Blog

Divers

LES PEINTRES ET L’OPÉRA

En assistant il n’y a guère à l’Opéra Bastille à Tosca de PUCCINI, il m’est revenu que le personnage de Cavaradossi est peintre. Dès lors, me suis-je demandé, quels autres peintres peut-on trouver sur les scènes lyriques ?

Le premier que j’ai trouvé est Marcello, un des personnages faméliques qui sont les héros du drame vériste la Bohème (1896) de Puccini.

Puccini la Bohème Acte IV Duo Rodolfo MarcelloCliquez sur le peintre

Le second est donc Mario Cavaradossi, dans l’opéra Tosca, qui est chargé de peindre une fresque dans une église. Ayant pris pour modèle une inconnue qui vient prier tous les jours, il est victime de la jalousie de son amante, Floria Tosca.

Puccini Tosca Recondita armonia (Alagna)Cliquez sur le peintre

Dans Lulu (1929-1935) de BERG, un des personnages principaux de l’acte I est le peintre, qui peint un portrait de l »héroïne Lulu. (Ce tableau interviendra de manière récurrente dans la suite de ce chef d’œuvre de l’opéra du XXe siècle.)

Berg Lulu Der Mahler AriosoCliquez sur le peintre

Un vrai peintre, Matthias Grünewald (c.1475-1528), est le héros de Mathis der Maler (Mathias le peintre) (1934), un opéra de Paul HINDEMITH.

Hindemith Mathis der MalerCliquez sur la peinture

Mais si les compositeurs se sont intéressés à la peinture, certains d’entre eux étaient également peintres. Ainsi Arnold SCHÖNBERG, « l’inventeur » de l’atonalisme et du dodécaphonisme au XXe siècle faisait partie du mouvement pictural Blau Reiter (le Cavalier bleu (1911-1912). Il a participé à l’almanach de ce mouvement, en fournissant une partition : Herzgewächse ainsi que la reproduction de deux de ses toiles.

Schönberg HerzgewächseCliquez sur la peinture

Un des peintres du Blau Reiter qui œuvrait avec son fondateur Kandinsky était Paul Klee. Lui-même musicien, il était violoniste, il a beaucoup théorisé sur les rapports entre peinture et musique. Par un juste retour des choses, c’est ensuite le chef d’orchestre et compositeur Pierre BOULEZ qui s’est intéressé à l’art de Klee.

Klee n’était pas le seul peintre à jouer d’un instrument, qu’on se souvienne d’INGRES et de son célèbre violon.

Schönberg n’a pas été le seul musicien à collaborer au Blau Reiter, le synesthésiste SCRIABINE a également collaboré à ces travaux, notamment en étudiant les rapports entre la musique en tant qu’art du temps et peinture en tant qu’art de l’espace.

Une autre approche de ces rapports entre musique et peinture pourrait être les peintres qui ont collaboré à des opéras, mais ça, c’est pour un billet suivant.

Mythologie

ILS (ELLES) SE SONT BRÛLÉ LES AILES

J’ai eu le bonheur d’assister il n’y a guère aux représentations de Sémélé de HAENDEL à l’opéra de Lille, opéra dans lequel l’héroïne, la mortelle Sémélé, qui aime Jupiter et est aimée par lui, veut voir son amant sous sa forme de dieu. Elle se trouve alors brûlée à la vue du porteur de la foudre divine. La morale de l’histoire, qui est relatée par OVIDE dans le troisième livre de ses Métamorphoses, semble être qu’à vouloir s’élever au-dessus de sa condition, on se brûle les ailes.

Cliquez sur l’image

Avant Haendel, le mythe de Sémélé avait déjà fait l’objet d’un opéra de Marin MARAIS en 1709.

Marais SéméléCliquez sur l’image

Dès lors, me suis-je donc demandé, y a-t-il d’autres héros qui se sont brûlé les ailes en essayant d’approcher de trop près un monde qui n’est pas le leur ?

