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littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« LE TOMBEAU DE CHARLES BAUDELAIRE », de MALLARMÉ

Après Hommage, écrit à la mémoire de Richard WAGNER, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc Le tombeau de Charles BAUDELAIRE, écrit en hommage à son ainé, mort en 1867. Comme Baudelaire, MALLARMÉ faisait partie des premiers admirateurs de Wagner en France, et ils avaient en commun une grande admiration pour Edgar Allan POE. Il peut être intéressant de comparer leurs traductions respectives de son poème le Corbeau (the Raven) (« Une fois, par un minuit lugubre… »)

(Rappel, j’ai déjà traité le poème le tombeau d’Edgar POE sur ce blog.)

Le temple enseveli divulgue par la bouche

Debussy La Cathédrale engloutieCliquez sur le temple enseveli

Sépulcrale d’égout bavant boue et rubis

Abominablement quelque idole Anubis

Tout le museau flambé comme un aboi farouche

Verdi Aïda Possente Fthà (Anubis)Cliquez sur Anubis

Ou que le gaz récent torde la mèche louche

Essuyeuse on le sait des opprobres subis

Il allume hagard un immortel pubis

Dont le vol selon le réverbère découche

Berg Lulu FinalCliquez sur Lulu

Quel feuillage séché dans les cités sans soir

Votif pourra bénir comme elle se rasseoir

Contre le marbre vainement de Baudelaire

Gounod Roméo et Juliette Salut ! Tombeau sombre et silencieuxCliquez sur Roméo devant le tombeau de Juliette

Au voile qui la ceint absente avec frissons

Celle de son Ombre même un poison tutélaire

Toujours à respirer si nous en périssons

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque

Citations :

Le temple enseveli : par ce temple enseveli, j’entends la Cathédrale engloutie de DEBUSSY, autre ami de Mallarmé, qui a mis en musique notamment son Prélude à l’après-midi d’un faune.

l’idole ANUBIS me propulse par la pensée en Égypte, par exemple pour écouter Aïda de VERDI. Si on y célèbre le dieu Ptah, c’est en définitive le dieu de la mort Anubis qui triomphe, puisque Aïda et son amant Radamès meurent emmurés dans une caverne.

un immortel pubis : si on considère que ce second quatrain évoque la prostitution, un des thèmes récurrents apparaissant dans l’œuvre de Baudelaire, cet immortel pubis pourrait être celui de Lulu (prononcer Loulou), l’héroïne vénéneuse de l’opéra de BERG.

le marbre : les deux tercets du sonnet se rapportent au tombeau de BAUDELAIRE, et le marbre est donc celui de son monument funéraire. Je vous propose donc ici de vous recueillir, comme le faisait Roméo, sur le tombeau de Juliette qu’il croyait morte, dans le Roméo et Juliette de GOUNOD.

un poison tutélaire : Dans le Couronnement de Poppée (l’Incoronazione di Poppea) de MONTEVERDI, le philosophe Sénèque est condamné à mort par Néron. Il fait ses adieux à ses amis avant de boire le poison, pendant que ses amis le pleurent.

Cinéma, Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (1) : LE FEU

Puisque nous sommes en été, intéressons-nous à celui des quatre éléments (le feu – l’eau – l’air – la terre) qui symbolise cette saison. C’est bien évidemment au feu qu’elle est associée, puisque l’été est la saison du soleil et de sa chaleur.

Le feu est un élément ambivalent. D’un côté, il apporte la chaleur et la lumière. Il permet de cuire les aliments et, anciennement, il écartait les bêtes sauvages du foyer. Le foyer, qui désignait le lieu du feu, est devenu par métonymie le terme qui signifie l’endroit où l’on vit, la maison. Par un second glissement de sens, il désigne aussi la famille (pensez au foyer fiscal des impôts.)

Le feu, c’est aussi l’amour. On brûle d’amour ou on déclare sa flamme à l’être aimé. Ainsi le duo final de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ : « L’amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

Berlioz Béatrice et Bénédict l'amour est un flambeauCliquez sur l’image

(Vous pouvez aussi réécouter l’air « d’amour l’ardente flamme » de la Damnation de Faust du même Berlioz.)

D’un autre côté, le feu brûle et détruit. Il est aussi associé aux flammes de l’enfer, où les damnés vont brûler pour l’éternité. C’est ce qui arrive à don Giovanni à la fin de l’opéra de MOZART, où le spectre du commandeur vient le chercher.

