Cinéma, Shakespeare, Woody Allen

Woody ALLEN – les années 80

Après avoir parcouru la filmographie des années 70 de Woody ALLEN, intéressons-nous aux années 80.

comédie érotique

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En 1982, dans Comédie érotique d’une nuit d’été, brillante variation sur la comédie presque éponyme de SHAKESPEARE, il se sert abondamment de la musique que MENDELSSOHN a composée pour cette pièce.

 zelig

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En 1983, dans Zelig, l’histoire d’un caméléon humain joué par Woody ALLEN, on peut le voir dans le rôle de Paillasse, l’opéra vériste de LEOCAVALLO.

broadway danny rose

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Dans Broadway Danny Rose de 1984, un des thèmes présents est Funicula funicula. D’accord, ce n’est pas de l’opéra, mais c’est napolitain, et il est difficile de dissocier napolitanisme et opéra, d’autant que les grands ténors ne se faisaient pas prier pour entonner cet hymne au funiculaire de Naples.

1985 est l’année de La Rose pourpre du Caire (Purple Rose of Cairo), un de mes films préférés, mais il n’y a rien de spécial à dire sur sa musique.

radiodays

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Dans Radio Days (1987), évocation des années 40 où la radio servait de lien à la vie en société, on entend une adaptation du Vol du bourdon, extrait de l’opéra Le Tsar Saltan de RIMSKY-KORSAKOV, interprété à la trompette !

september

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Et dans le magnifique September de 1987, on entend le September Song, de Kurt WEILL.

Et pour les films des années 1990, ce sera dans le billet suivant.

Compositeurs, littérature

Léos JANACEK (1854 – 1928)

Janacek par Adrian

Léos JANACEK (prononcer ianatchèque) est un compositeur majeur du XXe siècle, trop méconnu en France. Peut-être est-ce dû à ce que sa musique se chante en tchèque, langue qui nous est moins familière que l’italien ou l’allemand.

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Né à Brno, capitale de la Moravie, il rencontre DVORAK (1841 – 1904) à Prague en 1874, qui l’encourage à suivre sa voie musicale. Pendant longtemps, son aura ne dépassera pas sa Moravie natale, et il faudra attendre 1916 et une représentation de son opéra Jenufa à Prague pour qu’il commence à connaître le succès.

janacek JenufaCliquez sur l’image

Janacek faisait partie du cercle russe de sa ville, et il en découlera des compositions comme la pièce symphonique  Tarass Bulba, d’après GOGOL ou l’opéra De la maison des morts d’après DOSTOÏEVSKI.

Parmi ses autres opéras, il faut citer Katia Kabanova (1921), d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI, le ravissant conte pour enfants La petite renarde rusée, ou l’opéra fantastique L’Affaire Makropoulos.

janacek petite renardeCliquez sur l’image

On peut encore citer l’opéra de chambre le Journal d’un disparu, un cycle de 22 mélodies pour ténor, piano, et un chœur de trois femmes, au travers duquel on peut entendre sa passion cachée pour une jeune femme de trente-huit ans sa cadette.

En dehors de l’opéra, Janacek a écrit des pièces pour piano, la Messe glagolitique, de la musique de chambre dont de très beaux quatuors (quatuor Lettres intimes), la Sinfonietta pour instruments à vent.

Comme ses contemporains BARTOK ou KODALY, Janacek a réalisé un important travail ethno-musicologique en recueillant les airs populaires de son pays.

Liste des principaux opéras de Janacek :

Jenufa (1893 – 1903)

Katia Kabanova (1921)

La petite Renarde rusée (1924)

L’Affaire Makropoulos (1923-1925)

De la Maison des morts (1927 – 1928)

histoire, Histoire de l'opéra

Histoire de l’opéra – les années 1700

Continuons l’histoire de l’opéra commencée avec les années 1600. Bien entendu, ce découpage en tranches n’a pas réellement de sens, les styles ne s’arrêtant pas à date fixe, et les compositeurs ne mourant pas tous en fin de siècle pour laisser la place aux générations suivantes. Il s’agit là de grands repères faciles à mémoriser.

Nous avions donc laissé notre ami l’opéra aux mains des Italiens et des Français, qui s’étaient partagé l’Europe lyrique. Par exemple, l’Allemand HAENDEL (1685 – 1759), après avoir fait ses classes en Italie est parti en Angleterre pour écrire et monter des opéras en italien. L’Autrichien GLÜCK (1714 – 1787) lui, après avoir écrit et joué des opéras en italien à Vienne, fera le voyage vers la France, où il écrira des opéras en français.

