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CASTA DIVA DANS LA PUB (2e Série)

On l’a vu (et entendu) dans le billet consacré à Norma de BELLINI, l’air « Casta Diva », où la grande prêtresse Norma implore la lune, est un des airs d’opéra les plus connus, sans que tout le monde ne sache forcément d’où il vient.

En tant que tel, il a donc été utilisé comme musique additionnelle dans beaucoup de films, ou encore dans la publicité. Le couturier Jean-Paul GAULTIER en a fait un de ses airs fétiches, tout au long de ses années de création.

Bellini Norma Csta Diva pub pour JP Gautier 2009Cliquez sur le baiser (2009)

Bellini Norma Casta Diva pub pour JP Gautier la Belle le BeauCliquez sur la belle et le beau

Bellini Norma Casta Diva pub pour JP Gautier le MâleCliquez sur le Mâle

Bellini Norma Casta Diva pub pour JP Gautier On the DocksCliquez sur On the Docks

Pub pour Divine

Cliquez sur la pub pour Divine

Pub pour le Mâle Élixir

Cliquez sur la pub

Gaultier s’est aussi servi de l’Élixir d’amour pour ses pubs, mais ça, vous le verrez dans un autre billet.

Mais il n’est pas le seul à avoir utilisé cet air.

Ainsi on retrouve Casta Diva dans une pub demandant l’interdiction des armes (Kill the Gun)

Pub Kill the Gun (Casta Diva)Cliquez sur la pub

Pour du café (L’Or Expresso)

Bellini Norma Pub L'or expressoCliquez sur la pub

pour une ouature (Alfa Romeo Giulia 2017)

Bellin Norma Casta diva pub Alfa RomeoCliquez sur la belle ouature

On peut aussi se souvenir de (ou découvrir) la pub pour Perrier (1976), interdite à la télé et réservée aux salles de cinéma, et qui déclenchait toujours une grande excitation dans la salle lorsqu’elle était projetée à « la Nuit des publivores ».

Bellini Norma Casta diva pubCliquez sur la main la plus sexy du monde

Retrouvez d’autres emplois de musique classique dans la pub en cliquant sur ce lien, et à bientôt pour de nouvelles réclames se servant de musique classique, avec une série se servant du Requiem de MOZART.

Maria Callas, Mes opéras préférés, Publicité

NORMA, de BELLINI (1831)

Norma est une tragédie lyrique de BELLINI, inspirée d’une tragédie française créée à Paris en 1831. Elle est à la limite entre l’opera seria hérité du XVIIIe siècle et le Grand Opéra façon XIXe. Norma se démarque des œuvres qui l’ont précédée par la continuité du chant, dans une sorte de mélodie continue qui marquera WAGNER, pourtant habituellement peu amène avec l’opéra italien. Norma a été créée à la Scala de Milan en 1831.

Cet opéra est un des rares (à ma connaissance) opéras à se passer en Gaule. (Un autre est Amaryllis des Gaules, de C.P.E. BACH, un des fils de Jean-Sébastien.)

Le pitch : Norma, grande prêtresse gauloise a eu une liaison avec Pollione, le proconsul romain dont elle a eu deux enfants. Pollione est maintenant amoureux d’Adalgisa, une jeune prêtresse. Quand Norma le découvre, elle tente de retenir Pollione avant d’avouer publiquement sa faute. Elle est condamnée à mort pour n’être pas restée chaste comme sa charge l’exige.

Acte I : Dans une forêt en Gaule, les druides guidés par leur chef Oroveso s’apprêtent à célébrer la pleine lune, qui sera le signal pour cueillir le gui sacré. Ils demandent à leur dieu de leur donner la force et le courage de battre l’envahisseur romain. Une fois les druides entrés dans leur temple, deux Romains s’avancent. Pollione avoue à Flavio qu’il n’aime plus sa maîtresse, la mère de ses deux enfants : la grande prêtresse Norma. Il est à présent amoureux d’une autre prêtresse, Adalgisa. Il lui raconte un rêve qu’il a fait : il se trouvait à Rome avec Adalgisa, mais son amour était brisé par Norma (Air : « Meco all’altar di venere »).

