Écrivains, littérature, Théâtre

Philippe QUINAULT (1635-1688)

image Quinault

Philippe QUINAULT était contemporain de Molière, Racine ou Corneille et, à son époque, connaissait les mêmes succès qu’eux. Pourtant il n’est plus guère connu de nos jours, sauf par les amateurs de lyrique.

Quinault naît à Paris le 3 juin 1635. Fils d’un boulanger, il fait des études de droit, avant de fréquenter les salons parisiens. Il écrit sa première comédie, les Rivales, en 1653 qui signe le début de son succès.

En 1660, il se marie avec une jeune veuve avec la dot de laquelle il achète la charge de « valet de chambre ordinaire du roi », charge qui lui confère un titre de noblesse et lui permet de s’approcher de Louis XIV. Ceci ne l’empêche pas de poursuivre sa carrière d’écrivain jusqu’à sa pièce Bellérophon (1671).

En parallèle de cette carrière, Quinault écrit des arguments pour des ballets ou des mascarades (on se souvient que Loulou XIV était friand de ballet.) Dès 1656, il écrit Armide et Renaud pour une comédie mise en musique par Michel Lambert. Il collabore aussi avec Molière pour le Ballet des muses (1666-1667) ainsi que pour Psyché (1671) de Lully.

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

En 1670, Quinault entre à l’Académie française (un an avant PERRAULT).

En 1672, quand Lully rachète le privilège de l’Académie royale de musique, c’est vers Quinault qu’il se tourne pour l’écriture de ses livrets, après sa brouille avec Molière. Cette collaboration démarre avec les Fêtes de l’Amour et de Bacchus (1672) suivi par la tragédie en musique Cadmius et Hermione (1673). En 1674, c’est Alceste, qui désarçonne le public. La FONTAINE, Racine et Boileau tentent alors de prendre sa place, et Quinault est mis sous la tutelle artistique de la « petite académie », un cercle restreint de poètes mis en place par COLBERT pour gérer le mécénat artistique du roi.

Dès lors, Lully et Quinault produisent une tragédie lyrique par an, avec Thésée (1675), Atys (1676), Isis (1677). L’insuccès de cette dernière le fait remplacer par Thomas Corneille, mais après la disgrâce de la Maintenon, l’attelage Lully / Quinault peut redémarrer.

Lully Atys songes funestesCliquez sur l’image

Suivent alors Proserpine (1680), Persée (1682), Phaëton (1683), Amadis (1684), Roland (1685) et Armide (1686) ainsi que des ballets.

Lully Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur Armide

Quand Louis XIV commence à s’occuper plus de son salut que de la vie mondaine, laissant ces plaisirs au Dauphin, Quinault, malade, décide de prendre sa retraite et de songer à son salut.

Quinault meurt à Paris le 26 novembre 1688, à l’âge de 53 ans, mais ses livrets, de par la perfection de leurs constructions, connaîtront encore une vie longtemps après sa mort, et c’est ainsi que Jean-Chrétien BACH (le dernier fils de Jean-Sébastien) écrira son propre Amadis des Gaules en1779.

Bach J.-C. Amadis de Gaule Venez, dans de plus doux asilesCliquez sur l’image

Lors de la querelle des gluckistes et des piccinnistes, GLUCK sera amené à écrire son Armide en 1777 alors que l’année suivante PICCINNI reprendra le livret de Roland (et en 1780 celui d’Atys.)

Gluck Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur l’image

Piccinni Atys OuvertureCliquez sur Piccinni

(Sources principales : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, Fayard 1992).

Compositeurs, Compositrices, littérature

César FRANCK (1822-1890)

image César Franck

César FRANCK est né le 10 décembre 1822 à Liège. Son père rêve d’en faire un enfant prodige, à l’instar d’un Mozart ou d’un Liszt, et le fait entrer à 8 ans au Conservatoire de Liège. César y remporte les grands prix de piano et d’harmonie à l’âge de 12 ans.

