Compositrices

Fanny MENDELSSOHN (1805 – 1847)

© Adrian Mercure 2022

Née à Hambourg le 14 novembre 1805, Fanny MENDELSSOHN, la sœur de l’autre, disparaissait à Berlin le 14 mai 1847, il y a 175 ans. Sa famille s’installe à Berlin en 1811.

Comme son frère Félix, elle manifeste très jeune ses dons musicaux, mais alors que leur père encourage Félix dans sa vocation, il dissuade Fanny de développer les siens.

Je me suis un peu servi pour cet article de ce que nous en dit Aliette de LALEU dans son livre Mozart était une femme.

Dans son enfance, Fanny était proche de son jeune frère Félix, de 3 ans son cadet, qui n’hésitait pas à lui soumettre ses idées musicales, confiant qu’il était dans le jugement de sa sœur. Alors qu’à l’âge de 15 ans, elle envoie fièrement à son frère quelques lieder écrits en allemand, elle reçoit une lettre de son père la dissuadant de poursuivre dans cette voie. La musique, écrit-il en substance, est une affaire d’homme et une femme doit se réserver pour les choses propres à leur sexe.

Deux ans plus tard, Fanny se fiance avec un peintre, Wilhelm HENSEL, qu’elle épousera à 24 ans. Heureusement pour elle, son mari n’a pas les mêmes prévenances contre ses aspirations musicales et il sera au contraire un soutien, l’encourageant à écrire et à publier ses œuvres.

Félix cherche à contourner l’interdiction paternelle en proposant à Fanny de publier ses compositions sous son nom. Mais cette aide est à double tranchant. Les œuvres qui ont le plus de succès ne sont pas les siennes, mais celles de sa sœur ! Dix ans plus tard, donnant un concert à Londres devant la reine Victoria, celle-ci croit lui faire plaisir en chantant un de ses vieux lieders, Italien, et Félix est obligé d’avouer qu’il n’en est pas le compositeur.

Fanny Mendelssohn ItalienCliquez sur l’image

En 1830, Fanny et Wilhelm ont un fils, Sebastian Ludwig Félix (comme BACH, BEETHOVEN et son oncle), qu’elle soigne et élève en mère modèle. À côté de ces tâches ménagères, il lui reste du temps pour composer sa musique et jouer du piano.

En 1839, Fanny et son mari font un séjour à Rome. Elle fait la connaissance de GOUNOD qui tombe amoureux de sa musique et l’encourage à continuer.

À partir de 1843, elle organise les concerts donnés par ses parents à Berlin en invitant des compositeurs, en jouant elle-même du piano, voire en dirigeant un chœur ou un orchestre de chambre.

Prenant de plus en plus confiance en elle, Fanny écrit en 1846 une de ses œuvres majeures, le Trio pour piano, violon et violoncelle.

Fanny Mendelssohn Trio avec piano 4e mvtCliquez sur trio

Elle meurt à l’âge de 41 ans d’une crise d’apoplexie à Berlin, le 14 mai 1847, quelques mois après la création publique de ce trio.

Ses compositions sont essentiellement pour piano ou des lieders, sur des textes des poètes de son temps, GOETHE, HEINE, BYRON ou EICHENDORFF (et de son mari), de la musique de chambre, ainsi que quelques pièces pour chœur ou encore une mise en musique pour le second Faust de Goethe.

Fanny Mendelssohn Nocturne en sol mineurCliquez sur le nocturne

Fanny Mendelssohn Fantaisie pour violoncelle et pianoCliquez sur la Fantaisie pour violoncelle et piano

Fanny Mendelssohn Scènes du Faust IICliquez sur l’image

Retrouvez Aliette de LALEU dans une de ses chroniques de France Musique : https://www.youtube.com/watch?v=F-Qb7qKk8U4

(P.S. Comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portrait de Fanny MENDELSSOHN à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise ou un cadeau personnalisé, c’est ici : Adrian Mercure (adrian- )

Agenda Ironique, Compositeurs

Erik SATIE (1866 – 1925)

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est hébergé par Photonanie qui nous propose les contraintes suivantes :

J’ai envie que l’action se passe dans un pays froid, l’Islande éventuellement mais pas que.

J’aimerais assez que s’y glissent les mots suivants: ailurophile, syllogomanie, bec à foin et puis aussi coquecigrue parce que j’aime bien ce mot.

Si en plus le texte se présente sous forme d’anadiplose je serai comblée mais si ce n’est pas le cas, je le serai aussi, l’important étant que vous soyez nombreuses et nombreux à participer.

