Cinéma, Compositeurs, Compositrices, Divers

QUELQUES COMPOSITEURS SUISSES

On connaît généralement peu de ce côté des Alpes les compositrices et compositeurs suisses. Pourtant, on gagne à écouter leurs musiques. Je vous en propose ici une petite sélection.

Caroline BOISSIER-BUTINI est née à Genève en 1786. D’abord pianiste, sa réputation dépasse vite les frontières de la Suisse. En 1818, elle se rend à Londres et à Paris et a l’occasion de se confronter aux meilleurs pianistes de sa génération. Son œuvre est essentiellement pianistique, mais elle a également écrit des concertos (pour piano) et des symphonies. Elle meurt près de Genève en 1836.

Boissier-Butini Sonate pour piano n° 2Cliquez sur la pianiste

Louis NIEDERMEYER est né en 1802 à Nyon. Après des études à vienne et à Rome, il compose son premier opéra pour Naples en 1820, à l’âge de 18 ans. Il s’installe à Paris en 1836, ville où il écrit encore trois opéras, avant d’écrire une Messe solennelle et de se tourner vers la musique sacrée. Il dirige ainsi l’école de musique religieuse de Paris, dont la mission était de séparer la musique religieuse et la musique profane, école plus connue aujourd’hui d’école Niedermeyer de Paris. Parmi les professeurs qui y ont enseigné figure SAINT-SAËNS, qui y a eu comme élèves FAURÉ et MESSAGER.

Niedermeyer le Lac (de Lamartine)Cliquez sur le Lac (de Lamartine)

Émile JAQUES-DALCROZE est né en 1865. Il suit ses études musicales au Conservatoire de Genève avant de les poursuivre à Paris, auprès de FAURÉ et DELIBES, et à Vienne auprès de BRUCKNER. Il est l’inventeur d’une méthode d’enseignement de la musique basée sur l’étude physique de la rythmique, méthode toujours en vigueur aujourd’hui et qui porte son nom. Il meurt à Genève en 1950.

Jaques-Dalcroze la VeilléeCliquez sur l’image

Ernest BLOCH est né à Genève en 1880. Il suit ses études à Genève, notamment avec Jaques-Dalcroze, puis à Bruxelles, Francfort et Paris. En 1904, il compose un opéra, Macbeth, d’après SHAKESPEARE. En 1913, il s’installe aux États-Unis où il enseigne la composition à Cleveland, avant de prendre la direction du Conservatoire de San Francisco. Son œuvre est nourrie d’inspirations juives, comme dans la suite hébraïque Schelomo. Il meurt à Portland en 1959.

Bloch SchelomoCliquez sur le célèbre violoncelliste.

Franck MARTIN naît à Genève en 1890. Il travaille la musique en cachette de ses parents et en 1926, il fonde la Société de musique de chambre de Genève. Il enseigne aussi à l’institut Jaques-Dalcroze et au Conservatoire de Genève. Parmi ses œuvres, on peut noter des pièces religieuses, mais aussi un opéra Der Sturm, d’après la Tempête de Shakespeare. Il meurt aux Pays-Bas en 1974.

Martin Messe pour double chœur a capellaCliquez sur l’image

Arthur HONEGGER, né en 1892 au Havre et mort à Paris en 1955 est le plus français des compositeurs suisses. Il étudie la musique à Zurich avant d’entrer au Conservatoire de Paris. Il fait partie du groupe des Six. Plus tard, il enseignera au Conservatoire de Paris où il aura comme élève notamment Olivier MESSIAEN. Il est l’auteur de musique symphonique, d’oratorios, d’opéras (l’Aiglon d’après ROSTAND), mais aussi de nombreuses musiques de film, dont le Napoléon d’Abel GANCE ou Regain de PAGNOL, et de l’opérette le Roi Pausole.

Honegger l'AiglonCliquez sur l’image

Willy BURCKARD est né dans le canton de Berne en 1900. Il poursuit ses études de musique à Leipzig, Munich et Paris, avant d’enseigner lui-même la composition et le piano à Berne. Il meurt en 1955 à Zurich.

Burckard Concertino pour violoncelleCliquez sur l’image

Heinrich SUTERMEISTER naît en 1910 et commence ses études de musique à Bâle. Plus tard, il travaillera à Paris et à Munich, où il rencontrera Carl ORFF. Sutermeister est surtout connu pour ses opéras, dont Raskolnikov d’après DOSTOÏEVSKI, Madame Bovary d’après FLAUBERT, ou encore Romeo und Julia d’après Shakespeare. Il meurt en 1995 à Sorges.