En 1835, sa famille vient à Paris, mais il doit attendre d’être naturalisé pour entrer au Conservatoire de cette ville. Ce sera chose faite fin 1837, et en 1838, il emporte un grand prix extraordinaire de piano. Sous la férule de son père, il donne des concerts au cours desquels il rencontre d’autres virtuoses comme Liszt ou Alkan.

Il écrit son opus 1 en 1841 : trois Trios concertants que son père fera publier en 1843.

En 1843, il écrit un opéra, Stradella et l’année suivante Ruth, un oratorio. Son amitié avec Gounod, dont on connaît l’aspect mystique, le poussera à œuvrer dans ce genre de l’oratorio. (Rappel, un oratorio est une espèce d’opéra dont le sujet, tiré de la bible, empêche la représentation sur la scène d’un théâtre.) De ces musiques d’inspiration religieuses, il lui restera le surnom amical de Pater Seraphicus.

En 1846, Franck s’éprend de Félicité, une de ses élèves, ce que son père ne voit pas d’un bon œil. César quitte alors la maison paternelle et deux ans plus tard, en 1848, il épouse Félicité (ils auront quatre enfants, dont deux mourront en bas âge). Entre-temps, en 1846, il avait composé le poème symphonique Ce qu’on entend sur la montagne, d’après Victor Hugo. Il reviendra à Hugo avec les Djinns, en 1884. (Il peut être intéressant de noter que ce poème a été écrit un an avant celui de Franz Liszt, qui est pourtant considéré comme étant le créateur du genre.)

Franck Ce qu'on entend sur la montagneCliquez sur l’image

Après la création de ce poème symphonique, il écrit les brillantes Variations symphoniques pour piano et orchestre (1885).

Franck Variations symphoniquesCliquez sur le pianiste

En 1856, César Franck devient titulaire des grandes orgues de Sainte-Clotilde à Paris. Une part importante de sa production musicale sera réservée à cet instrument.

En 1870, il fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique avec Saint-Saëns et Fauré.

Entre 1871 et 1872, il écrit Rédemption, une œuvre hybride entre l’opéra, l’oratorio et le poème symphonique.

Franck RédemptionCliquez sur l’image

En 1872, César Franck dirige la classe d’orgue au Conservatoire de Paris. Parmi ses élèves, outre Henri Duparc, Ernest Chausson et Vincent d’Indy, on peut aussi citer les compositrices Augusta Holmès et Mel Bonis.

En 1879, Franck achève son oratorio les Béatitudes, sur lequel il a travaillé près de dix ans, et en 1880, il compose son Quintette.

Franck Les BéatitudesCliquez sur l’image

Franck quintetteCliquez sur le quintette

En 1881, il écrit un nouvel oratorio, Rebecca, et un poème symphonique, le Chasseur maudit.

Franck le Chasseur mauditCliquez sur l’image

En 1886, c’est Psyché et la Symphonie en ré mineur.

Franck Symphonie en ré mineur 2ème partieCliquez sur l’image

La même année, César Franck écrit sa Sonate pour piano et violon, qui servira de modèle à Proust pour la Sonate de Vinteuil de la Recherche du temps perdu. Cette sonate est dédiée au compositeur et violoniste Eugène Isaye et lui est offerte en cadeau de mariage.

Franck Sonate piano violonCliquez sur le violoniste et la pianiste

Sur la fin de sa vie, il travaille encore à deux opéras, Hulda et Ghiselle, restés inachevés à sa mort.

César Franck meurt à Paris le 8 novembre 1890, à l’âge de 67 ans.

Agenda Ironique

QUI A L’ANGE DE NOEL ?

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est hébergé par Photonanie. Son thème : une histoire de Noël. Sa ou ses contraintes : utiliser le mot graffeur ou gaffeur, et si possible l’expression « être maquillée comme une ouature volée. Tout ceci est très bien expliqué sur son site : https://photonanie.com/2022/12/01/lagenda-ironique-de-novembre-2022-le-temps-du-vote-cloned-44684/

Pour rester dans l’ironie de cet agenda, je me suis servi d’une presque anagrame de « l’Agenda ironique », ce qui m’a fourni ce thème : « Qui a l’ange de Noël ? »

Quand j’étais enfant, nous avions coutume de chanter à cette époque de l’année Les Anges dans nos campagnes (tout en maquillant les voitures volées pendant la nuit).

