Cinéma, Compositeurs, littérature

TCHAÏKOVSKI, le retour

J’avais laissé notre ami Piotr Illitch en 1875, année où la partition de Carmen l’a bouleversé. Voyons la suite…

En 1876, il compose Francesca da Rimini, un poème symphonique d’après l’œuvre de DANTE.

En 1877, TOLSTOÏ, un demi-dieu pour Tchaïkovski, demande à le rencontrer. Nadejda von MECK, une riche veuve passionnée de musique, le prend sous sa protection en lui versant une rente, ce qui lui permet de vivre pour sa musique. Tchaïkovski a l’idée d’un opéra d’après Eugène Onéguine, de POUCHKINE. Mais une femme entre dans sa vie qui, comme la Tatiana d’Eugène Onéguine, lui envoie une lettre brûlante d’amour.

tchaikovsky air de la lettreCliquez sur l’image

Tchaïkovski accepte le mariage, pensant ainsi faire taire les rumeurs qui commençaient à circuler sur son homosexualité. Très vite, le mariage vire au cauchemar, et Tchaïkovski tente de se suicider.

En 1878, il achève sa quatrième symphonie et Eugène Onéguine. La 4e est créée à Moscou, déclenchant l’indifférence générale. Il commence son Concerto de violon et démissionne du conservatoire de Moscou.

tchaikovsky concerto de violonCliquez sur l’image

Il songe à un nouvel opéra d’après Jeanne d’Arc de SCHILLER, la Pucelle d’Orléans. En 1879, Onéguine est créé à Moscou. Sans rencontrer un succès extraordinaire, l’œuvre s’installe quand même au répertoire.

Nadejda négocie avec le chef d’orchestre Édouard COLONNE pour que l’on monte à Paris la 4e symphonie, dont elle est dédicataire. Tchaïkovski part à Paris, puis en Italie, où il écrit le Capriccio italien. Il accepte une commande officielle pour une exposition, ce sera l’ouverture 1812, qui célèbre la victoire des Russes face à Napoléon (si vous écoutez bien, peut-être y reconnaîtrez-vous un thème). Il songe à un nouvel opéra, Mazeppa, et à la demande de Nadejda, écrit son Trio pour piano, violon et violoncelle. En 1884, Mazeppa est achevé et créé simultanément à Moscou et Saint-Pétersbourg. À cette occasion, il est décoré par le tsar.

En 1886, il écrit un opéra, la Charmeuse et à la fin de l’année 1887, il part en tournée en Europe. En Allemagne, il rencontre BRAHMS et GRIEG et en Bohème, DVORAK. De retour en Russie, il écrit la cinquième Symphonie, qui sera créée en 1888. Il compose un nouveau ballet, La Belle au bois dormant qui sera créé en 1890. Il commence un nouvel opéra, la Dame de pique, d’après Pouchkine. La création de la Dame de pique en fin d’année sera enfin un succès. La francophilie de Tchaïkovski s’y retrouve puisqu’il fait chanter à la comtesse se remémorant sa jeunesse un air de GRÉTRY, extrait de Richard Cœur de lion.

Tchaïkovski la Dame de pique air de la comtesseCliquez sur l’image

En 1891, il reçoit une commande de l’opéra de Saint-Pétersbourg : un ballet, Casse-Noisette d’après DUMAS et un opéra, Iolanta.

Tchaikovski Iolanta Netrebko VillazonCliquez sur Iolanta et Godefroid

Cette année-là, sa tournée de chef d’orchestre le mène jusqu’aux États-Unis, où il dirige au Carnegie Hall. À la fin de l’année, les deux œuvres Casse-Noisette et Iolanta sont créées lors de la même soirée.

Début 1893, il écrit sa sixième symphonie, dite Pathétique, et il meurt du choléra le 6 novembre, juste après la création de cette dernière.

tchaikovsky 6e symphonieCliquez sur l’image

Pour les cinéphiles, on peut noter que la symphonie pathétique est le titre français de la « biographie » que le cinéaste Ken RUSSELL a consacré à Tchaïkovski en 1969 (titre original: The music lovers).

