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Écrivains

Lord BYRON (1788 – 1824)

(c) Adrian Mercure 2021

George Gordon BYRON, plus connu sous le nom de Lord Byron, est un poète romantique anglais, né le 22 janvier 1788 à Londres et mort le 19 avril 1824 en Grèce.

En musique, c’est un contemporain de WEBER (1786 – 1826) ou de SCHUBERT (1797 – 1828), deux des plus éminents représentants de la musique romantique.

Sa vie scandaleuse, il est libertaire, libertin et bisexuel, le force à quitter l’Angleterre et il part en Italie, puis en Grèce où il participe à la lutte pour l’indépendance. En Italie, il vit quelque temps avec son ami SHELLEY et sa femme Mary, et ce au moment où Mary Shelley écrivait son Frankenstein.

Ses œuvres sont principalement composées de poésie et de théâtre, et son inspiration va du roman gothique anglais au romantisme naissant.

Un de ses poèmes les plus connus est Childe Harold’s Pilgrimage (le Pèlerinage du chevalier Harold), une sorte d’autobiographie décrivant les voyages et les désillusions d’un jeune homme. BERLIOZ en fera une brillante mise en musique dans son Harold en Italie.

Berlioz HArold en Italie marche des pélerinsCliquez sur l’image

Un autre poème, Le Corsaire, a également inspiré VERDI pour son opéra Il Corsaro (1848) alors qu’en 1856, ADAM composera une musique de ballet sur ce même sujet.

Verdi Il CorsaroCliquez sur l’image

Parisina, encore un autre de ses poèmes, a été porté à l’opéra par DONIZETTI en 1833.

Mazeppa a fait l’objet d’une mise en musique par Carl LOEWE entre 1828 et 1832 alors que The lament of Tasso, d’après la vie du TASSE, a inspiré Franz LISZT pour son poème symphonique Tasso, lamento e triumfo (1849).

Liszt Tasso, Lamento e TrionfoCliquez sur l’orchestre

Son œuvre théâtrale a également inspiré moult compositeurs. En premier lieu le drame Manfred avec Robert SCHUMANN en 1848 et avec TCHAÏKOVSKI en 1885.

Schumann Manfred ouvertureCliquez sur l’orchestre

Verdi encore a écrit I due Foscari (1844) d’après la pièce les deux Foscari.

Même NIETZCHE, qui était également compositeur, s’y est mis avec sa Manfred méditation (1872) d’après l’œuvre de Lord BYRON

Nietzche Manfred meditationCliquez sur les pianistes

On peut encore noter que le personnage même de Lord Byron a inspiré à Agosti Charles un opéra, LByron – un été sans été – créé en 2011.

La seule enfant légitime de Lord Byron est Ada LOVELACE, connue pour avoir inventé le codage algorithmique. C’est en son honneur qu’a été donné, dans les années ’80, le nom Ada à un logiciel qui se voulait universel.

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Francesca Caccini à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, par exemple pour vos cartes de vœux c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )

Agenda Ironique

22 OCTOBRE 1811 – NAISSANCE DE FRANZ LISZT

Ce billet est écrit dans le cadre de l’Agenda Ironique d’octobre 2021.

Ce mois-ci, c’est Carnets Paresseux qui s’y colle pour nous proposer l’agenda ironique.

Et bien il va s’agir de raconter une histoire de premier jour.  Et pourquoi ça, alors que les jours raccourcissent et que l’année tire au bout de sa ficelle ? Tout simplement en hommage à James Ussher, archevêque d’Armagh et Primat d’Irlande qui, après de très savants calculs – avant qu’on se moque de lui, rappelons que Kepler et Newton ont tenté la même opération –  assigna au premier jour de la Création du monde la date du 22 octobre*.

Donc, une histoire de premier jour, de genèse, de commencement, bref, de début, sous forme de chanson, de conte, de thèse, d’opéra, de feuilleton (j’ai beaucoup d’affection pour les feuilletons), recette de cuisine, pièce de théâtre, poésie animalière, cinématographe ou aquarelle, ce que vous voulez, en un épisode ou en vingt livraisons ; avec – si vous voulez – une écrevisse, et – obligé –  deux vers empruntés à l’ami Norge , au choix entre ces quatre-là :

« la porte était lourde / ça faisait des heures »

ou

« j’attends de savoir / ce qu’il faut attendre »

Si vous choisissez d’ajouter une autre, ou d’autres norgerie ça marchera aussi bien (attention toutefois qu’elles ne prennent pas toute la place !). Bref, une histoire de début, une écrevisse facultative, deux vers de Norge – ou plus. Voilà. Et bien évidemment, un peu d’ironie et une dose de calendrier.

