histoire, littérature, Mes opéras préférés, Mythologie

DIDON ET ÉNÉE, de PURCELL (1689)

L’opéra baroque Didon et Enée (1689) est un des derniers opéras écrits en langue anglaise avant une éclipse de près de deux siècles, où l’italien régnera sur les scènes anglaises.

Écrit par Henry PURCELL (1659 – 1695) sur un argument tiré de l’Enéide de Virgile, ce bref opéra (environ une heure) est, sans jeu de mots, un semi-opéra, c’est-à-dire un mélange de théâtre et d’opéra (rappelons qu’à l’origine, l’opéra est du théâtre mis en musique, ou du théâtre chanté).

L’histoire est celle de Didon, la reine de Carthage qui aime en secret Enée, le prince de Troie. Belinda sa confidente lui propose d’épouser le prince, ce qui rapprocherait les deux royaumes. Didon accepte et le premier acte se termine dans la joie.

Purcell Didon et Enée Pursue thy conquest

Cliquez sur Belinda

Les choses se gâtent au deuxième acte, car dans leur caverne des sorcières complotent pour faire tomber Didon et Carthage. La sorcière en chef va faire passer un de ses elfes pour Mercure afin de convaincre Enée de quitter Didon et d’accomplir son destin, qui est de partir fonder une nouvelle cité en Italie. Elles vont déclencher un orage pour séparer Didon et Enée.

Purcell didon et Enée But ere we this perform

Alors que Didon vante les beautés de la nature, les sorcières font éclater leur orage. Tous vont se mettre à l’abri dans le château. Enée resté seul voit apparaître le faux Mercure qui lui ordonne de quitter Carthage et de prendre la mer pour l’Italie. Déchiré entre son amour et cet ordre divin, il décide d’aller vers son destin.

À l’acte III, les marins préparent le départ d’Enée, qui annonce à Didon qu’il la quitte.

Purcell Didon et Enée Come away, fellow sailors

Cliquez sur le marin

Devant le courroux de Didon, il décide de rester et de braver la colère de Jupiter mais Didon, outrée qu’il ait seulement songé à la quitter, le rejette encore. Enée parti, elle se donne la mort dans un des plus bouleversants airs d’opéra (When I am laid in earth).

Purcell Didon Norman

Bande dessinée, Cinéma, littérature, Mes opéras préférés

LA TRAVIATA, de VERDI (1853)

Avant que d’être un album d’Astérix  (Astérix et la Traviata – 2001), la Traviata est un opéra de VERDI, un de ses chefs d’œuvre, et même un chef-d’œuvre tout court.

Cet opéra fait partie de ceux qui ont un équilibre parfait, qui fait que quand le rideau se lève, on est conduit inéluctablement de la première mesure du premier acte jusqu’à la fin, dans une progression dramatique continue.

Verdi en a eu l’idée en 1852 à Paris, en assistant à une représentation de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas. Cette pièce lui a rappelé sa propre situation, car il souffrait de ce que sa liaison amoureuse ne soit pas acceptée par sa famille et ses amis. Il a confié la rédaction du livret à son librettiste habituel, Francesco Piave.

L’histoire est celle de Violetta, une courtisane atteinte de tuberculose, qui vivra un dernier  amour, évidemment impossible, avec un jeune homme de bonne famille.

Créé au théâtre de La Fenice à Venise en 1853, le sujet scabreux fait scandale, et il faudra attendre une reprise pour que l’œuvre s’impose comme un chef-d’œuvre du genre.

Acte I : Lors d’une réception chez Violetta, son amie Flora lui présente Alfredo. Douphol, l’amant de Violetta s’en  agace alors qu’Alfredo porte un toast  (air, duo et chœur : Libiamo).

Verdi traviata Brindisi

Violetta invite ses amis à la danse mais, restée seule, elle est prise d’un malaise. Alfredo vient lui déclarer son amour. Violetta lui remet la fleur qu’elle porte et lui demande de revenir la lui rapporter le lendemain. Restée seule, elle découvre qu’elle est amoureuse (air : E strano).

dessay traviata.pngcliquez sur l’image

Acte II : Trois mois plus tard, Violetta et Alfredo vivent ensemble à la campagne. Anina, la femme de chambre de Violetta apprend à Alfredo que sa maîtresse est partie à Paris vendre ses bijoux. Alfredo part à Paris chercher de l’argent.