Avec de tels prolégomènes, on pense immédiatement au mythe d’Icare. Icare était le fils de l’architecte Dédale, et ensemble ils avaient construit le labyrinthe où était enfermé le Minotaure, une chimère mi-homme mi-taureau. Pour délivrer Ariane livrée au Minotaure, Dédale avait donné à Thésée un fil lui permettant d’entrer dans le labyrinthe, de tuer le Minotaure, puis d’en ressortir en remontant le fil. Làs, Minos, le père d’Ariane, au lieu de les récompenser comme il se doit, les enferma dans le labyrinthe. Dédale eut alors l’idée de se fabriquer des ailes avec de la cire et des plumes. Père et fils purent alors quitter le labyrinthe, mais l’imprudent Icare, ivre de voler dans les cieux, voulut aller plus haut, toujours plus haut, jusqu’à se frotter au soleil qui fit fondre la cire qui tenait ses ailes, et Icare tomba dans la mer.

Ce mythe d’Icare a fait l’objet d’un ballet de la part du chef d’orchestre et compositeur Igor MARKEVITCH, l’Envol d’Icare (1933).

Markevitch L'envol d'Icare la mort d'IcareCliquez sur Igor

Il a également inspiré en 1935 le ballet Icare à SZYFAR et HONEGGER, créé pour Serge LIFAR. Lors de la reprise en 1962 à l’Opéra de Paris, Lifar fit appel à PICASSO pour les décors.

En 1969, c’est l’organiste Jean GUILLOU qui écrira « Icare » dans ses Visions cosmiques, improvisations pour orgue.

Guillou IcareCliquez sur l’image

Plus près de nous encore, en 2006, c’est Alfred SCHNITTKE qui a composé un ballet sur l’Envol d’Icare.

SCHNITTKE l'Envol d'IcareCliquez sur l’image

La troisième figure mythologique dont je vais vous parler est celle de Phaéton, le fils de Phœbus, le soleil. Phaéton ayant emprunté le char du Soleil s’élance dans les cieux, mais il ne réussit pas à en maîtriser les chevaux ailés fougueux et s’approche trop près du soleil, menaçant de faire brûler la Terre entière. Jupiter doit intervenir et frapper Phaéton de son foudre divin pour arrêter la course folle du char et faire que le monde retrouve son ordre. Ce mythe a inspiré LULLY en 1683 dans sa tragédie en musique du même nom.

Lully Phaéton Il me fuit, l'inconstant !Cliquez sur l’image

Il a également inspiré SAINT-SAËNS pour son poème symphonique Phaéton.

Saint-Saëns PhaétonCliquez sur l’image

Divers, Instruments

LA FLÛTE

La flûte est certainement un des plus anciens instruments de musique. Faite à partir de roseaux creusés ou d’os, on trouve des traces de flûte datant d’il y a plus de 20 000 ans, et il y a une tradition flûtière dans toutes les civilisations, de la Chine à l’Égypte en passant par la Mésopotamie ou la Grèce.

Aujourd’hui, les différentes formes de flûte que l’on peut rencontrer sont la flûte de Pan, la flûte à bec, la flûte traversière ou le piccolo (de l’italien piccolo qui veut dire petit), sans plus parler des serpents, chalumeaux ou autres flageolets.

Parmi les emplois de la flûte pour accompagner les chanteurs à l’opéra, un des premiers est celui fait par LULLY dans son ballet le Triomphe de l’amour (1681) ou dans Atys, où la flûte accompagne le songe du héros.

Lully Atys Dormons, dormons tous (scène du sommeil)Cliquez sur l’image

On trouve un très bel air accompagné à la flûte dans l’Orlando furioso de VIVALDI. (Air : Sol da te.)

Vivaldi Orlando furioso Sol da teCliquez sur le flûtiste

Une autre utilisation sublime de la flûte est celle faite par GLUCK dans le « Menuet et danse des esprits » de son Orfeo ed Euridice.

Gluck Orfeo ed Euridice Danse des esprits (flûte)Cliquez sur le flûtiste (et l’orchestre)

Bien sûr, qui dit flûte et opéra pense immédiatement à la Flûte enchantée (Zauberflöte) de MOZART, où le héros, le prince Tamino, se sert d’une flûte enchantée pour progresser sur le chemin de la découverte et de la connaissance.

