme Paris, Londres, Vienne, Berlin ou New York, Le Théâtre Royal de la Monnaie / De Munt de Bruxelles nous offre, pendant la période de confinement liée au coronavirus, une riche sélection de ses spectacles, disponibles sur son site internet. Cette programmation est particulièrement intéressante en ce qu’elle nous offre, comme le mois dernier, à côté de quelques incontournables, des œuvres qui sortent des sentiers battus, puisqu’il y a même une création, pour nous rappeler que l’opéra est un art vivant, et que tous les ans sur les différentes scènes mondiales, on continue à créer des œuvres de spectacle musical et chanté !

Pour accéder au Théâtre de La Monnaie / De Munt, c’est ici :

https://www.lamonnaie.be/fr

Étaient ainsi disponibles, jusqu’au 30 juin :

MOZART La Flûte enchantée (Die Zauberflöte)

Mozart die zauberflöte la Monnaie

RIMSKI-KORSAKOV Le Coq d’or (La production du Conte du Tsar Saltan de Rimksi-Korsakov était un des grands moments de la sélection du mois précédent.)

Rimski-Korsakov Le coq d'or la MonnaieCliquez sur l’image

DONIZETTI L’Élixir d’amour (L’Elisir d’amor)

Donizetti L'Elisir d'amore La Monnaie

WAGNER Lohengrin

Wagner Lohengrin La Monnaie

BERLIOZ Béatrice et Bénédict

Berlioz Béatrice et Bénédict La Monnaie

Dick van der HARST, Moneim ADWAN et Howard MOODY Orfeo et Majnun, un spectacle de théâtre musical sans frontières issu de la collaboration entre trois compositeurs, deux librettistes et deux metteurs en scène, un des grands moments de la saison 2018. (Petit rappel, Moody est l’auteur de Push, un des plus beaux opéras présentés le mois dernier par La Monnaie / De Munt.)

Moody et al Orfeo et Majnun La MonnaieCliquez sur l’image

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 18 au 24 mai 2020

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 18 au 24 mai 2020.

Au sommaire beaucoup de classiques, de Don Giovanni de MOZART à Turandot de PUCCINI en passant par Lohengrin de WAGNER ou Faust de GOUNOD !

Lundi 18 mai Mozart Idomeneo (Idoménée)

Mozart Idomeneo Quatuor acte IIICliquez sur l’image

Mardi 19 mai Wagner Lohengrin

Wagner Lohengrin duo Elsa Ortrud Acte IICliquez sur Elsa et Ortrud

Mercredi 20 mai VERDI Un Ballo in Maschera (Un Bal masqué)

Verdi Un ballo in mascherra Eri Tu (MET)Cliquez sur l’image

Jeudi 21 mai Puccini Turandot

Puccini Turandot Nessun dorma (MET)Cliquez sur Calaf

Vendredi 22 mai Mozart Don Giovanni

Mozart don Giovanni Air du catalogue (MET)Cliquez sur l’image

Samedi 23 mai Gounod Faust

Gounod Faust METCliquez sur Faust et Mephistopheles

Dimanche 24 mai MASSENET Manon

Massenet Manon trio acteIV (MET)Cliquez sur l’image saint-sulpicienne

Voilà, encore une belle semaine d’opéras à venir. See you a next week !

 

Mes opéras préférés

LOHENGRIN, de WAGNER (1850)

Lohengrin est le dernier opéra de Richard WAGNER à être bâti sur un schéma classique, avec grands airs, ensembles et chœurs. Il fut créé en 1850 à Weimar sous la direction de LISZT. Wagner écrivait lui-même ses livrets en puisant ses sujets dans les légendes. Pour Lohengrin, il a puisé dans le corpus des légendes germaniques, notamment dans le Parsifal de Wolfram von ESCHENBACH. (Wagner rendra hommage à W. von Eschenbach en en faisant un des héros d’un autre de ses opéras: Tannhaüser.)

Lohengrin, donc, est une adaptation de la légende du Chevalier au cygne et était une des « folies » du roi Louis II de Bavière, qui s’est fait construire le château de Neuschwanstein à partir de cette légende.

Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici dans la structure classique (S+T)/(M+B) où une soprano (Elsa) et un ténor (Lohengrin) s’aiment, et sont empêchés par une mezzo (Ortrud) et un baryton (Telramund).

Prélude :

Wagner Lohengrin PréludeCliquez sur l’image

Acte I : L’action se passe à la cour des ducs de Brabant. On annonce la venue de l’empereur de Germanie. Après neuf ans de paix avec les voisins de l’Est, l’ennemi hongrois est de nouveau aux frontières. Il faut ressouder l’empire. L’empereur Heinrich demande à Friedrich de Telramund de lui expliquer ce qui se passe au duché de Brabant, qui n’a plus de chef. Telramund explique qu’à la mort du duc de Brabant, celui-ci lui a confié ses deux enfants, Elsa et Gottfried. Mais un jour, le fils a disparu. Telramund accuse Elsa d’avoir tué son frère. Devant tant de félonie, il a renoncé à la main d’Elsa, que le duc lui avait promise en mourant, et s’est marié avec Ortrud [1]. Telramund réclame le duché à l’empereur. On appelle Elsa à comparaître. Pour sa défense, elle explique qu’elle a prié Dieu, et qu’elle a alors eu la vision d’un pur chevalier qui lui a apporté le réconfort (Air : « Einsam in trüben Tagen ».)

Wagner Lohengrin le songe d'Elsa Einsam in trüben TagenCliquez sur Elsa

L’empereur veut lui faire subir le jugement de Dieu lotrs d’un tournoi contre Telramund. Elsa réclame ce chevalier pour la défendre. Le héraut appelle les participants au tournoi, mais personne ne vient défendre Elsa. Elsa recommence sa prière à Dieu, et un chevalier apparaît sur une nacelle tirée par un cygne.

Wagner Lohengrin l'entrée de LohengrinCliquez sur l’image

Le chevalier, renvoyant son cygne, salue l’empereur. Il déclare qu’il est venu défendre Elsa. Elle déclare qu’elle s’offre à lui s’il la défend. Il accepte, à une condition, qu’elle ne cherche jamais à savoir ni son nom, ni d’où il vient. Elsa le promet. Il se propose donc d’être son chevalier servant pour le jugement de Dieu. Le duel peut commencer. Le chevalier gagne. Il offre à Telramund la vie sauve, pour qu’il puisse se racheter. Tous félicitent Elsa et le chevalier. Seule Ortrud, à l’écart, se demande qui peut être ce chevalier.

Acte II : Le lendemain matin, Ortrud et Telramund, bannis, se préparent à partir. Ortrud veut rester pour se venger. Telramund lui reproche d’avoir tout perdu pour avoir suivi ses mauvais conseils. C’est sur son témoignage qu’il a accusé Elsa. Ortrud prétend alors que le chevalier inconnu n’est pas un envoyé de Dieu, et qu’il a vaincu Telramund par magie. Elle lui dit que ses pouvoirs magiques disparaîtront s’il lui retranche une partie, fût-elle minime, de son corps. Ils décident alors, dans un beau duo, de se venger.

Elsa arrive, chantant son bonheur et son amour. Ortrud l’appelle, faussement repentante, et lui dit comme elle et Telramund sont malheureux. Elle accuse Elsa d’être coupable de leur malheur. Elsa, qui est toute bonté, pardonne, et va jusqu’à inviter Ortrud à l’accompagner à l’église, le lendemain, pour son mariage. Ortrud jubile en son for intérieur et prie ses dieux à elle, Wotan et Freia (Tiens, ça ne vous rappelle rien ?). Insidieuse, Ortrud annonce à Elsa un malheur à venir, dont elle voudrait la protéger. Son chevalier inconnu pourrait bien la quitter, repartir comme il est venu. Mais Elsa ne doute pas de lui.

