Agenda Ironique, Contes et légendes

CONTES ET LÉGENDES DU TEMPS DE NOËL

Ce mois-ci l’Agenda Ironique est hébergé sur le site Peinture chamanique de Patrick Blanchon.

Décembre, les premières neiges, les pas dans la ouate qui craque sous la semelle, vers l’école, les batailles de boules de neige, la décoration du sapin, et cette interrogation lancinante : Le Père Noël existe t’il vraiment ?

Donc un texte concernant la période qui évoquerait à nouveau l’espoir, ça serait chouette. Et tant pis ma foi si ça finit en déception ou pas. C’est pas le résultat qui compte.

Je ne mets donc rien derrière l’espoir, chacun peut espérer ce qu’il voudra mais quelques contraintes malgré tout

D’abord être un enfant et connaître le nom du premier renne tirant le char du père Noël me semble essentiel.

Ensuite il faut évidemment que le paysage commence à se recouvrir de neige et de silence, Peut être que le mot tintinnabuler tomberait à pic comme orange, étincelles, écarquiller, introït ( celui-là vraiment pour le fun) jeûne, moyeu, rayon, centre, Saint ( ou sain et sein si la phonétique vous inspire) Etoile bien sûr, et conifère allez tiens ça change de sapin.

Introït (Introduction) :

Fauré Requiem Introït et KyrieCliquez sur l’Introït du Requiem de Fauré

21 décembre, solstice d’hiver. C’est le jour le plus court de l’année, mais c’est aussi le jour à partir duquel la durée du jour recommence à augmenter, pour atteindre son point culminant au solstice d’été. Avec l’hiver, la nature se met en sommeil, mais c’est pour mieux repartir au printemps avec la germination et le début de la floraison, avant que la nature nous offre ses fruits bienfaisants.

Berlioz la Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur le vieil hiver qui fait place au printemps

La religion catholique ayant calé son calendrier sur les grandes dates païennes, il est normal que Noël (25 décembre) tombe si près de ce jour particulier de l’année. Avec l’arrivée de l’Enfant Jésus, le fils de Dieu, c’est en effet l’espoir qui nous est donné, espoir que l’homme sera sauvé et pourra, s’il en a la force, gagner le paradis. C’est le sens porté par « la Speranza » de ROSSINI, extraite de ses Pêchés de vieillesse.

Rossini La SperanzaCliquez sur la Speranza de Rossini

Pour ceux qui ont perdu le sens du message de Noël, ce jour est maintenant marqué par le passage du père Noël qui vient distribuer des cadeaux aux enfants, sur son traîneau tiré par des rennes aux grelots tintinnabulants, menés par le premier d’entre eux, Tornade. Que d’étoiles scintillent alors dans les yeux écarquillés des plus jeunes enfants, qui croient encore au père Noël.

Allwright Petit garçonCliquez sur Graeme Allwright

Il n’y a pas de roues au traîneau du père Noël, et donc pas de rayon qui relie le moyeu de la roue à sa périphérie, puisque le traîneau du père Noël vole, survolant ainsi les forêts de conifères qui entourent sa maison, là-bas dans le Grand Nord.

La tradition du père Noël n’est qu’un avatar récent de celle de Saint-Nicolas (Santa Klaus) qui est fêté en Allemagne, en Belgique ou dans les régions de l’Est de la France, le 6 décembre. Ce jour-là, Saint-Nicolas venait avec son âne (dont on ne sait s’il s’appelait Tornade) porter des présents aux enfants sages (les enfants pas sages, eux, devaient craindre le père Fouettard qui accompagnait parfois Saint-Nicolas pour les battre.)

Autrefois (il n’y a pas si longtemps que ça), l’orange était un fruit exotique et rare (et donc cher) et on offrait une orange à Noël aux enfants. Pour beaucoup de gens, c’était là l’unique occasion de manger une orange dans l’année ! Ainsi, dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV, le héros doit affronter un voyage périlleux pour trouver les trois oranges.

Prokofiev 3 oranges NinetteCliquez sur la princesse Ninette sortant de son orange

Toujours dans les contes et légendes attachés à la période de Noël, il y a la légende des rois mages venus d’Orient apporter l’or, l’encens et la myrrhe à l’enfant venu sur Terre pour (tenter de) sauver l’humanité, rois mages guidés sur leur route par l’étoile du berger. Cette marche a été illustrée par BIZET dans son Arlésienne, musique écrite pour accompagner le drame de DAUDET.

Bizet l'Arlésienne FarandoleCliquez sur la marche des rois de Bizet

Conclusion. Puisque j’ai commencé ce billet avec le début du Requiem de FAURÉ, je vous propose de le terminer avec la fin de ce même Requiem.

Fauré Requiem In ParadisumCliquez sur In Paradisum

Retrouvez l’Agenda Ironique suivant en cliquant sur les cinq doigts de la main.