Compositeurs, littérature

Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI (1840 – 1893) – Partie 1

Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI (1840 – 1893) est un compositeur russe, qui a su allier ses racines slaves à sa culture occidentale, voire francophile.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Piotr Illitch est né le 7 mai 1840 et, d’une manière inhabituelle, il ne montre pas de signe de précocité musicale lors de ses études. En 1859, il termine des études de droit et entre au ministère de la Justice. En 1861, des amis l’emmènent comme interprète lors d’un voyage en Europe. Cette même année, il apprend l’harmonie et la basse continue. En 1863, il démissionne du ministère pour se consacrer à la musique et en 1865, il passe son diplôme du Conservatoire avant d’entrer comme professeur au Conservatoire de Moscou. Très vite, il pense à l’opéra et il demande au dramaturge OSTROVSKI d’adapter une de ses pièces, le Voïvode.

La prise de pouvoir musical à Saint-Pétersbourg par les représentants de l’école nationaliste russe (le groupe des cinq, mené par BALAKIREV) l’éloigne de cette ville. En 1867, à l’occasion de concerts donnés par BERLIOZ à Moscou, il se rapproche de Balakirev. En 1868, il fait un nouveau voyage à Paris, et la découverte du Grand Opéra à la française le marque fortement.

En 1868, on crée le Voïvode au Bolchoï, mais cette œuvre ne rencontre pas le succès. Tchaïkovski écrit un nouvel opéra, Ondine, qui ne connaît pas plus de succès et il brûle les partitions de ces premiers ouvrages lyriques. Sur les conseils de Bala (qui rêve), il écrit une ouverture pour Roméo et Juliette, qui ne rencontre qu’un  accueil poli (cette pièce s’est depuis imposée dans les programmes classiques.

Tchaikovski roméo et julietteCliquez sur l’image

En 1870, il met en route un nouvel opéra, l’Oprichnik, qui sera créé avec succès en 1873. Entre temps, et pour renflouer ses finances, il organise un concert de ses œuvres à Moscou, concert ou TOURGUENIEV viendra en personne. En 1873, il écrit une musique de scène pour Snegourotchka d’Ostrovski (RIMSKI-KORSAKOV écrira un opéra sur la même pièce : Snegourotchka ou La Fille de neige).

En 1875, il écrit son fameux premier concerto de piano, dédié à Hans von Bülow, qui le jouera dans le monde entier.

tchaikovsky concerto de pianoCliquez sur l’image

Il reçoit une commande du Bolchoï : le ballet Le Lac des cygnes. 1875 est l’année de la création en France de Carmen de BIZET, dont il étudie la partition avec une « passion presque maladive ».

tchaikovsky le lac des cygnesCliquez sur l’image

Ne manquez pas la suite des aventures de notre ami Piotr Illitch dans Tchaïkovski, le retour.

histoire, Histoire de l'opéra, littérature

Histoire de l’opéra : les années 1800 – 1850

J’avais laissé notre ami l’opéra à la fin des années 1700.

La transition entre les deux siècles se fait naturellement avec BEETHOVEN (1770 – 1827), qui a excellé dans toutes les formes musicales, sonates, musique de chambre, symphonies, concertos, etc. Parmi toute son œuvre, Beethoven a tenu à écrire un opéra, genre incontournable à son époque, et c’est ainsi qu’il a écrit Fidelio, en s’y prenant à deux reprises, une première version en 1804 et une deuxième en 1814.