Bellini norma Meco all'altar di VenereCliquez sur Pollione

L’appel des druides retentit : la pleine lune est levée, la cérémonie peut commencer (Chœur : « Norma viene »).

Bellini Norma Norma vieneCliquez sur la pochette de disque

Norma s’avance, porteuse de la serpe sacrée. Aux Gaulois qui rêvent de se révolter contre les romains, Norma annonce que le temps n’est pas encore venu, que Rome tombera toute seule, victime de sa décadence. Elle s’adresse à la lune, la chaste déesse (Air : « Casta Diva »), lui demandant de répandre sa paix. Elle est déchirée entre le désir de chasser les Romains et son amour pour Pollione.

callas casta divaCliquez sur Norma Callas

Quand la forêt retrouve son calme, Adalgisa arrive, aspirant à retrouver Pollione. Celui-ci se montre et lui demande de renoncer à ses dieux cruels, au bénéfice de l’amour. À son tour, Adalgisa est déchirée entre son devoir de prêtresse et son amour pour Pollione. Celui-ci déclare qu’il part le lendemain à Rome, et lui demande de le suivre, ce qu’elle finit par accepter.

Dans sa demeure, Norma confie à Clotilde ses craintes que Pollione ne reparte à Rome sans elle, la laissant seule avec leurs deux enfants. Survient Adalgisa, venue lui avouer que, amoureuse d’un homme, elle demande à être libérée de sa charge de prêtresse. Pendant son récit, Norma revit ce qu’elle a elle-même vécu. Elle libère Adalgisa de ses liens, et l’interroge sur son amoureux. Quand Pollione avance, elle comprend que c’est de lui qu’il s’agit. Il se trouve alors accablé par les deux femmes, devant sa double traîtrise. Norma finit par prédire la mort de Pollione (Trio : « Oh ! Di qual sei tu vittima »).

Bellini norma Oh di qual sei tu vittimaCliquez sur Norma, Adalgisa et Pollione

Acte II : Armée d’un poignard, Norma s’apprête à tuer ses fils dans leur sommeil. Au moment fatal, elle ne peut s’y résoudre, et préfère se donner la mort. Elle fait appeler Adalgisa pour qu’elle conduise ses fils auprès de leur père. Émue, Adalgisa refuse, elle renonce à Pollione, et convainc Norma de vivre. Elle va plaider sa cause auprès de Pollione (Duo : « Mira, O Norma, a’ tuoi ginocchi »).

Bellini Norma Mira O NormaCliquez sur Adalgisa et Norma

Dans la forêt, les Gaulois s’apprêtent à attaquer le camp de Pollione, attendant un signe de leur dieu. Oreveso arrive et dit que le signe est négatif et qu’il vaut mieux ne pas attaquer les Romains (Air et chœur : « Ah, Del Tebro al giogo indegno »). Dans le temple, Norma attend Adalgisa, mais Clotilde vient lui annoncer qu’Adalgisa a échoué dans sa mission, et que Pollione veut partir à Rome avec elle. Furieuse, Norma frappe le gong sacré des druides, qui arrivent. Norma appelle au massacre des Romains. Ils prennent les armes (Chœur : « Guerra, guerra ! »), mais sont interrompus, car on a trouvé un Romain dans l’enceinte sacrée des druides.