Violetta voit arriver Germond, le père d’Alfredo. Il vient lui demander de renoncer à son fils, pour le bien de sa fille, qui songe à se marier alors que la liaison de Violetta et Alfredo fait tâche. Violetta finit par accepter et écrit une lettre d’adieu à Alfredo.

Lors d’une fête chez Flora, les deux amies attendent le baron Douphol (chœur des gitanes : Noi siamo zingarelle), Alfredo vient se venger de son ancienne maîtresse. Il joue aux cartes avec le baron et gagne. Violetta aimerait s’expliquer, mais elle a promis à Germond de garder secrète leur rencontre. Elle dit à Alfredo qu’elle aime le baron et fou de rage, Alfredo appelle les invités et jette l’argent qu’il vient de gagner au visage de Violetta, qui s’évanouit. Le baron défie Alfredo en duel.

Acte III : Violetta est chez elle, malade et abandonnée de tous. Son médecin vient la voir et confie à Anina qu’elle n’a plus que quelques heures à vivre. Violetta relit une lettre de Germond, où il écrit qu’il a fini par dire la vérité à son fils après le duel (air : Adio del passato). Dehors, on entend le bruit du carnaval dans les rues de Paris.

Verdi Traviata adio del passato Dessay

Alfredo arrive et ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Alfredo promet à Violetta qu’il l’amènera en Provence, où elle se refera une santé. Elle offre son portrait à Alfredo en lui recommandant de refaire sa vie sans elle (air : Prendi quest’e l’immagine), mais alors qu’elle semble reprendre des forces, elle s’écroule, morte.

Verdi Traviata Prendi, quest'é l'immagineCliquez sur Alfredo et Violetta

Enfin, pour les cinéphiles, il ne faut pas rater la très belle version filmée par ZEFIRELLI en 1983.

Compositeurs, littérature

Jules MASSENET (1842 – 1912)

Jules MASSENET est né en 1842 près de Saint-Étienne. C’est sa mère, professeur de piano, qui lui donne ses premières leçons quand il avait six ans.

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Il entre au Conservatoire de Paris en 1853, où il se fait remarquer par le directeur, Daniel François Esprit AUBER (oui, c’est le même que celui de la station de RER qui dessert l’opéra Garnier à Paris), et étudie la composition auprès d’Ambroise THOMAS.

Avec l’appui de BERLIOZ, il gagne le prix de Rome en 1863. Durant son séjour à la Villa Médicis, il se noue d’amitié avec l’incontournable Franz LISZT.

Sa musique est caractérisée par un épanchement lyrique qui donne une impression de facilité tout en véhiculant beaucoup d’émotions.

En 1871, après la défaite de 1870, il fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique, qui avait pour but d’affirmer la grandeur de la musique française face à la musique germanique.

Après un opéra-comique passé inaperçu en 1872, il crée avec succès Le Roi de Lahore en 1877, opéra qui sera joué en Italie dès 1878.

En 1878, il entre comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il est également nommé membre de l’Institut.

Son opéra Hérodiade (1881), tiré d’un des trois Contes de Gustave FLAUBERT, est refusé à Paris, mais monté avec succès au théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Cette même année, il entame Manon, d’après l’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut de l’Abbé PRÉVOST. Cet opéra créé en 1884 reste une de ses œuvres les plus connues et les plus jouées.

massenet manon adieu notre dessayCliquez sur Manon

En 1887, il fait jouer Werther, écrit d’après les Souffrances du jeune Werther de GOETHE.

massenet werther pourquoi me réveiller kaufmannCliquez sur Werther

En tout, il a écrit plus de vingt opéras, dont Le Cid (1885), Thaïs (1894), Cendrillon (1895) ou Don Quichotte (1910).

Massenet Thaïs (Fleming) (MET)Cliquez sur l’image

Massenet meurt à Paris en 1912.

Pour accéder à l’article sur Werther, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Manon, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Cendrillon, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Don Quichotte, c’est ici.

histoire, Histoire de l'opéra, littérature, Shakespeare

Histoire de l’opéra – les années 1600

L’opéra est né entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe, dans une période de bouillonnement culturel en Europe qui a vu la naissance du théâtre moderne avec Shakespeare ou du roman moderne avec le Don Quichotte de Cervantès.