Erik SATIE est né le 17 mai 1866 à Honfleur, un pays froid. Un pays froid, certes, mais pas aussi froid que la Finlande, toutefois. Erik a 4 ans quand sa famille s’installe à Paris. Les leçons de piano données par sa belle-mère le dégoûtent de la musique.

Comme son compatriote Alphonse ALLAIS, Satie développera une sorte d’humour absurde, que l’on retrouve dans les titres de ses pièces. Les titres de ses pièces sont par exemple Trois morceaux en forme de poire, ou Préludes flasques (pour un chien). Ce sens de l’humour décalé de nos deux compères n’en fait pas pour autant des becs à foin.

À 13 ans, il entre quand même au Conservatoire de musique, mais jugé sans talent, il en est vite renvoyé.

En 1887, il s’installe à Montmartre et peu de temps après se lie d’amitié avec les poètes MALLARMÉ ou VERLAINE.

En 1888, il compose les Gymnopédies. Les Gymnopédies sont ses premières pièces à être rentrées au répertoire des pianistes.

Satie Gymnopédie n° 1Cliquez sur la pianiste

En 1890, il fréquente le cabaret du Chat noir, où il fait la connaissance de DEBUSSY.

En 1893, Satie se lie à Suzanne VALADON, mais la blessure amoureuse causée par leur séparation au bout de quelques mois ne guérira jamais. Suite à cette rupture, il écrit Vexations, une phrase musicale courte à jouer 840 fois de suite.

En 1897, en souvenir peut-être de sa ville natale, il écrit ses Pièces froides.

Satie Pièces froidesCliquez sur l’image

En 1898, Satie s’installe à Arcueil, dans une maison où il demeurera jusqu’à la fin de sa vie.

En 1899, il est témoin au mariage de Debussy.

En 1905, il reprend des études de musique en s’inscrivant à la Schola Cantorum de d’INDY et y étudie le contrepoint avec ROUSSEL.

En 1915, Satie fait la connaissance de COCTEAU. C’est le compositeur d’avant-garde Edgar VARÈSE qui les a présentés. Dans le cadre du rapprochement franco-anglais dû à la Première Guerre mondiale, il souhaitait en effet monter à Paris une adaptation musicale du Songe d’une nuit d’été de SHAKESPEARE. Le projet n’aboutira finalement pas, même si Satie a écrit les parties musicales qui lui incombaient. La partie n° 2 est intitulée Coquecigrue (ça ne s’invente pas !).

Satie Cinq grimaces pour le Songe d'une nuit d'été II. CoquecigrueCliquez sur la pianiste

Même si ce projet n’a pas abouti, l’amitié entre Satie et Cocteau était nouée et ensemble, ils écriront pour les ballets russes le ballet Parade, avec un rideau de scène de PICASSO.

Satie ParadeCliquez sur l’image

En 1916, la princesse de POLIGNAC lui commande une œuvre chantée : Socrate, qui sera créée en 1918.

Satie Socrate la Mort de SocrateCliquez sur l’image

En 1923, son ailurophilie le pousse à écrire dans ses Ludions la Chanson du chat.

Satie Ludions chanson du chatCliquez sur l’image

Il meurt le 1er juillet 1925 d’une cirrhose due à une consommation excessive d’absinthe. Après sa mort, on retrouvera dans sa maison, à laquelle il n’avait jamais donné accès à quiconque, une collection impressionnante de parapluies et de faux cols, preuve de sa syllogomanie. On retrouva aussi des partitions inconnues, dont celle de l’opéra Geneviève de Brabant.

Retrouvez ici ma participation suivante à l’A.I.

Compositrices, Couleurs

ROSE

Après le vert du printemps, je vous propose de passer au rose.

J’ai déjà écrit sur cette couleur dans mon article « Voici des roses« , mais je vais essayer ici de parler de la symbolique associée au rose.

Mais tout d’abord, retrouvons Hildegarde von BINGEN, herboriste, chanoinesse et musicienne, dans son Vos flores rosarium.

von Bingen vos flores rosariumCliquez sur Vos flores rosarium

En peinture, le rose s’obtient par un mélange de rouge et de blanc. Plus on met de blanc, plus le rose est pâle. D’après les légendes de l’antiquité, la couleur rose proviendrait du sang d’Adonis, l’amant d’Aphrodite, qui aurait coloré lors de sa mort les premières roses. La rose est ainsi associée au symbole de l’amour qui triomphe de la mort, voire à la renaissance.

La légende de Vénus et Adonis (ou Aphrodite et Adonis), racontée par OVIDE dans ses Métamorphoses, a été mise en musique par John BLOW.

