Compositrices

ETHEL SMYTH (1858-1944)

image Ethel Smyth

Ethel SMYTH est née à Londres le 22 avril 1858.

À l’âge de 12 ans, Ethel veut devenir compositrice, ce que ses parents refusent. Pourtant, à 19 ans, elle réussit à intégrer l’école de musique de Leipzig. C’est pour elle l’occasion de rencontrer Clara Schumann, Johannes Brahms ou encore Piotr Illitch Tchaïkovski qui l’encourage et lui reconnaît un grand talent, louant sa sonate pour violon.

Smyth Sonata for Violin and PianoCliquez sur la pianiste et la violoniste

Poursuivant son voyage en Europe, c’est à Florence qu’elle rencontre Henry Brewster, un écrivain qui lui écrira plusieurs livrets d’opéra.

En 1890, elle regagne l’Angleterre où l’on crée sa Sérénade en ré majeur.

Smyth Sérénade en ré majeurCliquez sur l’image

En 1893, elle fait jouer sa Messe en ré au Royal Albert Hall.

Smyth Messe en ré majeur GloriaCliquez sur l’image

En 1898, elle donne son premier opéra, Fantasio, d’après l’œuvre d’Alfred de Musset. Suivront en 1902 La Forêt (Der Wald) qui deviendra l’année suivante le premier opéra écrit par une femme monté au Metropolitan Opera. En 1909, le grand chef d’orchestre Sir Thomas Beecham monte The Wreckers (les Naufrageurs), créé à Leipzig en 1906.

Smyth The WreckersCliquez sur l’image

En 1910, Ethel Smyth se rapproche des mouvements féministes anglais et elle devient suffragette. Elle écrit pour ce mouvement la Marche des femmes (The March of the Women).

Smyth March of the WomenCliquez sur la suffragette

En 1912, suite à une manifestation de rue où on lui reproche d’avoir cassé la fenêtre d’un secrétaire d’État, elle est condamnée à deux mois de prison, ce qui nous vaut l’anecdote d’Ethel Smyth faisant chanter sa Marche des femmes par un chœur de prisonnières, elle-même dirigeant de la fenêtre de sa cellule avec une brosse à dents.

En 1922, ses talents musicaux sont récompensés par le grade de Dame Commandeur de l’ordre de l’Empire britannique.

Elle cesse de composer et se met à l’écriture vers 1930, quand elle se rend compte qu’elle devient sourde. En 1939, elle tombe amoureuse de Virginia Woolf avec qui elle correspondra jusqu’au suicide de cette dernière en 1941.

Ethel Smyth est morte à Wokey le 8 mai 1944, à l’âge de 86 ans.

Agenda Ironique

LA BEAUTÉ

Ce mois-ci (octobre 2022), l’Agenda Ironique a pris ses quartiers chez Luc, alias le Flying Bum. Et voici ce qu’il nous propose :

Ah, la beauté ! Que dire encore de la beauté ? Qu’elle est dans les yeux de celui qui voit, soeur de la vanité ou mère de la luxure ? Beauté des hommes, des femmes, des choses et des mots . . . à vos plumes belles gens. La beauté sera le thème central de l’Agenda Ironique d’octobre. Poésie, récit, nouvelle, prose, tout sera reçu avec beauté, tant soit-il que le texte contienne un proverbe créé de toutes pièces et présenté sous forme de citation.

Ah, la beauté ! Que de pâmoisons,de ravissements ou de coup bas elle a occasionnés à l’opéra. Femmes fatales ou hommes fataux, nature ou déesses, qui sont-ils ces êtres dont la beauté a fourni aux compositeurs tant de belle musique.

À la fin de King Arthur, de PURCELL, Vénus personnifie la beauté parfaite de l’Angleterre dans l’air « Fairest Isle ».

Purcell King Arthur Fairest IsleCliquez sur l’image

Dans Alcina de HAENDEL, c’est encore la beauté de la nature que chante Ruggiero dans son air « Verdi prati ».