Vers la fin du XVIIe siècle, Naples va devenir le foyer de l’opéra italien, avec la création de l’opera seria (opéra sérieux) dont le principal représentant est Alessandro SCARLATTI (1659 -1725). À la même époque, VIVALDI (1678 – 1762) triomphait à Venise. Mais à Naples, patrie de la commedia dell’arte, on avait pris l’habitude d’insérer aux entractes des intermèdes légers ou des ballets. Ces intermèdes finiront par prendre leur autonomie avec la création de l’opera buffa (opéra bouffe).

vivaldi orlando furioso sol da teCliquez sur l’image

En France, après la tragédie lyrique dont les codes ont été fixés par Lully, on s’est mis à introduire de plus en plus de ballets, ce qui a conduit à une nouvelle forme, l’opéra-ballet. Le premier opéra-ballet est l’Europe galante de Campra (1660 – 1744).

campra l europe galanteCliquez sur l’image

Pendant ce temps, on donnait sur les foires parisiennes des pastiches, c’est-à-dire des spectacles où l’on plaçait des paroles nouvelles sur des airs connus (Vivaldi était un spécialiste des pastiches, car pour assurer le rythme élevé de production de ses opéras, il n’hésitait pas à se resservir d’airs qui avaient eu du succès, et que le public connaissait, pour ses nouveaux opéras). Après un certain nombre de querelles entre les comédiens italiens et les comédiens français, qui avaient le privilège royal pour les spectacles parlés, et avec l’Académie royale de musique, qui avait le privilège royal pour les spectacles chantés, le théâtre de la Foire devient en 1714 le théâtre de l’Opéra-Comique, et les forains obtiennent le privilège de Louis XIV de donner des spectacles chantés ET parlés, ce qui donne naissance à la forme opéra-comique. Après diverses vicissitudes, l’Opéra-Comique est relancé en 1752, le chansonnier FAVART étant un de ses fondateurs.

Le principal successeur de Lully était RAMEAU (1683 – 1764), musicien plus intéressés par l’harmonie (il est l’auteur de Traités d’harmonie) que par la mélodie. Il s’est mis à l’opéra sur le tard, et a été caricaturé par DIDEROT dans le roman Le neveu de Rameau. Vers le milieu du siècle apparaît le style classique, dont Joseph Haydn (1732 – 1809) est un représentant ainsi que Mozart (1756 – 1791) et ses vingt opéras.

Haydn Il mondo della luna ouvertureCliquez sur l’image

Il faut noter que l’hégémonie italo-française était toujours en place, puisque Haydn a écrit ses opéras en italien, et Mozart une grande partie des siens, même s’il a également écrit des Singspiels, c’est à dire des œuvres chantées en allemand, dont la célèbre Flûte enchantée (Zauberflöte).

Et pour terminer, je vous propose une petite sélection des plus beaux duos d’amour écrits pendant ce siècle.

Le classicisme laissera la place au romantisme, mais ça, c’est pour le siècle suivant.

Divers, Fantaisie, littérature

EN FLÂNANT DANS LE QUARTIER DE L’OPÉRA

Station de métro Opéra, gare de RER Auber, rues GLUCK, AUBER, MEYERBEER, GRETRY, FAVART, SCRIBE place BOÏELDIEU. Tout un monde de musiciens, chansonniers (Favart) ou librettiste (Scribe) se trouve réuni dans un petit périmètre, allant de l’opéra Garnier à la salle Favart (alias Opéra-Comique). rue FavartFavart (1710 – 1792) était un chansonnier, c’est à dire quelqu’un qui écrivait des chansons. Il est membre fondateur de l’Opéra-Comique. À ce titre, on appelle Salle Favart le théâtre de l’Opéra-Comique.

  rue GluckGLUCK (1714 – 1787) était un musicien autrichien venu à la cour de sa compatriote Marie-Antoinette. Il a écrit en France des opéras en français.  rue GrétryGRETRY (1742 – 1813) était un compositeur français, né à Liège.

place BoïeldieuBOÏELDIEU (1775 – 1824) était un compositeur incroyablement populaire en son temps, auteur notamment de La Dame blanche. On a donné son nom à la place où se trouve l’Opéra-comique.

rues Halévy MeyerbeerHALEVY (1799 – 1862) était, avec MEYERBEER (1791 – 1864), un Allemand venu à Paris pour créer ce qu’on appellera le Grand Opéra à la française (c’est  moi qui rajoute les majuscules pour en imposer un peu plus). Le GOf était un genre d’opéra spectacle total, avec des décors somptueux, des ballets obligatoires, des chœurs volumineux, bref, fallait qu’ça pète comme on dirait aujourd’hui. rues Scribe et AuberEnfin AUBER (1782 – 1871) était un compositeur lui aussi créateur du GOf, et il a travaillé avec le bien-nommé SCRIBE, l’un des librettistes les plus féconds de son temps, qui a fourni des livrets à pratiquement tout ce que la place comportait de compositeurs.