Blow Vénus & AdonisCliquez sur l’image

Dans la religion chrétienne, la symbolique de la rose pour la renaissance spirituelle liée à l’amour divin a ainsi été reprise pour la vierge Marie. Une de ses appellations est la Rose mystique, la rose sans épines. Le rosaire est ainsi un ensemble de « Je vous salue Marie » et son nom vient de la guirlande de roses qui couronne Marie selon cette symbolique.

Tallis Ave rosa sine spinisCliquez sur l’image

À l’époque médiévale, la rose est associée à l’amour courtois des troubadours. On la retrouve dans le Roman de la Rose ou, un peu plus tard, dans la célèbre poésie de RONSARD, Mignonne allons voir si la rose.

Ronsard Mignonne allons voir si la roseCliquez sur l’image

De l’autre côté du Channel, la guerre des Deux-Roses est le nom donné à la lutte pour le trône d’Angleterre entre la maison d’York, qui avait une rose blanche sur son blason et la maison des Lancaster, qui avait une rose rouge sur son blason. Cet épisode de l’histoire d’Angleterre a été raconté par SHAKESPEARE dans sa première tétralogie sur Henry VI et Richard III. Richard III a fait l’objet d’un opéra de BATTISTELLI en 2005.

Battistelli Richard IIICliquez sur l’image

(Source principale pour la partie symbolique : Encyclopédie des symboles, le livre de poche, collection la Pochothèque, 1996.)

Retrouvez d’autres nuances de ROSE sur le blog « Nervures et entailles » de Joséphine.

Et retrouvez mes autres billets consacrés aux couleurs :

Blanc

Bleu

Rouge

Vert

Et pourquoi ne pas prolonger ce billet avec un bonus surprise ?

point-dinterrogationPourquoi ne prolongeriez-vous pas ce billet en cliquant sur le bonus surprise ?

Cinéma, Compositeurs, Compositrices, Divers

QUELQUES COMPOSITEURS SUISSES

On connaît généralement peu de ce côté des Alpes les compositrices et compositeurs suisses. Pourtant, on gagne à écouter leurs musiques. Je vous en propose ici une petite sélection.

Caroline BOISSIER-BUTINI est née à Genève en 1786. D’abord pianiste, sa réputation dépasse vite les frontières de la Suisse. En 1818, elle se rend à Londres et à Paris et a l’occasion de se confronter aux meilleurs pianistes de sa génération. Son œuvre est essentiellement pianistique, mais elle a également écrit des concertos (pour piano) et des symphonies. Elle meurt près de Genève en 1836.

Boissier-Butini Sonate pour piano n° 2Cliquez sur la pianiste

Louis NIEDERMEYER est né en 1802 à Nyon. Après des études à vienne et à Rome, il compose son premier opéra pour Naples en 1820, à l’âge de 18 ans. Il s’installe à Paris en 1836, ville où il écrit encore trois opéras, avant d’écrire une Messe solennelle et de se tourner vers la musique sacrée. Il dirige ainsi l’école de musique religieuse de Paris, dont la mission était de séparer la musique religieuse et la musique profane, école plus connue aujourd’hui d’école Niedermeyer de Paris. Parmi les professeurs qui y ont enseigné figure SAINT-SAËNS, qui y a eu comme élèves FAURÉ et MESSAGER.

Niedermeyer le Lac (de Lamartine)Cliquez sur le Lac (de Lamartine)

Émile JAQUES-DALCROZE est né en 1865. Il suit ses études musicales au Conservatoire de Genève avant de les poursuivre à Paris, auprès de FAURÉ et DELIBES, et à Vienne auprès de BRUCKNER. Il est l’inventeur d’une méthode d’enseignement de la musique basée sur l’étude physique de la rythmique, méthode toujours en vigueur aujourd’hui et qui porte son nom. Il meurt à Genève en 1950.

Jaques-Dalcroze la VeilléeCliquez sur l’image

Ernest BLOCH est né à Genève en 1880. Il suit ses études à Genève, notamment avec Jaques-Dalcroze, puis à Bruxelles, Francfort et Paris. En 1904, il compose un opéra, Macbeth, d’après SHAKESPEARE. En 1913, il s’installe aux États-Unis où il enseigne la composition à Cleveland, avant de prendre la direction du Conservatoire de San Francisco. Son œuvre est nourrie d’inspirations juives, comme dans la suite hébraïque Schelomo. Il meurt à Portland en 1959.

Bloch SchelomoCliquez sur le célèbre violoncelliste.

Franck MARTIN naît à Genève en 1890. Il travaille la musique en cachette de ses parents et en 1926, il fonde la Société de musique de chambre de Genève. Il enseigne aussi à l’institut Jaques-Dalcroze et au Conservatoire de Genève. Parmi ses œuvres, on peut noter des pièces religieuses, mais aussi un opéra Der Sturm, d’après la Tempête de Shakespeare. Il meurt aux Pays-Bas en 1974.