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur Ruggiero

À la fin de Cenerentola de ROSSINI, tous chantent la victoire de la beauté (de Cendrillon) sur l’orgueil (des méchantes sœurs).

Rossini la Cenerentola finalCliquez sur la victoire de la beauté sur la sottise et l’orgueil

Qui est la plus belle, c’est le thème du Jugement de Pâris, sommé de choisir entre les beautés de Vénus, Junon et Minerve dans la belle Hélène d’OFFENBACH. Air « Au mont Ida, une déesse ».

Offenbach la belle Hélène Au mont IdaCliquez sur Pâris

Dans Roméo et Juliette de GOUNOD, Roméo compare la beauté de Juliette à celle du soleil. Air : « Ah; lève-toi, soleil ».

Gounod Roméo et Juliette Ah, lève-toi, soleil !Cliquez sur Roméo Alagna

Et dans Otello de VERDI, le peuple célèbre la beauté de la femme du général. Chœur « Dove guardi splendono raggi ».

Verdi Otello Dove guardi splendono raggiCliquez sur l’image

Dans Rusalka de DVORAK, le prince émerveillé par la beauté de l’ondine lui demande si elle femme ou fée. Air : « Vidino divna, presladka ».

Dvorak Rusalka Vidino divna presladkaCliquez sur l’image

Bien sûr, il n’y a là qu’une petite sélection, éminemment subjective de la beauté à l’opéra, et il y a aussi toutes les beautés cachées dans la musique même. Après tout, les musiciens n’ont-ils pas inventé ce proverbe « Walkyrie vendredi dimanche pleurera » ?

Et puis, si vous n’avez pas peur d’un bonus surprise, cliquez donc sur l’image.

point-dinterrogationCliquez sur l’image si vous n’avez pas peur d’un bonus surprise

littérature, Théâtre

Carlo GOLDONI (1707 – 1793)

image Goldoni

Carlo Goldoni est un dramaturge né à Venise le 25 février 1707. Il s’initie très tôt aux joies du théâtre en jouant aux marionnettes. C’est ainsi qu’il écrit sa première « pièce » à l’âge de 8 ans pour son théâtre de marionnettes.

Son père médecin aurait voulu qu’il suive sa voie, mais le jeune Carlo fugue pour suivre une troupe de comédiens. Il revient toutefois assez vite à Venise. Un de ses oncles le convainc alors de suivre des études de droit, ce qu’il fait à Pavie, puis à Modène. Il revient à Venise pour exercer son métier d’avocat.

Assez vite, il met de côté cette carrière pour pouvoir écrire des pièces de théâtre. Après plusieurs tragédies qui n’ont pas connu le succès, il se lance dans la comédie, sous l’influence de MOLIÈRE et de la commedia dell’arte.

Ainsi en 1735, il écrit à Venise la tragi-comédie Don Giovanni Tenorio. Toujours à Venise, il fournit le livret de deux opéras à son compatriote VIVALDI, dont Griselda en 1735.

Vivaldi Griselda Agitata da due ventiCliquez sur l’image

En 1740, il noue notamment une collaboration extrêmement fructueuse avec le compositeur GALUPPI, collaboration commencée en 1740 avec Gustave Ier, roi de Suède, Gustavo primo, re di Svezia en V.O. Ils travaillent ensemble jusqu’en 1754 avec des œuvres comme Il Mondo della Luna (1750) ou Il Filosofo di campagna, le Philosophe de campagne en V.F. (1754).

Galuppi Il filosofo di Campagna Son pien di giubiloCliquez sur l’image

Le Monde de la lune a inspiré à PICCINNI l’opéra il finto Astrologo en 1765. Mais c’est la version de Joseph HAYDN, datant de 1777 qui est de nos jours la plus connue de Il Mondo della Luna.