Mozart don giovanni scène finaleCliquez sur don Giovanni emporté dans les flammes de l’enfer

Dans la mythologie, le Titan Prométhée a volé le feu sacré des dieux afin de l’offrir aux hommes. Pour le punir, Zeus l’a condamné à être attaché sur un rocher où un aigle venait tous les jours lui manger le foie. GOETHE a repris cette légende dans un poème en 1774, poème que SCHUBERT a mis en musique en 1819.

Schubert PrometheusCliquez sur l’image

Environ un siècle plus tard, SCRIABINE écrit sur le même thème une de ses œuvres les plus connues, le poème symphonique Prométhée ou le poème du feu.

Scriabine Prométhée le poème du feuCliquez sur l’image

Toujours dans la mythologie gréco-latine, la divinité grecque du feu et du foyer était Hestia (en latin Vesta). Et les vestales, c’étaient ces jeunes filles qui chez les romains entretenaient le feu sacré. La vestale la plus connue à l’opéra est celle mise en scène par SPONTINI dans son opéra du même nom.

Spontini la Vestale O nume TutelarCliquez sur la vestale

Vulcain, le dieu romain du feu, est aussi le protecteur des forgerons. Ce n’est peut-être pas un hasard si dans le Trouvère de VERDI, qui contient la scène hallucinante où la gitane Azucena avoue avoir jeté son enfant dans le feu, croyant qu’il s’agissait de celui de son ennemi juré, on trouve un des chœurs les plus célèbres de Verdi, le chœur des forgerons.

Verdi Il Trovatore chœur des forgeronsCliquez sur l’image

Cliquez sur les enclumes

La figure géométrique associée au feu est le tétraèdre. Ce qui me conduit naturellement à la tétralogie de WAGNER, où le feu occupe une grande place. Il est personnalisé par Loge (Loki), le demi-dieu scandinave du feu, qui va aider Wotan dans sa tentative désespérée de rétablir l’ordre du monde ancien. À la fin de la Walkyrie, c’est lui qui protège la walkyrie endormie sur un rocher par un cercle de feu que seul un héros n’ayant jamais connu la peur pourra franchir. À la fin de Siegfried, le héros éponyme va enfin franchir ce cercle de feu pour réveiller la belle endormie. Et à la fin (décidément) du Crépuscule des dieux, Brünnhilde met fin à l’histoire en dressant un bûcher funéraire sur lequel elle brûlera le corps de son Siegfried adoré, lâchement assassiné par le traître Hunding.

Wagner Crépuscule des dieux fin du finalCliquez sur l’embrasement final du Walhalla

Dans les mythologies indo-persanes, le temple de la religion zoroastrienne est le temple du feu. On retrouve ce personnage sous ce nom dans l’opéra Zoroastre de RAMEAU, sous le nom de Zarastro dans la Flûte enchantée de MOZART ou dans le poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra de Richard STRAUSS, d’après l’œuvre de NIETZSCHE.

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Zarastro

Dans l’opéra pour enfant L’enfant et les Sortilèges, de RAVEL, le feu participe à la fronde des animaux et des objets qui se rebellent contre l’enfant.

Ravel l'enfant et les sortilèges le feuCliquez sur la révolte du feu contre l’enfant méchant

Dans son opéra l’Amour sorcier, DE FALLA compose cette très belle Danse rituelle du feu.

De Falla Danse rituelle du feuCliquez sur l’image

Divers, Fantaisie

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE – (PREMIÈRE SÉRIE)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques.

Un peu d’humour pour commencer avec la Truite de SCHUBERT cuisinée par Francis BLANCHE et interprétée par les Frères JACQUES.

Blanche Schubert la truite

Cliquez sur Blanche Schubert
Tino ROSSI n’a pas fait qu’interpréter Boris Godounov (selon HERGÉ, dans le Trésor de Rakham le rouge), il a aussi interprété le célébrissime Rêve d’amour de LISZT.

Liszt rossi rêve d'amour

Cliquez sur Ferenc Rossi

Un peu de ROSSINI avec Jacques BREL et « l’air de la bêtise », librement inspiré de l’air de la calomnie du Barbier de Séville.

Brel Rossini Air de la bétise

Cliquez sur Gioacchino Brel

Encore Rossini et son Barbier, avec Le Barbier de Belleville de Serge REGGIANI.

Reggiani Rossini le Barbier de Séville

Cliquez sur Serge Reggiani

Quand Henri TACHAN invite chez lui MOZART, BEETHOVEN, Schubert et Rossini, ça donne ça :

Tachan Mozart Bethoven et al.

Cliquez sur Henri Tachan et ses invités

Rufus WAINWRIGHT a interprété l’ensemble des Nuits d’été, de BERLIOZ. Je vous propose d’écouter le premier morceau de ce cycle « Absence ».