Mozart la Flûte enchantée Wie stark ist nicht dein ZaubertonCliquez sur Tamino charmant les bêtes sauvages avec sa flûte enchantée

Faisons un saut de presque un siècle et retrouvons WAGNER qui nous propose, dans Siegfried, une scène où le héros cherche à dialoguer avec un oiseau en se taillant une flûte dans un roseau.

wagner siegfried murmures de la forêtCliquez sur Siegfried


Propulsons-nous à présent au XXe siècle avec DEBUSSY et sa pièce pour flûte seule Syrinx, célébrant le dieu Pan (l’inventeur mythologique de la flûte de Pan.)

Debussy SyrinxCliquez sur le flûtiste

Debussy avait déjà magnifié la flûte à la fin du siècle précédent dans ce petit miracle d’orchestration qu’est le Prélude à l’après-midi d’un faune, d’après le poème de son ami MALLARMÉ.

Debussy Prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’image

Dans le conte musical pour enfant Pierre et le Loup, PROKOFIEV se sert de la flûte pour caractériser le merle.

Porkofiev Serge et le loup le MerleCliquez sur le merle et la flûte

Et si vous le voulez, vous pouvez encore cliquer sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous le voulez

Et si vous avez aimé la flûte, peut-être aimerez-vous la trompette ?

Compositrices

ETHEL SMYTH (1858-1944)

image Ethel Smyth

Ethel SMYTH est née à Londres le 22 avril 1858.

À l’âge de 12 ans, Ethel veut devenir compositrice, ce que ses parents refusent. Pourtant, à 19 ans, elle réussit à intégrer l’école de musique de Leipzig. C’est pour elle l’occasion de rencontrer Clara Schumann, Johannes Brahms ou encore Piotr Illitch Tchaïkovski qui l’encourage et lui reconnaît un grand talent, louant sa sonate pour violon.

Smyth Sonata for Violin and PianoCliquez sur la pianiste et la violoniste

Poursuivant son voyage en Europe, c’est à Florence qu’elle rencontre Henry Brewster, un écrivain qui lui écrira plusieurs livrets d’opéra.

En 1890, elle regagne l’Angleterre où l’on crée sa Sérénade en ré majeur.

Smyth Sérénade en ré majeurCliquez sur l’image

En 1893, elle fait jouer sa Messe en ré au Royal Albert Hall.

Smyth Messe en ré majeur GloriaCliquez sur l’image

En 1898, elle donne son premier opéra, Fantasio, d’après l’œuvre d’Alfred de Musset. Suivront en 1902 La Forêt (Der Wald) qui deviendra l’année suivante le premier opéra écrit par une femme monté au Metropolitan Opera. En 1909, le grand chef d’orchestre Sir Thomas Beecham monte The Wreckers (les Naufrageurs), créé à Leipzig en 1906.

Smyth The WreckersCliquez sur l’image

En 1910, Ethel Smyth se rapproche des mouvements féministes anglais et elle devient suffragette. Elle écrit pour ce mouvement la Marche des femmes (The March of the Women).

Smyth March of the WomenCliquez sur la suffragette

En 1912, suite à une manifestation de rue où on lui reproche d’avoir cassé la fenêtre d’un secrétaire d’État, elle est condamnée à deux mois de prison, ce qui nous vaut l’anecdote d’Ethel Smyth faisant chanter sa Marche des femmes par un chœur de prisonnières, elle-même dirigeant de la fenêtre de sa cellule avec une brosse à dents.

En 1922, ses talents musicaux sont récompensés par le grade de Dame Commandeur de l’ordre de l’Empire britannique.

Elle cesse de composer et se met à l’écriture vers 1930, quand elle se rend compte qu’elle devient sourde. En 1939, elle tombe amoureuse de Virginia Woolf avec qui elle correspondra jusqu’au suicide de cette dernière en 1941.

Ethel Smyth est morte à Wokey le 8 mai 1944, à l’âge de 86 ans.

Agenda Ironique

LA BEAUTÉ

Ce mois-ci (octobre 2022), l’Agenda Ironique a pris ses quartiers chez Luc, alias le Flying Bum. Et voici ce qu’il nous propose :

Ah, la beauté ! Que dire encore de la beauté ? Qu’elle est dans les yeux de celui qui voit, soeur de la vanité ou mère de la luxure ? Beauté des hommes, des femmes, des choses et des mots . . . à vos plumes belles gens. La beauté sera le thème central de l’Agenda Ironique d’octobre. Poésie, récit, nouvelle, prose, tout sera reçu avec beauté, tant soit-il que le texte contienne un proverbe créé de toutes pièces et présenté sous forme de citation.