Haydn Il Mondo della LunaCliquez sur l’image

En 1745, il écrit Arlequin,serviteur de deux maîtres, une de ses pièces les plus connues. En 1752, il écrit un autre de ses chefs-d’œuvre, la Locandiera, qui fera l’objet d’un opéra composé par SALIERI en 1773 pour Vienne. En 1792, CHERUBINI écrira des pièces musicales pour accompagner cette œuvre au théâtre. Une autre adaptation est celle du tchèque MARTINU en 1954, sous le nom de Mirandolina.

Salieri la Locandiera (Goldoni)Cliquez sur Salieri

Martinu Mirandolina (la Locandiera)Cliquez sur l’image

En 1762, lassé des critiques incessantes dont il était victime en Italie, notamment de la part de son cadet Carlo Gozzi, il se rend à Paris pour travailler pour le Théâtre-italien. En 1765, il entre à la Cour, et il enseigne l’italien aux jeunes princesses.

En 1768, le jeune MOZART alors âgé de 12 ans écrit la Finta semplice (le faux Innocent) d’après une pièce de Goldoni.

En 1787, il fait paraître ses Mémoires pour servir à l’histoire de ma vie et celle du théâtre.

Goldoni meurt à Paris le 6 février 1793, à l’âge de 85 ans.

Il est à noter que le compositeur italien Ermanno WOLF-FERRARI (1876-1948) a écrit plusieurs opéras sur des pièces de Goldoni.

Mes opéras préférés

L’ENLÈVEMENT AU SÉRAIL, de MOZART (1782)

LEnlèvement au sérail (Die Entführung aus dem Serail) est une commande de l’empereur d’Autriche, Joseph II. Créé à Vienne en 1782, l’opéra connut un grand succès, et est resté l’opéra le plus populaire de Mozart jusqu’à sa mort. C’est un Singspiel, c’est-à-dire un opéra chanté en allemand.

C’est à son propos que l’empereur aurait eu le célèbre mot : « Trop de notes ».

Le pitch : Belmonte vient chercher sa femme Constance qui, capturée par des pirates, a été vendue au pacha Selim avec sa femme de chambre Blondchen et le valet Pedrillo. Osmin le méchant gardien du harem va leur faire obstacle. Selim est amoureux de Constance, mais les héros vont finir par s’échapper.

Ouverture :

Mozart l'Enlèvement au sérail OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Belmonte entre chez le pacha Selim, à la recherche de sa fiancée Constance. Celle-ci, tombée aux mains des pirates avec sa servante Blondchen, a été vendue au pacha Selim. Osmin, le gardien du sérail, arrive à son tour et Belmonte le presse de questions sur le sort des deux femmes, et de son serviteur Pedrillo. Osmin l’insulte et Belmonte sort, vexé.

Pedrillo arrive et Osmin, qui déteste ses manières supérieures, le menace de mille morts, puis sort. Belmonte revient et retrouve Pedrillo. Ce dernier l’informe que Constance est en vie, mais qu’elle est chez le pacha Selim qui est amoureux d’elle. Pedrillo rassure Belmonte, le pacha est un homme honnête et il n’a pas porté la main sur Constance. Il sera difficile de la faire sortir du palais, car Osmin veille. Pedrillo, qui a obtenu les faveurs de Selim en tant que jardinier, propose de faire passer Belmonte pour un architecte afin de le faire entrer dans le palais.

Le pacha Selim apparaît avec Constance. Il s’efforce en vain d’obtenir son amour, mais Constance lui répond qu’elle a déjà donné son cœur à un autre. Pedrillo veut entrer pour présenter l’architecte à Selim, mais Osmin ne les laisse pas entrer. (Trio « Marsh, marsh, marsh »)

Mozart l'Enlèvement au sérail Marsch Marsh MarshCliquez sur Pedrillo, Belmonte et Osmin

Acte II : Blondchen repousse les tentatives brutales d’Osmin. Elle dit que la force ne sert à rien, que c’est par la cajolerie et la douceur que l’on conquiert le cœur des femmes. Osmin sort, Constance entre, pleine de tristesse d’être séparée de Belmonte (Air de Constance : « Traurigkeit war mir zum Lose »).

