Compositrices, Divers

LES PIANOS AQUEUX

Depuis l’invention du piano, il n’est pas rare que les pianistes cherchent à reproduire au clavier les sensations ou impressions laissées par l’eau.

Par exemple CHOPIN, lors de son séjour à la chartreuse de Valdemosa avec George SAND, nous a laissé ce Prélude à la goutte d’eau (le toit de la chartreuse était percé et l’eau tombait dans les pièces) avec son ostinato (mouvement obstiné) figurant la chute des gouttes de pluie.

Chopin Prélude à la goutte d'eauCliquez sur le pianiste

Quittons Chopin l’introverti pour retrouver LISZT l’extraverti qui, pour célébrer l’eau, évoque dans ses Années de pèlerinage les « Jeux d’eau de la villa d’Este ».

Liszt les Jeux d'eau à la villa d'EsteCliquez sur la pianiste

Retournons sous la pluie avec la troisième Estampe de DEBUSSY, « Jardins sous la pluie ».

Debussy Estampes Jardins sous la pluieCliquez sur le pianiste

L’atmosphère évoquée par RAVEL en 1901 se rapproche de celle de Liszt, avec Jeux d’eau.

Ravel Jeux d'eauCliquez sur la pianiste

Les compositeurs n’ont pas le monopole du piano à queue. Parmi les compositrices à qui la pluie a plu, on peut citer Marie JAËLL et ses Jours pluvieux (1894).

Jaell les Jours pluvieuxCliquez sur l’image

Ou encore Mel BONIS avec Il pleut (1913).

Bonis il pleutCliquez sur la pianiste

Et pour faire plaisir à Hélène, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère pour faire plaisir à Hélène

Compositrices, Divers

MON ANNÉE LYRIQUE 2022

En cette fin d’année, je vous propose un petit retour sur les spectacles lyriques que j’ai pu voir en 2022.

L’année a commencé très fort avec la création mondiale de Like Flesh de Sivan ELDAR le 21 janvier à l’opéra de Lille.

Création Like Flesh saluts (1)Cliquez sur les saluts des artistes

Elle s’est poursuivie en février avec La Khovantchina de MOUSSORGSKI le 9 février à Bastille. L’occasion de nous rappeler avec cet opéra que de tout temps, les Russes ont adoré massacrer les Ukrainiens.

Saluts la Khovantchina 2022 02 09Cliquez sur les saluts

J’ai poursuivi avec un classique, Manon de MASSENET à Bastille le 14 février.

Saluts Manon 2022 02 14Cliquez sur les saluts

Il y a eu ensuite la création française du pénible A quiet Place, de Bernstein le 10 mars à Garnier.

A quiet Place 2022 03 10

Retour à Bastille avec Wozzeck de BERG le 24 mars.

Saluts Wozzeck 2022 03 24Cliquez sur les saluts

Il y a eu ensuite le pur enchantement qu’est Le Songe d’une nuit dété de BRITTEN le 6 mai à Lille.

Le Songe d'une nuit d'été 2022 05 06Cliquez sur les saluts

A suivi une version intéressante d’Elektra de STRAUSS à Bastille le 26 mai.

Salurs Elektra 22 05 26Cliquez sur les saluts

Nouvel enchantement lillois avec Sémélé de HAENDEL les 6 et 16 octobre.

Sémélé 22 10 06Cliquez sur les saluts

Encore un opéra contemporain, Freitag aus Licht de STOCKHAUSEN le 8 novembre à Lille.

Freitag aus Licht 2022 11 07

Je n’ai heureusement pas raté l’Armide de GLUCK le 15 novembre à l’opéra comique.

Armide 2022 11 15Cliquez sur les saluts

Et enfin, l’année s’est terminée comme elle avait commencé, par une création mondiale, avec On purge bébé de BOESMANS à la Monnaie (De Munt) à Bruxelles, le 15 décembre. (Vous pouvez encore y aller jusqu’au 29 décembre !)

On purge bébé 2022 12 15

Et cliquez ici pour connaître mon année lyrique 2023.