Sutermeister Romeo und JuliaCliquez sur l’image

Bernard REICHEL est né en 1901 à Neuchâtel. Après des études au Conservatoire de Bâle, il suit l’enseignement de Jaques-Dalcroze à Genève, puis passe un an à Paris. Il enseigne ensuite la musique au Conservatoire de Genève où il côtoie Franck Martin. Son œuvre comporte de la musique pour orgue (il était organiste), de la musique de chambre et de la musique religieuse. Il meurt en 1922 à Lutry.

Reichel MagnificatCliquez sur l’image

On pourrait encore citer dans cette liste Rolf LIEBERMANN (1910 – 1999) qui, outre ses fonctions de directeur de l’Opéra de Paris de 1973 -1980, a lui-même composé des opéras. C’est lui qui a convaincu Messiaen d’écrire son opéra Saint-François d’Assise.

(Un grand merci à Béatrice et Christiane, mes deux amies choristes [et suisses] de l’ensemble « Les Vocalistes européens », qui m’ont aidé à établir cette liste.)

(merci également à Sergio Belluz pour m’avoir suggéré quelques corrections ou ajouts https://www.sergiobelluz.com/ )

Compositeurs

Georges ENESCO (1881 – 1955)

Georges ENESCO (ENESCU en roumain) est né le 19 août 1881 en Moravie roumaine.

Il apprend le violon dès ses 4 ans et, à l’âge de 7 ans, part au Conservatoire de Vienne où il se fait déjà remarquer par la précocité de ses dons musicaux.

À l’âge de 14 ans, il entre au Conservatoire de Paris, où il a comme professeurs de composition MASSENET et FAURÉ. C’est à Paris qu’il écrit ses premières compositions et en 1898, son opus 1, le Poème roumain est créé.

Enesco Poème roumainCliquez sur l’image

En 1901 et 1902, il écrit ses deux Rhapsodies roumaines, peut-être ses œuvres les plus connues.

Enesco Rhapsodie roumaine n°1Cliquez sur l’orchestre

En 1907 – 1908, il écrit le cycle mélodique 7 chansons de Clément Marot.

Enesco Sept chansons de Clément Marot IV Estrene de la roseCliquez sur l’image

En 1916 – 1918, il compose sa troisième symphonie avec chœur, œuvre qu’il remaniera en 1920 et qui sera créée à Paris en 1921.

Enesco Troisème symphonie avec chœurCliquez sur l’image

Après la Première Guerre mondiale, il partage son temps entre la France et sa Roumanie natale. En 1926, il écrit sa 3e sonate pour violon et piano « dans le caractère populaire roumain » .

Enesco sonate paino violon n° 3Cliquez sur Enesco pour l’entendre interpréter sa propre sonate pour piano et violon n° 3

En 1927, il crée la sonate pour piano et violon de son ami RAVEL, qu’il avait connu au Conservatoire de Paris.

Ravel sonate piano violon BluesCliquez sur la violoniste et la pianiste

Entre 1923 et 1931, il se consacre à la composition de son opéra Œdipe.

Enesco Oedipe Acte ICliquez sur l’image

Outre son activité de compositeur et de soliste, il a également eu de nombreux élèves au violon, tels que Yehudi Menuhin, Christian Ferras, Ivry Gitlis ou Arthur Grumiaux.

Bach Double concerto in D minor Enesco MenuhinCliquez sur Menuhin et Enesco

En 1937, il se marie avec la princesse roumaine Marie CANTACUZÈNE.

Tout au long de sa vie, il enchaînera les tournées internationales, aussi bien en tant que violoniste qu’en tant que chef d’orchestre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rentre en Roumanie, mais l’instauration du régime communiste après la guerre le mène à s’exiler.

Dans ses œuvres tardives, il revient aux formes apaisées de la musique de chambre. En 1954, il écrit ainsi sa dernière œuvre, la Symphonie de chambre.

Enesco Symphonie de chambreCliquez sur la partition

Enesco meut à Paris le 4 mai 1955.

Compositrices, Couleurs, Divers, Nature

VERT

En ce jour du printemps, quoi de plus naturel que de vous parler du vert, couleur assez facilement associée à cette saison ?

Avant d’aller plus loin, voyons ce que nous en dit le grand spécialiste en couleurs Arthur Arc-en-ciel RIMBAUD, dans son Sonnet des voyelles :

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides

Pour Rimbaud, donc, la lettre associée au vert est le U, et dans son sonnet, il y a associé le vert de la mer ainsi que celui des pâtures.

Revenons à ce terme : viride. Selon le CNRTL, il signifie « qui tire sur le vert, verdissant ». On le retrouve dans la notion de « viriditas », la force de la germination, omniprésente dans l’œuvre d’Hildegarde von BINGEN.