Beethoven fidelio mir ist so wunderbarCliquez sur l’image

La première moitié du XVIIIe siècle correspond au romantisme. En Allemagne, ce romantisme s’exprime avec SCHUBERT (1797 – 1828) et surtout WEBER (1786 – 1826) et son Freischütz (1821).

freischutz harnoncourtCliquez sur l’image

À cette époque, l’Allemagne essaie de se libérer de l’influence italienne (La Flûte enchantée et Fidelio sont écrits en allemand). Dans ce même mouvement vers le nationalisme, l’opéra de Vienne commande dans les années 1820 à Schubert et Weber des opéras en allemand (des singspiels), mais c’est malheureusement l’époque où la déferlante ROSSINI (1792 – 1868) se répand sur l’Europe, et les représentations de Vienne, balayées par la Rossini-mania, sont des échecs.

rossini semiramide bel raggioCliquez sur l’image

Après Weber, l’Allemagne continuera dans le romantisme voire l’opéra gothique avec SPOHR (1784 – 1859), et surtout MARSCHNER (1785 – 1861) et son Vampire (1828) d’après Lord Byron et le Templier et la Juive (1829) d’après Walter SCOTT.

Marschner le vampireCliquez sur le vampire (à vos risques et périls)

L’écrivain romantico-historique écossais Walter SCOTT (1771 – 1832) connaîtra un succès prodigieux dans toute l’Europe, et inspirera bon nombre de compositeurs.

En Italie, les musiciens les plus renommés sont Rossini (1792 – 1868), DONIZETTI (1797 – 1848) et BELLINI (1801 – 1835).

Curieusement, Paris devient la capitale européenne de la musique où l’on rencontre les grands virtuoses, tels que LISZT ou PAGANINI, et  où les Italiens CHERUBINI (1760 – 1842), Rossini, Bellini et Donizetti viennent tous se faire adouber au Théâtre-Italien. BERLIOZ (1803 – 1869) représente à lui tout seul la musique romantique française.

Devant cette concentration parisienne de compositeurs, on assiste alors à la création d’un nouveau genre, le Grand Opéra à la française, sous l’impulsion de l’Italien CHERUBINI (1760 – 1842), de l’Allemand MEYERBEER (1791 – 1864) ou du Français AUBER (1782 – 1871). Ce genre est caractérisé par un drame bâti sur une trame historique avec des décors somptueux et un grand ballet.

Et pour terminer, je vous propose une petite sélection des plus beaux duos d’amour écrits pendant cette période.

Retrouvez la suite dans Histoire de l’opéra : les années 1850 – 1880.

Cinéma, littérature, Woody Allen

Woody ALLEN – les années 90

Après avoir parcouru la filmographie des années 80 de Woody ALLEN, intéressons-nous à celle des années 90.

 Alice                                                                            source

Dans Alice (1990), l’histoire d’une femme mariée qui tombe amoureuse d’un musicien, on trouve un dialogue plein d’ambiguïté (à la Woody ALLEN, quoi !) où il est question des vertus comparées du sax ténor et du sax soprano. On peut aussi y entendre un concerto de Bach et un air de Kurt WEILL.

 ombres et brouillard                                                                             source

On retrouve la musique de Weill dans Ombres et brouillard (Shadow and Fog) en 1991, un bel hommage à l’expressionisme allemand d’un MURNAU ou d’un Fritz LANG. On y entend notamment l’Alabama Song, ainsi que des extraits de l’Opéra de quat’sous ou des 7 péchés capitaux (opéras écrits en collaboration avec BRECHT).

  harry dans tous ses états                                                                           source

C’est MOUSSORGSKY qu’il invite sur la BOF de Harry dans tous ses états (Deconstructing Harry) (l’histoire d’un acteur qui n’impressionne plus la pellicule, ou plutôt qui devient flou devant l’objectif de la caméra, (flippant non?) en 1997, où on peut entendre Une nuit sur le mont chauve.

  celebrity                                                                           source

Celebrity (1998) débute sur l’ouverture de la 5e symphonie de BEETHOVEN, et on peut aussi entendre la marche nuptiale de Lohengrin, de WAGNER, et I got rythm, de GERSHWIN. Le film se termine par une reprise de la 5e de Beethoven. Une petite curiosité de ce film est la présence d’un certain Donald TRUMP dans le rôle de D.Trump (qui était à l’époque animateur vedette d’une émission de téléréalité.)

 accords et désaccords                                                                          source

Enfin en 1999 dans Accords et désaccords (Sweet and Lowdown) on retrouve un musicien, un guitariste de jazz dont le grand rival est Django Reinhard. À noter un curieux Rêve d’amour de LISZT interprété à la guitare par Django.

