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Divers

IL VOUS RESTE UN CADEAU À FAIRE ?

Il vous reste un cadeau à faire pour les fêtes de fin d’année, et vous ne savez pas quoi offrir ? Faites donc comme ces compositeurs qui ont offert de la musique !

En 1848, Clara SCHUMANN compose ces trois pièces pour chœur à l’occasion du 38e anniversaire de son Robert de mari.

Clara Schumann Drei gemischte ChöreCliquez sur le chœur

En 1869, c’est pour le mariage de Julie, la fille de Clara et Robert Schumann que BRAHMS écrira sa rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre, partition qu’il lui offrira en cadeau de mariage. (Cette œuvre sera créée par Pauline VIARDOT.)

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’image

En 1870, WAGNER a écrit pour sa femme Cosima (la fille de LISZT) Siegfried Idyll, une pièce qu’il lui fera jouer pour son anniversaire le 25 décembre.

Wagner Siegfried IdyllCliquez sur l’image

FAURÉ a offert à Hélène (surnommée Dolly), la fille de la cantatrice Emma BARDAC, amante de Fauré et future épouse de DEBUSSY, une berceuse pour son premier anniversaire. Plus tard, à l’occasion d’autres anniversaires, cette berceuse sera complétée d’autres pièces, recueillies sous le titre Dolly.

Fauré Dolly BerceuseCliquez sur l’image

On retrouve Debussy avec la Boîte à joujoux, un ballet pour enfant dédié à sa fille adorée Chouchou.

Debussy la Boîte à joujouxCliquez sur la Boîte à joujoux

En 1955, Igor STRAVINSKY écrira à l’occasion du 80e anniversaire de son ami le chef d’orchestre Pierre MONTEUX ce Greeting Prelude.

Stravinsky Greeting PreludeCliquez sur l’orchestre

Et puisque j’en suis dans les cadeaux, je vous en propose un en bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise pour avoir un dernier cadeau musical

Divers, littérature, Poésie

LE VOYAGE D’HIVER (WINTERREISE), de SCHUBERT Partie 1 – lieder 1 à 8

Le Voyage d’hiver (Winterreise) peut être considéré comme le testament musical de Franz SCHUBERT. Écrit sur des poèmes de MÜLLER, Schubert nous raconte en 24 lieder le cheminement d’un homme qui erre seul dans le froid et la neige après que son aimée l’a quitté, jusqu’à sa rencontre avec un étrange vieillard dans le 24e et dernier lied.

Composée en 1827 en deux cahiers, la partition originale est écrite pour ténor, mais il existe aussi une version pour baryton, et il n’est pas rare non plus que des cantatrices nous fassent le plaisir de les interpréter.

1 – Gute Nacht (Bonne nuit). « Étranger je suis venu, étranger, je repars ». L’homme quitte le village où il a vécu heureux, mais avant de partir, il passe devant la maison de celle qu’il aime pour lui souhaiter bonne nuit.

Schubert Winterreise Gute NAchtCliquez sur l’image

2 – Die Wetterfahne (la Girouette). « Le vent joue avec la girouette sur la maison de ma bien-aimée ». Cette girouette, c’est le cœur de son amie qui change au gré du vent.

Schubert Winterreise Die WetterfahneCliquez sur l’image

3 – Gefrorne Tränen (Larmes gelées). « Des larmes gelées tombent de mes joues ». Ces larmes gelées jaillissent de son cœur, si brûlantes qu’elles pourraient faire fondre la glace, mais elles gèlent très vite.

Schubert Winterreise Gefrorne TränenCliquez sur l’image

4 – Erstarrung (Engourdissement). « En vain je cherche dans la neige la trace de ses pas ». La neige a recouvert la verte montagne, plus une fleur, plus d’herbe verte qui pourrait lui remémorer sa dulcinée.

Schubert Winterreise ErstarrungCliquez sur l’image

5 – Der Lindenbaum (le Tilleul). « Près du puits, devant le porche, s’élève un tilleul ». L’homme avait gravé sur l’écorce du tilleul maints mots d’amour, mais déjà il s’en est éloigné.

Schubert Winterreise Der Lindenbaum (Kaufmann)Cliquez sur l’image

6 – Wasserflut (Inondation). Mainte larme de mes yeux est tombée dans la neige. Le ruisseau des larmes de l’homme s’écoulera à travers villes et campagnes, jusqu’à rejoindre la maison de sa bien-aimée.