À Florence se réunissait un cénacle d’intellectuels, dont Vincenzo Galilei (le père de l’autre), cénacle qui voulait redonner à la musique sa prééminence sur d’autres formes d’art, dont la poésie.

En 1600, à l’occasion du mariage d’Henry IV et de Marie de Médicis fut donnée à Florence une représentation d’un genre nouveau, les Euridice de Peri  et Caccini.

Peri et Caccini EuridiceCliquez sur l’image

De retour à Mantoue, le duc qui faisait partie des invités de Florence demanda à Monteverdi, son musicien de cour, un spectacle qui pourrait rivaliser avec celui des Médicis. Eh oui, déjà à l’époque l’envie d’en mettre plein la vue à ses amis guidait les choix esthétiques. Monteverdi s’exécutera en 1607 avec l’Orfeo, favola in musica (fable en musique).

En Allemagne, Schütz écrit un opéra, Daphné (1627), qui est malheureusement perdu. La guerre de Trente Ans a toutefois empêché le développement d’un art scénique comme en France ou en Italie.

Ce nouveau genre connaît très vite un grand succès, et dès le milieu du XVIIe siècle, des foyers d’opéra s’ouvrent à Venise, à Rome, à Naples ou à Milan.

C’est Mazarin qui introduit l’opéra en France avec une représentation de l’Orfeo de Rossi en 1647.  Pour le mariage de Louis XIV en 1660, il commande un opéra à l’Italien Cavalli, Ercole amante (Hercule amoureux), mais des problèmes techniques, notamment le théâtre qui devait être construit à cette occasion ayant pris du retard, c’est une autre œuvre de Cavalli qui est montée, Serse (Xerxès).

cavalli Ercole amanteCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, un autre Italien venu à la cour comme maître de ballet prendra les rênes de la musique en France: Lully qui écrira des tragédies lyriques sur des poèmes de Quinault et des comédies-ballet avec Molière.

À la même époque en Angleterre, Purcell essaie d’acclimater le genre à la langue anglaise avec ses semi-opéras (King Arthur, Didon et Énée), mais ce genre périclitera après sa mort en 1695.

Malena ErnmanCliquez sur Didon

Dès lors, et pour plus de deux siècles, pratiquement tout l’opéra en Europe sera chanté soit en italien, soit en français.

Ne manquez pas la suite dans Histoire de l’opéra – les années 1700.

Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Stéphane MALLARMÉ ET LA MUSIQUE

Si les poëmes (sic) de Mallarmé n’ont pas inspiré directement d’opéra, le rôle du Prince des poètes (titre qui lui a été décerné après la mort de Verlaine, le précédent récipiendaire) dans le milieu des arts de son époque n’est pas négligeable, et trop souvent ignoré.

Stéphane Mallarmé naît à Paris le 18 mars 1842.

Dans le domaine musical, la mise en musique de ses vers la plus connue est le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894) par Claude Debussy (1862-1918), pièce qui sera rapidement adaptée pour la danse par les Ballets russes de DIAGHILEV.

debussy prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’image

Ravel (1875-1937) a comme Debussy déposé des mélodies sur les vers de Mallarmé (Trois poèmes de Mallarmé). Pierre Boulez (1925-2016) a lui écrit Pli selon pli, portrait de Mallarmé (1960) sur cinq poèmes de Mallarmé.

En tant que chef d’orchestre, les représentations wagnériennes de Boulez à Bayreuth sont entrées dans la légende, et à propos de Wagner (1813-1883), Mallarmé faisait partie du cercle de ses premiers admirateurs français. Il lui a rendu hommage dans son poëme Hommage (Le silence déjà funèbre d’une moire…).