Hildegard von Bingen O viriditas digiti deiCliquez sur l’image

Le vert de la nature est chanté par Ruggiero dans Alcina de HAENDEL, avec l’air « Verdi pratti » (Vertes prairies).

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur Bradamante, Morgana et Ruggiero

Le vert, c’est aussi la couleur de l’espérance. Ainsi, si vous mélangez le bleu et le jaune qui composent le drapeau de l’Ukraine, vous obtenez le vert de l’espérance, espérance que ce pays se sorte de l’agression ignoble dont il est en ce moment victime.

Pierre HENRY, la mort verte.

Dans la symbolique chrétienne, le vert est la couleur de l’espoir de la délivrance, et le Graal est réputé être vert émeraude. Je vous propose ici d’écouter « l’enchantement du Vendredi saint, extrait du Parsifal de WAGNER.

Cliquez sur l’image

Le vert est la couleur de Vénus, la déesse de l’Amour comme le rouge est la couleur de Mars, le dieu de la guerre. Son surnom « anadyomène » signifie « celle qui sort de l’eau », d’où la couleur verte qui lui est associée.

Blow Venus and AdonisCliquez sur l’image

Le vert, symbole de la renaissance et de la vigueur de la nature, se trouve également associé à la vigueur du sexe, ainsi le surnom de « Vert galant » donné au roi Henry IV. Mais vous souveniez-vous que dans l’histoire de l’opéra, c’est le mariage d’Henry IV et de Marie de Médicis en 1600 qui a donné le la (415) à l’opéra ? ce mariage fut l’occasion de représentations fastueuses données à Florence, avec la création musicale d’une œuvre de Giacopo PERI, l’Euridice. De retour à Mantoue, le duc de cette ville, employeur de MONTEVERDI, demanda à ce dernier une œuvre capable de rivaliser en faste avec l’Euridice. Monteverdi répondra avec son Orfeo, considéré comme le premier opéra de l’histoire.

Monteverdi Orfeo Acte ICliquez sur les nymphes

(Source principale pour la partie symbolique : Encyclopédie des symboles, le livre de poche, collection la Pochothèque, 1996).

Retrouvez d’autres nuances de VERT sur le blog « Nervures et entailles » de Joséphine.

Et retrouvez mes autres billets consacrés aux couleurs :

Blanc

Bleu

Rouge

Rose

Compositrices, littérature

MOZART ÉTAIT UNE FEMME, de Aliette de LALEU (2022) – partie 2

Je m’étais arrêté dans ma lecture en musique de Mozart était une femme, le brillant essai de la sémillante Aliette de LALEU sur la présence des femmes dans la musique classique au milieu du chat pitre 4. Je vous propose donc de poursuivre cette lecture.

Chapitre 4 (suite) : « Comment les femmes meurent à l’opéra ». Aliette souligne à quel point les femmes souffrent et meurent à l’opéra (bon d’accord, les hommes aussi, mais moins.) Elle nous en donne quelques exemples particulièrement bouleversants.

DONIZETTI, Lucia di Lammermoor Scène de la folie de Lucia (« il dolce suono »).

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dulce suono (Damrau)Cliquez sur Lucia

VERDI La Traviata « Adio del passato ».

Verdi Traviata adio del passato DessayCliquez sur Violetta

PUCCINI Tosca « Vissi d’arte » par la Callas

Puccini Tosca Vissi d'arte CallasCliquez sur Flora Tosca

Puccini Madama Butterfly « Un bel di vedremo ».

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur Cio Cio San

Aliette aborde ensuite le personnage de Médée, et celui de Tirésias / Thérèse dans les Mamelles de Tirésias d’APOLLINAIRE. Et là, il y avait une nouvelle injustice à soulever. En effet, la musique de scène lors de la création de la pièce était signée Germaine BIROT, encore une femme totalement disparue des radars, confondue le plus souvent avec son mari, et la version musicale que l’on connaît est celle écrite bien plus tard par POULENC.

Le chapitre se termine par le sort réservé aux femmes instrumentistes, certains instruments leur étant interdits, par exemple les instruments à vent parce qu’ils enlaidissent la femme, ou le violoncelle qui, se jouant les jambes écartées, a quelque chose de choquant.

Chapitre 5 : « Les modernes confiantes ».

Le chapitre cinq commence par une évocation du destin des sœurs Nadia et Lili BOULANGER.

Viennent ensuite la carrière de trois instrumentistes du XXe siècle.

La pianiste Clara HASKIL.

