Cinéma, Compositeurs, littérature

Richard STRAUSS (1864 – 1949)

Richard STRAUSS (aucun lien de parenté avec les Johann STRAUSS) est l’un des compositeurs majeurs dans le domaine de l’opéra au XXe siècle.

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Né le 11 juin 1864 à Munich d’un père corniste à l’opéra de Bavière et d’une mère pianiste, il est élevé dans le culte des grands anciens (MOZART, HAYDN, BEETHOVEN). Il publie son opus I, une Marche de fête, à l’âge de 12 ans.

Vers 1880, c’est la rencontre décisive avec le très wagnérien Hans von BÜLOW. Malgré l’interdiction de son père de fréquenter les « modernes » (WAGNER, LISZT), il assiste en 1882 à la création de Parsifal à Bayreuth.

En 1885, il est nommé chef d’orchestre suppléant à Meiningen, avant d’être nommé troisième chef à Munich, et répétiteur à Bayreuth. Il esquisse sa première œuvre lyrique, Guntram, et compose des poèmes symphoniques (Dom Juan en 1888, Mort et Transfiguration en 1889).

En 1889, il quitte Munich pour Weimar, où il est nommé Maître de Chapelle. Atteint d’une pneumonie en 1891, il part en convalescence dans le Sud (Egypte, Italie, Grèce), ce qui lui laisse le temps d’achever son Guntram, créé à Weimar en 1894. Cette œuvre est unanimement rejetée, par les wagnériens comme par les anti-wagnériens, ce qui blesse Strauss. Cette blessure est toutefois partiellement compensée par le bonheur qu’il a de diriger Tannhaüser à Bayreuth (et par son mariage avec la cantatrice qui tenait le rôle d’Elizabeth). À l’automne, il devient chef d’orchestre à Munich.

En 1895, il compose Till Eulenspiegel, et en 1896, une de ses œuvres les plus connues Also spracht Zarathoustra, poème symphonique d’après NIETZSCHE, révélé au grand public par le génial 2001 Odyssée de l’espace de KUBRICK.

Strauss zarathoustraCliquez sur l’image

En 1897, il écrit Don Quichotte, une pièce pour violoncelle et orchestre, et en 1898, le poème symphonique La vie d’un héros. En 1898, il part à Berlin, et donne par ailleurs des concerts dans toute l’Europe. En 1901, il crée avec succès son deuxième ouvrage lyrique, Feuersnot.

En 1905, il compose Salomé, son premier chef-d’œuvre dans le domaine de l’opéra, d’après l’œuvre d’Oscar Wilde.

Strauss Salomé danse des 7 voiles LiègeCliquez sur Salomé

Il entame ensuite une collaboration artistique extrêmement fructueuse avec Hugo von HOFMANNSTHAL, d’où sont issus Elektra (1907 – 1908), Le Chevalier à la Rose (1909 – 1910), où il cherche à retrouver l’esprit des Noces de Figaro de Mozart, Ariane à Naxos (1911 – 1912), La Femme sans ombre (1918) sur un thème proche d’Ondine de E.T.A. Hoffmann, Hélène d’Egypte (1925 – 1926) et Arabella (1933). Cette production est entrecoupée par un ballet, La Légende de Joseph, créé à Paris en 1914 par les Ballets russes de Diaghilev, et la Symphonie Alpestre en 1915.

En 1919, il prend la direction artistique de l’opéra de Vienne. Il écrit en 1923 Intermezzo créé à Dresde en 1924. Début 1925, il démissionne de l’Opéra de Vienne.

Après la mort d’Hofmannsthal en 1929, il continue avec Stefan ZWEIG (La Femme silencieuse [1935]), Joseph GREGOR (Daphné [1937]) et Clemens KRAUS (Capriccio [1941], où il se livre à une réflexion sur la querelle des gluckistes et des piccinnistes). Il est à noter que Strauss s’est battu pour que la Femme silencieuse soit monté et représenté en dépit de la judéïté de son ami Zweig.

En 1936, il compose l’hymne olympique des jeux de Berlin.

Après son dernier opéra, Capriccio, il compose en 1948 son chant du cygne, les bouleversants et crépusculaires Quatre derniers lieder, avant de mourir le 8 septembre 1949, à l’age de 85 ans.

Strauss Im abendrot 2Cliquez sur l’image

Et voici un autographe de Strauss, extrait de ma collection personnelle :

autographe Strauss

Compositeurs, Historique

Le Chevalier De SAINT-GEORGES (1745 – 1799)

Puisque je vous parlais récemment de Louis XV et la musique, je vais écrire maintenant sur un personnage qui a vécu sous Louis XV, Louis XVI et la Révolution, le Chevalier de SAINT-GEORGES.

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Joseph BOLOGNE, plus connu sous le nom de Chevalier de Saint-Georges (1745 – 1799) est une figure intéressante de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Né le 25 décembre 1745, il est le fils d’un colon ayant fait fortune dans les plantations de Guadeloupe, et de son esclave et maîtresse. Son père, accusé de meurtre revient en France avec sa maîtresse et son fils en 1747.