Martin Messe pour double chœur a capellaCliquez sur l’image

Arthur HONEGGER, né en 1892 au Havre et mort à Paris en 1955 est le plus français des compositeurs suisses. Il étudie la musique à Zurich avant d’entrer au Conservatoire de Paris. Il fait partie du groupe des Six. Plus tard, il enseignera au Conservatoire de Paris où il aura comme élève notamment Olivier MESSIAEN. Il est l’auteur de musique symphonique, d’oratorios, d’opéras (l’Aiglon d’après ROSTAND), mais aussi de nombreuses musiques de film, dont le Napoléon d’Abel GANCE ou Regain de PAGNOL, et de l’opérette le Roi Pausole.

Honegger l'AiglonCliquez sur l’image

Willy BURCKARD est né dans le canton de Berne en 1900. Il poursuit ses études de musique à Leipzig, Munich et Paris, avant d’enseigner lui-même la composition et le piano à Berne. Il meurt en 1955 à Zurich.

Burckard Concertino pour violoncelleCliquez sur l’image

Heinrich SUTERMEISTER naît en 1910 et commence ses études de musique à Bâle. Plus tard, il travaillera à Paris et à Munich, où il rencontrera Carl ORFF. Sutermeister est surtout connu pour ses opéras, dont Raskolnikov d’après DOSTOÏEVSKI, Madame Bovary d’après FLAUBERT, ou encore Romeo und Julia d’après Shakespeare. Il meurt en 1995 à Sorges.

Sutermeister Romeo und JuliaCliquez sur l’image

Bernard REICHEL est né en 1901 à Neuchâtel. Après des études au Conservatoire de Bâle, il suit l’enseignement de Jaques-Dalcroze à Genève, puis passe un an à Paris. Il enseigne ensuite la musique au Conservatoire de Genève où il côtoie Franck Martin. Son œuvre comporte de la musique pour orgue (il était organiste), de la musique de chambre et de la musique religieuse. Il meurt en 1922 à Lutry.

Reichel MagnificatCliquez sur l’image

On pourrait encore citer dans cette liste Rolf LIEBERMANN (1910 – 1999) qui, outre ses fonctions de directeur de l’Opéra de Paris de 1973 -1980, a lui-même composé des opéras. C’est lui qui a convaincu Messiaen d’écrire son opéra Saint-François d’Assise.

(Un grand merci à Béatrice et Christiane, mes deux amies choristes [et suisses] de l’ensemble « Les Vocalistes européens », qui m’ont aidé à établir cette liste.)

(merci également à Sergio Belluz pour m’avoir suggéré quelques corrections ou ajouts https://www.sergiobelluz.com/ )

Compositeurs

Georges ENESCO (1881 – 1955)

Georges ENESCO (ENESCU en roumain) est né le 19 août 1881 en Moravie roumaine.

Il apprend le violon dès ses 4 ans et, à l’âge de 7 ans, part au Conservatoire de Vienne où il se fait déjà remarquer par la précocité de ses dons musicaux.

À l’âge de 14 ans, il entre au Conservatoire de Paris, où il a comme professeurs de composition MASSENET et FAURÉ. C’est à Paris qu’il écrit ses premières compositions et en 1898, son opus 1, le Poème roumain est créé.

Enesco Poème roumainCliquez sur l’image

En 1901 et 1902, il écrit ses deux Rhapsodies roumaines, peut-être ses œuvres les plus connues.

Enesco Rhapsodie roumaine n°1Cliquez sur l’orchestre

En 1907 – 1908, il écrit le cycle mélodique 7 chansons de Clément Marot.

Enesco Sept chansons de Clément Marot IV Estrene de la roseCliquez sur l’image

En 1916 – 1918, il compose sa troisième symphonie avec chœur, œuvre qu’il remaniera en 1920 et qui sera créée à Paris en 1921.

Enesco Troisème symphonie avec chœurCliquez sur l’image

Après la Première Guerre mondiale, il partage son temps entre la France et sa Roumanie natale. En 1926, il écrit sa 3e sonate pour violon et piano « dans le caractère populaire roumain » .

Enesco sonate paino violon n° 3Cliquez sur Enesco pour l’entendre interpréter sa propre sonate pour piano et violon n° 3

En 1927, il crée la sonate pour piano et violon de son ami RAVEL, qu’il avait connu au Conservatoire de Paris.

Ravel sonate piano violon BluesCliquez sur la violoniste et la pianiste

Entre 1923 et 1931, il se consacre à la composition de son opéra Œdipe.

