Elle voulait qu'on l'appelle..., Géographie, Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE SÉVILLE

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après New York, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui Séville.

Séville (Sevilla) est la capitale de la province de Séville et de la communauté autonome d’Andalousie. Elle a un riche passé historique et culturel (VELAZQUEZ est né à Séville), et de nombreux opéras se passent à Séville ou dans ses environs. 

Ainsi, deux opéras de MOZART ont lieu à Séville.

Les Noces de Figaro (Le Nozze di Figaro) (1786) d’abord, qui se passe chez le comte Almaviva, au château d’Aguas Frescas, près de cette ville.

Mozart Figaro Voi che sapeteCliquez sur Chérubin

Don Giovanni ensuite, dont l’action se passe également à Séville.

don giovanni bisognaCliquez sur le trio des masques

La prison d’État où est enfermé Florestan dans le Fidélio de BEETHOVEN se trouve près de Séville.

Beethoven Fidélio Mir ist so wunderbarCliquez sur le quatuor

Comme son nom l’indique, Le Barbier de Séville (Il Barbiere di Siviglia) de ROSSINI célèbre la ville.

rossini largo al factotumCliquez sur Figaro

Le premier acte de La Force du destin (La Forza del destino) de VERDI se passe dans la cité andalouse.

Verdi la Forza del destino ouvertureCliquez sur l’ouverture

La Favorite de DONIZETTI (1840).

Donizetti la Favorite O mon FernandCliquez sur Leonor

Dans Carmen de BIZET, un des airs les plus célèbres est la séguedille : « Près des remparts de Sévi-i-iille ».

Bizet Carmen SéguedilleCliquez sur Carmen

Et puis, puisqu’on est en Espagne, retrouvons une zarzuela se situant à Séville, El Gato montés (le chat sauvage) de PENELLA.

Penella El Gato montésCliquez sur la banda

Retrouvez plus d’opéras se passant en Espagne en cliquant sur le lien.

Et poursuivez votre voyage musical avec Lille.

Mes opéras préférés

LA FILLE DU RÉGIMENT, de DONIZETTI (1840)

Écrit en 1839 pour l’Opéra-Comique de Paris, c’est le premier opéra écrit spécifiquement par DONIZETTI pour le public français. Créée début 1840, l’œuvre ne connut pas le succès. On a accusé Donizetti d’avoir recyclé des morceaux de ses anciennes partitions italiennes.

La même année, la Scala de Milan donna une version italienne qui devint populaire en Italie.

C’est cette version italienne qui, revenant en France en 1850, a décidé l’Opéra-Comique à récupérer son « bien ». Dès lors, cet opéra connut un grand succès jusqu’à la fin du siècle.

Acte I : En 1805, dans le Tyrol occupé par les armées napoléoniennes. Les villageois se préparent à la guerre pendant que les femmes prient. La marquise de Berkenfeld est obligée de s’arrêter au village au pied des montagnes du Tyrol (Air : « Pour une femme de mon nom ».)

Donizetti La Fille du régiment pour une femme de mon nomCliquez sur la marquise

Les villageois annoncent que les Français se retirent.

Sulpice, un sergent français apparaît, suivi de Marie, une vivandière trouvée enfant sur un champ de bataille et adoptée par les soldats du 21e régiment (Air : « Au bruit de la guerre ».)

Donizetti La Fille du régiment au bruit de la guerreCliquez sur Marie (Julie Fuchs) et Sulpice

Sulpice pose des questions à Marie au sujet d’un mystérieux jeune homme qu’elle connaît. Celle-ci répond qu’il lui a jadis sauvé la vie.

Les soldats français capturent un Tyrolien rôdant autour du camp. Marie reconnaît son sauveur, Tonio. On le menace, mais Marie prend sa défense (ensemble : C’est un traître/ c’est un ami). Il déclare qu’il soutiendra désormais la France (Air : « Chacun le sait ».) 

Donizetti La Fille du régiment Chacun le saitCliquez sur Marie (Nathalie Dessay)

Resté seul avec Marie, Tonio déclare sa flamme (Air : Depuis l’instant où dans mes bras), alors qu’elle-même n’est pas insensible à son charme (Duo : De cet aveu si tendre). Mais adoptée par le régiment, elle a promis de n’épouser qu’un membre de ce régiment. Sans hésiter, Tonio s’engage. (Air : « Pour mon âme quel destin » [l’air aux neuf contre-ut !].)