Il y a 210 ans, le 22 octobre 1811, jour de la Sankt Ekrevitz dans l’empire austro-hongrois, naissait Franz LISZT, génie de la musique encore imparfaitement connu. Ce jour-là était le début de quelque chose dans l’histoire de la musique. En effet, si on connaît de Liszt essentiellement ses œuvres virtuoses pour piano, son génie novateur s’est exercé dans bien d’autres domaines.

Si vous n’êtes pas encore convaincus, attendez de savoir ce qu’il faut attendre de cet éclairage sur la vie de Liszt.

Pour le piano, Liszt a su relever le défi lancé par BEETHOVEN avec ses dernières sonates. Comment en effet écrire après le géant de Bonn, qui lui-même avait laissé inachevée sa 32e et dernière sonate, s’arrêtant après le 2nd mouvement ? La réponse de Liszt sera sa Sonate en si mineur, vaste monument d’une demi-heure, sans le découpage traditionnel en mouvements.

Liszt Sonate en si mineurCliquez sur la pianiste

Pour l’orchestre, Liszt n’a pas non plus écrit de symphonie avec le classique découpage en quatre mouvements. Non, il a inventé le concept de poème symphonique, ou encore de symphonie à programme avec chœurs (Beethoven avait introduit le chœur dans la symphonie avec le 4e mouvement de sa 9e symphonie.)

Liszt les PréludesCliquez sur l’image

Dès lors, la seconde moitié du XIXe siècle verra (relativement) peu de symphonies, alors que les poèmes symphoniques de cette époque sont légion. Par exemple, BORODINE dédiera Dans les steppes de l’Asie Centrale à Liszt.

Borodine Dans les steppes de l'Asie CentraleCliquez sur l’orchestre

Sur la fin de sa vie, ses avancées musicales étaient telles qu’on a pu dire qu’il écrivait des œuvres sans tonalité. Ainsi en 1885, un an avant sa mort, il écrivit la pièce Bagatelle sans tonalité, environ vingt ans avant SCHOENBERG.

Liszt Bagatelle sans tonalitéCliquez sur l’image

Il a aussi ouvert la porte aux compositeurs dits impressionnistes, comme DEBUSSY ou RAVEL avec une pièce comme les Jeux d’eau à la Villa d’Este (extraite des Années de pèlerinage).

Liszt Jeux d'eau à la Villa d'EsteCliquez sur les Jeux d’eau de Liszt

Ravel Jeux d'eauCliquez sur les Jeux d’eau de Ravel

Un autre apport majeur de Franz Liszt à l’histoire de la musique aura été son dévouement pour faire jouer les œuvres de ses contemporains. Il y a évidemment son amitié avec WAGNER (sa fille Cosima se mariera d’ailleurs avec ce dernier). Lohengrin sera créé en 1850 à Weimar sous sa direction.

Liszt Wagner Lohengrin marche nuptialeCliquez sur le pianiste

Mais il y a aussi BERLIOZ et Béatrice et Bénédict, créé en 1862 à Baden Baden grâce à l’ami Franz,

Berlioz Béatrice et Bénédict Nuit paisible et sereineCliquez sur l’image

SAINT-SAËNS et Samson et Dalila, créé à Weimar en 1877 grâce toujours à l’ami Franz,

Saint-Saëns Samson et Dalila BacchanaleCliquez sur l’image

SMETANA, MASSENET, et tant d’autres.

Enfin, je vais laisser la place à Richard Wagner pour souhaiter un bon anniversaire à son ami et beau-père, dans un télégramme envoyé le 22 octobre 1881 :

Tu lui as donné la vie; tu m’as rendu à la vie. Aussi longtemps que tu répandras autour de toi de la bonté et de la beauté – et tu ne saurais agir autrement – cette vie reste tienne, et nous te l’offrons avec reconnaissance. Salut à toi !

Et si vous voulez un petit supplément de musique, cliquez sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous voulez un petit supplément de musique

Retrouvez l’Agenda Ironique de novembre 2021 sur le thème Y a d’la joie par-dessus les toits.

littérature, Oulipo, Poésie

« L’HOMME ET LA MER », de Charles BAUDELAIRE

Homme libre toujours tu chériras la mer !