À la fin de sa vie, Mallarmé recevait dans son salon peintres (Monet, Manet…), musiciens (Debussy, Saint-Saëns…), écrivains (Hugo, Verlaine, Rimbaud…). Auteur dès 1864 de fragments d’un drame biblique, Hérodiade, il reçoit en 1891 Oscar Wilde qui écrit sur le même sujet cette même année, et en français, sa pièce Salomé qui sera adaptée à l’opéra par le post-wagnérien Richard Strauss en 1905.

strauss salomé danse des 7 voilesCliquez sur Salomé

Mais ce n’est pas tout, grand admirateur d’Edgar Allan Poe, Mallarmé traduira de nombreux textes de cet auteur, dont le célèbre Corbeau (Une fois par un minuit lugubre), et écrira Le Tombeau d’Edgar Poe (Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change…). Or Debussy travaillera à la fin de sa vie à un opéra d’après La Chute de la maison Usher, de Poe, qu’il laissera inachevé à sa mort en 1918.

Et pour finir sur les liens tissés entre ces génies, comment ne pas penser à ce vers du Tombeau d’Edgar Poe : Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur à propos du personnage de Mélisande dans le Pelléas et Mélisande de Debussy.

Mallarmé meurt le 9 septembre 1898 à vavins, à l’âge de 56 ans.

Retrouvez ci-dessous des liens vers quelques poèmes mallarméens illustrés sur ce blog :

Apparition

Brise marine

Oh si chère de loin, et proche et blanche, si…

La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Don du poème

En envoyant un pot de fleurs

Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change

Remémoration d’amis belges

Le nuage (1859)

Quand l’ombre menaça de la fatale loi (1883)

Le Pitre châtié

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx

Sainte

Hommage

M’introduire dans ton histoire (1886)

Renouveau (1866)

Au seul souci de voyager (1898)

Le tombeau de Charles Baudelaire

Tombeau (de Verlaine) (1896)

Le Vierge, le vivace et le bel aujoud’hui

Bande dessinée, Contes et légendes, littérature, Mes opéras préférés, Valse

FAUST, de GOUNOD (1859)

Cet opéra de GOUNOD comporte un des airs les plus connus du répertoire grâce à… HERGÉ, qui a fait de l’Air des bijoux le morceau favori de sa cantatrice Bianca Castafiore, alias le rossignol milanais.

castafiore

Gounod, qui connaissait l’œuvre de GOETHE depuis sa jeunesse, a composé son opéra sur un livret des duettistes Barbier et Carré. Le Faust de Gounod est un des opéras les plus joués au monde.

L’argument en est celui de Faust qui, au début du premier acte, s’interroge sur l’inanité de sa vie passée à la recherche de la connaissance. Méphistophélès qu’il invoque lui promet tout ce qu’il veut. Faust demande la jeunesse, et Méphisto la lui promet en échange de son âme.

Au début du second acte, lors d’une kermesse villageoise, Valentin qui s’apprête à partir à l’armée confie sa sœur Marguerite à Dieu.

avant de quitter ces lieuxCliquez sur l’image

Méphistophélès apparaît et entonne son air Le veau d’or est toujours debout, rappelant que c’est toujours le diable qui mène la danse. Faust entre, cherchant Marguerite que Méphisto lui avait fait voir. Une valse commence sur la place du village.

Le veau dor est toujours deboutCliquez sur l’image

Au troisième acte, Faust salue la demeure de Marguerite (Salut, demeure chaste et pure). Méphisto se moque de son idéalisme et dépose sur le seuil de Marguerite un coffret rempli de bijoux. Marguerite arrive en chantant sa ballade du roi de Thulé. Découvrant  le coffret, elle l’ouvre et chante son fameux air des bijoux.

il était un roi de thuléCliquez sur l’image

Au début du quatrième acte, nous retrouvons Marguerite qui a donné naissance à l’enfant qu’elle a eu avec Faust, qui depuis l’a quittée. Valentin revient de la guerre (chœur : Gloire immortelle de nos aïeux). Il veut voir sa sœur et entre dans la maison. Faust arrive alors avec Méphisto qui chante une sérénade à Marguerite (Vous qui faites l’endormie). Valentin sort et se bat en duel avec Faust, mais c’est Faust qui l’emporte. Valentin maudit sa sœur avant de mourir.

Au cinquième acte, Marguerite veut aller prier à l’église, mais elle en est empêchée par Méphisto et ses diables, condamnée qu’elle est à l’enfer. Méphisto transplane Faust à la prison où se trouve Marguerite pour avoir tué son enfant. Quand elle apprend que Faust a signé un pacte avec le diable, elle demande le pardon divin et meurt (Anges purs, anges radieux). Son âme est accueillie au ciel par un chœur d’anges.

anges purs anges radieuxCliquez sur l’image

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LE MYTHE DE FAUST

L’adaptation du Faust de MARLOW (Christopher [1564 – 1593], pas Philip [1934 – 1961]) par le grand GOETHE (1749 – 1832) en 1808 a produit un grand nombre d’œuvres musicales. Goethe a par ailleurs écrit un second Faust en 1832.