Schubert Winterreise WasserflutCliquez sur l’image

7 – Auf dem Flusse.

Schubert Winterreise auf dem FlusseCliquez sur l’image

8 – Rückblick.

Schubert Winterreise RückblickCliquez sur l’image

Clioquez ici pour avoir les lieder 9 à 16, je vous propose un petit cadeau bonus.

Et si vous voulez avoir le texte chanté, avec sa traduction en français, c’est ici.

Divers

EUGÈNE DELACROIX ET LA MUSIQUE (1798 – 1863)

La Liberté guidant le peuple

Eugène DELACROIX, peintre français né près de Paris le 26 avril 1798, est considéré comme le principal représentant du romantisme en peinture. Après avoir fait partie du premier cercle des romantiques avec Victor HUGO, il se détache assez vite de l’esthétique de celui-ci.

Si on met de côté INGRES et son célèbre violon, et Cavaradossi de Tosca de PUCCINI, Delacroix est un des peintres qui s’est le plus intéressé à la musique.

Puccini Tosca Recondita armoniaCliquez sur l’image

(Une anecdote douteuse rapporte toutefois que Géricault avait aussi un rapport particulier avec la musique, il jouait de la trompette avec sa femme et ses deux fils et, avec leurs fameuses trompettes de Géricault, ils étaient capables de détruire les murailles les plus solides. [Euh, j’ai quand même un doute, vérifiez quand même avant de colporter cette information])

Dans sa jeunesse, Delacroix apprend la musique auprès d’un organiste qui avait bien connu MOZART. Dès lors, toute sa vie, il gardera un profond goût pour la musique de celui-ci, allant jusqu’à acheter la partition de Don Giovanni ou chanter les Noces de Figaro.

Mozart Don Giovanni Ouverture (Furtwängler)Cliquez sur l’image

Attiré par l’opéra, c’est du côté de ROSSINI qu’il se tourne, Rossini dont il a pu entendre Moïse aux Italiens. Il disait de la musique « C’est le plus puissant des arts » ou encore « C’est pour l’âme la meilleure nourriture ». De Rossini, il connaît par cœur Guillaume Tell.

Rossini guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’image

Il trouve dans le Mariage secret de CIMAROSA « la perfection même » mais, classique dans ses goûts musicaux, il juge sévèrement ses contemporains, tels que BERLIOZ ou GOUNOD.

Cimarosa Il Matrimonio segreto OuvertureCliquez sur Cimarosa

Il était circonspect envers l’œuvre de BEETHOVEN. Il critique les développements de la Symphonie héroïque, mais la Septième trouve grâce à ses oreilles. Entendant ses derniers quatuors, il interroge un violoniste qui affirme que l’œuvre est magnifique, mais qu’il y a toujours des endroits obscurs : « Ne nous prononçons pas encore, conclut Delacroix, il faut toujours parier pour le Génie  ».

Beethoven Grande fugue opus 133Cliquez sur la grande Fugue opus 133

Fréquentant le salon de George SAND, et donc Frédéric CHOPIN, il a cette image de la musique du pianiste: « Je sens devant ces tableaux, ce mouvement intérieur, ce frisson que donne une musique puissante ». Pour lui, Chopin composait des tableaux avec sa musique !

Chopin prélude n° 15 de la goutte d'eauCliquez sur la pianiste

Artiste ayant eu du mal à se faire reconnaître de son vivant, il a vécu essentiellement de la commande publique.

Delacroix meurt à Paris le 13 août 1863.

Source principale : Pour les citations de Delacroix, j’ai puisé dans une communication d’Emmanuel BONDEVILLE sur Delacroix musicien.

Divers

LES MANIPULATEURS PERVERS

Qu’on ne s’y trompe pas, derrière le terme de manipulateurs pervers peuvent se cacher aussi bien des hommes que des femmes, que l’on appelle alors manipulatrices perverses. Il n’y a en effet pas de genre pour tromper les autres, et les conduire par la séduction puis, par l’emprise qu’on a pris sur eux, à agir pour obtenir d’eux la satisfaction de leurs besoins comme l’argent, l’amour ou le pouvoir.

Partant du constat de l’existence de ces personnes, j’ai recherché quels personnages d’opéra peuvent être considérés comme des manipulateurs pervers, ou pervers narcissiques (NP).