Ah, la beauté ! Que de pâmoisons,de ravissements ou de coup bas elle a occasionnés à l’opéra. Femmes fatales ou hommes fataux, nature ou déesses, qui sont-ils ces êtres dont la beauté a fourni aux compositeurs tant de belle musique.

À la fin de King Arthur, de PURCELL, Vénus personnifie la beauté parfaite de l’Angleterre dans l’air « Fairest Isle ».

Purcell King Arthur Fairest IsleCliquez sur l’image

Dans Alcina de HAENDEL, c’est encore la beauté de la nature que chante Ruggiero dans son air « Verdi prati ».

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur Ruggiero

À la fin de Cenerentola de ROSSINI, tous chantent la victoire de la beauté (de Cendrillon) sur l’orgueil (des méchantes sœurs).

Rossini la Cenerentola finalCliquez sur la victoire de la beauté sur la sottise et l’orgueil

Qui est la plus belle, c’est le thème du Jugement de Pâris, sommé de choisir entre les beautés de Vénus, Junon et Minerve dans la belle Hélène d’OFFENBACH. Air « Au mont Ida, une déesse ».

Offenbach la belle Hélène Au mont IdaCliquez sur Pâris

Dans Roméo et Juliette de GOUNOD, Roméo compare la beauté de Juliette à celle du soleil. Air : « Ah; lève-toi, soleil ».

Gounod Roméo et Juliette Ah, lève-toi, soleil !Cliquez sur Roméo Alagna

Et dans Otello de VERDI, le peuple célèbre la beauté de la femme du général. Chœur « Dove guardi splendono raggi ».

Verdi Otello Dove guardi splendono raggiCliquez sur l’image

Dans Rusalka de DVORAK, le prince émerveillé par la beauté de l’ondine lui demande si elle femme ou fée. Air : « Vidino divna, presladka ».

Dvorak Rusalka Vidino divna presladkaCliquez sur l’image

Bien sûr, il n’y a là qu’une petite sélection, éminemment subjective de la beauté à l’opéra, et il y a aussi toutes les beautés cachées dans la musique même. Après tout, les musiciens n’ont-ils pas inventé ce proverbe « Walkyrie vendredi dimanche pleurera » ?

Et puis, si vous n’avez pas peur d’un bonus surprise, cliquez donc sur l’image.

point-dinterrogationCliquez sur l’image si vous n’avez pas peur d’un bonus surprise

littérature, Théâtre

Carlo GOLDONI (1707 – 1793)

image Goldoni

Carlo Goldoni est un dramaturge né à Venise le 25 février 1707. Il s’initie très tôt aux joies du théâtre en jouant aux marionnettes. C’est ainsi qu’il écrit sa première « pièce » à l’âge de 8 ans pour son théâtre de marionnettes.

Son père médecin aurait voulu qu’il suive sa voie, mais le jeune Carlo fugue pour suivre une troupe de comédiens. Il revient toutefois assez vite à Venise. Un de ses oncles le convainc alors de suivre des études de droit, ce qu’il fait à Pavie, puis à Modène. Il revient à Venise pour exercer son métier d’avocat.

Assez vite, il met de côté cette carrière pour pouvoir écrire des pièces de théâtre. Après plusieurs tragédies qui n’ont pas connu le succès, il se lance dans la comédie, sous l’influence de MOLIÈRE et de la commedia dell’arte.

Ainsi en 1735, il écrit à Venise la tragi-comédie Don Giovanni Tenorio. Toujours à Venise, il fournit le livret de deux opéras à son compatriote VIVALDI, dont Griselda en 1735.

Vivaldi Griselda Agitata da due ventiCliquez sur l’image

En 1740, il noue notamment une collaboration extrêmement fructueuse avec le compositeur GALUPPI, collaboration commencée en 1740 avec Gustave Ier, roi de Suède, Gustavo primo, re di Svezia en V.O. Ils travaillent ensemble jusqu’en 1754 avec des œuvres comme Il Mondo della Luna (1750) ou Il Filosofo di campagna, le Philosophe de campagne en V.F. (1754).

