Divers, Nature

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 2 – LA GOURMANDISE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil, le deuxième péché capital est la gourmandise. On pourrait même le qualifier de péché capiteux.

Si on boit beaucoup à l’opéra, le péché de chère y est aussi représenté. (Le péché de chair également, mais ça, ce sera pour la luxure, troisième billet, encore à venir, de cette série.)

Commençons donc par un « classique » du XVe siècle, le Tourdion de Pierre ATTAIGNANT, une chanson à boire et à manger, qui se chante en canon.

Attaignant TourdionCliquez sur les gras jambons

Dans le Don Giovanni de MOZART, le héros invite la statue du commandeur à souper. C’est lors de ce souper qu’il perdra la vie, entraîné dans les flammes de l’enfer.

Mozart Don Giovanni final (le souper)Cliquez sur le souper final

L’acte II de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ se déroule aux cuisines pendant qu’un festin se déroule en coulisses. Les serviteurs se plaignent d’avoir à servir les hôtes, pendant que ceux-ci improvisent un chœur à boire.

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Au début de Manon de MASSENET, les voyageurs appellent en vain l’hôtelier pour se faire servir à manger.

Massenet Manon Holà Monsieur l'hôtelierCliquez sur l’image

Le plus « beau » personnage de gourmand de l’opéra est Falstaff, qui a inspiré à Verdi son dernier chef-d’œuvre. Falstaff de VERDI. L’action débute à l’auberge où Falstaff et ses valets ont laissé une lourde ardoise.

Verdi Falstaff début Act ICliquez sur Sir John à l’auberge

Dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV, Truffaldino, assoiffé, ouvre les 3 oranges dérobées à la cuisinière de la sorcière, ce qu’il n’aurait pas dû faire.

Prokofiev l'Amour des 3 oranges les 3 orangesCliquez sur les 3 oranges et découvrez ce qui va se passer…

Dans le conte pour enfants Hänsel und Gretel, d’HUMPERDINCK, les deux enfants ont tort de céder à leur gourmandise en mangeant la maison en pain d’épices de la sorcière.

Humperdinck Hänsel und GretelCliquez sur l’image

Enfin, les compositeurs étant parfois eux aussi attirés par la bonne chère, certains d’entre eux ont laissé leur nom dans le domaine de la gastronomie.

Et voilà, à bientôt pour un nouveau péché : la luxure !

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DMITRI HVOROSTOVSKY CHEZ VOUS – Semaine du 22 au 28 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 22 au 28 février 2021.

Cette semaine, le MET nous propose quelques-uns des grands rôles de Dmitri HVOROSTOVSKY, le regretté baryton russe mort en 2017. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 22 février VERDI Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi il trovatore il balen del suo sorriso (MET 2011)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Mardi 23 février TCHAÏKOVSKI La Dame de pique

Tchaïkovsky la Dame de pique (MET 1999)Cliquez sur Lisa

Mercredi 24 février Tchaikovsky Eugène Onéguine

Tchaïkovski Eugène Onéguine air d'Onéguine de l'acte I (MET 2007)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Jeudi 25 février Verdi Ernani

Verdi Ernani (MET 2012)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Vendredi 26 février Verdi La Traviata

Verdi La Traviata Sempre libera (MET 2012)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky (dans le fond)

Samedi 27 février Verdi Un Ballo in Maschera (Un Bal masqué)

Verdi Un ballo in maschera Eri Tu (MET 2012)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Dimanche 28 février Verdi Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi il trovatore Qual voce (MET 2015)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des femmes d’exception.

Et puis, parce que c’est vous, je vous ai réservé une petite surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le point d’interrogation 🙂

Compositeurs

BEETHOVEN (1770 – 1827) – Partie 2 – LE DIEU

Suivant l’avis de Franz LISZT, on distingue trois époques dans les compositions de Ludwig van Beethoven : l’enfance (ou la jeunesse), l’homme (ou la maturité), le dieu (le génie).