Mozart l'Enlèvement au sérail Traurigkeit ward mir zum LoseCliquez sur Constance

Selim approche et déclare à Constance que sa patience est à bout. Il menace d’utiliser la force si elle ne lui cède pas d’ici le lendemain. Constance répond qu’elle préfère mourir plutôt que céder.

Pedrillo annonce à Blondchen, sa bien-aimée, que Belmonte est arrivé. Il explique qu’il mettra un somnifère dans le vin d’Osmin pour l’endormir. Elle sort pour en informer Constance. Quand Osmin arrive, Pedrillo le fait boire et il s’endort. Les deux couples se réunissent. Les deux hommes testent les réactions de leurs fiancées pour savoir si elles ont été fidèles. Derrière leur indignation, ils se rassurent et se réjouissent (Quatuor : « Ach, Belmonte ! Ach, mein Leben ! »).


Mozart l'Enlèvement au sérail Ach, Belmonte ! Ach, mein Leben !Cliquez sur Belmonte, Constance, Blondchen et Belmonte

Acte III : Après un grand air de Belmonte, Pedrillo arrive avec une échelle pour sortir les deux femmes du sérail. Osmin se réveille et triomphe : il les tient ! (Air d’Osmin « O, wie will ich triumphieren »).

Mozart l'Elèvement au sérail O, wie will ich triumphieren (Osmin)Cliquez sur Osmin

Selim arrive avec ses janissaires. Constance implore la pitié du pacha et Belmonte raconte que son père est un grand d’Espagne, gouverneur d’Oran, et qu’il paiera une forte rançon. Malheureusement, Selim et le père de Belmonte sont ennemis, et le pacha est heureux de pouvoir se venger et tuer le fils de son ennemi. Ils laissent les amoureux seuls le temps de réfléchir à ce qu’il va faire (Duo d’amour face à la mort : « Welch ein Geschick »).

Mozart l'Enlèvement au sérail Welch ein GeschickCliquez sur Constance et Belmonte

Quand il revient, il décide d’être généreux et de leur laisser la vie sauve. Tous sont remis en liberté. Belmonte, Constance, Pedrillo et Blondchen chantent les louanges et la bonté de Selim. (Final : « Bassa Selim lebe lange ».)

Mozart l'Enlèvement au sérail Bassa Selim lebe langeCliquez sur le final

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« EN ENVOYANT UN POT DE FLEURS », de MALLARMÉ

Après le Pitre châtié de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose En envoyant un pot de fleurs, un poème de jeunesse datant de 1859.

Minuit au vieux beffroi : l’ombre dort, et la lune

Debussy le Diable dans le beffroi

Se joue en l’aile noire et morne dont la nuit,

Sombre corbeau, nous voile. Au ciel l’étoile fuit.

Slatkin the RavenCliquez sur the Raven

– Mille voix du plaisir voltigent à moi : l’une

M’apporte ris, baisers, chants de délire : suit

Une fanfare où Strauss fait tournoyer la brune

Au pied leste, au sein nu, que sa jupe importune.

Strauss Concert du nouvel an Vienne 2011

Tes masques ! carnaval ! tes grelots ! joyeux bruit ! –

Schumann Carnaval de VienneCliquez sur la pianiste

Et moi, je dors d’un œil, et je vous dis, Marie,

Qu’en son vase embaumé votre fleur est ravie

voici des rosesCliquez sur l’image

D’éclore sous vos mains et tressaille au bonheur

De vivre et se faner un soir sur votre cœur !

Berlioz Nuits d'été Spectre de la rose CrespinCliquez sur l’image

– Ah ! d’une aurore au soir dût s’envoler ma vie

Comme un rêve, fleurette, oui, ton sort, je l’envie !