Bellini Norma Guerra GuerraCliquez sur le chœur des Gaulois et des Gauloises

On le fait venir, c’est Pollione ! Norma s’avance pour le tuer, mais son bras s’arrête. Feignant de devoir l’interroger pour découvrir la coupable qui l’a fait venir, elle demande aux druides de se retirer un instant. Elle lui demande alors de renoncer à Adalgisa s’il veut avoir la vie sauve, mais lui préfère mourir. Elle lui avoue qu’elle a voulu tuer ses fils. Il lui répond de le frapper de son poignard. Quand enfin, elle lui dit qu’elle va faire mourir Adalgisa sur le bûcher pour le faire souffrir, il la supplie d’épargner cette dernière. Elle a enfin réussi : Pollione a prié Norma. Norma rappelle alors les Gaulois et va dévoiler le nom de la traîtresse. Mais, au lieu d’Adalgisa, elle se dénonce elle-même. À la foule incrédule, à son père, elle révèle qu’elle est mère et, dans une dernière prière à son père Oroveso, lui confie ses enfants avant de mourir. Pollione va mourir au bûcher avec elle.

Au XIXe siècle, il n’y avait pas internet pour mettre à disposition de tous les trésors de l’humanité, dont la musique. Un des moyens utilisés pour faire entrer la musique chez les gens était la transcription, pour piano ou autres instruments. LISZT, ce pianiste redoutable a ainsi écrit un grand nombre de transcriptions d’opéras de son époque, dont cette fantaisie sur Norma.

Bellini Norma transcription LisztCliquez sur la pianiste

Et, pour ceux et celles d’entre vous qui ont été sages en lisant ce billet, il y a une surprise.

Point d'interrogationCliquez (si vous avez été sage) sur la surprise

Agenda Ironique, Fantaisie

LA VILLE DE MAHAGONNY ET LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX

Ce billet s’inscrit dans l’Agenda Ironique de Janvier 2021, dont le thème est proposé par Carnets Paresseux.

Il s’agit de raconter la première semaine dans une ville, en utilisant les mots réverbère et Onésime, et si possible avec une liste en sept points (et non pas une coccinelle à sept points).

Pour tout savoir sur cet Agenda Ironique, c’est ici :

En villes étrangères (agenda ironique de janvier) ‹ Carnets Paresseux ‹ Reader — WordPress.com

Voici donc ma relation de ma première semaine passée dans la ville de Mahagonny, la ville de tous les péchés dont Bertold BRECHT et Kurt WEILL ont chanté la grandeur et la décadence.

Le lundi, en arrivant, j’ai été pris de jalousie pour les habitants de cette merveilleuse ville de Mahagonny.

Verdi Otello final de l'acte IICliquez sur Otello

Le mardi, devant les splendeurs de la ville, c’est l’orgueil qui m’a dominé.

Rossini Cenerentola Questo è un nodo avviluppatoCliquez sur l’ébouriffant sextuor final célébrant la victoire de la beauté sur l’orgueil

Le mercredi soir, constatant que les réverbères n’étaient pas encore allumés, la colère m’a pris.

Bellini la Somambule D'un pensiero e d'un accentoCliquez sur Elvino et Amina

Le jeudi, j’ai cédé à mon péché mignon, la gourmandise. Au menu, Onésime a préparé un Tournedos ROSSINI, des œufs MEYERBEER, et des Poires Belle Hélène et Dames blanches. C’est un bon cuisinier, Onésime.

poire belle-hélèneCliquez sur la poire Belle Hélène

Le vendredi a été consacré à la luxure.

Weill the Doors Alabama SongCliquez sur les portes

Le samedi, comme je n’avais plus beaucoup d’argent pour finir la semaine, un accès d’avarice m’a pris.

Rachmaninov le Chevalier avareCliquez sur l’image

Et enfin, le dimanche, traditionnellement jour de repos, je me suis offert une petite journée de paresse.