On a vu dans la première partie de ces articles consacrés à BEETHOVEN les années de jeunesse et celles de la maturité. Alors que ses œuvres de jeunesse sonnent encore comme du MOZART (les deux premières symphonies ou les premières sonates pour piano) ou comme du HAYDN (les six premiers quatuors), Beethoven trouve assez vite sa propre voix en même temps que sa propre voie, avec les symphonies 3 à 8, les quatuors 7 à 11, et tout le corps des sonates avant les cinq dernières, et son opéra Fidelio.

Au début des années 1820, il commence ses ultimes œuvres, poussant la musique dans des contrées encore inexplorées, et ceci malgré sa surdité devenue totale : ce seront les dernières sonates pour piano, les derniers quatuors, et la neuvième Symphonie avec chœur. Pour moi, c’est le propre des génies que de créer les formes dont ils ont besoin quand les formes préexistantes ne leur suffisent plus.

Côté piano, il a épuisé la forme sonate héritée de Mozart et Haydn, et il attaque des œuvres comme la Hammerklavier (Clavier à marteaux) opus 106 (1819), vaste monument du piano, avant que de terminer par les opus 109, 110 et 111 (respectivement 30e, 31e et 32e sonates), laissant la 32e sans son traditionnel troisième mouvement, le son s’éteignant après l’extraordinaire deuxième mouvement.

Beethoven opus 111 PolliniFermez les volets, éteignez votre téléphone et embarquez vous pour un voyage au bout de la musique

Dès lors, il faudra un Liszt pour oser reprendre cette forme après lui avec la Sonate en si bémol mineur. Bien heureusement, de nombreux compositeurs continueront ensuite à en composer, notamment SCHUMANN et BRAHMS. (Et je n’oublie pas qu’à cette même époque, SCHUBERT écrivait lui aussi des sonates qui restent des chefs-d’œuvre du genre.)

Côté quatuors à cordes, c’est en 1825 qu’il porte cette forme au-delà de tout ce qui avait été fait avant lui, avec le 12e, opus 127, les 13e, 14e et 15e, opus 130, 131 et 132 et le 16e opus 135, ouvrant ainsi la voie au XXe siècle, avec un siècle d’avance sur son temps. L’éditeur de Beethoven, effrayé par la hardiesse de la fugue de l’opus 130, lui demanda de la changer, ce que fit Beethoven, pour la remplacer par quelque chose de plus léger. Qu’importe, il la reprit sous le titre de Grande fugue, opus 133, publié juste après sa mort.

Beethoven Grande fugue opus 133Cliquez sur la Grande fugue

Pour ce qui est de la symphonie, il doit aussi inventer, dépasser le cadre rigide de la forme « symphonie », et il écrit sa neuvième symphonie en y introduisant des chœurs, sur l’Ode à la joie de SCHILLER. Il a pour cela repris une partie du matériau musical de sa Fantaisie chorale opus 80.

Beethoven 9e symphonieCliquez sur l’image

Il meurt à Vienne le 26 mars 1827, en laissant un catalogue impressionnant de 9 symphonies, 16 quatuors à cordes, 5 concertos pour piano et un pour violon, 32 sonates pour piano, des trios, des messes, des lieder, etc…

Beethoven Fantaisie choraleCliquez sur l’ébauche de la 9e symphonie

Et je vous propose de terminer cette évocation par la dernière œuvre de Beethoven, le 16e quatuor opus 135, et son annotation métaphysique de Beethoven « Muss es sein? » (« Est-ce que cela doit être ? »)

Beethoven 16e quatuor opus 135Cliquez sur le dernier quatuor

Cinéma

LES OPÉRAS PORTÉS À L’ÉCRAN

Depuis les débuts du cinéma, les trames d’opéras ont inspiré les réalisateurs.

On sait peu que la première musique écrite spécifiquement pour un film était de Camille SAINT-SAËNS, pour L’assassinat du Duc de Guise, en 1906.

Carmen, un des opéras les plus populaires, est aussi celui qui a inspiré le plus de films. Il a été adapté (en muet !) dès 1909. La liste des cinéastes ayant réalisé leur Carmen est impressionnante : Cecil B. DeMILLE, Charlie CHAPLIN, Ernst LUBITSCH, mais aussi Otto PREMINGER avec Carmen Jones, qui transpose l’histoire dans les milieux noirs états-uniens. Carlos SAURA, Jean-Luc GODARD avec Prénom Carmen, Francesco ROSI, Peter BROOK ont aussi eu leur Carmen, sans oublier le ballet Carmen à Pékin de Jean YANNE dans Les chinois à Paris. La version la plus célèbre est certainement celle de Rosi, avec Julia MIGENES JOHNSON dans le rôle-titre.