Fauré Après un rêveCliquez sur l’image

Citations musicales :

Minuit au vieux beffroi : Le Diable dans le beffroi est un opéra inachevé de DEBUSSY, d’après le conte d’Edgar Allan POE.

Sombre corbeau : Restons avec Poe (dont on se souvient qu’il a été traduit en français par Mallarmé). Le chef d’orchestre américain Léonard SLATKIN a mis en musique le poème the Raven (le Corbeau).

Strauss : Concert du Nouvel An à Vienne 1981 : Aus der Ferne Polka Mazur, Op. 270.

Tes masques ! carnaval ! Restons à Vienne avec Robert SCHUMANN et son Carnaval de Vienne.

son vase embaumé : BERLIOZ La Damnation de Faust « Voici des roses ».

se faner un soir : Restons avec Berlioz et ses Nuits d’été dans « le Spectre de la rose ».

Comme un rêve : FAURÉ Après un rêve.

Divers

LES MÉCHANT(E)S [TRÈS MÉCHANT(E)S]) DE L’OPÉRA

En assistant il n’y a guère à l’Opéra Bastille à Tosca de PUCCINI, il m’est revenu que le personnage de Scarpia est vraiment très méchant. Dès lors, me suis-je alors demandé, quels autres personnages vraiment très méchants peut-on trouver sur les scènes lyriques?

Le premier méchant vraiment méchant est une femme (c’est donc une méchante.) Il s’agit de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée de MOZART. Et son fameux air n’est qu’un appel au meurtre, où les notes aiguës représentent les coups de poignard qu’elle demande à Pamina de porter sur son ennemi Zarastro.

Flûte enchantée Reine de la nuitCliquez sur la méchante reine de la nuit

Aux notes aiguës de la Reine de la nuit répondent les notes graves d’Osmin, dans l’Enlèvement au sérail, du même Mozart. Osmin, Gardien du harem de Sélim, où est retenue Blondchen, ne rêve que de conquérir cette dernière.

Mozart l'Elèvement au sérail O, wie will ich triumphieren (Osmin)Cliquez sur le cruel Osmin

Dans Fidélio de BEETHOVEN, Pizzaro qui a fait mettre en prison Florestan va décider de le supprimer quand il apprend que le gouverneur va visiter sa prison.

Beethoven Fidelio PizarroCliquez sur Pizarro

On trouve dans Otello de VERDI un autre être réellement habité par le mal. C’est Iago, l’âme damnée d’Othello, qui par jalousie et ambition portera celui-ci à assassiner sa femme Desdémone. Il exprime toute sa mauvaiseté dans un « Credo » impie et blasphématoire.

otello credi un un dio crudeleCliquez sur le « Credo » blasphématoire

Scarpia donc, dans Tosca, exprime toute sa duplicité et son sadisme dans le second acte de l’opéra de Puccini, où on le voit faire porter une violence morale sur Tosca en faisant torturer sous ses oreilles son amant Cavaradossi. Tout cela pour posséder physiquement la belle jeune femme qui se refuse à lui. Comme Iago, il exprime sa fourberie en détournant l’usage d’un « Te Deum » pour exprimer sa joie à déployer ses pièges autour de Tosca et Cavaradossi.

Puccini Tosca Te DeumCliquez sur Scarpia laissant éclater sa joie mauvaise au cours du « Te Deum »

Dans Jenufa de JANACEK, la marâtre Kostelnicka cause le malheur de son entourage au nom de la morale. Notamment, elle enlève à l’héroïne son fils né hors de l’union sacrée du mariage pour aller le noyer dans la rivière gelée.

Janacek Jenufa Co chvila et fin acte IICliquez sur la marâtre Kostelnicka causant le malheur de son entourage par peur du candide raton

Agenda Ironique

RELAIS POUR LE VOTE DE SEPTEMBRE 2022

MArie-Jo me prie de relayer l’appel aux votes pour l’agenda Ironique de septembre 2022, ce » que je fais bioen volontiers.