Retrouvez les films des années 2000 dans notre prochain billet, disponible sur ce blog.

 

 

 

 

 

Animation 1, Écrivains, Cinéma, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Victor HUGO (1802 – 1885) ET LA MUSIQUE

                                                              (Victor HUGO and opera)

« Défense de déposer de la musique sur mes vers » aurait déclaré Victor HUGO (1802 – 1885).

Son œuvre dramatique a pourtant inspiré bien des compositeurs, puisqu’une centaine d’opéras ont été composés d’après cette œuvre.

VH donc, chef de file du romantisme français, a créé le scandale en 1830 avec son Hernani. Cette pièce sera adaptée à l’opéra par VERDI, avec Ernani (1844). Ce n’est pas la seule adaptation de VH par Verdi puisqu’à partir de la pièce Le Roi s’amuse (1832), il composera Rigoletto en 1851.

Verdi rigoletto La done e mobile

Autre Italien à adapter VH, on peut citer DONIZETTI qui mettra en musique Lucrèce Borgia (1833), avec Lucrezia Borgia, et ce dès 1833, soit l’année même de la création du drame d’Hugo !

Donizetti Lucrezia Borgia Maffio Orsini son ioCliquez sur l’image

VH a participé à la mise en musique de ses œuvres puisqu’il a écrit lui-même en 1836 le livret de La Esmeralda, un opéra composé par Louise BERTIN (notez bien ce nom, il n’y a pas beaucoup de femmes compositrices dans le monde décrit par ce blog). Il s’agit évidemment d’une adaptation de son roman Notre Dame de Paris (1831).

Bertin La Esmeralda air des cloches

C’est ce même livret qui servira à DARGOMIJSKY, un élève de GLINKA pour son Esméralda (1839).

En 1872, c’est MASSENET qui écrit son premier opéra Don César de Bazan, d’après une pièce de DUMANOIR, elle-même bâtie autour d’un des personnages de Ruy Blas (1838). On peut noter que MENDELSSOHN a écrit une ouverture pour Ruy Blas, et ce dès 1839 pour les représentations en allemand de cette pièce.

Mendelssohn Ouverture Ruy BlasCliquez sur l’orchestre

Un peu plus tard, PONCHIELLI adapte Angelo, tyran de Padoue (1835) pour son opéra La Gioconda (1876). On peut voir une adaptation complètement déjantée de la « Danse des heures » de cet opéra dans le dessin animé Fantasia de Walt DISNEY. Cette même année, le Russe César CUI créait son Angelo, opéra également inspiré par Angelo, tyran de Padoue.

Enfin, si on considère que la comédie musicale est l’adaptation du genre opéra à la fin du XXe siècle (i.e. le fait de raconter une histoire en la faisant chanter et danser par ses interprètes), l’œuvre de VH figure toujours en très bonne place, puisque Les Misérables (1980) et Notre-Dame de Paris (1999) sont deux des plus grands succès du genre. On retrouve également Disney dans son dessin animé le Bossu de Notre-Dame, encore une adaptation de Notre-Dame de Paris (même si, de mémoire, VH n’apparaît pas au générique).

Il faut encore noter que, en dehors du champ opératique, de très nombreux poèmes de VH ont été mis en musique, que ce soit par LISZT, GOUNODFAURÉ ou SAINT-SAËNS… ou BRASSENS !

Fauré les DjinnsCliquez sur le chœur

Notamment avec les Orientales (1829) où Hugo nous décrit la chevauchée de Mazeppa. Pour VH, Mazeppa est le symbole du génie qui, lancé dans une course effrénée, « court, vole, tombe, et se relève roi ».