Avant que de devenir compositeur, Joseph apprend l’escrime et devient vite un redoutable tireur au fleuret. Parmi ses adversaires (amicaux) à l’escrime se rencontre le (ou la) chevalier d’Éon.

En 1764, on le trouve gendarme de la garde du roi, et il est fait chevalier.

Il apprend la musique auprès de GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ) et entre dans son orchestre en 1769. Il y trouve l’occasion de briller en soliste dans ses premiers concertos de violon. Dès lors, il compose de la musique orchestrale.

de Saint-Georges concerto pour violonCliquez sur l’image

En 1776, il est proposé pour prendre la direction de l’Académie royale de musique (l’Opéra), mais son statut de mulâtre choque et la reine Marie-Antoinette bloque cette nomination.

En 1777, il compose son premier opéra La Fille-garçon, et Ernestine, d’après CHODERLOS de LACLOS. Madame de MONTESSON le nomme comme directeur de son théâtre, où il monte La Partie de chasse (1778) et l’Amant anonyme (1780).

Saint-Georges ouverture de l'Amant anonyme

Saint-Georges l amant anonymeCliquez sur l’image

Il participe au cercle révolutionnaire du duc d’Orléans (Philippe-Égalité) où il côtoie Choderlos de Laclos (Les Liaisons dangereuses) et Jacques-Pierre BRISSOT, l’un des fondateurs de la lutte pour l’abolition de l’esclavage.

En 1790, on le trouve dans le nord de la France et c’est à Lille qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

En 1792, il fait partie de la Légion noire, composée de gens de couleur, où il côtoie Thomas-Alexandre DUMAS, le père d’Alexandre DUMAS père (et donc le grand-père d’Alexandre DUMAS fils).

Celui qu’on a aussi nommé le « MOZART noir » meurt le 10 juin 1799 à Paris.

Compositeurs, Valse

Carl Maria von WEBER (1786 – 1826)

Contemporain de BEETHOVEN (1770 – 1827) et SCHUBERT (1797 – 1828), Carl Maria von WEBER (1786 – 1826) tient une place importante dans l’histoire de l’opéra, où il est considéré comme le père de l’opéra romantique.

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Le petit Charles-Marie est né le 18 novembre 1786 en Allemagne. Son père était homme de théâtre et violoniste. Ses cousines étaient de bonnes chanteuses et l’une d’elles, Constance, s’est mariée avec un certain MOZART, qui a écrit pour elle quelques-uns de ses plus beaux airs.

En 1798, après le décès de sa mère, il part pour Munich. Là, il fréquente des poètes tels que Jean-Paul RICHTER ou E.T.A. HOFFMANN.

En 1804, il est nommé Maître de Chapelle à Breslau, ce qui lui permet de parfaire sa connaissance du répertoire. De 1807 à 1810, il est secrétaire du prince Louis à Stuttgart en même temps que professeur de musique des jeunes princesses. La liaison de Weber avec une cantatrice, ainsi que des malversations financières de son père, lui font perdre ses fonctions, et en 1810 la famille s’installe à Mannheim. Weber entame alors un Singspiel en un acte : Abu Hassan. Il rencontre MEYERBEER et cette année-là, il écrit deux concertos pour clarinettes, dont le premier est resté au répertoire.

Weber concerto pour clarinette n 1Cliquez sur le clarinettiste

En 1813, il est nommé Maître de Chapelle à Prague. Il y monte les opéras de MOZART, ainsi que le Fidélio de BEETHOVEN. Puis il part à Dresde où il est chargé de développer l’opéra allemand face au style italien triomphant. C’est à cette époque qu’il écrit pour le piano L’invitation à la valse, qui sera plus tard orchestrée par BERLIOZ.

Weber invitation à la valseCliquez sur le pianiste

En 1821, il écrit son chef d’œuvre, Le Freischütz, un opéra romantique allemand, qui connaîtra un grand succès. WAGNER lui-même reconnaîtra l’impact que son écoute a eu sur sa vocation de compositeur. On peut considérer qu’il y a dans cette œuvre une utilisation du leitmotiv, structure musicale que Wagner développera après lui.

Weber Freischütz ouvertureCliquez sur l’image

Après le succès du Freischütz, il écrit Euryanthe, une commande du Théâtre de Vienne pour faire émerger un opéra allemand face à l’envahisseur italien, mais la venue triomphale de ROSSINI à Vienne à cette époque fait chuter cet opéra dès la création. La même mésaventure est arrivée à SCHUBERT à qui on avait commandé l’opéra Fierrabras.

En 1824 il reçoit une commande du Covent Garden de Londres. Ce sera Oberon, créé en 1826, et c’est à Londres qu’il meurt le 5 juin de cette même année alors qu’il travaillait à l’adaptation d’Oberon à la langue allemande.

Weber Oberon Ozean JanowitzCliquez sur la soliste

Compositeurs, Histoire de l'opéra

Christoph Willibald GLUCK (1714 – 1787)

Christoph Willibald GLUCK est né à Erasbach en Bohème le 2 juillet 1714.