Bizet Carmen habanera MigenesCliquez sur Carmen

D’autres opéras ont fait l’objet d’adaptation au cinéma, parmi lesquels on peut citer La Flûte enchantée, de MOZART, adaptée en suédois par Ingmar BERGMAN et filmée dans le petit bijou qu’est le théâtre de Dronningholm. De Mozart, on peut aussi citer l’admirable Don Giovanni, de Joseph LOSEY,

Mozart don Giovanni trio des masquesCliquez sur le trio des masques

ou encore Les Noces de Figaro, filmé par Jean-Pierre PONNELLE d’après une version montée par KARAJAN au Festival de Salzbourg. La version de 1962 du Festival de Salzbourg du Chevalier à la Rose a fait l’objet d’un superbe film, où Elizabeth SCHWARZKOPF tenait un de plus beaux rôles.

Strauss Rosenkavalier filmCliquez sur le trio final

VERDI a également été bien servi, notamment avec La Traviata et Otello filmés par Franco ZEFFIRELLI,

Verdi Traviata ZeffirelliCliquez sur la fête chez Violetta

ou Macbeth filmé par Claude d’ANNA. Il y a également un très kitsch Le Trouvère mis en scène par Karajan.

WAGNER, l’exact contemporain de Verdi a été servi, par Karajan encore (Rheingold), mais aussi dans le film de SYBERBERG Parsifal.

Wagner Parsifal filmNe cliquez pas sur l’image

Le réalisateur Benoit JACQUOT a mis en scène et filmé Werther et Tosca. alors que Frédéric MITTERAND a réalisé son Madame BUTTERFLY.

Pour le XXe siècle, il existe une belle version de Porgy and Bess, filmée par Otto Preminger.

Gershwin Porgy and Bess Summertime (film)Cliquez sur l’image

Et plus près de nous, la comédie musicale West side Story de Bernstein a fait l’objet d’une magistrale version cinématographique (le film aux 10 oscars!)

Bernstein West Side Story MariaCliquez sur Tony

alors que l’opéra-rock Tommy a été porté à l’écran par Ken RUSSELL.

The Who Tommy le filmCliquez sur la bande-annonce

Cinéma, Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE ZEFFIRELLI CHEZ VOUS – Semaine du 15 au 21 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 15 au 21 février 2021.

Cette semaine, le MET nous propose quelques-unes des grandes mises en scène de Franco ZEFFIRELLI, un des metteurs en scène les plus intéressants de l’histoire de l’opéra. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Zeffirelli (1923 – 2019) était un homme de théâtre, de cinéma et un spécialiste des mises en scène d’opéras. On lui doit notamment des opéras filmés, notamment une splendide Traviata.

Lundi 15 février PUCCINI La Bohème

Puccini La Bohème final acte IICliquez sur les quatre amis

Mardi 16 février VERDI Falstaff

Verdi Falstaff E sogno o realtaCliquez sur Falstaff

Mercredi 17 février MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

Mascagni Pagliacci (MET 1978)Cliquez sur Paillasse et …

Jeudi 18 février Puccini Tosca

Puccini Tosca (MET 1985)Cliquez sur Tosca et Cavaradossi

Vendredi 19 février MOZART Don Giovanni

Mozart Don Giovanni (MET 1990)Cliquez sur Dona Anna découvrant le corps de son père lâchement assassiné

Samedi 20 février BIZET Carmen

Bizet Carmen La fleur que tu m'avais jetée (MET 1997)Cliquez sur Don José

Dimanche 21 février Puccini Turandot

Puccini Turandot finalCliquez sur la scène finale de Turandot

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour un hommage à Dmitri Hvorostovsky, ça va encore être bien !

littérature, Oulipo, Poésie

« À UNE DAME CRÉOLE », de BAUDELAIRE

Après La Musique de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans les poèmes de cet auteur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales que m’inspirent ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc À une dame créole, écrit pour sa maîtresse Jeanne DUVAL.