Poulenc Banalités HôtelCliquez sur l’image de ma chambre d’hôtel

Citations musicales :

la jalousie : Parmi les grands jaloux représentés à l’opéra, Otello est une figure majeure (notons qu’il concourrait également dans la catégorie colère.)

l’orgueil : à la fin de Cenerentola (Cendrillon) de ROSSINI, tous célèbrent la victoire de la beauté (de Cendrillon) face à l’orgueil de ses demi-sœurs.

la colère : Dans la Sonnambula (la Somnambule) de BELLINI, Elvino, trompé par les apparences (il trouve la femme qu’il aime dans le lit d’un autre), se met en colère contre celle-ci.

la gourmandise : les compositeurs d’opéras (du moins ceux qui étaient célèbres et riches) n’étaient pas les derniers à apprécier les plaisirs de bouche.

la luxure : Dans Grandeur et Décadence de la Ville de Mahagonny, de Weill, les pensionnaires du bordel chantent cette chanson, connue sous le nom de Alabama Song.

l’avarice : Le Chevalier avare est un opéra de RACHMANINOV.

la paresse : Dans « Hôtel », extrait des Banalités de POULENC, la cantatrice chante qu’elle veut rester dans sa chambre à ne rien faire, juste fumer.

(P.S. je consacrerai des billets spécifiques à chacun des sept péchés capitaux, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère, la paresse, ainsi qu’à Brecht et Weill).

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE LES GRANDES HÉROÏNES DE L’OPÉRA CHEZ VOUS – Semaine du 18 au 24 janvier

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 18 au 24 janvier 2021.

Cette semaine, le MET invite les grandes héroïnes de l’opéra. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Pour cette semaine de rediffusions gratuites, revivez les performances inoubliables de vos chanteuses préférées, incluant Anna Netrebko, Natalie Dessay, Sondra Radvanovsky, et d’autres.

Lundi 18 janvier BIZET Carmen

Bizet Carmen Rachvelishvili (MET)Cliquez sur la Carmencita

Mardi 19 janvier DONIZETTI Lucia di Lammermoor

Donizetti Lucia di Lammermoor (MET 2009)Cliquez sur Lucia

Mercredi 20 janvier BELLINI Norma

Bellini Norma Casta Diva Radvanovsky (MET 2017)Cliquez sur Norma

Jeudi 21 janvier VERDI La Traviata

Verdi Traviata Dessay METCliquez sur Violetta

Vendredi 22 janvier PUCCINI Tosca

Puccini Tosca duo d'amour du 1er acte (MET 1985)Cliquez sur Tosca

Samedi 23 janvier MASSENET Manon

Massenet manon oropesa (MET)Cliquez sur Manon (Oropesa)

Dimanche 24 janvier WAGNER Die Walküre (La Walkyrie)

Wagner die Walküre (MET 2011)Cliquez sur Sieglinde

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour recevoir des antihéros chez vous.

Compositeurs, histoire

Nicolas MÉHUL (1763 – 1817)

Méhul par Adrian

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Étienne Nicolas Méhul est né à Givet dans les Ardennes le 22 juin 1763. Formé par les franciscains de Givet, il gagne Paris en 1779 avec une lettre de recommandation pour Gluck. Pour le resituer dans l’histoire musicale, il était quasi contemporain de Beethoven (1770 – 1827).

Il commence sa carrière musicale par des adaptations d’airs d’opéras populaires. À vingt ans, il publie sa première partition, un recueil de trois sonates pour piano-forte. Un deuxième recueil paraît cinq ans plus tard, en 1788.

Méhul sonate opus 1 n 3Cliquez sur le pianiste

Encouragé par Gluck, il se tourne vers l’opéra et entreprend son premier ouvrage lyrique, Cora, en 1785, mais celui-ci n’est créé qu’en 1791. Sa première œuvre dramatique montée sur scène est Euphrosine (1790).

En parallèle de cette activité lyrique, la carrière de Méhul se déploie sous la révolution avec sa collaboration aux fêtes civiques, par différentes pièces patriotiques, dont le fameux Chant du départ (1794) ou encore le Chant national du 14 juillet 1800, écrit à la demande de Bonaparte.