Wagner Lohengrin duo Elsa Ortrud Acte IICliquez sur Elsa et Ortrud

Au lever du jour, le héraut proclame le bannissement de Telramund et Ortrud ainsi que le mariage du chevalier avec Elsa. Le chevalier a renoncé au titre de duc de Brabant, aussi ne sera-t-il « que » Protecteur du Brabant. Dès le lendemain, il se mettra en route pour défendre l’empire germanique de l’invasion des Hongrois à l’Est. Les nobles protestent contre ce départ précipité, mais n’y peuvent mais. Telramund apparaît et déclare qu’il s’y opposera. Elsa arrive pour la cérémonie du mariage, mais Ortrud apparaît, richement vêtue, et réclame la première place. Elle prétend être la femme d’un homme reconnu de tous, alors que personne ne sait qui est le mari d’Elsa. Elle accuse même le chevalier d’être un magicien. L’empereur et le Protecteur du Brabant paraissent. Elsa explique au chevalier qu’elle a pardonné à Ortrud et l’a invitée. Celui-ci lui demande alors si le poison du doute s’est insinué en elle. Telramund apparaît et accuse à son tour le chevalier d’avoir été déloyal lors du jugement de Dieu, et d’avoir vaincu par magie. Il lui demande de révéler son nom et son origine, mais le chevalier refuse. Seule Elsa aurait le droit de le lui demander. Elsa renouvelle sa confiance en son fiancé et ils entrent dans l’église.

Acte III : Elsa et son mari entrent dans le palais, accompagnés par la fameuse marche nuptiale. Ils se disent leur amour dans un beau duo. Comme le chevalier l’appelle par son nom à elle, Elsa commence à suggérer qu’il pourrait lui dire son nom à lui, qu’il lui serait doux de le prononcer. Il lui répond alors qu’il l’estimera de savoir respecter sa promesse, et révèle qu’il a sacrifié pour elle la plus belle destinée du monde.

Wagner Lohengrin début acte IIICliquez sur Elsa et Lohengrin

Mais ces propos, au lieu de l’encourager, tombent dans le terreau du doute préparé par Ortrud, et Elsa commence à s’imaginer qu’il pourrait la quitter pour retrouver cette si haute destinée. Dans un moment de doute, elle pose la question fatale. Dans une pièce voisine, Telramund et quatre hommes se tenaient en embuscade. Le chevalier tue Telramund et il ordonne à ses complices de porter son corps devant l’empereur.

L’empereur remercie les hommes d’être venus si nombreux et demande où est le Protecteur du Brabant, qui doit les conduire au combat. Quand celui-ci arrive, derrière le cadavre de Telramund, il annonce qu’il ne vient pas en combattant, mais en accusateur. Il accuse sa femme d’avoir trahi sa promesse. Il va maintenant révéler son nom à tous, puisque c’est Elsa, la seule personne à pouvoir le faire, qui lui a posé la question. Il dit qu’il vient d’un pays lointain, du château de Montsalvat, qui abrite le temple du Graal. Le Graal répand sa foi sacrée sur la chevalerie. Lui est le fils de Parsifal, et il se nomme Lohengrin.

Wagner Lohengrin In fernem Land... Mein lieber SchwanCliquez sur Lohengrin

Au moment de partir avec son cygne, qui est revenu le chercher, il dit encore que sous cette forme, c’est le jeune Gottfried qui est là, métamorphosé par la magicienne Ortrud. Il annonce son retour à venir, et remet à Elsa un cor, une épée et un anneau à destination de son frère. Ortrud avoue qu’elle a agi ainsi pour venger ses anciens dieux. Le cygne se métamorphose alors en Gottfried. Lohengrin le présente à l’assemblée comme étant le duc de Brabant, leur chef, et il s’éloigne.

[1] Note pour les metteurs en scène : en habillant Elsa de blanc et Ortrud de noir, on obtient un très joli effet, et en plus, le spectateur comprend qui sont les gentils et qui sont les méchants.

Lohengrin sera proposé sur le site du MET le 19 mai 2020.

Animation 1, Fables de la Fontaine, Fantaisie, littérature, Oulipo, Poésie

« LE LOUP ET L’AGNEAU », de La Fontaine

Après Le Lion et le Rat, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, un classique des classiques, le Loup et l’Agneau.

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.

Audran La MascotteCliquez sur l’image

Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.