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprés
Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Bizet les Pêcheurs de Perles Je crois entendre encore (Alagna)Cliquez sur le ténor

 

Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Rameau Hippolyte et Aricie Que tout soit heureux sous les lois (Diane)Cliquez sur l’image

 

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d’orner les antiques manoirs,

Lully Alceste PrologueCliquez sur Loulou XIV, le Héros de la nymphe de la Seine

 

Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

 

Bizet Carmen ToréadorCliquez sur le toréador

Citations:

Et de palmiers : BIZET, les Pêcheurs de perles, « Je crois entendre encore » (caché sous les palmiers)

comme une chasseresse : RAMEAU, Hippolyte et Aricie. À la fin de cet opéra, Diane la chasseresse se réjouit de ce que tout se termine bien (Que tout heureux sous les lois…)

la Seine : LULLY, Alceste, dans le prologue de cet opéra, la nymphe de la Seine déclare à Louis XIV qu’il est son héros !

grands yeux noirs : Bizet, Carmen, dans l’air Toréador, un œil noir le regarde.

Et en bonus pour ces yeux noirs, une petite surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le point d’interrogation pour accéder au bonus surprise

Compositeurs

Mikhaïl GLINKA (1804 – 1857)

Né le 1er juin 1804 en Russie, fils d’un capitaine de l’armée russe, Mikhaïl GLINKA est considéré comme étant le « père de la musique russe ».

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Il commence le violon et le piano à l’âge de dix ans. À treize ans, on l’envoie en pension à Saint-Pétersbourg. Il y rencontre Alexandre POUCHKINE, avec qui il restera ami jusqu’à la mort de celui-ci.

De santé fragile, il fait un séjour pour se soigner en Italie de 1830 à 1833. Il perfectionne son art musical et, rencontrant BELLINI et DONIZETTI, il prend conscience de la différence entre la musique du Sud, plutôt insouciante, et la musique russe, plus sombre. Il songe à ce que pourrait être un opéra russe.

Il poursuit ses études musicales à Berlin de 1833 à 1834 et, de retour en Russie, il se décide à écrire une musique inspirée des airs populaires russes. Il met en chantier Ivan Soussanine ou Une vie pour le tsar, qui est représenté en 1836.

(Opéra et politique : sous le régime soviétique, l’opéra Une vie pour le tsar a repris le titre original de Ivan Soussanine, car il n’était pas question de glorifier le régime tsariste.)

Glinka Une Vie pour le tsar ouvertureCliquez sur la partition de l’ouverture

Glinka Une Vie pour le tsar finalCliquez sur le chœur final

En 1837, Glinka est nommé Maître de la Chapelle Impériale, poste dont il démissionne en 1839.

En 1844, il rencontre BERLIOZ à Paris, qui écrit des articles élogieux sur sa musique. Il écrit Rouslan et Ludmila (1842) d’après une œuvre de son ami Pouchkine. Ce second opéra connaît moins de succès que le premier, qui glorifiait la dynastie des tsars.

Glinka Russlan et Ludmilla OuvertureCliquez sur l’ouverture

Glinka Russlan et Ludmilla scène persanneCliquez sur la scène persanne

Glinka Russlan et Ludmilla FinalCliquez sur la fermeture

En 1845 – 1847, il voyage en Espagne, où il écrit deux ouvertures ibériques.

Glinka Nuit d'été à MadridCliquez sur la deuxième ouverture ibérique (Nuit d’été à Madrid)

Il influence le compositeur DARGOMISKY (1813 – 1869) [Esméralda (1839), d’après Victor HUGOLa roussalka (1855), d’après Pouchkine, et son chef-d’œuvre que la mort laisse inachevé Le festin de Pierre, d’après le Don Juan de Pouchkine, et qui sera terminé par CUI et RIMSKY-KORSAKOV]

En 1855, il rencontre BALAKIREV, en qui il reconnaît son successeur musical.

Glinka meurt à Berlin le 15 février 1857.