Berlioz Wainwright Nuits d'été absence

Cliquez sur Hector Wainwright

David GILMOUR (des Pink Floyd) nous livre un très convaincant « Je crois entendre encore » des Pêcheurs de perles de BIZET, dans un français parfait !

Gilmour Bizet Je crois entendre encore

Cliquez sur Gilmour Bizet

Johnny HALLIDAY a déposé un poème sur la septième symphonie de BEETHOVEN.

Johnny Beethoven la 7e symphonie

Cliquez sur Johnny Beethoven

Sur son album « Classical », Barbra STREISAND nous offre un très beau « Lascia ch’io Pianga », extrait du Rinaldo de HAENDEL.

Barbra Haendel Lascia ch'io pianga

Cliquez sur Barbra Haendel

Plus près de nous, la chanteuse de R’n’B Nâdiya a adopté la 2e valse de CHOPIN pour son titre « Amie-ennemie ».

Nâdiya Amies - ennemies (Chopin)

Cliquez sur le clip de Frédéric Nâdiya

Retrouvez d’autres airs adaptés plus ou moins heureusement par des artistes venant de la variété.

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 29 juin au 5 juillet

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 29 au 5 juillet 2020.

Cette semaine, des grands classiques: la Walkyrie, Carmen et Don Giovanni. Les DONIZETTI hebdromadaires sont la Fille du régiment et don Pasquale. Il y a aussi La Dame du lac de ROSSINI et, plus rare, le Nez, de CHOSTAKOVITCH.

Pour aller sur le site du MET : c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 29 juin Donizetti La Fille du Régiment

Donizetti La fille du régiment (MET)Cliquez sur Marie

Mardi 30 juin WAGNER Die Walküre (la Walkyrie)

Wagner la Walkyrie Behrens (MET)Cliquez sur Brünnhilde

Mercredi 1er juillet Chostakovitch The Nose (le Nez)

Chostakovitch The Nose (MET)Cliquez sur l’image

Jeudi 2 juillet BIZET Carmen

Bizet Carmen Rachvelishvili (MET)Cliquez sur l’amour (qui est un oiseau rebelle)

Vendredi 3 juillet MOZART Don Giovanni

Mozart don Giovanni La ci darem la mano (MET)Cliquez sur Zerlina et Don Giovanni

Samedi 4 juillet Donizetti Don Pasquale

Donizetti don Pasquale Sills Kraus (MET)Cliquez sur Norina

Dimanche 5 juillet ROSSINI La Donna del Lago (la Dame du lac)

Rossini la Dame du lac Didonato Florez (MET)Cliquez sur l’image

Mes opéras préférés

PETER GRIMES, de BRITTEN (1945)

Avec son premier opéra, Benjamin BRITTEN a frappé un grand coup, réveillant tel un prince charmant une institution anglaise assoupie depuis plus de deux siècles, depuis Henry PURCELL.

Fruit d’une commande du chef d’orchestre Serge KOUSSEVITSKI, Peter Grimes est créé à Londres en 1945, et s’est très vite installé dans le répertoire d’opéras du XXe siècle.

L’action se passe à Aldeburgh, dans le Suffolk cher à Britten. Et c’est à Aldeburgh qu’il créera quelques années plus tard un festival d’opéras.

Acte I : L’action commence au tribunal, où on juge le marin Peter Grimes, accusé de la mort de son apprenti sur son bateau. C’est l’occasion de présenter tous les habitants de ce village de pêcheurs. Ned Keene : le pharmacien, le révérend Adams : le maire, Auntie (Tantine) : la patronne du pub, Ellen Orford : la maîtresse d’école, Bob le pasteur méthodiste et Balstrode, un capitaine à la retraite. Après les explications de Peter, celui-ci est innocenté par le coroner, qui lui demande toutefois de ne plus prendre d’apprenti. Peter, soutenu par Ellen, veut un vrai procès, pour se laver de ce qu’on l’accuse à mots couverts (les villageois lui reprochent de vivre seul, sans femme) (Duo : « My voice out of the pain ».)

Le soir, au marché au poisson, villageois et pêcheurs se donnent rendez-vous devant le pub d’Auntie (Chœur : « Oh hang at open doors ».)

Britten Peter Grimes Oh, hang at open doorsCliquez sur la pochette de disque

Arrivent, notamment, le maire et le pasteur qui viennent voir les « nièces » de Tantine, dont l’établissement est un peu plus qu’un pub. Tout le monde s’amuse quand Peter Grimes revient de la pêche. Ned lui annonce qu’il a trouvé pour lui à l’hospice un nouvel apprenti. Le voiturier refuse d’aller le chercher, mais Ellen, s’opposant aux préjugés des villageois, propose d’y aller avec lui (Air : « Let her among, you ».)