Galuppi Il filosofo di Campagna Son pien di giubiloCliquez sur l’image

Le Monde de la lune a inspiré à PICCINNI l’opéra il finto Astrologo en 1765. Mais c’est la version de Joseph HAYDN, datant de 1777 qui est de nos jours la plus connue de Il Mondo della Luna.

Haydn Il Mondo della LunaCliquez sur l’image

En 1745, il écrit Arlequin,serviteur de deux maîtres, une de ses pièces les plus connues. En 1752, il écrit un autre de ses chefs-d’œuvre, la Locandiera, qui fera l’objet d’un opéra composé par SALIERI en 1773 pour Vienne. En 1792, CHERUBINI écrira des pièces musicales pour accompagner cette œuvre au théâtre. Une autre adaptation est celle du tchèque MARTINU en 1954, sous le nom de Mirandolina.

Salieri la Locandiera (Goldoni)Cliquez sur Salieri

Martinu Mirandolina (la Locandiera)Cliquez sur l’image

En 1762, lassé des critiques incessantes dont il était victime en Italie, notamment de la part de son cadet Carlo Gozzi, il se rend à Paris pour travailler pour le Théâtre-italien. En 1765, il entre à la Cour, et il enseigne l’italien aux jeunes princesses.

En 1768, le jeune MOZART alors âgé de 12 ans écrit la Finta semplice (le faux Innocent) d’après une pièce de Goldoni.

En 1787, il fait paraître ses Mémoires pour servir à l’histoire de ma vie et celle du théâtre.

Goldoni meurt à Paris le 6 février 1793, à l’âge de 85 ans.

Il est à noter que le compositeur italien Ermanno WOLF-FERRARI (1876-1948) a écrit plusieurs opéras sur des pièces de Goldoni.

Mes opéras préférés

L’ENLÈVEMENT AU SÉRAIL, de MOZART (1782)

LEnlèvement au sérail (Die Entführung aus dem Serail) est une commande de l’empereur d’Autriche, Joseph II. Créé à Vienne en 1782, l’opéra connut un grand succès, et est resté l’opéra le plus populaire de Mozart jusqu’à sa mort. C’est un Singspiel, c’est-à-dire un opéra chanté en allemand.

C’est à son propos que l’empereur aurait eu le célèbre mot : « Trop de notes ».

Le pitch : Belmonte vient chercher sa femme Constance qui, capturée par des pirates, a été vendue au pacha Selim avec sa femme de chambre Blondchen et le valet Pedrillo. Osmin le méchant gardien du harem va leur faire obstacle. Selim est amoureux de Constance, mais les héros vont finir par s’échapper.

Ouverture :

Mozart l'Enlèvement au sérail OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Belmonte entre chez le pacha Selim, à la recherche de sa fiancée Constance. Celle-ci, tombée aux mains des pirates avec sa servante Blondchen, a été vendue au pacha Selim. Osmin, le gardien du sérail, arrive à son tour et Belmonte le presse de questions sur le sort des deux femmes, et de son serviteur Pedrillo. Osmin l’insulte et Belmonte sort, vexé.

Pedrillo arrive et Osmin, qui déteste ses manières supérieures, le menace de mille morts, puis sort. Belmonte revient et retrouve Pedrillo. Ce dernier l’informe que Constance est en vie, mais qu’elle est chez le pacha Selim qui est amoureux d’elle. Pedrillo rassure Belmonte, le pacha est un homme honnête et il n’a pas porté la main sur Constance. Il sera difficile de la faire sortir du palais, car Osmin veille. Pedrillo, qui a obtenu les faveurs de Selim en tant que jardinier, propose de faire passer Belmonte pour un architecte afin de le faire entrer dans le palais.