Méhul le Chant du départCopier l’image

Ces travaux lui vaudront les honneurs de l’Institut de France, puis un poste d’inspecteur au Conservatoire de Paris à la création de celui-ci en 1795. avec Grétry et Gossec.

En 1797, il écrit le jeune Henri (ou la Chasse du jeune Henri), sur un livret de Bouilly. Bouilly est resté dans l’histoire de l’opéra par sa pièce Léonore, ou l’amour conjugal (1798), qui inspirera Beethoven pour son Fidelio.

Méhul le jeune Henri ouvertureCliquez sur l’image

Méhul écrit une trentaine d’opéras, dont l’Irato (1801), une réponse au premier consul qui prétendait que l’opéra bouffe était réservé à l’Italie. Méhul écrira donc un faux opéra italien, et ne dévoilera qu’il en était l’auteur qu’après que celui-ci eut remporté le succès. En 1806, il écrit Uthal, d’après les écrits apocryphes de Mac Pherson sur les poésies d’Ossian.

mehuk uthalCliquez sur l’image

Son plus grand succès restera l’opéra biblique Joseph (1807) qui connaît un grand triomphe y compris en Allemagne et en Italie.

Mehul Joseph part 3Cliquez sur Joseph et Jacob

Napoléon apprécie son œuvre, mais ceci n’aura pas d’influence sur sa carrière à la Restauration, et il sera nommé au conservatoire de Paris en 1816. Outre sa production d’opéras et d’œuvres patriotiques, Méhul est également l’auteur de cinq symphonies.

Méhul meurt de la tuberculose à Paris le 18 octobre 1817.

Fables de la Fontaine, littérature, Oulipo, Poésie

« LE CORBEAU ET LE RENARD », de La Fontaine

Après Le Loup et l’Agneau, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine, dont on célèbre cette année le 400e anniversaire de la naissance. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre des substantifs de ce poème par des citations musicales que m’évoque ce substantif.)

Aujourd’hui, un classique des classiques, le Corbeau et le Renard.

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

rabier-wachkyrieCliquez sur la Vache qui rit

Maître Renard, par l’odeur alléché,

Janacek la petite renarde rusée Acte II scène IICliquez sur le renard et la renarde

Lui tint à peu près ce langage :

« Hé, bonjour, Monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli, que vous me semblez beau!

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Flûte enchantée Papageno PapagenaCliquez sur Papageno et Papagena

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

À ces mots, le Corbeau ne se sent plus de joie;

Et pour montrer sa belle voix,

Donizetti L'Élixir d'amour Une furtiva lagrima (Caruso)Cliquez sur le ténor

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le renard s’en saisit et dit : « Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l’écoute :

Lully Atys PrologueCliquez sur le prologue d’Atys ou Louis XIV est comparé à un dieu !

Cette leçon vaut bien un fromage , sans doute. »

Le corbeau, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Citations :

un fromage : WAGNER, la Walkyrie, Chevauchée des Walkyries.

Maître Renard : JANACEK, La petite Renarde rusée.

votre plumage : MOZART La Flûte enchantée, duo de Papageno et Papagena

sa belle voix : DONIZETTI, l’Élixir d’amour, Una furtiva lagrima interprété par Enrico CARUSO (mort il y a cent ans en 1921).

tout flatteur : LULLY, prologue d’Atys, tout à la gloire de Loulou XIV, comparé dans ce prologue à un dieu.

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE RENÉE FLEMING CHEZ VOUS – Semaine du 11 au 17 janvier

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 11 au 16 janvier 2021.