36 réflexions au sujet de “CONTES ET LÉGENDES DU TEMPS DE NOËL”

  1. Il faudra que Tornade rencontre Rudolf…….. il en manque un troisième pour une rotation en 3×8…….
    Merci Jean-Louis, intarissable quel que soit le sujet. Chez certains tous les chemins mènent à Rome, chez toi ils mènent à la musique !

    Aimé par 3 personnes

      1. oh j’aimais bien en français :
        On l’appelait nez rouge ah ! Comme il était mignon
        Le p’tit renne au nez rouge, rouge comme un lumignon
        Comme un ange nez rouge tu conduiras dans le ciel
        Avec ton p’tit nez rouge le chariot du père Noël
        Le chariot du père Noël

        Décidément encore un joli souvenir même si j’ignorais la version Liverpool ! Re-re comme tu dis 😉

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  2. Très beau Requiem, très bel hiver, très belle espérance, très jolie chanson de Graeme Allwright, très jolie princesse Ninette, très jolie Arlésienne (débarrassée des paroles que nous lui rajoutions autrefois) et très joli Paradisum.
    Le tout accompagné d’un commentaire très relevé.

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      1. « Elles guettent le ciel en espérant la neige*, mais c’est un gros bonhomme tout de rouge vêtu qu’elles voient passer en traineau juste au dessus de leurs têtes. Au moins, lui, n’a pas de soucis de moyeux. »

        « Il n’y a pas de roues au traîneau du père Noël, et donc pas de rayon qui relie le moyeu de la roue à sa périphérie, puisque le traîneau du père Noël vole, survolant ainsi les forêts…  »

        On est raccord jusqu’au moyeu 😁 Bon, pour le tien de papa noyel, son renne c’est Tornade, alors que pour le mien, c’est Mohamed, mais là, ce n’est peut-être qu’une question de génération ( et je n’ai surtout pas pu résister à l’envie de faire un pied de nez à l’affreux Z. )

        Sinon MERCI tout grand pour l’Introït de Fauré, pour les zoranges de Prokofiev ( celles-la, au moins, elles ne finiront pas dans le vin chaud), la Speranza de Rossini ( ce qui change du tournedos) et tout tout 🙏 à bientôt !

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      2. Ne jamais rater l’occasion de faire un pied de nez à l’affreux Z., dont la vacuité de la pensée politique n’a d’égale que la surexposition médiatique dont il bénéficie. Quand même, ça aide d’avoir un patron milliardaire aux idées d’extrême droite. Quand on voit arriver ce genre de personnes, venues de rien, en haut de l’affiche, il faut toujours se demander d’où viennent ses financements !
        Très très bonne soirée à TOi, SOlène.

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      3. Oui, comme quoi, la pluie, le froid, le vent, ce n’est pas qu’en novembre. Le virus non plus, d’ailleurs. Avec le nouveau variant, ça ne simplifie pas les choses pour passer la frontière suisse. Pff.
        Et sinon, c’était bien cette soirée à l’opéra de Lille ?
        Douce nuit

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      4. C’était musicalement et vocalement très bien, avec une bonne idée de mise en scène pour « rallonger » le spectacle.
        L’histoire de Didon et Enée se passait la tête d’une vieille dame qui se rappelait son passé (au son d’une musique additionnelle créée pour ce spectacle), avec des acteurs, et les différentes scènes de l’œuvre de Purcell venaient s’intercaler comme une histoire dans l’histoire. Nonobstant quelques longueurs ou fautes de gout dans cette partie additionnelle, le tout faisait un très beau spectacle.

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    1. Merci pour le compliment !!! 🙂
      Pour ta devinette, j’hésite.
      Chapeau bas : cela peut faire référence à l’article dans lequel Schumann a annoncé la venue d’un nouveau compositeur, le jeune chopin alors âgé de vingt ans (chapeau bas, messieurs, un génie !), mais ça peut faire aussi référence au « Guillaume Tell » de Rossini, œuvre dans laquelle le bailli Gessler demande que l’on mette chapeau bas devant son couvre-chef, placé en haut d’un mât !
      Pour le respect, c’est plus facile, il doit s’agir de l’air « Ah, quel respect madame », extrait du Comte Ory du même Rossini.

      Quand à Tutti et Quanti, j’en parlais dans mon article sur les compositeurs italiens. 🤪
      Très bonne soirée à toi, Bernadette. 🙂

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    1. Coa, coa, coa ! Dans le genre « Crapaud », j’ai « L’Or du Rhin » de Wagner. Pour capturer le vilain Alberich, Wotan et Loge lui demande se transformer en dragon puis en crapaud. Quand il s’est ainsi transformé en petite bête, ils en profitent pour le capturer. (cf. mon billet sur l’Or du Rhin).
      Dans le genre « Grenouille », j’ai « Platée » de Rameau, où l’héroïne est une nymphe des marais qui a l’allure d’une grenouille. (cf. mon billet sur Platée).
      Et dans le genre « XXe siècle qui me rappelle mes années de scoutisme », j’ai ça :

      Bonne soirée d’avent Noël, Jérôme.

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