Ce thème a particulièrement inspiré Franz LISZT, qui s’y est pris à quatre reprises pour traduire le poème en musique, en insistant sur le symbole final. Les trois premières versions correspondent aux trois versions des Douze études, redoutablement difficiles. La quatrième version est le poème symphonique Mazeppa.

Cinéma, Compositeurs, littérature

AIMEZ-VOUS LISZT (1811 – 1886)…

… comme ne l’a pas écrit Françoise SAGAN.

Que vient faire Franz LISZT dans un blog consacré à l’opéra ? me demanderez-vous. Eh bien, il y a toute sa place.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liszt de lecture

Né le 22 octobre en Hongrie, Liszt était un enfant et un pianiste prodige. Il a écrit un opéra à l’âge de douze ans, Don Sanche. Certes, ce n’est pas la plus connue de ses œuvres, et ce n’est donc pas pour elle que j’écris ce billet.

Liszt Don Sanche OuvertureCliquez sur l’image

Si j’ai choisi de parler de Liszt, c’est parce qu’il a soutenu ou aidé tous les compositeurs de son époque, de BERLIOZ à MASSENET, en passant par WAGNER, SMETANA et SAINT-SAËNS, soit en montant leurs œuvres à Weimar où il a été chef d’orchestre dans les années 1850 (Lohengrin de Wagner, Benvenuto Cellini de Berlioz ou Samson et Dalila de Saint-Saëns), soit en écrivant des transcriptions d’opéras pour le piano (MOZART, BELLINI, GLINKA, VERDI, AUBER…)

Liszt transcriptionCliquez sur l’image

Tsigane et franciscain comme il se définissait lui-même, Liszt serait de nos jours un « people ». Ses talents de virtuose du clavier poussaient en effet ses admirateurs à lui baiser les doigts après les concerts et ses admiratrices dans son lit ! Et ses frasques amoureuses alimentaient les gazettes de l’époque.

En tant que pianiste virtuose, Liszt compose des pièces pianistiquement redoutables.

Liszt CampanellaCliquez sur l’image

À Paris, il fréquente les salons et y rencontre Berlioz, George SAND et Alfred de MUSSET, HUGO, BALZAC, CHOPIN et DELACROIX (entre autres…)

En 1833, il commence une liaison avec la comtesse Marie d’AGOULT et en 1835, ils s’enfuient à Genève. Ils auront trois enfants, dont Cosima qui se mariera avec le chef d’orchestre Hans von BÜLOW (puis avec Wagner). Cette liaison durera jusqu’en 1844, et inspirera Balzac pour son roman Béatrix (1839).

En 1853, il relève le défi laissé par BEETHOVEN avec la forme sonate avec sa formidable Sonate en Si bémol mineur.

Liszt Sonate en si bémol mineurCliquez sur le pianiste

À Weimar où il est chef d’orchestre, il développe la notion de poème symphonique ébauchée par Berlioz, avec des œuvres telles que Les Préludes ou Mazeppa.

Liszt les préludesCliquez sur l’image

Parmi les compositeurs qu’il a aidés, citons en particulier Wagner, dont il a assuré la création de Lohengrin à Weimar en 1850. Une de ses filles, Cosima, se mariera avec Wagner et assurera la direction du Festival de Bayreuth après la mort de celui-ci. Quelques mois avant la mort de Wagner, Liszt écrit, prémonition ? une Lugubre gondole. C’est d’ailleurs à Bayreuth que Liszt meurt le 31 juillet 1886 et qu’il est enterré.

liszt funèbre gondoleCliquez sur l’image

Outre ses œuvres pour piano et ses poèmes symphoniques, il est l’auteur de nombreuses musiques d’inspiration religieuse et d’oratorios).