Et pour illustrer cette promenade dans ce beau quartier de Paris, je vous propose une belle balade dans Paris : « Les gens de mon quartier », de LAS TORRES.

On peut aussi faire une partie de cette promenade avec Jacques ROUBAUD, dans son Ode à la ligne 29 des autobus parisiens (2014), où il décrit tout ce que voit un voyageur qui emprunte cette ligne qui va de Saint-Lazare à la porte de Montempoivre.

Très vite, il passe à côté de l’opéra (Garnier) où il évoque Falstaff et Don Juan. On le retrouve un peu plus loin passer à côté de Bastille, mais je reviendrai plus tard sur Jacques ROUBAUD.

histoire, littérature, Mes opéras préférés, Mythologie

DIDON ET ÉNÉE, de PURCELL (1689)

L’opéra baroque Didon et Enée (1689) est un des derniers opéras écrits en langue anglaise avant une éclipse de près de deux siècles, où l’italien régnera sur les scènes anglaises.

Écrit par Henry PURCELL (1659 – 1695) sur un argument tiré de l’Enéide de Virgile, ce bref opéra (environ une heure) est, sans jeu de mots, un semi-opéra, c’est-à-dire un mélange de théâtre et d’opéra (rappelons qu’à l’origine, l’opéra est du théâtre mis en musique, ou du théâtre chanté).

L’histoire est celle de Didon, la reine de Carthage qui aime en secret Enée, le prince de Troie. Belinda sa confidente lui propose d’épouser le prince, ce qui rapprocherait les deux royaumes. Didon accepte et le premier acte se termine dans la joie.

Purcell Didon et Enée Pursue thy conquest

Cliquez sur Belinda

Les choses se gâtent au deuxième acte, car dans leur caverne des sorcières complotent pour faire tomber Didon et Carthage. La sorcière en chef va faire passer un de ses elfes pour Mercure afin de convaincre Enée de quitter Didon et d’accomplir son destin, qui est de partir fonder une nouvelle cité en Italie. Elles vont déclencher un orage pour séparer Didon et Enée.

Purcell didon et Enée But ere we this perform

Alors que Didon vante les beautés de la nature, les sorcières font éclater leur orage. Tous vont se mettre à l’abri dans le château. Enée resté seul voit apparaître le faux Mercure qui lui ordonne de quitter Carthage et de prendre la mer pour l’Italie. Déchiré entre son amour et cet ordre divin, il décide d’aller vers son destin.

À l’acte III, les marins préparent le départ d’Enée, qui annonce à Didon qu’il la quitte.

Purcell Didon et Enée Come away, fellow sailors

Cliquez sur le marin

Devant le courroux de Didon, il décide de rester et de braver la colère de Jupiter mais Didon, outrée qu’il ait seulement songé à la quitter, le rejette encore. Enée parti, elle se donne la mort dans un des plus bouleversants airs d’opéra (When I am laid in earth).

Purcell Didon Norman

Bande dessinée, Cinéma, littérature, Mes opéras préférés

LA TRAVIATA, de VERDI (1853)

Avant que d’être un album d’Astérix  (Astérix et la Traviata – 2001), la Traviata est un opéra de VERDI, un de ses chefs d’œuvre, et même un chef-d’œuvre tout court.

Cet opéra fait partie de ceux qui ont un équilibre parfait, qui fait que quand le rideau se lève, on est conduit inéluctablement de la première mesure du premier acte jusqu’à la fin, dans une progression dramatique continue.

Verdi en a eu l’idée en 1852 à Paris, en assistant à une représentation de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas. Cette pièce lui a rappelé sa propre situation, car il souffrait de ce que sa liaison amoureuse ne soit pas acceptée par sa famille et ses amis. Il a confié la rédaction du livret à son librettiste habituel, Francesco Piave.