Compositeurs, Compositrices, littérature

César FRANCK (1822-1890)

image César Franck

César FRANCK est né le 10 décembre 1822 à Liège. Son père rêve d’en faire un enfant prodige, à l’instar d’un Mozart ou d’un Liszt, et le fait entrer à 8 ans au Conservatoire de Liège. César y remporte les grands prix de piano et d’harmonie à l’âge de 12 ans.

En 1835, sa famille vient à Paris, mais il doit attendre d’être naturalisé pour entrer au Conservatoire de cette ville. Ce sera chose faite fin 1837, et en 1838, il emporte un grand prix extraordinaire de piano. Sous la férule de son père, il donne des concerts au cours desquels il rencontre d’autres virtuoses comme Liszt ou Alkan.

Il écrit son opus 1 en 1841 : trois Trios concertants que son père fera publier en 1843.

En 1843, il écrit un opéra, Stradella et l’année suivante Ruth, un oratorio. Son amitié avec Gounod, dont on connaît l’aspect mystique, le poussera à œuvrer dans ce genre de l’oratorio. (Rappel, un oratorio est une espèce d’opéra dont le sujet, tiré de la bible, empêche la représentation sur la scène d’un théâtre.) De ces musiques d’inspiration religieuses, il lui restera le surnom amical de Pater Seraphicus.

En 1846, Franck s’éprend de Félicité, une de ses élèves, ce que son père ne voit pas d’un bon œil. César quitte alors la maison paternelle et deux ans plus tard, en 1848, il épouse Félicité (ils auront quatre enfants, dont deux mourront en bas âge). Entre-temps, en 1846, il avait composé le poème symphonique Ce qu’on entend sur la montagne, d’après Victor Hugo. Il reviendra à Hugo avec les Djinns, en 1884. (Il peut être intéressant de noter que ce poème a été écrit un an avant celui de Franz Liszt, qui est pourtant considéré comme étant le créateur du genre.)

Franck Ce qu'on entend sur la montagneCliquez sur l’image

Après la création de ce poème symphonique, il écrit les brillantes Variations symphoniques pour piano et orchestre (1885).

Franck Variations symphoniquesCliquez sur le pianiste

En 1856, César Franck devient titulaire des grandes orgues de Sainte-Clotilde à Paris. Une part importante de sa production musicale sera réservée à cet instrument.

En 1870, il fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique avec Saint-Saëns et Fauré.

Entre 1871 et 1872, il écrit Rédemption, une œuvre hybride entre l’opéra, l’oratorio et le poème symphonique.

Franck RédemptionCliquez sur l’image

En 1872, César Franck dirige la classe d’orgue au Conservatoire de Paris. Parmi ses élèves, outre Henri Duparc, Ernest Chausson et Vincent d’Indy, on peut aussi citer les compositrices Augusta Holmès et Mel Bonis.

En 1879, Franck achève son oratorio les Béatitudes, sur lequel il a travaillé près de dix ans, et en 1880, il compose son Quintette.

Franck Les BéatitudesCliquez sur l’image

Franck quintetteCliquez sur le quintette

En 1881, il écrit un nouvel oratorio, Rebecca, et un poème symphonique, le Chasseur maudit.

Franck le Chasseur mauditCliquez sur l’image

En 1886, c’est Psyché et la Symphonie en ré mineur.

Franck Symphonie en ré mineur 2ème partieCliquez sur l’image

La même année, César Franck écrit sa Sonate pour piano et violon, qui servira de modèle à Proust pour la Sonate de Vinteuil de la Recherche du temps perdu. Cette sonate est dédiée au compositeur et violoniste Eugène Isaye et lui est offerte en cadeau de mariage.

Franck Sonate piano violonCliquez sur le violoniste et la pianiste

Sur la fin de sa vie, il travaille encore à deux opéras, Hulda et Ghiselle, restés inachevés à sa mort.

César Franck meurt à Paris le 8 novembre 1890, à l’âge de 67 ans.

Compositeurs

Heinrich SCHÜTZ (1585 – 1672)

Le nom de SCHÜTZ n’apparaît pas spontanément quand on pense opéra, pourtant ce compositeur a écrit le premier opéra en allemand avec Daphné en 1627. Malheureusement, la musique de cet opéra s’est perdue, et on n’en connaît plus que le livret.