Schématiquement, le thème de Faust est celui du savant qui a consacré sa vie à la science et qui, arrivé au soir de sa vie, se demande s’il a suivi la bonne voie. Il passe alors un pacte avec le diable Méphistophélès par lequel en échange de son âme, il a droit à une seconde chance. Il découvre alors les plaisirs terrestres avant de tomber amoureux d’une jeune fille, Marguerite.

On peut noter que l’Allemand Louis SPOHR a écrit un Faust dès 1813, mais son opéra n’était pas inspiré par le drame de Goethe.

Enthousiasmé par la traduction de Gérard de NERVAL, le romantique BERLIOZ met en musique huit scènes de Faust en 1829, avant de compléter son drame avec La Damnation de Faust en 1845.

Louise BERTIN, une compositrice proche de Berlioz, écrira Fausto (sur un livret en italien) en 1831.

Après lui, GOUNOD écrira son Faust en 1859, mais le thème en est si dénaturé (il n’y a pas trace de philosophie là-dedans) que les Allemands prendront l’habitude d’appeler son œuvre Gretchen (Marguerite). Ce Faust sera d’ailleurs parodié par HERVÉ qui écrira l’opérette le petit Faust en 1869.

Hervé le petit FaustCliquez sur Valentin

BOÏTO, le librettiste de Verdi, écrira un Mefistofele en 1868 et plus près de nous, BUSONI écrira un Docktor Faust  de 1916 à sa mort en 1924.

Outre ses adaptations à l’opéra, les personnages de Faust ont beaucoup inspiré les compositeurs romantiques, que ce soit SCHUBERT et son Marguerite au rouet,

Schubert Marguerite au rouetCliquez sur l’image

MENDELSSOHN et sa Nuit de Walpurgis, SCHUMANN et ses Scènes de Faust, LISZT et sa Faust-Symphonie et ses Méphisto valses, et même WAGNER qui a écrit une Ouverture pour Faust.

Liszt Méphisto ValseCliquez sur l’image

En 1880, la compositrice Emilie MAYER écrit cette Faust Ouverture.

Mayer Faust OvertureCliquez sur l’image

En 1914, Lili BOULANGER est la première femme à remporter le Grand prix de Rome, avec sa cantate Faust et Hélène.

Boulanger Faust et Hélène

On retrouve partiellement le thème faustien dans Phantom of the Paradise, le film culte de Brian de PALMA, une transposition dans le milieu du rock du Fantôme de l’opéra (1910) de Gaston LEROUX. On peut noter que dans ce roman qui se passe au palais Garnier, l’héroïne chante le rôle de Marguerite dans le Faust de Gounod.

Et côté bande dessinée, Bianca Castafiore, la célèbre héroïne des aventures de Tintin chante souvent le grand air des bijoux, du même Faust. Et quant à Edgar P. JACOBS, le créateur de Blake et Mortimer, son passé de baryton l’a mené à chanter le personnage de Méphistophélès sur les scènes lyriques.

Gounod Faust le veau d'or FurlanettoCliquez sur l’image

Fantaisie, littérature, Mallarmé, Poésie

LA THÉORIE DES CYGNONS FAIBLES

En découvrant en bord de Seine trois cygnons tout juste sortis de l’œuf suivre en file (en théorie) leurs parents, je me suis interrogé sur la représentation des cygnes à l’opéra.

J’ai immédiatement pensé à Lohengrin, le chevalier mystérieux qui donne son nom à un opéra de Wagner, et qui arrive dans une nacelle tirée par un cygne. On apprend à la fin de l’œuvre que Lohengrin est le fils de Parsifal. Or dans Parsifal, autre opéra de Wagner, le héros tue au premier acte un cygne, animal pur et sacré, ce qui l’exclut de la découverte du mystère du Graal. (Je reviendrai bien sûr dans d’autres billets sur Lohengrin et Parsifal.)