Beethoven Sonte n 17 la Tempête (Haskil)Cliquez sur la pianiste

La violoncelliste Jacqueline DU PRÉ

Elgar Concerto pour violoncelle (DuPré)Cliquez sur la violoncelliste

Et la violoniste Ginette NEVEU

Ravel Tzigane (Neveu)Cliquez sur la violoniste

Aliette nous parle ensuite des orchestres féminins, notamment celui de Jane EVRARD, et l’on apprend que c’est pour cet orchestre que ROUSSEL a écrit sa Sinfonietta.

Roussel Sinfonietta (Evrard)Cliquez sur la pochette de disque

Elle nous parle aussi des chanteuses noires qui ont eu longtemps le double handicap d’être femmes et de couleur, citant ainsi Marianne ANDERSON, Jessye NORMAN, Shirley VERRETT, Léontine PRICE ou Katthleen BATTLE, ainsi que la Française Christiane EDA-PIERRE.

Purcell Didon NormanCliquez sur Jessye Norman

Berlioz Béatrice et Bénédict Vous soupirez, madame... Nuit paisible et sereine (Eda-Pierre)Cliquez sur l’image

Chapitre 6 : Les dégâts du XXe siècle.

Dans ce dernier chapitre, après l’évocation de la suffragette Ethel SMYTH, Aliette nous parle de l’extraordinaire recul de la présence de femmes compositrices au XXe siècle, en prenant l’exemple de Germaine TAILLEFER, la seule femme du Groupe des six, qui selon les mots de Poulenc était ravissante avant d’être compositrice.

Smyth March of the WomenCliquez sur la Marche des Femmes

Tailleferre Trio pour violon, violoncelle et pianoCliquez sur l’image

Conclusion : Je ne vais pas vous espoiler le livre d’Aliette de Laleu en vous racontant la fin, courez donc chez votre libraire préféré(e) pour vous le procurer ! Sachez seulement qu’on a à présent l’occasion d’écouter des opéras écrits par des femmes. Je songe ici à Like Flesh de Sivan ELDAR créé à Lille au début de cette année, ou à l’Amour de loin, de Kaija SAARIAHO.

Saariaho L'AMour de loin Si tu t'appelles AmourCliquez sur Clémence

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la Bande-annonce de Like Flesh

Et si vous en voulez encore un peu plus, cliquez sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous en voulez encore un peu plus

Compositrices, Histoire de l'opéra, littérature

MOZART ÉTAIT UNE FEMME, de Aliette de LALEU (2022) – partie 1

Aliette de Laleu à la librairie Place ronde, à Lille, le 25 février 2022

Cette année, mon sujet pour la journée internationale des femmes (en France, on dit la journée internationale des droits de la femme) est tout trouvé. En effet, la journaliste musicale Aliette de LALEU, que j’ai déjà citée sur ce blog, vient de sortir un essai passionnant sur la place des femmes dans la musique classique : Mozart était une femme.

Je vous propose donc de le lire ensemble, et en musique.

Chapitre 1 : « Des noms et des visages ». Ce premier chapitre est consacré aux premières femmes musiciennes, en commençant par Sappho (Sapho). Poétesse, et donc musicienne, ayant vécu sur l’île de Lesbos six siècles avant J.-C., elle a été surnommée la dixième muse par PLATON. Elle a fondé un temple dédié à Aphrodite. Son nom est resté dans l’histoire de la littérature et de la poésie et, à l’époque romantique encore, a continué faire parler d’elle. Ne pouvant vous faire entendre sa musique, je vous propose ici un air de l’opéra Sapho, que GOUNOD a écrit en 1851 pour la cantatrice Pauline VIARDOT (que l’on retrouvera plus loin dans le livre d’Aliette.)

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur l’image

Montons dans notre chronoscaphe et faisons un bond dans le temps pour admirer Hildegarde von BINGEN (1098-1179). Musicienne, religieuse, herboriste (et donc guérisseuse), Hildegarde a occupé une place très importante à son époque.

Hildegard von BingenCliquez sur l’image

Chapitre 2 : « Les stars du baroque »

Le chapitre commence à Venise au XVIIe siècle, avec ses hospices consacrés aux nécessiteux et aux enfants orphelins ou abandonnés. C’est dans un de ces hospices réservés aux jeunes filles qu’œuvrait VIVALDI, et une grande partie de sa musique a donc été écrite pour des femmes, chanteuses ou instrumentistes. On peut se faire une idée de l’atmosphère qui régnait dans ce milieu dans le roman Consuelo de George SAND.

Aliette développe ensuite ses stars du baroque avec Barbara STROZZI, Francesca CACCINI et Elizabeth Jacquet de la Guerre.