Les anges dans nos campagnesCliquez sur l’image

Dès lors, me suis-je demandé quelles musiques tirées du répertoire classique annoncent ainsi les anges de Noël.

Le numéro 13 de l’Oratorio de Noël de J.-S. BACH est tiré de l’Évangile selon Saint-Luc et fait référence aux anges.

Bach Weinachts Oratorio les angesCliquez sur l’image

Le numéro 14 du Messie (Messiah) de HAENDEL fait intervenir l’Ange du Seigneur annonçant l’arrivée du Sauveur.

Haendel Messiah There were Shepherds abiding in their FieldsCliquez sur l’image

Un peu plus près de nous, César FRANCK a écrit pour l’orgue ce grand Chœur.

Franck Grand chœur (sortie pour Noël)Cliquez sur l’organiste

Une de ses élèves compositrices, Augusta Holmès a suivi ses traces avec Trois anges sont venus ce soir.

Holmes Trois anges sont venus ce soirCliquez sur l’image

Et la compositrice Corlynn Hanney a composé ce Christmas Angel.

Hanney Christmas AngelCliquez sur l’image

Et comme je n’ai pas réussi à placer de gaffeur agrafeur, je vous propose, hors sujet, ceci :

Gaston Lagaffe

Divers

ILS OU ELLES ONT JOUÉ DU CLASSIQUE (6e série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la cinquième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

De VIVALDI, on peut écouter les 4 Saisons, « l’hiver » par SINFONITY.

Vivaldi l'Hiver SinfonityCliquez sur l’ensemble de guitares électriques

Je vous ai déjà proposé (dans la deuxième série), STING chantant DOWLAND. En voici un nouvel air.

Dowland Sting Can She Excuse my WrongsCliquez sur l’image

La chanteuse punk Nina HAGEN a interprété l’opéra de Quat’sous de BRECHT.

Brecht Hagen L'opéra de quat' sousCliquez sur Nina Brecht

Céline DION a chanté la Berceuse de BRAHMS.

Brahms Dion LullabyEndormez-vous en cliquant sur Céline Brahms

Le groupe DAYDREAM nous a proposé en 1969 cette version du Lac des Cygnes de TCHAÏKOVSKI.

Tchaïkovski le Lac des Cygnes (Daydream) - The Wallace CollectionCliquez sur Piotr Illitch Daydream

Même Elvis PRESLEY a réinterprété la barcarolle des Contes d’Hoffmann.

Offenbach Presley G.I. BluesCliquez sur Elvis Offenbach

Et puis, c’est promis, il y aura (un jour) une septième série.

littérature, Oulipo, Poésie

« MARIE », de Guillaume APOLLINAIRE (1913)

Après « le Nuage » de Mallarmé, j’ai choisi ce mois-ci pour mon poème mis en musique « Marie », de Guillaume APOLLINAIRE.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Rachmaninov les clochesCliquez sur l’image

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Debussy MasquesCliquez sur l’image

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Berlioz Damnation de Faust chœur des soldats et des étudiantsCliquez sur l’image

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Fauré Automne d'Armand SylvestreCliquez sur l’image

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Paradis et Chedid la SeineCliquez sur l’image

Citations musicales :

les cloches : RACHMANINOV les Cloches.

les masques : DEBUSSY Masques.

Des soldats passent : BERLIOZ la Damnation de Faust double chœur des soldats et des étudiants.

Feuilles de l’automne : FAURÉ Automne.

la Seine : Vanessa PARADIS et Matthieu CHEDID la Seine.

Et si ce poème vous plaît, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si ce poème vous a plu

Divers

LE CALENDRIER DE L’AVENT 2022

Il est une tradition d’offrir, quatre semaines avant Noël, des calendriers de l’avent, dont la durée dépend du jour de la semaine où tombe Noël. Il doit commencer un dimanche, quatre semaines avant cette fête. Noël tombant un dimanche en 2022, le calendrier de l’avent commence donc le dimanche 27 novembre.