Prokofiev Pierre et le loup part 2Cliquez sur l’image

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
– Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;

Bellini La somnambule Ah! Perché non posso odiartiCliquez sur Rodolfo

Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
– Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau, je tette encor ma mère.
– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.

Gounod Roméo et Juliette Dieu qui fis l'homme à ton imageCliquez sur l’image

– Je n’en ai point.
– C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.

Monteverdi Orfeo Nymphes et bergersCliquez sur Orfeo et son chœur de nymphes et de bergers

On me l’a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts

Rameau les Indes galantes forêts paisiblesCliquez sur des forêts pas si paisibles que ça !

Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Citations :

Un agneau : AUDRAN La Mascotte Duo « J’aime bien mes dindons / j’aime bien mes moutons » (désolé je n’ai pas trouvé d’agneau, alors j’ai pris un mouton.)

Un loup : PROFOFIEV Pierre et le Loup (retrouvez ici la version DISNEY de Pierre et le Loup)

En colère : À la fin du premier acte de La somnambule de BELLINI, Elvino trompé par les apparences se met en colère contre le comportement d’Amina.

Ton frère : GOUNOD Roméo et Juliette Frère Laurent « Dieu de bonté ».

Vos bergers : Au début de l’Orfeo de MONTEVERDI, le Chœur des nymphes et des bergers célèbre les noces d’Orfeo et Euridice (Orphée et Eurydice.)

Au fond des forêts : Dans Les Indes galantes de RAMEAU, la quatrième entrée se terminent dans une réconciliation autour du calumet de la paix (Danse et air « Forêts paisibles ».)

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 11 au 17 mai

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 11 au 16 mai 2020.

Au sommaire quelques classiques, de Werther de MASSENET à Rigoletto ou Nabucco de VERDI, mais aussi un opéra contemporain avec La Tempête du compositeur Thomas ADÈS, et un très bel opéra de BRITTEN, Peter Grimes. Le STRAUSS hebdomadaire est Ariane à Naxos, avec Jessye NORMAN !

Lundi 11 mai Massenet Werther (à ne pas rater !)

Massenet Werther scène finale METCliquez sur Werther et Charlotte

Mardi 12 mai Thomas Adès The Tempest

Adès La Tempête METCliquez sur l’image

Mercredi 13 mai Strauss Ariane à Naxos

Strauss Ariane à Naxos Norman METCliquez sur l’image

Jeudi 14 mai Britten Peter Grimes

Britten Peter Grimes METCliquez sur l’image

Vendredi 15 mai DONIZETTI Lucia di Lammermoor

Donizetti Lucia di Lammermoor scène de la folie METCliquez sur Lucia

Samedi 16 mai Verdi Rigoletto

Verdi Rigoletto La Donna e mobile METCliquez sur l’image

Dimanche 17 mai Verdi Nabucco

Verdi Nabucco Va pensiero METCliquez sur le chœur 

See you a next week, à la semaine prochaine !

littérature, Mythologie

PSYCHÉ

Psyché

L’histoire de Psyché et Cupidon nous est racontée par APULÉE dans L’Âne d’Or, un roman du 2e siècle de notre ère.

Psyché (dont le nom signifie âme en grec) est une princesse à la beauté parfaite, si belle même qu’elle éveille la jalousie d’Aphrodite. Malgré sa beauté, elle ne trouve pas d’époux, les hommes la vénérant comme une œuvre d’art, au point d’oublier de célébrer le culte d’Aphrodite. Furieuse, celle-ci ordonne à son fils Éros (Cupidon) de la rendre amoureuse du mortel le plus vil qui puisse exister. Mais au moment d’obéir à Aphrodite, Éros se blesse malencontreusement avec une de ses flèches, et tombe amoureux de Psyché.

Le père de Psyché se rend à Delphes pour demander à Apollon que sa fille puisse se marier, mais hélas, l’oracle est formel, Psyché doit être abandonnée sur un rocher, où un horrible monstre viendra la chercher pour en faire sa femme.

Le père de Psyché obéit à l’oracle, mais Éros amoureux demande à son père, Zéphyr, d’enlever la jeune fille et de l’amener dans son palais. Dans l’obscurité de la nuit, son époux la rejoint, mais lui demande de ne jamais chercher à connaître son identité. Il la visite toutes les nuits, et Psyché se trouve prise entre son amour pour son amant et la répugnance qu’elle a pour le monstre qu’elle croit être son mari.

