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QUELQUES ŒUVRES INACHEVÉES (MAIS TERMINÉES PAR D’AUTRES)

L’histoire de la musique ne manque pas d’œuvres laissées inachevées à la mort du compositeur. Dans certains cas, la partition a été terminée par quelqu’un d’autre. En voici une petite liste.

À sa mort, Purcell a laissé inachevé son semi-opéra the Indian Queen. C’est son frère Daniel qui l’a terminé.

Purcell The indian Queen OuvertureCliquez sur l’image

Autre grande œuvre restée inachevée à la mort de l’auteur, le Requiem de Mozart a été terminé par Süssmayer.

mozart requiemCliquez sur l’image

Parmi les adaptations du mythe de Don Juan, le Russe Dargomijski a adapté la nouvelle de Pouchkine le Convive de Pierre. Laissé inachevé à sa mort, l’opéra a été complété par ses amis Cui et Rimski-Korsakov.

Dargomyjsky Le convive de pierreCliquez sur l’image

Autre opéra russe laissé inachevé à la mort de Borodine, son auteur, le Prince Igor a été terminé par Glazounov et l’incontournable Rimski-Korsakov.

Borodine le Prince Igor IaroslavnaCliquez sur Iaroslavna

Debussy ne terminera pas la Chute de la maison Usher d’après Egar Allan Poe.

Quant à César Franck, ce sont deux opéras qu’il laissera inachevés : Hulda et Ghiselle.

Franck Hulda Voici que le soleil se plonge dans la merCliquez sur l’image

Lili Boulanger n’aura pas eu le temps de terminer sa Princesse Maleine, d’après Maeterlinck, et personne ne pourra reprendre le flambeau, car sa partition a été perdue.

Puccini aura plus de chance avec Turandot. C’est le compositeur Alfano qui terminera le 3e acte, et lors de la création de cet opéra, le chef d’orchestre Arturo Toscanini stopera la représentation à la mesure même où Puccini s’était arrêté.

Puccini Turandot finalCliquez sur l’image

Les membres de la seconde école de de Vienne seront victimes de la terrible malédiction aussi et Schönberg laissera inachevé son Moïse et Aaron, alors que son élève Berg ne terminera pas Lulu, qui sera terminé 40 ans plus tard par Friedrich Cerha.

Berg Lulu FinalCliquez sur Lulu

Et beaucoup plus près de nous, Philippe Boesmans n’a pu terminer la partition de On purge Bébé, d’après Feydeau, et c’est son élève Benoît Mernier qui a finalisé la composition, avec un problème toutefois. Boesmans n’a pas laissé de traces ou de brouillon de la musique qu’il comptait écrire, et Mernier a dû faire du « à la manière de… »

Compositeurs, Compositrices

ÉLISABETH JACQUET DE LA GUERRE (1665-1729)

Élisabeth Jacquet de la Guerre naît à Paris le 17 mars 1665. Son père, Claude Jacquet était organiste et maître de clavecin.

Enfant prodige, elle est présentée à l’âge de 5 ans à Louis XIV, qui loue ses qualités musicales. À l’âge de 10 ans, Élisabeth est capable de chanter à livre ouvert et de s’accompagner au clavecin.

En 1684, elle épouse un autre organiste, Marin de la Guerre. En 1685, elle donne dans les appartements du Dauphin un petit opéra, les Jeux à l’honneur de la victoire.

En 1687, elle publie son premier livre de pièces pour le clavecin, et en 1690, dans son second livre, elle publiera sa Tocade (de l’italien Toccata), une nouveauté pour son époque.

Jacquet de la Guerre TocadeCliquez sur le claveciniste

En 1694, on donne sa tragédie en musique Céphale et Procris, le premier opéra composé par une femme donné à l’Académie royale de musique (l’actuel Opéra de Paris)

Jacquet de la Guerre Céphale et Procris Funeste mortCliquez sur l’image

En 1707, elle publie ses Sonates pour violon et clavecin où on retrouve son goût pour le style italien.

Jacquet de la Guerre sonate en ré mineur pour violon et clavecin 1er mouvementCliquez sur l’image

Elle s’est également illustrée par ses cantates, notamment ses Cantates françaises sur des sujets de l’Écriture (1708-1711) sur des textes de Houdar de la Motte.