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Fils d’un garde-chasse, Gluck étudie la musique comme enfant de chœur dans un collège de jésuites, où il apprend le chant, le clavecin, l’orgue et le violon. Il se rend à Prague en 1732, où il complète ses études et gagne sa vie comme violoniste.

En 1736, il part à Vienne, où il se fait remarquer par le prince MELZI, qui l’emmène à Milan. Il fait ses débuts au théâtre en 1741 avec Artaserse, qui est un grand succès suivi d’autres commandes. Il écrit alors une vingtaine d’opéras serias (dans le style italien) pour Londres, Copenhague, Prague, Vienne, Rome, etc., œuvres qui n’ont pas été conservées.

Gluck est appelé à Londres en 1745. Il passe par Paris, où il entend des opéras de RAMEAU, et arrive à Londres alors qu’y triomphe HAENDEL.

Il quitte Londres pour Vienne où il donne Semiramide (1748) et où il se marie en 1750. En 1754, il obtient un poste de Kappelmeister à Vienne. Son style évolue alors vers l’opéra-comique français, ses livrets lui étant envoyés de Paris par FAVART. C’est ainsi qu’en 1760, il écrit l’Ivrogne corrigé d’après LA FONTAINE. En 1761, il fait la connaissance du librettiste Calzabigi. De leur collaboration naîtra Orfeo ed Euridice (1762) qui est une révolution pour l’époque, la primauté étant donnée à l’action et l’expression des sentiments plutôt qu’à la virtuosité des chanteurs. Orfeo est suivi par Alceste en 1767.

gluck orfeo che faro senza EuridiceCliquez sur l’image

Mais Gluck veut triompher à Paris. (Comme Haendel, musicien allemand ayant composé en Angleterre des opéras écrits en italien, Gluck musicien bohème est parti en France écrire des opéras en français, après avoir composé des opéras en italien à Vienne). L’ambassadeur de France à Vienne lui propose un livret sur Iphigénie en Aulide, d’après Racine, et recommande Gluck à Antoine DAUVERGNE, le directeur de l’Académie royale de musique. En fin politique, Gluck demande également sa protection à sa compatriote Marie-Antoinette, qui l’appelle à Paris en 1773. Iphigénie en Aulide est créé en 1774, la même année que sa réécriture d’Orphée en français. En 1776 paraît la version française d’Alceste, opéra que Gluck avait créé pour Vienne en 1767.

Gluck alceste ombres, larves ...Cliquez sur l’image

Après des débuts laborieux, le succès va croissant. En 1777 paraît Armide, que Gluck a écrit sur le même livret que LULLY un siècle auparavant. C’est un immense succès. En 1779, c’est le triomphe d’Iphigénie en Tauride, qui avait été mis en compétition entre Gluck et son rival PICCINI. Ce triomphe fut terni par l’échec de son opéra suivant, Écho et Narcisse (1779). Il se retire à Vienne, et n’écrira plus pour le théâtre. Victime de plusieurs attaques cérébrales, il meurt à Vienne le 15 novembre 1787.

On peut noter que ses différentes déclarations sur la musique dramatique, opposant la conception française et la conception italienne de l’art dramatique contribueront à la naissance de la querelle des bouffons.

Dans les 30 ans qui séparent RAMEAU de Gluck, la philosophie des Lumières est passée par là, et on passe du baroque de Rameau au préromantisme de Gluck, dont l’influence s’exercera sur les compositeurs à venir tels que BERLIOZ ou WAGNER. On considère ainsi qu’il est le premier compositeur à s’être servi des deux langages, musique et texte, pour raconter simultanément deux histoires différentes (cf. l’air : « Le calme rentre dans mon cœur » de Iphigénie en Tauride), presque un siècle avant Wagner, qui révérait Gluck. Il faut noter aussi le resserrement de l’action, et l’importance redonnée aux chœurs, qui sont là pour souligner et commenter l’action, comme dans le théâtre antique.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Écrivains, Cinéma, Compositrices, Fables de la Fontaine, littérature, Poésie

CE BON MONSIEUR DE LA FONTAINE (1621 – 1695)

Jean de la FONTAINE (1621 – 1695) est contemporain de RACINE, MOLIÈRE, CORNEILLE, BOILEAU, mais aussi de QUINAULT, le librettiste phare de LULLY.

Il est né le 6 juillet 1621 à Château-Thierry. Le petit Jean suit ses études au collège de Château-Thierry, à la suite desquelles il est tenté par une vocation religieuse. Cette vocation ne durera toutefois pas.

En 1647, La Fontaine se marie avec Marie Héricart, avec qui ils auront un fils, Charles. Ils partent à Paris et La Fontaine fait la connaissance de Fouquet, pour qui il écrit Adonis (1658) et Le Songe de Vaulx (1659-1661). Hélas, la disgrâce de Fouquet l’oblige à quitter Paris.

En 1664, il entre au service de la duchesse d’Orléans, ce qui vaut promesse d’anoblissement. Il publie les Nouvelles en vers tirées du Boccace et de l’Arioste. Ce recueil de contes sera suivi de plusieurs autres, dont le contenu, licencieux, lui vaudra quelques problèmes.