Lohengrin adieuxCliquez sur le disque

Le cygne de Pesaro est le surnom que l’on donnait à Rossini, compositeur originaire de Pesaro. Ce surnom est dû au chant du cygne, dont on dit qu’au moment de mourir, le cygne produit un chant particulièrement beau et touchant.

Autre compositeur, Schubert, dont les opéras ne sont pas restés au répertoire (la faiblesse de ses livrets les rend difficiles à monter). Le chant du cygne (Schwanengesang) est le titre d’un recueil de lieder que son éditeur a publié à titre posthume.

Schubert StändchenCliquez sur l’image

Légèrement en marge de l’opéra, le Lac des cygnes est un des ballets les plus populaires de Tchaïkovski. Quand Nadejda von Meck, la riche mécène qui a « subventionné » Tchaïkovski pendant des années l’abandonnera, elle se tournera vers un jeune compositeur français, un certain Claude Debussy, et lui commandera justement une transcription pour piano du Lac des cygnes.

le lac des cygnesCliquez sur l’image

De Debussy à Mallarmé, il n’y a qu’un pas, ce qui me permet d’arriver au sonnet Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, que Mallarmé a écrit, comme d’autres écrivains de son époque, sur le sort d’un cygne qui s’était trouvé pris dans les glaces à Paris pendant un hiver particulièrement rude. Ce poème fait partie de ceux mis en musique par Pierre Boulez dans Pli selon pli, hommage à Mallarmé.

Et je ne peux pas consacrer un billet aux cygnes sans parler du Carnaval des animaux de Saint-Saëns, et de sa très belle page pour violoncelle appelée Le Cygne.

le cygne saint-saënsCliquez sur l’image

En 1895, dans son épopée Lemminkäinen tirée du Kalevala nordique, Sibelius nous a offert ce très beau Cygne de Tuonela.

Sibelius le Cygne de TuonelaCliquez sur le cygne

Dans le Conte  du tsar Saltan (1905), de Rimski-Korsakov, le jeune héros Gvidon tue un vautour qui pourchassait un cygne. Il s’avère que ce cygne était une princesse, et à la fin de l’opéra, Gvidon et la princesses se marient !

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan Ty, tsarevitch, moy spasitelCliquez sur le cygne (qui est en fait une princesse)

Mais revenons à nos grosses boules de duvet. Comme on le sait depuis Andersen, un jeune cygne évoque plus un vilain petit canard que l’animal majestueux qu’il est en devenir. Et ce passage par Andersen me permet d’évoquer La petite sirène, qui inspirera (avec Ondine) le livret de Rusalka, de Dvorak.

Et récemment, j’ai déocuvert cette très belle mélodie, les Cygnes, de la compositrice Rita Strohl.

Strohl les CygnesCliquez sur l’image

Écrivains, Cinéma, histoire, littérature, Théâtre

BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) ET L’OPÉRA

Beaumarchais par Adrian

Si on connaît généralement les deux grands « tubes » de l’opéra inspirés par le théâtre de BEAUMARCHAIS (1732 – 1799), à savoir Les Noces de Figaro (1786) de Mozart et Le Barbier de Séville de Rossini, on sait moins par contre que Beaumarchais était lui-même musicien et qu’il a écrit un opéra, Tarare (1787), qu’il avait envisagé de faire mettre en musique par Gluck, et qui le sera finalement par Salieri.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais naît le 24 janvier 1732 à Paris. Son père est horloger et à l’âge de 13 ans, Pierre-Augustin entre en apprentissage dans son atelier. En 1756, il se marie avec Madeleine-Catherine Aubertin, veuve du seigneur de Bosc-Marchais (dit Beaumarchais). sa femme meurt, âgée de 35 ans, l’année suivante et Pierre est accusé du meurtre de sa femme.

Il entre dans le monde de la finance et son génie spéculatif lui apporte une belle fortune. En 1761, il achète une charge de secrétaire du roi, qui lui apportera la noblesse.

En 1764, Beaumarchais fait un voyage d’affaires à Madrid.

En 1768, il se marie une seconde fois, toujours avec une riche veuve. Ils auront deux enfants, tous deux morts en bas âge. Sa deuxième femme meurt en 1770, et Beaumarchais est à nouveau accusé.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Le Mariage de Figaro a été écrit en 1778, mais des contraintes telles que la censure en ont reporté la création en 1784. C’était donc encore une pièce très récente quand Mozart l’a adaptée à l’opéra.