Le cinéaste Ken RUSSELL a réalisé une biographie (?) de Liszt sous le nom de Lisztomania. C’est ce même K.RUSSELL qui a adapté pour le cinéma l’opéra-rock Tommy des WHO. On peut noter que le rôle de Liszt est tenu par Roger DALTREY, des Who.

Et si vous voulez un aperçu de Liszt le novateur, cliquez sur le lien.

littérature, Mes opéras préférés

CARMEN de BIZET (1874 – 1875)

Carmen (1874) est certainement un des opéras les plus connus et les plus joués (et les plus adaptés). Techniquement, il s’agit d’un opéra-comique, c’est-à-dire un opéra qui alterne  des passages parlés et des passages chantés.

L’œuvre provient d’une commande de l’Opéra-Comique (le théâtre) à Georges BIZET. Le livret est dû aux fameux duettistes MEILHAC et HALÉVY et est tiré d’une nouvelle de Prosper MÉRIMÉE. Elle est créée en 1875, mais connaît des débuts difficiles en raison de son sujet jugé scabreux, et Bizet, qui meurt trois mois après la première représentation, ne connaîtra pas le succès triomphal que rencontrera son œuvre.

Acte I : À Séville, les soldats regardent passer les gens pour tuer le temps. Arrive la relève de la garde, accompagnée d’une troupe d’enfants (Choeur : « Avec la garde montante »).

Bizet Carmen La garde montanteCliquez sur les nenfants

La cloche de la fabrique de cigarettes sonne, tout le monde attend la sortie des cigarières, et surtout de l’une d’elles, Carmen. Celle-ci chante une chanson sur l’amour (Habanera).

Bizet Carmen habaneraCliquez sur Carmen

Carmen lance une fleur à don José, un brigadier, avant de rentrer à la fabrique. Une jeune femme, Micaëla, vient voir don José. Elle lui apporte une lettre de sa mère, accompagnée d’un baiser. Des cris se font entendre, une bagarre a éclaté dans la manufacture, et Carmen est accusée d’avoir agressée une de ses petites camarades. Les soldats interviennent et le capitaine ordonne à don José d’arrêter Carmen. Carmen use de son charme pour que don José la laisse fuir et lui donne rendez-vous dans une taverne près de Séville (Séguedille : « Près des remparts de Séville »). Don José laisse Carmen s’enfuir.

près des remparts de SévilleCliquez sur l’image

Acte II : Dans la taverne, Carmen est occupée avec ses amies Mercedes et Frasquita (Air : « Les tringles et les sistres… ») Elle attend Don José qui doit sortir de prison après y avoir passé deux mois pour l’avoir laissé s’enfuir. Arrive Escamillo, célèbre torero des arènes de Grenade. Il tombe immédiatement amoureux de Carmen (Air : « Toréador, en garde »).

Bizet Carmen ToréadorCliquez sur Escamillo

Les contrebandiers arrivent et demandent à Carmen de partir avec eux dans la montagne. Carmen refuse, avouant qu’elle est amoureuse. Don José arrive enfin, mais entendant l’appel du soir qui sonne à la caserne, il déclare qu’il est temps pour lui de rentrer. Carmen se moque de son prétendu amour, et don José proteste de sa fidélité.

Bizet Carmen la fleur que tu m'avais jetéeCliquez sur Don José

Les soldats viennent faire fermer l’auberge car c’est l’heure, mais trouvant don José hors de ses quartiers, ils veulent l’arrêter. Don José se bat contre son officier avant de prendre la fuite avec Carmen, devenant ainsi déserteur.

Acte III : Au campement des contrebandiers, Carmen, Mercedes et Frasquita se tirent les cartes (Trio: « Mêlons, coupons »). Quand arrive le tour de Carmen, elle n’a qu’un seul destin: la mort! (Air : « Carreau, pique, la mort »).