En 1674, il rédige le livret de Daphné pour Lully, mais celui-ci le refuse ce qui provoquera chez La Fontaine un vif ressentiment. Une autre tragédie musicale, Astrée et Céladon, sera mise en musique par Collasse, un élève de Lully, en 1691, mais ne connaîtra pas le succès. (Pour les cinéphiles, Éric Rohmer en tirera son dernier film en 2006).

C’est entre 1678 et 1679 qu’il fait paraître ses premiers livres de  Fables, qui le rendront célèbres jusqu’à nos jours. Une nouvelle série de fables sera publiée quelque temps avant sa mort.

En 1684, la Fontaine entre à l’Académie française.

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris

Il est connu essentiellement pour ses fables, dont certaines sont des adaptations du fabuliste ÉSOPE, mais il est également auteur de contes licencieux qui lui ont valu quelques problèmes. Sur la fin de sa vie, il s’essaiera aussi à l’opéra, mais ce n’est pas pour ces essais qu’il est resté à la postérité.

Retrouvez en fin de ce billet quelques fables musicalisées par mes soins.

Le XVIIIe siècle verra beaucoup d’opéras-comiques signés par les maîtres du genre qu’étaient DAUVERGNE, PHILIDOR ou DALAYRAC.

RAMEAU écrit Les Paladins (1760) d’après le conte Le petit chien qui secoue de l’argent et des pierreries.

rameau les paladinsCliquez sur l’image

GLUCK écrit l’Ivrogne corrigé (1760) d’après la fable l’Ivrogne et sa femme, ainsi que L’Arbre enchanté, ou le Tuteur dupé (1775).

gluck l'ivrogne corrigéCliquez sur l’image

Le prolifique GRÉTRY écrit le Magnifique (1773) d’après un de ses contes et le Comte d’Albert (1786).

grétry le magnifiqueCliquez sur le superbe cheval

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris, à l’âge de 73 ans, mais son œuvre lui survit.

Au XIXe siècle, GOUNOD met en musique des fables et écrit La Colombe, d’après la fable le Faucon.

gounod la colombeCliquez sur l’image

Il écrit aussi l’opéra Philémon et Baucis sur la fable du même nom, elle-même inspirée des Métamorphoses d’OVIDE.

Gounod Philémon et Baucis

OFFENBACH met en musique six fables, avant d’écrire Le Financier et le Savetier (1856).

Caplet le Corbeau et le renardCliquez sur l’image

La Fontaine continuera à être largement mis en musique au XXe siècle, avec notamment le ballet Les Animaux modèles de POULENC ou les œuvres d’Isabelle ABOULKER qui écrit un opéra de poche Jean de la Fontaine parmi nous, ainsi qu’une fabl’opéra La Fontaine et le Corbeau.

aboulker la fontaine et le corbeauCliquez sur l’image

Outre les opéras, ses fables ont été mises en musique par de très nombreux compositeurs.

Parmi eux/elles, citons

Pauline VIARDOT-GARCIA avec le Chêne et le Roseau et le Savetier et le Financier.

Charles LECOQ (six fables)

Camille SAINT-SAËNS (La Cigale et la Fourmi)

André MESSAGER (Les deux pigeons)

André CAPLET (Le Corbeau et le renard, la Cigale et la Fourmi, le Loup et l’Agneau)

Caplet la Fontaine le Loup et l'AgneauCliquez sur l’image

Graciane Finzi (le Lièvre et la Tortue)

VILLA-LOBOS, ALBENIZ, TUTTI & QUANTI

Il y aurait de quoi écrire un billet de ce blog rien que sur ces mises en musique.

Je vais laisser le mot de la fin à Pierre PERRET et sa version très personnelle du Corbeau et du Renard, Le Corbaque et le Frometon.

pierre perret le corbeau et le renardCliquez sur l’image

Avec sa morale :

… Et entonnant « Rigoletto » il laissa choir son calendo.

On doit reconnaître en tout cas
Que grâce à Monsieur Jean de La Fontaine
Très peu de chanteurs d’opéra
Chantent aujourd’hui la bouche pleine.

(Principales sources : Hérodote.net le média de l’Histoire. https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2476&ID_dossier=500

Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, éditions Fayard, 1992

Amin MAALOUF, un Fauteuil sur la Seine, éditions Grasset, 2016)

Le Lion et le Rat

Le Loup et l’Agneau.

Le Corbeau et le Renard.

Le Chêne et le Corps beau (d’après La Fontaine).

Le Chêne et le Roseau.

Le Lièvre et la Tordue (d’après La Fontaine).

Cinéma, Compositeurs, littérature

Franz SCHUBERT (1797 – 1828)

Franz SCHUBERT (1797 – 1828) n’est pas connu pour ses opéras, il en a pourtant écrit ou mis en chantier une quinzaine entre 1811 et 1827.

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Schubert naît le 31 janvier 1797 à Vienne. Son père est instituteur et lui donne ses premiers cours de violon alors que l’un de ses frères lui apprend le piano. L’atmosphère est musicale à la maison où, avec son père et deux de ses frères, ils forment un quatuor à cordes.