L’histoire est celle de Violetta, une courtisane atteinte de tuberculose, qui vivra un dernier  amour, évidemment impossible, avec un jeune homme de bonne famille.

Créé au théâtre de La Fenice à Venise en 1853, le sujet scabreux fait scandale, et il faudra attendre une reprise pour que l’œuvre s’impose comme un chef-d’œuvre du genre.

Acte I : Lors d’une réception chez Violetta, son amie Flora lui présente Alfredo. Douphol, l’amant de Violetta s’en  agace alors qu’Alfredo porte un toast  (air, duo et chœur : Libiamo).

Verdi traviata Brindisi

Violetta invite ses amis à la danse mais, restée seule, elle est prise d’un malaise. Alfredo vient lui déclarer son amour. Violetta lui remet la fleur qu’elle porte et lui demande de revenir la lui rapporter le lendemain. Restée seule, elle découvre qu’elle est amoureuse (air : E strano).

dessay traviata.pngcliquez sur l’image

Acte II : Trois mois plus tard, Violetta et Alfredo vivent ensemble à la campagne. Anina, la femme de chambre de Violetta apprend à Alfredo que sa maîtresse est partie à Paris vendre ses bijoux. Alfredo part à Paris chercher de l’argent.

Violetta voit arriver Germond, le père d’Alfredo. Il vient lui demander de renoncer à son fils, pour le bien de sa fille, qui songe à se marier alors que la liaison de Violetta et Alfredo fait tâche. Violetta finit par accepter et écrit une lettre d’adieu à Alfredo.

Lors d’une fête chez Flora, les deux amies attendent le baron Douphol (chœur des gitanes : Noi siamo zingarelle), Alfredo vient se venger de son ancienne maîtresse. Il joue aux cartes avec le baron et gagne. Violetta aimerait s’expliquer, mais elle a promis à Germond de garder secrète leur rencontre. Elle dit à Alfredo qu’elle aime le baron et fou de rage, Alfredo appelle les invités et jette l’argent qu’il vient de gagner au visage de Violetta, qui s’évanouit. Le baron défie Alfredo en duel.

Acte III : Violetta est chez elle, malade et abandonnée de tous. Son médecin vient la voir et confie à Anina qu’elle n’a plus que quelques heures à vivre. Violetta relit une lettre de Germond, où il écrit qu’il a fini par dire la vérité à son fils après le duel (air : Adio del passato). Dehors, on entend le bruit du carnaval dans les rues de Paris.

Verdi Traviata adio del passato Dessay

Alfredo arrive et ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Alfredo promet à Violetta qu’il l’amènera en Provence, où elle se refera une santé. Elle offre son portrait à Alfredo en lui recommandant de refaire sa vie sans elle (air : Prendi quest’e l’immagine), mais alors qu’elle semble reprendre des forces, elle s’écroule, morte.

Verdi Traviata Prendi, quest'é l'immagineCliquez sur Alfredo et Violetta

Enfin, pour les cinéphiles, il ne faut pas rater la très belle version filmée par ZEFIRELLI en 1983.

Cinéma, Woody Allen

Woody ALLEN – les années 70

Voici déjà plus de cinquante ans que Woody ALLEN nous régale avec ses films qui sortent avec une régularité métronomique à raison d’un par an.

Lui-même musicien, il joue de la clarinette dans un groupe de jazz, il porte une attention particulière à la musique de ses films, qui est toujours plus qu’un simple habillage sonore de l’image. S’il a très souvent recours au jazz, son esprit cultivé le pousse également à se servir de musique classique, voire d’opéras.

bananas

Il attaque très fort dès Bananas (1971) qui se passe dans une république bananière, et où on torture un rebelle pour le faire parler en lui passant en boucle un disque d’opérette. On peut aussi y entendre l’Ouverture 1812 de TCHAÏKOVSKI, ainsi que, déjà, le O mio babino caro de Gianni Schicchi de PUCCINI. (Gianni Schicchi qui sera quelques années plus tard la première mise en scène d’opéra de Woody Allen.)

guerre et amour

En 1975, dans Guerre et amour (Love and Death), très librement inspiré de TOLSTOÏ et de DOSTOÏEVSKI, toute la musique est de PROKOFIEV (qui au passage a lui-même adapté le Guerre et Paix de Tolstoï sous forme d’un opéra), notamment la Suite du Lieutenant Kijé. Outre Prokofiev, on peut entendre du MOZART, dans une scène où le personnage joué par Woody Allen séduit une jeune comtesse à l’opéra, sur fond de l’ouverture de La Flûte enchantée, et du BEETHOVEN (sonate le Printemps).