Mais les deux sœurs de Psyché, d’abord inquiètes pour leur sœur disparue, deviennent jalouses quand elles apprennent son sort. Elles la convainquent alors de tuer l’horrible monstre. Profitant du sommeil d’Éros pour le regarder, elle découvre le plus beau jeune homme qu’elle ait jamais vu, mais Éros réveillé s’enfuit.

Psyché entame alors une quête pour le retrouver, avant de finir chez Aphrodite elle-même, qui la soumet aux pires épreuves, telles que rapporter des eaux du Styx ou un morceau de la beauté de Perséphone.

Ses épreuves remplies, avec l’aide entre autres de Zeus, Psyché finit par retrouver Éros. Ils se marient et Psyché ayant bu l’ambroisie acquiert ainsi l’immortalité. De leur union naît Hédoné (Volupté).

Et c’est ainsi que la Beauté engendra Amour qui lui-même engendra la Volupté. Tout un programme !

Une si belle légende ne pouvait laisser les compositeurs indifférents. C’est ainsi que LULLY nous livra deux Psyché, la première en 1671, une comédie-ballet avec un livret sur lequel ont travaillé MOLIÈRE, Pierre CORNEILLE et QUINAULT. La deuxième, une tragédie en musique où le livret fut retravaillé par Thomas Corneille et son neveu FONTENELLE.

Lully Psyche Prélude de Trompettes

En 1675, l’anglais Matthew LOCKE (1621 – 1677) écrivit un semi-opéra sur la traduction du livret de Lully.

Locke PsycheCliquez sur l’image

Au siècle suivant, MONDONVILLE écrira L’Amour et Psyché.

Mondonville l'Amour et PsychéCliquez sur l’image

En 1857, c’est le grand Ambroise THOMAS qui écrit son opéra Psyché

Thomas PsychéCliquez sur l’image

En 1872, dans son opéra-comique Fantasio, OFFENBACH introduit l’air « Psyché, pauvre imprudente ».

Offenbach Fantasio Psyché pauvre imprudenteCliquez sur l’image

Plus près de nous, César FRANCK écrivit en 1888 un poème symphonique pour chœur et orchestre sur le thème de Psyché.

Franck PsychéCliquez sur l’image

Puis en 1897, c’est Camille SAINT-SAËNS qui écrit un oratorio pour ténor et chœur d’hommes, d’après le Psyché de Molière.

Et encore au siècle suivant, Manuel DE FALLA écrira son Psyché pour mezzo-soprano et petit ensemble instrumental.

De Falla PsychéCliquez sur l’image

Il est à noter que Jean de La FONTAINE a repris ce mythe en l’enrichissant, dans un de ses contes, les Amours de Psyché et Cupidon.

(Sources principales :

Encyclopaedia Universalis 2017

Dictionnaire des personnages , Bouquins Laffont 1999

Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, éditions Fayard 1992, sous la direction de Marcelle BENOIT.)

Compositrices, Fantaisie, Oulipo

QUELQUES AUTRES HAÏKAÏS (3e SÉRIE)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Voici donc une troisième livraison de haïkaïs, dont certains écrits par vous (merci, merci, merci.)

Sur un haïkaï de John DUFF

Dans cet air très beau

Pretty s’est mise à chanter

Elle m’a fait pleurer

Verdi la Traviata Pretty Yende

Sur un haïkaï, en anagramme de confinement, réalisé dans le cadre du challenge #haikuchallenge

Ce confit ne ment

Et finement ne t’enfonce

En ce net moment

Alfano Cyrano (avec Placide Domingue)Cliquez sur l’image

Sur un hommage à JANKÉLÉVITCH

FAURÉ – DEBUSSY

Wladimir Jankélévitch

RIMSKI-KORSAKOV

Fauré Après un rêve

Sur un haïkaï de Marie-Anne

Vaisselle en musique

Concerto pour violon et

Torchon à carreaux

Beethoven concerto pour violon 3e mvtCliquez sur l’image

Sur une proposition de Philippe :