Année BAUDELAIRE oblige, je continue mes poèmes mis en musique façon OuLiPo, après La musique de Charles BAUDELAIRE, par un classique de cet écrivain : L’Homme et la Mer.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un autre classique : L’Homme et la Mer.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’image

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur l’image

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Debussy la Cathédrale engloutie (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,

Wagner der Fliegende Holländer ouvertureCliquez sur l’image
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Citations :

ton esprit n’est pas un gouffre : LALO le roi d’Ys ouverture. Cet opéra du Lillois Édouard Lalo reprend la légende de la ville d’Ys, engloutie par les eaux.

Au bruit de cette plainte : La mer de DEBUSSY.

nul n’a sondé le fond de tes abîmes : Peter Grimes de BRITTEN. Dans cet opéra, le héros Peter Grimes, en butte à l’hostiilité des villageois finit par aller se perdre en mer avec son bateau.

nul ne connaît tes richesses intimes : Debussy la Cathédrale engloutie

voilà des siècles innombrables : Le Vaisseau fantôme de WAGNER. Dans cet opéra, le Hollandais est condamné à errer éternellement (ou presque) sur les flots déchaînés.

Pour vous permettre de relire ce poème sans avoir à subir mes divagations musicales, je vous propose de le retrouver dans son jus.

Et si vous voulez un supplément de musique, cliquez donc sur le bonus surprise !

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Cinéma, Films, Maria Callas, Woody Allen

MATCH POINT, de Woody ALLEN (2005)

Match Point est un film de Woody ALLEN de la décennie 2000 – 2010, sa période européenne, tourné en Angleterre en 2005.

On y entend beaucoup d’airs d’opéra, car le héros, un jeune homme pauvre et ambitieux, cherche à entrer dans une riche famille anglaise, dont la culture classique fait partie de l’ADN. Dès lors, pour courtiser la jeune fille de la maison, il se voit obligé de la suivre à l’opéra, où on le voit s’ennuyer profondément. Il cherche également à se doter d’une culture qui lui ouvrirait la porte de la haute société, aussi le voit-on essayer de lire Crimes et Châtiments, de Dostoïevski, avant que de se rabattre sur Ce qu’il faut savoir de Crimes et Châtiments. Ce choix n’est pas innocent, puisqu’il s’agit presque d’un remake du célèbre roman de Dostoïevski.

Le pitch : Chris est un professeur de tennis qui, par ambition, cherche à entrer dans une famille riche. Il parvient à ses fins en épousant Chloé, la fille de cette famille, mais éprouve une passion violente pour Nola, l’ancienne fiancée de Tom, le frère de Chloé (et donc le fils de famille). Écartelé entre les deux femmes, il décide de s’en sortir en tuant Nola, qui menace de révéler sa liaison à Chloé.

Dès le début, on peut entendre l’air « Una furtiva lagrima » extrait de l’Élixir d’amour de Donizetti, interprété par Caruso. Par la suite, cet air servira de fil conducteur en réapparaissant de manière récurrente.

Donizetti l'Élixir d'amour Una furtiva lagrima CarusoCliquez sur la scène d’ouverture

Chris est un professeur de tennis qui se fait embaucher dans un club huppé de Londres. Il rencontre Tom, jeune homme de bonne famille avec qui il se lie d’amitié (pour pouvoir s’introduire dans sa famille). Il se fait passer pour un amateur d’opéra, alors que le père de Tom est un des mécènes de Covent Garden, et Tom l’invite à une représentation de la Traviata de Verdi dans la loge familiale.

Verdi la traviata Un di felice, etereaCliquez sur Alfredo et Violetta

Chris séduit Chloé, la jeune fille de la famille, et se fait embaucher par le père dans sa société. Lors d’une réception de la famille, on peut entendre l’air « Mal reggendo all’aspro assalto » du Trouvère de Verdi.

Verdi Il Trovatore Mal reggendo all'aspro assaltoCliquez sur l’image

Tom a une fiancée, Nola, une actrice américaine qui rate tous ses castings, mais cette fréquentation n’est pas du goût de la mère. Très vite, Chris est attiré par Nola (normal, le rôle est joué par Scarlett Johansson).

Allen Match Point un jeu agressifCliquez sur Chris et Nola

L’idylle continue entre Chris et Chloé, celle-ci lui proposant de lui faire découvrir le monde des galeries et des expositions, et lui lui proposant des cours de tennis. À la sortie d’une exposition chez Saatchi, on peut entendre l’air « Mia piccirella » de Salvatore Rosa de Gomez. Cet air léger sert à chaque fois qu’il s’agit de montrer les moments heureux du couple.