annie hall

Dans Annie Hall (1977), l’héroïne est chanteuse tandis que le personnage joué par Woody s’appelle Singer (chanteur). On y entend une symphonie de Mozart.

intérieurs

Dans Intérieurs (Interiors) de 1978, premier drame psychologique tourné par Woody, la musique qu’il choisit pour illustrer ce drame désespéré est… le silence.

 manhattan

Terminons cette filmographie des années 70 avec Manhattan (1979), déclaration d’amour à sa ville de New York filmée dans un somptueux noir et blanc, qui s’ouvre sur la Rhapsodie in blue de GERSHWIN. On y entend également la petite zizique de nuit de Mozart.

Et pour les années 1980, ce sera dans le billet suivant.

Compositeurs, littérature

Jules MASSENET (1842 – 1912)

Jules MASSENET est né en 1842 près de Saint-Étienne. C’est sa mère, professeur de piano, qui lui donne ses premières leçons quand il avait six ans.

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Il entre au Conservatoire de Paris en 1853, où il se fait remarquer par le directeur, Daniel François Esprit AUBER (oui, c’est le même que celui de la station de RER qui dessert l’opéra Garnier à Paris), et étudie la composition auprès d’Ambroise THOMAS.

Avec l’appui de BERLIOZ, il gagne le prix de Rome en 1863. Durant son séjour à la Villa Médicis, il se noue d’amitié avec l’incontournable Franz LISZT.

Sa musique est caractérisée par un épanchement lyrique qui donne une impression de facilité tout en véhiculant beaucoup d’émotions.

En 1871, après la défaite de 1870, il fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique, qui avait pour but d’affirmer la grandeur de la musique française face à la musique germanique.

Après un opéra-comique passé inaperçu en 1872, il crée avec succès Le Roi de Lahore en 1877, opéra qui sera joué en Italie dès 1878.

En 1878, il entre comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il est également nommé membre de l’Institut.

Son opéra Hérodiade (1881), tiré d’un des trois Contes de Gustave FLAUBERT, est refusé à Paris, mais monté avec succès au théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Cette même année, il entame Manon, d’après l’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut de l’Abbé PRÉVOST. Cet opéra créé en 1884 reste une de ses œuvres les plus connues et les plus jouées.

massenet manon adieu notre dessayCliquez sur Manon

En 1887, il fait jouer Werther, écrit d’après les Souffrances du jeune Werther de GOETHE.

massenet werther pourquoi me réveiller kaufmannCliquez sur Werther

En tout, il a écrit plus de vingt opéras, dont Le Cid (1885), Thaïs (1894), Cendrillon (1895) ou Don Quichotte (1910).

Massenet Thaïs (Fleming) (MET)Cliquez sur l’image

Massenet meurt à Paris en 1912.

Pour accéder à l’article sur Werther, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Manon, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Cendrillon, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Don Quichotte, c’est ici.

histoire, Histoire de l'opéra, littérature, Shakespeare

Histoire de l’opéra – les années 1600

L’opéra est né entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe, dans une période de bouillonnement culturel en Europe qui a vu la naissance du théâtre moderne avec Shakespeare ou du roman moderne avec le Don Quichotte de Cervantès.

À Florence se réunissait un cénacle d’intellectuels, dont Vincenzo Galilei (le père de l’autre), cénacle qui voulait redonner à la musique sa prééminence sur d’autres formes d’art, dont la poésie.

En 1600, à l’occasion du mariage d’Henry IV et de Marie de Médicis fut donnée à Florence une représentation d’un genre nouveau, les Euridice de Peri  et Caccini.

Peri et Caccini EuridiceCliquez sur l’image

De retour à Mantoue, le duc qui faisait partie des invités de Florence demanda à Monteverdi, son musicien de cour, un spectacle qui pourrait rivaliser avec celui des Médicis. Eh oui, déjà à l’époque l’envie d’en mettre plein la vue à ses amis guidait les choix esthétiques. Monteverdi s’exécutera en 1607 avec l’Orfeo, favola in musica (fable en musique).

En Allemagne, Schütz écrit un opéra, Daphné (1627), qui est malheureusement perdu. La guerre de Trente Ans a toutefois empêché le développement d’un art scénique comme en France ou en Italie.

Ce nouveau genre connaît très vite un grand succès, et dès le milieu du XVIIe siècle, des foyers d’opéra s’ouvrent à Venise, à Rome, à Naples ou à Milan.