Le Barbier de Séville a été écrit en 1772 pour les Comédiens italiens, sous forme d’opéra-comique, avec des airs populaires italiens ou espagnols que Beaumarchais avait entendus à Madrid. Cet opéra ayant été refusé par les Italiens, Beaumarchais le remanie sous forme de comédie classique pour les Comédiens français en 1775. Païsello en tire un opéra dès 1782 (on peut en entendre un air dans la BOF du Barry Lindon de Kubrick). Et c’est à propos d’une dispute sur les droits que les comédiens reversaient aux auteurs que Beaumarchais fondera une société ancêtre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

En 1786, Beaumarchais se marie une troisème fois, avec une femme de 21 ans plus jeune que lui. Ils auront un enfant, et elle survivra à notre héros.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville a été adaptée à l’opéra par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupableCliquez sur l’image

Pour revenir à Tarare, un des airs les plus célèbres de la partition a été utilisé par le chansonnier BÉRANGER pour plusieurs de ses chansons.

Beaumarchais meurt le 18 mai 1799 à Paris, à l’âge de 67 ans.

Amusamment, on retrouve Beaumarchais parmi les héros de l’opéra The Ghosts of Versailles (Les fantômes de Versailles) de John Corigliano, une commande du Metropolitan Opera de New York pour les cent ans de cette institution en 1983. Le compositeur ayant pris du retard, l’opéra n’a été créé qu’en 1991. Dans cet opéra, le fantôme de Beaumarchais, amoureux de celui de Marie-Antoinette veut changer le destin de celle-ci en se servant de la trame de sa propre pièce La Mère coupable.

Corigliano The ghosts of Versailles (MET)Cliquez sur l’image

Écrivains, littérature, Shakespeare

SHAKESPEARE (1564-1616) ET L’OPÉRA

Shakespeare par Adrian

L’invention de l’opéra (l’Orfeo de MONTEVERDI date de 1607) est contemporaine de l’invention du théâtre contemporain par SHAKESPEARE (1564 – 1616). Elle est aussi contemporaine de l’invention du roman par CERVANTES avec son Don Quichotte, j’y reviendrai dans un autre billet.

Son œuvre a abondamment inspiré les compositeurs d’opéra. Notamment, Le Songe d’une nuit d’été (1600) a inspiré PURCELL avec The Fairy Queen (1692), WEBER avec Obéron (1826), MENDELSSOHN qui a écrit une musique de scène pour cette œuvre, Ambroise THOMAS avec Le Songe (1850) et jusqu’à BRITTEN avec son opéra datant de 1960.

Autre pièce abondamment mise en musique, Roméo et Juliette qui a inspiré  BELLINI (1830), BERLIOZ avec sa symphonie dramatique du même nom écrite en 1839, GOUNOD et son grand opéra de 1867, TCHAIKOVSKI et son ouverture Fantaisie de 1869, PROKOFIEV et son ballet de 1935, et jusqu’à Bernstein avec son West Side Story (1947).

gounod roméo et juliette a lève toi soleilCliquez sur l’image

Hamlet (1603) a inspiré Ambroise Thomas en 1868, mais aussi LISZT avec son poème symphonique datant de 1858, Richard Strauss qui a composé un lied sur la mort d’Ophélie, et CHOSTAKOVITCH qui a écrit en 1932 une musique de scène pour cette pièce.

D’autres pièces encore ont été adaptées à l’opéra, telles que La Tempête (Purcell 1695) (ADÈS 2005),  Otello (Rossini en 1816 et Verdi en 1887), Le Roi Lear (Berlioz 1831, Chostakovitch 1941, REIMANN 1978), Falstaff (Verdi 1892) ou encore A.Thomas, qui fait intervenir le personnage de Falstaff dans son Songe d’une nuit d’été.

verdi otello acte IVCliquez sur Desdémone

Enfin, je m’en voudrais de ne pas citer le Béatrice et Bénédict (1862), de Berlioz, d’après la pièce Beaucoup de bruit pour rien.

Retrouvez quelques éléments biographiques supplémentaires en cliquant sur ce lien.