Ponyo sur la falaise est le dixième anime (long métrage d’animation) d’Hayao MIYAZAKI, sorti en 2008 et produit par le studio Ghibli. C’est, comme souvent chez le maître japonais, une fable écologique mettant en opposition la nature et la folie destructrice de l’homme, comme dans Nausicaä de la Vallée du vent (1984) ou Princesse Mononoke (1997).
L’héroïne en est un poisson rouge, Ponyo, fille de Granmamare, la déesse de la mer et de Fujimoto, un sorcier homme.
Pour sa fable, Miyazaki s’est inspiré du mythe de la petite Sirène, qui nous est connu au travers du conte d’Andersen. Dans le conte d’Andersen, en effet, la sirène tombe amoureuse d’un homme et est prête à renoncer à sa sirénitude pour obtenir une âme éternelle. Elle va voir une sorcière qui transforme sa queue de poisson en jambes humaines, mais pour cela, il y a un prix à payer : la perte de sa voix, et des souffrances terribles quand elle marche. De plus, si elle ne réussit pas à se faire aimer par l’homme de son choix, elle sera condamnée à n’être plus que de l’écume sur la mer.
On reconnaît là évidemment le thème de Rusalka de Dvorak.
Ponyo, donc, a quitté sa maison sous la mer et se trouve jetée sur une plage, emprisonnée dans un bocal qui traînait. Un petit garçon de cinq ans, Sosuke la trouve et la libère, mais il se coupe.
Cliquez sur Ponyo dans son bocal
Ponyo lui lèche sa plaie qui guérit immédiatement, mais se faisant, elle absorbe du sang humain qui transforme son ADN. Fujimoto réussit à récupérer Ponyo, au grand désespoir de Sosuke.
Fujimoto fait la leçon à Ponyo, dont on apprend que le vrai nom est Brünnehilde (comme la Walkyrie), mais celle-ci déclare qu’elle aime Sosuke et qu’elle veut devenir humaine. Elle commence à se faire pousser des bras et des jambes à partir de ses nageoires.
Elle réussit à s’échapper, et chevauchant des créatures aquatiques, cherche à rejoindre Sosuke et sa mère Lisa. Et là, Joe Hisaichi, le compositeur habituel des musiques de Miyazaki, nous fait un détournement de la Chevauchée des Walkyries de Wagner.
Ponyo finit par rejoindre son ami, et ils se réfugient dans la maison sur la falaise. Lisa profite d’une accalmie pour aller à la maison de retraite où elle travaille, laissant les enfants seuls.
Pendant ce temps, Granmamare et Fujimoto discutent, le sorcier est effrayé par les événements déclenchés par Ponyo, mais la déesse de la mer lui rappelle une vieille légende racontant que si Sosuke reste fidèle à son amie et si Ponyo renonce à ses pouvoirs magiques, l’équilibre du monde peut être rétabli.
Le lendemain matin, le soleil est revenu, mais la mer a submergé presque toute la terre. Sosuke et Ponyo partent sur un bateau jouet à la recherche de Lisa.
Les épreuves des deux enfants commencent. Comme dans la Flûte enchantée de Mozart, ils doivent traverser un tunnel sombre. Pendant cette traversée, Ponyo s’endort et commence à se retransformer en poisson. Sosuke réussit à la traîner hors de l’eau. Quand Fujimoto lui demande de l’aider à sauver le monde, Sosuke se méfie, mais le sorcier envoie ses créatures marines chercher les enfants. Granmamare explique la situation, disant que le seul moyen de sauver le monde, c’est que Sosuke accepte Ponyo pour ce qu’elle est. Sosuke répond qu’il aime Ponyo, et qu’il l’aimera toujours, humaine ou poisson. Ponyo, quant à elle, doit abandonner la magie, ce qu’elle accepte bien évidemment.
Le monde est sauvé et Ponyo reste définitivement une petite fille.
Parmi les emprunts à la musique classique occidentale, Hisaichi glisse quelques mesures de référence à l’air « Lascia ch’io panga », extrait de Rinaldo de Haendel.
Cliquez sur le fameux contre-ténor
Vous l’aurez compris, voici un film que je recommande chaudement, pour les petits et les grands. C’est, avec mon Voisin Totoro, un des films de Miyazaki que l’on peut mettre sous les yeux des plus petits, qui adoreront ce petit poisson tout à fait craquant.
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