Quand j’ai eu l’occasion de chanter des œuvres de Schütz, notamment le Magnificat allemand (Meine Seele), il m’est aussitôt apparu que l’on avait en lui le chaînon manquant entre MONTEVERDI (1567 – 1643) et J.S. BACH (1685 – 1750). Et en effet, Schütz a été l’élève de Monteverdi dans les années 1630.

Le pitch : Schütz est un compositeur allemand qui a fait ses études à Venise auprès de Gabrieli et de Monteverdi. Après avoir abordé la musique profane et l’opéra, il se tourne vers la musique religieuse.

Heinrich Schütz est né à Köstritz (entre la Thuringe et la Saxe) le 14 octobre 1585. Dans sa jeunesse, il est soliste d’un chœur de garçons quand il se fait remarquer par le landgrave Maurice de Hesse pour sa belle voix. On l’envoie alors faire des études assez complètes à Kassel.

En 1609, son protecteur l’envoie poursuivre ses études à Venise, où il peut étudier le contrepoint auprès de GABRIELI. Il publie son opus 1, un recueil de madrigaux, en 1611.

En 1613, il revient en Allemagne, où il reprend des études de droit. À Leipzig, il rencontre SCHEIN. Il prend le poste de deuxième organiste de Kassel, tout en étant chargé de l’éducation des enfants du margrave. Il se fait engager à la cour du prince électeur de Saxe en tant que maître de chapelle à Dresde.

En 1619, il écrit ses Psaumes de David (Davids Psalmen).

Schütz Alleluja Lobet den HerrenCliquez sur l’image

Attiré par la musique sacrée, il compose en 1625 ses Cantiones sacrae.

En 1627, il écrit son seul opéra, Daphné, dont la partition est malheureusement perdue.

En 1629, il retourne à Venise, ville qui a découvert l’opéra sous l’implusion de MONTEVERDI. Il y écrit ses Symphoniae Sacrae.

Schütz Symphniae Sacrae Der Herr ist mein HirtCliquez sur l’image

En 1630, il rentre à Dresde, en pleine guerre de Trente Ans. En 1633, il se rend au Danemark où il compose des musiques pour le prince Christian IV.

Il revient à Dresde en 1635, année où il compose ses Musikaliesche Exequien (Obsèques en musique) pour les obsèques du prince. Il retourne au Danemark en 1637, revient en Allemagne en 1639 avant de repartir à la cour de Christian IV.

Schütz Musikalische ExequienCliquez sur l’image

En 1648, il écrit sa Geistliche Chormusik (Musique sacrée pour chœur).

Vers la fin de sa vie, malade, il compose des œuvres religieuses et/ou mystiques et en 1671, il attaque son œuvre ultime, le Deutches Magnificat à 8 voix (Magnificat allemand).

Schütz Magnificat allemandCliquez sur l’image

Schütz meurt à Dresde le 6 novembre 1672, à l’âge de 87 ans, une vingtaine d’années avant la naissance du cantor de Leipzig (J.-S. Bach).

Compositeurs

Félix MENDELSSOHN-BARTOLDY (1809-1847)

Felix Mendelssohn par Adrian

Félix MENDELSSOHN-BARTHOLDY est né le 3 février 1809 à Hambourg, dans une famille de juifs convertis au luthérianisme. Son père était banquier. En 1811, la famille s’installe à Berlin, où le jeune Félix peut jouir d’une éducation de qualité. Sa mère était musicienne, ainsi que sa grande sœur Fanny. Le dimanche, les parents organisent des concerts que fréquentent les artistes de passage à Berlin. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que Félix montre très jeune ses talents de compositeur. Ainsi, à l’âge de 14 ans, il a déjà écrit douze symphonies, la plupart pour orchestre à cordes, ainsi que quatre opéras.

En 1825, il écrit son Octuor opus 20, et l’année suivante une de ses œuvres les plus connues, l’Ouverture pour le Songe d’une nuit d’été de SHAKESPEARE.

Mendelssohn Le Songe d'une nuit d'été Marche nuptialeCliquez sur la marche nuptiale

En 1829, après ses études, Félix voyage en Angleterre et en Écosse. On trouve des traces de ces voyages dans sa Symphonie Écossaise ou dans l’Ouverture de la grotte de Fingal.