Lundi 28 novembreCliquez sur le 28 novembre

Mardi 29 novembreNe cliquez pas sur le 29 novembre si vous êtes encore au 28 novembre

Mercredi 30 novembreNe cliquez pas sur le 30 novembre avant le 30 novembre 2022

Jeudi 1er décembrePrière de ne pas cliquer sur le 1er décembre avant le 1er décembre

Vendredi 2 décembreLao-Tseu l’a dit, si tu n’es pas arrivé(e) au 2 décembre, tu ne dois pas cliquer sur le vendredi 2 décembre

Samedi 3 décembreMerci de ne pas cliquer sur le 3 décembre avant le 3 décembre

Dimanche 4 décembrePour que l’harmonie règne en ce monde, évitez de cliquer sur le 4 décembre avant cette date

Lundi 5 décembreSi le 5 décembre vous êtes, cliquer sur le 5  décembre vous pouvez

Mardi 6 décembreSi vous n’êtes que le 5 décembre, attendez donc demain pour cliquer sur le 6 décembre.

Mercredi 7 décembreVous pouvez cliquer sur le 7 décembre à condition d’être arrivé à ce fameux 7 décembre

Jeudi 8 décembrePour protéger le monde de la dévastation, ne cliquez sur le 8 décembre qu’à partir du 8 décembre

Vendredi 9 décembreCliquez sur le 9 décembre

Samedi 10 décembreCliquez sur le 10 décembre

Dimanche 11 décembreNe cliquez pas sur le 11 décembre avant le 11 décembre

Lundi 12 décembreCliquez sur le 12 décembre

Mardi 12 décembreCliquez sur le 13 décembre

Mercredi 14 décembreCliquez sur le 15 décembre

Jeudi 15 décembreCliquez sur le 15 décembre

Vendredi 16 décembreCliquez sur le 16 décembre

Samedi 17 décembreCliquez sur le 17 décembre

Dimanche 18 décembreCliquez sur le 18 décembre

Lundi 19 décembreCliquez sur le 19 décembre

Mardi 20 décembreCliquez sur le 20 décembre

Mercredi 21 décembreCliquez sur le 21 décembre

Jeudi 22 décembreCliquez sur le 22 décembre

Vendredi 23 décembreCliquez sur le 23 décembre

Samedi 24 décembreCliquez sur le 24 décembre et préparez-vous à un joyeux Noël

Bande dessinée, littérature, Mythologie

EN RELISANT LES AVENTURES D’ASTÉRIX LE GAULOIS

Qu’elle est dure, la vie de blogueur ! Après avoir relu tous les albums des aventures de Tintin, de HERGÉ, et ceux de Blake et Mortimer, de JACOBS, ce sont les aventures d’Astérix le Gaulois que je viens de relire, en y cherchant les citations musicales que GOSCINNY et UDERZO ont pu glisser. En fait, elles sont moins nombreuses que ce que j’attendais, mais il y a quand même quelques évocations musicales, sans même parler du barde Assurancetourix, dont le répertoire est plus proche de notre chanson musicale populaire.

Dans Astérix gladiateur, justement, Assurancetourix entonne dans l’arène de Rome « Salut, o mon dernier latin », référence directe au « Salut, o mon dernier matin » du Faust de GOUNOD.

Astérix Salut o mon dernier latinCliquez sur Assurancetourix

Dans le Tour de Gaule d’Astérix, quand nos héros passent à Massiglia, ils rencontrent César Labeldecadix.

César LabeldecadixCliquez sur César Labeldecadix

Je n’ai pas trouvé de citation musicale directe dans Astérix et Cléopâtre, mais comment ne pas penser à Jules César en Égypte, de HAENDEL ?

Astérix, César et CléopatreCliquez sur Cléopâtre et César (Jules)

Dans La Zizanie, on trouve un sénateur nommé Stradivarius, qui parle « de sa voix bien modulée habituée à faire vibrer les foules ».