Jacquet de la Guerre SéméléCliquez sur l’image

Et de la cantate le Sommeil d’Ulysse, je vous propose encore cette superbe « Tempête » !

Jacquet de la Guerre la Tempête (le Sommeil d'Ulysse)Cliquez sur l’image

Élisabeth Jacquet de la Guerre meurt à Paris le 27 juin 1729, à l’âge de 64 ans.

(Sources principales : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, Fayard, 1992 – Mozart était une femme, Aliette de Laleu, Stock 2022)

Mes opéras préférés

L’ITALIENNE À ALGER, de ROSSINI (1813)

Écrit en 1813, la même année que Tancredi, l’Italienne à Alger (l’Italiana in Algeri) est le premier « grand » opéra-comique de Rossini. Son ouverture, comme celle du Barbier de Séville, est un des grands classiques de Rossini. Devant le peu de temps qu’il avait pour honorer cette commande, il a d’ailleurs recyclé une ouverture déjà écrite pour un des petits opéras en un acte qu’il avait déjà produits en quantité. Le thème, très proche de celui de L’enlèvement au Sérail de Mozart, relève de l’orientalisme en vogue à l’époque.

Le pitch : Le bey Mustafa veut échanger sa femme Elvira contre l’Italienne Isabella. Lindoro, le fiancé D’Isabella, qui est esclave du bey, prend la fuite avec Isabella.

Ouverture :

Rossini l'Italienne à Alger ouvertureCliquez sur la célèbre ouverture

Acte I : Elvira se lamente parce que son mari Mustafa, bey d’Alger, ne l’aime plus. Sa suivante Zulma et les gardes du harem cherchent à la consoler. Mustafa arrive et confirme les craintes d’Isabella : il n’aime plus sa femme.

Il ordonne à Haly, le capitaine de ses corsaires, de faire venir Lindoro, un esclave italien qu’il a depuis trois mois, pour le marier à sa femme et ainsi se débarrasser d’elle. Il lui demande également de lui trouver une Italienne. Lindoro chante le malheur d’être séparé d’Isabella, sa fiancée. (Air: « Languir per una bella », avec son introduction au cor).

Rossini l'Italienne à Alger Languir per una bellaCliquez sur Lindoro

On vient lui proposer une femme qui répondrait en tout à son attente, c’est Elvira.

Suite à une tempête qui a jeté son navire sur le rivage, Isabella, partie à la recherche de son fiancé Lindoro, arrive. Elle est capturée par les corsaires, en compagnie de Taddeo, un soupirant qu’elle fait passer pour son oncle. (Air et chœur : Cruda sorte ! Amor tirano ».)

Rossini l'Italienne à Alger Cruda sorte Amor tirannoCliquez sur Isabella se lamentant sur son sort cruel

Mustafa propose à Lindoro de repartir en Italie dans le bateau que ses corsaires viennent de capturer, à condition qu’il parte avec Elvira. Haly vient le prévenir qu’il a capturé une belle Italienne. Le chœur des eunuques chantent la gloire de Mustafa, qui conquiert toutes les femmes. On présente Isabella à Mustapha, qui le charme. Elvira et Lindoro viennent faire leurs adieux, mais Lindoro et Isabella se troublent quand ils se reconnaissent. Mustafa explique la situation (quintette), mais Isabella refuse, et lui ordonne de rester avec sa femme. Elle demande que Lindoro lui soit affecté comme esclave.  L’acte se termine dans un ébouriffant septuor final.

Rossini l'Italienne à Alger Septuor de la fin du 1er acteCliquez sur l’ébouriffant septuor final du 1er acte

Acte II : Le chœur chante que, sous le coup de l’amour, Mustafa est devenu idiot. Isabella se croit trahie par Lindoro, mais celui-ci lui explique la situation et réussit à la rassurer.

Rossini l'Italienne à Alger O come il cor di giubiloCliquez sur Lindoro

Taddeo entre, craignant d’être empalé, mais Mustafa le nomme grand « Kaïmakan », c’est-à-dire vice-gouverneur.

Rossini l'Italienne à Alger Ho un gran peso sulla testaCliquez sur Taddeo

Les femmes entrent. Isabella est invitée par Mustafa à prendre le café, mais elle se débrouille pour ne pas rester en tête à tête avec Mustafa. Elle invite même Elvira à ce rendez-vous qu’il aurait voulu galant. (Air de Mustapha : « le femmine d’Italia ».)