Mendelssohn Symonie ÉcossaiseCliquez sur l’image

L’année suivante, c’est en Italie qu’il voyage, ce qui nous vaudra sa Symphonie Italienne.

Mendelssohn Symphonie ItalienneCliquez sur l’image

Il voyage ensuite dans toute l’Europe, à la fois comme pianiste et comme chef d’orchestre. Il fait (re)découvrir les œuvres de J.-S. BACH, joue les symphonies de BEETHOVEN. Se liant d’amitié avec Robert et Clara SCHUMANN, il crée la neuvième symphonie de SCHUBERT en 1839, onze ans après la mort de celui-ci.

En 1837, Félix se marie avec Cécile JEANRENAUD, avec qui il aura quatre enfants.

En tant que compositeur, il écrit ses cinq « grandes » symphonies, deux concertos pour piano, son célébrissime concerto pour violon, des oratorios (Elias, Paulus) ou encore la Première nuit de Walpurgis, d’après GOETHE.

Mendelssohn Concerto pour violonCliquez sur la violoniste

Mendelssohn La première nuit de Walpurgis Es lacht der MaiCliquez sur l’image

Parmi ses nombreuses œuvres, j’ai un gros faible pour celles pour chœur, accompagnées ou a capella (et je ne peux m’empêcher de verser une larme à l’écoute de ces œuvres, parmi les premières que j’ai chantées.)

Mendelssohn Hör mein Bitten, Herr

Reconnu partout en Europe, Mendelssohn dirige le théâtre de Düsseldorf, puis le fameux Gewandhaus de Leipzig, avant de partir en 1840 à Berlin, appelé par le roi de Prusse pour réorganiser le secteur musical.

Très affecté par la mort de sa sœur Fanny, il meurt quelques mois plus tard, le 4 novembre 1847 à Leipzig, à l’âge de 38 ans.

Et si vous voulez entendre quelques-uns de ses œuvres chorales, yakacliquer sur le lien.

 

Compositrices

ETHEL SMYTH (1858-1944)

image Ethel Smyth

Ethel SMYTH est née à Londres le 22 avril 1858.

À l’âge de 12 ans, Ethel veut devenir compositrice, ce que ses parents refusent. Pourtant, à 19 ans, elle réussit à intégrer l’école de musique de Leipzig. C’est pour elle l’occasion de rencontrer Clara Schumann, Johannes Brahms ou encore Piotr Illitch Tchaïkovski qui l’encourage et lui reconnaît un grand talent, louant sa sonate pour violon.

Smyth Sonata for Violin and PianoCliquez sur la pianiste et la violoniste

Poursuivant son voyage en Europe, c’est à Florence qu’elle rencontre Henry Brewster, un écrivain qui lui écrira plusieurs livrets d’opéra.

En 1890, elle regagne l’Angleterre où l’on crée sa Sérénade en ré majeur.

Smyth Sérénade en ré majeurCliquez sur l’image

En 1893, elle fait jouer sa Messe en ré au Royal Albert Hall.

Smyth Messe en ré majeur GloriaCliquez sur l’image

En 1898, elle donne son premier opéra, Fantasio, d’après l’œuvre d’Alfred de Musset. Suivront en 1902 La Forêt (Der Wald) qui deviendra l’année suivante le premier opéra écrit par une femme monté au Metropolitan Opera. En 1909, le grand chef d’orchestre Sir Thomas Beecham monte The Wreckers (les Naufrageurs), créé à Leipzig en 1906.

Smyth The WreckersCliquez sur l’image

En 1910, Ethel Smyth se rapproche des mouvements féministes anglais et elle devient suffragette. Elle écrit pour ce mouvement la Marche des femmes (The March of the Women).

Smyth March of the WomenCliquez sur la suffragette

En 1912, suite à une manifestation de rue où on lui reproche d’avoir cassé la fenêtre d’un secrétaire d’État, elle est condamnée à deux mois de prison, ce qui nous vaut l’anecdote d’Ethel Smyth faisant chanter sa Marche des femmes par un chœur de prisonnières, elle-même dirigeant de la fenêtre de sa cellule avec une brosse à dents.

En 1922, ses talents musicaux sont récompensés par le grade de Dame Commandeur de l’ordre de l’Empire britannique.