Le pacha Selim apparaît avec Constance. Il s’efforce en vain d’obtenir son amour, mais Constance lui répond qu’elle a déjà donné son cœur à un autre. Pedrillo veut entrer pour présenter l’architecte à Selim, mais Osmin ne les laisse pas entrer. (Trio « Marsh, marsh, marsh »)

Mozart l'Enlèvement au sérail Marsch Marsh MarshCliquez sur Pedrillo, Belmonte et Osmin

Acte II : Blondchen repousse les tentatives brutales d’Osmin. Elle dit que la force ne sert à rien, que c’est par la cajolerie et la douceur que l’on conquiert le cœur des femmes. Osmin sort, Constance entre, pleine de tristesse d’être séparée de Belmonte (Air de Constance : « Traurigkeit war mir zum Lose »).

Mozart l'Enlèvement au sérail Traurigkeit ward mir zum LoseCliquez sur Constance

Selim approche et déclare à Constance que sa patience est à bout. Il menace d’utiliser la force si elle ne lui cède pas d’ici le lendemain. Constance répond qu’elle préfère mourir plutôt que céder.

Pedrillo annonce à Blondchen, sa bien-aimée, que Belmonte est arrivé. Il explique qu’il mettra un somnifère dans le vin d’Osmin pour l’endormir. Elle sort pour en informer Constance. Quand Osmin arrive, Pedrillo le fait boire et il s’endort. Les deux couples se réunissent. Les deux hommes testent les réactions de leurs fiancées pour savoir si elles ont été fidèles. Derrière leur indignation, ils se rassurent et se réjouissent (Quatuor : « Ach, Belmonte ! Ach, mein Leben ! »).


Mozart l'Enlèvement au sérail Ach, Belmonte ! Ach, mein Leben !Cliquez sur Belmonte, Constance, Blondchen et Belmonte

Acte III : Après un grand air de Belmonte, Pedrillo arrive avec une échelle pour sortir les deux femmes du sérail. Osmin se réveille et triomphe : il les tient ! (Air d’Osmin « O, wie will ich triumphieren »).

Mozart l'Elèvement au sérail O, wie will ich triumphieren (Osmin)Cliquez sur Osmin

Selim arrive avec ses janissaires. Constance implore la pitié du pacha et Belmonte raconte que son père est un grand d’Espagne, gouverneur d’Oran, et qu’il paiera une forte rançon. Malheureusement, Selim et le père de Belmonte sont ennemis, et le pacha est heureux de pouvoir se venger et tuer le fils de son ennemi. Ils laissent les amoureux seuls le temps de réfléchir à ce qu’il va faire (Duo d’amour face à la mort : « Welch ein Geschick »).

Mozart l'Enlèvement au sérail Welch ein GeschickCliquez sur Constance et Belmonte

Quand il revient, il décide d’être généreux et de leur laisser la vie sauve. Tous sont remis en liberté. Belmonte, Constance, Pedrillo et Blondchen chantent les louanges et la bonté de Selim. (Final : « Bassa Selim lebe lange ».)

Mozart l'Enlèvement au sérail Bassa Selim lebe langeCliquez sur le final

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« EN ENVOYANT UN POT DE FLEURS », de MALLARMÉ

Après le Pitre châtié de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose En envoyant un pot de fleurs, un poème de jeunesse datant de 1859.

Minuit au vieux beffroi : l’ombre dort, et la lune

Debussy le Diable dans le beffroi

Se joue en l’aile noire et morne dont la nuit,

Sombre corbeau, nous voile. Au ciel l’étoile fuit.

Slatkin the RavenCliquez sur the Raven

– Mille voix du plaisir voltigent à moi : l’une

M’apporte ris, baisers, chants de délire : suit

Une fanfare où Strauss fait tournoyer la brune

Au pied leste, au sein nu, que sa jupe importune.

Strauss Concert du nouvel an Vienne 2011

Tes masques ! carnaval ! tes grelots ! joyeux bruit ! –

Schumann Carnaval de VienneCliquez sur la pianiste

Et moi, je dors d’un œil, et je vous dis, Marie,

Qu’en son vase embaumé votre fleur est ravie

voici des rosesCliquez sur l’image

D’éclore sous vos mains et tressaille au bonheur

De vivre et se faner un soir sur votre cœur !

Berlioz Nuits d'été Spectre de la rose CrespinCliquez sur l’image

– Ah ! d’une aurore au soir dût s’envoler ma vie

Comme un rêve, fleurette, oui, ton sort, je l’envie !