Rossini l'Italienne à Alger le femmine d'ItaliaCliquez sur l’image

Elle remercie Mustafa du titre de Kaïmakan donné à Taddeo. Lindoro et Isabella s’apprêtent à rire du spectacle que vont donner Mustafa et Taddeo. Ils veulent nommer Mustafa Pappataci (soit : Mange et tais-toi !), lors d’une cérémonie où Mustapha et Taddeo sont priés de manger, boire et dormir en gardant le silence. Les Italiens captifs entrent en scène, et Isabella leur redonne du courage (Air : « Pensa alla Patria »).

Rossini l'Italienne à Alger Pensa alla PatriaCliquez sur l’image

Profitant que les gardes de Mustafa sont assommés par l’alcool distribué pendant la cérémonie, les Italiens prennent la fuite. Resté seul, Mustapha doit se résoudre à rejoindre sa femme Elvira, renonçant aux belles Italiennes.

littérature, Oulipo, Poésie

LE BATEAU IVRE, de RIMBAUD (Quatrains 11 à 15)

Après les première et seconde tranches du Bateau ivre d’Arthur (Arc-en-ciel) Rimbaud, voici la troisième tranche, soit les quatrains 11 à 15. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, la suite de ce morceau de bravoure. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, et donc l’équivalent de 1,2 myriapode), je dois le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois.

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

Verdi Otello ouvertureCliquez sur la tempête

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

Falvetti Il Diluvio Universale Ecci l'Iride pacieraCliquez sur l’image

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Copland Appalachian SpringCliquez sur l’image

Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !

Schubert An die Sonne D. 439Cliquez sur l’hymne au soleil (d’argent ?)

Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
– Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.

Mozart Idoménée Zefiretti lusinghieriCliquez sur le zéphir léger

Citations musicales :

La houle à l’assaut des récifs : Verdi, scène d’ouverture d’Otello

Des arcs-en-ciel : Falvetti Il Diluvio universale

Soleils d’argent : Schubert Am die Sonne

Les gouffres cataractants : Copland Appalachian Spring

D’ineffables vents : Mozart Idoménée « Zefiretti lusinghieri »

Rendez-vous début août pour la quatrième tranche du Bateau ivre.

Agenda Ironique

LES RÉSULTATS DE L’AGENDA IRONIQUE DE JUIN 2023

A voté !

Les résultats de la votation de juin 2023 pour l’Agenda Ironique sont tombés.

Votre texte préféré est celui de Photonanie : ma Proposition, à égalité avec Gibulène Au-delà du miroir. Suivent de près Lyssamara et moi-même.

Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. de juillet 2023, Photonanie se distingue, suivie par Tiniak, que l’on applaudit bien fort 👏.

Et laissez-moi remercier encore tous les participants, qui ont accepté de se coller à mes contraintes, souvent avec beaucoup d’humour et de poésie.

Et un peu de zizique pour célébrer l’été :

Gershwin Porgy & Bess SummertimeCliquez sur un peu de zizique pour l’été

Compositrices, Histoire de l'opéra

UNE BRÈVE HISTOIRE DE L’OPÉRA

Tout a commencé par un mariage royal, celui d’Henry IV et Marie de Médicis à Florence en 1600. Lors des fêtes données à cette occasion par les Médicis on a fait représenter un grand spectacle musical, l’Euridice de Peri. À son retour à Mantoue, le duc de Mantoue demande à son compositeur de cour, Monteverdi, de monter un spectacle au moins aussi fastueux que celui auquel il a assisté à Florence. La réponse de Monteverdi à cette commande sera l’Orfeo. Orphée, ce chanteur dont l’art pouvait émouvoir les dieux de l’enfer eux-mêmes, et Eurydice, qui de mieux pour créer un genre musical, l’opéra ?

monteverdi orfeo savallCliquez sur la symphonie d’ouverture du premier opéra de l’histoire

À cette époque, les femmes avaient le droit d’écrire de la musique et c’est ainsi que Francesca Caccini, une contemporaine de Monteverdi, s’est trouvée être la première femme compositrice d’opéra.