Cette semaine, le MET invite la grande Renée FLEMING dans ses grands rôles au MET, de HAENDEL à STRAUSS en passant par MOZART, ROSSINI, MASSENET ou DVORAK. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 11 janvier Mozart Le Nozze di Figaro (Les Noces de Figaro)

Mozart Les Noces de Figaro Sull ariaCliquez sur Suzanne et la comtesse

Mardi 12 janvier Massenet Thaïs

MAssenet Thaïs Confrontation( MET 2008)Ne cliquez pas sur Thaïs et Athanaël

Mercredi 13 janvier Strauss Der Rosenkavalier (Le Chevalier à la rose)

strauss rosenkavalier trio finalCliquez sur Octavian, Sophie et la Maréchale

Jeudi 14 janvier Rossini Armida

Rossini Armida (MET)Cliquez sur Armida

Vendredi 15 janvier Strauss Capriccio

Strauss Cappriccio METCliquez sur la Comtesse

Samedi 16 janvier Haendel Rodelinda

Händel Rodelinda Io t'abbraccio (MET)Cliquez sur Rodelinda et Bertarido

Dimanche 17 janvier Dvořák Rusalka

Dvorak Rusalka METCliquez sur Rusalka

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour les grandes héroïnes de l’opéra.

Maria Callas, Mes opéras préférés

LA BOHÈME, de PUCCINI (1892 – 1895)

Adapté des Scènes de la vie de Bohème, un roman naturaliste français de Henry MURGER, la Bohème est un opéra de PUCCINI se passant dans le milieu bohème de Paris à la fin du XIXe siècle. De par son sujet, et du traitement que lui donne Puccini, cet opéra ressort du vérisme, lancé en 1890 par MASCAGNI avec son Cavalleria Rusticana. La Bohème a été créé en 1896 à Turin, sous la direction de TOSCANINI. On peut dire de cet opéra qu’il est vérismissime !

Le pitch : Dans le Paris du XIXe siècle, quatre amis vivent pauvrement. L’un d’eux, Rodolfo, tombe amoureux de leur pauvre voisine, Mimi. Celle-ci, affaiblie par les privations, tombe malade et, faute de soins, meurt.

Acte I : La nuit de Noël, Marcello le peintre et Rodolfo l’écrivain luttent contre le froid dans leur mansarde parisienne. Pour alimenter le feu, ils brûlent le drame que Rodolfo est en train d’écrire. Colline le philosophe entre : il n’a pas réussi à mettre ses livres en gage pour avoir un peu d’argent. Enfin arrive Schaunard le musicien, porteur de cigares, de vin et de nourriture. Il a gagné de l’argent grâce à un riche Anglais à qui il a donné des cours. Il les invite au café Momus, au Quartier latin. Ils partent tous, sauf Rodolfo, qui doit terminer un article. On frappe à la porte. C’est une jeune voisine qui vient chercher du feu pour rallumer sa bougie éteinte. Au moment de repartir, elle cherche sa clé, mais les bougies s’éteignent et les deux voisins se retrouvent dans le noir. Rodolfo trouve la clé et l’empoche pour rester avec la jeune femme. Il lui prend la main, se présente, et lui déclare son amour (Air « Che gelida manina »). La voisine, Mimi, répond sur le même ton, elle s’appelle Mimi, est brodeuse, et vit seule dans sa chambre sous les toits (Air : « Mi chiamano Mimi »).

Puccini la Bohème Mi chiamani Mimi (Callas)Cliquez sur Mimi Callas

En bas, les amis de Rodolfo l’appellent. Le couple sort enfin (duo d’amour : « O suave fanciulla »).

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur Rodolfo et Mimi

Acte II : La petite bande traverse la foule du quartier latin et se dirige vers le café Momus (Chœur avec enfants à la Carmen : « Aranci, datteri »). Rodolfo achète une petite coiffe pour Mimi. Musetta, l’ancienne maîtresse de Marcello, arrive, avec un vieux conseiller d’État, Alcindoro. Furieuse que Marcello l’ignore, elle entonne un air coquin destiné à éveiller la jalousie de Marcello (Air : « Quando me n’vo soletta »).