Voici donc son appel :

Et félicitations à Marie-Jo qui a su susciter tant de belles participations, et à tous les participant(e)s pour leurs (belles) participations.

Compositeurs

MANUEL DE FALLA (1876-1946)

image De Falla

Manuel DE FALLA est l’un des compositeurs espagnols les plus importants. Il est né le 23 novembre 1876 à Cadix.

Manuel commence l’apprentissage du piano à l’âge de 8 ans. En 1896, il entre au Conservatoire de Madrid, d’où il ressortira deux ans plus tard. Il a comme professeur de composition le catalan Felipe PEDRELL.

En 1904, il écrit son premier succès, l’opéra la Vie brève (la Vida breva).

De Falla La vida breveCliquez sur l’image

En 1907, il part en France où il côtoie DEBUSSY, RAVEL et son compatriote Isaac ALBENIZ. En 1910, il écrit Trois mélodies sur des poèmes de Théophile GAUTIER.

Au début de la guerre, en 1914, il rentre en Espagne. Pendant la tournée espagnole des Ballets russes de DIAGHILEV, De Falla fait la connaissance de STRAVINSKY. C’est pour les ballets russes qu’il écrit l’Amour sorcier (El Amor brujo) (1915) et le Tricorne (El Sombrero de tres picos) (1917).

De Falla Danse rituelle du feuCliquez sur l’image

De Falla le TricorneCliquez sur l’image

En 1921, il écrit ses Nuits dans un jardin d’Espagne (Noches en los jardines de Espana), pour piano et orchestre.

De Falla Nuits dans un jardin d'EspagneCliquez sur l’image

En 1922, c’est l’opéra de chambre les Tréteaux de Maître Pierre (El retablo de Maese Pedro), d’après le Don Quichotte de CERVANTÈS. En 1926, il écrit pour la claveciniste Wanda LANDOWSKA son Concerto pour clavecin et cinq instruments. (Deux ans plus tard, c’est son ami POULENC qui écrira un concerto pour clavecin pour cette même claveciniste.)

De Falla Concerto pour clavecinCliquez sur l’image

Pendant la guerre civile (d’Espagne), ce catholique pratiquant penche du côté de FRANCO, mais après l’assassinat en 1936 de son ami GARCIA LORCA, il décide de partir en Argentine. Il ne reviendra plus en Espagne et il mourra le 14 novembre 1946, à Alta Gracia.

Divers

CHANTEUSES ET CHANTEURS À L’OPÉRA

En assistant il n’y a guère à l’Opéra Bastille à Tosca de PUCCINI, il m’est revenu que le personnage de Tosca est celui d’une cantatrice. Dès lors, me suis-je alors demandé, quels autres chanteurs ou chanteuses peut-on trouver sur les scènes lyriques ?

Le premier d’entre tous, le héros du premier opéra de l’histoire est Orphée, puisque c’est son histoire que MONTEVERDI a choisi de mettre en musique dans son Orfeo. De nombreux autres compositeurs se sont aussi emparés d’un aussi beau sujet.

Orphée était le fils d’un fleuve de Thrace et de la muse Calliope. La beauté de son chant apprivoisait les bêtes sauvages, et quand il est descendu aux enfers chercher son Euridyce morte, son chant émut les dieux infernaux qui lui permirent de la récupérer et de (tenter de) remonter dans le monde des vivants.

Au début du XIXe siècle, ROSSINI fait prendre des cours de chant à son héroïne dans le Barbier de Séville, et la leçon de chant que lui donne Lindoro est un bon prétexte pour tromper ce vieux barbon de Bartolo qui a des vues sur sa pupille.

rosssini barbier contro un corCliquez sur Rosine et Lindoro/Almaviva

Dans les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg de WAGNER, toute une partie de l’histoire tourne autour du concours de chant des fameux Maîtres-Chanteurs.