Le premier cas qui m’est apparu, immédiatement, est le traître Iago, dans Otello de Verdi (ou celui de Rossini). Ce personnage fourbe, jaloux et ambitieux présente en effet tous les caractères du PN. Furieux contre Otello qui a donné la place qu’il convoitait à Cassio, jaloux de Cassio qui a obtenu cette place, il va, par le mensonge et la tromperie, aiguiser la jalousie d’Otello en lui faisant croire que sa femme Desdémone le trompe avec Cassio. Il fera tant et si bien qu’à la fin, Otello tuera Desdémone, avant de se suicider.

Verdi Otello Credo de IagoCliquez sur Iago (et frissonnez !)

Un autre personnage très connu peut être rangé dans la catégorie des PN. Il s’agit de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée de Mozart. Cette dame était la fille du grand prêtre d’ISIS qui, à sa mort, lui a légué tous ses biens, sauf le Cercle solaire réservé aux initiés, qu’il a confié à Zarastro, son successeur. Voulant le récupérer, ainsi que le pouvoir qui va avec, elle va pousser sa propre fille Pamina à tuer Zarastro, l’empêchant de vivre son amour avec Tamino, et prête à la sacrifier si sa fille ne l’aide pas dans sa folle quête pour le pouvoir. La manipulation atteint son point culminant dans cet air de folie destructrice qu’est « Der holle Rache », le deuxième grand air de la Reine de la Nuit.

Mozart Zauberflöte Der hölle Rache (Devieilhe)Cliquez sur la Reine de la nuit

Un peu moins caractéristique est l’attitude de la déesse Cybèle, dans Atys de Lully. Et pourtant. Cybèle profite de son statut de déesse pour faire nommer grand Sacrificateur Atys, qu’elle aime en secret. Ensuite, elle plonge Atys dans un sommeil artificiel pour lui faire comprendre, en songe, son amour pour lui, et les dangers qu’il y aurait à ne pas répondre à cet amour. Quand Atys se sert de sa charge de grand Sacrificateur pour empêcher le mariage entre Sangaride, qu’il aime malgré tout, et Célénus, le roi de Phrygie, la fureur de Cybèle devient alors telle qu’elle rend Atys fou, lui présentant Sangaride comme une bête sauvage, qu’il tue. À son réveil, il comprend l’horreur de son geste et se plonge le poignard dans le cœur. Cybèle le transforme alors en pin, forme sous laquelle elle pourra l’aimer à jamais. Alors PN ou pas PN, qu’en pensez-vous ?

Lully Atys Espoirs si chers et si douxCliquez sur Cybèle

Que penser également de Lady Macbeth dans le Macbeth de Verdi ? Suite à une prédiction faite à son mari, elle pousse celui-ci à tuer le roi pour prendre sa place, puis devant l’hésitation de Macbeth, elle s’occupe elle-même de la triste besogne, et décide de supprimer tous ceux qui pourraient leur retirer le trône. Le caractère manipulateur n’est cependant pas vraiment affirmé chez elle.

Verdi Macbeth Fatal mia donna !Cliquez sur Lady Macbeth

Tout autre est Scarpia dans Tosca de Puccini. Scarpia est le chef de la police romaine pendant l’occupation napoléonienne. Il convoite la cantatrice Floria Tosca, amante du peintre Cavaradossi. Quand il se rend compte que Cavaradossi a probablement aidé un prisonnier politique en fuite, il fait enlever le peintre, fait venir la chanteuse, et l’oblige à écouter les cris de son amant torturé pour parvenir à ses fins sur elle. Il va jusqu’à lui faire croire que si elle cède à ses avances, son amant sera libre, alors qu’en fait, il a déjà signé sa condamnation à mort.

Puccini Tosca Te DeumCliquez sur Scarpia

Le dernier exemple d’emprise maléfique sera emprunté à Henry James et sa nouvelle the Turn of the Screw (le Tour d’écrou), si brillamment mise en musique par Brritten. Mais là, Peter Quint, l’ancien majordome manipulateur qui prenait des libertés avec le jeune Miles et a séduit Miss Jessel, l’ancienne gouvernante de deux enfants avant de la faire mourir. Dès lors, les deux fantômes n’auront de cesse que de terminer leur travail démonique, en essayant d’attirer à eux les deux enfants.