Donizetti La Fille du régiment pour mon âme quel destinCliquez sur Tonio

Pendant ce temps, la marquise qui s’était cachée, sort de sa cachette et supplie Sulpice de la protéger. Sulpice fait le rapprochement entre le nom de la marquise et celui du capitaine Robert qui dirigeait le régiment plusieurs années auparavant.

La marquise indique que le capitaine était marié avec sa sœur. Sulpice devine alors que Marie est leur fille, et le sergent présente Marie à sa tante. La marquise décide d’éloigner Marie du régiment et de la ramener à la maison familiale. Marie fait ses adieux au régiment (air : Il faut partir.)

Donizetti La Fille du régiment il faut partir Cliquez sur Marie (Pretty Yende)

Acte II : Depuis maintenant plus d’un an, la marquise essaie d’apprendre les bonnes manières à Marie, mais l’ancienne vivandière n’a que faire des romances de sa tante, et n’est bien qu’auprès de son régiment (Trio : Le jour naissait dans le bocage).

Donizetti La Fille du régiment le jour naissait dans le bocageCliquez sur la marquise, Marie et Sulpice

Mais la marquise a des projets pour Marie, elle veut la marier au duc de Crakentorp. Elle révèle à Sulpice pourquoi elle a de tels projets. En réalité, Marie n’est pas sa nièce, mais sa fille illégitime qu’elle a eue lors d’une relation avec le capitaine Robert. Par ce mariage avec le duc, elle veut revenir dans la grande société. Marie se rappelle son amour pour Tonio (air : « Par le rang et par l’opulence ».)

Donizetti La Fille du régiment par le rang et l'opulenceCliquez sur Marie (Nino Machaïdze)

Le régiment interrompt le mariage en révélant le passé de vivandière de Marie. Celle-ci reconnaît avoir grandi sur les champs de bataille et avoue son amour pour Tonio qui, lui, avoue s’être engagé pour voir Marie (air : Pour me rapprocher de Marie).

Émue, la marquise accorde à Marie le mariage qui la rendra heureuse.

Donizetti La Fille du régiment tous les trois réunisCliquez sur l’image

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DONIZETTI CHEZ VOUS – Semaine du 12 au 18 octobre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 12 au 18 octobre 2020.

Le programme de cette semaine est entièrement consacré à Gaetano DONIZETTI.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 12 octobre Lucia di Lammermoor

Donizetti Lucia di Lammermoor (MET 2009)Cliquez sur l’image


Mardi 13 octobre La Fille du Régiment

Donizetti la fille du régiment METCliquez sur Marie et Tonio

Mercredi 14 octobre L’Elisir d’Amore (l’Élixir d’amour)

Donizetti L'Elisir d'amore (MET) Quanto amoreCliquez sur Adina et Nemorino

De jeudi à samedi, la trilogie des Stuart, avec :

Jeudi 15 octobre Anna Bolena

Donizetti Anna Bolena METCliquez sur Anna

Vendredi 16 octobre Maria Stuarda

Donizetti Maria Stuarda METCliquez sur l’image

Samedi 17 octobre : Roberto Devereux

Donizetti Roberto Devereux METCliquez sur l’image

Dimanche 18 octobre Don Pasquale

Donizetti Don Pasquale MetCliquez sur Norina

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour une sélection de comédies !

littérature, Oulipo, Poésie

LA MUSIQUE, de Charles BAUDELAIRE (1 – WAGNER)

Après L’albatros, de Baudelaire, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans ses poèmes.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un classique qui trouve toute sa place sur ce blog : La Musique.

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,

Wagner Tannhaüser Romance à l'étoileCliquez sur Wolfram


Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Wagner Tristan und Isolde Acte 1 scène 1 Frisch weht der WindCliquez sur l’image

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Wagner Tristan und Isolde O sink hernieder, Nacht der LiebeCliquez sur la partition

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Wagner Der fliegende Holländer OuvertureCliquez sur l’orchestre

Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Citations musicales :

ma pâle étoile : Romance à l’étoile extraite du Tannhäuser de Richard WAGNER.

Je mets à la voile : au début de Tristan und Isolde de Wagner, un marin chante …

Que la nuit me voile : Extrait de la nuit d’amour au deuxième acte de Tristan.