En 1808 il entre comme petit chanteur à la Chapelle impériale de Vienne, où il bénéficie d’une bonne éducation musicale. Il a comme professeur SALIERI, et entre dans l’orchestre. Il commence à composer dès 1810 des pièces pour piano, des lieder déjà, des quatuors à cordes, sa première symphonie.

En 1813, après la mue, il quitte la Chapelle impériale et entre à l’école normale, pour devenir instituteur comme son père.

Il écrit son premier chef-d’œuvre à dix-sept ans, le lied Marguerite au rouet, d’après GOETHE. De 1814 à 1816, il ne cesse d’écrire, et ce sont des symphonies, des messes, les premières sonates pour piano, des opéras, et toujours des lieder.

schubert marguerite au rouetCliquez sur l’image

En 1817, il quitte la maison de son père et loge chez un de ses amis, SCHOBER. Il écrit cette année-là, alors qu’il n’a que vingt ans, six sonates pour piano et de nombreux lieder, dont La Jeune Fille et la Mort et La Truite.

Schubert Der Tod und das MädchenCliquez sur l’image

En 1818, il devient maître de musique des enfants du comte ESTERHAZY et accompagne pendant l’été la famille en Hongrie. Il y compose des œuvres à quatre mains. Cette année-là, il écrit des lieder sur des textes des poètes romantiques allemands NOVALIS et SCHLEGEL, dont les très beaux Chants de la nuit.

De 1819 à 1823, le style de Schubert évolue et il se détache des formes héritées du passé. Il a du mal à achever ses œuvres. C’est le cas de sa huitième symphonie, qui restera célèbre sous le nom de Symphonie inachevée. La réputation de Schubert commence toutefois à dépasser le cercle des amis, et il s’essaie à la composition de singspiel, donnés sans grand succès au Théâtre de Vienne. En 1821, l’éditeur DIABELLI (celui des Variations) publie sur souscription son opus 1, Le Roi des aulnes. Cette même année, les réunions de ses amis autour de la musique de Schubert s’institutionnalisent, ce sont les fameuses Schubertiades.

schubert erlkonigCliquez sur l’image

En 1822 et 1823, il compose deux opéras, Alfonso und Estrella et Fierrabras, pour Vienne qui voulait des opéras écrits en allemand, mais la vague ROSSINI balaie tout sur son passage à l’époque et Schubert ne réussit pas à les faire représenter au théâtre. La même mésaventure est arrivée à WEBER avec Euryanthe.

Schubert Fierrabras Bald wie es klar

Fin 1822, il contracte la syphilis, et dès lors sa santé va se dégradant. C’est à cette époque qu’il compose la Wanderer Fantaisie. En 1823, Schubert compose le cycle de lieder La Belle Meunière. En 1823, il écrit une musique de scène pour Rosamonde et en 1824, il se consacre essentiellement à la musique de chambre avec les quatuors Rosamonde et La Jeune Fille et la Mort, mais aussi son octuor pour cordes et vents, et la sonate Arpeggione (du nom d’un instrument aujourd’hui disparu).

En 1825, Schubert succombe à la Walter Scott-mania, de cet écrivain écossais dont le romantisme a conquis son époque. Il écrit notamment sept lieder sur La Dame du Lac. Il commence sa dernière symphonie, la Grande Symphonie en Ut n°9. Sa réputation croît et ses sonates commencent à être publiées et jouées par les pianistes de son époque.

1826 est l’année de l’achèvement de sa symphonie n° 9, de son quinzième quatuor à cordes et de la dix-huitième sonate pour piano. Il écrit également ses deux trios op. 99 et 100. (Si vous avez vu le film Barry Lindon de KUBRICK, vous vous souvenez certainement de ceci.)

scubert trio opus 100Cliquez sur l’image

En 1827, à la mort de BEETHOVEN, Schubert participe aux cérémonies de ses funérailles. Il compose son testament musical, un dernier cycle de lieder, le bouleversant Winterreise (le Voyage d’hiver) sur des poèmes de MÜLLER, que je considère comme un véritable petit opéra pour voix et piano.

schubert winterreise gute nachtCliquez sur l’image

Schubert meurt le 19 novembre 1828 de la fièvre typhoïde, à 31 ans, laissant derrière lui quelque 500 à 600 lieder, dont certains sur des poèmes de Goethe, SCHILLER ou HEINE, vingt et une sonates pour piano, quinze quatuors, une dizaine d’œuvres pour la scène, neuf symphonies, et quantité de pièces (impromptus, moments musicaux, messes, quintettes…).

Retrouvez ici quelques compositions pour les chœurs.

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

LES LIBRETTISTES

On connaît généralement bien dans l’univers de l’opéra les compositeurs, les chanteurs et les chefs d’orchestre, voire les metteurs en scène (en bien ou en mal), mais il y a une catégorie dont on parle peu : les auteurs des livrets, encore appelés librettistes (de l’italien libretto = livret). Et pourtant, sans eux, pas d’histoire et sans histoire, pas d’opéra.