Britten The Turn of the Screw air de QuintCliquez sur Quint

Compositeurs

Édouard LALO (1823 – 1892)

Édouard LALO est né à Lille le 27 janvier 1823. Il entre au conservatoire de cette ville à l’âge de dix ans, et apprend le violon.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

En 1839 il descend à Paris pour se perfectionner. Il a HABENECK comme professeur et fait la connaissance de Pablo de SARASATE, compositeur et violoniste réputé, avec qui il se lie d’amitié.

En 1856, il entre dans un quatuor et, en tant que compositeur, se consacre à la mélodie française et à des œuvres de musique de chambre. Il écrit notamment sur des poèmes de Victor HUGO, de MUSSET, de LAMARTINE ou encore de BÉRANGER.

Lalo Puisqu'ici bas toute âmeCliquez sur l’image

En 1866, il finit de composer Fiesque, son premier opéra, écrit d’après une pièce de SCHILLER. Malgré l’appui de GOUNOD pour le faire monter, cet opéra ne sera jamais joué du vivant de Lalo.

Ses œuvres les plus connues aujourd’hui, celles qui sont restées au répertoire, datent des années 1870. Il s’agit de la Symphonie espagnole (1874), dont les parties de violon solo ont été écrites pour son ami de Sarasate,

Lalo Symphonie espagnoleCliquez sur le violoniste au milieu de l’orchestre

et de son opéra le Roi d’Ys, achevé en 1881.

Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’orchestre

On peut encore citer un beau Concerto pour violoncelle (1876).

Lalo Concerto pour violoncelle mouvement finalCliquez sur le violoncelliste au milieu de l’orchestre

En 1882, l’Opéra de Paris lui commande un ballet, Namouna, qui ne rencontre pas le succès du public, même s’il est reconnu par ses pairs, notamment DEBUSSY.

Lalo Namouna Parade et Fête foraineCliquez sur l’orchestre

Lalo meurt à Paris le 22 avril 1892.

Agenda Ironique, Contes et légendes

CONTES ET LÉGENDES DU TEMPS DE NOËL

Ce mois-ci l’Agenda Ironique est hébergé sur le site Peinture chamanique de Patrick Blanchon.

Décembre, les premières neiges, les pas dans la ouate qui craque sous la semelle, vers l’école, les batailles de boules de neige, la décoration du sapin, et cette interrogation lancinante : Le Père Noël existe t’il vraiment ?

Donc un texte concernant la période qui évoquerait à nouveau l’espoir, ça serait chouette. Et tant pis ma foi si ça finit en déception ou pas. C’est pas le résultat qui compte.

Je ne mets donc rien derrière l’espoir, chacun peut espérer ce qu’il voudra mais quelques contraintes malgré tout

D’abord être un enfant et connaître le nom du premier renne tirant le char du père Noël me semble essentiel.

Ensuite il faut évidemment que le paysage commence à se recouvrir de neige et de silence, Peut être que le mot tintinnabuler tomberait à pic comme orange, étincelles, écarquiller, introït ( celui-là vraiment pour le fun) jeûne, moyeu, rayon, centre, Saint ( ou sain et sein si la phonétique vous inspire) Etoile bien sûr, et conifère allez tiens ça change de sapin.

Introït (Introduction) :

Fauré Requiem Introït et KyrieCliquez sur l’Introït du Requiem de Fauré

21 décembre, solstice d’hiver. C’est le jour le plus court de l’année, mais c’est aussi le jour à partir duquel la durée du jour recommence à augmenter, pour atteindre son point culminant au solstice d’été. Avec l’hiver, la nature se met en sommeil, mais c’est pour mieux repartir au printemps avec la germination et le début de la floraison, avant que la nature nous offre ses fruits bienfaisants.

Berlioz la Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur le vieil hiver qui fait place au printemps

La religion catholique ayant calé son calendrier sur les grandes dates païennes, il est normal que Noël (25 décembre) tombe si près de ce jour particulier de l’année. Avec l’arrivée de l’Enfant Jésus, le fils de Dieu, c’est en effet l’espoir qui nous est donné, espoir que l’homme sera sauvé et pourra, s’il en a la force, gagner le paradis. C’est le sens porté par « la Speranza » de ROSSINI, extraite de ses Pêchés de vieillesse.

Rossini La SperanzaCliquez sur la Speranza de Rossini

Pour ceux qui ont perdu le sens du message de Noël, ce jour est maintenant marqué par le passage du père Noël qui vient distribuer des cadeaux aux enfants, sur son traîneau tiré par des rennes aux grelots tintinnabulants, menés par le premier d’entre eux, Tornade. Que d’étoiles scintillent alors dans les yeux écarquillés des plus jeunes enfants, qui croient encore au père Noël.