D’un vaisseau qui souffre… : Ouverture du Vaisseau fantôme de Wagner, qui décrit la tempête, puis la mer qui se calme quand le vent tombe.

Je me suis limité ici pour cet exercice aux musiques de Wagner, des admirateurs de qui Baudelaire faisait partie, mais j’en ai aussi une seconde version, illustrée par des musiques de DEBUSSY.

Retrouvez un autre poème de Baudelaire avec « À une dame créole« .

Et si vous voulez la version fauréïsée, c’est ici.

Et si vous voulez la version beethovénisée, c’est ici.

Cinéma, Contes et légendes, littérature, Mallarmé, Mythologie, Poésie

LES MILLE ET UNE NUITS (L’ORIENT À L’OPÉRA [2])

J’avais il n’y a guère consacré un billet à l’orientalisme à l’opéra, en vous promettant un zoume sur les Mille et une nuits, ce recueil de contes d’origines persane, arabe voire indienne.

Les mille et une nuit est donc un recueil de contes dont la plus ancienne trace écrite (un feuillet) date de 879. L’orientaliste français Antoine GALLAND a traduit ces contes au début des années 1700, et c’est à partir de cette version française qu’ils se sont ensuite répandus à travers toute l’Europe.

Début 1893, un jeune homme arrive chez Stéphane MALLARMÉ qui, ayant lu dix ans auparavant les 1 001 nuits dans une version anglaise, cherchait quelqu’un pour la retraduire en français. Ce jeune homme, c’est Joseph-Charles MARDRUS, qui deviendra ainsi le deuxième traducteur important des 1 001 nuits. (Et pour ceux et celles qui aiment la poésie, c’est suite à son mariage avec lui que la poétesse Lucie DELARUE s’est appelée Lucie DELARUE-MARDRUS.)

Dès 1783, PICCINI met en musique Calife pour un jour, sur un livret de MARMONTEL.

En 1800, c’est BOÏELDIEU qui écrit son Calife de Bagdad, sur un livret de SAINT-JUST.

Boïeldieu le Calife de Bagdad OuvertureCliquez sur l’orchestre

Ce même livret sera repris en 1813 par ROSSINI et par Manuel GARCIA (le grand-père de Pauline GARCIA-VIARDOT !).

En 1833, c’est Ali-Baba que CHERUBINI choisit de porter à l’opéra.

Shéhérazade est l’héroïne principale des 1 001 Nuits. Le roi de Perse ayant été trompé par sa femme, il a décidé de se venger en épousant chaque jour une vierge et en la faisant exécuter au matin. Shéhérazade trouve un moyen de faire cesser le massacre en racontant chaque nuit une histoire au roi, et en s’arrêtant au matin à un moment où elle ne peut pas interrompre son histoire. Curieux de connaître la suite, le roi lui accorde chaque jour une journée supplémentaire.

Shéhérazade a inspiré de nombreux compositeurs comme SCHUMANN (dans son Album für die Jugend, Album pour la jeunesse),

Schumann SheherazadeCliquez sur la partition

ou RIMSKI-KORSAKOV (1888). C’est par le ballet éponyme de l’ami Rimski que les Ballets russes se sont fait connaître à Paris.

Rimski-Korsakov ShererazadeCliquez sur le violon solo

Le Shéhérazade de RAVEL (1904) est un cycle de mélodies sur des poèmes de Tristan KLINGSOR.

Ravel Shérérazade AsieCliquez sur la soprano

En 1914, Henry RABAUD écrit sa seule œuvre à être restée au répertoire, Mârouf, Savetier du Caire.

Rabaud Mârouf Savetier du CaireCliquez sur l’image

Un autre conte célèbre, celui « d’Aladin et la lampe merveilleuse », a fait l’objet de nombreuses mises en musique. On peut citer celles du Danois Carl NIELSEN en (1918 – 1919) ou celle de Nino ROTA, connu pour avoir écrit la musique de la plupart des films de FELLINI, et qui a écrit le conte lyrique Aladin et la lampe merveilleuse.

Rota Aladino e la lampada magicaCliquez sur l’image

(Source principale : Margaret SIRONVAL, album de la Pléiade Mille et une nuits, éditions Gallimard, 2005)

En 1979, l’azerbaïdjanais Fikret AMIROV écrit un ballet, Mille et une nuits, dans lequel on retrouve Sinbad, Aladin ou Ali-Baba et les quarante voleurs.