Bizet Carmen Carreau, pique la mortCliquez sur les Bohémiennes

Don José fait  le guet. Micaëla arrive, porteuse d’un message de la mère de Don José (Je dis que rien ne m’épouvante). Elle se cache quand Escamillo arrive pour inviter Carmen à sa prochaine corrida. Don José le défie en duel et ils commencent à se battre quand les contrebandiers reviennent et les séparent. Micaëla sort de sa cachette et dit à Don José que sa mère l’attend au village. Carmen conseille à don José de partir, mais celui-ci refuse. Micaëla ajoute alors que sa mère est mourante. Don José accepte de partir mais prévient Carmen qu’ils se reverront.

Acte IV : Devant les arènes, la foule attend la corrida (Chœur: « A dos cuartos »). Carmen apparaît au bras d’Escamillo (« Si tu m’aimes, Carmen »), mais Frasquita et Mercedes viennent la prévenir de la présence de don José caché dans la foule. Comme Carmen s’apprête à suivre Escamillo dans l’arène, don José lui barre le passage et la supplie de rester avec lui (Air : « Carmen, il est temps encore »). Carmen refuse, et lui jette une bague qu’il lui avait donnée. Après une dernière supplication (Air : « Mais moi, Carmen, je t’aime encore »), il sort son couteau et la tue. On entend dans l’arène la foule acclamer Escamillo.

Bizet Carmen Mais moi je t'aime encore

Carmen meurt à la fin, mais elle a laissé une nombreuse postérité. Surtout, ne manquez pas la suite dans Carmen, le retour… prochainement sur ce blog.

Et pour découvrir d’autres opéras, cliquez ici « Mes opéras préférés ».

Cinéma, Shakespeare, Woody Allen

Woody ALLEN – les années 80

Après avoir parcouru la filmographie des années 70 de Woody ALLEN, intéressons-nous aux années 80.

comédie érotique

                                                                           source

En 1982, dans Comédie érotique d’une nuit d’été, brillante variation sur la comédie presque éponyme de SHAKESPEARE, il se sert abondamment de la musique que MENDELSSOHN a composée pour cette pièce.

 zelig

                                                                            source

En 1983, dans Zelig, l’histoire d’un caméléon humain joué par Woody ALLEN, on peut le voir dans le rôle de Paillasse, l’opéra vériste de LEOCAVALLO.

broadway danny rose

source

Dans Broadway Danny Rose de 1984, un des thèmes présents est Funicula funicula. D’accord, ce n’est pas de l’opéra, mais c’est napolitain, et il est difficile de dissocier napolitanisme et opéra, d’autant que les grands ténors ne se faisaient pas prier pour entonner cet hymne au funiculaire de Naples.

1985 est l’année de La Rose pourpre du Caire (Purple Rose of Cairo), un de mes films préférés, mais il n’y a rien de spécial à dire sur sa musique.

radiodays

source

Dans Radio Days (1987), évocation des années 40 où la radio servait de lien à la vie en société, on entend une adaptation du Vol du bourdon, extrait de l’opéra Le Tsar Saltan de RIMSKY-KORSAKOV, interprété à la trompette !

september

source

Et dans le magnifique September de 1987, on entend le September Song, de Kurt WEILL.

Et pour les films des années 1990, ce sera dans le billet suivant.

Compositeurs, littérature

Léos JANACEK (1854 – 1928)

Janacek par Adrian

Léos JANACEK (prononcer ianatchèque) est un compositeur majeur du XXe siècle, trop méconnu en France. Peut-être est-ce dû à ce que sa musique se chante en tchèque, langue qui nous est moins familière que l’italien ou l’allemand.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder à la liste de lecture

Né à Brno, capitale de la Moravie, il rencontre DVORAK (1841 – 1904) à Prague en 1874, qui l’encourage à suivre sa voie musicale. Pendant longtemps, son aura ne dépassera pas sa Moravie natale, et il faudra attendre 1916 et une représentation de son opéra Jenufa à Prague pour qu’il commence à connaître le succès.

janacek JenufaCliquez sur l’image

Janacek faisait partie du cercle russe de sa ville, et il en découlera des compositions comme la pièce symphonique  Tarass Bulba, d’après GOGOL ou l’opéra De la maison des morts d’après DOSTOÏEVSKI.