Allwright Petit garçonCliquez sur Graeme Allwright

Il n’y a pas de roues au traîneau du père Noël, et donc pas de rayon qui relie le moyeu de la roue à sa périphérie, puisque le traîneau du père Noël vole, survolant ainsi les forêts de conifères qui entourent sa maison, là-bas dans le Grand Nord.

La tradition du père Noël n’est qu’un avatar récent de celle de Saint-Nicolas (Santa Klaus) qui est fêté en Allemagne, en Belgique ou dans les régions de l’Est de la France, le 6 décembre. Ce jour-là, Saint-Nicolas venait avec son âne (dont on ne sait s’il s’appelait Tornade) porter des présents aux enfants sages (les enfants pas sages, eux, devaient craindre le père Fouettard qui accompagnait parfois Saint-Nicolas pour les battre.)

Autrefois (il n’y a pas si longtemps que ça), l’orange était un fruit exotique et rare (et donc cher) et on offrait une orange à Noël aux enfants. Pour beaucoup de gens, c’était là l’unique occasion de manger une orange dans l’année ! Ainsi, dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV, le héros doit affronter un voyage périlleux pour trouver les trois oranges.

Prokofiev 3 oranges NinetteCliquez sur la princesse Ninette sortant de son orange

Toujours dans les contes et légendes attachés à la période de Noël, il y a la légende des rois mages venus d’Orient apporter l’or, l’encens et la myrrhe à l’enfant venu sur Terre pour (tenter de) sauver l’humanité, rois mages guidés sur leur route par l’étoile du berger. Cette marche a été illustrée par BIZET dans son Arlésienne, musique écrite pour accompagner le drame de DAUDET.

Bizet l'Arlésienne FarandoleCliquez sur la marche des rois de Bizet

Conclusion. Puisque j’ai commencé ce billet avec le début du Requiem de FAURÉ, je vous propose de le terminer avec la fin de ce même Requiem.

Fauré Requiem In ParadisumCliquez sur In Paradisum

Retrouvez l’Agenda Ironique suivant en cliquant sur les cinq doigts de la main.

Cinéma, littérature

Thomas MANN (1865 – 1955)

Thomas MANN est né à Lübeck le 6 juin 1865 dans une famille (riche) de commerçants. Après avoir travaillé dans une compagnie d’assurances, il s’arrête vite pour devenir écrivain, ce qui lui réussira assez puisqu’il obtient le prix Nobel de littérature en 1929.

Thomas MANN étudie dans sa jeunesse GOETHE, SCHILLER, DOSTOÏEVSKI ou TCHEKHOV, tous écrivains qui ont inspiré des opéras.

La découverte de Lohengrin de WAGNER, et de son prélude « bleu-argenté », à Lübeck font de lui un wagnérien convaincu.

Wagner Lohengrin PréludeCliquez sur le prélude « bleu-argenté »

Après avoir découvert Tristan, il étudie également la musique et la pensée de Wagner. En 1933, il effectue une tournée de conférences en Europe sur le thème « Souffrance et Grandeur de Richard Wagner » pour contrer la récupération de sa musique par le parti nazi. Ceci lui vaudra de ne pas pouvoir rentrer en Allemagne à la fin de sa tournée.

La musique tient une place importante dans son œuvre. Ainsi dans le roman Les Buddenbrook, le déclin d’une famille (1901), le fils de la famille se trouve être pianiste, ce qui nous vaut des descriptions de ses improvisations au piano.

En 1912, il écrit La Mort à Venise, roman en partie autobiographique qui inspirera à BRITTEN son dernier opéra, et dont VISCONTI tirera un film culte, avec comme musique le sublime adagietto de la 5e symphonie de MAHLER.

Mahler 5e symphonie Adagietto

En 1924, après un séjour en sanatorium, il écrit un autre de ses chefs-d’œuvre, La montagne Magique (Der Zauberberg). Lors de son séjour dans un sanatorium Hans Castorp, le héros, achète un gramophone et des disques. Son disque préféré sera « Der Lindenbaum » (« le Tilleul ») extrait du Winterreise (Voyage d’hiver) de SCHUBERT.