Amirov mille et une nuitsCliquez sur le ballet

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE WAGNER CHEZ VOUS – Semaine du 5 au 11 octobre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 5 au 11 octobre 2020.

Le programme de cette semaine est entièrement consacré à WAGNER.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 5 octobre Tristan und Isolde

Wagner Tristan und Isolde (MET 2016)Cliquez sur la bande annonce

Mardi 6 octobre Tannhäuser

Wagner Tannhauser O, du mein holder Abendstern (MET 2015)Cliquez sur Wolfram

Mercredi 7 octobre Das Rheingold (L’Or du Rhin)

Wagner Rheingold (MET 1990)Cliquez sur Fricka et Wotan

Jeudi 8 octobre Die Walküre (la Walkyrie)

Wagner die Walküre O hehrstes Wunder (MET 1989)Cliquez sur Brunnehilde et Sieglinde

Vendredi 9 octobre Siegfried

Wagner Siegfried Hoho Hohei (MET 1990)Cliquez sur Siegfried forgeant son épée

Samedi 10 octobre Götterdämmerung (le Crépuscule des dieux)

Wagner GOtterdämmerung final (MET 1990)Cliquez sur Brünnhilde

Dimanche 11 octobre Parsifal

Wagner Parsifal Nur eine Waffe taugt (MET 2013)Cliquez sur la scène finale

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike , pour des opéras de DONIZETTI !

Mes opéras préférés, Mythologie

ORPHÉE ET EURYDICE, de GLUCK (Vienne 1762 – Paris 1774)

Il existe plusieurs versions de l’Orphée et Eurydice de GLUCK. Une première version en italien a été créée à Vienne en 1762 (Orfeo ed Euridice). Le rôle d’Orphée était tenu par un castrat. Arrivé en France, Gluck en a donné une adaptation en français en 1774. Le rôle d’Orphée était alors tenu par un haute-contre. Enfin, BERLIOZ en a fait une adaptation en 1859, pour permettre à la mezzo Pauline VIARDOT de chanter le rôle d’Orphée.

Rappelons que le mythe d’Orphée est à l’origine du premier opéra (Orfeo [1607] de MONTEVERDI ) et même de l’archéopéra qu’est l’Eurydice de PERI (1600).

Acte I : Orphée et le chœur se lamentent sur la mort d’Eurydice.

Gluck Orphée et Eurydice OuvertureCliquez sur l’image

Orphée est prêt à mourir quand Amour lui annonce que Jupiter, pris de pitié par ses chants, lui permet de récupérer Eurydice s’il convainc Enfer de la laisser partir, et à la double condition qu’il ne regarde pas son épouse quand il sera en enfer, sans lui en donner la raison. Orphée a peur des réactions d’Eurydice face à cette attitude, mais il est décidé à aller la chercher.

Acte II : Orphée descend aux enfers. Un chœur infernal veut lui faire peur et rebrousser chemin. Orphée les supplie de le laisser passer, mais ils refusent. Il réussit enfin à émouvoir les esprits infernaux par son chant, et ils le laissent passer.

Gluck Orphée et Eurydice début acte IICliquez sur l’image

Orphée, arrivé à l’Élysée, imagine ses retrouvailles avec Eurydice. Il est accueilli par les âmes apaisées qui lui souhaitent la bienvenue et lui annoncent qu’Amour va lui rendre Eurydice. Celle-ci va venir, déjà « presque de retour à la vie ».

Gluck Orphée et Eurydice Danse des ombres heureusesCliquez sur les ombres heureuses

Elle apparaît et le chœur lui demande de saluer son époux.

Acte III : Eurydice retrouve Orphée, étonnée d’être vivante. Ils remontent vers le monde des vivants. Eurydice s’émeut de l’indifférence de son mari, qui se tait et ne veut pas la regarder. Devant cette attitude, elle préfère retourner à la mort. La chétive Eurydice supplie tant et si bien qu’Orphée se retourne et regarde sa femme, qui meurt alors dans ses bras. Orphée se lamente (Air : « J’ai perdu mon Eurydice » [« Che faro senza Euridice »]) et veut mourir à son tour.