Parmi ses autres opéras, il faut citer Katia Kabanova (1921), d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI, le ravissant conte pour enfants La petite renarde rusée, ou l’opéra fantastique L’Affaire Makropoulos.

janacek petite renardeCliquez sur l’image

On peut encore citer l’opéra de chambre le Journal d’un disparu, un cycle de 22 mélodies pour ténor, piano, et un chœur de trois femmes, au travers duquel on peut entendre sa passion cachée pour une jeune femme de trente-huit ans sa cadette.

En dehors de l’opéra, Janacek a écrit des pièces pour piano, la Messe glagolitique, de la musique de chambre dont de très beaux quatuors (quatuor Lettres intimes), la Sinfonietta pour instruments à vent.

Comme ses contemporains BARTOK ou KODALY, Janacek a réalisé un important travail ethno-musicologique en recueillant les airs populaires de son pays.

Liste des principaux opéras de Janacek :

Jenufa (1893 – 1903)

Katia Kabanova (1921)

La petite Renarde rusée (1924)

L’Affaire Makropoulos (1923-1925)

De la Maison des morts (1927 – 1928)

Divers, Fantaisie, littérature

EN FLÂNANT DANS LE QUARTIER DE L’OPÉRA

Station de métro Opéra, gare de RER Auber, rues GLUCK, AUBER, MEYERBEER, GRETRY, FAVART, SCRIBE place BOÏELDIEU. Tout un monde de musiciens, chansonniers (Favart) ou librettiste (Scribe) se trouve réuni dans un petit périmètre, allant de l’opéra Garnier à la salle Favart (alias Opéra-Comique). rue FavartFavart (1710 – 1792) était un chansonnier, c’est à dire quelqu’un qui écrivait des chansons. Il est membre fondateur de l’Opéra-Comique. À ce titre, on appelle Salle Favart le théâtre de l’Opéra-Comique.

  rue GluckGLUCK (1714 – 1787) était un musicien autrichien venu à la cour de sa compatriote Marie-Antoinette. Il a écrit en France des opéras en français.  rue GrétryGRETRY (1742 – 1813) était un compositeur français, né à Liège.

place BoïeldieuBOÏELDIEU (1775 – 1824) était un compositeur incroyablement populaire en son temps, auteur notamment de La Dame blanche. On a donné son nom à la place où se trouve l’Opéra-comique.

rues Halévy MeyerbeerHALEVY (1799 – 1862) était, avec MEYERBEER (1791 – 1864), un Allemand venu à Paris pour créer ce qu’on appellera le Grand Opéra à la française (c’est  moi qui rajoute les majuscules pour en imposer un peu plus). Le GOf était un genre d’opéra spectacle total, avec des décors somptueux, des ballets obligatoires, des chœurs volumineux, bref, fallait qu’ça pète comme on dirait aujourd’hui. rues Scribe et AuberEnfin AUBER (1782 – 1871) était un compositeur lui aussi créateur du GOf, et il a travaillé avec le bien-nommé SCRIBE, l’un des librettistes les plus féconds de son temps, qui a fourni des livrets à pratiquement tout ce que la place comportait de compositeurs.

Et pour illustrer cette promenade dans ce beau quartier de Paris, je vous propose une belle balade dans Paris : « Les gens de mon quartier », de LAS TORRES.

On peut aussi faire une partie de cette promenade avec Jacques ROUBAUD, dans son Ode à la ligne 29 des autobus parisiens (2014), où il décrit tout ce que voit un voyageur qui emprunte cette ligne qui va de Saint-Lazare à la porte de Montempoivre.

Très vite, il passe à côté de l’opéra (Garnier) où il évoque Falstaff et Don Juan. On le retrouve un peu plus loin passer à côté de Bastille, mais je reviendrai plus tard sur Jacques ROUBAUD.