Strozzi Che si puo fareCliquez sur l’image

Chapitre 3 : « Les révolutionnaires du classique »

Au début de ce chapitre, Aliette nous apprend qu’il y a eu une très grande production d’opéras écrits par des femmes en France autour de la période révolutionnaire puisque ce sont 54 opéras écrits par 23 compositrices ou librettistes qui ont été recensés entre 1770 et 1820.

Gail N'est-ce pas d'elleCliquez sur l’image

Elle nous parle ensuite du remplacement progressif des castrats, surtout en France, par des femmes. C’est le cas de La MALIBRAN (Maria), la grande sœur de la cantatrice et compositrice Pauline VIARDOT.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur l’image

Elle évoque aussi la figure d’Hélène de MONTGEROULT, grande pianiste et auteure d’une méthode de piano dont on se demande pourquoi elle n’est pas plus connue.

de Montgeroult par Aliette de LaleuCliquez sur Aliette de Laleu nous parlant d’Hélène de Montgeroult dans sa chronique sur France Musique

La partie consacrée à Maria Anna MOZART, dite Nannerl explique le titre de ce livre.

Chapitre 4 : « Les guerrières romantiques »

Dans ce chapitre, Aliette de Laleu évoque quelques figures de femmes compositrices dont le talent a été empêché par des hommes, pères frères ou maris.

Tout d’abord Fanny MENDELSSOHN, la grande sœur de Félix. Très proche de son frère, c’est son père qui a freiné son envie de faire de la musique. On sait que certaines des mélodies publiées par Félix sont en fait de Fanny, ce qui le faisait souffrir dans son orgueil quand on le complimentait pour des musiques qui n’étaient pas de lui. Je reviendrai sur Fanny le 14 mai prochain pour le 175e anniversaire de sa mort.

Fanny Mendelssohn ItalienCliquez sur l’image

Ensuite, Clara SCHUMANN, la femme de Robert, qui a sacrifié sa carrière de compositrice pour mieux servir son mari, même si ses talents de pianiste étaient reconnus (c’était souvent grâce à eux qu’elle faisait « bouillir la marmite », les revenus de Robert n’étant pas suffisants pour faire vivre la famille.)

Clara Schumann Trio opus 17 AndanteCliquez sur l’image

Enfin Alma MAHLER, la femme de Gustav, qui par contrat a dû s’engager à cesser d’écrire de la musique quand elle s’est mariée, pour ne pas faire d’ombre à son mari.

Alma Mahler HymneCliquez sur l’image

Il m’aurait fallu aussi parler de Louise FARRENC, Louise BERTIN et Mel BONIS, mais je vais m’arrêter là pour l’instant (j’ai déjà été un peu long par rapport à mes billets habituels), mais rassurez-vous, il y a ici la suite des Aventures d’Aliette au pays des femmes dans la musique classique. Et puis si vous n’avez pas la patience d’attendre, courez donc chez votre libraire préféré(e) acheter le livre !

Compositeurs

EDVARD GRIEG (1843-1907)

Edvard GRIEG naît le15 juin 1843 à Bergen, en Norvège. Sa mère, pianiste, lui donne ses premières leçons de musique quand il a 5 ans, et il entreprend sa première composition à 9 ans.

En 1858, il part à Leipzig pour étudier au conservatoire de cette ville, où il reste 3 ans. Il n’est pourtant pas entièrement satisfait par ces études, trop « académiques ». C’est là qu’il a l’occasion, entre autres, d’entendre le concerto de piano de Robert SCHUMANN, interprété par sa femme Clara, elle-même compositrice et virtuose.

En 1862, il donne son premier concert à Bergen.

En 1863, il part à Copenhague où il rencontre Niels GADE et surtout Rikard NORDRAAK, qui lui fait découvrir les chants populaires du Nord. Il comprend alors qu’il doit se détacher de ses influences académiques pour se tourner vers une musique plus proche de ses racines nordiques. Il faut se souvenir qu’on est dans ces années dans une période extrêmement intéressante d’éveil des écoles nationales, où chaque peuple ou nation cherche à se soustraire à l’influence franco-italienne (puis germanique), pour retrouver ses propres racines musicales.

En 1867, il se marie avec une de ses cousines. En 1869, c’est la mort de leur fille unique, à l’âge de 18 mois.

1867 est aussi l’année où il s’installe à Oslo et fonde l’Académie norvégienne de musique. C’est le début pour lui d’une abondante production musicale avec les Humoresques pour piano, son concerto pour piano ainsi que des mélodies norvégiennes. (À titre personnel, j’entends dans le concerto de Grieg des réminiscences de celui de Schumann, peut-être parce qu’ils sont écrits dans la même tonalité.)