Astérix et StradivariusCliquez sur le sénateur Stradivarius

Dans Astérix en Helvétie, les auteurs font un clin d’œil à la légende de Guillaume Tell.

Astérix et Guillaume TellCliquez sur le petit garçon à la pomme sur la tête

Dans Astérix en Corse, le chef corse s’appelle Ocatarinabellatchitchix, alors que d’autres s’appellent Symphonix ou Violoncellix.

Astérix et OcatarinetabellatchixtchixCliquez sur les chefs corses

Dans Astérix en Hispanie, on voit passer Don Quichotte et Sancho Pança.

Astérix et Don QuichotteCliquez sur l’image

Dans la grande Traversée, une femme s’appelle Gudrun, et on trouve des allusions à la petite sirène et à Hamlet (il y a quelque chose de pourri dans mon royaume).

Astérix et HamletCliquez sur l’image

Dans Astérix chez les Belges, le légat s’appelle Wolfgangamadeus et un légionnaire SaintLouisblus !

Astérix et WolfgangamadeuxCliquez sur l’image

Dans Astérix et la Traviata (ça ne s’invente pas), il y a un romain qui s’appelle Romeomontaigus.

astérix et la traviataCliquez sur l’alboum

On retrouve la légende de Roméo et Juliette dans le grand Fossé, alors que l’héroïne nommée Fanzine menace de se faire vestale !

Astérix et la VestaleCliquez sur Fanzine

Enfin dans l’Odyssée d’Astérix, les légionnaires de César chantent « Pour faire un brave légionnaire », transposition directe de l’air « Pour faire un bon mousquetaire », extrait des Mousquetaires au couvent.

Les Mousquetaires au couvent Pour faire un brave mousquetaireCliquez sur l’image

(P.S. toutes les illustrations extraites des albums sont sous copyright Dargaud ou les éditions Albert René.)

Et si vous voulez relire les aventures de Lucky Luke en musique, c’est ici.

Divers

22 NOVEMBRE, JOUR DE LA SAINTE-CÉCILE

Le 22 novembre est le jour de la Saint-Cécile, la patronne des musiciens.

De nombreux compositeurs ont écrit des œuvres en hommage à Sainte-Cécile.

Parmi eux, on peut citer PURCELL et son Ode à Sainte-Cécile.

Purcell Ode à Saint-CécileCliquez sur Sainte-Cécile

CHARPENTIER et Caecilia, virgo et martyr.

Charpentier Caecilia, virgo et martyrCliquez sur l’image

HAENDEL et Ode for St. Cecilia’s day.

Haendel Ode for St.Cecilia's dayCliquez sur l’image

LISZT et la Légende de sainte-Cécile.

Liszt Légende de Sainte-CécileCliquez sur l’image

GOUNOD et sa Messe de Sainte-Cécile.

Gounod Messe de Sainte-Cécile SanctusCliquez sur l’image

CHAUSSON a écrit la Légende de Sainte-Cécile.

Chausson la Légende de Sainte-CécileCliquez sur l’image

BRITTEN et Hymn to St. Cecilia

Britten Hym to St. CeciliaCliquez sur l’image

Encore plus près de nous, c’est le très planant Arvo PART qui a composé cette Cecilia, Vergine romana.

Part Cecilia, vergine romanaCliquez sur l’image

Et MALLARMÉ dans Sainte, une description d’un vitrail la représentant, rendra aussi hommage à la patronne des musiciens.

Et si vous aimez les bonus surprises, cliquez donc sur le point d’interrogation.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation si vous aimez les bonus surprise

Si vous n’avez pas aimé ce bonus surprise (!), essayez donc celui-ci.

point-dinterrogationEssayez donc ce deuxième bonus surprise si vous n’avez pas aimé le premier

Mes opéras préférés

ARMIDE, de GLUCK (1777)

Armide de GLUCK est un remake du dernier opéra de LULLY composé sur un livret de QUINAULT, en 1686. Il s’agissait pour Gluck de relever le défi de remettre sur le métier un ouvrage qui était considéré comme la référence de l’opéra français. Le livret de Quinault est tiré de la Jérusalem délivrée (la Gerusalemme liberata) du TASSE. Concomitamment, un autre compositeur, l’Italien PICCINNI était invité à remettre en musique Alceste du même Lully.