La tempête venant du large menace le village. Tout le monde va se mettre à l’abri dans le pub. Seul Peter Grimes préfère la tempête. Il veut en mettre plein la vue aux villageois, qui ne s’intéressent qu’à l’argent, en faisant une très bonne pêche et en devenant riche avec sa cargaison. Il pourra alors se marier avec Ellen (Air : « What harbour shelters peace ».)

À l’heure de fermer le pub commence une scène de débauche avec les nièces d’Auntie, le méthodiste ne résistant pas à leurs charmes. (Chœur : « We live and let live ».) Ned arrive avec un médicament pour la veuve qu’il doit soigner, suivi de Peter qui tient des propos obscurs sur les étoiles et les constellations (Air : « Now the Great Bear ».)

Britten Peter Grimes Now the great bear

Les villageois entonnent un chant populaire pour chasser le trouble qu’a fait naître Peter  avec sa chanson (Chœur : « Old Joe has gone fishing »), mais Peter complète ce chant en ajoutant que lui est allé à la pêche, mais que c’est la mort qu’il y a rencontrée.

Britten Peter Grimes Ole John has gone fishingCliquez sur le pub

Ellen arrive enfin avec le nouvel apprenti. Peter Grimes sort avec lui, sous la réprobation de tous.

Acte II : Le dimanche matin, les villageois se rendent à la messe. Ellen veut profiter de ce moment pour discuter avec John, le jeune mousse de Peter, mais celui-ci ne répond pas (Air : « Glitter of waves ».) Elle espère que son arrivée sera l’occasion d’un nouveau départ pour Peter Grimes (et elle-même). Elle s’alarme en découvrant des bleus sur le corps de John. Peter Grimes arrive et réclame l’enfant, car il a vu un banc de poisson et veut partir pêcher. Ellen lui reproche de l’avoir fait travailler toute la semaine sans repos, et de ne pas respecter le jour du Seigneur. Elle lui demande à quoi tout cela va servir. Peter explique que le fruit de son travail va lui apporter un foyer et le respect, mais il apparaît que leur stratégie pour faire taire les commérages a échouée. La vieille rombière a vu les traces de coups sur John et en a parlé, si bien que quand les villageois sortent de l’église. Ils sont tous persuadés que « Grimes a recommencé ». Ils accusent Ellen de complicité avec Peter. Elle leur explique ses projets (Ensemble : « We planned that their lives should have a new start »), mais les villageois lui répondent qu’elle doit être soit avec eux, soit contre eux.

Britten Peter Grimes We planned that their livesCliquez sur l’image

Ils décident d’aller voir Peter à sa cabane (Chœur : « Now is gossip put on trial ».) Les femmes restent seules. Elles se plaignent de servir de réconfort aux hommes dans la tempête, mais qu’après, ils repartent toujours (Chœur : « From the gutter, why should we trouble ».)

Britten Peter Grimes From the gutter, why should weCliquez sur les « nièces » de Tantine

Peter Grimes veut repartir en mer avec John. Il veut faire la pêche de sa vie pour devenir riche et pouvoir ainsi se marier avec Ellen et faire taire les villageois. Les entendant arriver, il prend peur, croyant que John l’a dénoncé. Il lui demande de descendre de la falaise pour aller au bateau, mais John tombe de la falaise. Peter Grimes s’enfuit et les hommes entrent dans sa cabane, vide. Ils la trouvent propre et bien tenue et s’en vont, rassurés.

Acte III : Les villageois s’amusent devant le pub d’Auntie. Mrs Sedley vient dire que l’on n’a vu ni Peter, si son mousse. Elle pense que Peter l’a tué, mais Keene ne veut pas l’écouter. Les vieux quittent la fête (Chœur : « Good night ».)

Le bateau de Peter est rentré au port. Ellen trouve le gilet qu’elle a brodé pour le mousse et s’inquiète (Air : « Embroidery in childhood ».)

Britten Peter Grimes Embroidery...Cliquez sur Ellen

Elle part à la recherche de Peter avec Balstrode. Mrs. Sedley lance la chasse (Chœur : « Who holds himself apart ».)

Britten Peter Grimes Who holds himself apartCliquez sur l’image

Leurs cris éveillent Peter qui s’était endormi près de son bateau. Il réfléchit à son destin et commence à délirer (Air : « There you are. Nearly home » [« Tu es arrivé, tu es presque à la maison »].)