Gluck Orphée et Eurydice Che faro senza EuridiceCliquez sur la version italienne (pour haute-contre) de cet air très célèbre

Mais l’Amour veille et descend du ciel. Il intervient à nouveau pour l’empêcher de se suicider et lui rend Eurydice. Un ballet et un chœur final célèbrent le triomphe de l’amour.

Compositeurs, Compositrices, littérature

Pauline VIARDOT (1821 – 1910)

Figure incontournable de la vie musicale en France au XIXe siècle, Pauline VIARDOT (1821 – 1910), née GARCIA, était cantatrice et compositrice. Issue d’une famille de musiciens, elle était la sœur d’une autre cantatrice célèbre, La Malibran.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Née le 18 juillet 1821, elle débute comme pianiste (elle était élève de LISZT), mais après la mort de sa sœur en 1836 elle se tourne sur ses traces dès 1837. En 1839 elle fait ses débuts à l’opéra dans l’Otello de ROSSINI. L’année suivante, elle épouse le directeur du Théâtre Italien, Louis VIARDOT. Amie de George SAND et de CHOPIN, elle fréquente le milieu intellectuel parisien, qu’elle reçoit dans son salon. George Sand lui dédiera d’ailleurs son roman Consuelo.

BERLIOZ adaptera à sa voix de mezzo le rôle d’Orphée dans la reprise qu’il fera de l’Orphée et Eurydice de GLUCK et MEYERBEER adaptera pour elle son opéra le Prophète.

Gluck Orphée et Eurydice j'ai perdu mon EurydiceCliquez sur Orphée

Elle fait la connaissance de GOUNOD à Rome quand il est à la villa Médicis. Quelques années plus tard, ils se retrouvent à Paris et Gounod écrit pour elle son opéra Sapho.

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur Sapho

Lors d’un de ses séjours parisiens, TCHAÏKOVSKI la rencontre, et elle lui montre le manuscrit original du Don Giovanni de MOZART.

Comme son ami Liszt, elle fait beaucoup pour aider les jeunes musiciens, et c’est grâce à son aide que MASSENET peut monter son oratorio Marie-Magdeleine, alors que SAINT-SAËNS lui dédie son Samson et Dalila.

Massenet Marie-Magdeleine Ô mes soeursCliquez sur Marie-Magdeleine

Elle a l’occasion de chanter à l’opéra de Saint-Pétersbourg, ce qui lui permettra avec son mari de faire connaître la musique russe en occident. L’écrivain russe TOURGUENIEV tombera ainsi amoureux d’elle en 1843. Il restera ami du couple Viardot pendant quarante ans. Pauline le présentera d’ailleurs à George Sand.

En tant qu’interprète, BRAHMS, SCHUMANN ou FAURÉ ont écrit des mélodies pour elle.

Brahms les Bohémiennes (Viardot)

Quand à partir de 1863 elle perd ses aigus, elle doit quitter les scènes d’opéra, ne chantant plus qu’en privé, et se consacre à l’enseignement et à la composition musicale, écrivant de nombreuses mélodies et opéras.

Polyglotte, elle a écrit des mélodies françaises, des lieder allemands, des chansons espagnoles ou des romances russes. Par exemple, elle a déposé des vers sur les mazurkas de son ami Chopin.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur la célèbre cantatrice

La plupart de ses opéras ont été écrits sur des livrets de son ami Tourguéniev.

Viardot Berceuse cosaqueCliquez sur l’image

En 1870, elle a encore l’occasion de créer la Rhapsodie pour alto de Brahms.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’alto

En 1872, Saint-Saëns introduit le jeune Gabriel FAURÉ dans le salon des Viardot. (Cinq ans plus tard, il y aura un projet de mariage entre Fauré et Marianne, une des filles de Pauline, musicienne comme sa mère.) Fauré dédiera une de ses premières mélodies à Pauline (on trouve une mise en musique de ce même poème dans les Nuits d’été de Berlioz).

Fauré la chanson du pêcheurCliquez sur l’image

Pauline composera elle-même une mélodie sur ce texte en 1886.

Viardot (Pauline) La chanson du pêcheurCliquez sur l’image

Opéras : Trop de femmes (opérette) (1867), l’Ogre (1868), l’opérette le dernier Sorcier (1869),

Viardot le dernier SorcierCliquez sur l’image

le Miroir (1869), Cendrillon (1904), La Nuit de la Saint-Sylvestre.