Dans la reprise de Gluck, le prologue, écrit pour flatter le souverain Loulou XIV, a été supprimé.

Acte I : La magicienne Armide confie à ses deux suivantes, Phénice et Sidonie, le trouble de son cœur. Si elle a vaincu l’armée des croisés, le chevalier Renaud lui résiste (Air : « Les enfers ont prédit cent fois « ). Lui, pour qui elle devrait n’avoir que haine, a enflammé son cœur. Hydraot, un magicien oncle d’Armide, sentant venir la fin de ses jours, presse sa nièce de se marier.

Gluck Armide Les Enfers ont prédit cent foisCliquez sur l’image

Armide ne veut pas des chaînes du mariage. Si elle se marie un jour, c’est la Gloire qui choisira son mari : ce sera le vainqueur de Renaud, s’il existe. Alors que l’on célèbre la victoire d’Armide, un messager arrive, un homme, seul, a délivré tous les prisonniers que l’on emmenait. Cet homme, c’est Renaud.

Acte II : Artémidore, un des chevaliers libérés par Renaud, voudrait le suivre, mais Renaud, banni par Godefroid, veut poursuivre seul son chemin. Hydraot et Armide préparent un charme pour tromper Renaud (Duo : « Esprit de haine et de rage »).

Renaud, s’avançant le long d’une rivière, est victime de ce charme. Il ne veut plus partir. (Air : « Plus j’observe ces lieux ».)

Gluck Armide Plus j'observe ces lieuxCliquez sur l’image

Au contraire, il s’endort, et les démons invoqués par les magiciens, déguisés en zéphyrs et en bergers, lui chantent les plaisirs de l’amour. Armide paraît pour tuer Renaud, mais quand elle le voit ainsi endormi, elle est subjuguée par l’amour. (Air : « enfin il est en ma puissance ».)

Gluck Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur l’image

Honteuse de ne pouvoir le tuer, elle demande à ses démons de les transporter tous deux au bout de l’univers.

Acte III : Armide s’interroge : comment a-t-elle pu devenir dépendante de Renaud ? Comme ses suivantes se réjouissent de la victoire d’Armide sur Renaud, Armide chante son trouble. Elle sait bien que ce n’est que par un charme artificiel que Renaud l’aime. Entre un amour faux et la haine, Armide choisit la haine, qu’elle invoque.

Gluck Armide Venz, venez, haine implacableCliquez sur l’image

La Haine surgit de l’enfer pour arracher l’Amour qui est dans le cœur d’Armide.

Gluck Armide Amour, sors pour jamaisCliquez sur la Haine

Mais au dernier moment Armide, préférant les charmes de l’amour, renvoie la Haine en Enfer. La Haine condamne Armide à aimer Renaud pour toujours.

Acte IV : Le Chevalier Danois, accompagné d’Ubalde porteur d’un sceptre et d’un bouclier magiques capables de dissiper les enchantements d’Armide, paraît. Des démons ayant pris l’apparence de paysans et de Lucinde, l’aimée du Chevalier Danois, les attirent. Ubalde cherche à prévenir le Chevalier Danois contre ces enchantements, mais en vain. Il touche la fausse Lucinde de son sceptre, et celle-ci disparaît. Au Chevalier Danois qui le félicite de n’avoir pas succombé à la crainte et à l’amour, Ubalde répond que quand la Gloire appelle, il faut laisser l’Amour. Mais un démon apparaît sous les traits de Mélisse, l’aimée d’Ubalde qui, à son tour, cède à son charme. Le Chevalier Danois le délivre grâce au sceptre magique.

Acte V : Dans le palais d’Armide, Armide et Renaud chantent leur amour. Cependant, Armide, agitée d’un sombre pressentiment, doit consulter les enfers. Elle convoque les Plaisirs qui tiendront compagnie à Renaud pendant son absence.