Certains auteurs, et non des moindres, se sont prêtés au jeu d’écrire des poèmes (c’est ainsi qu’on appelait les livrets, car jusqu’au XIXe siècle, ils étaient écrits en vers, tout comme les pièces de théâtre) pour les compositeurs de leur époque.

Ainsi, LULLY (1632 – 1687) a commencé ses comédies-ballets avec MOLIÈRE et Molière s’associera avec CORNEILLE et QUINAULT pour le livret de Psyché (1671). Plus tard, après la brouille entre Molière et Lully, Quinault deviendra le librettiste attitré de Lully, alors que Marc-Antoine CHARPENTIER écrira les musiques de Molière.

Le successeur de Lully en France, RAMEAU (1683 – 1764) commence sa carrière à l’opéra avec un livret de VOLTAIRE, Samson (vers 1732). Le rival de Voltaire, ROUSSEAU, écrit lui-même le livret de son opéra Le Devin du village (1752). Rameau a écrit un autre ouvrage en collaboration avec Voltaire, La Princesse de Navarre (1745), dont une reprise fut confiée à … Rousseau dès la fin de cette année 1745.

Pendant ce temps en Italie, MÉTASTASE (Pietro METASTASIO) (1678 – 1782) écrivait des livrets d’opéra. Plus de 1000 opéras seront écrits sur les 27 poèmes de Métastase. MOZART lui-même les mettra en musique : Il Re pastore (1775) et La Clémence de Titus (1791). Mozart travaillera également avec un autre librettiste, Lorenzo DA PONTE pour sa « trilogie Da Ponte » : Les Noces de Figaro, Cosi fan Tutte et Don Giovanni.

À propos des Noces de Figaro, BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) a écrit son propre opéra, Tarare, qui sera mis en musique par SALIERI., le « rival » de Mozart.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Victor HUGO a adapté lui-même son œuvre Notre-Dame de Paris pour la Esmeralda de Louise BERTIN.

La première moitié du XIXe siècle en France est celle d’Eugène SCRIBE (1791- 1861). La liste des compositeurs pour qui il a écrit est impressionnante, de BOÏELDIEU et sa Dame blanche (1825), ROSSINI et le Comte ORY (1828), MEYERBEER et Robert le diable (1831), HALEVY avec La Juive (1835) ou DONIZETTI avec La Fille du régiment (1840).

boïeldieu la dame blanche ouvertureCliquez sur Boïeldieu

Mais c’est avec D.F.E. AUBER que sa collaboration a été la plus féconde, puisqu’ils ont travaillé ensemble sur 38 opéras ou opéras-comiques, dont La Muette de Portici (1828) ou Gustave III ou le Bal masqué (1833). Les livrets de Scribe ont été souvent réutilisés, par exemple Le Philtre (1831) écrit pour Auber est devenu l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le vaudeville La Somnambule (1819) servira de trame à l’opéra du même nom de BELLINI en 1831, et le Gustave III servira de support au Bal masqué (1859) de VERDI. Scribe a d’ailleurs écrit le livret du premier opéra écrit par Verdi pour l’opéra de Paris : Les Vêpres siciliennes (1855).

verdi les vêpres siciliennesCliquez sur l’image

Certains compositeurs soucieux de l’équilibre entre texte et musique ont écrit eux-mêmes leurs livrets. C’est le cas notamment de Wagner (1813 – 1883).

Sur la fin de sa vie, Verdi a travaillé avec Arrigo Boïto, lui-même auteur d’opéras (Hamlet, Mefistofele). Ils écriront ensemble Otello (1884) et Falstaff (1890). Outre Verdi, Boïto a écrit le livret La Gioconda (1876) de Ponchielli.

Les librettistes se sont parfois mis à deux pour écrire leurs textes. Le duo le plus connu est celui formé par Meilhac et Halévy, les auteurs de La belle Hélène (1864) pour Offenbach, Carmen (1875) pour Bizet ou encore Manon (1881) pour Massenet.

À propos de Carmen, on peut noter que le librettiste Ludovic Halévy était  le cousin de la femme de Bizet, Geneviève Halévy, elle-même fille du compositeur Halévy, auteur de La Juive et professeur de Bizet au conservatoire.

J’ai lu récemment sur un blog consacré à l’opéra un article sur un autre duo de librettistes, celui formé par HAVRE et CAUMARTIN, duo injustement tombé dans l’oubli.

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Au XXe siècle, on peut noter la collaboration fructueuse de Richard Strauss et HOFMANNSTHAL. À la mort d’Hofmannsthal, Strauss se tournera vers d’autres librettistes, notamment Stefan Zweig qui lui écrira La Femme silencieuse (1935).

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Colette a écrit pour Ravel le livret de l’Enfant et les sortilèges, mais ce n’est pas la seule femme librettiste. Découvrez-en plus avec Aliette de LALEU, de France Musique.

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Compositeurs, histoire, littérature

Jean-Baptiste LULLY (1632 – 1687)

Jean-Baptiste Lully est né à Florence le 28 novembre 1632. Il est venu en France à l’âge de 11 ans (il est marmiton à la cour).