Schubert Winterreise Der Lindenbaum (Kaufmann)Cliquez sur la partition

La Montagne magique inspirera le japonais MIAZAKI pour son long métrage Le vent se lève produit par le studio Ghibli. Dans cet anime, un des personnages, un allemand antinazi, porte le nom de Castorp. (Cf à ce sujet l’excellent site consacré aux studios Ghibli: Buta-connection).

En 1938, dans son adaptation du mythe de Faust Doktor Faustus, son héros faustien est un compositeur nommé Leverkühn qui développe un système musical basé sur une égalité entre les douze sons. La ressemblance de Leverkühni avec Arnold SCHOENBERG entraînera une brouille entre Mann et Schoenberg.

Schoenberg la nuit transfiguréeCliquez sur l’image

Enfin en 1939, il écrit un livre moins connu (je suis tombé dessus par hasard chez un bouquiniste), Charlotte à Weimar, qui décrit une visite de la Charlotte de Goethe, devenue âgée, à Weimar. Elle y rencontre différents proches de Goethe. Cette visite rappellera alors à Goethe la Charlotte de sa jeunesse, qui aurait inspiré le personnage de Charlotte dans les Souffrances du jeune Werther, œuvre qui sera elle-même adaptée à l’opéra par MASSENET avec Werther.

Massenet Werther Pourquoi me réveiller AlagnaCliquez sur Charlotte et Werther

Thomas Mann meurt à Zurich le 12 août 1955.

Cinéma, Fantaisie, Oulipo, Poésie

« FANTAISIE », de Gérard De NERVAL

Après l’Homme et la Mer de BAUDELAIRE, je vous propose un nouveau poème « traduit en musique ». Aujourd’hui, Fantaisie, de Gérard de NERVAL.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber ;
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Thiriet Prévert les Visiteurs du soir Démons et merveillesCliquez sur l’image



Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize… et je crois voir s’étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit,

Louis XIII Ballet de la MerlaisonCliquez sur le ballet écrit par Louis XIII

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,

Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs.

Wagner Lohengrin Nun sei bedankt, mein lieber SchwannCliquez sur la rivière qui coule entre les fleurs du parc



Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens…

Debussy Pelléas et Mélisande Mes longs cheveux descendentCliquez sur la dame à sa haute fenêtre

Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue ! — et dont je me souviens !

Citations :

Un air très-vieux : Extrait de la musique du film Les Visiteurs du soir, « Démons et merveilles ».

Louis XIII : le roi Louis XIII aimait la musique et en composait, tel ce Ballet de la Merlaison.

avec une rivière : Cette rivière qui baigne le pied du château, il me plaît d’imaginer que c’est celle où arrive Lohengrin, dans sa barque tirée par un cygne, dans l’opéra de WAGNER.

une dame, à sa haute fenêtre : DEBUSSY Pelléas et Mélisande « Mes longs cheveux descendent ».

Et si vous voulez une variante pour l’air languissant et funèbre, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère si vous voulez une variante pour l’air languissant et funèbre

Et si vous aimez Gérard de Nerval, retrouvez ici El Desdichado maltraité par mes soins.

Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE LILLE

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Séville, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui Lille.

L’opéra de Lille a été construit juste avant la Révolution française. Si vous voulez en savoir plus sur son histoire, je vous invite à consulter le site de Nemorino, qui la raconte très bien.

En 1790, Le Chevalier de SAINT-GEORGES part à Lille, et c’est pour cette ville qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

Le compositeur Pierre BAUMANN (1796 – 1872) fut altiste et professeur de composition au conservatoire de Lille.

Nettement plus connu est son élève le compositeur Édouard LALO (1823 – 1892). Entré au conservatoire de Lille à l’âge de dix ans, il part ensuite à Paris pour parfaire sa formation musicale. Ses œuvres les plus connues restent probablement la Symphonie espagnole, son Concerto pour violoncelle, son opéra le Roi d’Ys et la musique du ballet Namouna.

Lalo Le roi d'Ys Vainement ma bien aiméeCliquez sur l’image

Gustave NADAUD, chansonnier roubaisien (1820 – 1893), membre du Caveau et auteur de Pandore et les deux gendarmes.

Nadaud Pandore et les deux gendarmesCliquez sur les deux gendarmes

Parmi les compositeurs nés dans la métropole lilloise, il y a en a un qui me plaît particulièrement. Albert ROUSSEL (1869 – 1937) est né à Tourcoing. Marin de formation, il décide de quitter la marine pour se consacrer à la musique. Au début influencé par DEBUSSY ou d’INDY, il trouve vite sa voix et sa voie, pour écrire des compositions aux rythmes hardis et aux orchestrations subtiles. Dans le domaine de l’opéra, il a écrit Padmâvatî, influencé par l’Inde et pour le ballet : le Festin de l’araignée.