Gomes Salvator Rosa Mia piccirellaCliquez sur le célèbre ténor français

La vie continue pour le quatuor : repas au restaurant, parties à la campagne et séance de ball-trap, sorties à l’opéra. On peut alors entendre l’air « Caro nome » du Rigoletto de Verdi.

Verdi Rigoletto Caro nome (Callas)Cliquez sur Gilda

Chris et Chloé se marient, et Tom rompt avec Nola pour choisir une femme de son rang. Un jour, Chris rencontre dans une galerie d’art Nola. Une liaison s’installe très vite entre eux, et Chris doit jouer entre sa femme Chloé, qui voudrait qu’il lui fasse un enfant, et Nola, qui voudrait qu’il laisse tomber Chloé pour partager sa vie. L’enfant qu’il ne réussit pas à faire avec Chloé, il le conçoit avec Nola, qui refuse d’avorter comme le lui demande Chris. (Air : « Mi par d’udir ancora » [« Je crois entendre encore »] des Pêcheurs de perles de Bizet.)

Bizet les Pêcheurs de perles Mi par d'udir ancora (Caruso)Cliquez sur Chris et Nola

Elle menace alors d’aller voir Chloé et de tout lui raconter. Chris, acculé, conçoit un plan diabolique, il simule un cambriolage chez la voisine de Chloé, tue la voisine, puis attend le retour de Chloé pour la tuer également, comme l’aurait fait un cambrioleur surpris à l’œuvre. Puis, il jette dans la Tamise les bijoux volés (sauf une bague tombée au sol) et reprend sa vie normale auprès de sa femme et de sa belle-famille.

La police le soupçonne, car Nola tenait un journal intime, dans lequel on retrouve bien évidemment sa trace en permanence.

Je ne vous raconterai pas la fin, ne voulant pas espoiler cette histoire. 🙂

Parmi les airs qui constituent la B.O. de ce film figurent, outre les airs déjà cités, le « Arresta ! », extrait du Guillaume Tell de Rossini,

Rossini Guillaume Tell Arresta... Quali sguardi !Cliquez sur l’image

l’air « Desdemona rea », extrait d’Otello de Verdi,

Verdi Otello Desdemona rea !Cliquez sur Otello

l’air « O figli, o figli mio » du Macbeth, toujours de Verdi, ainsi qu’un air plus léger quand Chris emmène Chloé voir une des comédies musicales préférées, « I believe my heart » air extrait de The Woman in white de Lloyd Weber.

Mes opéras préférés, Mythologie

ŒDIPE, d’ENESCO (1931)

C’est en écoutant en 1909 le grand tragédien MOUNET-SULLY à la Comédie-Française interpréter l’Oedipe-roi de SOPHOCLE que Georges ENESCO (1881 – 1955) a l’idée d’écrire son opéra Œdipe. Depuis cette soirée, Enesco restera « comme possédé » par son sujet, qu’il portera plus de vingt ans, de 1909 à 1931.

Le livret est d’Edmond FLEG, un helléniste réputé, et retrace tous les épisodes de la vie d’Œdipe, depuis la faute de son ancêtre Laïos jusqu’à sa retraite dans un lieu caché près d’Athènes.

Œdipe a été créé à l’Opéra de Paris en 1936, et tout de suite reconnu comme une œuvre lyrique majeure du XXe siècle.

Stylistiquement, le langage musical d’Enesco ne doit rien à personne, si ce n’est quelques influences de son ami Maurice RAVEL, notamment dans l’emploi des chœurs.

Le pitch : Victime de la malédiction qui pèse sur les descendants de Laïos, Œdipe subit sa destinée, accumulant les fautes abominables (tuer son père, se marier avec sa mère, être le père de ses frères) tout en restant innocent de ces fautes, puisqu’il cherche toujours à les éviter. Il est le symbole de la fragilité de la destinée humaine face aux arrêts implacables des dieux.

Acte I : À Thèbes, les femmes du palais et les bergers, entourant le grand prêtre, se réjouissent de la naissance du fils de Laïos. Seul le devin Tirésias ne participe pas à la joie générale. En effet, il sait qu’Apollon est apparu à Laïos et lui a défendu d’avoir une postérité, sa race maudite devant s’éteindre avec lui. En concevant avec Jocaste un enfant , il fait porter sur celui-ci le poids de sa faute. Tirésias révèle le destin d’Œdipe, il sera meurtrier de son père, époux de sa mère, frère de ses filles et père de ses frères. Laïos demande à un de ses bergers de conduire le bébé dans une gorge profonde et de le faire mourir.