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Le jeune Lully est chosi en 1946 par le chevalier de GUISE, qui recherchait pour sa cousine, mademoiselle de MONTPENSIER, un jeune Italien susceptible de converser avec elle dans la langue italienne. Son service durera jusqu’en 1652.

Ses talents de musicien le distinguent et il participe à la mise en place de ballets, qui était le genre musical en vogue à la Cour avant l’Opéra. Il est nommé en 1653 compositeur de la musique instrumentale du Roi, et s’impose peu à peu dans le genre du ballet.

Début 1653, il est chargé de régler un ballet, Le Ballet de la Nuit, dans lequel il fait jouer le roi sous le masque du Soleil. De là viendra le nom de Roi-Soleil qui restera celui de Louis XIV pour la postérité.

Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par Louis XIV (1661), il reçoit les positions de surintendant de la musique du roi et de maître de la musique de la famille royale. En 1662, il se marie avec la fille du compositeur Michel LAMBERT.

Sa collaboration avec MOLIÈRE dans les comédies-ballets commence en 1664 avec Le Mariage Forcé. Suivront ensuite notamment L’Amour Médecin (1665) et Le Bourgeois Gentilhomme (1670). En 1671, Molière et CORNEILLE écrivent ensemble Psyché, que Lully met en musique.

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En 1672, Lully rachète à PERRIN le privilège royal de l’opéra pour toute la France. Il devient alors Directeur de l’Académie Royale de Musique, où il créera 14 tragédies en musique ainsi que plusieurs ballets et œuvres diverses jusqu’à sa mort en 1687. Il sait adapter à la perfection le chant à la diction du français, et s’attache les services de QUINAULT pour rédiger les livrets de ses opéras. Parmi ceux composés avec Quinault figurent Cadmus et Hermione (1673), Alceste (1674), Thésée (1675), Atys (1676) et Roland (1684).

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Opéra et politique : À l’époque de Louis XIV, il fallait flatter le souverain. Ainsi, chacune des tragédies lyriques de Lully commence-t-elle par un prologue vantant les grandes Qualités du roi, desquelles les dieux eux-mêmes étaient jaloux.
Ainsi dans Alceste, c’est la nymphe de la Seine qui se languit du retour du Héros (comprendre Loulou XIV, parti à la guerre). Dans Atys, c’est à un dieu que l’on compare le roi. Dans Roland, il est comparé à Roland, le héros de l’Orlando Furioso, et dans Armide (1686), c’est la Gloire et la Sagesse qui louent le héros qui possède ces deux qualités.

Après la mort de la reine, et sous l’influence de madame de MAINTENON, Louis XIV a une crise de foi et se détourne de l’opéra. Quinault, son librettiste, tombe en disgrâce et interrompt sa carrière après avoir terminé le livret d’Armide en 1686. Le compositeur doit alors trouver un autre librettiste, CAMPISTRON, pour son dernier chef d’œuvre : Acis et Galatée (1686).

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Le 22 mars 1687, Lully meurt de la gangrène des suites d’un coup de bâton qu’il s’est donné sur le pied en dirigeant son Te Deum (à l’époque, on marquait la mesure en frappant le sol avec un bâton).

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Sa composition la plus connue reste toutefois la chanson Au clair de la lune.

lully au clair de la luneCliquez sur le gramophone

(Source : pour cet article, j’ai consulté l’excellent Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcel BENOIT, éditions Fayard, 1992).

Lully est le premier des musiciens italiens à être venus exercer leurs talents en France.

Compositrices, Divers, Histoire de l'opéra

DES OPÉRAS POUR LES ENFANTS

Les adultes ne sont pas les seuls à avoir le privilège d’aller à l’opéra. C’est à peu près à partir du XXe siècle que les compositeurs ont eu envie de s’adresser aux enfants.

Ainsi, en 1915, César Cui, du Groupe des cinq, écrit le Chat botté d’après le conte de Charles Perrault.

Cui le Chat bottéCliquez sur l’image

Peu après, Ravel écrit, sur un livret de Colette, l’Enfant et les sortilèges  (1917 – 1924).

Écrit en 1922-1923 et créé en 1924, l’opéra de Janacek la Petite Renarde rusée est un magnifique conte pour enfants, dans lequel il ne fait pas forcément bon être poule.

janacek petite renardeCliquez sur la renarde

En 1936 dans le conte musical Pierre et le loup, Prokofiev associe à chaque personnage un instrument particulier. Quelle belle découverte des timbres de l’orchestre pour les enfants !

pierre et le loupCliquez sur Peter USTINOV

En 1938, le Tchèque Hans Krasa écrit Brundibar, un opéra pour les enfants. Cet opéra sera créé en 1943 par les enfants du camp de concentration de Theresienstadt !