Elle cesse de composer et se met à l’écriture vers 1930, quand elle se rend compte qu’elle devient sourde. En 1939, elle tombe amoureuse de Virginia Woolf avec qui elle correspondra jusqu’au suicide de cette dernière en 1941.

Ethel Smyth est morte à Wokey le 8 mai 1944, à l’âge de 86 ans.

Compositeurs

MANUEL DE FALLA (1876-1946)

image De Falla

Manuel DE FALLA est l’un des compositeurs espagnols les plus importants. Il est né le 23 novembre 1876 à Cadix.

Manuel commence l’apprentissage du piano à l’âge de 8 ans. En 1896, il entre au Conservatoire de Madrid, d’où il ressortira deux ans plus tard. Il a comme professeur de composition le catalan Felipe PEDRELL.

En 1904, il écrit son premier succès, l’opéra la Vie brève (la Vida breva).

De Falla La vida breveCliquez sur l’image

En 1907, il part en France où il côtoie DEBUSSY, RAVEL et son compatriote Isaac ALBENIZ. En 1910, il écrit Trois mélodies sur des poèmes de Théophile GAUTIER.

Au début de la guerre, en 1914, il rentre en Espagne. Pendant la tournée espagnole des Ballets russes de DIAGHILEV, De Falla fait la connaissance de STRAVINSKY. C’est pour les ballets russes qu’il écrit l’Amour sorcier (El Amor brujo) (1915) et le Tricorne (El Sombrero de tres picos) (1917).

De Falla Danse rituelle du feuCliquez sur l’image

De Falla le TricorneCliquez sur l’image

En 1921, il écrit ses Nuits dans un jardin d’Espagne (Noches en los jardines de Espana), pour piano et orchestre.

De Falla Nuits dans un jardin d'EspagneCliquez sur l’image

En 1922, c’est l’opéra de chambre les Tréteaux de Maître Pierre (El retablo de Maese Pedro), d’après le Don Quichotte de CERVANTÈS. En 1926, il écrit pour la claveciniste Wanda LANDOWSKA son Concerto pour clavecin et cinq instruments. (Deux ans plus tard, c’est son ami POULENC qui écrira un concerto pour clavecin pour cette même claveciniste.)

De Falla Concerto pour clavecinCliquez sur l’image

Pendant la guerre civile (d’Espagne), ce catholique pratiquant penche du côté de FRANCO, mais après l’assassinat en 1936 de son ami GARCIA LORCA, il décide de partir en Argentine. Il ne reviendra plus en Espagne et il mourra le 14 novembre 1946, à Alta Gracia.

Compositrices, Couleurs, Nature

ARC-EN-CIEL

Joséphine du blog « Nervures et entailles » ayant récemment publié un article intitulé « Arc-en-ciel » m’a demandé si je comptais faire un billet sur « arcs-en-ciel et opéra ». Le voici donc.

L’arc-en-ciel est un des plus beaux phénomènes que la nature nous offre. Il est le résultat de la diffraction de la lumière sur les gouttelettes contenues dans l’air pendant la pluie. Comme l’indice de réfraction de l’air dépend de la longueur d’onde, la lumière du soleil qui comporte toutes les longeurs d’onde se trouve ainsi décomposée suivant un spectre continu qui va de l’ultra-violet à l’infrarouge. Pour l’observer, il faut donc deux conditions qui ne sont pas souvent réunies : de la pluie et du soleil ! On peut aussi créer artificiellement un arc-en-ciel à l’aide d’un prisme cristallin.

Pink Floyd Dark side of the moon Brain DamageCliquez sur le prisme décomposant la lumière et formant un arc-en-ciel

Il y a donc une infinité de nuances dans l’arc-en-ciel, mais l’œil humain en distingue principalement sept : le rouge, l’orange, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le violet.

Le premier exemple d’arc-en-ciel qui m’est venu à l’esprit quand j’ai imaginé ce billet est celui qui clôt l’Or du Rhin (Rheingold) de WAGNER. La demeure des dieux, le Walhalla est achevé. Donner provoque un orage et Froh crée un arc-en-ciel par lequel les dieux peuvent rejoindre leur demeure.