Enesco Oedipe Acte ICliquez sur l’image

Acte II : Vingt ans plus tard, à Corinthe, Œdipe a été adopté par le roi Polybos et la reine Mérope. Alors qu’il faisait un sacrifice au temple de Delphes, Apollon lui est apparu et lui a révélé son terrible destin. Il veut fuir Polybos et Mérope qu’il croit être ses parents, afin d’y échapper.

Dans sa fuite, il se trouve au croisement de trois chemins. Alors qu’il se demande par où aller, le roi Laïos arrive sur son char. Son cocher fouette Œdipe qui alors abat Laïos d’un coup de massue, puis il tue le guerrier qui accompagnait le roi, ainsi que son cocher.

Œdipe arrive à Thèbes. C’est la nuit et le veilleur veille. Œdipe s’avance, mais le veilleur le prévient que c’est la mort qui l’attend s’il continue son chemin et réveille la sphinge, qui terrorise la ville. Œdipe veut sauver la ville. Il interroge la sphinge qui lui pose son énigme : « qui est plus fort que le destin ? ».

Enesco Oedipe Je t'attendaisCliquez sur la sphinge

Œdipe connaît la réponse, c’est « l’homme ». La sphinge est prise d’un rire incontrôlable et meurt. Le veilleur réveille alors tous les Thébains pour qu’ils se réjouissent et on donne à Œdipe la récompense gagnée pour avoir libéré la ville, la main de la reine Jocaste.

Enesco Oedipe Gloire au roi des Thébaisn acte IICliquez sur l’image

Acte III : Vingt ans plus tard, la ville de Thèbes est ravagée par la peste. Le peuple se désole de tous ces enterrements à répétitions. Œdipe a envoyé à Delphes Créon, le frère de Jocaste, pour consulter l’oracle. Celui-ci revient, pour sauver la ville à nouveau, il faut trouver l’assassin de Laïos, qui se trouve dans la ville. Œdipe déclare qu’il faut trouver le meurtrier, l’exil de la cité sera sa punition. Mais si le meurtrier ne se dénonce pas, Œdipe appelle sur lui la malédiction d’Apollon. On appelle Tirésias. Œdipe le soupçonne, mais le devin retourne l’accusation. Il fait témoigner le berger qui a assisté au meurtre du roi Laïos. Quand le berger décrit le crime, Œdipe reconnaît son histoire. Un héraut de Corinthe, envoyé par Polybos et Mérope, qui souhaitent revoir leur « fils ». Il explique qu’il a substitué leur enfant par un enfant trouvé que le berger n’avait pas eu le courage d’exécuter. À ces mots, Jocaste se pend et Œdipe se crève les yeux.

Acte IV : Près d’Athènes, un chœur de vieillards accompagne Thésée qui va invoquer les dieux dans un bois sacré.

Enesco Oedipe Bienveillantes ! Bienfaisantes !Cliquez sur l’image

Œdipe arrive, guidé par sa fille Antigone. Créon arrive, suppliant Œdipe de revenir à Thèbes. Celui-ci refuse, mais Créon et ses hommes s’emparent d’Antigone. À ce moment, Thésée et les vieillards apparaissent. Antigone l’implore et Thésée prend Œdipe et sa fille sous sa protection. Œdipe, après avoir prouvé son innocence face à un destin injuste, recouvre la vue et disparaît dans une grotte.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris d’octobre 2021, et le programme associé.)

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LES CARMINA BURANA DE ORFF DANS LA PUB (La musique dans la pub 6e série)

Après l’utilisation du Requiem de MOZART, des Quatre Saisons de VIVALDI ou de Carmen de BIZET dans la publicité, voici un autre grand classique pillé par les réclamiers, Carmina Burana de Carl ORFF.

Les Carmina Burana forment un recueil de 315 chansons du Moyen Âge (XIIIe siècle), découvertes à l’abbaye de Benediktbeuern (d’où le nom de Chants de Beuern, ou Carmina Burana) au début du XIXe siècle. Ces chansons sont écrites en vieil allemand, en latin tardif, voire en français. Il en existe plusieurs reconstitutions sur instruments d’époque.