Enesco Oedipe Acte ICliquez sur l’image

Outre son activité de compositeur et de soliste, il a également eu de nombreux élèves au violon, tels que Yehudi Menuhin, Christian Ferras, Ivry Gitlis ou Arthur Grumiaux.

Bach Double concerto in D minor Enesco MenuhinCliquez sur Menuhin et Enesco

En 1937, il se marie avec la princesse roumaine Marie CANTACUZÈNE.

Tout au long de sa vie, il enchaînera les tournées internationales, aussi bien en tant que violoniste qu’en tant que chef d’orchestre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rentre en Roumanie, mais l’instauration du régime communiste après la guerre le mène à s’exiler.

Dans ses œuvres tardives, il revient aux formes apaisées de la musique de chambre. En 1954, il écrit ainsi sa dernière œuvre, la Symphonie de chambre.

Enesco Symphonie de chambreCliquez sur la partition

Enesco meut à Paris le 4 mai 1955.

Compositrices, Couleurs, Divers, Nature

VERT

En ce jour du printemps, quoi de plus naturel que de vous parler du vert, couleur assez facilement associée à cette saison ?

Avant d’aller plus loin, voyons ce que nous en dit le grand spécialiste en couleurs Arthur Arc-en-ciel RIMBAUD, dans son Sonnet des voyelles :

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides

Pour Rimbaud, donc, la lettre associée au vert est le U, et dans son sonnet, il y a associé le vert de la mer ainsi que celui des pâtures.

Revenons à ce terme : viride. Selon le CNRTL, il signifie « qui tire sur le vert, verdissant ». On le retrouve dans la notion de « viriditas », la force de la germination, omniprésente dans l’œuvre d’Hildegarde von BINGEN.

Hildegard von Bingen O viriditas digiti deiCliquez sur l’image

Le vert de la nature est chanté par Ruggiero dans Alcina de HAENDEL, avec l’air « Verdi pratti » (Vertes prairies).

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur Bradamante, Morgana et Ruggiero

Le vert, c’est aussi la couleur de l’espérance. Ainsi, si vous mélangez le bleu et le jaune qui composent le drapeau de l’Ukraine, vous obtenez le vert de l’espérance, espérance que ce pays se sorte de l’agression ignoble dont il est en ce moment victime.

Pierre HENRY, la mort verte.

Dans la symbolique chrétienne, le vert est la couleur de l’espoir de la délivrance, et le Graal est réputé être vert émeraude. Je vous propose ici d’écouter « l’enchantement du Vendredi saint, extrait du Parsifal de WAGNER.

Cliquez sur l’image

Le vert est la couleur de Vénus, la déesse de l’Amour comme le rouge est la couleur de Mars, le dieu de la guerre. Son surnom « anadyomène » signifie « celle qui sort de l’eau », d’où la couleur verte qui lui est associée.

Blow Venus and AdonisCliquez sur l’image

Le vert, symbole de la renaissance et de la vigueur de la nature, se trouve également associé à la vigueur du sexe, ainsi le surnom de « Vert galant » donné au roi Henry IV. Mais vous souveniez-vous que dans l’histoire de l’opéra, c’est le mariage d’Henry IV et de Marie de Médicis en 1600 qui a donné le la (415) à l’opéra ? ce mariage fut l’occasion de représentations fastueuses données à Florence, avec la création musicale d’une œuvre de Giacopo PERI, l’Euridice. De retour à Mantoue, le duc de cette ville, employeur de MONTEVERDI, demanda à ce dernier une œuvre capable de rivaliser en faste avec l’Euridice. Monteverdi répondra avec son Orfeo, considéré comme le premier opéra de l’histoire.

Monteverdi Orfeo Acte ICliquez sur les nymphes

(Source principale pour la partie symbolique : Encyclopédie des symboles, le livre de poche, collection la Pochothèque, 1996).

Retrouvez d’autres nuances de VERT sur le blog « Nervures et entailles » de Joséphine.

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Compositrices, littérature

MOZART ÉTAIT UNE FEMME, de Aliette de LALEU (2022) – partie 2

Je m’étais arrêté dans ma lecture en musique de Mozart était une femme, le brillant essai de la sémillante Aliette de LALEU sur la présence des femmes dans la musique classique au milieu du chat pitre 4. Je vous propose donc de poursuivre cette lecture.

Chapitre 4 (suite) : « Comment les femmes meurent à l’opéra ». Aliette souligne à quel point les femmes souffrent et meurent à l’opéra (bon d’accord, les hommes aussi, mais moins.) Elle nous en donne quelques exemples particulièrement bouleversants.

DONIZETTI, Lucia di Lammermoor Scène de la folie de Lucia (« il dolce suono »).