Wagner Rheingold finalCliquez sur l’arc-en-ciel

À l’acte II du Saint-François d’Assise, de MESSIAEN, apparaît un bien curieux Ange voyageur, aux ailes quinticolores (les mots sont de Messiaen lui-même).

Messiaen Sint-François d'Assise, l'Ange voyageurCliquez sur l’image

Le même Messiaen a intitulé le 6e mouvement de son Quatuor pour la fin des temps « Fouillis d’Arcs-en-ciel, pour l’Ange qui annonce la fin du temps ».

Messiaen Quatuor pour la fin des temps Fouillis d'Arc-en-CielCliquez sur l’Arc-en-ciel

Dans ses Musiques d’enfants, PROKOFIEV a écrit la pièce « Pluie et Arc-en-ciel ».

Prokofiev Musiques d'enfants la Pluie et l'Arc-en-CielCliquez sur Prokofiev jeune

Et la compositrice australienne Jeanell CARRIGAN a composé ce bel Arc-en-ciel.

Carrigan Arc-en-CielCliquez sur l’image

Dans un autre genre, celui de la comédie musicale, The Wizard of Oz (le Magicien d’Oz) (1939) comporte un « tube des tubes » avec Somewhere over the Rainbow.

The Wizard of Oz Somewhere over the RainbowCliquez sur Judy Garland

Bien sûr, sur le thème de l’Arc-en-ciel, j’aurais pu écrire un tout autre billet. Le drapeau Arc-en-ciel (je ne parle pas de la Wiphala du Pérou) est l’emblème de la communauté LGBT. J’aurais donc pu illustrer l’arc-en-ciel avec des opéras queers, comme Like Flesh, de Sivan ELDAR, Les Mamelles de Tirésias de POULENC ou encore A quiet Place de BERNSTEIN ou Billy Budd de BRITTEN. Qu’en pensez-vous ?

Et pour voir tous les drapeaux de pays qui ont un arc-en-ciel, il faut aller chez l’incontournable John Duff.

Compositrices, littérature, Théâtre

PELLÉAS ET MÉLISANDE, de MAETERLINCK (1893)

Pelléas et Mélisande (1893) est une pièce de théâtre du dramaturge et poète symboliste Maurice MAETERLINCK.

Cette histoire universelle, on a du mal à la situer ailleurs que dans un passé et un lieu difficilement identifiables, met en scène ce qui semble (é)mouvoir les humains depuis la nuit des temps : l’amour et la jalousie.

Acte I : Golaud, le maître du château, rencontre dans une forêt où il s’était perdu une jeune fille en pleurs. Cette jeune fille, qui s’appelle Mélisande, a perdu sa couronne dans une fontaine. Elle refuse que Golaud la lui retrouve et ne répond à aucune de ses questions sur son origine. Golaud emmène Mélisande et se dirige vers son château, où vit également son père, Arkel, et son demi-frère, Pelléas.

Golaud a écrit une lettre à Pelléas, il s’est marié avec Mélisande, dont il ne connaît toujours pas le passé, mais il a peur des réactions de son père. Il demande à Pelléas ce que son père pense de son mariage. Son bateau est au large du château et Pelléas doit allumer une torche si Arkel l’approuve, en quel cas Golaud rentrera au château avec Mélisande. Dans le cas contraire, il poursuivra son chemin pour ne plus jamais revenir.

Pelléas a reçu une autre lettre. Son ami Marcellus va mourir, et lui demande de venir le voir avant sa fin prochaine. Arkel lui demande de rester jusqu’au retour de Golaud.

À l’entrée du château, Pelléas accueille Mélisande.

Acte II : Pelléas et Mélisande devisent près d’une fontaine. Mélisande se penche et laisse tomber son alliance dans la fontaine.

Mélisande soigne Golaud qui a fait une chute de cheval. Elle lui déclare qu’elle ne peut plus vivre dans ce château sans lumière, qu’elle y étouffe, et qu’elle mourra si elle reste. Golaud lui prend les mains, et remarque qu’elle a perdu sa bague. Troublée, Mélisande répond qu’elle a dû la perdre le matin, en ramassant des coquillages dans une grotte qui donne sur la mer. Golaud lui dit que cette bague est très importante pour lui, et lui demande d’aller la rechercher. Mélisande a peur, mais Golaud lui demande de se faire accompagner par Pelléas.