Viardot CendrillonCliquez sur la fée

Pauline Viardot meurt le 18 mai 1910 à Paris.

littérature

LA COMTESSE DE RUDOLSTADT, de George SAND

Après ses aventures à Vienne, nous retrouvons Consuelo à Berlin, à la cour de FRÉDÉRIC II, où celui-ci l’a fait venir pour chanter dans son opéra royal. Dès le premier chapitre, nous l’entendons chanter un air de la Clemenza di Tito, de Hasse, sur un livret de Metastase.

Hasse La Clemenza di TitoCliquez sur l’image

(On connaît mieux de nos jours l’opéra que Mozart a écrit en 1791, d’après ce même livret.

Mozart La Clemenza di Tito Parto, finalCliquez sur l’image

Il y a moins de musique dans la Comtesse que dans Consuelo. En effet, George Sand transporte son héroïne à la cour du roi de Prusse et en profite pour faire des descriptions de cette cour, et des idées qui s’y échangeaient. On y trouve un certain Voltaire (oui, oui, celui que vous connaissez). Le despote éclairé a fait mettre Consuelo en prison pour avoir refusé de trahir les secrets de sa sœur la princesse, et elle sort de cette prison à l’aide d’un groupe mystérieux, les Invisibles, groupe auquel appartient le Comte de Saint-Germain, mais aussi l’imposteur Cagliostro.

Plus avant dans le roman (feuilleton), alors que Consuelo se trouve dans un enfermement plus ou moins volontaire près du château des Invisibles, elle se rappelle les chansons qu’elle a composées quand elle était dans la prison de Frédéric II de Prusse, et elle se met à chanter le sublime « Lascia ch’io pianga », extrait de Rinaldo de Haendel.

Haendel Lascia ch'io pianga imageCliquez sur l’image

Les Invisibles l’initient aux rites de leur société secrète, société qui ressemble à la Franc-Maçonnerie.

On retrouve Haendel quand, vers la fin du livre, Consuelo se rend à une fête où elle entend chanter « Chantons la gloire de Juda vainqueur » extrait de l’oratorio Judas Macchabée.

Haendel Judas Macchabée See, the conqu'ring hero comesCliquez sur l’image

À la fin de son initiation, et emportée par son émotion, elle reprend l’air « I cieli immensi narrano » de Marcello, que l’on avait déjà entendu dans la première partie.

Marcello I cieli immensi narranoCliquez sur l’image

Moyennant un léger anachronisme, il me plaît d’imaginer qu’elle aurait pu entendre cette Marche funèbre maçonnique de Mozart ! (Mozart est né en 1756, alors que le roman est censé se passer dans les années 1750.)

Mozart Musique funèbre maçonniqueCliquez sur l’image

Enfin, pour célébrer les retrouvailles de Consuelo et Albert, tout le monde chante « O hymen, o hyménée », écrit pour l’occasion par Porpora.

Porpora la festa d'imeneo vaghi amoriCliquez sur l’image

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE MOZART CHEZ VOUS – Semaine du 28 septembre au 4 octobre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 28 septembre au 4 octobre 2020.

Le programme de cette semaine est entièrement consacré à MOZART.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 28 septembre Le Nozze di Figaro (Les Noces de Figaro)

Mozart Les Noces de Figaro (MET 2014)Cliquez sur l’image

Mardi 29 septembre Così fan tutte

Mozart Cosi fan tutte sextuor finalCliquez sur le sextuor d’élite

Mercredi 30 septembre La Clemenza di Tito (La Clémence de Titus)

Mozart La Clemenza di Tito Parto, parto (MET 2012)Cliquez sur l’image

Jeudi 1 octobre Die Zauberflöte (La Flûte enchantée)

Mozart Zauberflöte (MET 2017)Cliquez sur Papageno et Pamina

Vendredi 2 octobre Don Giovanni

Don Giovanni finalCliquez sur le spectre du Commandeur

Samedi 3 octobre Le Nozze di Figaro (Les Noces de Figaro)

Mozart Le Nozze imageCliquez sur Suzanna i la contessa

Dimanche 4 octobre Idomeneo (Idoménée)

Mozart Idoménée Fuor del mar (Met 2107)Cliquez sur l’image

Voilà, bonne semaine à vous? See you a next ouike !