Britten Peter Grimes There you areCliquez sur Peter

Ellen et Basltrode le trouvent. Balstrode lui dit de prendre le large avec son bateau et de le couler. Là, il trouvera enfin son foyer tant cherché.

Le lendemain matin, les pêcheurs s’apprêtent à prendre la mer. On signale qu’un bateau a fait naufrage pendant la nuit (Chœur : « To those who pass the Borough ».)

Britten Peter Grimes scène finaleCliquez sur le chœur final

Britten a repris les interludes orchestraux pour en faire une suite d’orchestre.

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur la suite d’orchestre

Écrivains, littérature, Philosophie

François LISZT : JANKÉLÉVITCH ET LA MUSIQUE (3)

Parmi les compositeurs de prédilection de Wladimir JANKÉLÉVITCH figure Franz LISZT. Et ça tombe bien, Liszt figure aussi parmi mes compositeurs préférés (avec quelques autres.) Je vous propose donc ici une relecture de l’œuvre de Jankélévitch, avec quelques citations sur l’œuvre de celui qu’il appelle François Liszt. (On sait que Jankélévitch a perdu une grande partie de sa famille dans les camps de concentration nazis, ce pourquoi, il a résolu de se détourner de l’Allemagne et de ses intellectuels, qui n’ont pas su dire non au nazisme. Dès lors, il traduit le prénom d’origine de Liszt, Ferenc en hongrois, par François, plutôt que par l’allemand Franz.)

On peut lire dans le tome 2 du Je-ne-sais-quoi et le presque-rien (la Méconnaissance et le malentendu) :

Au sujet des « Variétés de la sous-estimation en musique »

1) Le Boris Godounov original de MOUSSORGSKI ne rendra jamais inutile la version si bien pensante de RIMSKI-KORSAKOV ==> méconnaissance de l’un par rapport à l’autre.

2) Beaucoup de grands compositeurs ne devinrent célèbres non pas grâce à leur œuvre créatrice mais grâce à leur virtuosité technique. C’est le cas de Liszt, mais aussi de BUSONI pianiste dont on méconnaît son Cahier indien et surtout son Turandot. Pareil pour ENESCO violoniste célèbre mais auteur méconnu d’Œdipe ou de la 2e sonate en fa dièse mineur.

3) Le grand homme est souvent reconnu pour d’autres œuvres que ses chefs-d’œuvre. Cas de Liszt connu pour ses premières rhapsodies hongroises, mais pas les dernières,

Liszt Rhapsodie hongroise n° 19Cliquez sur l’image

mais pas le Prélude funèbre et la marche funèbre (1885), ni les grandes constructions géniales, dont le Psaume XIII.

Liszt Psaume XIIICliquez sur l’image

Idem pour RACHMANINOV : qui connaît Les Cloches op. 35 d’après Edgar POE, et sa IIIe Symphonie en la mineur op. 44 et la IIe sonate pour piano op. 36.

Rachmaninov Les ClochesCliquez sur les Cloches

Page 101 : Liszt, si fêté, si comblé par l’admiration universelle et par la renommée, a voulu être chevalier de ces causes perdues : héros et martyrs sont, chez lui, frères en malheur; Prométhée, Tasso et Mazeppa d’une part, Sainte Élisabeth et Sainte Cécile d’autre part se rencontrent dans une même « Héroïde funèbre ». Mais si Mazeppa tombe et se relève roi, sainte Cécile ne se relève pas reine : car elle est sainte et martyre.

Page 143 : La musique de Liszt a presque toujours mis l’accent sur le moment affirmatif du moment suprême… Liszt nous invite lui-même à reconnaitre dans son Prométhée le poème symphonique de la « désolation triomphante ». Moins triomphant peut-être, le « Trionfo » terminal du poème symphonique Tasso exprime que le héros persécuté connaitra, dans la mort, une revanche presque immédiate. Lamento et Trionfo ! Mort et… Transfiguration.

Liszt Tasso, lamento e trionfoCliquez sur l’orchestre

Force et douleur se rejoignent chez Liszt dans la Bataille des Huns, où le choral grégorien « Crux fidelis » surgit brusquement, pianissimo des clameurs barbares…

Le Christus de Liszt est dans toute sa seconde partie un long et grandiose Alleluia à la gloire de l’église de Pierre.

Liszt Christus 2e partieCliquez sur l’image

Page 192 : L’erreur n’est pas d’admirer Liszt en général, mais de l’admirer comme pianiste et virtuose alors qu’il est avant tout le merveilleux architecte de la Messe de Gran et de la Faust-Symphonie.