Grieg Concerto pour pianoCliquez sur la pianiste

À l’hiver 1869-1870, il fait un séjour à Rome où il encontre l’incontournable LISZT, qui l’encourage dans la voie qu’il s’est tracée.

En 1872, l’État norvégien lui assure une rente, ce qui lui permet de composer librement.

En 1875, il écrit pour le dramaturge IBSEN une musique de scène pour sa pièce Peer Gynt, sans doute sa partition la plus connue.

Grieg Peer Gynt chanson de SolveigCliquez sur la soprano norvégienne

En 1878, il compose l’opéra Sigurd Josalfar, mais l’échec de cette œuvre lui fait abandonner tout espoir d’écrire un opéra national norvégien.

Grieg Sigurd JorsalfarCliquez sur l’image

Parmi ses compositions figurent de nombreuses pièces pour piano, des mélodies (norvégiennes) et de la musique de chambre, dont trois sonates pour piano et violon. Si les deux premières restent relativement classiques, la troisième datant de 1886-1887 me semble beaucoup plus inspirée (mais les deux autres sont très bien aussi).

Grieg sonate piano violon n° 3Cliquez sur le violoniste et le pianiste

J’aime bien aussi la suite Holberg, pour orchestre à cordes.

Grieg suite HolbergCliquez sur l’orchestre à cordes

Edvard Grieg meurt de la tuberculose le 4 septembre 1907, à l’âge de 64 ans.

Et si vous voulez un peu plus de musique de Grieg, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez un peu plus de musique de Grieg (vous ne devriez pas le regretter

Compositrices, Fables de la Fontaine, Oulipo

LE CHÊNE ET LE ROSEAU, de La FONTAINE

Après Le Loup et l’Agneau, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, encore un classique parmi les classiques, le Chêne et le Roseau, fable qui a été mise en musique par Pauline VIARDOT.

Viardot le chêne et le roseauCliquez sur l’image

Le Chêne un jour dit au Roseau :

Debussy SyrinxCliquez sur le flûtiste

Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent qui d’aventure
Fait rider la face de l’eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
Brave l’effort de la tempête.

Beethoven sonate n 17 la Tempête (Grimaud)Cliquez sur la tempête

Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n’auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l’orage ;

Beethoven Symphonie pastorale l'OrageCliquez sur l’orage

Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.

Rameau les Boréades Suite des ventsCliquez sur les royaumes du vent

La Nature envers vous me semble bien injuste.
– Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.
L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.

Gluck alceste ombres, larves ...Cliquez sur Alceste s’apprêtant à rejoindre l’empire des morts

Citations :

Roseau : mythe de Pan et Syrinx dans les Métamorphoses d’OVIDE. DEBUSSY a écrit une pièce pour flûte qui porte ce nom de Syrinx.

la tempête : BEETHOVEN sonate n° 17 « la Tempête ».

l’orage : Beethoven « l’orage » extrait de la 6e symphonie « Pastorale »

des Royaumes du vent : Dans les Boréades, RAMEAU nous raconte l’histoire d’Alphise qui doit se marier avec un des deux boréades, les fils du dieu des vents Borée.

l’Empire des Morts : GLUCK Alceste Pour sauver son mari Admète, la reine Alceste décide de prendre sa place dans l’empire des morts.

Compositrices, littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Nature

LIKE FLESH, de Sivan ELDAR (2022)

Grande émotion en ce mois de janvier 2022 à l’Opéra de Lille avec la création mondiale de l’opéra Like Flesh, de la compositrice israélienne Sivan ELDAR, sur un livret de la Britannique Cordelia LYNN. L’équipe artistique était complétée par la metteuse en scène italienne Silvia COSTA et le chef d’orchestre français Maxime PASCAL.

Like Flesh présentation opéra de LilleCliquez sur Caroline SONRIER, directrice de l’Opéra de Lille

Commandé par les opéras de Lille, Montpellier et Nancy en 2018, Like Flesh est donc l’aboutissement de plus de 3 ans de travail, pour lequel la compositrice a dû mettre en musique les mots de la librettiste, alors que la metteuse en scène a dû pour une fois, non pas déconstruire une histoire déjà connue de tous (ou presque) pour en proposer une autre lecture, mais au contraire nous proposer une scénographie nous permettant de comprendre une histoire que nous ne connaissons a priori pas déjà. Pour cela, elle s’est appuyée sur les avancées permises par la technologie, notamment avec un dispositif s’appuyant sur une intelligence artificielle pour animer les vidéos qui accompagnent le déroulement de l’action.

Eldar Like Flesh inteview Silvia CostaCliquez sur l’image pour entendre Silvia COSTA

La musique est composée pour un orchestre de chambre amplifié (sonorisé) et un second « orchestre » de 64 haut-parleurs disséminés dans la salle pour permettre au public d’être immergé dans le son des arbres.