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser acte IIICliquez sur Sixtus Beckmesser

Un peu plus tard, dans les Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, on trouve deux rôles de chanteuse. La première dans le prologue où la cantatrice Stella chante Don Giovanni de MOZART. La deuxième est Antonia, une chanteuse à la voix sublime, mais qui ne doit plus chanter sous peine de mourir.

contes d'hoffmann antoniaCliquez sur Antonia

J’en parlais dans l’introduction de ce billet Floria Tosca est une cantatrice qui ne rêve que de vivre d’art et d’amour (Vissi d’Arte).

Puccini Tosca Vissi d'arteCliquez sur Floria Tosca

Au XXe siècle, Richard STRAUSS s’y est pris à deux fois pour nous présenter des chanteurs et chanteuses dans ses opéras.

Dans Ariane à Naxos, une troupe de comédiens et une troupe de chanteurs sont priées par le maître de maison de fusionner théâtre et opéra.

Strauss Ariadne auf Naxos Noch glaub' ich dem einemCliquez sur Zerbinette, la chanteuse

On retrouve la thématique de l’opposition entre musique et théâtre dans Capriccio (1942).

Strauss Capriccio Kein andres, das mir so im Herzen lohtCliquez sur le ténor

Enfin, toujours au XXe siècle, dans l’Affaire Makropoulos de JANACEK, deux des nombreuses incarnations de la mystérieuse E.M. sont des chanteuses.

Janacek l'Affaire MakropoulosCliquez sur Emilia Marty

Cinéma

IN MEMORIAM JEAN-LUC GODARD (1930-2022)

Jean-Luc GODARD, né à Paris le 3 décembre 1930, était un cinéaste franco-suisse ou helvético-français, suivant le côté de la frontière où on se trouve.

D’abord critique de films aux Cahiers du cinéma, avec Éric ROHMER et François TRUFFAUD, il est un des fondateurs du mouvement appelé Nouvelle Vague avec son film À bout de souffle (1959). Pour ce film, il a confié la partition au pianiste de jazz Martial SOLAL.

En 1960, ce sera le petit Soldat, un film sur la guerre d’Algérie qui sera censuré pendant trois ans.

En 1963, il tourne le Mépris, avec Michel PICCOLI et Brigitte BARDOT, et une musique de Georges DELERUE.

Delerue le Mépris thème de CamilleCliquez sur l’image

En 1966, il tourne Made in USA, d’après le grand sommeil de Raymond CHANDLER, film dont les musiques sont signées Robert SCHUMANN, BEETHOVEN, J.-L. Godard, Keith RICHARDS et Mick JAGGER.

En 1967, il sort deux de ses chefs-d’œuvre, Alphaville et Pierrot le fou, ainsi que la Chinoise, avec une musique de Michel LEGRAND, VIVALDI, SCHUBERT et STOCKHAUSEN.

Godard la Chinoise VivaldiCliquez sur l’affiche

Pour Passion, (1981 mais sorti en 1982), il convoque MOZART, DVORAK, Beethoven, RAVEL et FAURÉ pour la musique.

En 1983, il met en scène la nouvelle de MÉRIMÉE Carmen, avec une musique empruntée à Beethoven.

Godard Prénom Carmen (Beethoven)Cliquez sur l’image

En 1987, il participe à Arias (1987), un film collectif commandé par le Festival de Cannes basé sur des extraits d’opéra, où il met en scène Armide de LULLY.

Lully Armide (Godard)Cliquez sur l’image

Dans les années 1990, il tourne pour Canal + ses Histoire(s) de cinéma.

Jean-Luc Godard est mort à Noyon en Suisse le 13 septembre 2022.

(Sources : Jean-Luc GODARD, cinéaste acousticien, Louis-Albert SERRUT, L’Harmattan 2014, ainsi que quelques émissions de France-Musique.)