Caccini Francesca La liberazione di Ruggiero dall' isola d'Alcina Ahi, MelissaCliquez sur le premier opéra écrit par une compositrice

Ce nouveau genre musical se développera très vite en Italie, où des foyers d’opéras se montent à Venise, Rome, Naples ou Milan. Mazarin introduit l’opéra en France avec une représentation de l’Orfeo de Rossi à Paris en 1647, et pour le mariage de Louis XIV en 1660, il commande à Cavalli un opéra, Ercole amante (Hercule amoureux). Mais c’est quelques années après que le genre s’implante durablement en France, avec un Italien venu en France, Lully, qui régnera sans partage sur la musique de Loulou XIV.

Lully Atys songes funestesCliquez sur Atys de Lully

À la même époque en Angleterre, une tradition de spectacles chantés et dansés par les nobles, les masques élisabéthains, donnera des semi-opéras, représentés par Purcell, mais ce genre périclitera après la disparition de celui-ci.

Purcell Didon NormanCliquez sur Didon

Dès lors, toute l’Europe sera sous la coupe des opéras chantés soit en italien, soit en français. C’est ainsi que l’Allemand Haendel, après avoir fait ses classes en Italie, est parti en Angleterre écrire des opéras en italien.

À la fin du XVIIe siècle, Naples devient le foyer de l’opéra italien, avec l’opera seria (opéra sérieux), mais dans cette patrie de la commedia dell’arte, on s’est mis à insérer pendant les entractes de courtes pièces légères ou bouffonnes. Ces pièces prendront leur indépendance en devenant l’opera buffa (opéra bouffon).

En France, où les codes de la tragédie lyrique avaient été fixés par Lully, on s’est mis à introduire des ballets et divertissements, donnant naissance à l’opéra-ballet, représenté par Campra (l’Europe galante).

Sur les foires de Paris, les comédiens italiens donnaient des pastiches, c’est-à-dire des paroles nouvelles placées sur des airs connus. Après différents déboires liés aux privilèges de l’académie royale de musique et de la comédie française, les forains obtiennent en 1714 le privilège de donner des comédies parlées ET chantées. L’opéra-comique était né et le théâtre de la Foire devient le théâtre de l’Opéra-comique.

Au milieu du XVIIe siècle, le principal successeur de Lully est Rameau, qui s’est mis sur le tard à différentes formes d’opéra, y compris l’opéra-ballet avec les Indes galantes.

indes galantes 4Cliquez sur les Indes galantes

Une génération après Haendel, l’Autrichien Gluck fera comme lui. Après avoir appris son métier en Italie, et écrit des opéras en italien pour Vienne, Gluck vient à Paris écrire (ou réécrire) des opéras en français pour la cour royale. L’hégémonie italo-française était toujours en place, puisque des musiciens comme Haydn et Mozart écrivent leurs opéras en italien, même si Mozart écrit des singspiels (sortes d’opéras comiques en allemand). Opéra classique.

Flûte enchantée Reine de la nuitCliquez sur la reine de la Nuit

Cette tentative d’écrire des opéras en allemand a été suivie par Beethoven avec son Fidelio (1814), mais les tentatives de créer un opéra allemand, avec des commandes passées à Weber ou à Schubert, se trouvent confrontées à la vague Rossini qui balaye toute l’Europe à cette même époque. C’est l’époque des opéras romantiques, représentée en France par Berlioz.

freischutz harnoncourtCliquez sur le chœur

Autour des années 1820 – 1830, un événement va changer les codes pour presque tout le XIXe siècle. C’est l’apparition du Grand opéra à la française, le GoF, et Paris devient le centre de l’Europe, où il faut réussir, voire triompher. C’est ainsi qu’après Rossini qui s’était installé à Paris, deux autres Italiens, Donizetti et Bellini, viennent y terminer leur carrière, pourtant brillamment commencée en Italie. Wagner et Verdi aussi devront écrire pour l’Opéra de Paris.

Wagner et Verdi, parlons-en. Ces presque jumeaux, ils sont nés tous les deux en 1813, vont faire évoluer le genre de l’opéra.

Wagner va faire éclater le découpage traditionnel des opéras en airs, duos, etc. et va développer les notions de mélodie continue et de leitmotivs.