Eldar Like Flesh Teaser de l'IRCAMCliquez sur la bande-annonce de l’IRCAM 

Eldar Like Flesh Maxime PascalCliquez sur l’image pour entendre Maxime PASCAL

Les personnages principaux de Like Flesh sont la Forêt, le Forestier (qui coupe les arbres), sa femme et une étudiante venue dans la forêt pour apprendre.

Le pitch : La Femme est malheureuse en mariage et aspire à un monde au-delà des frontières de la chair. L’arrivée dans la forêt de l’étudiante va lui faire découvrir un autre amour, et la poussera à se métamorphoser en arbre. Mais le monde est dur même pour les arbres, et après sa métamorphose, elle sera encore convoitée par le forestier pour l’argent qu’il pourra tirer de son bois et par l’amante qui continue à l’aimer.

Le thème de la métamorphose en arbre est librement inspiré des Métamorphoses d’OVIDE, et notamment de la légende de Daphné qui, poursuivie par Apollon, se transforme en laurier pour lui échapper.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la bande-annonce de l’Opéra de Lille

La construction narrative se fait suivant une alternance de scènes où la forêt (représentée par le chœur) s’exprime et d’autres où les humains parlent.

I : Ce que savait la forêt. La forêt nous raconte son passé depuis les temps immémoriaux.

II : Les oiseaux ne viennent plus ici. Pendant que le forestier expose sa vision de la forêt : du capital, la femme se désole de voir tout bétonné et la vie – plantes, insectes et oiseaux – qui s’en va.

III : Ce qu’ont fait les arbres. Les arbres annoncent la désertification de la Terre.

IV : La couleur rouge. L’étudiante arrive pour essayer de comprendre la vie, les arbres, la communion entre tous les arbres.

V : Leçons qu’apprend la gentillesse. La femme demande à son mari ce que ressentent les arbres quand il les coupe.

VI : Ce qu’a fait l’humain. L’humain est venu dans la forêt avec une hache, et nous avons crié de joie : « Regardez, le manche est des nôtres ! ».

VII : Le troisième rêve. La femme et l’étudiante découvrent leur amour naissant. La femme se métamorphose en arbre.

VIII : Ce qu’a fait l’humain après. Dans un crépitement de mots, la forêt égrène une litanie de tous les objets que créent les humains.

IX : Donc. Ta femme s’est changée en arbre. L’étudiante a appris au forestier que sa femme s’est changé en arbre. L’homme voit déjà le bénéfice qu’il pourra en tirer.

X : Regrets. Le forestier et sa femme discutent. Il se demande comment il aurait dû faire pour que leur amour perdure.

XI . Ce qu’a vu la forêt. La forêt sait la violence dont sont capables les hommes. Elle a la mémoire des juifs pendus à ses branches.

XII : Un arbre se souvient. L’étudiante et l’arbre discutent. Le forestier dit que l’étudiante dort dans les branches de son arbre. Mais les machines humaines arrivent , qui vont tout dévaster.

XIII : Entrelacement. Dans ce duo forêt, femme/arbre, la femme répond à la forêt que l’étudiante l’a blessée en voulant graver son amour sur l’écorce.

XIV : Comportement du bois. Le forestier et l’étudiante échangent leur perception de la femme devenue arbre.

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XV : L’hiver, à nouveau. Le forestier et l’étudiante concluent. L’étudiante a cherché à devenir arbre, comme son aimée, mais n’a pas réussi, alors elle en a fendu le tronc pour venir s’y loger/lover alors que le forestier, lui, ne cherche qu’à entretenir ce bois qu’il pourra un jour couper pour le vendre.

La forêt a le dernier mot : Écoutez. La vie, pleine d’espoir se forme dans les failles. Nos racines poussent en chantant, trouvent d’étranges fossiles : un arbre, un squelette, une hache.

(Sources principales : le dossier de presse de l’Opéra de Lille, la présentation par l’équipe artistique le 12 janvier, et bien sûr la création le 21 janvier 2022.)

Compositeurs

Édouard LALO (1823 – 1892)

Édouard LALO est né à Lille le 27 janvier 1823. Il entre au conservatoire de cette ville à l’âge de dix ans, et apprend le violon.

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En 1839 il descend à Paris pour se perfectionner. Il a HABENECK comme professeur et fait la connaissance de Pablo de SARASATE, compositeur et violoniste réputé, avec qui il se lie d’amitié.