Acte III : Pelléas et Mélisande attendent le retour de la chasse de Golaud. La nuit va tomber quand Yniold, le fils du premier mariage de Golaud, entre. Il a peur que Mélisande ne quitte le château. Golaud arrive enfin, et constate que Mélisande et Pelléas ont pleuré.

À sa fenêtre, Mélisande arrange sa chevelure pour la nuit. Elle chante. Pelléas arrive au pied de la tour. Il vient annoncer qu’il part le lendemain , et demande à Mélisande de lui tendre la main pour l’embrasser. Les cheveux de Mélisande se dénouent, se répandant sur Pelléas qui s’enroule amoureusement dedans. Survient Golaud qui les surprend dans leurs jeux.

Golaud a amené Pelléas dans les souterrains du château. Il parle de la mort qui y règne, et qui pourrait emporter Pelléas. En sortant, Golaud prévient Pelléas qu’il les a surpris dans ce qu’il appelle des jeux d’enfants, et lui demande de ne pas recommencer. Plus tard, il veut faire parler Yniold sur ce qui se passe entre Mélisande et Pelléas quand ils sont ensemble, mais Yniold répond qu’il ne se passe rien entre eux, que Mélisande ne veut pas qu’il sorte car elle a peur de se retrouver seule avec Pelléas.

Acte IV : Le père de Pelléas, qui était malade, va mieux, et exhorte Pelléas à voyager. Pelléas donne rendez-vous à Mélisande dans le parc.

Le soir, Pelléas et Mélisande se retrouvent dans le parc. Pelléas avoue à Mélisande que s’il doit partir, c’est parce qu’il l’aime. Mélisande lui répond qu’elle aussi l’aime. Ils s’embrassent quand Golaud arrive. Il frappe Pelléas de son épée. Mélisande se sauve et Golaud la poursuit.

Acte V : Les servantes discutent de ce qui s’est passé pendant la nuit. On a trouvé Golaud et Mélisande devant la porte, et maintenant Mélisande se meurt.

Dans la chambre de Mélisande, Arkel et le docteur discutent. Golaud arrive, plein de remords pour son geste fou. Il demande qu’on le laisse seul avec sa femme et lui demande de le pardonner. Mais il est repris par sa jalousie et veut savoir si « il s’est passé » quelque chose entre Pelléas et Mélisande. Devant les dénégations de Mélisande, il se remet en colère. Quand il voit que Mélisande est en train de s’évanouir, il dit à Arkel et au docteur de rentrer. Mais il est trop tard, il ne saura jamais.

On présente à Mélisande son enfant né trois jours avant, et elle meurt en contemplant cette pauvre petite chose qu’elle a mise au monde.

Une telle histoire a inspiré bien des compositeurs, et non des moindres.

La mise en musique la plus célèbre est celle de DEBUSSY, pour un opéra très fidèle au texte de Maeterlinck (1902).

Debussy Pelléas et Mélisande Scène de la fontaineCliquez sur la scène de la fontaine

Auparavant, en 1898, FAURÉ avait composé une musique de scène.

Fauré Pelléas et Mélisande SicilienneCliquez sur le flûtiste

WALLACE a écrit sa propre musique de scène en 1900.

Peu après Debussy, c’est SCHÖNBERG qui a écrit en 1903 un poème symphonique sur cette histoire.

Schoenberg Pelléas et MélisandeCliquez sur l’image

Deux ans plus tard, en 1905, SIBELIUS a lui aussi écrit une musique de scène.

Sibelius Pelléas et MélisandeCliquez sur l’image

Un peu plus tard, en 1923, la compositrice Mel BONIS intitulera une de ses pièces pour piano Mélisande.

Bonis MélisandeCliquez sur le pianiste

Enfin, beaucoup plus près de nous, le compositeur de musique de film Alexandre DESPLAT a intitulé Pelléas et Mélisande sa Suite pour flûte et orchestre.

Desplat Pelléas et MélisandeCliquez (encore) sur le flûtiste

Et si vous voulez encore un peu de musique, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogation

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Maurice MAETERLINCK (1862-1949)

image Maeterlinck

Maurice MAETERLINCK naît le 29 août 1862 à Gand. Poète et surtout dramaturge, il est considéré comme étant le chef de file des symbolistes.