Chant de la sirène

Sur la plage désertée

Elle attend l’été

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Luciole

Beauté de Psyché

Cupidon est en émoi

Décoche une flèche

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

Citations :
Concerto pour violon : Troisième mouvement du concerto pour violon de BEETHOVEN. (Pour ce mouvement, Beethoven a repris un chant révolutionnaire français, « Mieux vaut la mort que l’esclavage, c’est la devise des français ».)
Pretty s’est mise à chanter : La soprano Pretty YENDE s’est récemment illustrée dans la Traviata de VERDI. (Vous pourrez voir sa Traviata samedi 9 mai sur la 5.)
Ce confit ne ment : Pour illustrer cette terre du confit (d’oie ou de canard), j’ai choisi Cyrano de Bergerac de Franco ALFANO (celui-là même qui a achevé la partition de Turandot de PUCCINI.)
Fauré : Laissons-nous emporter par sa mélodie « Après un rêve ».
Chant de la sirène : Pour illustrer ce chant de la sirène, j’ai choisi « les Sirènes », une pièce de Lili BOULANGER, grande compositrice morte trop jeune.
Psyché : Je vous propose d’écouter un extrait de Psyché, de LULLY.
Retrouvez d’autre haïkaïs en cliquant sur le lien.
Bande dessinée, Compositrices, Le MET s'invite chez vous, littérature, Oulipo

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – semaine du 4 au 10 mai

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 4 au 10 mai 2020.

Au sommaire quelques classiques, de Don Giovanni de MOZART à La Bohème de PUCCINI, mais aussi un opéra contemporain avec L’Amour de loin, de la compositrice finlandaise Kaija SAARIAHO sur un livret d’Amin MAALOUF, et une rareté : Hamlet d’Ambroise THOMAS.

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 4 Mai Mozart Le Nozze di Figaro

Mozart Les Noces de Figaro Sull aria

Mardi 5 Mai Thomas Hamlet

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Mercredi 6 mai Kaija Saariaho L’Amour de Loin.

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’image

Jeudi 7 mai STRAUSS Capriccio

Strauss Cappriccio METCliquez sur l’image

Vendredi 8 mai Puccini La Bohème

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur l’image

Samedi 9 mai un documentaire sur l’histoire du MET.

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Dimanche 10 mai deux opéras véristes MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

Leoncavallo Pagliacci METCliquez sur l’image

Enfin, je m’en voudrais de quitter le MET sans mentionner la passionnante étude de Georges PEREC consacrée à Marcel GOTLIB, parue dans Cantatrix Sopranica sous le titre  « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

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MADAME BUTTERFLY, de PUCCINI (MADAMA BUTTERFLY)

Composé d’après une nouvelle américaine tirée d’ « une histoire vraie », Madame Butterfly (Madama Butterfly) a été composé entre 1902 et 1903, avant d’être créé en 1904 à La Scala de Milan. Ce fut un échec, et PUCCINI et ses librettistes ont dû remanier l’opéra, avant de le remonter à Brescia, cette fois avec succès.

Il faut noter que Pierre LOTI avait écrit un roman Madame Chrysanthème, racontant en partie son voyage au Japon et son mariage « temporaire ». Un premier opéra en a été tiré dès 1893 avec une musique de MESSAGER.

Acte I : À Nagasaki, Goro fait visiter à Pinkerton, jeune lieutenant de la marine américaine, une maison en haut de la falaise, face à la mer. Il lui présente les domestiques et on attend la mariée. Le consul américain, Sharpless, arrive. Pinkerton lui explique qu’il a signé un contrat de 99 ans, dont il peut se sortir unilatéralement à la fin de chaque mois. Et qu’il en est de même avec le contrat de mariage qu’il s’apprête à signer ! (Air: « Dovunque al mondo, lo yankee vagabondo« .)

Puccini Butterfly Dovunque al mondoCliquez sur l’image

Sharpless le prévient de ne pas blesser le « papillon » qu’il prend pour femme. Pinkerton boit au jour de son vrai mariage, avec une Américaine. Cio-Cio-San arrive, toute joyeuse. (Air: « Ecco! Son giunte al sommo del pendio ».)