En tant que « père de la musique russe », il faut noter son influence sur le Groupe des cinq (Balakirev, MOUSSORGSKI, Cui, BORODINE, Rimski-Korsakov).

De Une vie pour le Tsar vont découler Le Prince Igor de Borodine, Boris Godounov, de Moussorgski, Ivan le Terrible de Rimsky-Korsakov jusqu’à La guerre et la Paix de PROKOFIEV. De Rouslan et Ludmila découleront Kitège et Le coq d’or de Rimsky-Korsakov, jusqu’à L’amour des trois oranges de Prokofiev.

Glinka est l’exact contemporain de Mendelssohn (1809 – 1847), ce qui se perçoit bien dans son style musical.

Grandes maisons d'Opéra

L’OPÉRA DE VIENNE INVITE MOZART CHEZ VOUS DU 9 AU 13 FÉVRIER !

Comme d’autres grandes maisons d’Opéra, l’Opéra d’État de Vienne (Wiener Staatsoper) a repris sa programmation « en ligne ». Comme pour le MET, les opéras sont visibles pour une période de 24 heures, allant de 19 heures un jour à 19 heures le lendemain, à l’adresse ci-dessous :

Wiener Staatsoper (wiener-staatsoper.at)

Voici le programme MOZART pour la période allant du 9 au 13 février 2021.

Mardi 9 février Don Giovanni

Mozart don Giovanni Or sai, chi l'onore (Wien 2015)Cliquez sur Dona Anna

Mercredi 10 février la Clemanza di Tito (la Clémence de Titus)

Jeudi 11 février Le Nozze di Figaro (les Noces de Figaro)

Mozart Les Noces de Figaro Sull'aria (Ponnelle)Cliquez sur Suzanne et la comtesse

Vendredi 12 février Die Zauberflöte (la Flûte enchantée)

Mozart Zauberflöte bande annonce (Wien 2015)Cliquez sur Papageno

Samedi 13 février Die Entführung aus dem serail (l’Enlèvement au sérail)

Mozart L'Enlèvement ai sérail Martern aller Arten (Vienne 2020)Cliquez sur l’image

littérature, Mes opéras préférés

DIALOGUES DES CARMÉLITES, de POULENC (1953 – 1955)

Opéra mystique

Dialogue des Carmélites

Bernanos – Poulenc

Dialogues des Carmélites a été écrit par Georges BERNANOS en 1948 pour servir de scénario à un film, d’après une pièce écrite entre les deux guerres par une Allemande, le film ne se fera finalement pas. Bernanos meurt peu de temps après, et le manuscrit reste dans ses papiers. Retrouvé après sa mort, il est adapté pour le théâtre, et créé en Allemagne en 1951. C’est en 1953 que Francis POULENC a l’idée d’en tirer un opéra, qu’il compose de 1953 à 1955. L’œuvre est créée à la Scala de Milan début 1957, avant que d’être créée à Paris quelques mois plus tard.

Le pitch : Pendant la Révolution, une jeune fille de la noblesse s’engage au Carmel. Malgré sa crainte de la mort, elle rejoint ses consœurs à l’échafaud.

Poulenc Dialogue des Carmélites de muntCliquez sur l’image

Premier Tableau : À l’hôtel particulier de la famille de la Force, peu avant la Révolution française. Le fils de la famille, le Chevalier, demande à son père, le marquis de La Force, où est sa sœur Blanche. Le père lui annonce son intention de marier Blanche à un ami du Chevalier, Roger de Damas. Blanche entre à ce moment dans le salon, et dit la crainte quelle vient d’avoir en traversant la foule dans son carrosse, alors que la révolte commence à gronder. Elle sort d’une cérémonie religieuse chez les Sœurs de la Visitation. Elle se retire dans sa chambre. Entendant un cri, le Baron va voir ce qui se passe. Blanche lui annonce son intention d’entrer au Carmel.