En 1856, il entre dans un quatuor et, en tant que compositeur, se consacre à la mélodie française et à des œuvres de musique de chambre. Il écrit notamment sur des poèmes de Victor HUGO, de MUSSET, de LAMARTINE ou encore de BÉRANGER.

Lalo Puisqu'ici bas toute âmeCliquez sur l’image

En 1866, il finit de composer Fiesque, son premier opéra, écrit d’après une pièce de SCHILLER. Malgré l’appui de GOUNOD pour le faire monter, cet opéra ne sera jamais joué du vivant de Lalo.

Ses œuvres les plus connues aujourd’hui, celles qui sont restées au répertoire, datent des années 1870. Il s’agit de la Symphonie espagnole (1874), dont les parties de violon solo ont été écrites pour son ami de Sarasate,

Lalo Symphonie espagnoleCliquez sur le violoniste au milieu de l’orchestre

et de son opéra le Roi d’Ys, achevé en 1881.

Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’orchestre

On peut encore citer un beau Concerto pour violoncelle (1876).

Lalo Concerto pour violoncelle mouvement finalCliquez sur le violoncelliste au milieu de l’orchestre

En 1882, l’Opéra de Paris lui commande un ballet, Namouna, qui ne rencontre pas le succès du public, même s’il est reconnu par ses pairs, notamment DEBUSSY.

Lalo Namouna Parade et Fête foraineCliquez sur l’orchestre

Lalo meurt à Paris le 22 avril 1892.

Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE LILLE

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Séville, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui Lille.

L’opéra de Lille a été construit juste avant la Révolution française. Si vous voulez en savoir plus sur son histoire, je vous invite à consulter le site de Nemorino, qui la raconte très bien.

En 1790, Le Chevalier de SAINT-GEORGES part à Lille, et c’est pour cette ville qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

Le compositeur Pierre BAUMANN (1796 – 1872) fut altiste et professeur de composition au conservatoire de Lille.

Nettement plus connu est son élève le compositeur Édouard LALO (1823 – 1892). Entré au conservatoire de Lille à l’âge de dix ans, il part ensuite à Paris pour parfaire sa formation musicale. Ses œuvres les plus connues restent probablement la Symphonie espagnole, son Concerto pour violoncelle, son opéra le Roi d’Ys et la musique du ballet Namouna.

Lalo Le roi d'Ys Vainement ma bien aiméeCliquez sur l’image

Gustave NADAUD, chansonnier roubaisien (1820 – 1893), membre du Caveau et auteur de Pandore et les deux gendarmes.

Nadaud Pandore et les deux gendarmesCliquez sur les deux gendarmes

Parmi les compositeurs nés dans la métropole lilloise, il y a en a un qui me plaît particulièrement. Albert ROUSSEL (1869 – 1937) est né à Tourcoing. Marin de formation, il décide de quitter la marine pour se consacrer à la musique. Au début influencé par DEBUSSY ou d’INDY, il trouve vite sa voix et sa voie, pour écrire des compositions aux rythmes hardis et aux orchestrations subtiles. Dans le domaine de l’opéra, il a écrit Padmâvatî, influencé par l’Inde et pour le ballet : le Festin de l’araignée.

Roussel Padmâvatî préludeCliquez sur l’image

Le baryton belge Edgard P. JACOBS, plus connu pour son rôle dans l’histoire de la bande dessinée franco-belge, entre à l’opéra de Lille en 1929. Las, la crise de 1929 – 1930 font que les Français restreignent drastiquement les emplois occupés par des étrangers, et il doit retourner en Belgique.

jacobs méphisto

Roubaix a vu naître le poète symboliste Albert SAMAIN (1858 – 1900). Très célèbre à son époque, ses poèmes ont inspiré de nombreuses mises en musique, dont l’opéra Polyphème du breton Jean CRAS

Cras Polyphème Elle dort...Cliquez sur l’image

ou encore FAURÉ ou Nadia BOULANGER.

Boulanger (NAdia) Ilda (Samain)Cliquez sur Nadia

Un autre roubaisien mondialement connu est Georges DELERUE (1925 – 1992). Certes, ce ne sont pas ses quatre opéras qui lui ont valu cette notoriété, ce sont ses musiques de films, pour lesquelles il reçut trois Césars et un Oscar. Il a travaillé avec des cinéastes comme RESNAIS, TRUFFAUT, LAUTNER ou de BROCA.

Delerue La Nuit américaineCliquez sur l’image

Enfin, Lille continue sa tradition de ville musicale puisque le 21 janvier 2022 a vu la création de Like Flesh, un opéra de Sivan ELDAR.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur l’image

Et si vous voulez plus de musique d’un de ses compositeurs, cliquez sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez plus de musique d’un de ces compositeurs