Wagner Die Walküre la chevauchée (MET 2019)Cliquez sur la chevauchée des Walkyries

Verdi représente l’émergence d’un nationalisme musical, préfigurant l’éveil des écoles nationales avec Glinka ou Smetana.

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur le 2e hymne national italien

Ou encore le groupe de cinq en Russie, incluant Moussorgski.

Moussorgski Boris Godounov Scène du couronnementCliquez sur le couronnement de Boris Godounov

En France, une nouvelle génération voit le jour avec Gounod, Bizet ou Saint-Saëns et Massenet, tandis qu’Offenbach invente l’opérette.

la belle HélèneCliquez sur le couplet des rois de la Belle Hélène

Bizet Carmen habaneraCliquez sur Carmen

L’opéra a toujours suivi l’évolution des mouvements littéraires. C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, le naturalisme d’un Zola donnera naissance au vérisme en Italie, avec son plus fameux représentant Puccini. Pendant ce temps en Allemagne on peut parler du post-wagnérisme de Richard Strauss.

Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur Madama Butterfly

Strauss Rosenkavalier METCliquez sur le Chevalier à la rose (Rosenkavalier)

Après le naturalisme, le symbolisme d’un Maeterlinck donnera lieu à plusieurs opéras, dont Pelléas et Mélisande de Debussy.

Arrivée des percées de la psychologie dans les livrets d’opéra avec Berg ou Janacek.

Après la Seconde Guerre mondiale, réveil de l’opéra anglais avec Britten alors qu’en France on a Poulenc et aux États-Unis, Gershwin ou Bernstein. Apparition de la comédie musicale voire des opéras rocks.

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur les interludes marins de Peter Grimes

Gershwin Porgy and Bess Summertime (film)Cliquez sur Bess

Et l’opéra est toujours vivant et on continue à en créer tous les ans dans le monde entier, comme Like Flesh de Sivan Eldar à Lille début 2022.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la bande-annonce de Like Flesh

Et en forme de résumé, retrouvez l’arbre phylogénétique de l’opéra.

Agenda Ironique

Qui qui va gagner l’AI de juin 2023 ?

Ce mois-ci (juin 2023), le thème de l’Agenda Ironique était « De l’autre côté du miroir », selon les modalités suivantes :

Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».

Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde. Ça veut dire que vous pouvez encore participer si vous le souhaitez. Le cas échéant, je vous rajouterais à la liste.

Voici donc vos propositions :

Lothar : Derrière le miroir sans reflet.

Tiniak : Miroir lunaire.

Max-Louis : Aux mots verrouillés rouillés.

Lothar : Monsieur de La Fontaine.

Gibulène : Au-delà du miroir.

John Duff : Agenda Ironique.

Isabelle : De l’autre côté du miroir.

Jean-Louis : La Passe-miroir.

La Craie : Je me regarde et j’attends.

Mijo : Miroir aux alouettes.

Sylvain : De l’autre côté du miroir (cf. en commentaire du billet d’origine).

Photonanie : Ma proposition.

La licorne : À temps ? Attends…

Carnets paresseux : Ombres floues, silhouettes plates.

Lyssamara : L’hésitante convaincue.

Isabelle (de les Mots fécondent) : Fuuuuut…

Et maintenant place aux votes pour vos textes préférés :

Et votez une deuxième fois pour le gentil hébergeur de juillet 2023 :

2 bis - Liste des compositrices, Compositrices

COMPOSITRICES

Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les articles dédiés spécifiquement à une « Compositrice », et destiné à vous faciliter la recherche par thème.

francesca-caccini-par-adrian

barbara-strozzi

image Jacquet de la Guerre

Louise BERTIN

fanny-mendelssohn-1

Clara Schumann Adrian Mercure 2021

VIARDOT

Image Augusta Holmès

Mel Bonis par Adrian

image Ethel Smyth

image Tailleferre
Lili Boulanger

image Claire Renard

image Saariaho

Mes opéras préférés

LE NEZ, de CHOSTAKOVITCH (1927-1928)

Composé entre 1927 et 1928 par Chostakovitch alors âgé de 21 ans, le Nez est inspiré d’une nouvelle de Gogol extraite des Nouvelles de Pétersbourg. Le jeune Chostakovitch avait eu connaissance des avancées musicales effectuées par Stravinsky ou Berg (Wozzeck date de 1922). Le Nez a été créé partiellement en 1929 à Leningrad mais, dans la Russie soviétique de l’époque, ses hardiesses ont été critiquées. Il quitte l’affiche en 1930 et il faudra attendre 1974 pour que le Nez soit à nouveau joué en Russie.