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dulce suono (Damrau)Cliquez sur Lucia

VERDI La Traviata « Adio del passato ».

Verdi Traviata adio del passato DessayCliquez sur Violetta

PUCCINI Tosca « Vissi d’arte » par la Callas

Puccini Tosca Vissi d'arte CallasCliquez sur Flora Tosca

Puccini Madama Butterfly « Un bel di vedremo ».

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur Cio Cio San

Aliette aborde ensuite le personnage de Médée, et celui de Tirésias / Thérèse dans les Mamelles de Tirésias d’APOLLINAIRE. Et là, il y avait une nouvelle injustice à soulever. En effet, la musique de scène lors de la création de la pièce était signée Germaine BIROT, encore une femme totalement disparue des radars, confondue le plus souvent avec son mari, et la version musicale que l’on connaît est celle écrite bien plus tard par POULENC.

Le chapitre se termine par le sort réservé aux femmes instrumentistes, certains instruments leur étant interdits, par exemple les instruments à vent parce qu’ils enlaidissent la femme, ou le violoncelle qui, se jouant les jambes écartées, a quelque chose de choquant.

Chapitre 5 : « Les modernes confiantes ».

Le chapitre cinq commence par une évocation du destin des sœurs Nadia et Lili BOULANGER.

Viennent ensuite la carrière de trois instrumentistes du XXe siècle.

La pianiste Clara HASKIL.

Beethoven Sonte n 17 la Tempête (Haskil)Cliquez sur la pianiste

La violoncelliste Jacqueline DU PRÉ

Elgar Concerto pour violoncelle (DuPré)Cliquez sur la violoncelliste

Et la violoniste Ginette NEVEU

Ravel Tzigane (Neveu)Cliquez sur la violoniste

Aliette nous parle ensuite des orchestres féminins, notamment celui de Jane EVRARD, et l’on apprend que c’est pour cet orchestre que ROUSSEL a écrit sa Sinfonietta.

Roussel Sinfonietta (Evrard)Cliquez sur la pochette de disque

Elle nous parle aussi des chanteuses noires qui ont eu longtemps le double handicap d’être femmes et de couleur, citant ainsi Marianne ANDERSON, Jessye NORMAN, Shirley VERRETT, Léontine PRICE ou Katthleen BATTLE, ainsi que la Française Christiane EDA-PIERRE.

Purcell Didon NormanCliquez sur Jessye Norman

Berlioz Béatrice et Bénédict Vous soupirez, madame... Nuit paisible et sereine (Eda-Pierre)Cliquez sur l’image

Chapitre 6 : Les dégâts du XXe siècle.

Dans ce dernier chapitre, après l’évocation de la suffragette Ethel SMYTH, Aliette nous parle de l’extraordinaire recul de la présence de femmes compositrices au XXe siècle, en prenant l’exemple de Germaine TAILLEFERRE, la seule femme du Groupe des six, qui selon les mots de Poulenc était ravissante avant d’être compositrice.

Smyth March of the WomenCliquez sur la Marche des Femmes

Tailleferre Trio pour violon, violoncelle et pianoCliquez sur l’image

Conclusion : Je ne vais pas vous espoiler le livre d’Aliette de Laleu en vous racontant la fin, courez donc chez votre libraire préféré(e) pour vous le procurer ! Sachez seulement qu’on a à présent l’occasion d’écouter des opéras écrits par des femmes. Je songe ici à Like Flesh de Sivan ELDAR créé à Lille au début de cette année, ou à l’Amour de loin, de Kaija SAARIAHO.

Saariaho L'AMour de loin Si tu t'appelles AmourCliquez sur Clémence

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la Bande-annonce de Like Flesh

Et si vous en voulez encore un peu plus, cliquez sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous en voulez encore un peu plus

Compositrices, Histoire de l'opéra, littérature

MOZART ÉTAIT UNE FEMME, de Aliette de LALEU (2022) – partie 1

Aliette de Laleu à la librairie Place ronde, à Lille, le 25 février 2022

Cette année, mon sujet pour la journée internationale des femmes (en France, on dit la journée internationale des droits de la femme) est tout trouvé. En effet, la journaliste musicale Aliette de LALEU, que j’ai déjà citée sur ce blog, vient de sortir un essai passionnant sur la place des femmes dans la musique classique : Mozart était une femme.

Je vous propose donc de le lire ensemble, et en musique.