+ + +

Et dans La musique et l’ineffable, page 72 : la musique ne suit pas mot à mot le poème, elle crée une atmosphère générale. Tel est le cas par exemple de la Lénore de Liszt. Ce qu’on vient de dire des poèmes, des livrets et des « mélodrames » pourrait se redire des « programmes » de Liszt : ne cherchez à retrouver dans le poème symphonique Orphée ni la robe étoilée du mage, ni les lions ravis, ni Eurydice délivrée… et pourtant la musique d’Orphée exprime bien … le triomphe de l’Harmonie civilisatrice.

Page 73 Liszt consacrant un poème symphonique à la vie du TASSE, ne raconte pas les événements successifs qui en forment la trame : car quelle musique serait narrative en ce sens ? Mais il détache de ce récit quelques épisodes caractéristiques : le chant du gondolier sur la lagune de Venise; Torquato Tasso persécuté hantant la cour de Ferrare, l’apothéose du poète à Rome; et ce panorama, simplifié, se réduit lui-même à un diptyque, le diptyque du Lamento et du Triumfo.

Page 74 Dans les Préludes Liszt, à la suite de LAMARTINE, évoque quatre scènes exemplaires… de la destinée humaine : l’amour, les orages de l’existence, la vie pastorale, la guerre.

Liszt les PréludesCliquez sur l’image

Plus diffluent et plus austère, le triptyque Du berceau à la tombe évoque, de part et d’autre de la  » Lutte pour l’existence « , la berceuse enfantine et la berceuse de la mort.

Liszt du Berceau jusqu'à la tombeCliquez sur la pochette du disque

Page 78 : Liszt, qui annonce à l’avance son « programme », pénètre l’âme et le cœur par quelque chose d’autre que les poèmes de ses poétes, par je ne sais quoi de divin et de troublant que ne contenaient ni le Faust de Goethe ni les Sonnets de Pétrarque, ni le Mazeppa de Victor HUGO, mais qui après tout, mais qui en somme aura exprimé l’essence la plus profonde de ces textes.

Liszt MazeppaCliquez sur l’orchestre

Puis, page 104 : Liszt … cite volontiers en épigraphe les textes qui inspirent ses poèmes : un sonnet de Pétrarque, le chapitre des Fioretti sur la prédication aux oiseaux, quelques lignes de Lamartine, Ce qu’on entend sur la montagne de VH; mais quand le piano ou l’orchestre à leur tour élèvent la voix, quelque chose qui est d’un tout autre ordre nous pénètre, quelque chose de diffluent et de brumeux où la voix de la nature et celle de l’humanité sont encore indistinctes… ce quelque chose est l’ordre efficace et irrationnel de la musique.

Page 166 : C’est ainsi que l’œuvre de Liszt, toute bruissante d’héroïsme, d’épopées et d’éclats triomphants, se voit aux approches de la vieillesse envahie peu à peu par le silence… de longues pauses viennent interrompre le récitatif, des mesures blanches espacent et raréfient les notes: la musique de la Messe basse, des Valses oubliées, de la Gondole funèbre et du poème symphonique Du berceau à la tombe devient de plus en plus discontinue, les sables du néant envahissent la mélodie et en tarissent la verve.

Liszt la gondole funèbreCliquez sur la gondole (funèbre)

Page 186 : les Valses oubliées, chez François Liszt, surgissent des brumes de la mémoire.

Liszt Valses oubliéesCliquez sur le pianiste

(Sources : Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-Rien, éditions du Seuil, 1980

La Musique et l’Ineffable, éditions du Seuil, 1983)

Retrouvez ici l’article Gabriel FAURÉ relu par Jankélévitch.

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 22 au 28 Juin

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 22 au 28 juin 2020.

Cette semaine, on rejoue la rivalité entre la Traviata de VERDI et Manon de MASSENET. L’opéra contemporain est Doctor Atomic de John ADAMS, le DONIZETTI est L’Élixir d’amour, et en classiques des classiques, il y a la Flûte enchantée de MOZART et Samson et Dalila de SAINT-SAËNS.

Pour aller sur le site du MET : c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 22 juin Verdi La Traviata

Verdi la traviata addio del passsato (MET)Cliquez sur Violetta

Mardi 23 juin John Adams Doctor Atomic

Un opéra de 2005 qui nous raconte une partie de l’histoire du physicien Robert OPPENHEIMER, le « père » de la bombe atomique.