L’œuvre requiert un orchestre très important, notamment chez les percussions (cf. l’interlude du 1er acte), et on y trouve aussi l’influence de la musique de jazz.

Acte I : À Saint-Pétersbourg, l’assesseur Kovaliov se fait raser chez le barbier Yakovlévitch. Le lendemain matin, le barbier trouve un nez humain dans sa miche de pain fraîchement cuite. Sa femme l’accuse d’avoir coupé le nez d’un de ses clients, et lui demande de s’en débarrasser. Yakovlévitch cherche à s’en débarrasser dans la rue, mais il rencontre tout le temps des gens qu’il connaît. Finalement, il réussit à jeter le nez dans la Neva, mais un policier l’a vu faire et commence à le questionner.

Chostakovith le nez percussion interludeCliquez sur l’interlude percussif

Quand Kovaliov se réveille, il découvre que son nez a disparu.

Chostakovitch le Nez scène 3Cliquez sur Kovaliov

Il sort de chez lui pour retrouver son appendice nasal. En entrant dans la cathédrale, il le trouve enfin, mais son nez a maintenant la taille d’un humain, et il est habillé comme un conseiller d’État. Kovaliov lui demande de reprendre sa place, mais le nez refuse de parler à quelqu’un de condition inférieure et s’échappe.

Chostakovitch The Nose (MET)Cliquez sur la cathédrale

Acte II : Toujours à la recherche de son nez, Kovaliov arrive à l’appartement du commissaire de police, qui n’est pas chez lui. Déçu, il décide de passer une annonce dans le journal. Aux bureaux du journal, l’employé est occupé par une histoire de chien perdu par une comtesse. Quand enfin arrive le tour de Kovaliov, l’employé refuse de passer son annonce, arguant du fait que le journal y perdrait sa réputation de sérieux. Kovaliov se découvre et montre son visage, révélant que son nez est réellement parti. L’employé étonné lui recommande de vendre son histoire et, dans un geste de sympathie, lui offre un peu de tabac à priser. Vexé qu’on se moque ainsi de lui, Kovaliov rentre à la maison, et découvre son domestique dans le sofa, jouant de la balalaïka.

Chostakovith le nez chanson d'IvanCliquez sur Ivan

Kovaliov fait sortir Ivan et se plonge dans un monologue où il s’apitoie sur lui-même.

Acte III : La police se met à la recherche du nez. Ils vont à la gare où des voyageurs s’apprêtent à partir. Une jeune vendeuse de bretzels apparaît, semant la confusion chez les policiers. Le nez en profite pour essayer de partir, lui aussi, mais la police le rattrape et le bat tant qu’il retrouve sa taille normale. Le commissaire l’enveloppe dans un papier.

Chez Kovaliov qui a récupéré son nez, non sans avoir dû graisser la patte au commissaire corrompu, Kovaliov essaye de remettre son nez au milieu du visage, mais celui-ci ne tient pas. Il fait venir le médecin, qui avoue son impuissance face à ce cas. Kovaliov est persuadé d’avoir été ensorcelé par madame Podtotchina, car il a refusé d’épouser sa fille, et il lui écrit une lettre pour se plaindre du mauvais traitement qu’elle lui a infligé, mais sa réponse lui montre qu’elle n’a rien à voir avec son affaire.

Chostakovitch le Nez Acte III scène 2Cliquez sur l’image

Dans toute la ville, les curieux se pressent pour essayer de voir le nez, dont la rumeur dit qu’il se promène dans la ville. La police finit par disperser les badauds.

Épilogue : Kovaliov se réveille un matin avec le nez bien au milieu du visage. Après s’être fait raser par son serviteur, il se promène sur la perspective Nevski, saluant amis et connaissances.