Krasa BrundibarCliquez sur l’image

En 1949, Britten qui s’est toujours intéressé à rendre la musique accessible à tous a écrit Faisons un opéra, le petit ramoneur (1949), un opéra destiné aux enfants.

britten petit ramoneurCliquez sur le ramoneur

Poulenc, lui, a mis en musique l’Histoire de Babar.

poulenc babarCliquez sur Babar

Bien entendu, au XXIe siècle, les maisons d’opéra continuent de créer des œuvres destinées aux enfants, c’est ainsi qu’on a pu entendre pendant la saison 2018 – 2019 à Lille Coraline de Mark-Anthony Turnage…

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… et à Lyon Les Enfants du Levant, d’Isabelle Aboulker.

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D’Aboulker, on peut aussi relever Douce et Barbe-bleue.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur l’image

Je parle dans un autre billet des enfants à l’opéra, mais dans le sens où les enfants ont un rôle dans les opéras écrits pour les grands. Sans attendre, je précise qu’un opéra comme la Flûte enchantée de Mozart a tout pour plaire aux enfants, même s’ils ne comprennent pas le sous-texte, avec son serpent géant, son prince et sa princesse, la reine de la nuit dans le rôle de la sorcière, ou encore le personnage de l’oiseleur Papageno.

Et puis si vous voulez faire chanter vos petits enfants, vous pouvez le faire avec le karaoké des comptines !

Retrouvez ici les opéras tirés des contes de Charles Perrault.

Découvrez ici le Grand lavomatique aquatique, le seul opéra écrit pour ukulele :

Le grand lavomatique aquatique

Compositeurs, histoire

D.F.E. AUBER (1782 – 1871)

Avant que d’être une station de RER, située entre les métros Opéra et Havre-Caumartin, Daniel François Esprit AUBER (1782 – 1871) a été un des compositeurs les plus fameux de son siècle.

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Si la proximité d’Auber avec Opéra est évidente (toutes les rues du quartier Opéra portent des noms de compositeurs ou de librettistes), le lien avec HAVRE et CAUMARTIN l’est moins. Peut-être s’agit-il d’un duo de librettiste, comme MEILHAC et HALÉVY. Si vous avez un avis sur le sujet, merci de me le faire savoir !

(Rajouté le 1er avril 2019, pour tout savoir sur Havre & Caumartin, cliquez sur le lien.)

Né à Caen le 29 janvier 1782, Auber meurt à Paris pendant la commune. Sa famille s’installe à Paris à la Révolution. Le premier professeur d’Auber est Jean-Blaise MARTIN, baryton à l’Opéra–Comique (c’est lui qui a laissé son nom à la tessiture de baryton Martin). En 1802, son père l’envoie à Londres pour y apprendre l’anglais et les bases du commerce. Heureusement, la reprise de la guerre avec les Anglais le renvoie à Paris dès 1803. Il commence alors une carrière de musicien de salon (quatuor à cordes, piano, premier opéra-comique). En 1805, il rencontre CHERUBINI, alors Inspecteur du Conservatoire Impérial de Musique et approfondit son métier auprès de celui-ci pendant trois ans.

Il fait la connaissance du comte de Chimay qui le soutient. Son deuxième opéra-comique Jean de Couvin est donné au château de Chimay en 1812.

En 1819, la mort de son père le force à devenir non seulement indépendant, mais aussi responsable de sa famille. À partir de ce moment, il écrit en moyenne une œuvre lyrique par an. En 1823, il rencontre ROSSINI, venu à Paris pour s’occuper du Théâtre Italien. La découverte de sa musique va changer son style, la rendant plus vivante. Il rencontre également Eugène SCRIBE, l’un des plus importants librettistes du siècle. Ils écriront ensemble trente-sept ouvrages, presque tous des succès.

L’Opéra de Paris lui confie la composition d’un opéra en cinq actes. Ce sera La Muette de Portici (1828), qui sera un triomphe et fondera les bases d’un nouveau genre, le Grand Opéra à la française (le GOf). Notons à propos de La Muette de Portici que le duo « Amour sacré de la Patrie » a donné, en pleine représentation à Bruxelles, le signal de la révolution qui aboutira à l’indépendance de la Belgique.

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En 1829, Auber entre à l’Académie des Beaux-Arts. Parmi les ouvrages qui ont suivi, citons Fra Diavolo en 1830, qui renforce sa renommée.

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Suivront notamment Le Philtre (1831) dont le livret servira à DONIZETTI pour L’élixir d’amour (1832), Gustave III ou le Bal masqué (1833), dont le livret servira à VERDI pour Un ballo in maschera (1859) et un Manon Lescaut (1856), avant ceux de MASSENET et PUCCINI.

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En 1842, Auber succède à Cherubini au poste de Directeur du Conservatoire. Dans la deuxième moitié du siècle, les goûts changent et les œuvres d’Auber rencontrent moins de succès. Il meurt le 12 mai 1871, dans les bras d’Ambroise THOMAS qui lui succédera au Conservatoire.

À titre personnel, j’ai un gros faible pour Gustave III, roi de Suède (1833), que j’ai eu la grande chance de chanter à l’Opéra impérial de Compiègne il n’y a guère (tendez bien l’oreille en écoutant les chœurs, vous pourrez m’entendre).

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