Comme d’autres poètes de son époque, il suit des études de droit avant de se consacrer à la littérature. Dès 1885, il publie des poèmes d’inspiration parnassienne, ce mouvement poétique qui a suivi le romantisme, visant à promouvoir « l’art pour l’art » comme l’écrivait GAUTIER.

Il décide de partir à Paris où il fait la connaissance de MALLARMÉ ou VILLIERS de L’ISLE-ADAM. Il découvre les idéalistes allemands, HEGEL et SCHOPENHAUER ainsi que SCHLEGEL, préfigurateur du symbolisme.

En 1889, il publie Serres chaudes, un recueil de poèmes qui sera mis en musique par CHAUSSON et Lili BOULANGER.

Chausson Serres chaudesCliquez sur l’image

Boulanger Lile RefletsCliquez sur l’image

Toujours en 1889, il publie sa première pièce de théâtre, la Princesse Maleine. Lili Boulanger en a tiré un opéra, dont le manuscrit est perdu.

Suivront en 1890 l’Intruse, portée à l’opéra par RIEMANN, et les Aveugles, qui a inspiré trois opéras, et en 1891 les Sept princesses.

1892 est l’année de son œuvre peut-être la plus connue, Pelléas et Mélisande, qui a fait l’objet d’au moins cinq adaptations musicales signées DEBUSSY, FAURÉ, SCHÖNBERG, SIBELIUS, WALLACE et Mel BONIS.

En 1894, ce sera une série de trois petites pièces : Alladine et Palomides, pièce qui fera l’objet de trois opéras, Intérieur (deux opéras), et la Mort de Tintagiles (trois opéras). Je reviendrai dans un billet spécifique à ces mises en musique de Pelléas et Mélisande.

En 1895, il fait la connaissance de l’actrice Georgette LEBLANC (la sœur de Maurice LEBLANC, le créateur du personnage d’Arsène Lupin.) Ils s’installent en concubinage notoire à Passy, près de Paris, au grand dam de leurs familles respectives, toutes les deux très catholiques. Ensemble, ils tiendront un salon fort couru où on pouvait rencontrer Oscar WILDE, Stéphane Mallarmé, Auguste RODIN ou encore Camille SAINT-SAËNS. Maurice et Georgette vivront ensemble jusqu’en 1918.

En 1896, Maeterlinck publie un second recueil de poésies, Douze chansons, dont certaines seront mises en musique par ZEMLINSKY. Pour le théâtre, il écrit Aglavaine et Sélysette (mis en musique par HONEGGER) et le Trésor des humbles.

Honegger Aglavaine et SélysetteCliquez sur l’image

En 1901, ce sera Ariane et Barbe bleue, mis en musique par Dukas et par Bartok (Le Château de Barbe bleue) et Sœur Béatrice (quatre opéras). Dans cette pièce, on retrouve les prénoms de Mélisande, Sélysette et Alladine pour les premières femmes de Barbe bleue.

Dukas Ariane et Barbe bleueCliquez sur les cinq premières femmes de Barbe bleue

Bartok le Château de Barbe bleueCliquez sur la pauvre Judith

En 1902, il écrit Mona Vanna qui sera porté quatre fois à l’opéra, dont un opéra inachevé de RACHMANINOV. En 1908, ce sera l’Oiseau bleu, porté à l’opéra par WOLFF.

Rachmaninov Monna VannaCliquez sur l’image

En 1911, Maeterlinck est lauréat du prix Nobel de littérature.

En 1918, il se marie avec une autre actrice, Renée DAHON.

En 1930, il rachète un bâtiment de luxe, conçu pour être un casino, et en fait sa villa qu’il appelle Orlamonde (comme dans Ariane et Barbe bleue ou une des Douze chansons.)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Maeterlinck se réfugie aux États-Unis. Il revient à Nice en 1947 et c’est dans sa villa d’Orlamonde qu’il meurt le 6 mai 1949, à l’âge de 85 ans.

Outre ses poésies et ses pièces de théâtre, Maeterlinck a aussi écrit des essais sur la biologie tels que la Vie des abeilles, la Vie des termites ou la Vie des fourmis, ainsi que des écrits mystiques.