Cliquez sur le bonus surprise

point-dinterrogation

Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

Alexandre DUMAS père (1802-1870) et fils (1824-1895)

Dans la famille Dumas, je demande le grand-père :

Le grand-père Dumas était Thomas-Alexandre DUMAS (1762-1806). Né à Saint-Domingue, ce militaire est le premier général mulâtre de l’armée française. En 1792, il fait partie de la Légion noire, composée de gens de couleur, où il côtoie le Chevalier de Saint-Georges. Sous Napoléon, Thomas-Alexandre participe à la campagne d’Égypte, mais plus tard son opposition à Napoléon lui vaudra d’être démis de ses fonctions. On peut lire cette opposition en filigrane dans le roman le Comte de Monte-Cristo écrit par son fils entre 1844 et 1846.

Dans la famille Dumas, je demande le père :

Alexandre Dumas (père) est un écrivain français né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts et mort le 5 décembre 1870 au hameau de Puys, ancienne commune de Neuville-lès-Dieppe, aujourd’hui intégrée à Dieppe. Ses œuvres les plus connues sont le Comte de Monte-Cristo et les trois Mousquetaires (ainsi que ses suites Vingt ans après et le Vicomte de Bragelonne).

En 1834, sa pièce Charles VII chez les grands vassaux est adaptée à l’opéra par Donizetti sous le nom Gemma di Vergy.

Donizetti Emma di Vergy OuvertureCliquez sur l’image

En 1837, il se lance dans un genre à la mode avec l’opéra Piquillo dont le livret est écrit en collaboration avec Gérard de Nerval et une musique d’Hippolyte Mompou.

Monpou Puquillo TrioCliquez sur l’image

En 1843, c’est son ami Berlioz qui met en musique la Belle Isabeau (conte pendant l’orage).

Berlioz la Belle Isabeau, Conte pendant l'orageCliquez sur l’image

En 1846, c’est un autre de ses amis, Liszt, qui met en musique cette Jeanne d’Arc au bûcher.

Liszt Jeanne d'Arc au bûcherCliquez sur l’image

Le Comte de Monte-cristo a fait l’objet d’un opéra sous le nom de Haydé, un opéra portugais écrit par la compositrice Felicita Casella en 1849.

En 1860, Dumas récidive dans le genre opéra avec le Roman d’Elvire, dont la musique est signée Ambroise Thomas.

Après sa mort, son œuvre continue à être portée sur les scènes lyriques avec en 1888 la Dame de Monsoreau, opéra de Salvayre, en 1890, Ascanio, un opéra de Saint-Saëns, en 1896, le Chevalier d’Harmental un opéra-comique de Messager et en 1899, le Sarrazin, un opéra de César Cui, toujours d’après Charles VII chez ses grands vassaux.

Saint-Saëns Ascanio ValseCliquez sur l’image

Autre « tube » musical tiré d’un écrit de Dumas père, le Casse noisette, conte adapté d’E.T.A. Hoffmann, qui sera mis en musique par Tchaïkovski.

Tchaïkovski Casse NoisetteCliquez sur l’image

Dans la famille Dumas, je demande le fils :

Alexandre Dumas dit Alexandre Dumas fils est un écrivain français né le 27 juillet 1824 à Paris et mort le 27 novembre 1895 à Marly-le-Roi. Fils naturel d’Alexandre Dumas père, il ne sera reconnu par son géniteur qu’à l’âge de sept ans.

Son roman la Dame aux Camélias, après avoir été adapté au théâtre où Verdi de passage à Paris a pu le voir, sera ensuite adapté à l’opéra par Verdi, sous le nom de la Traviata.

Verdi traviata BrindisiCliquez sur l’image

Bien dans son époque, Dumas fils faisait partie du club des haschischins (consommateurs de haschich) où l’on trouvait également Baudelaire, Balzac, Flaubert, de Nerval, Gautier ou Delacroix.

Il était également ami avec George Sand, chez qui il s’est rendu plusieurs fois, dans son château de Nohant, dans le Berry.

Lorsqu’en 1836 Louise Bertin écrira son opéra la Esmeralda sur un livret de Victor Hugo, ses adversaires, dont Alexandre DUMAS faisait partie, reconnaissant la qualité de la musique iront jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz, mais feront tomber l’œuvre pour des raisons politiques, le mari de Louise Bertin n’étant pas du même bord qu’eux.

Bertin La Esmeralda air des clochesCliquez sur l’image