Carmina Burana ClemencicCliquez sur la reconstitution médiévalisante

Aujourd’hui, les Carmina Burana sont surtout connus par la version que Carl ORFF a réalisée en 1937 – 1938, d’après une sélection de 24 de ces pièces, et composée de manière à plaire directement au plus large public. Les manuscrits originaux étant écrits en neume (la notation musicale de l’époque), Carl Orff s’est amusé à utiliser certains de ces neumes, comme la carrée, dans son œuvre.

Avant que d’attaquer le sujet de ce billet, je vous propose le clip de présentation que nous avions tourné il y a un an en prévision des Carmina Burana que nous devions donner en concert, concert qui sera finalement donné le 16 octobre prochain, au Colisée de Roubaix.

Orff Carmina Burana OSECliquez sur l’Orchestre Symphonique européen et le chœur de l’Université catholique de Lille

Et maintenant, place aux réclames (il y a du lourd) :

Pub IVECO

Orff Carmina Burana pub IvecoCliquez sur les All Blacks

Pub Reebok

Orff Carmina Burana pub ReebokCliquez sur les Springboks

Pub Carlton µDraught

Orff Carmina Burana pub bièreCliquez sur la pub

Pub Calgonit 4 en 1

Orff Carmina Burana pub Calgonit 4 en 1Cliquez sur la pub

Pub privatisation BNP 1993

Orff Carmina Burana pub BNPCliquez sur la pub

Pub pour la Caisse d’Épargne pour le relais de la flamme olympique 2024.

Cliquez sur la pub

L’air « O Fortuna » a servi aussi à de nombreux films, comme ici Excalibur de John BOORMAN.

Orff Carmina Burana ExcaliburCliquez sur l’image

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous en voulez un peu plus

Et ne manquez pas, prochainement sur ce blog, « Quand la pub massacre VERDI »)

Retrouvez aussi les réclames s’étant servi de la musique de Léo DELIBES.

Mythologie

PROMÉTHÉE

Dans la mythologie grecque, Prométhée était le fils d’un titan et de Thémis, la déesse de la justice. Il a trompé Zeus lors d’un sacrifice où il a favorisé les hommes. Le dieu en chef s’est alors vengé sur les hommes en les privant du feu, mais Prométhée le leur rendit.

La seconde vengeance de Zeus fut terrrible, il punit les hommes en leur envoyant la première femme, Pandora (Pandore), porteuse d’une boîte qui contenait tous les maux, qui se répandirent sur les hommes. Quant à Prométhée, il le punit en l’enchaînant à une colonne. Son histoire a été racontée par ESCHYLE dans son Prométhée enchaîné. Prométhée était porteur d’un secret concernant Zeus (je vous le dis parce que c’est vous, mais prométhée moi de ne pas le répéter à plus de deux personnes à la fois) : si Zeus s’unissait à Thétis, il en concevrait un fils qui le détrônerait. Prométhée refusa de livrer son secret, préférant subir chaque jour son supplice : un aigle venait lui boulotter le foie tous les jours, mais Prométhée étant immortel, son foie repoussait toujours. Au bout de quelques siècles, c’est Héraclès qui finira par le délivrer, en tuant l’aigle d’une flèche bien ajustée.

Cette légende a inspiré bien des compositeurs, surtout à partir de l’époque du romantisme où Prométhée représentait l’orgueil humain qui se révoltait contre les dieux.

GOETHE écrira un Prométhée en 1773 alors que Lord BYRON écrira le sien en 1816.

En musique, BEETHOVEN composera la musique d’un ballet, les Créatures de Prométhée, dont l’ouverture est régulièrement jouée en concert.

Beethoven les Créatures de ProméthéeCliquez sur l’orchestre

Après Beethoven, plusieurs compositeurs déposeront de la musique au pied des vers de Goethe. Parmi eux figure, en 1819, SCHUBERT.

Schubert PrometheusCliquez sur l’image

En 1849 est créé le Prométhée de Fromental Halévy.

En 1856, c’est LISZT qui s’y colle, avec son poème symphonique Prometheus, qui était à l’origine une musique de scène avec chœur écrite en 1850 pour un drame de Herder.

Liszt PrometheusCliquez sur l’image

En 1867, SAINT-SAËNS publie sa cantate Les Noces de Prométhée.

Retour à Goethe en 1886, avec la mise en musique de son poème par Hugo Wolff.

Wolff PrometheusCliquez sur l’image

En 1900, FAURÉ écrit un opéra à grand spectacle (oui, vous avez bien lu), Prométhée, qui sera créé aux arènes de Narbonne.