Puccini La Bohème Quando me'n vo solettaCliquez sur Musetta

Pour se débarrasser d’Alcindoro, elle l’envoie chez le cordonnier faire réparer sa chaussure. Musetta et Marcello tombent dans les bras l’un de l’autre. Le garçon arrive avec l’addition, mais l’argent de Schaunard ne suffit pas. Musetta fait porter l’addition sur le compte d’Alcindoro. Les amis, ravis, la portent en triomphe et partent. Quand Alcindoro revient avec la chaussure de Musetta, le garçon lui présente la note. Alcindoro s’effondre sur un siège.

Acte III : Aux portes de la ville, les balayeurs et les laitières franchissent la barrière. Mimi entre, toussant fortement. Elle cherche Marcello, qui peint des fresques sur les murs d’une taverne. Elle lui dit que Rodolfo vient de la quitter. Marcello répond que Rodolfo est dans la taverne. Rodolfo, qui vient de se lever, rejoint son ami. Mimi écoute, cachée, Rodolfo expliquer qu’il est parti parce que Mimi joue les coquettes, avant d’avouer la vérité. Il révèle que Mimi est très malade et que, étant trop pauvre, il ne peut rien pour elle. Il la pousse donc à le quitter pour trouver quelqu’un de riche qui pourra la soigner. Mimi, qui a tout entendu, révèle sa présence en toussant. Elle lui fait ses adieux, lui disant de garder la petite coiffe qu’il lui avait offerte, en souvenir de son amour (Air : Donde lieta usci).

Puccini La Bohème Donde lieta usciCliquez sur Mimi

Rodolfo et Mimi tombent dans les bras l’un de l’autre et décident de se séparer au printemps, pendant que Marcello, jaloux, et Musetta se disputent.

Acte IV : Dans leur mansarde, Rodolfo et Marcello parlent de leurs amours passées. Schaunard et Colline arrivent avec le dîner, frugal. Ils font semblant d’être à un festin avant d’improviser un ballet burlesque. Musetta paraît : elle a croisé Mimi dans la rue, gravement malade, et l’a ramenée à la mansarde. Pour payer le médecin, Musetta décide de céder ses boucles d’oreille et Colline va porter son manteau au clou. Schaunard laisse enfin Rodolfo et Mimi seuls. Ils se rappellent leur première rencontre. Rodolfo lui montre la petite coiffe qu’il lui avait achetée. Les autres reviennent avec une potion. Un médecin va venir, mais Mimi s’est évanouie. Mimi meurt pendant que Musetta prie. Schaunard découvre le décès. Rodolfo, comprenant ce qui vient d’arriver se précipite et crie le nom de son amour « Mimi ! ».

Puccini La Bohème finalCliquez une dernière fois sur Mimi et Rodolfo 😢

Compositrices, Jazz, Mythologie, Nature

DES ÉTOILES À L’OPÉRA (6 JANVIER)

L’épiphanie est une fête chrétienne qui a lieu, traditionnellement, le 6 janvier (ou le premier dimanche de janvier). Dans la culture populaire, ce sont les rois mages, venus d’Orient et guidés par une étoile, pour saluer l’Enfant-Jésus qui vient de naître.

Ce qu’on appelle l’étoile du berger, un des objets célestes les plus brillants du ciel nocturne, est en fait une planète. Il s’agit de Vénus, la deuxième planète du système solaire. Sa proximité avec le soleil fait qu’on ne la voit qu’au lever et au coucher de celui-ci. Au milieu de la nuit, étant proche du soleil, elle est donc cachée en même temps que lui, et au milieu du jour, sa clarté est éclipsée par celle du soleil.

Vénus, c’est évidemment la déesse de l’Amour (Aphrodite chez les Grecs). C’est pour s’être réfugié chez elle que Tannhäuser, dans l’opéra de WAGNER, est rejeté par les hommes. Amusamment, dans cet opéra, on retrouve à la fois son côté pécheresse dans la « bacchanale » qui ouvre le premier acte, et son côté poétique dans la « romance à l’étoile » que Walter chante au 3e acte.