Deuxième Tableau : Quelques semaines plus tard, au parloir du Carmel de Compiègne, la supérieure interroge Blanche sur ses motivations à entrer au couvent. Elle lui explique que la règle des religieuses est de prier pour les autres. Elle demande à Blanche si elle a choisi son nom de carmélite. Blanche répond : sœur Blanche de l’Agonie du Christ. Quelque temps plus tard, Blanche est reçue comme postulante. Elle discute avec sœur Constance à qui elle reproche de trouver la vie amusante. Sœur Constance lui révèle qu’elle a le pressentiment que leurs destins sont liés, et qu’elles mourront ensemble.

À l’infirmerie, Mère Marie et le médecin sont au chevet de la Prieure, qui se meurt. La prieure recommande Blanche à mère Marie, et lui dit qu’elle a choisi Blanche, à cause de son nom de carmélite qui est celui qu’elle-même avait choisi en entrant dans les ordres. Quand commencent les râles de l’agonie, Blanche, attirée par les cris, se dirige vers l’infirmerie. La prieure lui demande de s’approcher et lui réserve ses derniers mots, lui confiant sa peur de mourir. Plus tard, la Prieure morte, les religieuses doivent veiller le corps. À un moment, restée seule, Blanche s’enfuit. mère Marie, qui était à la porte, la gronde pour son manque de courage, avant de la consoler.

Troisième Tableau : Blanche et sœur Constance tressent une croix de fleurs pour la tombe de la Prieure. Elles parlent de leur conception de la mort.

Poulenc Dialogue des Carmélites Pensez à la mort de notre chère MèreCliquez sur Sœur Constance

La nouvelle Prieure a été nommée. Ce n’est pas mère Marie, mais sœur Marie de Saint-Augustin, une fille de fermiers qui s’exprime en proverbes et en citations, avec un gros bon sens populaire.

Poulenc Dialogue des Carmélites Mes chères fillesCliquez sur la mère supérieure

Elle a reçu une lettre de son évêque, qui demande que les postulantes reçoivent le voile. Mère Marie pense que c’est trop tôt pour Blanche, mais la Prieure insiste pour que l’on obéisse à l’évêque. (Suit la scène, muette, de la prise de voile).

Poulenc Dialogue des Carmélites METCliquez sur l’image

Au parloir, un délégué de la municipalité et le notaire du couvent vont faire l’inventaire des biens de la communauté, qui doivent être remis à disposition de la Nation. Après cet inventaire, les sœurs discutent de leur avenir. On voit que les idées de la révolution ont pénétré au sein du Carmel, entre les filles de paysans, de bourgeois, et de la noblesse.

Le Chevalier vient chercher Blanche, pour la faire partir à l’étranger, sur ordre de leur père. Blanche refuse de quitter le Carmel.

Poulenc Dialogue des Carmélites Oh ne me quittez pasCliquez sur Blanche et le Chevalier

Des citoyens viennent fouiller le couvent, à la recherche d’or, ou de « jeunes filles séquestrées par leur famille ». Mère Marie tient tête au commissaire qui voudrait faire sortir Blanche du couvent.

Quatrième Tableau : La prieure lit devant l’assemblée le décret suspendant les vœux des sœurs. Blanche souhaite néanmoins prononcer ses vœux en secret, mais la Prieure refuse.

Les révolutionnaires entrent dans le couvent et pillent les objets sacrés. La prieure convoque Blanche pour l’inciter à quitter le couvent, craignant que son manque de courage ne lui permette d’affronter la situation, mais Blanche refuse encore.

Le jour du Vendredi saint, l’aumônier arrive pour célébrer une messe clandestine, et annonce qu’il reviendra pour Pâques. Le jour de Pâques, l’aumônier ne vient pas. S’ensuit une discussion sur la peur et le courage. Mère Marie suggère que, pour compenser l’absence du prêtre, les sœurs donnent leur vie en martyre. La prieure déclare que c’est à chacune de se prononcer sur le martyre. Suit une discussion sur l’attitude que chacune imagine tenir face à ce martyre à venir. Seule Blanche, effrayée et en retrait, ne participe pas. Au-dehors, on entend le bruit des trompettes et des canons. L’aumônier, en fuite, entre, les bénit, et franchit le mur pour se cacher. La foule entre, et on lit le décret d’expulsion qui frappe les religieux et les religieuses, leurs biens devant être mises en vente au profit de la Nation.

