
Ce 11 mai 2026, Barbara Eckle, la directrice de l’Opéra de Lille, a présenté la saison 2026-2027 de sa maison d’opéra. Comme la saison précédente, elle est bâtie sur quatre « constellations », avec un fil conducteur assez large : « appartenir ou ne pas appartenir à une société, à un groupe », et quelle est la place de ceux qui ne peuvent pas, ou ne veulent pas, y appartenir.
La première constellation, automne, est articulée autour de l’opéra baroque Alcina, de Haendel. La metteuse en scène, Ewelina Marciniak, s’est posé la question : quelle serait la place d’Alcina dans la société d’aujourd’hui ? Sa réponse : une femme qui vit ses désirs. À noter la présence de Karine Deshayes dans le rôle d’Alcina et le retour du Concert d’Astrée et d’Emanuelle Haïm.
La danse sera présente avec la performance Androgynous, portrait of a naked dancer, d’après la performeuse Anita Berber, sans doute la première femme à s’être donnée en spectacle nue, dans le Berlin des années 1920.
Le concert sur scène sera consacré à la Nuit transfigurée de Schönberg, avec un contrepoint féministe en écho : Forklaret nat, de Patricia Allessandrini. Également au programme : le quatuor à cordes de Debussy. Et pour les enfants, le Big Bang des enfants.
La deuxième constellation, hiver, s’articule sur Mars, un opéra de l’Irlandaise Jennifer Walshe créé en 2025 à Galway, en Irlande. L’action se passe dans un vaisseau spatial en route vers Mars, afin de trouver une solution pour sauver l’humanité.
La danse sera axée autour du hip-hop, avec Témoin. À voir également la finale internationale des hip-hop Games.
Deux concerts intéressants, dont un concert théâtralisé de la grande Ermonela Jaho autour d’extraits d’opéras véristes, et les Six épigraphes antiques de Debussy, et un concert pour deux pianos autour de l’exil, Échos de l’exil, avec au programme Bartok, Chopin et Liszt, et une création mondiale Where Worlds are born (A Dedication to the cosmos) du l’Ukrainien Dmytro Malyi.
La troisième constellation, printemps, nous transporte en Argentine, sur le thème de la passion.
L’opéra de cette constellation est l’opéra-tango d’Astor Piazzolla Maria de Buenos Aires, avec Stéphanie d’Oustrac. À noter également deux concerts de milonga, cette musique typiquement argentine célébrée par Jorge Luis Borges.
La danse sera the Hunger, ballet qui nous entraîne en Amérique du Sud en 1515, avec l’histoire d’un jeune européen adopté par une tribu d’indigènes qui, libéré dix ans plus tard par ses compatriotes espagnols, ne saura plus à quel monde il appartient.
Le concert en salle Au cœur de l’obscurité nous fera entendre des Leçons de ténèbres de Couperin et Charpentier. On se souvient que les Leçons de ténèbres sont un genre musical sur la Passion du Christ, jouées pendant la Semaine sainte.
Pour les jeunes et les familles, on retrouvera les Opéra Games.
La quatrième constellation, été, axée autour de la ville de Venise aura pour fil conducteur les mises en tension entre réussite, intégration et exclusion. L’opéra sera, presque évidemment, Otello de Verdi puisque malgré ses succès militaires, le général maure Otello ne parviendra jamais à intégrer la société vénitienne.
La danse sera représentée par Cinq jours au soleil, un ballet construit sur les cinq mouvements de la Cinquième symphonie de Mahler.
Le concert nous fera voyager entre Mantoue et Venise, avec des œuvres de Rossi, Cavalli et Vivaldi.
À noter également l’opéra itinérant qui sera cette année une comédie madrigalesque de 1605, Barca di Venetia per Padova.
Et la partie jeunesse verra les « journées Finoreille », qui permettront à 350 jeunes de la région lilloise de venir chanter les œuvres travaillées durant toute l’année sur la grande scène de l’opéra.