Fauré Après un rêveCliquez sur l’image

Citations musicales :

Minuit au vieux beffroi : Le Diable dans le beffroi est un opéra inachevé de DEBUSSY, d’après le conte d’Edgar Allan POE.

Sombre corbeau : Restons avec Poe (dont on se souvient qu’il a été traduit en français par Mallarmé). Le chef d’orchestre américain Léonard SLATKIN a mis en musique le poème the Raven (le Corbeau).

Strauss : Concert du Nouvel An à Vienne 1981 : Aus der Ferne Polka Mazur, Op. 270.

Tes masques ! carnaval ! Restons à Vienne avec Robert SCHUMANN et son Carnaval de Vienne.

son vase embaumé : BERLIOZ La Damnation de Faust « Voici des roses ».

se faner un soir : Restons avec Berlioz et ses Nuits d’été dans « le Spectre de la rose ».

Comme un rêve : FAURÉ Après un rêve.

Divers

LES MÉCHANT(E)S [TRÈS MÉCHANT(E)S]) DE L’OPÉRA

En assistant il n’y a guère à l’Opéra Bastille à Tosca de PUCCINI, il m’est revenu que le personnage de Scarpia est vraiment très méchant. Dès lors, me suis-je alors demandé, quels autres personnages vraiment très méchants peut-on trouver sur les scènes lyriques?

Le premier méchant vraiment méchant est une femme (c’est donc une méchante.) Il s’agit de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée de MOZART. Et son fameux air n’est qu’un appel au meurtre, où les notes aiguës représentent les coups de poignard qu’elle demande à Pamina de porter sur son ennemi Zarastro.

Flûte enchantée Reine de la nuitCliquez sur la méchante reine de la nuit

Aux notes aiguës de la Reine de la nuit répondent les notes graves d’Osmin, dans l’Enlèvement au sérail, du même Mozart. Osmin, Gardien du harem de Sélim, où est retenue Blondchen, ne rêve que de conquérir cette dernière.

Mozart l'Elèvement au sérail O, wie will ich triumphieren (Osmin)Cliquez sur le cruel Osmin

Dans Fidélio de BEETHOVEN, Pizzaro qui a fait mettre en prison Florestan va décider de le supprimer quand il apprend que le gouverneur va visiter sa prison.

Beethoven Fidelio PizarroCliquez sur Pizarro

On trouve dans Otello de VERDI un autre être réellement habité par le mal. C’est Iago, l’âme damnée d’Othello, qui par jalousie et ambition portera celui-ci à assassiner sa femme Desdémone. Il exprime toute sa mauvaiseté dans un « Credo » impie et blasphématoire.

otello credi un un dio crudeleCliquez sur le « Credo » blasphématoire

Scarpia donc, dans Tosca, exprime toute sa duplicité et son sadisme dans le second acte de l’opéra de Puccini, où on le voit faire porter une violence morale sur Tosca en faisant torturer sous ses oreilles son amant Cavaradossi. Tout cela pour posséder physiquement la belle jeune femme qui se refuse à lui. Comme Iago, il exprime sa fourberie en détournant l’usage d’un « Te Deum » pour exprimer sa joie à déployer ses pièges autour de Tosca et Cavaradossi.

Puccini Tosca Te DeumCliquez sur Scarpia laissant éclater sa joie mauvaise au cours du « Te Deum »

Dans Jenufa de JANACEK, la marâtre Kostelnicka cause le malheur de son entourage au nom de la morale. Notamment, elle enlève à l’héroïne son fils né hors de l’union sacrée du mariage pour aller le noyer dans la rivière gelée.

Janacek Jenufa Co chvila et fin acte IICliquez sur la marâtre Kostelnicka causant le malheur de son entourage par peur du candide raton

Agenda Ironique

RELAIS POUR LE VOTE DE SEPTEMBRE 2022

MArie-Jo me prie de relayer l’appel aux votes pour l’agenda Ironique de septembre 2022, ce » que je fais bioen volontiers.

Voici donc son appel :

Et félicitations à Marie-Jo qui a su susciter tant de belles participations, et à tous les participant(e)s pour leurs (belles) participations.