Fauré Prométhée le Cortège de PandoreCliquez sur l’image

En 1910 Scriabine compose un de ses chefs-d’œuvre, le poème symphonique Prométhée ou le Poème du feu.

Scriabine Prométhée ou le poème du feuCliquez sur l’image

Et en 1916 – 1918, c’est Maurice Emmanuel qui compose son Prométhée enchaîné.

Emmanuel Prométhée enchaînéCliquez sur l’image

Le mythe de Prométhée continue à inspirer les compositeurs puisqu’en 1984, c’estLuigi Nono qui nous propose son Prometheus.

Nono PrometheusCliquez sur l’image

littérature, Maria Callas, Poésie

AU MILIEU DE L’HIVER, J’AI DÉCOUVERT EN MOI…

Notre amie blogueuse Solène VOSSE vient de faire paraître son quatrième livre, le second recueil de poésie : Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été

S’il ne me revient pas de « critiquer » ses poèmes (et d’ailleurs peut-on critiquer l’essence de la poésie ?), je peux seulement me dire qu’ils me parlent, qu’ils me touchent. Et puisque Solène nous fait part des musiques qui l’ont accompagnée quand elle écrivait, laissez-moi partager avec vous ces moments de musique.

Ainsi page 35, dans le poème « Héroïnes » Solène fait référence à l’air « Casta Diva » extrait de Norma de BELLINI.

callas casta divaCliquez sur la Callas

Page 36 dans le poème « Et pourtant tu me manques » elle convoque Carmen de BIZET ou Madame Butterfly de PUCCINI.

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur l’image

Page 45 pour « Étoile » nous avons le plaisir « d’entendre » Simon & Garfunkel dans The Sound of silence.

Simon & Garfunkel The Sound of silenceCliquez sur l’image

Page 49 pour le poème « Adio del passato », du nom d’un air de la Traviata de VERDI, c’est encore la Callas qu’elle nous fait entendre. Ce n’est pas cette version que j’ai choisi de vous faire écouter ici.

Verdi Traviata adio del passato DessayCliquez sur l’image

Page 53 pour « Il y a » nous avons l’occasion d’entendre la méditation de Thaïs, de MASSENET.

Massenet Thaïs MéditationCliquez sur l’image

Page 59 pour « Aujourd’hui sous le ciel gris » nous retrouvons Carmen et sa « Habanera ».

Bizet Carmen habanera

Enfin, page 83 pour « Vents d’ange » c’est non moins que le Stabat Mater de PERGOLÈSE que Solène nous propose d’écouter.

Pergolèse Stabat mater Kirkby BowmanCliquez sur l’image

Bref, vous l’avez compris, ce livre est un incontournable pour tous les amoureux de la poésie et de la musique.

(Source principale : Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été… Solène VOSSE, The BookEdition.com 2021)

Et si vous voulez accompagner la lecture de « En d’autres temps » (page 23), cliquez donc sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez accompagner la lecture de « En d’autres temps »

Divers, Sciences

FÊTE DE LA SCIENCE 2021

La Fête de la Science se déroule cette année du 1er au 11 octobre 2021 pour la France métropolitaine.

Après vous avoir parlé en 2019 de la représentation des scientifiques sur les scènes d’opéra, je vous propose maintenant, d’aller voir ce qui se passe dans les coulisses, et sur l’utilisation ingénieuse des découvertes scientifiques pour l’éclairage, la machinerie ou les effets spéciaux.

Historiquement, l’éclairage des théâtres se faisait à la chandelle. C’est d’ailleurs ce qui fixait la durée d’un acte, qui était limitée à la durée de la chandelle avant qu’elle ne s’éteigne. À partir de 1720, l’usage de la chandelle a été remplacé par de l’huile, que l’on brûlait dans des appareils spéciaux appelés quinquets. Sous Louis XVIII, on est passé à l’éclairage au gaz, dans l’opéra Aladin et la lampe merveilleuse (1822). Puis, le progrès aidant, l’éclairage est devenu électrique, avec la création des orgues électriques pour pouvoir faire varier les éclairages, les couleurs, ou les rampes d’éclairages sur telle ou telle partie des décors ou sur les chanteurs.

L’application de l’électricité au théâtre ou à l’opéra a donné lieu à des inventions aussi subtiles qu’étranges.

Ainsi, les bijoux électriques de M. TROUVÉ illuminaient les fleurs et les bijoux que portaient les actrices ou les danseuses. Par exemple, aux Folies Bergères en 1884 avec le spectacle les Fleurs lumineuses. Le procédé en est l’emploi de lampes à incandescence et de petites piles portatives de son invention, dont le poids est insignifiant.