Mère Marie demande aux sœurs de se prononcer par vote sur l’adoption du martyre. On craint que seule Blanche ne vote contre. Finalement, seule sœur Constance a voté contre, pour ne pas abandonner Blanche, mais elle change finalement son vote pour qu’il y ait unanimité. Blanche s’enfuit.

Cinquième tableau : À l’Hôtel de la Force arrive un sans-culotte. C’est l’ancien cocher qui vient prévenir Blanche que son père a été arrêté et qu’il faut aller le délivrer.

À la Conciergerie, les révolutionnaires surveillent les nobles enfermés. On appelle le Marquis de la Force. Le cocher est venu avec Blanche expliquer comment les révolutionnaires ont libéré Blanche du couvent où son père l’avait fait enfermer. Blanche remercie ses libérateurs. Blanche et son père sont relâchés par le tribunal.

Retour chez les religieuses, qui ont également été « libérées » par les révolutionnaires, rendues à la vie civile. L’aumônier informe la Prieure et mère Marie que le marquis de la Force a été guillotiné. Mère Marie décide d’aller chercher Blanche pour la reconduire à Compiègne.

À l’Hôtel de la Force, mère Marie et Blanche ont une conversation sur la peur et sur le mépris de soi-même. On vient chercher Blanche pour faire les courses. À son retour, elle croise dans la rue des révolutionnaires portant une tête sur une pique. Elle se réfugie derrière une porte cochère avec d’autres passants. Une vieille dame qui est là lui apprend qu’à Compiègne, ils ont arrêté les religieuses du Carmel. Tremblante, Blanche va retrouver mère Marie pour lui donner la nouvelle. Celle-ci dit qu’il faut aller les rejoindre, mais Blanche s’enfuit à nouveau.

À la prison, les sœurs sont rassemblées. Elles discutent de l’attitude à tenir devant le  tribunal. La prieure dit qu’elle les représentera toutes. Quelqu’un évoque le cas de Blanche, et sœur Constance dit qu’elle est persuadée que celle-ci reviendra, à cause de son pressentiment.

Le tribunal les a toutes condamnées, y compris mère Marie par contumace. Les sœurs s’avancent une à une vers l’échafaud, chantant le « Salve Regina » puis le « Veni Creator ». Au fur et à mesure qu’on entend le couperet tomber, le chant se fait plus ténu. Quand il n’en reste plus qu’une, une nouvelle voix se fait entendre, et on voit Blanche s’avancer vers l’échafaud. Soudain, sa voix se tait, comme l’ont fait les autres.

Poulenc Dialogue des Carmélites Salve ReginaCliquez sur l’image

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DES ARTISTES D’ORIGINE AFRO-AMÉRICAINE CHEZ VOUS (Partie 2) – Semaine du 8 au 14 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 8 au 14 février 2021.

Cette semaine, le MET continue avec ses stars d’origine afro-américaines. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 8 février WAGNER Das Rheingold (L’Or du Rhin)

Wagner Rheingold bande annonce (Met 2012)Cliquez sur la bande-annonce de ce spectacle avec Eric Owens

Mardi 9 février VERDI Ernani

Verdi Ernani Oh de'verd'anni miei (MET 1983)Cliquez sur Sherrill Milnes

Mercredi 10 février ROSSINI Il Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville)

Rossini Il Barbieri di Seviglia Di Si'Felice innesto (MET 1988)Cliquez sur Kathleen Battle

Jeudi 11 Février Verdi Un Ballo in Maschera (Un Bal masqué)

Verdi Un Ballo in maschera (Met 1991)Cliquez sur Harolyn Blackwell

Vendredi 12 février Glass Akhnaten

Glass Akhnaten (Met 2019)Cliquez sur la bande-annonce avec J’Nai Bridges

Samedi 13 février BERLIOZ Les Troyens

Berlioz Les Troyens (MET 1983)Cliquez sur Jessye Norman

Dimanche 14 février Wagner Die Walküre (La Walkyrie)

Wagner die Walküre O hehrstes Wunder (MET 1989)Cliquez sur Jessye Norman (et Hildegarde Behrens)

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a nexte ouike pour les mises en scène de ZEFFIRELLI.