Chapitre 1 : « Des noms et des visages ». Ce premier chapitre est consacré aux premières femmes musiciennes, en commençant par Sappho (Sapho). Poétesse, et donc musicienne, ayant vécu sur l’île de Lesbos six siècles avant J.-C., elle a été surnommée la dixième muse par PLATON. Elle a fondé un temple dédié à Aphrodite. Son nom est resté dans l’histoire de la littérature et de la poésie et, à l’époque romantique encore, a continué faire parler d’elle. Ne pouvant vous faire entendre sa musique, je vous propose ici un air de l’opéra Sapho, que GOUNOD a écrit en 1851 pour la cantatrice Pauline VIARDOT (que l’on retrouvera plus loin dans le livre d’Aliette.)

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur l’image

Montons dans notre chronoscaphe et faisons un bond dans le temps pour admirer Hildegarde von BINGEN (1098-1179). Musicienne, religieuse, herboriste (et donc guérisseuse), Hildegarde a occupé une place très importante à son époque.

Hildegard von BingenCliquez sur l’image

Chapitre 2 : « Les stars du baroque »

Le chapitre commence à Venise au XVIIe siècle, avec ses hospices consacrés aux nécessiteux et aux enfants orphelins ou abandonnés. C’est dans un de ces hospices réservés aux jeunes filles qu’œuvrait VIVALDI, et une grande partie de sa musique a donc été écrite pour des femmes, chanteuses ou instrumentistes. On peut se faire une idée de l’atmosphère qui régnait dans ce milieu dans le roman Consuelo de George SAND.

Aliette développe ensuite ses stars du baroque avec Barbara STROZZI, Francesca CACCINI et Elizabeth Jacquet de la Guerre.

Strozzi Che si puo fareCliquez sur l’image

Chapitre 3 : « Les révolutionnaires du classique »

Au début de ce chapitre, Aliette nous apprend qu’il y a eu une très grande production d’opéras écrits par des femmes en France autour de la période révolutionnaire puisque ce sont 54 opéras écrits par 23 compositrices ou librettistes qui ont été recensés entre 1770 et 1820.

Gail N'est-ce pas d'elleCliquez sur l’image

Elle nous parle ensuite du remplacement progressif des castrats, surtout en France, par des femmes. C’est le cas de La MALIBRAN (Maria), la grande sœur de la cantatrice et compositrice Pauline VIARDOT.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur l’image

Elle évoque aussi la figure d’Hélène de MONTGEROULT, grande pianiste et auteure d’une méthode de piano dont on se demande pourquoi elle n’est pas plus connue.

de Montgeroult par Aliette de LaleuCliquez sur Aliette de Laleu nous parlant d’Hélène de Montgeroult dans sa chronique sur France Musique

La partie consacrée à Maria Anna MOZART, dite Nannerl explique le titre de ce livre.

Chapitre 4 : « Les guerrières romantiques »

Dans ce chapitre, Aliette de Laleu évoque quelques figures de femmes compositrices dont le talent a été empêché par des hommes, pères frères ou maris.

Tout d’abord Fanny MENDELSSOHN, la grande sœur de Félix. Très proche de son frère, c’est son père qui a freiné son envie de faire de la musique. On sait que certaines des mélodies publiées par Félix sont en fait de Fanny, ce qui le faisait souffrir dans son orgueil quand on le complimentait pour des musiques qui n’étaient pas de lui. Je reviendrai sur Fanny le 14 mai prochain pour le 175e anniversaire de sa mort.

Fanny Mendelssohn ItalienCliquez sur l’image

Ensuite, Clara SCHUMANN, la femme de Robert, qui a sacrifié sa carrière de compositrice pour mieux servir son mari, même si ses talents de pianiste étaient reconnus (c’était souvent grâce à eux qu’elle faisait « bouillir la marmite », les revenus de Robert n’étant pas suffisants pour faire vivre la famille.)

Clara Schumann Trio opus 17 AndanteCliquez sur l’image

Enfin Alma MAHLER, la femme de Gustav, qui par contrat a dû s’engager à cesser d’écrire de la musique quand elle s’est mariée, pour ne pas faire d’ombre à son mari.

Alma Mahler HymneCliquez sur l’image

Il m’aurait fallu aussi parler de Louise FARRENC, Louise BERTIN et Mel BONIS, mais je vais m’arrêter là pour l’instant (j’ai déjà été un peu long par rapport à mes billets habituels), mais rassurez-vous, il y a ici la suite des Aventures d’Aliette au pays des femmes dans la musique classique. Et puis si vous n’avez pas la patience d’attendre, courez donc chez votre libraire préféré(e) acheter le livre !

Compositeurs

EDVARD GRIEG (1843-1907)

Edvard GRIEG naît le15 juin 1843 à Bergen, en Norvège. Sa mère, pianiste, lui donne ses premières leçons de musique quand il a 5 ans, et il entreprend sa première composition à 9 ans.