En 1893 à Monte-Carlo, lors de la création en version scénique de la Damnation de Faust de BERLIOZ, le ballet des sylphes a fait forte impression, avec le corsage des danseuses orné d’une rose électrique.

Berlioz Damnation de Faust Ballet des SylphesCliquez sur le sylphe

En 1890, dans Ascanio de SAINT-SAËNS, Phébus apparaît au milieu des muses en tenant à la main un flambeau de Génie. M Trouvé a eu ici l’idée de dissimuler une lampe à incandescence sous des pierreries de couleur et de dissimuler les accumulateurs dans le corps du flambeau.

Saint-Saëns AscanioCliquez sur l’image

Faust, de GOUNOD, s’est prêté à bien des trouvailles. Ainsi à Francfort les spectateurs médusés ont pu voir une fiole qui se balançait dans les airs, d’abord informe, puis se transformant peu à peu en figure humaine. Celle-ci n’est autre qu’une poupée en caoutchouc repliée sur elle-même que l’on déplie petit à petit à l’aide d’un fil. À Londres, c’est l’usage de l’étincelle électrique qui permettait de rendre lumineuses les épées et les cuirasses des personnages en train de se battre en duel. Les épées étaient reliées à des batteries et produisaient des étincelles chaque fois qu’elles se touchaient !

Gounod Faust le duelCliquez sur le duel

Dans le Freischütz de WEBER, on voyait des têtes de mort s’élever du sol en lançant des étincelles par les yeux et la bouche. Le procédé utilisé est celui de petits fils de fer placés dans ces têtes, et reliés à des piles électriques. Quand le contact est mis, le fil de fer devient incandescent et produit ces étincelles aussi spectaculaires que fantomatiques.

Weber der Freischutz Gorge aux loupsCliquez sur l’image

Et dans la scène de la forge de Siegfried de WAGNER, les coups de marteau sur l’enclume donnent l’imitation parfaite d’une vraie forge. La surface en bois de l’enclume était recouverte d’une plaque de fonte et parcourue d’un réseau de fils métalliques, reliés au circuit électrique du théâtre. Quand Siegfried frappe sur l’enclume, un court-circuit se forme et produit ces milliers d’étincelles caractéristiques de la forge !

Wagner Siegfried NothungCliquez sur Siegfried reforgeant Nothung, son épée

L’incandescence a été utilisée dans la Flûte enchantée de MOZART pour illuminer le diadème de la reine de la Nuit.

Mozart Zauberflöte Air de la reine de la nuitCliquez sur la reine de la Nuit

Je terminerai pour aujourd’hui (mais il y aura une suite) avec l’évocation du théâtrophone, cette invention qui permettait assister au théâtre chez soi, par la double utilisation de microphones pour la captation et du téléphone pour la transmission, à une époque ou ni radio ni télévision n’existaient encore. On sait que Marcel PROUST était un utilisateur de ce théâtrophone.

Et pour tout savoir sur la Fête de la science, et ce qui se passe dans votre région, un seul lien : Fête de la science.

(Source principale : La science au théâtre – étude sur les procédés scientifiques en usage au théâtre moderne, par A. de VAULABELLE et Ch. HÉMARDINQUER, Paris, Henry Paulin éditeur, 1905)

P.S. si je me suis servi pour cet article d’in livre datant de plus de cent ans, les metteurs en scène et les décorateur d’aujourd’hui se servent évidemment des moyens techniques à leur disposition, comme dans le récent Idoménée de CAMPRA monté à l’opéra de Lille.

Campra Idoménée scénographieCliquez sur la scénographie

Agenda Ironique

CALMES VOTES ICI-BAS – LES RÉSULTATS DE SEPTEMBRE 2021

A voté !

Les résultats de la votation de septembre 2021 pour l’Agenda Ironique sont tombés.

Votre texte préféré a été Loin du renard, loin du corbeau, proposé par Carnets Paresseux. Le deuxième texte à recueillir vos suffrages est Calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur, de Tout l’opéra (ou presque).

Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. d’octobre 2021, le résultat est quasi unanime, avec une très large majorité en faveur de Carnets Paresseux, que l’on applaudit bien fort 👏.

Et laissez moi remercier encore tous les participants, qui ont accepté de se coller à la contrainte de l’hypallage ou de l’amphibolie, souvent avec beaucoup d’ingéniosité.