Wagner Tannhaüser BacchanaleCliquez sur la bacchanale au mont de Vénus

Wagner Tannhaüser Romance à l'étoileCliquez sur l’image

Mais revenons aux rois mages suivant leur étoile. BIZET s’est inspiré d’un vieux chant provençal pour sa « Marche des Rois », dans la musique qu’il a composée pour la pièce L’Arlésienne de DAUDET.

Bizet l'Arlésienne (Stutzmann)Cliquez sur l’orchestre et sa cheffe

Pour rester sur le thème de l’épiphanie, écoutons l’opéra jazz de COSMA Marius et Fanny, d’après PAGNOL.

Cosma Marius et FannyCliquez sur Marius et pis Fanny

Le ciel d’hiver se caractérise dans l’hémisphère Nord par la constellation d’Orion, et par une étoile très brillante, Sirius. Orion était un chasseur géant et redoutable. Artémis s’intéressait à lui, mais Apollon, le frère d’Artémis, craignant pour sa sœur, s’arrangea pour le faire mourir d’une flèche de la chasseresse. Quand elle comprit qu’elle venait de tuer Orion, elle le plaça dans le ciel, en compagnie de ses chiens, Sirius et Procyon.

Le mythe d’Orion a inspiré bien des compositeurs, de Louis de LA COSTE (1728) à Kaija SAARIHAO (2002).

Orion de de LA COSTE (1728)

de La Coste OrionCliquez sur la partition

Saariaho OrionCliquez sur les percussionnistes

Retrouvez prochainement d’autres histoires liées aux étoiles, constellations et héros de la mythologie, mais en attendant, je ne peux résister au plaisir de vous offrir « E lustevan le stelle », de la Tosca de PUCCINI. Le héros, Cavaradossi, au matin qui précède son exécution, voit le jour se lever sur Rome, et les étoiles s’éteindre dans le ciel.

Puccini Tosca E lucevan le stelleCliquez sur Cavaradossi

Cliquez sur Cavaradossi

Point d'interrogationCliquez sur le bonus (habilement) caché

Et retrouvez une autre série d’éoiles à l’opéra en cliquant sur le lien.

Anniversaire, Divers

LES ANNIVERSAIRES DE 2021 – Partie 2 – les écrivains et les musiques que c’est pas de l’opéra.

Après les compositeurs et les opéras que l’on pourra célébrer en 2021, voici deux nouvelles catégories d’anniversaires célébrables en cette année qui commence.

Dans la catégorie « autres musiques qui ne sont pas de l’opéra mais que j’aime bien » sont nommés :

Entre 1820 et 1822, BEETHOVEN achevait ses sonates pour piano avec les trois dernières, formidables, (formidable dans ses deux sens : qui est grand et qui fait peur !), les opus 109, 110 et 111. L’opus 110 date de 1821.

Beethoven opus 110Cliquez sur la pianiste

Le Rouet d’Omphale de Saint-Saëns (1871)

Saint-Saëns le Rouet d'OmphaleCliquez sur l’image

Jeux d’enfants de Bizet (1871)

Bizet Jeux d'enfantsCliquez sur la partition

Chout le bouffon, de Prokofiev (1921)

BRAHMS Schicksalslied (1871), d’après HÖLDERLIN, assez proche dans l’esprit et dans le style du Requiem allemand (1871).

Brahms SchicksalsliedCliquez sur l’image

Dans la catégorie « écrivains dont les œuvres ont inspiré de la musique » sont nommés :

Jean de LA FONTAINE (1621 – 1695)

Caplet la Fontaine le Loup et l'AgneauCliquez sur la soprano

Walter SCOTT (1771 – 1832)

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur cette malheureuse Lucia

Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867)

Duparc Baudelaire Invitation au voyageCliquez sur l’Invitation au voyage

Gustave FLAUBERT (1821 – 1880)

Massenet HérodiadeCliquez sur Hérodiade