Adams Doctor Atomic (MET)Cliquez sur l’image

Mercredi 24 juin Saint-Saëns Samson et Dalila

Saint-Saëns Samson er Dalila (MET)Cliquez sur Samson et Dalila

Jeudi 25 mai Massenet Manon

Massenet manon oropesa (MET)Cliquez sur Manon

Vendredi 26 juin Donizetti L’Elisir d’Amore (L’Élixir d’amour)

Donizetti L'Elisir d'amore (MET 1991)Cliquez sur l’image

Samedi 27 juin Massenet Cendrillon

Massenet Cendrillon (MET 2018)Cliquez sur la marraine la fée

Dimanche 28 juin Mozart Die Zauberflöte (la Flûte enchantée)

Mozart Zauberflöte (MET 2018)Cliquez sur Tamino

 

 

 

Divers, Nature

LES QUATRE SAISONS (7) – L’ÉTÉ (2)

Comme le disait Edgar Allan POE, « l’été, la nuit les bruits sont en fête ».

(Eh oui, ce billet s’inscrit dans le cadre de l’agenda ironique de juin 2020

https://palettedexpressions.wordpress.com/2020/06/02/agenda-ironique-de-juin/ .)

Je reviendrai ultérieurement sur les adaptations de Poe à l’opéra, dans un billet qui lui sera consacré.

Après le billet consacré il y a un an à l’été, voici une nouvelle livraison d’airs en rapport avec la saison chaude.

Le solstice d’été correspond au jour le plus long de l’année, et donc à la nuit la plus courte. À partir de cette date, la durée du jour diminue jusqu’à l’équinoxe d’automne, date à laquelle la durée du jour devient égale à celle de la nuit.

Pour les poètes, l’été est la saison de la chaleur et des moissons. Et c’est un thème qui a inspiré bien des compositeurs.

Je ne peux évidemment pas passer à côté de VIVALDI et de ses célèbres quatre Saisons, avec son concerto l’Été. Écoutons en le « Presto » !

Vivaldi l'étéCliquez sur l’image

Un des oratorios les plus connus de Joseph HAYDN est Les Saisons (1801). Écoutons le chœur qui annonce l’orage, extrait de « l’Été ». (Je ne suis pas certain que le bruit de l’orage soit un bruit de fête.)

Haydn les saisons l'étéCliquez sur l’image

En 1841 BERLIOZ compose son cycle de mélodies Les Nuits d’été sur des poèmes de Théophile GAUTIER.

Berlioz Nuits d'été VillanelleCliquez sur l’image

Parmi les nombreuses adaptations du Songe d’une nuit d’été de SHAKESPEARE figure la musique de scène écrite par Félix MENDELSSOHN-BARTHOLDY en 1843, avec sa fameuse « marche nuptiale ». (Alors là, pour le coup, le « bruit organisé » qu’est la musique devient une fête.)

Mendelssohn le songe d'une nuit détéCliquez sur l’image

TCHAÏKOVSKI a composé un cycle pour piano intitulé Les Saisons, à raison d’une pièce par mois. Écoutons « Juillet » extrait de ce cycle peu connu.

Tchaïkovski les Saisons JuilletCliquez sur l’image

De Tchaïkovski également, on trouve au début d’Eugène Onéguine (1877) un chœur des paysans faisant la fête pour célébrer la fin des moissons (tiens, encore un chœur de Tchaïkovski !).

Tchaïkovski Eugène Onéguine Choeur des paysansCliquez sur le chœur des paysans

Et enfin, pour boucler la boucle, retrouvons le Songe d’une nuit d’été avec l’opéra du même nom de BRITTEN, datant de 1960.

Britten a midsummers night's dream

Cliquez sur l’image

Et pour avoir plus de musique sur ce Songe d’une nuit d’été, je vous invite à aller revoir le billet La Vie est un songe

Et puisque j’ai commencé avec Poe, je terminerai par cette citation de Lewis CAROLL : « Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive ».

Talbot Alice in wonderlandCliquez sur le chapelier fou

Compositeurs, Compositrices

LILI BOULANGER (1893 – 1918)

Lili Boulanger

Triste destin que celui de Lili BOULANGER, morte à 24 ans alors que commençait pour elle une carrière qui l’aurait placée aux premiers rangs des compositeurs et compositrices du XXe siècle. En effet, elle est atteinte très jeune d’une maladie des poumons qui la laissera toujours faible et l’emportera à l’âge de 24 ans.

Née à Paris le 21 août 1893 dans une famille d’artistes, son père était professeur au Conservatoire de Paris et sa mère cantatrice, elle grandit naturellement dans un milieu musical où figurent Gounod, Massenet ou Fauré. Sa sœur aînée est Nadia Boulanger, également compositrice et surtout extraordinaire pédagogue de la musique, qui a vu passer dans sa classe tout ce que le monde a pu connaître comme compositeurs pendant quelques décennies !