C’est Mazarin qui introduit l’opéra en France avec une représentation de l’Orfeo de Rossi en 1647.  Pour le mariage de Louis XIV en 1660, il commande un opéra à l’Italien Cavalli, Ercole amante (Hercule amoureux), mais des problèmes techniques, notamment le théâtre qui devait être construit à cette occasion ayant pris du retard, c’est une autre œuvre de Cavalli qui est montée, Serse (Xerxès).

cavalli Ercole amanteCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, un autre Italien venu à la cour comme maître de ballet prendra les rênes de la musique en France: Lully qui écrira des tragédies lyriques sur des poèmes de Quinault et des comédies-ballet avec Molière.

À la même époque en Angleterre, Purcell essaie d’acclimater le genre à la langue anglaise avec ses semi-opéras (King Arthur, Didon et Énée), mais ce genre périclitera après sa mort en 1695.

Malena ErnmanCliquez sur Didon

Dès lors, et pour plus de deux siècles, pratiquement tout l’opéra en Europe sera chanté soit en italien, soit en français.

Ne manquez pas la suite dans Histoire de l’opéra – les années 1700.

Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Stéphane MALLARMÉ ET LA MUSIQUE

Si les poëmes (sic) de Mallarmé n’ont pas inspiré directement d’opéra, le rôle du Prince des poètes (titre qui lui a été décerné après la mort de Verlaine, le précédent récipiendaire) dans le milieu des arts de son époque n’est pas négligeable, et trop souvent ignoré.

Stéphane Mallarmé naît à Paris le 18 mars 1842.

Dans le domaine musical, la mise en musique de ses vers la plus connue est le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894) par Claude Debussy (1862-1918), pièce qui sera rapidement adaptée pour la danse par les Ballets russes de DIAGHILEV.

debussy prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’image

Ravel (1875-1937) a comme Debussy déposé des mélodies sur les vers de Mallarmé (Trois poèmes de Mallarmé). Pierre Boulez (1925-2016) a lui écrit Pli selon pli, portrait de Mallarmé (1960) sur cinq poèmes de Mallarmé.

En tant que chef d’orchestre, les représentations wagnériennes de Boulez à Bayreuth sont entrées dans la légende, et à propos de Wagner (1813-1883), Mallarmé faisait partie du cercle de ses premiers admirateurs français. Il lui a rendu hommage dans son poëme Hommage (Le silence déjà funèbre d’une moire…).

À la fin de sa vie, Mallarmé recevait dans son salon peintres (Monet, Manet…), musiciens (Debussy, Saint-Saëns…), écrivains (Hugo, Verlaine, Rimbaud…). Auteur dès 1864 de fragments d’un drame biblique, Hérodiade, il reçoit en 1891 Oscar Wilde qui écrit sur le même sujet cette même année, et en français, sa pièce Salomé qui sera adaptée à l’opéra par le post-wagnérien Richard Strauss en 1905.

strauss salomé danse des 7 voilesCliquez sur Salomé

Mais ce n’est pas tout, grand admirateur d’Edgar Allan Poe, Mallarmé traduira de nombreux textes de cet auteur, dont le célèbre Corbeau (Une fois par un minuit lugubre), et écrira Le Tombeau d’Edgar Poe (Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change…). Or Debussy travaillera à la fin de sa vie à un opéra d’après La Chute de la maison Usher, de Poe, qu’il laissera inachevé à sa mort en 1918.

Et pour finir sur les liens tissés entre ces génies, comment ne pas penser à ce vers du Tombeau d’Edgar Poe : Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur à propos du personnage de Mélisande dans le Pelléas et Mélisande de Debussy.

Mallarmé meurt le 9 septembre 1898 à vavins, à l’âge de 56 ans.

Retrouvez ci-dessous des liens vers quelques poèmes mallarméens illustrés sur ce blog :

Apparition

Brise marine

Oh si chère de loin, et proche et blanche, si…

La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Don du poème

En envoyant un pot de fleurs

Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change

Remémoration d’amis belges

Le nuage (1859)

Quand l’ombre menaça de la fatale loi (1883)

Le Pitre châtié

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx

Sainte

Hommage

M’introduire dans ton histoire (1886)

Renouveau (1866)

Au seul souci de voyager (1898)

Le tombeau de Charles Baudelaire

Tombeau (de Verlaine) (1896)

Le Vierge, le vivace et le bel aujoud’hui