En 1858, il part à Leipzig pour étudier au conservatoire de cette ville, où il reste 3 ans. Il n’est pourtant pas entièrement satisfait par ces études, trop « académiques ». C’est là qu’il a l’occasion, entre autres, d’entendre le concerto de piano de Robert SCHUMANN, interprété par sa femme Clara, elle-même compositrice et virtuose.

En 1862, il donne son premier concert à Bergen.

En 1863, il part à Copenhague où il rencontre Niels GADE et surtout Rikard NORDRAAK, qui lui fait découvrir les chants populaires du Nord. Il comprend alors qu’il doit se détacher de ses influences académiques pour se tourner vers une musique plus proche de ses racines nordiques. Il faut se souvenir qu’on est dans ces années dans une période extrêmement intéressante d’éveil des écoles nationales, où chaque peuple ou nation cherche à se soustraire à l’influence franco-italienne (puis germanique), pour retrouver ses propres racines musicales.

En 1867, il se marie avec une de ses cousines. En 1869, c’est la mort de leur fille unique, à l’âge de 18 mois.

1867 est aussi l’année où il s’installe à Oslo et fonde l’Académie norvégienne de musique. C’est le début pour lui d’une abondante production musicale avec les Humoresques pour piano, son concerto pour piano ainsi que des mélodies norvégiennes. (À titre personnel, j’entends dans le concerto de Grieg des réminiscences de celui de Schumann, peut-être parce qu’ils sont écrits dans la même tonalité.)

Grieg Concerto pour pianoCliquez sur la pianiste

À l’hiver 1869-1870, il fait un séjour à Rome où il encontre l’incontournable LISZT, qui l’encourage dans la voie qu’il s’est tracée.

En 1872, l’État norvégien lui assure une rente, ce qui lui permet de composer librement.

En 1875, il écrit pour le dramaturge IBSEN une musique de scène pour sa pièce Peer Gynt, sans doute sa partition la plus connue.

Grieg Peer Gynt chanson de SolveigCliquez sur la soprano norvégienne

En 1878, il compose l’opéra Sigurd Josalfar, mais l’échec de cette œuvre lui fait abandonner tout espoir d’écrire un opéra national norvégien.

Grieg Sigurd JorsalfarCliquez sur l’image

Parmi ses compositions figurent de nombreuses pièces pour piano, des mélodies (norvégiennes) et de la musique de chambre, dont trois sonates pour piano et violon. Si les deux premières restent relativement classiques, la troisième datant de 1886-1887 me semble beaucoup plus inspirée (mais les deux autres sont très bien aussi).

Grieg sonate piano violon n° 3Cliquez sur le violoniste et le pianiste

J’aime bien aussi la suite Holberg, pour orchestre à cordes.

Grieg suite HolbergCliquez sur l’orchestre à cordes

Edvard Grieg meurt de la tuberculose le 4 septembre 1907, à l’âge de 64 ans.

Et si vous voulez un peu plus de musique de Grieg, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez un peu plus de musique de Grieg (vous ne devriez pas le regretter

Compositrices, Fables de la Fontaine, Oulipo

LE CHÊNE ET LE ROSEAU, de La FONTAINE

Après Le Loup et l’Agneau, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, encore un classique parmi les classiques, le Chêne et le Roseau, fable qui a été mise en musique par Pauline VIARDOT.

Viardot le chêne et le roseauCliquez sur l’image

Le Chêne un jour dit au Roseau :

Debussy SyrinxCliquez sur le flûtiste

Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent qui d’aventure
Fait rider la face de l’eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
Brave l’effort de la tempête.

Beethoven sonate n 17 la Tempête (Grimaud)Cliquez sur la tempête

Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n’auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l’orage ;

Beethoven Symphonie pastorale l'OrageCliquez sur l’orage

Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.

Rameau les Boréades Suite des ventsCliquez sur les royaumes du vent

La Nature envers vous me semble bien injuste.
– Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.
L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.

Gluck alceste ombres, larves ...Cliquez sur Alceste s’apprêtant à rejoindre l’empire des morts

Citations :

Roseau : mythe de Pan et Syrinx dans les Métamorphoses d’OVIDE. DEBUSSY a écrit une pièce pour flûte qui porte ce nom de Syrinx.

la tempête : BEETHOVEN sonate n° 17 « la Tempête ».

l’orage : Beethoven « l’orage » extrait de la 6e symphonie « Pastorale »

des Royaumes du vent : Dans les Boréades, RAMEAU nous raconte l’histoire d’Alphise qui doit se marier avec un des deux boréades, les fils du dieu des vents Borée.

l’Empire des Morts : GLUCK Alceste Pour sauver son mari Admète, la reine Alceste décide de prendre sa place dans l’empire des morts.