Roussel Padmâvatî préludeCliquez sur l’image

Le baryton belge Edgard P. JACOBS, plus connu pour son rôle dans l’histoire de la bande dessinée franco-belge, entre à l’opéra de Lille en 1929. Las, la crise de 1929 – 1930 font que les Français restreignent drastiquement les emplois occupés par des étrangers, et il doit retourner en Belgique.

jacobs méphisto

Roubaix a vu naître le poète symboliste Albert SAMAIN (1858 – 1900). Très célèbre à son époque, ses poèmes ont inspiré de nombreuses mises en musique, dont l’opéra Polyphème du breton Jean CRAS

Cras Polyphème Elle dort...Cliquez sur l’image

ou encore FAURÉ ou Nadia BOULANGER.

Boulanger (NAdia) Ilda (Samain)Cliquez sur Nadia

Un autre roubaisien mondialement connu est Georges DELERUE (1925 – 1992). Certes, ce ne sont pas ses quatre opéras qui lui ont valu cette notoriété, ce sont ses musiques de films, pour lesquelles il reçut trois Césars et un Oscar. Il a travaillé avec des cinéastes comme RESNAIS, TRUFFAUT, LAUTNER ou de BROCA.

Delerue La Nuit américaineCliquez sur l’image

Enfin, Lille continue sa tradition de ville musicale puisque le 21 janvier 2022 a vu la création de Like Flesh, un opéra de Sivan ELDAR.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur l’image

Et si vous voulez plus de musique d’un de ses compositeurs, cliquez sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez plus de musique d’un de ces compositeurs

Divers, Maria Callas

DRAMES DE LA JALOUSIE À L’OPÉRA

Je vous en avais parlé dans ma série sur les sept péchés capitaux, on rencontre beaucoup d’histoires d’amour à l’opéra. Malheureusement ces histoires d’amour sont parfois accompagnées par ce revers de la médaille amoureuse qu’est la jalousie.

Voici donc une deuxième série de drames provoqués par la jalousie sur les scènes d’opéras (je ne parle évidemment pas ici des tensions et rivalités qui peuvent exister entre les chanteurs et les chanteuses.)

Ainsi dans l’Orlando furioso (1727) de VIVALDI, le héros Orlando est jaloux de Médor, que la magicienne Alcina a ramené à la vie.

Vivaldi Orlando furioso Troppô é fiero,il nume arcieroCliquez sur l’image

Peu de temps après, son contemporain HAENDEL met en musique le même drame tiré de l’ARIOSTE avec son Alcina. À la fin du deuxième acte, Alcina se plaint d’avoir été trahie par l’homme qu’elle aime.

Haendel Alcina Ombre pallide et mi restano le lagrimaCliquez sur Alcina

La même année (1735) en France, RAMEAU met en scène la jalousie de Tacmas dans la troisième entrée des Indes galantes. Heureusement, tout se termine bien et les quatre protagonistes joignent leur voix pour chanter le bonheur retrouvé.

indes galantes 3

Retour en Angleterre en 1738 avec Xerxès (Serse) de Haendel et cette scène où Romilda qui se croit trahie par son fiancé chante sa jalousie.

Haendel Serse E gelosia quella tirannaCliquez sur Romilda

Changeons de siècle et de pays avec La Somnambule (La Sonnambula) (1831) de BELLINI, où Elvino, jaloux des avances faites à sa fiancée Adina, lui fait une scène avant que les amoureux ne se réconcilient.

Bellini la Sonnambula Son geloso del zefiro erranteCliquez sur Adina

35 ans plus tard, dans Aïda (1870) de VERDI, Amnéris laisse éclater sa fureur jalouse quand elle se rend compte que son cher Radamès aime l’esclave Aïda.

Verdi Aïda Pieta ti prendra del mio dolorCliquez sur l’image

Et vers la fin du siècle, c’est LEONCAVALLO dans son Paillasse (1892) qui fait chanter à son héros trompé cet air où il exprime tout son malheur.

Leoncavallo Paillasse No Pagliaccio non sonCliquez sur Paillasse

Et comme il me reste quelques opéras traitant de la jalousie, vous en aurez peut-être prochainement une nouvelle série.