Puccini Butterfly Ecco. Son giunte al sommo del pendioCliquez sur l’image

On la surnomme Madame Butterfly à cause de sa beauté fragile comme celle du papillon. Répondant aux questions que les deux hommes lui posent, elle explique qu’elle a connu la richesse, mais que sa mère aujourd’hui vit dans la misère, et que son père est mort. Le commissaire impérial et la famille arrivent. Les cousines cancanent, et pronostiquent un divorce. Goro leur demande de se taire. Butterfly déballe son maigre paquetage, contenant tous ses biens, des mouchoirs, un éventail… ainsi qu’un étui long et étroit qu’elle porte directement dans la maison. Goro explique que c’est un sabre offert par le mikado à son père, avec l’ordre de se faire hara-kiri. Elle annonce qu’elle a adopté la religion de son mari. Une fois le mariage prononcé commence la fête. Arrive son oncle, le bonze qui, furieux de ce mariage, la renie. Les invités partis, Butterfly se met en vêtements de nuit, et l’acte se termine par un duo d’amour entre elle et Pinkerton. (Duo : « Viene la sera ».)

Puccini Butterfly Viene la seraCliquez sur l’image

Acte II : Suzuki prie ses dieux que Butterfly arrête de pleurer. On apprend que l’hiver venu, Pinkerton est parti en mission, laissant derrière lui Butterfly, promettant de revenir au printemps. Pendant trois ans, elle a attendu son mari, en élevant l’enfant qu’elle a eu de lui. Le consul Sharpless lui apporte une lettre de Pinkerton. Elle lui dit que, fidèle, elle a refusé les propositions d’un riche mariage, qui améliorerait sa situation. Au Japon, l’abandon vaut divorce. Elle répond que, dans son pays, l’Amérique, les choses ne se passent pas comme cela. Tout le monde est atterré en l’entendant s’accrocher ainsi à ses espoirs. Tous les jours, elle regarde la mer, espérant voir la fumée du navire qui lui ramènera son mari (Air : « Un bel di, vedremo ».)

Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur l’image

Sharpless essaie de la prévenir que la réalité pourrait être moins belle. Que se passerait-il si Pinkerton ne voulait pas la revoir à son retour? Elle dit qu’alors elle se tuerait plutôt que de redevenir geisha. Elle rentre dans sa maison en portant son enfant que Pinkerton ne connaît même pas. (Air : « Che tua madre dovrà ».)

On voit le bateau qui revient. Cio-Cio-San fleurit sa maison et se fait belle pour accueillir son mari.

Acte III : Épuisée, Butterfly qui a attendu son mari toute la nuit s’endort au petit matin. Pinkerton paraît, accompagné de Sharpless. Suzuki vient le prévenir que sa femme l’attend, mais honteux, il n’a pas le courage de venir la retrouver. (Air : « addio, fiorito asil ».)

Puccini Butterfly Addio fiorito asilCliquez sur l’image

Suzuki découvre que Pinkerton est venu avec sa femme américaine, Kate. Ils la chargent de prévenir Butterfly qu’il veut repartir aux États-Unis avec son fils japonais.

Butterfly arrive. En voyant Kate, elle comprend la vérité. Elle accepte de quitter son enfant, pour lui éviter une vie de déshonneur au Japon, mais demande que Pinkerton vienne chercher lui-même son fils. Au lever du jour, elle prend le sabre de son père. Suzuki fait entrer l’enfant. Après un adieu à son fils, elle prend le sabre, lit l’inscription sur la lame « Qui ne peut vivre dans l’honneur doit mourir avec honneur » et se tue. (Air : « Con onor muore ».)

Puccini Butterfly Con onor muoreCliquez sur l’image

Au moment où elle meurt, Pinkerton, saisi par le remords, arrive et crie son nom, mais il est trop tard.

Enfin, signalons que Frédéric MITTERRAND a porté cet opéra à l’écran.

Et le célébrissime « Un bel di vedremo » a évidemment servi de support à un certain nombre de publicités :

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