Renaud congédie les Plaisirs : comment pourrait-il être heureux quand il est loin d’Armide ! Ubalde et le Chevalier Danois profitent de ce qu’il est seul pour lui dessiller les yeux, grâce au bouclier magique. Ils l’informent que Godefroid le rappelle dans son armée. Alors qu’il est sur le point de partir, Armide revient. Renaud lui annonce que la Gloire qui l’attend est plus forte que l’Amour. Armide restée seule convoque les démons pour qu’ils détruisent son palais, symbole de son amour perdu.

Gluck Armide Le perfide Renaud me fuitCliquez sur l’image

(Sources principales : les représentations de l’Opéra Comique en 2022, et le programme associé.)

Et si vous voulez comparer avec l’Armide de Lully, cliquez ICI.

Compositeurs

Heinrich SCHÜTZ (1585 – 1672)

Le nom de SCHÜTZ n’apparaît pas spontanément quand on pense opéra, pourtant ce compositeur a écrit le premier opéra en allemand avec Daphné en 1627. Malheureusement, la musique de cet opéra s’est perdue, et on n’en connaît plus que le livret.

Quand j’ai eu l’occasion de chanter des œuvres de Schütz, notamment le Magnificat allemand (Meine Seele), il m’est aussitôt apparu que l’on avait en lui le chaînon manquant entre MONTEVERDI (1567 – 1643) et J.S. BACH (1685 – 1750). Et en effet, Schütz a été l’élève de Monteverdi dans les années 1630.

Le pitch : Schütz est un compositeur allemand qui a fait ses études à Venise auprès de Gabrieli et de Monteverdi. Après avoir abordé la musique profane et l’opéra, il se tourne vers la musique religieuse.

Heinrich Schütz est né à Köstritz (entre la Thuringe et la Saxe) le 14 octobre 1585. Dans sa jeunesse, il est soliste d’un chœur de garçons quand il se fait remarquer par le landgrave Maurice de Hesse pour sa belle voix. On l’envoie alors faire des études assez complètes à Kassel.

En 1609, son protecteur l’envoie poursuivre ses études à Venise, où il peut étudier le contrepoint auprès de GABRIELI. Il publie son opus 1, un recueil de madrigaux, en 1611.

En 1613, il revient en Allemagne, où il reprend des études de droit. À Leipzig, il rencontre SCHEIN. Il prend le poste de deuxième organiste de Kassel, tout en étant chargé de l’éducation des enfants du margrave. Il se fait engager à la cour du prince électeur de Saxe en tant que maître de chapelle à Dresde.

En 1619, il écrit ses Psaumes de David (Davids Psalmen).

Schütz Alleluja Lobet den HerrenCliquez sur l’image

Attiré par la musique sacrée, il compose en 1625 ses Cantiones sacrae.

En 1627, il écrit son seul opéra, Daphné, dont la partition est malheureusement perdue.

En 1629, il retourne à Venise, ville qui a découvert l’opéra sous l’implusion de MONTEVERDI. Il y écrit ses Symphoniae Sacrae.

Schütz Symphniae Sacrae Der Herr ist mein HirtCliquez sur l’image

En 1630, il rentre à Dresde, en pleine guerre de Trente Ans. En 1633, il se rend au Danemark où il compose des musiques pour le prince Christian IV.

Il revient à Dresde en 1635, année où il compose ses Musikaliesche Exequien (Obsèques en musique) pour les obsèques du prince. Il retourne au Danemark en 1637, revient en Allemagne en 1639 avant de repartir à la cour de Christian IV.

Schütz Musikalische ExequienCliquez sur l’image

En 1648, il écrit sa Geistliche Chormusik (Musique sacrée pour chœur).

Vers la fin de sa vie, malade, il compose des œuvres religieuses et/ou mystiques et en 1671, il attaque son œuvre ultime, le Deutches Magnificat à 8 voix (Magnificat allemand).

Schütz Magnificat allemandCliquez sur l’image

Schütz meurt à Dresde le 6 novembre 1672, à l’âge de 87 ans, une vingtaine d’années avant la naissance du cantor de Leipzig (J.-S. Bach).