À six ans, Lili sait lire les partitions et commence à apprendre l’harmonie. Polyinstrumentiste, elle apprend le piano, le violon, le violoncelle et la harpe, tout en commençant à écrire quelques pièces musicales.

À seize ans, elle choisit sa voie, elle sera compositrice.

À dix-neuf ans, elle remporte le Grand Prix de Rome, devenant la première femme à remporter ce prestigieux prix, et la plus jeune lauréate. Son sujet : une cantate sur le second livre de Faust de Goethe, Faust et Hélène. (Et encore, elle a dû renoncer à concourir l’année précédente, à cause de son état de santé !)

Lili Boulanger Faust et HélèneCliquez sur l’image

Elle part donc à la villa Médicis début 1914, mais n’y restera pas les trois ans « réglementaires » de sa résidence d’artiste. Malade, elle rentre en France en 1916.

Au cours de sa brève carrière, elle écrira des pièces pour piano,

Lili Boulanger pianoCliquez sur le pianiste

de la musique chorale et des cantates,

Lili Boulanger Du Fond de l'abîme (psaume 130)Cliquez sur l’image

Lili Boulanger hymne au soleilCliquez sur l’Hymne au soleil

des mélodies,

Lili boulanger Reflets (mélodie)Cliquez sur l’image

de la musique de chambre,

Lili Boulanger Nocturne violon pianoCliquez sur le nocturne pour violon et piano

et laissera inachevé un opéra, la Princesse Maleine, d’après l’œuvre de Maeterlinck.

En 1918, elle dicte sur son lit de mort sa dernière œuvre à sa sœur Nadia : Pie Jesu. Lili Boulanger meurt le 15 mars 1918, quelques jours avant Claude Debussy.

Lili Boulanger Pie JesuCliquez sur le Pie Jesu

Retrouvez un autre article où je vous ai présenté de la musique composée par Lili Boulanger.

Ondines et naïades.

(Source principale : Encyclopaedia Universalis 2017)

Retrouvez d’autres compositeurs (et bientôt d’autres compositrices) chroniqués sur ce blog.

Écrivains, littérature, Théâtre

Alexandre OSTROVSKI (1823 – 1886)

On connaît peu en France le dramaturge Alexandre Nicolaïevitch OSTROVSKI. Pourtant, considéré comme le père du théâtre russe, auteur de plus de cinquante pièces où il décrit le milieu des marchands (avides) ou la cruauté des relations familiales, il est en Russie aussi célèbre que peut l’être un MOLIÈRE chez nous.

Après des études de droit, Ostrovski entre au tribunal de commerce de Moscou, ce qui lui permet de devenir familier avec l’univers des marchands.

Il publie sa première pièce, Tableau de famille, en 1847. Cette pièce qui décrit une faillite frauduleuse est interdite par la censure impériale. En 1851, il est poussé à démissionner du tribunal ce qui lui permet de se consacrer à temps plein à l’écriture.

En 1864, le jeune TCHAÏKOSVKI, encore au conservatoire, écrit une ouverture pour une de ses pièces, l’Orage (1859). L’œuvre ne sera publiée qu’après sa mort.

Tchaïkovski l'OrageCliquez sur l’image

Cherchant un sujet pour son premier opéra, il demande un livret sur l’Orage à OSTROVSKI, mais celui-ci l’ayant déjà promis à un autre compositeur, lui propose une autre de ses pièces, le Voïévode (ou Voïvode). En 1867, Tchaïkovski travaille sur le livret qu’Ostrovski lui a fourni. Devant le peu de succès rencontré, il détruit sa partition (qui a été reconstituée depuis d’après les fragments ou le matériel d’orchestre retrouvés.)

Tchaïkovsky le voïvodeCliquez sur l’image

Anton ARENSKI (1861 – 1906), un élève de RIMSKI-KORSAKOV écrira lui aussi un opéra, Un rêve sur la Volga (1888), d’après le Voïvode.

En 1873, Tchaïkovski (encore lui) écrit une musique de scène pour une autre de ses pièces, Snegourotchka, la fille des neiges. C’est à partir de cette même pièce que RIMSKY-KORSAKOV écrira son Snegourotchka en 1881.

Rimsky-Korsakov Snegourotchka scène finaleCliquez sur l’image

Une autre des œuvres d’Ostrovki, Ne vis pas comme tu veux, mais comme Dieu l’a ordonné a été adaptée à l’opéra sous le nom La puissance du mal (1871), mise en musique par SÉROV.

On retrouvera L’orage au siècle suivant avec son adaptation par JANACEK en 1921, sous le titre de Katia Kabanova.

Janacek Katia Kabanova FinalCliquez sur l’image